Sakura s'éveilla doucement ce matin-là, bercée par la caresse des rayons du soleil qui effleuraient son visage. Une chaleur réconfortante l'enveloppait, et elle se laissa aller à cette douce torpeur, réticente à quitter ce cocon qui la protégeait du monde extérieur. Elle tenta de se retourner, mais une présence solide et imposante dans son dos entrava son mouvement.
Rin, qu'est-ce que t'as encore mangé ? marmonna-t-elle, à moitié endormie, sa voix voilée par le sommeil.
Ses paupières s'ouvrirent lentement, et elle croisa le regard de son familier, qui l'observait avec un sourire espiègle.
Qu'est-ce que… ? murmura-t-elle, confuse, avant qu'un détail incongru ne lui saute aux yeux.
Elle tourna vivement la tête et découvrit que ce n'était pas Rin, mais Sasuke, profondément endormi, son bras enroulé autour d'elle avec une familiarité déconcertante. La surprise lui arracha un cri, et dans sa panique, elle roula hors du lit, atterrissant lourdement sur le sol avec un bruit sourd.
Le brun émergea lentement du sommeil, s'asseyant sur le bord du lit, ses cheveux en bataille et ses yeux encore embués.
Qu'est-ce que tu fais là ?! s'écria-t-elle, pointant un doigt accusateur dans sa direction, le cœur battant à tout rompre.
Tu ne te souviens pas ? répondit-il, d'un ton las, comme si l'explication était évidente.
Me souvenir de quoi ?! balbutia-t-elle, paniquée, son esprit cherchant frénétiquement une explication plausible.
Elle jeta un regard désespéré à Rin, espérant un éclaircissement. Mais son familier se contenta de lui adresser un clin d'œil moqueur.
Tu t'es endormie sur la moto, expliqua Sasuke en soupirant. Je t'ai ramenée chez toi, et Rin m'a aidé à te mettre au lit.
Sakura baissa les yeux sur elle-même, réalisant qu'elle ne portait plus sa robe de la veille, mais un simple t-shirt. Ses joues s'empourprèrent, et elle attrapa ses chaussures pour les lui lancer.
Espèce de pervers ! s'écria-t-elle, furieuse.
Je n'ai rien regardé, je te le jure ! protesta-t-il, levant les bras pour se protéger. Demande à Rin !
Je valide, confirma le familier d'un ton léger, sans perdre son sourire.
Ça ne répond pas à ma question : qu'est-ce que tu fais encore ici ? insista-t-elle, saisissant cette fois une paire de bottes.
C'est toi qui m'as demandé de rester, répondit-il, visiblement gêné.
Je valide aussi, ajouta Rin, avec un grand sourire.
Je t'ai demandé de rester ? répéta Sakura, abasourdie, relâchant lentement les bottes.
Oui, grogna-t-il, l'air irrité, manifestement peu enclin à des explications matinales.
Et il ne s'est rien passé ? s'enquit-elle, toujours méfiante.
Mais pour qui tu me prends ? s'énerva Sasuke, lui lançant un oreiller au visage.
Je vérifiais juste… murmura-t-elle, penaude.
Son regard balaya soudain son appartement, et elle se figea en constatant le désordre ambiant. Des vêtements traînaient un peu partout, des assiettes oubliées jonchaient la table basse, et le tout offrait un spectacle chaotique.
Tu ne veux pas prendre une douche ? lança-t-elle brusquement, cherchant une diversion.
Il arqua un sourcil, intrigué.
Je prends ma douche le soir, d'habitude, répondit-il d'un ton blasé.
Non, vraiment, va prendre une douche, insista-t-elle, le poussant fermement vers la salle de bain.
Elle ferma la porte derrière lui et poussa un profond soupir.
Rin, au travail ! s'exclama-t-elle, une étincelle de détermination dans le regard.
On ne fera pas de miracles en cinq minutes, grommela le familier, observant sa partenaire glisser des vêtements sous le lit dans une tentative désespérée de rangement.
Très bien… soupira Rin en capitulant, avant de se joindre à l'effort improvisé.
De l'autre côté de la porte, Sasuke esquissa un sourire en entendant le tumulte caractéristique de Sakura, probablement en pleine tentative désespérée de remettre de l'ordre. Il soupira et se résigna à profiter de la douche, se disant qu'un peu d'eau chaude ne lui ferait pas de mal après la nuit qu'il venait de passer.
Sakura, elle, avait dormi paisiblement, comme un enfant bercé par un rêve. Lui, en revanche, n'avait trouvé le sommeil qu'une ou deux heures plus tôt, et encore, d'un repos agité. Il savait que rester avait été une mauvaise idée. Mais, comme toujours, il avait cédé à ce regard insistant, à moitié endormi, qui l'avait désarmé.
Cette nuit avait été une véritable épreuve. Après avoir goûté à ses lèvres et effleuré la douceur de sa peau, l'avoir aussi proche sans pouvoir la toucher avait été une véritable torture. Et elle… elle n'avait rien trouvé de mieux à faire que de se blottir contre lui pour dormir, insouciante, comme si de rien n'était.
L'eau chaude coula sur sa peau, apaisant légèrement ses nerfs à vif. Il espérait que ce moment de solitude sous la douche compenserait, au moins un peu, son manque de sommeil et les pensées qui tournaient en boucle dans son esprit.
Lorsqu'il sortit enfin de la salle de bain, après avoir vidé le ballon d'eau chaude — une petite vengeance mesquine pour sa nuit tourmentée —, il s'arrêta net dans l'embrasure de la porte.
Sakura, les cheveux relevés à la va-vite, s'activait dans sa petite cuisine. Elle préparait des pancakes, vêtue d'un t-shirt beaucoup trop grand pour elle, et de… rien d'autre.
Il la fixa un instant, partagé entre l'exaspération et quelque chose de plus difficile à ignorer. Finalement, il attrapa la serviette qu'il avait sur les épaules et la lui lança sèchement.
Mets au moins un pantalon, bon sang, grogna-t-il, agacé, sa voix plus rauque qu'il ne l'aurait voulu.
Sakura se retourna, surprise, avant de hausser un sourcil, mais il ne s'attarda pas sur sa réaction. Il alla s'asseoir lourdement au bord de la table basse, les yeux fermés, tentant de détourner son esprit d'elle et de ses jambes nues.
Le silence fut interrompu par un léger bruit de froissement. Rin venait de bondir par la fenêtre ouverte, atterrissant gracieusement sur le lit. Le familier tenait un petit sachet dans la gueule, qu'il déposa avec fierté, comme une offrande. Sasuke entrouvrit un œil, puis soupira profondément.
Qu'est-ce que c'est encore ? demanda-t-il, mi-amusé, mi-agacé, sans bouger de sa place.
Du bacon, évidemment ! s'exclama Rin en bondissant sur ses épaules avec un enthousiasme débordant.
Sakura s'avança pour récupérer le sachet que son familier avait rapporté et reprit sa préparation du petit-déjeuner. Concentrée sur la poêle où le lard crépitait joyeusement, elle semblait imperméable à tout ce qui l'entourait.
Sasuke, lui, l'observait en silence, son regard glissant sur ses gestes précis, presque mécaniques, comme si elle exécutait un rituel bien rodé. Il détourna finalement les yeux pour examiner le reste de l'appartement, qu'il n'avait pas encore pris le temps de détailler.
Un vrai appartement de fille, songea-t-il avec une pointe d'amusement.
L'armoire qui lui servait de dressing débordait de vêtements aux couleurs et textures variées, témoignant d'un goût éclectique. Son bureau, en revanche, était un chaos organisé, recouvert de livres empilés et de cahiers entrouverts, leurs pages annotées à la hâte. Quant au lit… il esquissa un sourire en remarquant la pile de linge qu'elle avait maladroitement tenté de dissimuler sous une couverture.
Son regard s'attarda ensuite sur les murs. Des dizaines de photos y étaient accrochées, figées dans des cadres simples ou retenues par des punaises. Il y reconnut des scènes de l'orphelinat : Iruka, Yumi, et d'autres enfants. Sur certaines, ils étaient costumés pour des pièces de théâtre. Il ne put s'empêcher de sourire en découvrant Sakura déguisée tantôt en pirate, tantôt en sorcière, tantôt en jeune fille à marier, le visage rayonnant d'enthousiasme enfantin.
Puis, son regard s'arrêta net sur une autre photo. Son sourire s'effaça, remplacé par une expression blasée.
Ne me dis pas que tu es fan de Vortex, lâcha-t-il d'un ton désespéré.
Sakura se retourna, visiblement vexée.
Bien sûr que si ! rétorqua-t-elle avec conviction, les sourcils froncés.
Tu viens de dégringoler dans mon estime, soupira-t-il en secouant la tête, comme s'il venait d'apprendre une tragédie.
J'en ai rien à faire ! répliqua-t-elle en lui tirant la langue.
