Disclaimer : Les personnages de Twilight ne m'appartiennent pas !


Point de vue de Paul !

Jeudi 2 décembre 2004 !

Lycée de La Push !

Je ne sais pas ce que Bella a manigancé avec les filles – elle m'a promis de tout m'expliquer plus tard – mais j'ai l'impression que ça lui tient à cœur. Avec des cinglées comme Claire et Kim dans le groupe, je m'inquiète un peu pour ma compagne. Je n'aimerais pas qu'elle soit poussée à faire des choses pour lesquelles elle n'est pas prête. On est ensemble depuis un mois, et elle n'arrive toujours pas à me dire je t'aime, tout ça à cause d'un connard de vampire qui lui a fait du mal en la quittant comme de la merde. Je comprends pourquoi elle n'arrive pas à prononcer ces petits mots. Mais elle a trouvé une façon intelligente de me le faire savoir.

Quand j'ai ouvert les yeux et découvert les mots I LOVE YOU écrit sur un gâteau au chocolat – délicieux, soit dit-en passant – je l'ai ressenti au plus profond de moi. Bella ressentait cette émotion, mais le dire était difficile. A ton rythme, je lui ai dit, et je le pense. Je n'ai pas besoin qu'elle me le dise quinze fois par jours. Je sais qu'elle m'aime, autant que moi je l'aime, et c'est le plus important. Sur le plan physique, on reste sage. Là encore, elle n'est pas prête et ça me va très bien. J'ai beau avoir été un chaud lapin avant ma transformation, il n'en reste pas moins que je ne suis plus ce type-là et que la seule nana avec qui j'ai envie de m'envoyer en l'air pour le reste de ma vie, c'est Bella. Elle n'aura qu'un mot à dire, et je lui ferais voir monts et merveilles.

« C'est quoi ce sourire niais ? » me demande Jacob, alors qu'on se retrouve devant le lycée.

« Quoi ? »

« T'as un sourire… satisfait. » dit Jared. « T'as conclu ? »

« Ta gueule ! » je grogne en roulant des yeux.

« Ah, ça veut dire non. » ajoute Quil.

« Evidement que non ! » Mais ma parole, ils sont pires que des meufs. « C'est à peine si Bella arrive à me dire qu'elle m'aime, alors le sexe ? Ce n'est pas encore au programme. »

Ils savent tous que Bella a eu – et a encore – du mal à se remettre de sa première peine de cœur, et par un vampire de surcroît.

« Désolé. » grimace Jared.

« C'est bon, de toute façon, elle me l'a fait savoir, qu'elle m'aime, et pas avec la parole. »

Oui, tout comme les filles se racontent tout, avec les mecs ont partagent – plus ou moins – tout, nous aussi. Même si je ne leur dirais jamais la manière dont je ferai jouir Bella quand ça arrivera. Mon esprit sera totalement hermétique et aucune image indécente de ma compagne ne filtrera par télépathie.

« Comment ça ? » demande Jacob.

« Elle m'a fait un gâteau au chocolat à s'en lécher les doigts, et elle a écrit je t'aime dessus avec de la crème fouettée. »

Je ricane en les voyant saliver.

« T'es un gros veinard. » me dit Embry.

« Et on a mangé des lasagnes au dîner. » J'en ai encore le goût dans la bouche. « A tomber ! »

« C'est bon, Bella est une sacrée cuisinière, on a compris. » m'arrête Jared. « Arrête de nous faire maronner comme ça. »

Son air apathique s'éclaire et je me doute de la raison. D'ailleurs, Jacob et Quil aussi oublient le fait que ma Bella me fait de bons petits plats. Leur compagne respective arrive. Embry et moi, on est dans le même bateau ; nos compagnes sont dans un autre lycée, et on ne les voit qu'après les cours.

« De quoi vous parliez ? » demande Leah, blottit contre Jacob.

« De la déclaration originale de Bella à Paul. » dit ce dernier.

« Oh, alors il était bon ? » demande Claire. « Elle l'a préparé devant nous mais on n'a rien pu goûter. »

« Arrête de faire ta pleurnicheuse, elle nous a fait un brownie. » lui rappela Kim.

« Pourquoi on n'a pas été convié ? » se plaint Jared.

