Auteur : Nat, qui réapparaît après X temps d'absence en ajustant son auréole…
Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent tous au professeur Tolkien, et cette histoire est dédiée à Thalimnie qui me l'a demandée.
Warning : Aucun en particulier, pour une fois. C'est mignon (enfin, normalement), c'est idiot (ça, j'en suis sûre), ça n'a pas de sens (ça aussi, j'en suis sûre), c'est probablement OOC (Sûre également) et c'est en cinq chapitres déjà tous rédigés. Que dire de plus ?
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La première neige
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Elrond pila net devant Celebrían, tout sourire, le souffle court et les joues rougies par l'effort. Emporté par son élan, le chariot vint cogner contre ses mollets et le métis tomba à la renverse sur Thranduil qui couina par habitude. Aussitôt, Elros se saisit de la corde pour continuer à tirer et fit signe à la fillette de pousser l'étonnant attelage pour aller encore plus vite.
« Elrond, mon frère, tu es génial ! Le félicita-t-il. …Enfin, de temps en temps. Erestor, on va jouer dans les collines ! Tu nous rejoindras quand tu auras fini de danser la gigue ? »
Erestor répondit quelque chose à propos de Círdan et des roues du chariot et cria aux petits de l'attendre, mais personne ne jugea nécessaire de l'écouter. Les enfants l'ignorèrent et partirent au triple galop en direction de ce qui allait devenir leur nouveau terrain de jeu. Elros tirant, Celebrían poussant, Thranduil gazouillant et Elrond riant, le chariot-luge parvint au sommet d'une petite colline. Dès qu'il se fut immobilisé, Elrond en descendit et s'inclina devant Celebrían.
« Si ma demoiselle veut bien se donner la peine… Enonça-il d'un ton cérémonieux, désignant la luge.
-Thranduil, veux-tu descendre ! Les dames d'abord, malappris ! » Gronda Elros en tirant le plus jeune par le bras.
Thranduil se débattit, griffant la main du semi-elfe.
« Non, c'est ma luge ! El'ond l'a fabriquée pour moi ! N'est-ce pas que c'est ma luge à moi, El'ond ?
-C'est-à-dire que… Hésita le garçonnet, mal à l'aise.
-Ce n'est pas grave, intervint doucement Celebrían. Thranduil est tout petit, il peut rester dans le chariot avec moi. Et les glissades seront plus drôles à deux.
-Je suis pas petit, moi.
-Si ça te va Celebrían, alors d'accord. » Trancha Elros avec un haussement d'épaule.
Celebrían prit place dans le chariot-luge aux côtés de son cousin et les deux frères la poussèrent ensemble, lui donnant de l'élan. La fillette et le bébé sindar dévalèrent la pente à vive allure, en lançant des exclamations joyeuses jusqu'à ce que la luge s'immobilisât. Les jumeaux se précipitèrent pour la remonter, tout en se chamaillant pour arriver le premier, comme ils avaient l'habitude de le faire. Elrond l'ayant dépassé, Elros le poussa pour reprendre son avantage. Il cessa de courir lorsque son frère tomba tête la première dans la neige froide, lui adressa un regard moqueur et un sourire taquin, puis reprit sa course en gloussant sans plus s'occuper de lui. Il prit la corde des mains de Celebrían qui avait déjà entamé la remontée.
« Laisse, 'Rían. Je suis bien plus fort que toi, je vais le faire. Offrit-il de son plus beau sourire. Thranduil, descends maintenant.
-Non. Je veux encore glisser.
-Tu vas encore glisser, mais descends pour la remontée. Je veux pas te tirer quand tu peux marcher.
-Tu es pas assez fort ? »
Elros, vexé, prit un air bougon qu'on lui voyait rarement.
« Bien sûr que si. Très bien, reste dans la luge. Tu vas voir ! »
Et il démarra au quart de tour, fonçant à pleine vitesse vers le haut de la colline et tirant derrière lui le chariot de bois. Celebrían, soucieuse, ne put se retenir de l'appeler.
« Elros, fais attention !
-Ralentis avant le sommet ! Conseilla Elrond, qui s'était relevé et que son double venait de dépasser.
-Plus vite, El'os !
-Thranduil, ne l'encourage pas ! Il va encore vous arriver des malheurs ! » Prédit Celebrían d'un ton inquiet.