Et, comme pour le provoquer davantage, elle se mit à fredonner leur dernier tube, un sourire malicieux sur les lèvres. Rin, quant à elle, s'était mise à battre la queue avec enthousiasme, ajoutant des « chœurs » désordonnés à la mélodie improvisée de sa maîtresse.
Sasuke, bien que tentant de garder un air indifférent, ne put s'empêcher de sourire face à leur duo improbable.
Sakura, de son côté, attrapa une tranche de bacon bien dorée et la lança à Rin, qui la saisit en plein vol avec une agilité remarquable. Une fois les assiettes prêtes, elle vint les déposer sur la table avec une fierté manifeste.
Bon appétit ! s'exclama-t-elle joyeusement avant d'attaquer son assiette avec entrain.
Sasuke, toujours assis, la regarda un instant, un éclat amusé dans les yeux. Puis il saisit ses couverts et se laissa happer par l'atmosphère chaleureuse et décontractée qu'elle avait su instaurer, malgré lui.
Sakura le regardait, encore incrédule. Sasuke Uchiha, assis en face d'elle dans son modeste studio de 20 m², un dimanche matin à dix heures, dévorait les pancakes qu'elle avait préparés. La scène avait quelque chose d'irréel. Il leva soudain les yeux vers elle, captant son regard insistant, et arqua un sourcil, comme pour lui demander ce qu'elle avait en tête.
Je dois passer à l'orphelinat après… Tu veux m'accompagner ? lâcha-t-elle, presque timidement, brisant le silence.
Pourquoi pas, répondit-il sans grande émotion, concentré sur son assiette.
Puis, remarquant qu'elle n'avait pas touché à sa part, il tendit ses baguettes, prêt à subtiliser un pancake.
Tu comptes les manger ? demanda-t-il avec une innocence feinte.
Sakura réagit immédiatement, interposant sa main pour bloquer son avancée.
Pas touche, dit-elle avec un sourire glacial qui ne laissait aucune place à la négociation.
Sasuke soupira, visiblement agacé. Il avait faim, et son estomac grondait en guise de protestation.
Rin, qui observait la scène avec amusement, poussa discrètement son assiette du museau, offrant au jeune homme le dernier pancake qu'elle n'avait pas terminé.
Merci, murmura-t-il avec un sourire rare, sincère.
Sans attendre, Rin bondit sur ses épaules et s'y installa avec une aisance déconcertante, comme si c'était sa place naturelle.
Sakura, qui assistait à la scène, resta bouche bée. Rin, son familier pourtant si sélectif, venait de céder sa nourriture et de se percher sur Sasuke comme si elle venait de le déclarer sien.
Je vais prendre une douche, annonça Sakura, le ton nerveux, avant de se lever précipitamment et de disparaître dans la salle de bain.
Et tes pancakes ? lança Sasuke, dont l'estomac semblait avoir pris le contrôle.
Mange-les, répondit-elle en claquant la porte derrière elle.
Une fois à l'abri, elle s'affala contre la porte, sa main plaquée contre son cœur. Il battait à tout rompre, tambourinant contre sa poitrine comme pour hurler ce qu'elle refusait encore d'admettre.
Elle ferma les yeux, cherchant à reprendre son souffle. Mais le souvenir de Sasuke, installé si naturellement dans son quotidien, la rattrapait sans cesse. Rin, qui jusque-là n'avait jamais partagé sa nourriture avec personne, venait de céder une part de son précieux repas.
Cela ne pouvait signifier qu'une chose.
Tu l'aimes, résonna la voix de Rin dans ses pensées, implacable, comme une vérité qu'elle ne pouvait plus ignorer.
Sakura ouvrit les yeux, le souffle court et se passa de l'eau froide sur le visage. Elle devait se reprendre.
Réalisant que Sasuke avait vidé tout le ballon d'eau chaude, Sakura se résigna à une toilette rapide et minimaliste. Elle enfila ce qu'elle trouva dans la salle de bain : un pull blanc légèrement trop grand et un jean délavé. Dix minutes plus tard, elle en sortit, le visage impassible, s'efforçant de masquer le tourment qui grondait en elle.
Sasuke était installé sur son bureau, un livre ouvert entre les mains, l'air absorbé. Il portait encore la chemise et le pantalon de la veille, impeccables malgré la nuit passée. Sakura l'observa un instant, puis se dirigea vers une chaise. Elle grimpa dessus avec assurance, atteignant le sommet de son armoire. Après quelques secondes de fouille, elle en sortit une boîte en carton.
Ha-ha ! Bingo ! s'exclama-t-elle, triomphante.
Elle en extirpa un t-shirt gris, un sweat-shirt simple et un jean ample qu'elle lui lança sans cérémonie.
Essaye ça !
Sasuke attrapa les vêtements au vol, arquant un sourcil, visiblement réticent.
C'est à Iruka, précisa-t-elle en haussant les épaules. Je suis sûre que ça t'ira. Et ce sera toujours plus confortable qu'un costume, non ?
À ces mots, il sembla se détendre légèrement. Apprendre que les vêtements ne venaient pas d'un ex dissipait une tension qu'il n'aurait jamais avouée. Sans un mot, il se dirigea vers la salle de bain pour se changer.
Lorsqu'il en sortit, Sakura et Rin étaient déjà prêtes, discutant devant la porte d'entrée. Rin, fidèle à elle-même, bondit dehors pour inspecter les environs, avant de revenir en quelques secondes.
La voie est libre ! annonça-t-elle fièrement, la queue battant l'air avec excitation.
Sasuke fronça les sourcils, visiblement perplexe.
Sakura s'approcha de lui, réprimant un sourire. Elle ajusta distraitement le col du sweat-shirt qu'il portait désormais, ses doigts frôlant sa peau au passage.
Je ne suis pas censée ramener un homme chez moi, murmura-t-elle, visiblement gênée. Et ma propriétaire vit juste en dessous.
Elle releva les yeux vers lui, un sourire d'excuse éclairant son visage.
Alors, sois discret, d'accord ?
Sasuke la fixa un instant, une lueur amusée dans le regard, avant de hocher la tête avec un soupir.
La moto était toujours là où Sasuke l'avait laissée la veille, fidèle à sa place. Mais avant qu'il ne monte en selle, Sakura posa une main légère sur son bras pour le retenir.
On passe à la supérette, annonça-t-elle. J'ai besoin de prendre quelques trucs pour les enfants.
Il hocha la tête, intrigué, et la suivit sans un mot, curieux d'en découvrir plus sur sa vie quotidienne.
Devant l'épicier du quartier, un homme d'âge mûr à l'air affable, Sasuke sentit le regard de celui-ci se figer sur lui. L'homme s'était arrêté net, bouche entrouverte, l'air de reconnaître instantanément son visage. Sakura remarqua l'hésitation et intervint aussitôt, d'un ton léger mais ferme.
Oui, c'est bien lui. Non, il n'a pas envie de prendre de photos, mais promis, il repassera une autre fois pour en signer.
Elle accompagna ses paroles d'un sourire complice, et l'épicier, embarrassé, éclata de rire.
Désolé ! Ça doit être lassant, toutes ces interruptions... mais sachez que je suis un de vos plus grands fans ! Ce combat contre le tanuki, c'était... dingue !
Sasuke répondit par un hochement de tête poli, tandis que l'épicier reportait son attention sur Sakura, retrouvant son ton chaleureux.
Alors, qu'est-ce que tu veux aujourd'hui, ma petite Sakura ?
— Quelques fruits, et si vous avez encore des cartes Childs en réserve, je les prends aussi, répondit-elle avec son aisance habituelle.
Je crois qu'il m'en reste dans l'arrière-boutique. Prends ton temps, je reviens dans cinq minutes.
L'homme s'éclipsa au fond du magasin, laissant Sakura seule avec son panier. Elle se dirigea vers l'étalage de fruits, scrutant les clémentines avec soin. Sasuke, resté en retrait, croisa les bras en l'observant en silence.
Puis, sans prévenir, elle tourna légèrement la tête vers lui, un éclat dans le regard.
Tu n'as jamais répondu à ma question.
Quelle question ? fit-il, feignant l'ignorance.
Pourquoi tu es parti, répéta-t-elle calmement, mais avec une insistance qui le mit immédiatement sur la défensive.
Son visage se ferma. Elle ne lâchait jamais l'affaire.
Sakura, ce n'est pas le moment d'en parler, souffla-t-il, visiblement agacé.
Et pourquoi pas ? rétorqua-t-elle, piquée au vif.
Parce qu'il y a un moment pour acheter des fruits, et un moment pour parler de...
Il s'interrompit, cherchant ses mots. L'agacement montait, et il passa une main nerveuse dans ses cheveux, comme s'il espérait y trouver une échappatoire.
Bref, je t'attends dehors.
Et sans lui laisser le temps de répliquer, il tourna les talons et quitta la supérette, laissant derrière lui l'écho de son pas lourd et un soupir frustré de Sakura.
