Bonjour à tous,
Désolé pour la longue absence, mais je m'étais octroyé des vacances et j'ai eu un décès dans la famille.
Profitez de ce combat qui attend Harold.


Chapitre 84: Combattre pour une femme

Harold passa le plus clair de son temps à Stritz entre trois activités principales: aider Herulf à la forge, le dressage de dragons et les entraînements avec Astrid. Les journées sont beaucoup trop courtes à son goût et il n'a pas le temps de réaliser ces trois tâches dans la même journée. Cependant, il essaye de s'entraîner le plus possible avec Astrid, ce qui semble ravir le jeune blonde.

- Tu te démènes beaucoup avec le Cauchemar Monstrueux en ce moment, constate Astrid. Quelle idée as-tu encore derrière ta tête?

- J'essaye de mettre à contribution sa force au profit des habitants, répond Harold. Il pourrait acheminer rapidement de grandes quantités de matériaux en une seule fois au lieu de faire plusieurs trajets.

- Tant que ce n'est pas du bois, il a la facheuse habitude de s'enflammer.

- Malheureusement, tu as raison. Il faut dire que le Groncke et les Terreurs Terribles ont été acceptés facilement par tout le monde, mais je peine à y arriver avec ce grand gaillard.

- Il faut dire que le Cauchemar Monstrueux est un spécimen de force à l'état brute, je pense qu'ils doivent avoir peur qu'il se fâche à tout moment et détruit le village.

- Tu as peut-être raison, intervient Harold. Tu connais mieux les Stritziens que moi. Maintenant que l'on a fini notre entraînement, tu comptes faire quoi?

- Je ne sais pas, avoue Astrid. Peut-être essayer d'esquiver les entraînements ménagers de ma mère, elle s'est mise en tête de m'apprendre à cuisiner, à coudre et à entretenir une hutte familiale. Et toi?

- Bonne chance alors, j'ai l'impression qu'elle fera tout pour y arriver. Je compte nourrir les dragons restants après m'être laver.

- Ce n'est pas le jour du bain pourtant.

- Je me sens crasseux après une activité comme celle-ci, et je ne sens pas la rose non plus. Je pourrais faire fuir les râleurs rien qu'avec mon odeur, quoique ce ne serait pas plus mal non plus.

Astrid gloussa à sa remarque, et quitta Harold pour rentrer chez elle. Une fois à l'intérieur, elle remarque que ses parents affichaient un air très inquiet.

- Que se passe-t-il? demande Astrid. Vous faites rarement cette tête, à moins d'un évènement très inquiétant.

- Astrid, commence Haaken, tu as interdiction de sortir de la hutte demain.

- QUOI? Mais pourquoi? Qu'est-ce que j'ai fait?

- Mon chéri, tu devrais lui dire avant de prendre des sanctions aussi strictes.

- Les Dévastères sont en route vers Stritz, ils ont fait une razzia sur les îles voisines et ils viennent vers Stritz.

- Et alors? S'il veulent la guerre, ils l'auront. Nous avons du répondant, nous ne sommes pas des faibles.

- Ce n'est pas la guerre qu'ils veulent, mais des femmes: mariées ou célibataires, ils s'en moquent. Je ne veux pas qu'ils te voient, d'autant plus que leur chef fait partie de l'expédition. D'ailleurs, ça ne concernera pas que toi, mais l'ensemble des femmes de Stritz. Toi y compris Sigrid.

- Je comprends parfaitement, déclare Sigrid.

- Mais Maman, comment peux-tu te laisser convaincre aussi facilement?

- Astrid, ma petite fille, il y a des combats que tu ne peux pas livrer. Et celui-ci en est un.

- Mais ...

- Pas de mais qui tienne, tu ne sortiras pas d'ici. Point final, déclare Haaken.

Voyant qu'elle n'aura pas le dernier mot, Astrid monte dans sa chambre et claqua la porte avec colère.

- Monte la voir, soupire Haaken. Parle lui, elle t'écoutera plus facilement.

- Je t'avais prévenu qu'elle ne le prendrait pas aussi facilement, répond Sigrid en se levant.

Haaken resta affalé dans sa chaise, le regard vide en espérant trouver une solution à ce problème. Il convoqua tous les hommes de l'île le soir même, expliqua la situation et proposa sa solution. Malgré le fait qu'enfermer toutes les femmes ne soit pas accepté par tous, les Stritziens comprennent l'ampleur du problème et acceptent à contrecœur d'exécuter ce plan.

Le lendemain, comme convenu, le navire des Dévatères a accosté sur l'île et son chef Brook le cupide vient à la rencontre de son homologue.

- Mes respects, chef Haaken. M'accorderez vous l'hospitalité sur Stritz pour que nous puissions faire le plein de provision?

- Je vous l'accorde, du moment que vous chargez toutes les cargaisons de suite et que vous partez dans la foulée. Je connais la véritable raison de votre venue.

- Parfait, ça nous fera gagner du tout alors. Vous comprenez, tous les hommes célibataires avec qui je suis venu ont trouvé une potentielle épouse. Il ne reste que moi qui suis seul, et j'espérais la trouver ici.

