Auteur : Nat, qui réapparaît après X temps d'absence en ajustant son auréole…

Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent tous au professeur Tolkien, et cette histoire est dédiée à Thalimnie qui me l'a demandée.

Warning : Aucun en particulier, pour une fois. C'est mignon (enfin, normalement), c'est idiot (ça, j'en suis sûre), ça n'a pas de sens (ça aussi, j'en suis sûre) et c'est en cinq chapitres déjà tous rédigés. Que dire de plus ?

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La première neige

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Tap tap tap tap tap…

Les petits pieds nus frappaient le sol à une vitesse soutenue, accompagnés d'un souffle léger, aux inspirations et expirations toujours plus rapides. Un court dérapage sur le bois du parquet, à l'angle du couloir, et les petits pieds reprenaient leur rythme effréné.

Tap-tap tap tap-tap tap tap-tap tap tap-tap tap…

Le bruit d'une deuxième course, plus rapide et plus aérienne, se superposa à la première.

« Thranduil, attends ! Attends-moi ! »

Tap-tap tap tap-tap tap tap-tap tap tap-tap tap…

Il ne fallut pas longtemps aux petits pieds pour porter leur propriétaire devant une porte de chêne finement sculptée, et il fallut encore moins de temps à deux petites mains pour pousser le loquet de ladite porte.

« Thranduil, arrête, tu vas réveiller les jumeaux ! Cria Celebrían. Arrête, je te dis ! »

La porte de chêne s'ouvrit, livrant le passage à un tout petit elfe aux boucles dorées, qui flottait dans sa longue chemise de nuit. Le bambin s'arrêta un instant sur le seuil de la nurserie, puis il se précipita sur le rideau de velours qui séparait le salon de la chambre d'enfants. En une seconde, il s'était glissé dessous et la fillette, qui venait d'atteindre la porte, frappa du pied par terre en fronçant ses sourcils argentés.

« Oh, Thranduil, tu es insupportable ! »

De l'autre côté du rideau, Thranduil s'arrêta de courir pour tirer la langue à sa cousine (qui ne le voyait évidemment pas), puis il se précipita sur le grand lit que se partageaient ses deux autres amis. Sous les couvertures et les édredons se devinaient les silhouettes endormies des jumeaux, qui avaient une fâcheuse tendance à hiberner dès que l'occasion leur en était donnée. Elrond avait presque entièrement disparu, et seules quelques mèches de cheveux bruns se laissaient voir sur son oreiller. Elros, comme à son habitude, s'était étalé autant que possible, et sa main droite dépassait du lit. Thranduil l'attrapa et tira dessus de toutes ses forces (qui n'étaient pas encore très développées, avouons-le).

« Debout, El'os, debout ! »

Elros émit un grognement rappelant un ourson en hibernation, libéra sans mal sa main et se tourna dans son lit. Il attrapa son frère et le serra dans ses bras, le prenant sans doute pour une peluche dans son rêve. Thranduil grimpa sur le matelas et tapota la tête du garçonnet avec le plat de sa main.

« Debout, le paresseux ! »

Elros grogna de nouveau et chassa la gênante petite main comme il aurait chassé une mouche. Fâché, Thranduil serra son poing et l'abattit violemment sur la tempe du semi-elfe. Celui-ci se redressa avec un cri de surprise et poussa son agresseur hors du lit. Puis il se recoucha et disparut complètement sous ses couvertures. Le blondinet, qui avait roulé sur le sol, se frotta la nuque en pleurnichant. Dans un froissement de tissu, le grand rideau fut tiré et Celebrían apparut. Elle pointa un doigt sévère dans la direction de son cousin.

« Je t'avais dit que ça finirait comme ça, mais tu ne m'écoutes jamais. Commença-t-elle d'un ton moralisateur. Un jour, tu vas vraiment te faire mal. Et… »

Vexé, Thranduil cessa de pleurnicher. Il se releva, contourna le grand lit et tira énergiquement sur les cheveux bruns d'Elrond –tout en prenant garde de se tenir hors de portée d'éventuels coups de poings. Le cri de protestation du garçon qui émergea des profondeurs de ses couvertures se perdit dans le babillage enthousiaste du tout-petit, ravi d'avoir enfin réussi à réveiller quelqu'un.

« Debout, El'ond, debout ! Viens voir, El'ond ! C'est tout beau partout, viens vite !

-En voilà des manières ! Grinça Elrond en se massant le cuir chevelu. C'est comme ça que tu réveilles les gens, toi, maintenant ?

-Viens vite, viens vite, viens vite !

