Salut, salut ! Les commentateurs de fanfiction, vous êtes géniaux, il faut toujours le rappeler ! Et bonne lecture !


«Patmol? s'écria Peter en s'accrochant aux barreaux de sa cellule. Patmol, qu'est-ce que tu fais là?»

Il cligna de ses yeux humides.

«Où sommes-nous?»

«A Azkaban, Peter.» répondit Sirius.

Il ne prévoyait jamais de s'arrêter pour parler à Peter, mais d'une façon ou d'une autre, il semblait toujours se retrouver là.

«Azkaban? Vraiment?»

Peter regarda autour de lui et frissonna. Il serra sa fine couverture trouée autour de ses épaules, comme une cape.

«Pourquoi est-ce qu'on est là? Lunard est là aussi? demanda Peter. Et Cornedrue?»

Par chance, Peter sembla réaliser la réponse avant que Sirius ne doive répondre.

«Oh, dit-il doucement. C'est vrai.»

Il rampa jusqu'au coin le plus éloigné de la cellule et se roula en boule. Sirius l'observa.

«Tu n'es pas vraiment là alors, n'est-ce pas? James n'était pas là non plus. Ou peut-être que c'était Harry.»

Sirius ne savait pas quoi répondre, mais ne pouvait pas se résoudre non plus à partir.

«J'ai beaucoup pensé à toi dernièrement, dit Peter. Ou du moins, je crois que c'est le cas. J'ai l'impression de te voir tout le temps.»

«J'ai souvent été dans le coin.»

«Des conneries, dit Peter. Tu n'as rien à faire ici. Pourquoi viendrais-tu?»

«Pour le travail, répondit Sirius. Je suis Auror maintenant.»

«Et moi qui pensais que j'étais le plus stupide de nous quatre, dit Peter en pinçant les lèvres. Enfin, peut-être que je l'étais, mais tu ne peux pas dire que je ne suis pas créatif. Auror, hein? Comme- comme- avant?»

«Exactement comme avant.» dit Sirius, certain maintenant que Peter ne pensait pas qu'il parlait au vrai Sirius, que Peter pensait qu'il imaginait tout ça.

«Et bien, peut-être que je ne suis pas très créatif finalement.»

Peter resta silencieux pendant un moment et leva ensuite la tête en souriant faiblement.

«Peut-être que je devrais t'imaginer en Ministre de la Magie ou- conducteur du Poudlard Express.»

Sirius ne savait pas quoi répondre à cela.

«Mais bon, je suppose que Auror, c'est logique. Comment t'es arrivé là?»

«Quoi?»

«Je- J'apprécie ta présence, aussi bizarre que ça paraisse. Ou- et bien, ce n'est pas si bizarre, en fait. Nous étions amis avant. De bons amis même, jusqu'à ce que je gâche tout.»

«Gâcher n'est pas un mot suffisant, Peter.» dit Sirius.

«Non, dit Peter. Je suppose que non. J'imagine que c'est pour ça que tu es là. Tu n'es pas une hallucination joyeuse, pas vrai? C'est plutôt un rappel.»

«Tu t'en veux?» demanda soudainement Sirius.

«Prévisible, dit Peter, surtout pour lui-même. Même si c'est la première fois que tu le demandes. D'habitude, c'est James qui demande.»

«Qu'est-ce que tu lui réponds?»

«Je lui demande si ça a de l'importance.»

Peter renifla et s'appuya encore un peu plus contre le mur.

«Et il me répond que oui, mais c'est James et je connais- je connaissais James. C'est ça qu'il répondrait.»

Ses yeux se posèrent sur Sirius sans vraiment le voir.

«Est-ce que ça a de l'importance?»

«Je ne sais pas.» murmura Sirius.

«Moi non plus.» soupira Peter.

Pendant de longues minutes, ils n'entendirent plus que le son de l'océan qui s'écrasait contre la falaise, le vent qui soufflait dans les barreaux et l'occasionnel gémissement d'un prisonnier. Sirius supposa que Peter était plongé dans une véritable hallucination. Il fixait durement le mur gris de sa cellule et Sirius, qui était pourtant sûr que sa garde était terminée, ne pouvait pas forcer ses pieds à bouger. Peter leva les yeux, le regard lucide.

«Sirius?»

«Peter?»

«Tu t'en veux?»

Sirius se raidit.

«Pour quoi?»

«Pour ça. La m- la mort aurait été plus tendre, Sirius.»

«Je sais.» répondit Sirius en avalant sa salive, car il savait que c'était vrai.

«Je pensais bien. Même moi je le savais, il y a des années- j'ai essayé-»

Sirius fit volte-face à ce moment-là, laissant derrière lui l'homme brisé et fragile qui avait été son ami dans le passé, et se dirigea vers la sortie.