- Hors de question.

- Je suis certain que vous accepterez mes conditions, continue Bjork en ignorant Haaken. J'ai déjà jeté mon dévolu sur une femme d'ici, vous devriez la connaître: il s'agit de votre fille Astrid.

- Ma fille? Sûrement pas.

- Je m'attendais à ce refus, j'exige un combat que vous ne pouvez pas refuser. Comme nos deux clans ne doivent pas combattre directement, vous pouvez faire appel à n'importe qui sur l'île. Kärlson, viens combattre pour ton chef.

Une énorme montagne de muscles de plus de deux mètres de haut sortit du drakkar et vient se mettre à côté de son chef. Bjork fait pâle figure à côté de ce géant.

- Le guerrier que tu choisiras devras affronter mon meilleur homme, c'est lui qui a gagné tous les combats jusqu'à maintenant. Et il est impatient de rajouter une nouvelle victime à son palmarès.

Des chuchotements s'élevaient parmi les Stritziens, ils sont connus pour défendre chèrement leur île mais aucun n'est de taille à affronter ce géant.

- Alors, déclare Bjork, qui sera assez téméraire pour affronter Karlson? N'ayez pas peur, avancez pour vous mesurer à lui.

Personne ne s'avance pour défier le champion, il faut être fou pour se mesurer à lui. Alors qu'Haaken et Angus perdaient espoir, une voix s'éleva derrière les rangs.

- Je relève le défi.

Tout le monde est surpris par cette déclaration, il y a donc quelqu'un qui se battra pour l'honneur des Hofferson et pour Astrid. Les Stritziens se séparèrent, laissant apparaître la seule personne qui avançait pour se positionner en face de Bjork et de Karlson.

- Harold? Mais tu es fou, tu va te faire tuer. déclare Angus.

- C'est trop tard, intervient Bjork. Le défi a été accepté, le combat va commencé. Karlson, ça sera ta victoire la plus express.

- Je me ferai un plaisir de t'arracher cet air arrogant de ta sale tronche de rat, répond Harold.

- Attention avorton, surveille tes paroles quand tu t'adresses à mon chef.

Les Stritziens sont surpris: aucun d'eux n'a osé bouger le petit doigt alors qu'un étranger n'a pas hésité une seule seconde à venir dans la mêlée. Pire que ça, il n'hésite pas à provoquer ouvertement son adversaire. Il est fou, pouvait-on entendre dans les rangs. Il va se faire tuer.

Les deux combattants se mettent face-à-face et se fixèrent du regard.

- Je vais prendre tellement de plaisir à te remettre à ta place.

- Amène toi, tête de porc. provoque Harold.

- Pour toi, ce sera MON-SIEUR PORC! HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!

Karlson chargea immédiatement Harold pour l'empaler et l'écraser comme un vulgaire insecte. Harold usa de ces compétences de déplacements pour esquiver la charge et taillader le dos de Karlson ainsi que ses épaules. Karlson se retourna et balança son marteau pour frapper Harold, mais le Beurkien esquiva les attaques les unes après les autres et observe attentivement le balancement de l'arme. Lorsque Karlson mit trop de force dans l'une de ses attaques, Harold usa de la force de ses jambes pour changer d'appui et cause des blessures à la jambe de son adversaire.

- Karlson, mais ressaisit toi espèce d'abruti. Tu ne vas pas laisser cet insecte te marcher dessus. Tue le pour avoir oser nous défier, déclare Bjork.

- Ce n'était pas prévu dès le départ, intervient Haaken.

- Il n'y a eu aucune règle de défini, rien ne stipulait que votre guerrier devait sortir vivant de ce combat.

- Je vais passer aux choses sérieuses, déclare Karlson en regardant Harold. Je vais te briser jusqu'à ce que tu implores ma pitié, et je te tuerais après avoir pris ta mère comme nouvelle épouse.

À la mention de sa défunte mère, Harold serra Ulfberth plus fermement et laissa la colère envahir son corps. Angus pouvait voir le changement de comportement d'Harold, mais il ne savait pas ce que ce c'était. Harold chargea aussitôt et adopte un comportement d'harcèlement, attaque rapide puis désengagement. Il espère fatiguer son adversaire, mais après quelques échanges, une dure réalité s'imposait à lui: c'est lui qui perdra sur le plan physique, Karlson est plus endurant qu'il ne l'avait pensé.

Mais alors que Karlson bloquait une nouvelle attaque, le géant en profitait pour donner une puissante claque sur Harold qui se retrouve propulser quelques mètres loin. Il parvient à se relever, mais met genoux à terre: le combat dure depuis trop longtemps et la force commence à lui manquait.

- Il est à bout, tue le. encourage Bjork.

- Ta mort sera rapide et brutale, nargua Karlson. Comme lorsque je baiserai ta mère.