-Oh, mais tais-toi ! Lança Elros d'une voix étouffée par les couches de tissus couvrant sa tête.

-Je suis désolée, les garçons. Intervint Celebrían d'un air contrit. J'ai essayé, mais… »

Elle désigna Thranduil, qui avait trouvé le moyen de s'agripper au bras d'Elrond et s'évertuait à tenter de le faire sortir du nid chaud et douillet qu'était son lit. De sa main libre, le jeune métis salua son amie, puis il regarda le petit blond, une certaine consternation lisible dans ses yeux gris.

« Mais qu'est-ce que tu as, toi, ce matin ? Tu as mangé du warg ?

-Il devait être encore vivant, le warg. Ronchonna Elros d'en dessous de ses couvertures.

-Soit pas idiot, El'. S'il avait été vivant, Thranduil serait pas là à essayer de m'arracher le bras.

-Bah c'est bien dommage.

-Elros ! Se récria Celebrían.

-El'ond, viens voir la neize ! C'est tout beau ! » Couina encore Thranduil.

Elrond réprima un bâillement et secoua son bras, ce qui eu pour effet de faire tomber son petit tortionnaire assis par terre.

« On dit la neige, Thranduil. Et… quoi ? »

Le semi-elfe interrogea Celebrían du regard. La fillette lui adressa un sourire timide.

« Il a neigé cette nuit…

-Il en n'a tout partout ! » Appuya un Thranduil radieux, oubliant qu'il s'était fait mal aux fesses en tombant.

Il n'en fallut pas plus pour faire jaillir les jumeaux de leur lit. Ils atteignirent la plus proche fenêtre en même temps et ouvrirent le battant, puis tirèrent les volets de bois en un instant. Le paysage qui s'offrit à la vue des enfants semblait tout droit sorti d'un conte. La grève qui cernait le château de Gil-Galad semblait toute entière recouverte d'un épais manteau de coton, déposé là pendant la nuit. Sur la plage, près de la mer, là où les vagues léchaient le sable, la neige ne tenait pas. Mais partout ailleurs, où que portait le regard et jusqu'à la ligne sombre des lointaines forêts du nord, tout n'était que silence blanc, scintillant dans la pâle lumière du soleil levant.

« T'as vu, murmura Thranduil, c'est tout beau la neize.

-La neige, Thranduil. Rectifia Elrond.

-La nèèèègeuh.

-…Y'a du mieux. »

Les quatre enfants se turent quelques secondes, perdus dans la contemplation du paysage. Puis Elros éternua et referma vivement la fenêtre. Il se tourna ensuite vers ses compagnons, le visage rayonnant.

« Aujourd'hui, on joue dans la neige, toute la journée !

-Ouiiii ! Approuva Thranduil de sa voix haut perchée, tandis que Celebrían battait des mains.

-Tu oublies qu'on a notre leçon d'algèbre ce matin. Et celle de grammaire ensuite. Fit Elrond en comptant sur ses doigts. Et le solfège cet après-midi, et la leçon de danse. »

Elros foudroya son frère du regard et souffla bruyamment par la bouche pour exprimer son mécontentement.

-Oh, et la diction. Ajouta tristement Celebrían, sa joie envolée. Je n'aime pas du tout les leçons de diction.

-Et le Khuzdul ! » Clama Thranduil en levant les bras au plafond, rieur. « S'pèce de nain. » Ajouta-t-il en se tournant vers Elrond.

Le plus grand garçon lui pinça la joue en tournant les doigts, ce qui fit couiner le bambin et lui laissa une marque rouge sous la pommette. Thranduil siffla comme un chat en colère et courut se réfugier dans son berceau. Sa tête blonde ébouriffée et ses yeux verts à l'éclat furieux furent un instant visible au dessus des barres cernant son petit lit, puis Elrond fit mine d'avancer d'un pas vers lui et les boucles blondes disparurent sous les couvertures. Celebrían adressa un regard de reproche au brun.

« Tu n'aurais pas dû le blesser, il ne savait pas que c'était une insulte.

-Si, il le sait.

-Non, il est trop petit.

-Je te dis qu'il sait.

-Non, il…

-Je sais ! »

Elros fit soudain claquer ses doigts, son sourire lumineux de retour sur son visage. Son frère et son amie coupèrent court à leur dispute naissante et se tournèrent vers lui, étonnés.

« Tu sais quoi ? Demandèrent-ils en même temps.

-Comment on va faire pour jouer dans la neige. On va aller voir Gil et on va lui demander de renvoyer nos précepteurs pour une journée. Comme ça, on n'aura pas de leçon et on pourra jouer toute la journée ! C'est la première neige de l'année, il ne peut pas nous refuser ça !

