Hello,
Bonne lecture (je veux paraître polie mais c'est vrai que j'ai rien de bien intéressant à vous dire à part vous saluer).
La fin de semaine est passée si vite que j'ai l'impression que le jeudi et le vendredi matin ont été fondus en une seule minute. Une longue minute, certes, mais une minute quand même.
Vendredi midi, je récupère deux pommes et une barre énergétique au self : pas envie de plus. J'ai pas très faim.
Bizarrement ça me coupe un peu l'appétit cette histoire. J'ai pas arrêté de penser à Swan avec un gros ventre. J'ai même rêvé qu'un alien sortait de son nombril pour me bouffer. Une nuit horrible. Et au moment de me bouffer l'alien demandait du ketchup. Comme si j'étais dégueulasse.
J'en veux à mon cerveau.
En plus j'ai prévenu Ben et Mike que je séchais pour qu'ils me prennent bien les cours. Déjà que je suis pas super fort en classe, si en plus je me mets à avoir du retard… Et les deux m'ont demandé ce que j'allais faire. J'ai pas su quoi répondre. C'était bizarre. Ben n'a pas insisté mais Mike a été un peu lourd.
J'ai fini par leur dire que j'allais voir une fille. Ça leur en a bouché un coin et j'ai eu une paix temporaire.
Ils reviendront à la charge lundi. J'ai le week-end pour trouver une bonne explication.
Je sors du lycée. Le soleil est léger sur ma peau : nous ne sommes qu'en février. Ce serait pas étonnant qu'on ait de nouveau un petit peu de neige. J'irais bien au ski dimanche, tiens. Ou faire une rando en raquettes.
Dimanche me paraît si loin.
Concentre-toi, Edward. D'abord aller à Seattle, s'occuper de Swan.
Vivement que ce soit terminé.
« Edward ! »
Je me retourne sur cette voix que je connais bien et qui a une légère tendance à me plaire un peu trop :
« Salut ! »
Tanya se précipite vers moi.
Ça fait deux mois qu'on flirte, elle et moi. Ça aurait pu se concrétiser bien plus tôt cette affaire, mais entre ma piscine et son orchestre, c'est difficile de trouver du temps libre pour un date en bonne et due forme.
Et là, très franchement, si elle me propose quoi que ce soit, je risque de partir en vrille : j'ai la tête en vrac.
« Tu t'en vas ? »
Je ricane, agite mes clefs de bagnole sous son nez :
« Ton esprit de déduction te perdra, Tany chérie. »
Elle sourit, mutine. Elle est blonde, bien gaulée, avec un cul à se damner. Vraiment sexy.
Et contrairement à Bella Swan elle n'est pas casse-couilles.
« T'es pas censé avoir cours cet après-midi ?
- Pas vraiment. »
Je carre des épaules : apparemment, ça me fait paraître plus sexy. C'est Mike qui m'a dit ça, quand il s'est mis à aller à la salle et à se préoccuper beaucoup trop de ses trapèzes pour son propre bien. Il voulait que je l'accompagne.
Comme si j'avais besoin de ça. Moi, mes épaules de nageur ont toujours eu leur petit succès.
Tanya se rapproche de moi. Je remarque qu'elle a mis du rouge à lèvres. Je suis pas très bon pour remarquer ce genre de détails, habituellement, mais Alice m'a maquillé suffisamment de fois quand j'étais petit pour reconnaître le coloris Rouge baiser qu'elle m'a appliqué plus d'une fois.
Contre toute attente, il va bien mieux à Tanya qu'à moi.
Elle se lèche rapidement les lèvres.
« Tu sèches donc ? »
Si elle flirte pas à fond, je veux bien me faire moine.
« Faut croire. »
Elle est foutrement jolie, Tanya. Dans le classement qu'on a fait avec Mike et Ben en septembre dernier, elle arrivait troisième sur tout le putain de lycée.
« Ce côté bad boy te va bien, dis-moi. »
Là, clairement, si j'avais pas Swan dans les pattes avec son problème qui apparemment est aussi mon problème, j'aurais emmené Tanya sécher avec moi. On serait allés au ciné, voir une bonne daube de film d'action, et dans la salle j'aurais réussi à savoir si sa peau est aussi douce que ce qu'elle paraît. Et si Rouge baiser a le même goût que quand j'étais petit.
Faut que je dise à mon putain de cerveau de se reconnecter. On gère les urgences dans l'ordre.
« Faut vraiment que j'y aille, Tanya.
- T'as un rencard ? »
Je me vois mal lui mentir.
« En quelque sorte. »
Elle se renfrogne. De toute façon, elle l'aurait su par Mike que j'allais voir une fille.
« Et j'ai pas vraiment envie d'y aller, mais j'ai pas trop le choix. Je te dis quand je suis de retour. »
Son sourire reparaît. Elle se met sur la pointe des pieds et pose un baiser rapide sur ma joue.
« Sois sage. »
Elle repart en cours en chaloupant du cul. Une autre fille aurait été vulgaire : pas elle.
Je m'ébroue et monte dans la Volvo déglinguée que mon père m'a offerte pour mon permis. Chaque chose en son temps.
J'ai une Swan enceinte à récupérer.