Après avoir réglé ses courses, Sakura rejoignit Sasuke, déjà installé sur sa moto. Rin s'était confortablement installée dans le side-car, ses grands yeux pétillants d'amusement, comme si elle devinait la tempête intérieure de sa partenaire. Ce simple tableau lui fit comprendre qu'elle n'aurait toujours pas sa réponse. Serrant les dents, elle attrapa le casque qu'il lui tendait, son irritation palpable.
Le trajet fut court, une dizaine de minutes tout au plus, avant qu'ils n'arrivent devant les imposants portails de l'orphelinat. Elle descendit et, à peine le casque retiré, planta son regard dans le sien.
Et là, c'est le moment ? demanda-t-elle, la voix teintée d'une persévérance exaspérante.
Sasuke ferma les yeux un instant, cherchant à contenir son agacement.
Putain, mais tu lâches jamais l'affaire, c'est dingue ça ! éclata-t-il finalement, sa voix trahissant une tension qu'il ne maîtrisait plus.
Sakura ne recula pas d'un pouce. Au contraire, elle se plaça devant lui, son regard brûlant d'une détermination inébranlable.
Je veux savoir, Sasuke. Tu sais ce que ça fait, toi, de te retrouver seule au milieu d'une pièce après avoir échangé un baiser avec le garçon qui te plaît, avec ce dernier qui prend la fuite ? Non ? Eh bien, je ne te le souhaite pas !
Elle n'eut pas le temps d'ajouter un mot. En une fraction de seconde, il avait franchi la distance qui les séparait, la plaquant contre le tronc rugueux d'un arbre. Ses mains emprisonnaient ses poignets, et son regard, sombre et brûlant, plongea dans le sien avant qu'il ne capture sa bouche dans un baiser intense, empreint de passion et d'une frustration contenue.
Quand il s'écarta enfin, leurs souffles s'entremêlaient, et le silence entre eux était chargé d'une tension presque palpable.
Tu as conscience de l'effet que tu me fais, Sakura ? murmura-t-il, sa voix rauque et vibrante d'émotion. Tu imagines le contrôle qu'il m'a fallu hier soir pour ne pas te prendre contre le mur de cette bibliothèque ? Tu imagines le contrôle qu'il me faut, là, maintenant, pour ne pas t'arracher ce pull beaucoup trop grand pour toi ?
Elle ouvrit la bouche, mais aucun mot n'en sortit, son esprit embrouillé par ses aveux.
Je... souffla-t-elle, les joues en feu, le cœur battant à tout rompre.
Tu quoi ? insista-t-il, le regard perçant, comme s'il voulait lire au plus profond d'elle.
Sa voix se fit plus grave, presque un murmure.
La raison pour laquelle je suis parti hier, c'est que j'estime que notre première fois, si elle arrive, mérite mieux qu'un coup rapide derrière une porte. Ça répond à ta question ?
Elle hocha la tête, incapable de soutenir son regard plus longtemps, son visage écarlate.
Bien.
Il se redressa, comme s'il venait de reprendre le contrôle de lui-même, et tourna les talons, se dirigeant vers l'orphelinat où Rin avait déjà disparu derrière les grandes portes. Sakura resta appuyée contre l'arbre, les jambes tremblantes, le cœur en ébullition.
Lorsque Sakura franchit enfin les portes de l'orphelinat, elle aperçut Sasuke, déjà entouré par les enfants qui réclamaient chacun un peu de son attention. Il n'hésita pas à les suivre, se laissant entraîner dans la salle principale où les rires et les éclats de voix se mêlaient. Mais quand leurs regards se croisèrent, elle sentit immédiatement ses joues s'empourprer et détourna les yeux dans un geste presque instinctif. À côté d'elle, Rin se mordait la lèvre, incapable de retenir son rire.
— Ce n'est pas drôle, râla Sakura, gênée.
Si, si, c'est hilarant, répondit Rin, en se repliant de rire. C'est fou, tu sais ? Quand il s'agit des autres, tu repères les signes en un clin d'œil. Mais quand c'est toi, t'es aussi aveugle qu'une taupe.
C'était si évident que ça ? s'étonna Sakura, se sentant à la fois déconcertée et amusée. Elle se dit qu'elle et Naruto formaient un duo assez pitoyable.
Oh, que oui, confirma Rin, en se dirigeant vers la cuisine.
Dans la cuisine, Iruka, tout en préparant le repas, remarqua immédiatement l'air perturbé de Sakura.
Qu'est-ce qui lui arrive ? demanda-t-il, surpris, à Rin.
Eh bien, le beau gosse lui a fait une déclaration... disons, torride, et elle n'en revient toujours pas, se moqua le familier.
C'était évident pourtant, non ? intervint Iruka, un sourire amusé aux lèvres.
Oh, ça va, hein ! Tout le monde l'a vu sauf moi ! J'ai compris, d'accord ? S'écria la jeune fille, les joues en feu. On peut passer à autre chose maintenant ?
Rin et Iruka éclatèrent de rire devant la gêne évidente de leur amie. Et ainsi, entre rires et taquineries, la préparation du repas se poursuivit.

La journée s'étira, ponctuée par des jeux avec les enfants et la dernière pièce de théâtre de la troupe. Mais Sakura, malgré ses efforts pour se concentrer sur les petits, n'arrivait pas à effacer de son esprit la déclaration de Sasuke. À chaque fois qu'il s'approchait, un malaise s'installait en elle.
Au moment du départ, Rin annonça qu'elle préférait passer la nuit à l'orphelinat et qu'elle la rejoindrait le lendemain matin, ajoutant un clin d'œil qui fit rougir Sakura pour la millième fois de la journée. Sasuke partit en premier, et Sakura le suivit à quelques pas derrière.
Arrivés devant la moto, Sasuke s'arrêta un instant, se retournant vers elle.
Tu vois, c'est exactement pour ça que je ne voulais pas t'en parler, dit-il, frustré. Il lui tendit le casque, puis s'installa sur la moto, les poings serrés.
Sakura se sentit stupide. Elle avait proposé cette journée pour passer du temps avec lui, mais en réalité, elle l'avait évité, incapable de savoir comment se comporter après ce qu'il lui avait dit. Elle monta derrière lui en silence, se laissant porter par le ronronnement de la moto.
Lorsqu'ils arrivèrent à destination, elle descendit la première, mais en ne le voyant pas bouger, elle lui retira son casque. Il était toujours aussi agité.
Je suis désolée, murmura Sakura, sa voix basse et hésitante. C'est juste que... je ne m'y attendais pas. Enfin, pas à ce point… ajouta-t-elle, mordillant sa lèvre inférieure, évitant soigneusement son regard.
Sasuke, pris au dépourvu, détourna un instant les yeux avant de se pencher doucement vers elle. Dans un geste tendre, il déposa un baiser léger sur son front.
Dors bien, Haruno, dit-il, sa voix teintée d'une chaleur qu'il ne savait pas dissimuler.
Alors qu'il commençait à remettre son casque, elle l'attrapa par le bras, ses doigts fins se refermant sur lui avec une hésitation presque palpable.
Reste… souffla-t-elle, sa voix si douce qu'il crut l'avoir imaginée.
Il s'arrêta net, surpris par sa demande. Il tourna la tête vers elle, cherchant dans ses yeux une certitude qu'il n'était pas sûr de trouver.
Tu en es sûre ? murmura-t-il, l'incertitude et l'espoir se disputant dans son regard.
Pour toute réponse, elle l'attira doucement à elle, posant ses lèvres sur les siennes dans un baiser d'abord timide, puis plus affirmé. Il répondit à son baiser, laissant leur échange s'intensifier, leurs émotions se mêler.
Oui, j'en suis sûre, murmura-t-elle contre ses lèvres, un sourire léger illuminant son visage.
Elle se redressa, une lueur espiègle dans les yeux.
Mais il va falloir se dépêcher si on ne veut pas croiser la propriétaire, ajouta-t-elle avec malice.
Sasuke esquissa un sourire en coin, amusé, et la suivit jusqu'à son appartement. Dès qu'elle ouvrit la porte, il l'attira à lui, la plaquant doucement contre celle-ci. Leurs lèvres se retrouvèrent avec une urgence contenue, leurs respirations déjà saccadées.
Sakura passa ses mains dans ses cheveux, les ébouriffant légèrement, cherchant à le sentir plus proche. Il la tenait par la taille, ses mains glissant lentement sous son manteau avant de le faire tomber au sol. Elle fit de même, se débarrassant de son propre manteau avant de l'entraîner vers son lit.
Elle s'assit sur ses genoux, leurs corps étroitement liés, et approfondit leur baiser. Leurs langues dansaient avec une sensualité qui faisait vibrer l'air autour d'eux.