-Mais il peut faire ça, Gil ? Questionna Elrond, sceptique.

-Il peut tout faire, il est le roi ! Rétorqua son double.

-Mais est-ce qu'il voudra bien ? Ma nana dit que les leçons sont très importantes et que je ne dois pas en manquer une, même si j'en ai très envie. » Contra Celebrían d'une voix douce.

Elros s'accorda une minute de réflexion. Dans son berceau, Thranduil parlait tout seul. A moins qu'il ne parlât à ses doudous, ce qui n'était pas beaucoup mieux. Puis Elros fit de nouveau claquer ses doigts.

« Eh bien, si Gil ne veut pas, je vais pincer Elrond derrière l'oreille pour le faire pleurer. On dira qu'il pleure parce qu'il veut jouer dans la neige, et alors Gil voudra bien !

-Hé, non ! Protesta l'intéressé.

-Pince-le El'os, il est méchant ! Piailla Thranduil, mais personne ne lui répondit.

-Je vais réveiller notre aya, il faut qu'elle nous habille ! Conclut Elros. On ne peut pas aller voir le roi en chemise de nuit ! »

Le garnement se précipita sur la porte de la nurserie, appelant la bonne d'enfants chargée d'eux, et disparut dans le couloir. Pour gagner du temps, Elrond décida de sortir leurs vêtements de la penderie. Thranduil le regarda faire en fronçant les sourcils.

« Pourquoi tu sors ma robe en velours ? Interrogea-t-il d'un ton boudeur. Je veux mettre l'autre. Elle est plus douce. »

Elrond l'ignora. A cet instant, Elros revint, tirant par la main la bonne à l'air amusée. C'était une elfe qui avait dû être jeune au début de cet âge, aux cheveux châtains et au sourire engageant.

« Il faut mettre des vêtements chauds, petit maître Thranduil, parce que la neige est très froide. Votre robe de satin est très jolie, mais celle en velours est bien mieux pour jouer dans la neige. »

Thranduil se glissa hors de son berceau et s'approcha timidement de la grande elfe.

« 'Rían aussi dit que la neize, c'est froid. C'est vrai ?

-C'est vrai, bien sûr. N'aviez-vous donc jamais vu de neige avant aujourd'hui ?

-Non. C'est tout joli.

-Il est vrai qu'il a fait plutôt chaud ces quelques dernières années. Sans doute étiez-vous trop jeune pour vous souvenir de notre dernier hiver neigeux…

-Ne perds pas ton temps avec lui, aya, il comprend rien ! Intervint Elros en sautant sur place. Vite, vite nos habits ! Je veux mettre ma veste rouge pour voir Gil, elle est comme son manteau !

-Tu crois qu'on devrait demander une audience, comme les grands ? Questionna son frère à voix basse.

-Bien sûr que non, c'est notre cousin ! On va entrer dans sa chambre et sauter sur son lit, comme tous les matins. Aya, Elrond veut mettre sa robe bleue ! Celle qui ressemble à la robe de Celeborn !

-Non, je veux mettre des collants et une tunique pour courir !

-Tais-toi Elrond, c'est moi qui décide.

-Et pourquoi ça ? »

Celebrían et la bonne d'enfants échangèrent un regard blasé et soupirèrent de concert. Soudain, Thranduil attrapa sa poupée-nain dans son berceau et courut hors de la nurserie. Celebrían se précipita après lui.

« Thranduil ! Thranduil, où vas-tu ?

-Dans la salle du petit-dézeuner ! J'ai pas fini mon lait à cause de la neizeuh !

-Mais Thranduil, la table est débarrassée ! Reviens, il faut s'habiller ! Thranduil, vas-tu enfin m'écouter ? Reviens ici ! Tu ne peux pas courir partout dans le château en chemise de nuit ! Thranduil ! »

La bonne d'enfant eut un sourire indulgent et se dirigea vers la penderie. Voilà encore une journée qui commençait bien…

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Voilà Thalimnie : Elrond, Elros, Thranduil et Celebrían enfants, comme tu le voulais J'espère que cette histoire te plaira, malgré la longueur… A la base, c'était censé être un ficlet, pas très long, comme demandé. Mais je me suis laissée emporter, ravie que j'étais de pouvoir décrire la journée de quatre enfants innocents… ou presque. Et comme nous sommes en hiver et qu'il ne neige pas du tout chez moi, il a neigé chez eux. ^^'

Je posterai la suite samedi prochain. D'ici là, je vous souhaite une bonne semaine et, surtout, une bonne et heureuse année 2014 à toutes ! :D