Sans répondre aux appels de ses amis et sans même faire semblant de leur prêter attention, Elros poursuivit sa course. Il atteignit sans peine le haut de la petite colline et s'y arrêta, lâchant la corde et se tournant vers Thranduil dans une pose victorieuse.
« Alors, petit maître, votre dévoué serviteur n'est pas le plus fort de tous ? »
Thranduil, agrippé aux rebords du chariot, ouvrit la bouche pour lui répondre. Mais son sourire ravi se mua en une expression de surprise lorsqu'il s'aperçut que sa luge ne s'arrêtait pas et continuait à glisser. Elros, tout aussi surpris que lui, vit le bambin lui passer sous le nez et poursuivre sa glissade, dévalant à présent l'autre pente de la colline, qui menait aux vergers. Le garçon brun se mordit la lèvre en regardant le chariot de bois disparaître entre les arbres fruitiers. Elrond et Celebrían le rejoignirent, et, comprenant ce qui s'était passé, la fillette pâlit.
« Oh, pourvu qu'il ne se cogne pas dans un tronc ! Gémit la petite fille. Il pourrait se faire mal ! Thranduil ! Thranduil, où es-tu ? »
Elle s'élança sur les traces de son cousin, continuant à l'appeler. Embêté, Elros se frotta l'arrière de la tête.
« Pourvu qu'il ne casse pas notre luge en se cognant dans un tronc, surtout. Pourquoi est-ce qu'il a continué tout seul ? Marmonna-t-il avec une mauvaise foi évidente. Il est trop petit pour la diriger.
-C'est à cause de l'élan que tu lui as donné, le réprimanda son frère. Je t'avais dit de ralentir, mais tu ne m'écoutes jamais. Tu le sais, pourtant, que j'ai…
-Toujours raison, oui, je sais ! Coupa Elros avec mauvaise humeur. Allons voir l'état dans lequel Thranduil a mis notre luge. Viens ! »
Le garnement attrapa son double par la main et les deux noldors descendirent de la colline en trottinant, suivant la trace lisse laissée par la luge dans la neige. Ils la retrouvèrent à demi enfoncée dans une haie séparant les cerisiers des pommiers, Celebrían tirant dessus pour l'en faire sortir et Thranduil sautillant autour d'elle, visiblement très énervé. Voyant les jumeaux venir vers lui, il leur fit signe de la main.
« La luge est rentrée dans le buisson ! Leur cria-t-il. Elle veut plus sortir !
-Tu ne t'es pas fait mal ? Interrogea Elrond en arrivant à sa hauteur.
-Non. Mais ça secouait très fort. Et je veux ma luge. Elle est méchante. Dis-lui de sortir, El'ond !
-Elle est coincée dans les branches, précisa Celebrían, et je n'arrive pas à la bouger. »
Elros saisit l'arrière de la luge et tira de toutes ses forces, sans parvenir à la déplacer. Il fronça les sourcils, se glissa dans le chariot et se pencha sous les bas branchages pour chercher d'où venait le problème. Elrond prit dans sa main celle du petit Thranduil, toujours mécontent par la tournure qu'avaient pris les évènements, pour l'empêcher de tourner comme une mouche agaçante autour de ses aînés. Celebrían, accroupie près d'Elros, attendait patiemment le résultat de son examen. Enfin, le garçonnet se redressa.
« Il y a une grosse branche en travers qui bloque la luge. Expliqua-t-il. J'arrive pas à la bouger. Il va falloir tirer très fort pour tout débloquer.
-Mais ça va casser notre chariot ! Objecta Elrond.
-Et Círdan va nous gronder… Ajouta tristement Celebrían.
-Je veux pas casser ma luge ! Couina Thranduil en tapant du pied par terre.
-Ça va peut-être pas la casser, et sinon Círdan la réparera… après nous avoir grondés. Et puis de toute façon, on a pas le choix. Il faut tirer tous ensemble. Allez ! »
Bon gré, mal gré, les quatre enfants s'attelèrent à leur tâche. Thranduil, malgré sa bonne volonté, ne fut pas d'une grande aide. Il commença par s'agripper à l'arrière du chariot, mais ses coudes rentraient dans les côtes de Celebrían qui lui proposa gentiment d'aller ailleurs pour ne plus la gêner. Le bébé sindar attrapa alors la corde qui traînait dans la neige et tira dessus de toutes ses petites forces. Cela ne servait à rien et, de plus, c'était bien trop fatigant : Thranduil cessa de tirer sur la corde et se mit simplement à la secouer. A chaque fois qu'elle frappait le sol, elle faisait s'envoler une multitude de flocons nacrés. Le blondinet rit, amusé par son nouveau jeu, et oublia complètement que sa luge était coincée dans une haie.
