Auteur : Nat, qui réapparaît après X temps d'absence en ajustant son auréole…
Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent tous au professeur Tolkien, et cette histoire est dédiée à Thalimnie qui me l'a demandée.
Warning : Aucun en particulier, pour une fois. C'est mignon (enfin, normalement), c'est idiot (ça, j'en suis sûre), ça n'a pas de sens (ça aussi, j'en suis sûre) et c'est en cinq chapitres déjà tous rédigés. Que dire de plus ?
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La première neige
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Les chagrins de Thranduil (ses vrais chagrins, pas ses caprices) étaient rares, mais parfaitement reconnaissables. Aussi les trois autres enfants et l'adolescent eurent-ils aussitôt la très désagréable certitude que ses larmes étaient tout à fait sincères, et qu'il n'allait pas s'arrêter de pleurer avant d'avoir retrouvé sa poupée-nain. Poussant un long soupir devant la tâche qui se profilait devant lui, Erestor posa le bébé en pleurs auprès de Celebrían afin d'avoir les mains libres. Il parcourut ensuite du regard l'étendue neigeuse, pensant sans doute que la poupée avait dû se décrocher durant la chute du tout-petit. Ne la voyant pas, il remua la neige du bout du pied tout autour de l'endroit où Thranduil était tombé, d'abord sans grande conviction, puis avec de plus en plus d'ardeur à mesure que les sanglots du blondinet gagnaient en volume. Elrond le regarda faire pendant un court instant avant de se joindre à lui. Elros, sourcils froncés, semblait perdu dans ses pensées et n'avait pas l'air de vouloir leur donner le moindre coup de main.
Celebrían, que le chagrin de son cousin rendait triste à son tour, tenta sans grand succès de le consoler. Elle voulut d'abord lui faire un câlin, parce que c'était ce que sa nana faisait quand elle pleurait, mais Thranduil la repoussa avec colère et continua à pleurer. Il ne voulait pas être cajolé, il voulait son nain. Une deuxième tentative de câlin n'eut pas d'autre résultat qu'une brusque montée dans les aigus des cris du bambin. Etrangement, ce fut à cet instant qu'Elrond et Erestor eurent l'idée d'aller voir à l'endroit où Thranduil avait trébuché et qu'ils commencèrent à s'éloigner. Celebrían se laissa alors tomber en arrière et, allongée sur le dos, elle écarta la neige de ses bras et de ses jambes.
« Regarde Thranduil, je fais un maïa dans la neige ! S'écria-t-elle pour attirer l'attention du petit blond. Tu veux en faire un, toi aussi ? »
Mais Thranduil ne la regarda pas et continua à crier. Il ne voulait pas faire de maïa dans la neige, il voulait son nain. Celebrían se redressa et secoua ses cheveux d'argent pour en faire tomber les flocons qui s'y étaient accrochés. Elle fit ensuite une petite boule de neige, qu'elle surmonta d'une autre encore plus petite. Elle rajouta une poignée de neige pour symboliser une barbe et appela de nouveau son jeune cousin.
« Regarde Thranduil, je t'ai fait un nain de neige en attendant de retrouver ton vrai nain. »
Thranduil cessa de crier et la regarda, mais dans ses yeux remplis de larmes se lisait toute la détresse du monde. Il se laissa tomber assis sur le sol et pleura en silence, couvrant son visage de ses petites mains. Ne sachant plus quoi faire, Celebrían se mordit la lèvre. Puis elle plaça un bras autour des épaules de l'autre sindar en guise de soutient et ne bougea plus.
Des longues minutes s'écoulèrent ainsi, ponctuées par les soubresauts des épaules de Thranduil, secoué par son chagrin. Erestor et Elrond remontèrent la colline et disparurent de l'autre côté. Au bout d'un moment, Elrond revint en courant. Celebrían espéra qu'il rapporterait la poupée disparue, mais le garçon brun avait les mains vides. Erestor marchait derrière lui, l'air encore plus sombre que d'ordinaire. Arrivé près des deux autres enfants, Elrond s'arrêta et s'accroupit devant Thranduil. Le tout-petit leva vers lui des yeux pleins d'espoir, mais le plus grand secoua la tête.
