Auteur : Nat, qui réapparaît après X temps d'absence en ajustant son auréole…

Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent tous au professeur Tolkien, et cette histoire est dédiée à Thalimnie qui me l'a demandée.

Warning : Aucun en particulier, pour une fois. C'est mignon (enfin, normalement), c'est idiot (ça, j'en suis sûre), ça n'a pas de sens (ça aussi, j'en suis sûre) et c'est en cinq chapitres déjà tous rédigés. Que dire de plus ?

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La première neige

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« …Et alors, la princesse a appelé tous les esprits des fleurs pour qu'ils l'aident à réveiller le grand arbre. Comme ça : woooh ! S'exclama Elrond en tournoyant sur lui-même. Mais elle, c'était joli parce qu'elle avait un bâton magique qui faisait de la poussière de soleil et une très longue robe qui voletait. C'est Galadriel qui l'a dit. »

Erestor hocha distraitement la tête, s'inquiétant sans doute plus du vase qu'Elrond avait percuté dans sa démonstration que de la robe de la princesse magicienne de l'histoire que lui racontaient Celebrían et son ami demi-sang.

« Et puis les esprits des fleurs ont chanté tous ensemble et ils ont réveillé le grand arbre qui dormait. Continua la petite fille tandis qu'Elrond, qui avait trop tourné sur lui-même, s'appuyait au mur pour retrouver son équilibre.

-Et le grand arbre a secoué la terre avec ses racines, et il a fait du vent de tempête avec ses branches, et il a chassé les orcs ! Clama Elrond en sautant sur place, de nouveau bien vaillant.

-Et la forêt a été sauvée ! Reprit Celebrían en tendant un poing victorieux vers les cieux, qui s'avérèrent être le plafond du couloir.

-Et la princesse, elle est devenue la gardienne de l'arbre qui dort et elle veille sur toutes les forêts du monde. Même que c'est vrai, d'abord. » Conclut fièrement Elrond.

Erestor lui adressa un de ses rares sourires.

« Eh bien, c'était une histoire très jolie. Commenta-t-il.

-Oh oui, c'est ma préférée. Confirma Celebrían. Je vais la raconter à Thranduil pendant que notre aya va l'habiller. Je suis sûre qu'il va l'aimer. Il aime beaucoup les histoires de forêts. »

Après avoir terminé son repas, Erestor avait profité du temps libre qu'il lui restait pour faire un tour à la bibliothèque du palais, espérant y trouver un bon livre à emprunter. Il y avait trouvé Galadriel, qui achevait de lire une histoire à sa fille et au cadet des jumeaux. L'histoire achevée, la dame avait rendu les enfants à leur gardien et s'en était allée retrouver son époux et les autres grands du royaume pour discuter d'obscures affaires de commerce avec les nains et les hommes, de taxes frontalières et d'autres choses tout autant réjouissantes. Et Erestor avait mis le cap sur les appartements réservés aux enfants, ceux-ci tournant autour de lui et lui narrant en détail le conte qu'ils venaient d'entendre.

Tout en discutant, l'adolescent et les deux petits étaient arrivés devant la nurserie. Ils entrèrent dans le salon et ne furent pas étonnés de ne pas y trouver la bonne : elle était probablement restée en cuisine pour préparer le repas du soir de ses quatre protégés. En revanche, le silence qui régnait sur les lieux fit froncer les sourcils d'Erestor. Il se tourna vers Elrond.

« Tu m'avais bien dit que ton frère était resté ici parce qu'il ne voulait pas entendre l'histoire ? »

Elrond confirma d'un hochement de tête. Erestor tourna un regard pensif en direction de la salle de jeu, dont le rideau tiré laissait voir un savant mélange de poupées vaguement rangées et de jouets en bois éparpillés aux quatre vents. Le cheval favori d'Elros trônait au milieu d'un cercle de figurines d'orcs et de gobelins, mais son jeune propriétaire n'était nulle part en vue. Erestor se mordilla nerveusement les lèvres.

« Où a-t-il encore bien pu passer ? Marmonna-t-il, plus pour lui que pour les enfants.

-Peut-être qu'il était fatigué et qu'il est allé se reposer ? » Hasarda Celebrían, optimiste.

Elrond, lui, secoua la tête.