Sasuke glissa ses mains sous le pull de Sakura, effleurant sa peau douce et tiède. Ses doigts, comme des promesses chuchotées, explorèrent la courbe de son dos avant qu'elle ne l'aide à retirer le vêtement, dévoilant ainsi la beauté délicate de sa silhouette sous la lumière tamisée. Elle fit de même avec lui, révélant à son tour un corps sculpté par une force contenue.
Il s'arrêta un instant, ses yeux sombres et profonds se posant sur elle avec une intensité presque palpable. Le désir qu'il n'essayait plus de masquer brillait dans son regard, et Sakura sentit ses joues s'empourprer sous cette attention. Elle mordilla sa lèvre inférieure, troublée, et recula légèrement.
Sasuke fronça les sourcils, une ombre d'inquiétude passant sur son visage.
— Qu'est-ce qu'il y a ? murmura-t-il, sa voix teintée d'une douceur attentive. Tu veux qu'on arrête ?
Elle secoua la tête avec empressement, ses mots trébuchant sur ses lèvres.
— Non, non, surtout pas. C'est juste que… enfin, toi… Elle agita une main, désignant maladroitement sa silhouette. Tu es toi, lâcha-t-elle dans un souffle.
Un sourire amusé étira ses lèvres.
— Oui… ? répondit-il, un brin perplexe.
Elle dégagea une mèche de cheveux tombée sur son front, et il saisit l'occasion pour capturer sa main dans la sienne, y déposant un baiser délicat sur la paume.
— Pourquoi moi ? demanda-t-elle finalement, gênée, le rouge montant à ses joues.
Il rit doucement, un son bas et apaisant, avant de poser son front contre le sien.
— Tes yeux, Sakura. Ils m'hypnotisent, avoua-t-il dans un murmure rauque, son regard s'ancrant dans le sien.
Elle écarquilla légèrement les yeux, surprise, avant de détourner le regard. Mais il ramena son attention à lui, ses lèvres traçant une ligne de baisers le long de sa joue, jusqu'à sa mâchoire, puis son cou.
— Ils m'obsèdent, ajouta-t-il d'une voix plus grave, atteignant son oreille qu'il mordilla avec une légèreté calculée.
Un gémissement lui échappa, son corps réagissant instinctivement à ses attentions. Il sourit contre sa peau, savourant cette découverte.
— Ha, j'ai trouvé un point sensible, on dirait, murmura-t-il, amusé, avant de reprendre ses caresses.
Mais Sakura posa une main sur son torse, le souffle court.
— Attends… attends… soupira-t-elle, sa voix entrecoupée par un nouveau gémissement.
Il releva la tête, un sourire espiègle flottant sur ses lèvres.
— Tu n'as pas l'air de vouloir attendre, se moqua-t-il doucement, s'approchant de ses lèvres.
— Ce n'est pas ça… murmura-t-elle, détournant les yeux. C'est juste que… ça fait longtemps… depuis… Renji. C'était le seul avec qui j'ai jamais…
Elle laissa sa phrase en suspens, son embarras trahissant une certaine fragilité. Sasuke, sans un mot, posa une main rassurante sur sa joue, la caressant avec une tendresse inattendue.
— Tu me fais confiance ? demanda-t-il, sa voix basse et posée.
Elle plongea son regard dans le sien, y lisant derrière le feu de son désir une douceur rare, presque protectrice. Elle hocha la tête avant de l'embrasser à nouveau, plus intensément, comme pour sceller sa réponse.
Avec une patience infinie, Sasuke la bascula doucement sur le dos, ses mains capturant ses poignets pour les immobiliser de chaque côté de sa tête. Leurs doigts s'entrelacèrent, et il reprit ses baisers, descendant lentement le long de son cou, éveillant chaque parcelle de sa peau.
— Sasuke… souffla-t-elle, son corps s'arc-boutant sous lui.
— Tu me rends fou, murmura-t-il contre sa peau, sa voix rauque vibrant d'une intensité brute alors qu'il descendait lentement vers sa poitrine. Ses lèvres s'attardèrent sur la courbe d'un sein, ses dents effleurant la peau fine, savourant chaque soupir qui s'échappait de ses lèvres. Il traça un chemin de baisers jusqu'à son téton, où il s'arrêta, taquinant la pointe durcie entre ses lèvres, avant de la mordiller légèrement. Un sourire effleura ses lèvres en sentant ses doigts se resserrer autour des siens, trahissant l'ampleur de son plaisir.
D'un mouvement fluide, il libéra ses mains de son emprise et poursuivit son exploration, ses lèvres glissant vers son ventre tandis que ses mains continuaient de caresser sa poitrine avec une sensualité experte. Il s'attarda juste en dessous de son nombril, sa langue traçant des cercles paresseux sur sa peau, savourant les frissons qu'il déclenchait. Lorsqu'il atteignit enfin la ceinture de son pantalon, il le déboutonna avec une lenteur calculée, rompant brièvement le contact de leurs corps pour le lui retirer.
Le vêtement glissa le long de ses jambes, effleurant sa peau sous la caresse légère de ses doigts, avant de tomber au sol dans un bruissement feutré. Sasuke reprit son chemin à rebours, ses lèvres remontant avec une précision presque délibérée le long de ses chevilles, ses mollets, ses genoux, jusqu'à l'intérieur de ses cuisses. Chaque baiser était une promesse silencieuse, chaque contact un crescendo dans cette symphonie de désir.
Elle se cambra instinctivement sous ses attentions, ses doigts s'agrippant à la tête de lit comme pour ancrer son corps à une réalité qui lui échappait peu à peu. Encouragé, il s'aventura plus loin, effleurant son entrejambe du bout des dents. D'un geste empreint d'une sensualité féline, il retira ses derniers sous-vêtements, dévoilant son intimité avec une lenteur presque cérémonieuse.
Il déposa un baiser délicat sur le haut de son intimité, son souffle chaud effleurant sa peau et déclenchant un frisson qui la traversa de part en part.
— Sasuke… qu'est-ce que tu… ? souffla-t-elle, confuse, se redressant légèrement sur ses coudes.
Il releva la tête, son regard sombre et profond irradiant une douceur désarmante.
— Fais-moi confiance, murmura-t-il, sa voix basse et apaisante. Laisse-toi aller.
Et avant qu'elle ne puisse répondre, il s'abaissa à nouveau, déposant des baisers là où personne n'avait osé avant lui. Sa langue s'aventura avec une délicatesse infinie, chaque mouvement mesuré et précis, arrachant à Sakura un soupir qu'elle ne parvint pas à retenir. Elle ferma les yeux, submergée par une vague de sensations inconnues, son corps se tendant et se relâchant au rythme de ses caresses.
Sa respiration devint erratique, ses hanches bougeant presque instinctivement pour chercher davantage de ce plaisir qu'il lui offrait. Lorsqu'il glissa une main plus bas, explorant ses moindres secrets, il réprima un grondement en sentant à quel point elle était prête pour lui. Cette découverte alimenta davantage son désir, un feu qui brûlait avec une intensité dévorante.
Elle ouvrit les yeux, plongeant un regard embrasé dans le sien, et cette connexion visuelle sembla suspendre le temps. Il intensifia ses caresses, alternant avec une maîtrise parfaite entre sa langue et ses doigts, chaque geste savamment orchestré pour la pousser toujours plus loin dans l'extase.
Sakura mordit sa main, tentant en vain d'étouffer un cri, alors qu'une onde de plaisir la traversait, la submergeant complètement. Son corps se tendit, un instant suspendu dans une apothéose de sensations, avant de retomber doucement, ses muscles se relâchant sous l'effet de cette libération.
Sasuke ralentit progressivement, ses gestes devenant plus tendres, presque révérencieux, laissant son souffle retrouver un rythme apaisé. Il remonta le long de son corps, parsemant son ventre de baisers comme s'il s'agissait d'un sanctuaire qu'il honorait.
Elle tendit une main tremblante, ses doigts se glissant dans ses cheveux pour l'attirer à elle. Leurs lèvres se retrouvèrent dans un baiser fiévreux, une fusion brûlante où se mêlaient gratitude et désir inassouvi.
— Merci… murmura-t-elle, ses pupilles encore dilatées par le plaisir, sa voix teintée d'un souffle alangui.
Un léger rire cristallin s'échappa de ses lèvres alors qu'elle se laissa retomber contre l'oreiller, son corps encore vibrant des échos de leurs ébats.
— C'était… intense, avoua-t-elle, amusée, tout en caressant doucement sa joue du bout des doigts.
Sasuke esquissa un sourire, ses yeux sombres empreints d'une lueur de satisfaction. Ses doigts effleurèrent une mèche de ses cheveux, la faisant tournoyer distraitement entre ses doigts.
— À ton service, répondit-il avec une pointe d'humour, avant de l'embrasser à nouveau. Son étreinte, bien que douce, portait encore les traces d'un désir qu'il ne cherchait pas à dissimuler.