« On a regardé partout Thranduil, mais ton nain n'est pas ici. Mais on va aller voir là où on a fait des glissades tout à l'heure, tu te souviens ? Erestor pense qu'il est peut-être tombé là-bas.
-Mais s'il y est pas ? » Questionna Thranduil d'une voix tremblante.
Elrond haussa une épaule.
« Ben je sais pas, moi. Tu ne l'as pas posé quand on est allés chercher le chariot pour le transformer en luge ?
-Non.
-Alors, euh… »
Elrond se tut, réfléchissant à ce qui avait bien arriver à la poupée. Tout à coup, les yeux de Thranduil s'écarquillèrent d'horreur.
« Mais ! S'exclama-t-il. Et si mon nain il a été enlevé ? »
Celebrían le regarda avec sévérité.
« Mais Thranduil, qui voudrait enlever ton nain ?
-Des orcs ? Hasarda le tout-petit.
-Ou d'autres nains. Proposa Elrond, pensif, tandis que Thranduil pâlissait à vue d'œil. Vu que c'est un nain, ils ont peut-être voulu le prendre avec eux. Mais ça, c'est des choses qu'on voit que dans les livres…
-Si tu lisais moins de livres, tu ne dirais pas des bêtises pareilles dans un moment aussi grave. Gronda Celebrían en entourant possessivement son cousin de ses deux bras. Ne l'écoute pas, Thranduil. »
Mais Thranduil n'écoutait déjà plus. Pâle comme la mort, il fixait Elrond de ses yeux exorbités. Réalisant soudain que ce qu'il avait dit n'avait fait qu'attiser la peur du bambin, le métis voulut se reprendre.
« Mais tu sais, il ne faut pas que tu t'inquiètes. Comme ta poupée est un nain aussi, je suis sûr qu'il sera bien traité et qu'il sera très heureux avec eux. C'est un nain après tout, il sera sûrement content d'être avec des gens comme lui. »
Les grands yeux de Thranduil, asséchés par la peur, se remplirent à nouveau de larmes.
« Alors mon nain il va pas revenir avec moi ? Il m'aime pas, mon nain ?
-Euh… Hésita Elrond. …Mais non, j'ai jamais dit que… »
Les sanglots de Thranduil, revenus en force, lui coupèrent la parole. Embêté, le garçonnet se frotta l'arrière de la tête, comme son frère un peu plus tôt. Celebrían lui adressa un regard noir.
« Tu fais tout pour aggraver la situation. Lui reprocha-t-elle. Ne pleure pas Thranduil, je suis sûre que ton nain n'est pas loin.
-Il est juste tombé, c'est tout. Fit encore Elrond, désireux de réparer son étourderie. J'ai dit des bêtises, il n'y a pas de nains par ici. Et pas d'orcs non plus. »
Thranduil consentit à sécher ses larmes. Enfin, à essayer.
« C'est promis ?
-Promis. Tu viens ? On va voir là où on a glissé. »
Elrond se releva et tendit sa main. Thranduil la saisit et donna l'autre à sa cousine. Les deux grands le remirent sur pieds et tous trois se tournèrent vers Erestor. L'adolescent, les lèvres pincées, regardait autour de lui d'un air agacé.
« Elrond, je ne vois pas ton frère. Où est-il encore passé ? »
Elrond haussa un sourcil et chercha Elros des yeux. Il finit par se rendre à l'évidence.
« Pas là. »
Erestor soupira une fois de plus.
« Je m'en étais aperçu. J'espère pour lui qu'il n'est pas allé provoquer une nouvelle catastrophe, sinon… »
Erestor agita un index menaçant dans la direction du cadet des jumeaux, laissant sa phrase en suspens. Elrond baissa la tête, priant tous les valars qu'il connaissait d'empêcher son aîné de se fourrer dans de nouveaux ennuis. Celebrían tendit brusquement la main, désignant quelque chose dans la neige.
« Regarde Erestor, ce sont ses traces ! On a qu'à les suivre pour trouver Elros !
-Et mon nain ? Couina Thranduil.