« Elros, fatigué ? » Questionna-t-il simplement.

Et Celebrían fut bien obligée d'admettre qu'il y avait plus de chance que la princesse magicienne de l'histoire apparaisse dans la pièce que de trouver un Elros fatigué endormi sur son lit. Par acquis de conscience, Erestor alla tout de même vérifier dans la chambre. Les rideaux du grand lit des jumeaux étaient en partie dénoués, mais Elros ne s'y trouvait pas. L'adolescent s'y attendait plus ou moins, mais un autre fait plus inquiétant retint son attention. Le berceau de Thranduil était vide.

S'en apercevant également, Celebrían plaqua ses deux mains sur sa bouche pour étouffer son cri.

« Oh non, oncle Oropher va être fou… Gémit-elle, horrifiée. Il ne supporte pas quand Thranduil ne fait pas sa sieste.

-C'est parce que Thranduil n'est pas supportable quand il ne fait pas sa sieste. Expliqua Elrond. Et de toutes façons, Oropher ne supporte pas grand-chose.

-Pas un mot de cette affaire à qui que ce soit, vous m'entendez ? » Soupira Erestor en se passant une main lasse sur le visage.

Elrond s'avança et regarda à l'intérieur du berceau avec attention. Vaguement surpris, il en retira la fameuse poupée-nain du bambin.

« Tiens, il n'a pas pris son nain. » Commenta-t-il.

Il jeta un autre regard dans le berceau et ajouta :

« Mais il manque sa couverture.

-Il ne devait pas être bien réveillé. Remarqua Celebrían. Sinon il aurait pris le nain et il aurait laissé la couverture.

-Ce qui me laisse penser qu'il a été tiré du lit par un Elros peu soucieux de son quota de sommeil. Réfléchit Erestor à voix haute. Et je ne vois pas pourquoi Elros aurait pu vouloir le réveiller… si ce n'était pour requérir son aide pour un de ses coups tordus. A mon avis, nous allons les retrouver en train de mettre la cité, ou du moins le palais, à feu et à sang. »

Elrond eut une moue dubitative.

« Dans ce cas, Thranduil ne lui servira pas à grand-chose. Il n'est pas du tout utile quand il n'a pas son compte de sommeil.

-C'est pour ça qu'oncle Oropher veut qu'il dorme beaucoup ! Appuya Celebrían. Erestor, il faut qu'on les retrouve !

-Bien sûr que nous allons les retrouver. Venez avec moi. »

L'adolescent sortit, suivi des deux enfants. Ils arpentèrent les couloirs du palais pendant une dizaine de minutes avant de rencontrer un domestique qui les orienta vers les appartements de Gil-galad. Il affirmait avoir vu Elros et Thranduil, chargés d'une espèce de panier, se disputer en marchant dans le couloir adjacent. L'expression d'Erestor devint soucieuse, mais il ne fit aucun commentaire. Il se hâta dans la direction indiquée, Elrond et Celebrían sur les talons. Lorsqu'ils arrivèrent sur les lieux, la fillette désigna quelque chose avec une soudaine exclamation.

« Regardez, c'est Thranduil ! »

C'était Thranduil, en effet. Le tout-petit était roulé en boule dans sa couverture, appuyé contre le mur près de la porte des appartements de Gil-galad. Il semblait dormir profondément. Erestor et Elrond échangèrent un regard et Celebrían s'avança silencieusement jusqu'à lui. Elle s'agenouilla devant son cousin et lui secoua doucement l'épaule pour le réveiller. Le bambin ouvrit un œil, se demandant visiblement ce qu'il faisait là. Chacun des autres elfes présents se posaient exactement la même question. Finalement, ce fut Erestor qui se décida à l'énoncer à voix haute.

« Thranduil ? Interrogea-t-il. Que fais-tu ici ? »

Thranduil cligna des yeux plusieurs fois, le regard vide. Puis il se caressa le bout du nez avec un angle de sa couverture.

« Je fais le guet. Répondit-il d'une petite voix. Ça veut dire surveiller les gens qui viennent et prévenir El'os.

-Et où est Elros ? »

Thranduil bâilla et se frotta les yeux. Il regarda autour de lui, légèrement désorienté.

« Où est mon nain ?