S'il n'était pas dans cette cellule, ce serait toi, se dit Sirius à lui-même, mais aucun réconfort n'accompagna cette pensée. Un Détraqueur passa près de lui et sans y penser, Sirius fournit un souvenir heureux à son Patronus. Autour de lui, cependant, les prisonniers se mirent à hurler.

Prewett et Wellington prenaient la garde suivante et descendirent du bateau au moment où Sirius – et Brown, qui s'était occupé de l'autre moitié de la prison – y montait. Un Patronus en forme d'ours les devançait, guidé par Wellington.

«On y va?» demanda Sirius à Brown, qui secoua la tête et agita la main en direction de la plage de galets.

«Les gardiens ont dit d'attendre.»

«Qui?»

Brown haussa les épaules. Une grande silhouette fine s'éloignait du petit cimetière d'Azkaban et marchait vers eux. Après quelques minutes, Bartemius Croupton grimpa dans le bateau.

«Monsieur le sous-secrétaire.» dit Brown en sautant sur ses pieds.

Sirius manqua de lever les yeux au ciel, mais tout juste. Il hocha poliment la tête, un peu sèchement, et Croupton fit de même, avant de se tourner vers Brown.

«Non.» dit-il.

«N- non? demanda Brown en le regardant. Je- pardon, monsieur, mais je ne comprends pas pourquoi-»

«J'ai dis 'non' parce que je ne réponds plus à ce titre, expliqua Croupton. Je suis Directeur du Département de la coopération magique internationale.»

C'était quand même une fonction impressionnante, mais Sirius eut l'impression qu'il en était déçu. Brown ne sembla plus savoir quoi dire et Sirius se dit qu'il ferait mieux de s'asseoir. Croupton s'éclaircit la gorge.

«On va rester là longtemps?» demanda-t-il.

«Non! dit Brown. Non, nous attendons simplement-»

«C'est moi que vous attendiez, je pense, dit Croupton. Et maintenant, je suis là. Nous partons?»

Brown lança un sort pour faire avancer le bateau. Croupton lança un regard triste en direction d'Azkaban, qui disparaissait derrière de grandes vagues d'écume. Sa présence surprenait Sirius, qui s'était toujours dit que Croupton ne s'était jamais soucié de son fils, qu'il soit en vie ou non, mais Sirius n'y accorda pas beaucoup plus d'attention.

Il voulait rentrer à la maison, retrouver Kreattur et Marlène, parler à Harry après le Quidditch et plus que tout, il ne voulait plus penser à Peter.


Lorsque Ginny se réveilla, elle ne se trouvait plus dans son dortoir avec les autres filles, entourée de son lit à baldaquin rouge. Au lieu de ça, elle se trouvait sous un drap vert dans une pièce froide avec une fenêtre qui ne montrait pas le ciel, mais de l'eau verte et sombre. Allongé près d'elle, Tom, qui feuilletait un livre, leva les yeux.

«Ah, dit-il. Tu es réveillée.»

«Est-ce que je- J'ai du m'endormir, dit-elle, embarrassée. Je suis désolée, Tom-»

«Ne t'excuse pas.» dit-il en lui souriant.

Ginny se détendit un peu.

«J'étais juste en train de chercher dans mon journal dans l'espoir de me souvenir de quelque chose à propos de l'héritier.»

«Tu as trouvé quelque chose?» demanda-t-elle.

«Pas encore, dit-il. Mais j'ai de l'espoir.»

Il ferma le journal et le posa sur ses genoux.

«Tu te sens mieux? Tu n'avais pas l'air en forme quand tu es arrivée.»

«Je crois que oui, dit Ginny en fronçant les sourcils. Je- Je ne me rappelle pas vraiment. On discutait et- je ne me rappelle même pas d'être venu ici.»

«Comme je l'ai dit, tu n'avais pas l'air en forme.»

Tom écarta une mèche de cheveux de son visage et Ginny fixa sa main lorsqu'elle passa devant ses yeux.

«C'est nouveau?» demanda-t-elle en observant la bague sur sa main.

«Non, dit-il. En fait, elle est très vieille. Elle appartenait à mon oncle, qui l'a eu de son père.»

«C'est … joli.» dit-elle, mais ce n'était pas vraiment le cas.

C'était une pierre massive avec des formes sur le dessus. Elle ne savait pas s'il s'agissait d'une rune ou d'un blason familial, mais Tom bougea la main et elle n'arriva plus à la voir. Ginny regarda sa montre, mais elle ne fonctionnait jamais dans le journal. Elle repoussa les couvertures.

«Tu ne pars pas, n'est-ce pas?» demanda Tom, attristé.