-Plus tard, ton nain. Là, à l'instant, j'ai d'autres priorités. Fit Erestor d'un ton qui ne souffrait aucune contradiction. Venez, suivons les traces. Dépêchons. »
Thranduil voulut tout de même protester, mais Elrond et Celebrían lui plaquèrent tous les deux une main sur la bouche, et le bambin n'émit qu'un gargouillement étouffé. Il renonça à ronchonner quand sa cousine lui fit remarquer que les traces d'Elros menaient à l'endroit où ils avaient glissé plus tôt dans la matinée. Arrivés sur les lieux, chacun put constater qu'il n'y avait pas là l'ombre d'un nain, qu'il soit une poupée ou non. Par acquis de conscience, Elrond chercha un peu dans les alentours, mais Erestor le pressa de revenir suivre la piste d'Elros. Elrond bougonna un peu et Thranduil se remit à pleurnicher.
De là, les traces de pas d'Elros menaient vers les vergers, suivant la ligne laissée par la luge dans la neige. Vaguement préoccupé, Erestor accéléra le pas, mais Elrond s'arrêta soudain, prenant une brusque et inattendue inspiration. Celebrían lui toucha le bras, soucieuse.
« Ça va, Elrond ? Souffla-t-elle.
-C'est Elros. Répondit le semi-elfe. Il s'est fait mal. »
Erestor et Thranduil lui adressèrent un regard, le premier inquiet et le second dubitatif.
« Pourquoi tu sais ça ? Questionna le petit.
-Elrond ? » Fit simplement Erestor.
Le garçon brun secoua la tête.
« Non, c'est passé. »
Il n'ajouta rien, recommençant à marcher, et personne ne lui posa d'autres questions. Seul Thranduil le regarda encore avec méfiance pendant un moment, mais son attention fut ensuite attirée par tout autre chose. Elros venait à leur rencontre en courant, une expression triomphale imprimée sur son visage. Ses vêtements étaient mal arrangés, sa joue gauche était écorchée et saignait, et il avait des brindilles dans les cheveux. Mais, surtout, il tenait à la main la poupée-nain de Thranduil.
Un véritable hurlement de joie échappa au tout-petit. Il se jeta sur Elros et lui arracha sa poupée des mains. Le grand garçon émit un rire bref, visiblement très satisfait de sa propre personne. Erestor haussa un sourcil interrogatif dans sa direction, jaugeant son état déplorable d'un regard, et le garnement ne se fit pas prier pour raconter ce qui lui était arrivé.
« J'ai pensé que le nain avait dû tomber quand Thranduil est rentré dans la haie avec la luge, expliqua-t-il. Alors je suis allé voir. J'ai cherché par terre, mais je ne l'ai pas vu, alors je suis monté dans un arbre à côté parce que je pensais que je verrai plus loin si j'étais plus haut. Mais quand j'ai grimpé à l'arbre, j'ai vu le nain ! Il était sur la haie. Tu imagines Erestor ? Il a dû faire un sacré vol plané ! »
Et le gamin éclata de rire. Celebrían, rassurée et ravie par cet heureux dénouement, rit à son tour. Elrond, lui, n'avait pas quitté des yeux l'écorchure de son frère et se mit à lui tourner autour, cherchant à voir s'il avait d'autres blessures. Erestor fit un signe de la main, invitant Elros à poursuivre son récit.
« J'ai avancé sur une branche qui passait au-dessus de la haie et je me suis penché pour prendre le nain. Mais j'ai glissé et je suis tombé dans la haie. J'ai été obligé de casser des petites branches pour sortir, j'espère que les jardiniers ne seront pas fâchés. Tu leur diras pas que c'est moi, n'est-ce pas Erestor ? …Elrond, arrête ça, tu me donnes le tournis.
-Tu saignes, là. Répondit son jumeau en désignant sa joue. Tu dois aller voir notre aya pour qu'elle te mette de la pommade. Et si elle n'en a plus, il faudra aller voir Athanael le guérisseur, il en a toujours. »
Elros essuya sa joue d'un revers de manche. Elrond lui attrapa la main au vol.
« C'est rien qu'une égratignure.
-Regarde, tu t'es aussi griffé sur la main.
-C'est pas grave non plus.
-Il faut mettre de la pommade dessus aussi. Fais voir ton autre main.
-Mais non ! C'est pas grave, je te dis ! »
Ignorant son double, Elrond tenta de saisir son autre main. Agacé, Elros le repoussa.