Il se redressa légèrement, ses muscles se contractant sous le mouvement, et entreprit de se libérer de son pantalon, devenu insupportablement étroit sous la pression de son excitation. Le tissu glissa le long de ses jambes dans un soupir feutré, et il sentit son regard sur lui, amusé et taquin.
— Puis-je savoir ce qui te fait sourire ainsi ? demanda-t-il, arquant un sourcil faussement contrarié, avant de plonger à nouveau vers son cou, ses lèvres traçant un chemin de baisers ardents.
— Rien… Juste une conversation… de vestiaire, parvint-elle à articuler, sa voix vacillante alors que ses mains glissaient sur son dos, ses doigts effleurant sa nuque avec une délicatesse calculée.
— Oh, alors vous parlez de moi ? répondit-il, feignant la surprise, tout en intensifiant ses attentions.
— Ça nous arrive, avoua-t-elle, un sourire effleurant ses lèvres, bien vite remplacé par un gémissement étouffé lorsqu'il posa une main ferme sur sa cuisse, l'attirant contre son bassin dans un mouvement fluide et possessif.
— Et qu'est-ce que vous dites ? s'amusa-t-il, ses lèvres retrouvant le chemin de son oreille, où il reprit ses mordillements.
Elle frissonna sous l'effet de sa voix rauque et de ses gestes habiles.
— À quel point tu es sexy quand tu t'énerves sur le punching-ball, glissa-t-elle à son oreille, sa voix empreinte d'une séduction effrontée.
Un éclat de rire grave résonna dans sa gorge.
— Et toi ? demanda-t-il, sa voix s'assombrissant d'un désir palpable. Qu'est-ce que tu dis ?
Elle plongea son regard dans le sien, ses yeux brillant d'une malice espiègle.
— Moi ? Je ne dis rien, répondit-elle avec un sourire taquin, ses lèvres effleurant les siennes avant de murmurer à son oreille : Par contre, je pense à toi le soir, dans mes rêves...Elle ponctua sa confession d'un mordillement délicat sur le lobe de son oreille, déclenchant chez lui un grondement bas, presque primal. Sa réponse fut immédiate : il captura ses lèvres avec une intensité renouvelée, son corps pressant le sien. Impatiente, elle glissa avec assurance sa main entre leurs corps, cherchant à sentir la preuve tangible de son désir. Lorsqu'elle le trouva, elle guida son membre avec une précision sensuelle, l'alignant contre son entrée. Lentement, elle initia un mouvement, leurs corps s'imbriquant dans une danse langoureuse. Leur rythme, d'abord mesuré, s'intensifia peu à peu, chaque va-et-vient les entraînant plus profondément dans une osmose presque irréelle. Elle posa son front contre le sien, leurs souffles s'entremêlant, leurs lèvres se frôlant, se mordillant, s'embrassant dans un ballet d'intimité. Jamais elle ne s'était sentie aussi connectée à quelqu'un. Dans ce moment suspendu, elle s'abandonna entièrement à lui, et lorsqu'elle atteignit le sommet, elle l'emporta avec elle. Leurs gémissements se mêlèrent dans un crescendo étouffé par un baiser fiévreux. Il captura sa langue avec une ardeur désespérée, son corps vibrant contre le sien tandis qu'il se libérait en elle.
Merde… souffla-t-il, son front toujours appuyé contre le sien, le souffle court. C'était...
Elle sourit, ses doigts caressant distraitement sa nuque.
— Incroyable, dirent-ils en chœur, avant de s'effondrer dans un éclat de rire complice.
À bout de souffle, il se laissa tomber à ses côtés, son corps encore tremblant. Elle se lova contre lui, nichant sa tête dans le creux de son cou, inspirant son odeur avec une sérénité retrouvée.
Dans ce silence apaisant, elle sentit battre son cœur, un écho parfait du sien.
Je peux te poser une question ? murmura-t-elle contre son cou, sa voix à peine plus forte qu'un souffle.
Est-ce que j'ai vraiment le choix ? répondit-il, amusé, un sourire effleurant ses lèvres.
Elle se redressa légèrement, plantant son regard malicieux dans le sien.
Quand ça a commencé ? demanda-t-elle, son ton teinté d'une curiosité taquine.
Quand quoi a commencé ? fit-il, feignant l'ignorance avec une nonchalance calculée.
Sasuke… insista-t-elle, l'agacement perçant dans sa voix.
Il poussa un soupir, se redressant en position assise et l'entraînant avec lui.
Toi et tes questions… marmonna-t-il, avant de plonger vers son cou, déposant des baisers légers pour tenter de détourner son attention.
Ça ne marchera pas avec moi, ricana-t-elle, le repoussant doucement mais fermement.
Elle passa ses bras autour de son cou, rapprochant son visage du sien jusqu'à ce que leurs fronts se touchent. Ses iris vert émeraude captèrent les siens, et il sentit son souffle se suspendre.
Comment tu fais ça ? murmura-t-il, incapable de détourner son regard des profondeurs de ses yeux.
Ne change pas de sujet, rétorqua-t-elle avec un sourire satisfait. Quand ?
Elle vit l'hésitation traverser son regard sombre, et dans l'obscurité de la pièce, elle aurait juré qu'il rougissait.
Le jour où on s'est rencontrés, avoua-t-il finalement dans un souffle.
Quoi ? s'exclama Sakura, sa surprise éclatant dans un rire incrédule.
Il captura ses lèvres dans un baiser tendre, comme pour adoucir l'impact de ses mots. Mais elle se recula, confuse.
Il va falloir plus d'explications que ça, s'amusa-t-elle, ses yeux brillant d'une lueur de défi.
Avec un sourire, il la renversa doucement sur le dos, plongeant son regard dans le sien.
Tes yeux, Sakura. Tes yeux, répéta-t-il, sa voix basse et rauque.
Il marqua une pause, cherchant ses mots.
La plupart du temps, dans les yeux des filles que je rencontre, je ne lis que de l'envie, de l'admiration ou de la peur. Mais toi… il n'y avait rien de tout ça.
Un rire amer s'échappa de ses lèvres alors qu'il se remémorait leur première rencontre.
Toi, tu m'as regardé comme si j'étais l'être le plus arrogant que tu n'avais jamais croisé.
Parce que c'était le cas, répliqua-t-elle avec un sourire en coin.
Et ça l'est toujours ? demanda-t-il, son ton se faisant taquin.
Hmm… Il y a ton frère aussi, ton père, et… Arrête ! s'écria-t-elle en riant, alors qu'il commençait à la chatouiller pour la faire taire.
Leurs éclats de rire s'éteignirent doucement lorsqu'il replongea son regard dans le sien.
Tu m'as pris dans tes filets ce jour-là, Haruno, murmura-t-il, sa voix empreinte d'une sincérité désarmante. Même si je ne le savais pas encore. Mon discours, ce
jour-là… je l'ai changé en croisant ton regard dans l'auditoire.
Elle se figea, surprise par cette révélation.
Il attrapa doucement sa main, l'effleurant de ses lèvres avant de la poser sur son cou, là où son pouls battait fort.
Je t'appartiens, Sakura. Tu peux faire de moi ce que tu veux, souffla-t-il, sa voix à peine audible, suspendue juste au-dessus de ses lèvres.
Il fallut quelques secondes pour que ses paroles s'ancrent en elle. Lorsqu'elles le firent, elle fondit sur ses lèvres, l'embrassant avec une intensité qui traduisait tout ce qu'elle ressentait, et plus encore.


Ce furent les vibrations de sa montre qui le tirèrent de son sommeil. Encore engourdi, Sasuke cligna des yeux, cherchant à s'orienter dans la pénombre. Contre lui, Sakura était blottie, son souffle régulier se mêlant à la chaleur de leur cocon. Lorsqu'elle sentit le mouvement, elle grogna doucement et se roula davantage contre son torse, enfouissant sa tête sous la couverture.
Il jeta un regard à sa montre et se redressa brusquement, le cœur battant.
Le lycée ! On va être en retard ! Sakura ! lança-t-il, agacé, en voyant qu'elle ne bougeait pas d'un millimètre.
Tu vas être en retard, rectifia-t-elle d'une voix ensommeillée, à peine audible sous les draps. Moi, j'ai toutes mes affaires ici.
Merci pour le soutien… marmonna-t-il, exaspéré.
Elle fit glisser la couverture de son visage et lui tira la langue, avant de s'étirer langoureusement, telle une chatte paresseuse. Les yeux mi-clos, elle l'observa s'agiter, cherchant frénétiquement ses vêtements. Il était rare de le voir perdre son calme, et elle savourait la scène avec amusement.
Ce n'est pas drôle. Aide-moi au moins ! s'énerva-t-il, en tournant sur lui-même, visiblement à la recherche de sa chemise.
Elle tendit nonchalamment un doigt vers la chaise, un sourire taquin au coin des lèvres.
— Là.