Les trois plus grands furent bien plus assidu que leur benjamin, mais leurs efforts combinés ne donnèrent pas plus de résultat. Après plusieurs tentatives infructueuses, Elros décréta que ce n'était pas la peine de s'épuiser pour quelque chose qui, de toute évidence, ne fonctionnait pas.
« On est pas assez forts, même tous ensemble. Il faudrait qu'on demande à un grand de nous aider.
-Lequel ? Questionna Elrond en observant Thranduil d'un air déconcerté –sans doute avait-il du mal à concevoir ce qu'il y avait de drôle à secouer une corde.
-Erestor ? » Suggéra Celebrían de sa voix douce.
Il y eut un instant de silence. Le rire de Thranduil s'évanouit. Puis Elros se frappa le front.
« Erestor ! Je l'avais complètement oublié ! Je lui ai dit qu'on était dans les collines !
-Il doit nous chercher partout… Et s'il se perdait en nous cherchant ? Allons le trouver ! S'exclama Celebrían.
-Il ne va pas être content. Prévint Elrond. Pas content du tout.
-Dépêchons-nous ! »
Les jumeaux s'élancèrent les premiers vers les collines, dans un ensemble presque parfait. Celebrían décrocha Thranduil de sa corde, ignora les jérémiades de son cousin et le tira par la main jusqu'à ce qu'il se mît à courir également. A quelques mètres devant elle, Elros et Elrond galopaient en appelant Erestor à pleins poumons. Les deux frères grimpèrent au sommet d'une colline pour avoir une meilleure vue et s'y arrêtèrent, essoufflés.
« Tu le vois, toi ?
-Non… Ah, si !
-Là-bas ! C'est lui ! »
Et les deux semi-elfes de reprendre leur course folle en criant et en agitant les bras pour attirer l'attention de leur gardien. Celui-ci les entendit, se tourna vers eux et ne bougea pas, attendant de les voir venir à lui. Arrivés à sa hauteur, les deux garçonnets s'aperçurent qu'Erestor n'avait en effet pas l'air content. Pas content du tout, même. Sourcils froncés, mâchoire crispée et bras croisés sur sa poitrine, Erestor ressemblait étrangement à Oropher le jour où ils avaient eu la bonne idée de remplacer son vin favori par un mélange de leur composition. Nul besoin n'est de préciser que cette ressemblance n'était pas tout à fait rassurante. Rentrant instinctivement la tête dans les épaules et se prenant la main pour se donner du courage, les jumeaux s'avancèrent encore de quelques pas puis s'immobilisèrent. Erestor ne broncha pas, dardant sur un eux un regard dur. Le silence s'éternisa. Alors Elros tendit sa main libre et toucha du bout des doigts la cape de l'adolescent.
« Trouvé. » Dit-il, parce qu'il fallait bien que quelqu'un dise quelque chose.
Erestor ne répondit rien. Mais sa mâchoire se décrispa, ce qui était encourageant. Le remarquant, Elrond tendit lui aussi la main et toucha la cape à son tour. Il ne dit rien, mais adressa un sourire timide au grand garçon. Erestor ne prononça pas un mot, mais la dureté de son regard vacilla. A cet instant, Celebrían et Thranduil apparurent au sommet d'une colline voisine. La fillette les vit, laissa échapper un cri de joie et courut les rejoindre. Sans prêter attention à l'air fâché d'Erestor, elle se précipita sur ses jambes pour leur faire un câlin.
« Oh, Erestor, j'ai cru qu'on t'avait perdu ! » Fit-elle d'une voix tremblante.