« Mais arrête ! J'ai même pas mal, d'abord !
-Si, tu as mal. Rétorqua Elrond. Je le sais bien. Je sais toujours quand tu as mal. »
Elros eut une moue boudeuse.
« C'est même pas vrai. Marmonna-t-il. Et puis d'abord, je suis pas une mauviette. J'ai pas besoin de pommade. »
Elrond n'ajouta rien, mais il glissa sa main dans celle de son frère, bien décidé à ne pas le lâcher. Elros essaya de s'en débarrasser, mais plus il secouait son bras, plus Elrond serrait fort. Lorsque les bouts de ses doigts devirent blancs, il renonça.
Pendant ce temps, Thranduil fêtait ses retrouvailles avec son nain. Il lui fit un gros câlin en caressant son casque, parce qu'il était très content de le retrouver. Puis il lui tapa sur la tête, parce qu'il avait eu très peur pour lui, et que les nains n'ont rien à faire dans les haies, et que les nains c'est pas fait pour voler alors il n'avait pas le droit d'essayer. Puis il lui fit un autre gros câlin, parce qu'il était vraiment trop content de l'avoir retrouvé et qu'il n'avait pas envie de se fâcher avec sa poupée. Erestor, qui le regardait faire, haussa son autre sourcil et renonça à comprendre.
Il se tourna ensuite vers Elros avec la ferme intention de lui reprocher d'avoir encore disparu sans prévenir. Mais, voyant le garnement aux prises avec son jumeau probablement un peu trop affectueux ou bienveillant, il renonça à se mettre en colère une fois de plus. Il se retourna alors vers Thranduil pour lui faire la morale, lui expliquant que quand les grands lui disent de laisser son nain dans son berceau, c'est parce qu'ils savent bien qu'il va arriver des bricoles au nain précédemment cité et qu'ils veulent lui éviter des aventures désagréables. Le bébé sindar, trop content pour vouloir se fâcher avec qui que soit, acquiesça vigoureusement à presque chaque mot prononcé par son gardien. Satisfait, Erestor lui demanda pour finir d'aller remercier Elros, qui avait eu la gentillesse de retrouver sa poupée. Le tout-petit se précipita sur l'aîné des enfants et tira sur son écharpe pour l'obliger à se pencher. Thranduil lui fit un bisou (un peu baveux) sur la joue et retourna pouponner son nain auprès de Celebrían. Elros rosit et s'essuya aussitôt la pommette.
« Bah ! Grommela-t-il. De toutes façons, je l'ai juste retrouvé parce que sinon, tu n'allais pas arrêter de brailler et on n'aurait pas pu dormir ce soir. »
Elrond émit un son qui ressemblait à s'y méprendre à un gloussement moqueur et Erestor leva les yeux au ciel.
« Mais oui, bien sûr. » Ironisa-t-il, apparemment peu convaincu.
Puis il donna le signal du retour au château, l'heure du déjeuner approchant.
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Dans la pièce principale de la nurserie, Elros, juché sur une commode, relatait son héroïque sauvetage de la poupée-nain à son aya tandis que celle-ci nettoyait les écorchures et les coupures qui avaient résulté de cet acte de vaillance extrême. L'elfe l'écoutait d'une oreille bienveillante, réagissant aux moindres rebondissements de l'histoire (largement brodée) du garçonnet et surveillant du coin de l'œil Elrond et Celebrían, qui avaient pris sur eux d'aider les domestiques à préparer leur table. Le petit métis avait reçu la tâche de disposer les cuillères et la fillette pliait avec attention de jolies serviettes dans chaque assiette.
Thranduil, pendant ce temps, jouait avec son nain et ne s'occupait ni des serviteurs ni du récit d'Elros. Il avait retiré le manteau qu'il avait mis à sa poupée, mais il n'avait pas pu remettre la main sur le bonnet –qui était sûrement tombé dans la haie. Ceci fait, il avait traîné depuis la salle de jeu une des petites chaises avec lesquelles Celebrían jouait à prendre le thé avec ses poupées. Il s'était d'ailleurs battu avec le rideau séparant la salle de jeu du salon pendant plusieurs minutes avant qu'un domestique bien intentionné ne pensât à le tirer. Thranduil n'avait pas songé à lui dire merci, tout heureux de pouvoir déposer sa chaise près du feu et d'y installer son nain bien au chaud. Depuis, il babillait joyeusement en s'assurant toutes les cinq secondes que son nain n'avait pas froid et n'était pas en train de tomber malade sans prévenir.