Merci… ironisa-t-il, en attrapant le vêtement.
Une fois habillé, il hésita un instant devant la porte, passant une main dans ses cheveux en désordre. Puis, dans un élan soudain, il fit demi-tour et l'embrassa avec une passion qui la fit éclater de rire.
Allez, file, dit-elle en le repoussant doucement, encore amusée.
Sasuke quitta l'appartement en vitesse, croisant Rin, qui attendait patiemment devant la porte. La petite créature entra d'un bond agile, tandis que Sakura s'affalait sur le lit, le regard rêveur. Rin pencha la tête, l'air espiègle.
Prépare-toi, feignasse, lança-t-elle, moqueuse.
Tsss… râla-t-elle en se levant à contrecœur.


Revenir discrètement au domaine Uchiha s'avéra plus compliqué que prévu. Sasuke avait pris soin d'éviter les regards indiscrets et avait finalement réussi à rejoindre sa chambre sans encombre. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Alors qu'il sortait de la maison, il se retrouva face à son père, les bras croisés et le regard aussi tranchant qu'une lame.
Je peux savoir où tu étais passé ? demanda Fugaku d'un ton sévère.
Chez Naruto, répondit Sasuke du tac au tac, espérant couper court à l'interrogatoire.
Je te rappelle que ta punition n'est pas encore levée, répliqua son père, impassible.
Promis, je suis rentré avant 22 heures, rétorqua-t-il avec un sarcasme à peine voilé.
Le ton glacial qui suivit fit frissonner Sasuke.
Sasuke, pas de ce ton là avec moi.
C'était la voix qu'il réservait habituellement aux officiers de la Garde, pas à ses fils. Le jeune homme comprit qu'il avait franchi une limite. Il s'inclina légèrement, murmurant une excuse.
Dépêche-toi, tu vas être en retard, lâcha Fugaku en guise de conclusion.
Alors que Sasuke s'éloignait, son père l'interpella une dernière fois.
Invite-la à dîner ce soir. J'aimerais faire sa connaissance.
Sasuke s'arrêta net, un soupir résigné s'échappant de ses lèvres. Il passa une main sur son visage, anticipant déjà la réaction de Sakura.
Elle va détester ça, murmura-t-il pour lui-même avant de reprendre son chemin.

Il arriva juste avant la sonnerie en classe, à bout de souffle. Il se précipita à sa place avant que le professeur n'arrive. Sakura se tourna vers lui lui faisant un sourire amical auquel il répondit d'un hochement de tête. Sans en avoir parlé, ils semblaient d'accord pour conserver leur relation secrète pour l'instant.
La pause de midi arriva et comme à son habitude depuis plusieurs jours, il la vit quitter le bâtiment en direction de la bibliothèque.
- Tu devrais la suivre... Lui sourit espièglement Naruto.
- Quoi? S'exclama Sasuke, pris sur le fait.
- Tu ne l'as pas quitté des yeux de la matinée, mon vieux. Je te jure, tu me ferais presque de la peine. Va la voir! Dit-il en poussant sa chaise de son pied.
Sasuke râla mais s'exécuta. Après tout, son ami avait raison, il n'avait jamais eu autant de mal à rester concentré sur un cours. Le fait qu'elle se tienne à peine deux rangées devant lui ne facilitait clairement pas la tâche. Il avait besoin de la sentir, de la toucher, de l'embrasser, même si ce n'était que pour un bref instant.
Il prit donc ses affaires et traversa la cour en direction de la bibliothèque, où il se rendit compte qu'il n'avait jamais mis les pieds. L'endroit était immense et grandiose. Les étagères de livre s'étendaient à perte de vue et la lumière tamisée rendait l'endroit propice au calme et aux études. Il la trouva rapidement mais il fronça les sourcils.
- Hiro-san. Comment vous allez aujourd'hui? L'entendit-il demander de sa voix mielleuse.
- Ha, Sakura. Bien bien, et toi? Comment était le bal? Répondit le trentenaire, le rouge aux joues, clairement peu indifférent à la jeune fille.
- Oh, vous avez vu les photos? Fit-elle semblant de s'étonner, en lui faisant un sourire timide. Je devais avoir l'air ridicule.
- Pas du tout, pas du tout. Tu étais magnifique! La complimenta l'homme, devenu pourpre.
- Oh, arrêtez vous allez me faire rougir Hiro-san. Répondit-elle, faussement gênée.
De son côté, l'Uchiha observait la scène, son sang commençant à bouillir à l'intérieur. Il ne savait pas à quoi elle jouait mais cela le mettait hors de lui.
- Au fait, vous savez pour mes recherches. Elle se mit à chuchoter, comme s'ils partageaient un secret. Vous avez pu demander?
- Hmm, oui, oui...Se mit à toussoter le jeune bibliothécaire. Enfin non, c'est compliqué tu sais Sakura.
- Hiro-san, vous m'aviez promis. Bouda la jeune fille, déçue. J'ai vraiment besoin de ses livres. Vous voyez, il me faut vraiment la première place pour la bourse, et c'est le seul moyen pour passer devant Shikamaru. Vous voulez m'aider, pas vrai Hiro-san? Elle posa sa main sur la sienne, d'un geste tendre, plongeant ses yeux dans les siens.
- Je vais en parler avec mon supérieur. Mais je ne pourrais par faire sortir les livres. Il faudra que tu viennes aux archives avec moi. La prévint-il.
- Bien sûr, sourit-elle. Ca ne me pose aucun problème. Merci pour votre aide. Je vous laisse manger tranquille.
Elle s'écarta, prenant bien soin de laisser trainer sa main sur la sienne, avant de se perdre dans une allée au fond de la bibliothèque. Elle chercha le livre qu'elle était en train de lire la dernière fois et tourna les pages en se rendant à un bureau. Mais elle se fit bloquer le passage par un grand brun, visiblement en colère.
- Je peux savoir pourquoi tu flirtes avec le bibliothécaire? Demanda-t-il, froidement.
Elle souffla d'agacement.
- Ca ne te regarde pas... Répondit-elle, simplement, le contournant. Il la retint, l'entrainant au fond de l'allée.
- Au contraire. C'est pour ça que tu passes tes pauses ici? Commença-t-il à s'énerver.
- Quoi? Réagit-elle, agacée. Ne me dis pas que tu es en train de me faire une crise de jalousie, je n'ai pas le temps pour ça.
- Je suis quoi pour toi, un jeu? Maintenant que tu m'as mis dans ton lit, tu passes au mec suivant?
Elle le fixa, choquée par ce qu'il venait de dire, elle lut la colère dans ses yeux, la colère d'un animal blessé.
- Tu ne penses pas ce que tu dis... Soupira-t-elle, blessée par ses paroles.
- Et qu'est-ce que je dois penser alors? Que le passe-temps de la fille que j'aime c'est de flirter avec des mecs douteux, juste pour le fun? S'exclama-t-il.
- Qu'est-ce que tu viens de dire? Souffla Sakura, sous le choc.
- Que le... Il s'arrêta net, réalisant ses propres paroles. Il se détacha d'elle. Merde... On se voit en classe. Conclut-il, avant de sortir précipitamment, la laissant choquée au milieu de la bibliothèque.


Le dernier cours de la journée s'acheva enfin, laissant derrière lui une tension palpable. Pour Sakura, c'était sa dernière chance de lui parler. Sasuke l'avait soigneusement évitée tout l'après-midi, esquivant ses tentatives d'approche avec une précision presque militaire. Pas un mot, pas un regard. Elle avait pourtant tout essayé : changer d'équipe pour se retrouver en binôme avec lui, seulement pour le voir disparaître sous prétexte d'un appel urgent de la Garde. Plus tard, elle s'était portée volontaire pour ranger le matériel avec lui, mais il avait habilement échangé sa place avec un autre.
Maintenant, elle l'attendait dehors, grelottant dans le froid mordant, déterminée à ne pas céder. Une heure s'écoula avant qu'il n'apparaisse enfin, sortant du bâtiment avec l'air d'un homme prêt à fuir. En la voyant postée sur le pas de la porte, il grimaça et accéléra le pas, ignorant sa présence comme s'il espérait qu'elle disparaisse par miracle.
Uchiha Sasuke ! Tu vas t'arrêter oui ? hurla-t-elle, sa voix trahissant une exaspération à peine contenue.
Il se figea, enfin, mais sans se retourner.
Elle s'approcha, hésitant à franchir l'espace qui les séparait, puis s'arrêta juste derrière lui.
— Je suis désolée pour tout à l'heure, murmura-t-elle, sa voix tremblante d'un mélange de culpabilité et de frustration. Je ne voulais pas te blesser.
Il se tendit à ses mots, comme si elle avait touché une corde sensible.
Écoute… reprit-elle avec difficulté. C'est une mauvaise habitude que j'ai prise, d'accord ? Ça ne veut rien dire…
Elle osa lui attraper la main, mais il la retira aussitôt, son geste tranchant comme une lame.