«Je dois m'entraîner à lancer un sort pour Flitwick, dit-elle en se mordant la lèvre. Je pensais le faire plus tôt, mais j'ai commencé à te parler et je me suis endormie-»

«Mais on a à peine passé du temps ensemble.» dit Tom en lui prenant la main.

Ses mains étaient froides et elle les entoura instantanément de ses petites mains à elle.

«Tes mains sont si chaudes.» dit Tom.

Il reprit une de ses mains et la posa sur sa joue. Il ferma les yeux et un minuscule sourire apparut sur son visage. Ginny se demanda à quoi il pensait, mais elle n'osa pas demander.

«Tom, dit Ginny en essayant de ne pas donner l'impression de se plaindre. Il faut vraiment que j'y aille si je veux-»

«Je pourrais t'aider, dit Tom. Tu as ta baguette avec toi, non?»

«Je- et bien oui, j'imagine, mais-»

«J'adorerais t'aider, Ginny, dit-il en serrant sa main. S'il te plaît? Donne-moi une chance de te remercier pour la compagnie que tu m'offres depuis des mois.»

«On n'a pas besoin de remercier ses amis! dit Ginny en secouant la tête. Je passe du temps avec toi parce que j'aime-»

«Alors reste, répondit Tom en souriant. Passe un moment avec moi, sans dormir, sans t'inquiéter pour la Chambre ou l'héritier ou le pauvre Colin, sans être embêtée par Percy.»

Ginny dut admettre que l'idée était plaisante.

«Au moins, je peux t'aider avec tes sortilèges.»

«Tu es sûr? Je ne veux pas t'embêter ...»

La vie avec six grands frères avait fait comprendre à Ginny que les gens avaient parfois besoin de temps seul. Savoir quand quelqu'un avait besoin qu'elle s'en aille était l'une des raisons pour laquelle elle avait survécu à son enfance.

Cette Ginny, stupide et bornée. Tom supposa que c'était aussi bien qu'elle hésite et qu'elle ne lui impose pas sa présence sans arrêt, mais sa réticence à rester trop longtemps forçait Tom à faire preuve de beaucoup de créativité. Lui avouer que sur le court terme, il voulait l'utiliser pour se déplacer et que sur le long terme, il comptait utiliser son corps et sa magie pour retrouver son propre corps risquait de mal finir pour lui.

«Tu ne pourras jamais m'ennuyer, Ginny.» affirma Tom avec le sourire qu'il avait utilisé voilà des années pour charmer le bon vieux professeur Slughorn.

Ginny se mordit la lèvre et Tom s'empêcha de simplement lui ordonner de rester là jusqu'à ce qu'il l'autorise à partir. Au lieu de ça, il posa la main sur son genou et sourit à nouveau. Cette fois, ce n'était pas complètement faux. Il n'avait pas menti quand il avait dit plus tôt qu'elle était chaude. Elle l'était, chaude et vivante, et sa petite sieste dans le journal avait permis à Tom de se sentir plus vivant que jamais.

«Tu es sûr-»

Un plan – et brillant, qui plus est – frappa Tom comme un éclair. Tom ne comprenait pas comment son alter ego plus âgé avait foiré à ce point alors qu'il était si intelligent et si charmant. Il leva la tête, se mordant la lèvre – comme Ginny le faisait quand elle était nerveuse – et il croisa son regard.

«Je- Je ne suis pas très doué pour ce genre de choses.» dit-il en prenant une voix hésitante.

Ce n'était pas quelque chose de naturel chez lui, mais Ginny semblait intéressée. Elle s'était assise un peu plus droit et ses yeux fixaient les siens.

«Je n'ai jamais vraiment- je n'ai jamais eu d'ami si proche, je n'ai- je n'ai jamais ressenti ça avant.»

Il détourna le regard, pas parce qu'il était embarrassé, même s'il espérait que Ginny le croit, mais plutôt parce qu'il ne voulait pas tout ruiner en lui montrant l'expression satisfaite sur son visage.

«C'est étrange pour moi, ce- ce- et je ne sais pas comment- Je veux que tu restes.»

Tom regrettait de ne pas pouvoir rougir. Cela aurait accentué la signification de ses mots. Le visage de Ginny s'illumina comme si elle avait été frappé par un Lumos. Elle essaya de contrôler son expression, mais il pouvait bien le voir dans ses yeux. Je t'ai eu, pensa-t-il.

«Je-»

Tom garda les yeux fixés sur la couverture de son lit.

«J'aime passer du temps avec toi.»

«Moi aussi.» répondit Ginny.

«Avec moi? demanda Tom en ajoutant un soupçon d'auto-dépréciation. Un garçon coincé dans un journal? Ginny, tu es vraiment trop gentille.»

«C'est vrai, assura Ginny en rougissant. J'aime beaucoup ça.»

Tom laissa un silence s'installer entre eux, avant de relever la tête.