Encore une fois, Erestor n'émit pas un son, mais ses sourcils se défroncèrent et son expression s'adoucit. Ce fut ce moment que choisit Thranduil, qui trottinait derrière sa cousine, pour trébucher et s'étaler dans la neige. Emporté par son élan, il roula sur trois mètres et s'arrêta au pied de la colline. Affalé par terre, des flocons dans les cheveux, le petit blond cligna plusieurs fois des yeux, surpris par sa propre chute. Puis, comprenant qu'il était tombé, le bébé sindar se mit à pleurer. Alors Erestor rendit les armes et, avec un profond soupir, il alla consoler le tout-petit. Il le prit dans ses bras, déplaçant tout son poids sur sa hanche gauche pour avoir une main de libre, avec laquelle il épousseta le bambin qui pleurnichait. Il réarrangea ensuit l'écharpe, qui s'était dénouée.
« Arrête de pleurer, Thranduil. Dit-il. Tu n'as pas pu te faire mal, tu as juste eu un peu peur. C'est fini, maintenant.
-J'aime pas la neize, geignit Thranduil en essuyant ses joues dégoulinantes de larmes. Elle est méchante. Je veux plus la neize !
-Pas de chance, elle est partout. » Commenta Elros, pragmatique.
Thranduil lui adressa un regard noir et cacha son visage dans l'épaule d'Erestor. L'adolescent lui tapota maladroitement le dos et se tourna vers l'aîné des jumeaux, l'air de nouveau sévère.
« Dis donc Elros, ne m'avais-tu pas dit que vous seriez dans les collines ? Je vous ai cherché pendant plus d'une demi-heure ! Où étiez-vous passés ? »
Seul le silence lui répondit. Elros, Elrond et Celebrían échangèrent des regards embêtés. Finalement, ce fut la fillette aux cheveux d'argent qui s'éclaircit la gorge.
« Ne le gronde pas Erestor, ce n'est pas sa faute… Commença-t-elle.
-Mais un peu quand même. Rectifia Elrond.
-C'était la faute à pas de chance ! S'insurgea son frère.
-C'est la luge qui est méchante ! Couina Thranduil.
-C'est ça, rebondit aussitôt Elros, c'est la faute à la luge.
-Elle glissait pas toute seule, la luge. Grogna Elrond.
-Ben si, justement. C'est ça le problème.
-Elle est rentrée dans le buisson, ma jolie luge… Renifla Thranduil.
-On a essayé de l'en sortir, mais c'était dur. Précisa Celebrían.
-Y'avais une grosse branche qui bloquait tout ! Ajouta Elros.
-Quelle branche ? Demanda Erestor, qui peinait à comprendre. De quel buisson ?
-Ben, la haie dans le verger. Répondit Elrond comme s'il s'agissait là d'une évidence. La luge s'est enfoncée dedans et est restée bloquée.
-On a tiré dessus, mais la branche a dit non. Poursuivit Celebrían.
-Et puis on a pensé que tu étais plus fort que nous, alors on est venu te chercher ! » Acheva triomphalement Elros.
Et les trois enfants affichèrent exactement le même sourire candide et plein d'espoir. Erestor secoua la tête, visiblement toujours aussi perdu.
« Attendez. Qu'est-ce que vous faisiez encore dans le verger ? Et comment avez-vous fait pour coincer votre luge dans la haie ? »
La lumière parut soudain se faire dans son esprit et son expression se fit menaçante.
« Elros ! S'exclama-t-il. Ne me dis pas que tu as foncé dans la haie !
-J'ai pas fait ça ! Se défendit le garnement.
-Il a pas fait ça ! » Confirma Elrond.
Il ajouta avec un haussement d'épaule :
« Il a juste trop tiré la luge. Je lui avais dit d'arrêter, mais il ne m'écoute jamais.
-C'était à cause de la pente, reprit Celebrían. La luge a continué toute seule.
-J'étais dans la luge, moi. Fit la voix fluette de Thranduil.
-La luge est partie toute seule vers les vergers. Continua Elros. Mais quand on est arrivés, elle était dans la haie. Alors on a tiré dessus.
-Oui, vous m'avez déjà dit ça. Intervint Erestor. Donc, vous étiez bien dans les collines ? …Est-ce qu'il y a quelqu'un ici qui pourrait m'expliquer votre histoire clairement ? »
Nouveau silence. Sans la moindre concertation, tous les regards convergèrent vers Elrond. Le semi-elfe fit semblant de les ignorer pendant une demi-minute avant de soupirer. Il prit une profonde inspiration et débita d'un trait toute l'histoire.