Comment je fais pour savoir que tu ne fais pas la même chose avec moi ? lâcha-t-il d'une voix dure, ses mots s'abattant sur elle comme un coup de fouet.
Elle resta pétrifiée, incapable de répondre. Il se retourna alors, et son regard sombre, chargé d'une douleur brute, la transperça.
Comment je fais pour savoir que tu ne joues pas avec moi, juste pour obtenir ce que tu veux ?
Sasuke, comment peux-tu penser ça ? souffla-t-elle, la gorge nouée par l'émotion.
Je t'ai tout dit, Sakura. Tout. Je me suis ouvert à toi comme je ne l'ai jamais fait avec personne. Je me suis dit que tu avais besoin de temps, alors je t'ai laissé cet espace. Et là, je te vois flirter avec un autre, en utilisant les mêmes gestes, les mêmes sourires qui m'ont fait tomber amoureux de toi. Qu'est-ce que je suis censé penser ? s'emporta-t-il, sa voix tremblant sous le poids de sa colère.
Je… je… bafouilla-t-elle, démunie face à l'intensité de son reproche.
C'est bien ce que je pensais, conclut-il, amer.
Il fit mine de s'éloigner, mais cette fois, elle ne le laissa pas faire. Elle se colla à lui, plaquant ses mains sur son dos. Une vague d'énergie étrange traversa alors Sasuke, un courant puissant et inconnu qui ne lui appartenait pas.
Sakura, qu'est-ce que tu… ?
Il s'interrompit brusquement, submergé par une sensation inédite. Pendant un instant, il ressentit tout ce qu'elle ressentait : l'amour profond qu'elle n'arrivait pas à exprimer, la douleur de le voir souffrir à cause d'un malentendu, et la peur viscérale de le perdre. C'était comme si leurs âmes s'étaient entremêlées, partageant une intimité qu'aucun mot ne pourrait jamais décrire.
Quand elle le relâcha, elle se plaça devant lui, le visage empreint d'une sincérité désarmante.
Donne-moi un peu de temps, d'accord ? demanda-t-elle d'une voix douce mais ferme. J'arriverai à te le dire, mais j'ai besoin de temps.
Il la fixa, son regard s'adoucissant peu à peu.
Pas la peine, murmura-t-il avant de capturer ses lèvres dans un baiser ardent, passionné, empli de tout ce qu'il avait retenu jusque-là.
Quand ils se séparèrent, légèrement essoufflés, il plongea ses yeux dans les siens.
Comment as-tu fait ça ?
Fait quoi ? demanda-t-elle, encore troublée par leur échange.
Ton flux d'énergie… tu l'as partagé avec moi.
Elle ouvrit de grands yeux, abasourdie.
J'ai fait quoi ?
Tu ne t'en es pas rendu compte ? C'était comme si on était connectés, juste un instant.
Il posa une main contre sa joue, caressant doucement sa peau.
Ton cœur… il m'appartient, pas vrai ?
Elle ferma les yeux et déposa un tendre baiser dans sa paume, une réponse silencieuse mais éloquente. Il l'embrassa de nouveau, cette fois avec une douceur infinie, savourant la magie de cet instant.
Puis, un détail lui revint en mémoire.
Mon père veut que tu viennes dîner à la maison, lâcha-t-il soudain, brisant le silence.
Ce soir ? s'étrangla-t-elle.
Désolé, répondit-il en riant nerveusement. Il m'a coincé ce matin.
Elle enfouit son visage dans son manteau, grommelant :
Je suis sûre qu'il me déteste…
Probablement, admit Sasuke avec un sourire malicieux.


Quelques heures plus tard, Sakura se tenait devant l'imposante demeure de la famille principale des Uchiha. Elle ajusta nerveusement les plis de sa robe longue en coton vert pastel, un vêtement sobre mais élégant, le plus adapté qu'elle possédait pour une occasion aussi solennelle. Le vent froid de la soirée mordait ses joues, mais ce n'était rien comparé à l'appréhension qui nouait son estomac. Rin se blottit contre son cou dans une tentative silencieuse de la réconforter. Inspirant profondément, elle frappa à la porte.
Sasuke ouvrit presque immédiatement, un sourire doux illuminant son visage. Il déposa un baiser rapide sur ses lèvres, un geste à la fois tendre et rassurant.
Très jolie robe, murmura-t-il, conscient de son anxiété. Ils t'attendent.
Ne me dis pas que je suis en retard, supplia-t-elle, l'inquiétude perçant dans sa voix. Tu m'avais dit 20h !
Tu es parfaitement à l'heure, ne t'en fais pas. Ils sont juste… impatients, répondit-il avec un sourire apaisant.
Il lui prit la main et l'entraîna à l'intérieur. La chaleur du foyer contrastait agréablement avec le froid extérieur. Dans le salon, un feu crépitait doucement dans la cheminée, projetant des ombres dansantes sur les murs. Fugaku Uchiha, le général de renom, était assis sur un coussin bas devant une table basse, face à son fils aîné, Itachi. Tous deux étaient plongés dans une partie d'échecs, leurs visages impassibles trahissant leur intense concentration.
Rin, fascinée par le jeu, redressa les oreilles, attentive au moindre mouvement des pièces. Lorsque Itachi déplaça son cavalier, le petit renard grimaça instinctivement. Le regard d'Itachi se tourna vers lui, agacé.
Je n'aurais pas fait ça, souffla Rin.
Sakura, mortifiée, attrapa son familier et le plaqua contre sa poitrine.
Il ne faut pas l'écouter, elle dit souvent n'importe quoi, rit-elle nerveusement.
Échec, déclara Fugaku, un sourire satisfait aux lèvres.
J'avais raison ! s'exclama Rin, triomphante.
Itachi soupira avant de tendre la main en signe de reddition.
Vous avez gagné. Encore, admit-il, stoïque.
Évidemment, répondit Fugaku avec une pointe de fierté.
Itachi se leva et salua poliment Sakura avant de se diriger vers la cuisine pour chercher des boissons. Sasuke murmura discrètement à son frère :
Merci.
— Qu'est-ce que je ne ferais pas pour mon petit frère… soupira Itachi.
Sakura, observant l'échange, comprit qu'Itachi avait délibérément perdu la partie pour mettre leur père de bonne humeur. Ce sacrifice discret éveilla en elle une certaine sympathie pour le jeune colonel.
Prenez place, mademoiselle Haruno, indiqua Fugaku en désignant un coussin à côté de lui.
Sakura se figea. Ce n'était pas le général redouté qu'elle voyait, mais le père de Sasuke. Et cette différence la paralysait. Sentant son hésitation, Sasuke posa une main légère dans son dos pour l'encourager à avancer. Elle s'installa finalement, tandis que Sasuke prenait place en face d'elle.
Vous savez jouer aux échecs ? demanda Fugaku en réarrangeant le plateau.
Oui, répondit-elle simplement.
Qu'avez-vous pensé de la partie précédente ?
— Que votre fils vous a laissé gagner, répondit-elle avec calme, bien que ses mains crispées sous la table trahissaient sa nervosité.
Fugaku eut un sourire énigmatique.
Nous sommes bien d'accord. Ces deux-là pensent pouvoir me duper, mais ils n'ont pas encore traversé la moitié des épreuves que j'ai fait subir à leur grand-père.
Sakura, surprise, esquissa un sourire malgré elle.
Sasuke, va aider ton frère, ordonna Fugaku.
Le jeune homme obéit à contrecœur, devinant que son père souhaitait parler seul à seule avec Sakura.
Bien, mademoiselle Haruno, je vous laisse les blancs, déclara Fugaku en entamant la partie.
Les premiers coups furent joués rapidement, chaque joueur mettant en place sa stratégie. Fugaku l'observait attentivement, analysant chaque mouvement, chaque détail de son expression.
Vous ressemblez beaucoup à votre mère, lança-t-il soudain, d'un ton calme mais incisif.
Sakura suspendit son geste, déstabilisée.
Vous ne pensiez tout de même pas m'avoir dupé pendant l'interrogatoire ? continua-t-il, moqueur.
Je… Je ne me souviens pas de mes parents, répondit-elle, tentant de masquer son trouble.
Rin, sentant sa tension, baissa les oreilles, inquiète.
Votre température corporelle augmente, mademoiselle Haruno, observa Fugaku, imperturbable. Votre père était également un excellent menteur. Un trait de famille, je suppose.
Elle joua un coup sans réfléchir, tentant de reprendre le contrôle de ses émotions.
Qu'est-ce que vous voulez ? osa-t-elle demander.
Le général esquissa un sourire.
Je comprends pourquoi mon fils vous apprécie. Vous n'avez pas froid aux yeux. À vous.
Elle bougea sa reine, s'emparant d'un cavalier.
Laissez-le, dit-il alors, son ton se faisant plus sérieux.