-Ici, Thranduil. Fit Elrond en s'avançant. Je l'ai pris pour toi. »

Le métis lui tendit la poupée et le bébé sindar s'en saisit avec un sourire endormi. Il la frotta contre sa joue, trouva une position confortable contre le mur et se rendormit. Erestor leva les yeux sur la porte des appartements du roi.

« Elros est là-dedans, cela ne fait aucun doute. Murmura-t-il.

-On va le chercher, alors ? Demanda Celebrían.

-Mmmm… »

L'adolescent continuait de fixer la porte, l'air quelque peu gêné. Elrond tira sur sa robe sombre pour attirer son attention.

« Erestor, tu n'entres pas ?

-Je ne sais pas… Hésita le jeune garçon aux cheveux noirs. Je ne suis pas un membre de la famille royale, alors peut-être que… Il vaudrait mieux que je demande la permission. »

Le semi-elfe haussa une épaule.

« Bah. Elros et moi, on va réveiller Gil tous les jours, et il ne nous a jamais grondé. Je peux y aller si tu veux ? »

Erestor opina du chef, indiquant ainsi qu'il acceptait la proposition du plus petit. Elrond pénétra donc dans les appartements du Haut-Roi des elfes. Il n'entendit aucun son suspect et ne vit pas de signes d'agitation dans le salon dans lequel il se trouvait. Il jeta un rapide coup d'œil dans le bureau, où il ne trouva qu'un tas de parchemins trônant sur le secrétaire de Gil-galad. Aucun piège ne se déclencha à son entrée dans la pièce : Elros n'était pas passé par ici. Il ne le trouva pas non plus dans le salon d'agrément, dont la grande baie vitrée donnait sur les jardins. Aucune trace du garnement n'était non plus visible dans la salle des bains et dans la grande penderie. Ne restait plus que la chambre.

Ce fut sans réelle surprise qu'Elrond, en entrant dans la chambre à coucher du roi, surprit son frère en train de traficoter les rideaux de lit de leur lointain cousin. Elros, debout sur le matelas près des oreillers, était en train de fourrer quelque chose de blanc dans la poche formée par les rideaux au dessus des cordons qui les attachaient aux montants du lit. Le garçonnet ne s'était pas rendu compte de l'arrivée de son jumeau. Son forfait achevé, il sauta sur le sol et s'essuya les mains contre sa tunique, ce qui aurait probablement fait hurler leur aya. Puis il leva les yeux et se trouva nez à nez avec un Elrond dont l'expression hésitait entre la colère et l'incompréhension. Ce fut finalement cette dernière qui prit le dessus.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Questionna enfin le cadet des métis.

Elros eut un petit sourire supérieur.

« C'est une surprise. Répondit-il simplement. Qu'est-ce que tu fais ici ? Où est Thranduil ?

-Il s'est endormi. » Fit Elrond en lorgnant sur les rideaux de lit.

Son aîné émit un court sifflement pour exprimer son mécontentement.

« Je savais que je ne pouvais pas compter sur lui.

-Il est petit et il a besoin de sommeil. Tu n'aurais pas dû le réveiller et l'obliger à participer à tes blagues douteuses. Qu'est-ce que tu as encore inventé ? »

Le sourire d'Elros devint éclatant.

« Non, non, non, tu ne sauras rien. C'est une surprise, j'ai dit.

-Je suis ton jumeau. Ronchonna Elrond. C'est pas juste. Tu n'as pas le droit d'avoir des secrets pour moi. »

Désarçonné par la moue boudeuse de son frère, le garçonnet s'accorda une seconde de réflexion. Puis il écarta le problème d'un haussement d'épaule.

« Je t'expliquerai demain, quand on viendra réveiller Gil. S'il n'est pas tombé dans mon piège avant, en tout cas. Tu viens ? On s'en va. Si on se fait prendre ici, ça va tout gâcher. »

Les deux semi-elfes s'apprêtèrent à sortir, mais Elros revint brusquement sur ses pas. Il ouvrit toutes les fenêtres de la pièce, sous l'œil épouvanté de son double.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? S'exclama Elrond. Il va faire froid !