C'en est trop pour Harold où sa colère atteignait son paroxysme, il trouve la force de se relever mais ne releva pas sa garde. Voyant ça comme un signe de faiblesse, Karlson arma son marteau et s'apprêtait à donner son plus puissant coup. Harold effectua un mouvement d'esquive en diagonale et abattit Ulfberth sur le manche du marteau de Karlson. Ce dernier se brisa et la masse du marteau se retrouva au sol, Harold enchaîne rapidement et découpe en deux le marteau. L'arme est considérée comme l'orgueil des vikings, c'est un message fort qui est envoyé en la détruisant. Karlson fixa les deux parties de son arme et ne s'aperçoit pas qu'Harold l'attaquait à nouveau. Cette fois-ci, il visa directement la gorge et la transperça. L'effet est immédiat: le géant de deux mètres s'effondre au sol, ne laissant qu'un seul vainqueur.

Le résultat de ce match est tellement improbable que personne n'osait y croire: une simple crevette venait de battre une montagne de muscles. Bjork est livide, et ne réalise pas complètement ce qu'il s'est passé.

- Impossible, déclare Bjork. Karlson ... a perdu.

- Il a forcément triché, intervient un des Dévastères. Je vais venger Karlson.

Un Dévastère équipé d'une armure sortit des rangs et fonça sur Harold. Angus sort de sa transe, et tente d'aider son ami qui s'est battu pour son nom. Mais il est trop loin et Harold est trop fatigué pour un nouveau combat, c'est ce qu'il pense en tout cas. Harold attendit patiemment que son nouvel adversaire arrive avant de reculer et d'enjamber le corps sans vie de Karlson. Mais le Dévastère était tellement concentré sur Harold qu'il a oublié le corps de son camarade et trébuche sur ce dernier. Harold profite de l'occasion pour se positionner au-dessus du dos de son adversaire, et le transperça de tout part. Il retire Ulfberth, laisse écouler le sang encore frais de son arme et pointa Ulfberth vers les Dévastères.

- Qui d'autre veut se mesurer à moi? demande un Harold en colère et essoufflé. Qui d'autre veut mourir?

Les Dévastères réfléchissent rapidement: leur meilleur guerrier est au sol, tandis qu'un autre lourdement équipé n'a pas tenu longtemps. Aucun d'eux n'a pas tenu, inutile pour eux de se rajouter à la liste des perdants.

- Toi, déclare Harold en s'adressant à Bjork. Il serait temps de payer pour ne pas avoir respecter le combat.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, répond le chef. Et puis, tu es fatigué et mes hommes sont parmi les meilleurs guerriers de toute l'archipel. Si les Stritziens réagissent, ils finiront en rondelles.

Harold poussa un rugissement devant tous les Dévastères, et tout le monde sursaute en entendant le même rugissement en guise de réponse. Quelques secondes après, un Furie Nocturne, un Dramillion et un Cauchemar Monstrueux se posèrent derrière Harold.

- Je n'ai pas besoin d'eux, mais est-ce que tes hommes feront face à trois dragons extrêmement dangereux et furieux?

Bjork est furieux mais n'ose pas bouger, il sait qu'Harold disait la vérité. Ce sera un véritable massacre si les Dévastères les combattaient.

- Angus, déclare Harold. Prend des hommes avec toi et fouille le drakkar, pille toutes les richesses que tu trouvera à bord.

- Je ne pense pas que nous trouverons beaucoup d'or, répond Angus.

- Alors, libère toutes les femmes que tu trouveras. C'est le prix à payer pour avoir été arrogant et manquer de respect à Haaken et à sa famille.

- Viggo, déclare soudainement Bjork. C'est cet homme qui m'a envoyé ici, il m'a vanté qu'Astrid était la plus belle femme et que je pourrais l'avoir.

Harold et Angus se regardèrent en entendant le nom de leur vieil ennemi, mais aucun n'osa parler. Devant le silence des deux jeunes hommes, Bjork révèle tout ce qu'il sait.

- Il m'a dit aussi de dire son nom, quelque soit l'issue du combat. Je te propose un marché: son emplacement contre ma cargaison. Je sais que vous vouez une haine tacite envers cet homme, je vous ferais gagner des semaines de recherches.

Harold est soumis à un certain dilemme: il a envie de faire payer à Viggo la mort de sa mère, mais il ne veux pas non plus briser la vie de toutes ces femmes.

- Qui est Viggo? demande Haaken en venant vers Angus.

Un simple regard de son fils suffit à lui faire comprendre que ce n'est ni le lieu ni le moment pour cette discussion. Il reporte son regard vers Harold, qui ressemble plus à un prédateur s'apprêtant à bondir sur sa proie.

- Angus, déclare Harold sur un ton très glacial, on fait comme on a dit. Viggo peut attendre, pas ces femmes.

Bjork voulut protester mais un tir de plasma de Krokmou le dissuada rapidement. Il ne peut qu'assister, impuissant, au pillage de son navire et à la libération de ces femmes qu'il avait conquis. Puis, lui et ses hommes se sont fait expulser comme des parias de Stritz. Harold continua de regarder le drakkar s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse de l'horizon, ce n'est qu'à ce moment là qu'il rentra chez lui. fait.