«Alors tu restes?»


«Hermione!»

Surprise, Hermione leva les yeux. En face d'elle, Drago grogna et essuya l'encre qu'il venait de renverser. Ginny se laissa tomber sur le siège entre eux et Hermione pensa que c'était heureux que Mme Pince se trouve à l'autre bout de la bibliothèque. Autrement, Ginny aurait perdu des points et aurait déjà été renvoyé vers la tour.

«Tu as l'air … en forme.» observa Drago, et Hermione était plutôt d'accord.

Elle avait toujours des cernes, mais il y avait un éclat dans ses yeux et une couleur sur ses joues qui avait été absente ces derniers temps.

«Je peux te parler? demanda-t-elle à Hermione, et elle rougit encore un peu plus. Juste toi?»

«Bien sûr, répondit Hermione, intéressée. Drago, ça t'ennuie-»

«Oui, dit Drago. Ça m'ennuie. Il ne me reste plus qu'un paragraphe, donc je ne compte pas bouger. Soit vous allez ailleurs, soit vous faites comme si je n'étais pas là, mais-»

«Ginny?»

«Tu n'es pas là, lui dit Ginny en le fusillant du regard. Si tu racontes ce que je vais dire à Hermione à l'un de mes frères, je te-»

«On dirait que tu crois que ça m'intéresse.» dit Drago, avec un ton qui ressemblait terriblement à celui de Rogue.

Hermione trouva la ressemblance perturbante.

«Allez-y, papotez.»

«Drago-»

«A qui tu parles? demanda Drago. Je ne suis pas là.»

Hermione échangea un regard avec Ginny. Drago était un bon ami, mais il pouvait être lourd parfois.

«Ron ne va pas débarquer, pas vrai?»

«On est dans la bibliothèque, dit Drago en ricanant. Weasley et la bibliothèque-»

«Ron vient parfois à la bibliothèque, le défendit Hermione. En plus, Drago, tu n'es pas là, donc tais-toi.»

Drago lui fit la grimace, mais resta silencieux, se remettant à gratter le papier avec sa plume.

«Donc Ron-»

«Ron est chez Hagrid avec Harry, lui assura Hermione. Ils ne devraient pas revenir avant le dîner. Quelque chose ne va pas?»

«Comment tu sais si tu plais à un garçon?» demanda Ginny.

Hermione n'avait jamais vu le visage de quelqu'un devenir si rouge. Puis elle réalisa le sens de la question. Hermione elle-même n'avait que treize ans et n'était pas des plus expérimentées sur la sujet. Mais elle lisait des livres dans lesquels les personnages tombaient amoureux, ça ne devait pas être si différent.

«Et bien, dit-elle. Parfois ils sont méchants avec toi, parfois ils font des choses sympas pour toi-»

«Les garçons normaux te disent juste la vérité.» dit Drago.

«Tu n'es pas là, lui rappela Hermione. Mais il a raison.»

Ginny se mordillait la lèvre.

«Pourquoi? Tu parles de qui?»

«Je ne suis pas sûre qu'il m'apprécie, dit vivement Ginny. C'est juste- c'est juste qu'il m'a dit quelque chose qui me fait dire-»

«Qui?» demanda Drago.

«Drago.» le menaça Hermione.

«Vous- vous ne le connaissez pas, dit Ginny, le visage tout rouge. Il est plus âgé.»

«De combien?» demanda Hermione.

«Je ne te dis pas, dit Ginny en triturant sa cravate. Je me demandais juste si tu savais comment dire-»

«Demande-lui.» dit Drago.

Hermione ouvrit la bouche pour dire à Drago de se taire à nouveau, mais Ginny se tourna vers lui avant qu'elle ne puisse le faire.

«Mais s'il ne m'aime pas?»

«Je pense que la chose la plus importante ici, Ginny, dit Hermione en s'imposant de nouveau dans la conversation. C'est ce que toi, tu ressens pour lui. Tu le connais bien? Vous avez des cours ensemble?»

Ginny hésita.

«Il est-»

Le visage de Ginny se figea et elle cligna des yeux.

«Vous savez quoi? Peu importe. Je pense que je vais attendre et voir ce qui se passe. Merci. Il faut que j'y aille.»

«Ginny-» dit Hermione, mais elle était déjà loin, s'éloignant de leur table avec raideur.

Elle trébucha contre une chaise et Mme Pince fit son apparition, mais Ginny lui dit quelques mots en souriant doucement et Mme Pince la laissa partir.

«Il faut qu'elle me dise comment elle fait, dit Drago. Pas la partie où elle trébuche, mais la façon dont elle calme Pince.»

Hermione l'entendit à peine, trop occupée à froncer les sourcils en direction des cheveux brillants de Ginny qui disparaissaient entre les étagères.