-C'est le but ! Sinon tout va fondr… euh, sinon ça va pas marcher. Et puis on s'en fiche, Gil est un elfe, il peut pas prendre froid. Viens, on sort ! »

Elros attrapa d'une main le couffin de Celebrían, qui lui avait vraisemblablement servi de panier et qu'il allait oublier au pied du lit, et saisit de l'autre son jumeau qu'il traîna dans son sillage jusque dans le couloir. Pendant plusieurs minutes, on put entendre le garnement baratiner son sombre gardien pour éviter de dévoiler sa blague et la petite fille aux cheveux d'argent se plaindre de retrouver son couffin trempé. Finalement, Erestor abandonna la lutte : ce qui venait de se passer n'ayant pas eu lieu durant ses horaires de travail, il n'était donc officiellement pas responsable des dégâts collatéraux provoqués par les bêtises d'Elros. Puis Thranduil se réveilla définitivement, réclama sa luge dont il venait de se rappeler l'existence et les voix s'éloignèrent : les enfants retournaient dans la nurserie, prêts à s'habiller pour retourner jouer dans la neige. La chambre du roi se trouva reléguée au dernier rang de leurs préoccupations, et chacun l'oublia.

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La nuit était tombée depuis longtemps lorsque Ereinion Gil-galad, fourbu par une dure journée de labeur ponctuée de conseils harassants et de réunions interminables, se glissa enfin dans les draps froids de son lit. A ce propos, il ne savait pas qui était l'illuminé qui avait pensé qu'ouvrir toutes les fenêtres de la pièce était une bonne idée, mais il en toucherait deux mots à son valet de chambre dès le lendemain matin. Ses couvertures remontées jusqu'au menton, la tête posée sur son oreiller le plus moelleux, le Haut-Roi tendit la main et tira sur le cordon qui retenait ses rideaux de lit ouverts.

Et reçut presque instantanément une véritable douche froide et blanche sur le visage.

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Dans la chambre d'enfants de la nurserie, le calme nocturne régnait en maître. La respiration régulière de Celebrían indiquait que la fillette dormait déjà, fatiguée par une journée entière passée à courir dans la neige et à dévaler des pentes dans la luge. Dans son berceau, Thranduil gazouillait une comptine qu'il inventait pour endormir son nain. Sa petite voix perdait peu à peu en volume et en régularité, signe que le bébé blond se berçait lui-même et n'allait pas tarder à reposer dans les bras de Lórien. Les jumeaux, pressés l'un contre l'autre dans leur grand lit, se saluèrent une dernière fois avant la séparation de la nuit.

« Bonne nuit, Elros. Murmura Elrond d'une voix déjà ensommeillée.

-B'nuit, Elrond… » Chuchota Elros en retour.

Il appuya son front contre celui de son frère et Elrond prit sa main dans la sienne. Ils étaient sur le point de glisser dans le sommeil lorsque, soudain, la voix furieuse de Gil-galad tonna dans le lointain :

« ELROOOOOS ! »

Thranduil cessa de gazouiller. Elrond haussa un sourcil.

Et Elros ricana.

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J'ai oublié de poster ce matin, désolée. Enfin, c'est fait quand même.

Bon, ben c'est fini. J'avais écrit toute cette histoire presque d'une traite en une soirée, et on sent bien sur la fin que je commençais à m'essouffler et que je voulais juste en finir. J'ai choisi de ne pas la modifier, sinon vous auriez eu droit à l'après-midi complet décrit en détail (et je pense que l'intérêt des lecteurs aurait fini par s'essouffler également). Bon, j'ai tout de même craqué et rajouté un ou deux paragraphes, parce que certaines transitions ne me paraissaient pas très claires. J'espère que ça vous a tout de même plu.

Et maintenant que cette histoire est finie, je peux me permettre de passer pour une cinglée de premier ordre en avouant que, durant tout le temps que j'ai passé à l'écrire, j'ai écouté en boucle les 46 secondes du générique d'intro du dessin animé Les malheurs de Sophie. ^^ …Bon, y'avait pas que ça, c'est vrai, mais celui-ci en priorité. Je trouve qu'il s'adapte parfaitement comme thème musical d'un groupe de gamins qui font des bêtises. :)

J'arrête de blablater. Juste deux choses. La prochaine mise à jour aura lieu mercredi prochain avec un OS débile, et je vous souhaite à toutes une bonne fin de semaine !