« On est allés dans les collines comme Elros t'as dit. Celebrían et Thranduil ont glissé dans la luge et Elros et moi, on a couru pour la remonter. Elros m'a fait tomber dans la neige et il a remonté la luge tout seul. Thranduil était encore dedans et Elros a couru très vite pour l'impressionner. Je lui ai dit de ralentir avant d'arriver en haut de la colline, mais il ne m'a pas écouté. Il ne m'écoute jamais alors que j'ai toujours raison.
-C'est pas important, ça ! Ronchonna Elros. Passe à la suite !
-Il s'est arrêté en haut et a lâché la corde, et la luge a continué à glisser toute seule. On l'a vue partir vers les vergers avec Thranduil dedans. Quand on les a retrouvés, la luge était coincée dans la haie et Thranduil sautait à côté. On a essayé de la décoincer, mais on n'a pas réussi, alors on a pensé que tu es plus fort que nous et que tu peux faire ça. Tu peux, dis ? »
Le sourire candide et plein d'espoir se réimprima sur les visages des trois enfants. Erestor les regarda un à un avec attention tandis que le petit Thranduil se tortillait dans ses bras et tirait sur son écharpe, cherchant à attraper quelque chose dans son dos. Enfin, Erestor reprit la parole.
« Vous savez que mon travail consiste à vous surveiller pour que vous ne vous fassiez pas mal et qu'il ne vous arrive rien pendant votre temps libre, n'est-ce pas ? Or, à cause de vos propres bêtises… »
Son regard s'attarda lourdement sur Elros, pendant que Thranduil se contorsionnait pour essayer de voir par-dessus sa petite épaule.
« …J'ai été dans l'incapacité de faire ce travail. Thranduil aurait pu se faire très mal en atterrissant dans la haie, ou pire, il aurait pu heurter un tronc et se blesser.
-On est désolés, Erestor. Fit tristement Celebrían. On ne voulait pas…
-J'espère bien que vous êtes désolés et je sais parfaitement que vous ne vouliez pas. Coupa l'adolescent. Mais les faits sont là. Nous allons donc laisser la luge là où elle est pour le moment, cela me semble être une punition largement suffisante. Vous allez tous revenir dans les jardins, où je ne pourrais pas vous quitter des yeux, et jouer à des jeux plus tranquilles. Et si vous êtes sages jusqu'au repas de ce midi, je verrais ce que je peux faire pour votre luge. D'accord ? »
Un concert de soupirs attristés lui répondit. Les enfants hochèrent lentement la tête, résignés. Thranduil essayait de se faire un torticoli à force de se tourner en tous sens.
« Bien. Retournons dans les jardins. Déclara Erestor, apparemment soulagé. Et sans courir, je ne veux pas vous perdre de vue. …Thranduil, vas-tu cesser de gigoter ?
-Je veux mon nain !
-Il est dans ton dos, ton nain. Je l'ai attaché avec ton écharpe, tu te souviens ? Cesse de bouger comme ça ou je te pose. »
Les trois autres petits regardèrent le bambin. Celebrían se mordit la lèvre, et les jumeaux échangèrent un rapide coup d'œil. Elros tira un peu sur la cape d'Erestor pour attirer son attention.
« Erestor… Souffla-t-il. Je crois qu'on a un problème… »
Elrond et Celebrían hochèrent la tête, n'osant pas confirmer à voix haute. Erestor regarda Thranduil avec un peu plus d'attention et ses yeux s'écarquillèrent d'horreur. Ce fut alors que le bébé blond comprit pourquoi il ne parvenait pas à voir sa poupée, même en se tordant au maximum. Ses grands yeux verts se remplirent de larmes.
« J'ai perdu mon nain ! » Couina-t-il avant d'éclater en sanglots.
Dans son dos, l'écharpe n'enserrait plus que le vide. Le doudou favori du tout-petit avait disparu.
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Gros chagrin de petit Thranduil en vue… Qui aurait cru qu'il pleurerait un jour pour un nain ?
Bref. Je risque d'avoir un week-end chargé, mais je trouverai quand même le temps de poster la suite samedi. Normalement. Au pire, ça sera dimanche, mais sans plus de délai. Bonne fin de semaine à toutes !