La bonne d'enfants eut d'ailleurs bien du mal à le décrocher de sa poupée au moment de manger. Il lui fallut d'abord convaincre le bambin que non, son nain n'avait pas faim et que de toutes façons il ne pouvait pas manger. Ensuite, il fallut le persuader que non, son nain ne pouvait pas s'asseoir avec lui dans sa chaise haute et qu'il allait être très fâché si Thranduil lui faisait tomber de la purée ou des haricots sur la barbe en mangeant. Et pour finir, il fallut lui faire comprendre que non, vraiment non, il ne pouvait pas prendre son repas assis sur les pierres plates entourant la cheminée. Enfin, le tout-petit consentit à lâcher sa poupée et à grimper dans sa chaise haute. Mais il n'eut de cesse durant tout le repas de se tourner et se retourner pour vérifier que son nain n'avait pas bougé de la chaise où il l'avait assis. A tel point qu'il manqua de tomber par terre et que son aya le gronda. Vexé, Thranduil jetta sa cuillère dans son assiette et refusa de continuer à manger. Elros et Elrond, qui n'attendaient que cela, se chargèrent aussitôt de vider discrètement l'assiette du bébé dans les leurs. Celebrían, qui les avait vu faire, fit la moue.
« Ben quoi ? Lui dit Elros, la bouche pleine et l'innocence la plus pure se lisant sur son visage.
-On a faim, nous. Se justifia Elrond avec un sourire gêné.
-Il y a le dessert après. » Objecta la petite fille.
Mais les jumeaux ne lui répondirent pas, étant trop occupés à se disputer à propos d'un haricot qu'un des deux aurait pris dans l'assiette de l'autre. Ce fut la bonne d'enfant qui mit fin à la dispute, en reprenant les légumes et les replaçant dans l'assiette de Thranduil. Et chacun recommença à manger, comme si cela avait été parfaitement naturel.
Le repas était à peine terminé lorsque Galadriel entra dans la nurserie. L'aya s'inclina respectueusement devant elle, et la belle dame proposa aux enfants d'aller leur lire une histoire de princesse magicienne dans la bibliothèque, en attendant le retour d'Erestor. Elrond, qui n'aimait rien tant que les histoires (sauf Elros, évidemment), bondit aussitôt de sa chaise, oubliant d'ôter sa serviette. Galadriel sourit, la lui enleva et essuya la trace de purée qu'il avait sur la joue, vestige de sa récente bataille contre son frère, avant de la poser sur la table. Celebrían, ravie de pouvoir passer du temps avec sa mère, courut l'embrasser. Galadriel la prit dans ses bras et, la berçant doucement, quitta la nurserie en lui parlant à l'oreille. Elrond interrogea Elros du regard et ce dernier, qui n'aimait les histoires que lorsqu'elles parlaient de dragons, de bateaux et de héros, fit non de la tête. Elrond sortit à son tour et referma la porte derrière lui. Il courut pour rattraper Galadriel et le bruit de ses pas décrut rapidement dans le couloir.
Thranduil, même s'il aurait aimé entendre l'histoire, n'en eut pas le loisir. Son dessert laborieusement achevé, il eut juste le temps de reprendre sa poupée-nain dans ses bras avant que son aya ne le portât dans la chambre d'enfants. Elle le déshabilla, ne lui laissant qu'une chemise de corps, et le coucha dans son berceau. Thranduil chuchota qu'il n'était pas fatigué, et qu'il n'était plus petit, et qu'il ne devait pas faire la sieste. Puis il bâilla et ferma les yeux, comme le font les mortels et les enfants. Moins d'une minute plus tard, le bébé sindar s'endormit en frottant son nain contre sa joue. La bonne sourit, ferma les rideaux des fenêtres et tira le lourd voile de velours qui séparait la chambre du salon. Elle débarrassa ensuite la table et sortit également de la nurserie, portant les assiettes, les plats et les couverts sales aux cuisines.
