Hello,

Je suis trop contente j'ai des lectrices ! merci !
Merci à Alexise-me pour sa review. C'est très gentil !


« T'es…

- Enceinte. J'ai un bébé dans le ventre. Un polichinelle dans le tiroir. Une fève dans la frangipane. Un lardon sous le blouson. »

Je hausse les sourcils, étonné :

« Eh ben. Félicitations. C'est ce qu'il faut dire, non ? »

Ses yeux me foudroient. J'ai l'habitude.

Je la connais depuis dix ans, quand même. Quand votre sœur ramène sa meilleure pote presque tous les week-ends chez vous, vous apprenez à résister aux tentatives d'intimidation composées d'yeux noirs et de répliques acerbes.

On s'est fait des coups bas mais encore jamais celui-là.

Je me dirige vers le distributeur à cochonneries devant le guichet fermé de Jess. Je me prendrais bien un Snickers, tiens.

Elle me suit : je sens sa présence derrière moi.

Franchement. Qu'est-ce que ça peut bien me foutre ? Pourquoi elle vient me parler de ses histoires de couple ? Elle n'a qu'à emmerder son mec, il est là pour ça et…

Oh putain.

« Attends. »

Oh putain de merde.

« T'en auras mis du temps. »

Sa voix est nasillarde, pinçante.

« Il… Il est de moi ? »

Swan plisse tellement les yeux qu'ils disparaîtraient presque entre ses paupières.

« Pourquoi je viens t'en parler, à ton avis ? Pour le plaisir de voir ta tronche ? »

Je me baisse vers elle :

« Qu'est-ce qui me dit que t'es pas en train de te foutre de ma gueule ? Que c'est pas un sale coup d'Alice pour me faire péter les plombs ? »

Je le vois, que ça la heurte. Elle grimace. J'ai jamais vu Swan pleurer : c'est pas aujourd'hui qu'elle va commencer.

Mais j'ai l'impression qu'elle en a envie, vachement envie.

Elle fait ce qu'elle fait de mieux : elle mord.

« Je suis pas aussi tordue que toi. J'irais jamais inventer une histoire pareille juste pour le plaisir de te faire chier. Contrairement à toi, j'ai une vie. Et j'ai autre chose à foutre que d'essayer de t'inclure dedans. »

Elle est sérieuse. Putain de merde elle est sérieuse.

Je tourne en rond, je m'éloigne d'elle. Je donne un coup de poing dans le sèche-cheveux accroché au mur. Putain ça fait mal. Je reviens vers elle. Je la saisis par les épaules. Elle est si petite…

Pour faire des acrobaties c'est pas plus mal. Mais là tout de suite je me retiens de la secouer : je la briserais…

« Putain ! Tu te fous de moi ?

- Cullen. »

Sa voix est grave. J'ai l'impression qu'elle gère beaucoup mieux que moi. J'ai envie de paniquer. J'ai vraiment envie de paniquer.

« J'ai pas envie qu'Emmett nous entende. »

Elle a pas tort. Quitte à affronter un Swan, je préfère encore ne pas me prendre les baffes de son frère.

Elle sort de la piscine. Assommé, je la suis dehors : si ce qu'elle dit est vrai, j'ai bien compris que je devais pas traîner.

On doit discuter.

Elle se dirige d'un pas vif vers sa voiture de merde, un vieux pick-up crasseux à la peinture écaillée. Les pare-boues sont couverts de boue : pas efficaces, ces trucs. Elle ouvre la portière, tout grince. Je suis étonné qu'elle ait pas chopé le tétanos avec cette bagnole.

Elle se hisse au volant. Me fait signe.

Je prends un instant à comprendre. La nuit est fraîche et je vais pas rester cent sept ans à me les geler.

Derrière le pare-brise ses yeux me supplient.

C'est la première fois que je vois Bella Swan supplier quelqu'un.

Je passe devant le capot, ouvre la portière passager. Je grimpe.