« Parce que c'était une réunion de filles. » claque Kim, qui me regarde. « Alors, elle t'a expliqué ? »

« Non, mais elle a dit qu'elle m'expliquera après les cours. »

« Oh, alors dans ce cas, je ne dis rien de plus. »

Et elle fait mine de zipper ses lèvres avec une fermeture éclair imaginaire. La cloche sonne au même moment. La journée passe comme toutes les autres journées de cours, et la nourriture est insipide comme toujours. C'est étrange, je n'avais aucun problème avec la bouffe de la cantine avant de devenir un loup-garou, mais depuis, c'est comme si on mangeait du carton.

La journée touche à sa fin et je vais à mon casier pour faire un petit échange, quand le casier claque de lui-même et laisse apparaître une de mes ex. Chelsea. Une teigne avec qui j'ai dû coucher une ou deux fois. Dieu merci, je n'étais pas son premier sinon elle serait devenue encore plus invivable qu'elle ne l'est déjà, mais au vu de son sourire, j'ai comme l'impression que je vais le regretter.

« Chelsea ! » je dis laconiquement.

« Salut, beau gosse ! »

J'en ai déjà marre de cette conversation. C'est la première fois qu'elle vient me parler depuis la rentrée, et j'avais espéré qu'elle me foutrait la paix, mais c'était prendre mes désirs pour une réalité.

« Je ne recoucherais pas avec toi, Chelsea. »

« Oh allez, on s'est pourtant bien amusé tous les deux. » minaude-t-elle, en faisant un pas vers moi.

Ça m'a fait du bien sur le moment, mais aujourd'hui, maintenant que je suis avec Bella, je regrette un peu mon comportement passé.

« Chelsea, écoute, je ne couche plus à droite et à gauche, d'accord ? J'ai changé, et j'ai une copine. »

« Je ne vois pourtant personne accroché à ton bras. » me dit-elle. « C'est ce que je ferai, si t'étais à moi. »

« Elle n'est pas dans ce lycée, et je ne serai jamais à toi. » Je suis las de cette discussion. « Va emmerder quelqu'un d'autre, t'auras aucun mal à trouver quelqu'un pour s'occuper de toi. »

« Mais c'est toi que je veux. » dit-elle en attrapant mon poignet, alors que j'essaye de partir.

Je m'écarte d'elle.

« Laisse tomber, et fous-moi la paix ! »

« Je finis toujours par avoir ce que je veux. » affirme-t-elle. « Et je t'aurais. Tu m'appartiendras. »

« J'appartiens déjà à quelqu'un, et ce ne sera jamais toi. »

« T'es tellement différent et moins marrant depuis que tes parents sont morts. » souffle-t-elle.

Mon corps se fige, j'ai les membres qui tremblent mais j'essaye de me focaliser sur mon lien avec Bella pour ne pas me mettre en colère au beau milieu des couloirs du lycée.

« Tu te rends compte de ce que tu dis ? »

« Quoi ? C'est la vérité, pourtant. » dit-elle en haussant les épaules.

Je grogne, et je suis satisfait de la voir reculer d'un pas et perdre son sourire.

« Wow, il se passe quoi, là ? » intervient Jared, que je sens approcher.

Je tourne le dos à Chelsea et dépasse mon pote.

« Ne me laisse plus jamais seul à la merci de cette garce ! » je grogne avant de sortir en trombe du lycée.

Je monte dans ma voiture, et comme on a tous prévu de se retrouver chez Emily, j'y vais directement sans attendre Jared. Je suis trop énervé et pour ça, une seule solution. Lorsque je gare ma voiture devant la maison de la femme de mon Alpha, je sors, enlève ma veste, mes chaussures et me dessape sans enlever mon caleçon.

« Wow, tu fais quoi ? » me demande Sam, alors que je cours vers les bois.

« J'ai besoin d'être seul. » je réponds.

Je me transforme sans plus de réponse, et je m'enfonce dans les bois. Je cours sans m'éloigner de la zone. Je sais que Bella insistera pour qu'on retrouve ma trace pour qu'elle puisse me rejoindre, et nul doute qu'ils cèderont. Quand je suis dans cet état, et ils le savent tous, il ne faut pas m'approcher, mais mon loup ne s'en prendra pas à Bella. Même quand il est énervé, ou en colère – et il en est de même pour moi – il nous suffit de sentir l'odeur de freesia de Bella pour qu'on se détende. A partir de là, plus aucun risque d'une transformation qui risquerait de faire des blessés. Voire pire.