Resté seul, Elros essaya de jouer avec son cheval de bois favori. Mais jouer tout seul n'était pas intéressant, et il ne tarda pas à s'ennuyer. Il regarda le jardin avec envie à travers la fenêtre. Comme il aurait aimé jouer avec la neige, en ce moment précis ! Il y en avait même sur le rebord de la fenêtre. Il aurait pu la prendre sans peine, mais il ne pouvait pas jouer avec. Il risquait de prendre froid en ouvrant la fenêtre et son aya allait le gronder si elle voyait de la neige sur les tapis.
Poussant un soupir à fendre l'âme, Elros délaissa son cheval de bois. Comme il n'avait rien à faire dans la salle de jeu, dans le salon ou dans la salle des bains, il se glissa silencieusement dans la chambre d'enfants, prenant garde à ne pas réveiller Thranduil. Il se laissa tomber sur le grand lit qu'il partageait avec Elrond et sourit en sentant l'odeur de son frère sur son oreiller. Puis il laissa ses yeux vagabonder sur le voile de tissu sombre recouvrant le baldaquin de leur lit et continua à s'ennuyer. Il aurait pu dormir, ce qui était une excellente façon de passer le temps, mais il était hors de question de faire la sieste. La sieste, c'était bon pour les bébés comme Thranduil, pas pour lui. Il devait se trouver quelque chose à faire. Peut-être pourrait-il préparer une blague à faire à Erestor ? Ou à Gil ?
Soudain, l'œil du garnement s'illumina. Il venait de trouver. Il venait d'avoir l'idée du siècle pour faire une bonne blague à Gil. Il se leva et étudia avec attention la façon dont les rideaux de son lit formaient une poche lorsqu'ils étaient noués aux poteaux par des cordons. Il sourit. Oui, cela pouvait marcher. Il tira sur un des cordons, et le rideau se libéra avec grâce dans un froissement soyeux. Elros ne put s'empêcher de rire un peu. Oui, cela allait marcher. Gil avait le même genre de lit que les jumeaux. C'était parfait.
Le garnement s'assit sur le bord du lit, réfléchissant. Voyons, à présent, il avait besoin de neige. Beaucoup de neige. Il pouvait la prendre sur les rebords des fenêtres de la nurserie, mais il devrait faire vite avant le retour de l'aya. Il lui fallait un chariot aussi, pour pouvoir la transporter… Non, il n'avait plus de chariot. Elrond l'avait cassé pour faire une luge. Elros haussa une épaule. Qu'à cela ne tienne, il allait prendre le couffin des poupées de Celebrían. Ou la caisse des cubes de couleurs de Thranduil. Par contre, il aussi besoin d'un complice pour faire le guet. Il ne s'agissait pas de se faire prendre pendant qu'il préparait sa blague ! Mais à qui pouvait-il demander ? Son aya, autant l'oublier. Elrond et Celebrían n'étaient plus là, et même si Celebrían aurait peut-être été partante, Elrond aurait tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues. Elros soupira. Il aimait beaucoup Elrond, vraiment, mais qu'est-ce qu'il pouvait être rabat-joie parfois ! Restait Erestor. Mais Erestor n'était pas là non plus et, en plus, il avait une fâcheuse tendance à détester les blagues.
Embêté, Elros laissa son regard errer dans la pièce plongée dans une semi-pénombre. Il fallait qu'il se trouve un complice, et vite, sinon son aya allait revenir et adieu la blague. Ses yeux se posèrent alors sur le berceau, dans lequel le petit Thranduil dormait du sommeil du juste.
Elros sourit. Il avait trouvé.
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Voilà, voilà… Il n'est pas encore minuit, nous sommes encore dimanche, je ne suis pas (trop) en retard. :)
Non, sérieusement. J'avais pensé poster le chapitre ce matin, mais j'ai passé une partie de ma journée à batailler contre des virus informatiques pas trop dangereux mais franchement gênants. Et j'ai aussi eu des problèmes de mise à jour de mon antivirus. Quand ça veut pas, ça veut pas.
Bref. Maintenant tout est réglé (enfin j'espère), et je posterai le prochain et dernier chapitre mercredi prochain. Je vous souhaite maintenant une bonne nuit (^^') et un très bon début de semaine à toutes !