Quoi ? souffla-t-elle, abasourdie.
Laissez mon fils, répéta-t-il.
Non, répondit-elle sèchement, Rin retroussant les babines en écho à sa détermination.
Fugaku la fixa un instant avant de poursuivre, son regard aussi tranchant qu'une lame.
Vous êtes la dernière héritière du clan Seimei. Une cible vivante. Je ne laisserai pas mon fils risquer sa vie pour vous.
Sakura sentit son assurance vaciller, mais elle refusa de céder.
Vous ne pouvez pas décider pour lui, protesta-t-elle, la voix tremblante de colère.
Ma famille, ma responsabilité, rétorqua-t-il.
Sakura ouvrit la bouche pour riposter, mais Fugaku continua, implacable.
Si vous tenez à lui, éloignez-vous. Je vous aiderai.
Elle resta silencieuse, le poids de ses mots l'écrasant.
Lorsque Sasuke revint, accompagné d'Itachi, Fugaku avait retrouvé son sourire affable.
Alors, Sakura, comment le général se débrouille-t-il aux échecs ? plaisanta Itachi.
Excusez-moi, je ne me sens pas très bien, murmura-t-elle avant de quitter précipitamment la pièce.
Dans la salle de bain, elle laissa enfin ses larmes couler, le poids de la soirée et des paroles de Fugaku brisant ses défenses.
Sakura, tout va bien ? demanda Sasuke à travers la porte, inquiet.
Oui, ça va, répondit-elle d'une voix tremblante, tentant de masquer son désarroi.
Elle se redressa, se força à respirer profondément, et ressortit avec un sourire forcé. Le reste du dîner se déroula sans incident, mais Sakura était ailleurs, son esprit hanté par les paroles du général.
À la fin du repas, Sasuke proposa à Sakura de se promener dans le jardin, comme ils avaient souvent l'habitude de le faire durant sa convalescence. Elle accepta sans hésiter, espérant que l'air frais l'aiderait à apaiser le tumulte de ses pensées.
La neige tombait doucement, recouvrant le jardin d'un manteau immaculé. Le monde semblait figé dans une sérénité fragile, où même les bruits les plus ténus étaient étouffés par la blancheur silencieuse. Sakura, soudain légère, sourit comme une enfant en posant ses premiers pas dans la neige fraîche. Elle s'amusa à laisser des empreintes éparses, ses joues rosies par le froid et l'émerveillement. Sasuke, un sourire en coin, l'observait avec une affection silencieuse.
Qu'est-ce que mon père t'a dit ? demanda-t-il soudain, sa voix grave brisant doucement le calme hivernal.
Sakura, prise de court, ralentit. Elle tourna la tête vers lui, feignant l'innocence.
Pardon ? répondit-elle avec un sourire léger, comme si elle n'avait pas saisi la question.
Mon père, insista-t-il, son regard perçant. Ce qu'il t'a dit, ça t'a travaillée tout le repas. Ne me dis pas le contraire, je te connais trop bien.
Elle détourna les yeux, marchant lentement sous les flocons, son esprit cherchant les mots justes. Elle savait qu'il ne se contenterait pas d'un mensonge, mais elle ne voulait pas non plus le blesser avec la vérité brute.
Il m'a dit qu'il t'aimait beaucoup, toi et ton frère, murmura-t-elle finalement, sa voix douce et teintée d'une chaleur sincère. Que vous étiez tout pour lui.
Sasuke fronça légèrement les sourcils, pressentant qu'elle n'avait pas tout dit.
Et ?
Sakura inspira profondément, levant les yeux vers le ciel où les flocons dansaient dans la lumière tamisée.
Et qu'il ne me laisserait jamais te faire du mal, ajouta-t-elle dans un souffle, ses paroles portées par une douceur qui contrastait avec le poids de leur sens.
Elle releva les yeux vers lui, un sourire fragile aux lèvres.
Je me demande si mon père m'aimait autant que le tien t'aime, c'est tout, murmura-t-elle.
Il la regarda alors avec une intensité nouvelle. Derrière son sourire, il vit une tristesse profonde, un chagrin ancien qui semblait affleurer à la surface. Sans un mot, il l'attira contre lui, l'enlaçant avec une force protectrice, comme s'il pouvait effacer sa douleur par la chaleur de son étreinte.
Sakura se laissa aller, nichant son visage contre son torse. Dans ses bras, elle retrouvait ce sentiment de sécurité qu'elle ne ressentait qu'en sa présence, un sentiment qu'elle savait désormais éphémère.
Reste dormir, lui souffla-t-il à l'oreille, sa voix basse et caressante. Il déposa un baiser sur la courbe de son cou, là où sa peau était douce et chaude malgré le froid ambiant.
Ce n'est pas une bonne idée, répondit-elle un éclat d'amusement dans la voix. Ta chambre est terriblement mal insonorisée.
Je ne ferai rien, promis, murmura-t-il avec un sourire espiègle, mordillant légèrement le lobe de son oreille.
Menteur, répliqua-t-elle, son rire teinté d'une tendresse complice.
Il céda, posant son front contre le sien. Son souffle se mêlait au sien, créant une bulle intime dans l'immensité du jardin enneigé.
Je n'arrive pas à te laisser partir, avoua-t-il, sa voix à peine audible contre ses lèvres.
Sakura sentit son cœur se serrer à ces mots, une vague d'émotion qu'elle ne parvenait pas à nommer la submergeant. Incapable de répondre autrement, elle se hissa légèrement sur la pointe des pieds et l'embrassa. Ce fut un baiser doux, presque timide, comme si elle cherchait à figer cet instant hors du temps. Sasuke répondit avec une infinie délicatesse, ses lèvres effleurant les siennes avec une tendresse qui semblait vouloir effacer le monde autour d'eux.
Sasuke !
La voix ferme de son père résonna au loin, brisant l'intimité de leur échange. Sasuke se recula à contrecœur, un soupir d'agacement s'échappant de ses lèvres.
Je commençais à avoir froid, de toute façon, murmura Sakura avec un sourire tendre, tentant d'alléger la tension.
Il hocha la tête, prenant sa main pour la ramener à l'intérieur.
— Sasuke, va aider ton frère à ranger, ordonna le général d'un ton sans appel.
Sasuke se tourna vers Sakura, une ombre d'inquiétude dans le regard. Il n'aimait pas l'idée de la laisser seule avec son père, encore moins après leur récente conversation. Mais elle lui adressa un sourire rassurant, un de ceux qui semblaient dissiper ses doutes.
Ça ira, murmura-t-elle.
Il hésita, puis finit par s'éloigner à contrecœur, jetant un dernier regard par-dessus son épaule.
Donnez-moi une semaine pour m'organiser, souffla-t-elle alors, une fois seuls. Je ne peux pas tout abandonner comme ça.
Le général la jaugea du regard, silencieux, avant d'acquiescer d'un signe de tête.
Très bien. Une semaine.

Ce soir-là, Sakura insista pour rentrer seule.
Tu ne peux pas découcher trois nuits de suite, Sasuke, plaisanta-t-elle, bien que son ton trahissait une certaine gravité.
Il protesta, mais finit par céder. Elle monta dans un taxi, le laissant sur le trottoir, l'air contrarié.
Alors que le véhicule s'éloignait, Sakura laissa son esprit vagabonder, ses pensées se mêlant au défilement du paysage. Ces immeubles gris et imposants, témoins silencieux de son enfance, semblaient à la fois familiers et lointains. Elle sentit une étrange mélancolie l'envahir, une sensation de fin et de renouveau entremêlés.
Le taxi s'arrêta enfin devant un petit bistrot discret, un lieu qu'elle connaissait bien. Kakashi l'attendait à l'entrée, adossé nonchalamment contre le mur, une cigarette à la main. Lorsqu'il la vit descendre du véhicule, il l'observa longuement, son regard perçant cherchant à lire au-delà de son expression neutre.
Tu es sûre de toi, Sakura ? demanda-t-il, d'un ton inhabituellement grave. Il n'y aura pas de retour en arrière.
Elle inspira profondément avant de répondre, sa voix ferme malgré le tumulte intérieur.
— J'en suis sûre.
Kakashi acquiesça, éteignant sa cigarette d'un geste lent. Il ouvrit la porte et la guida à l'intérieur, l'entraînant vers une table isolée au fond de la salle, loin des regards indiscrets.
Bonsoir, Sakura, lui dit alors une voix douce et chaleureuse.
Elle s'arrêta net, son souffle suspendu.
Elle se rappelait de cette voix, elle l'avait entendu au bal mais maintenant elle savait qu'elle l'avait aussi rencontré étant enfant.
Sakura, je te présente le chef de la Rébellion, murmura Kakashi à son oreille.
Son cœur manqua un battement. Elle ne rêvait pas. L'homme qui se tenait devant elle n'était autre que Minato Namikaze, le père de Naruto.