Je n'en reviens pas que Chelsea ait osé me parler de mes parents comme ça. Quel être humain normalement constitué ne changerait pas, quand il devient orphelin ? Je les ai perdus juste après les exams de fin d'année, et j'ai cru mourir. Mes parents étaient tout pour moi, on était très proches et j'ai été anéanti de les perdre. J'ai passé l'été à faire mon deuil, qui a été long. J'ai réussi à rester humain et à garder mon calme le temps de l'enterrement, puis, ça a été compliqué. J'ai pu retrouver un semblant de tranquillité quand Sam m'a promis que tout ira bien, que je n'étais pas seul et que trouver ma compagne m'aiderait.

Et ça a été le cas. Rencontrer Bella a été le plus beau jour de ma vie, des mois après avoir vécu le pire. Elle m'aide chaque jour depuis un mois, à reprendre goût à la vie, à remonter la pente et à ne plus me laisser sombrer. Quand je ressens un coup de mou par le manque de mes parents, je le lui dis et elle se contente de me tenir dans ses bras. Parfois je parle, parfois non, mais elle n'insiste jamais quand je ne veux pas parler.

Une odeur de freesia flotte dans l'air, attirant l'attention de mon loup. Je me suis roulé en boule contre un arbre, la tête sur les pattes à ruminer peine et colère, mais l'odeur de ma compagne les balaie aux quatre vents. Je sens une autre odeur avec Bella, et quand ma belle apparaît, mon loup lève la tête et je sens plus précisément l'odeur de Leah. Bon, ils ont été prudent et ont laissé la seule fille de la meute être le guide de Bella. Mon loup est jaloux et possessif, au même titre que moi mais quelques crans au-dessus, et il aurait montré les crocs s'il avait senti l'odeur de Jacob ou même de mon meilleur ami.

« C'est ici que tu te planques ? » me dit Bella.

Elle s'approche jusqu'à moi, et s'agenouille à ma hauteur, se moquant totalement de salir son jean.

« Tu veux me dire ce qu'il t'arrive ? »

Oui j'en ai envie, mais je ne suis pas encore prêt à retrouver ma forme humaine. Mon côté animal a besoin d'être cajolé par elle, alors je lui lèche la joue, et je repose ma tête sur mes pattes.

« Ok, Scooby-Doo ! »

Je grogne en entendant le surnom qu'elle me donne. Je suis un loup, pas un chien. Elle glousse avant de s'installer plus confortablement contre mon flan. Sa main me caresse lentement la tête, et je ronronne. Oui je suis un loup et je ronronne ; faites-moi un procès !

« Tu sais, si tu reprenais ta forme humaine, on pourrait retourner chez moi où je pourrais préparer la tarte à mon père que je lui ai promis hier, et j'en ferai une pour toi. »

A la pensée d'une tarte made in Bella, je m'en lèche les babines, et pas que métaphoriquement.

« Et avant de nous coucher après le bon dîner que j'ai prévu, je passerai trente longues minutes, assise sur tes fesses bien musclées à te faire un massage tout en expliquant le gros cadeau que je te réserve. »

Je bouge, et Bella comprend le message. Elle grimpe sur mon dos et je rebrousse chemin jusque chez Emily, tout en faisant attention où je mets les pattes. Arrivés à destination, Bella descend de mon dos, et je me transforme à côté de ma caisse. Je me rhabille, et la porte s'ouvre à ce moment sur mon Alpha et ami.

« Faut qu'on parle ! »

« J'arrive ! »

Il retourne à l'intérieur, et me laisse un peu d'intimité avec ma compagne. Je l'attire contre moi, et je l'embrasse.

« Hum, je me sens beaucoup mieux. »

« Ravie d'être utile. » dit-elle en gloussant. « Tu vas me dire ce qu'il t'a pris de t'isoler comme ça ? Jared a simplement évoqué une ex trop collante, mais tu ne te serais pas isolé pour si peu. »

« Viens ! »

Je noue mes doigts aux siens et j'entre chez Emily. La meute et les filles sont là. Je garde Bella près de moi.

« Chelsea continue de me draguer, mais ce qui m'a fait presque sortir de mes gonds, c'est qu'elle m'a dit que j'étais différent et moins marrant depuis que mes parents étaient morts. »

Je sens par notre lien la colère de Bella. Une colère qui se peint sur les traits de nos amis.

« Mais je vais la buter cette salope ! » crache Kim.

« Faudra prendre un numéro ! » claque Claire.

Bella ne dit rien, mais je la connais. Elle me donnera le fond de sa pensée quand on sera seul.

« C'est bon, Chelsea n'est qu'une garce qui agit en enfant gâté. » je dis en haussant les épaules.

« Ouais mais on ne te laisse plus seul. » dit Leah.

« Tu ne dis rien, Bell's ? » s'étonne Jacob.

« Je dirais ce que je pense quand je me retrouverai face à cette traînée. » dit Bella.

Elle se place face à moi et encercle ma taille.

« On y va ? J'ai des tartes à préparer ! »

« Hey, et nous alors ? » s'offusque Jared.

« Je n'ai pas le souvenir de sortir avec toi. » rétorque Bella. « Si j'ai envie de faire des gâteaux pour mon mec, j'en ferai quand ça me plaira ! »

Putain que j'aime cette nana !

« A demain ! » je leur dis en entraînant Bella avec moi.

Le trajet jusqu'à Forks se fait dans le silence, mais je garde les doigts de Bella dans les miens tout du long.

Les heures passent, et je fais une sieste pendant que Bella cuisine, affalé dans son lit et entouré de nos deux odeurs mélangées. Comme je dors toutes les nuits avec elle quand on a cours, son lit, ses draps et ses coussins sont imprégnés de notre odeur mutuel. C'est pareil chez moi, même si elle n'y dort que le vendredi et le samedi.

Le repas est délicieux, et le dessert encore plus. Miam, elle a faite deux tartes aux pommes et, bien sûr, si Charlie n'en mange qu'une grosse part avant de partir au poste, moi, j'en dévore plus de la moitié. Un vrai régal. Je sors de la salle de bain, en serviette et Bella me remplace dans la pièce. Dans la chambre, j'enfile un short en lin. Je m'allonge sur le lit, sur le ventre, n'ayant pas oublié la promesse d'un massage, et j'attends ma compagne, qui finit par sortir de la salle de bain, habillée d'une chemise de nuit en soie rouge, et qui lui arrive juste sous les fesses. Je me lèche les lèvres. Dommage que je ne puisse pas toucher pour l'instant.

Bella ferme la porte, et vient s'installer sur mes fesses, comme elle l'avait dit. Je l'entends frotter ses mains l'une contre l'autre – bien que je ne ressente plus le froid – et lorsqu'elle les fait courir le long de mon dos, en appuyant ses doigts tout en remontant vers mes omoplates, je grogne de plaisir. Hum, elle a des doigts de fées. Elle m'a déjà massé la nuque plusieurs fois, et distraitement, et chaque fois c'était bon. Mais là… Là c'est l'extase.

« Tu es détendu ? » me demande-t-elle, après cinq bonnes minutes au moins passées à me masser.

Elle ne s'arrête pas, cependant.

« Totalement ! » je réponds. « Alors, c'est quoi le gros cadeau que tu me réserves ? »

« Eh bien, ça a déjà commencé hier avec ma déclaration sur le gâteau, et là avec ce massage. » me dit-elle. « Jusqu'au vingt-quatre décembre au soir, tu auras un cadeau de ma part. »

« Comme un calendrier de l'avent ? » j'expose.

« Sauf qu'à la place d'un chocolat par jour, tu auras différentes petites choses par jour. » précise-t-elle. « Mais c'est moi qui décide à quelle heure de la journée tu y as droit. »

Hum, mon alter ego est intrigué, lui aussi ultra détendu par ce massage.

« Et il ne faudra pas en quémander plus que tu n'auras droit. » Elle arrête son massage et se penche à mon oreille. « J'aime prendre mon temps, et cette surprise est une façon pour moi d'avancer dans notre relation à mon rythme. »

Je souris. J'aime qu'elle veuille prendre de l'assurance tout en suivant son propre rythme.

« Ok, bébé, je serai patient et je ne demanderais rien de plus que ce que tu as à m'offrir durant la durée de ce jeu. » je dis.

Parce que je prends ça comme un jeu. J'ai hâte.

« Les filles sont au courant j'imagine. »

Bella reprend son massage après avoir posé sa bouche sur ma nuque. Hum !

« Oui, on a même établi un plan, et elles m'ont donné quelques suggestions. »

« Je commence à avoir peur, vu que Kim et Claire sont cinglées. » je marmonne. « Hum, c'est trop bon, bébé. »

Le massage dure encore cinq bonnes minutes, avant qu'elle n'arrête. J'en profite donc pour me retourner, puis je l'allonge sur le lit et je l'embrasse longuement.

« Je t'aime ! »

« Je sais ! » me dit-elle en souriant.

Son amour est visible dans son regard, et je le sens à travers notre lien. Je n'ai pas besoin qu'elle le formule à voix haute. Je refuse qu'elle se force !