Les premiers rayons du soleil se glissaient à travers les rideaux, effleurant la peau de Sasuke d'une caresse douce et chaleureuse. Il se sentait bien, apaisé, comme enveloppé par une chaleur familière, un bonheur tranquille, presque irréel. Mais soudain, un bruit sourd de verre brisé éclata à l'étage inférieur. Ses yeux s'ouvrirent en un éclair, une vague de panique dévalant son esprit. Une tête rose, égarée dans les draps, s'était lovée contre son torse, grimaçant à l'entente du bruit.
—C'est quoi ce bordel?souffla-t-il, la confusion l'envahissant.
—C'est tes fils aujourd'hui, d'accord? J'étais de garde cette nuit, laisse-moi dormir encore un peu...grommela-t-elle, enfouie sous la couette.
—Mes fils?répéta-t-il, totalement incrédule.
—Papa ! Natsume a fait tomber le lait !hurla une voix d'enfant, tranchant le silence lourd de la chambre.
Papa ?L'angoisse lui serra la poitrine, et il s'assit d'un coup sur le lit, le cœur battant la chamade. Sakura, inquiète, se redressa à ses côtés, les yeux encore embrumés de sommeil.
—Mon chéri, tu vas bien ?demanda-t-elle, la voix douce et un peu éteinte. Il tourna son regard vers elle, et son cœur s'emballa. Elle était plus vieille, peut-être dix ans de plus, mais elle restait la même, aussi belle qu'au premier jour. Ses cheveux en bataille encadraient son visage avec une indolence séduisante, ses lèvres toujours aussi pulpeuses, son teint rosé comme lorsqu'il l'avait rencontrée. Elle posa une main délicate sur son front, se rapprochant de lui. Sasuke rougit intensément.
—Tu as un peu de fièvre,remarqua-t-elle, inquiè es encore resté en planque dans le froid avec Naruto, pas vrai ?s'agaça-t-elle.
—Quoi?souffla-t-il, totalement déconcerté.
—Je vais lui dire qu'il arrête de t'emmener dans ce genre de galère. Tu es commissaire maintenant, ce n'est pas à toi de t'occuper de ç soupira, agacée, puis l'embrassa -toi. Je vais m'en occuper,céda-t-elle c'est à charge de revanche !lança-t-elle avant de sortir de la chambre.
Il la regarda partir, fermant la porte derrière elle, encore estomaqué. Il se prit la tête dans les mains, l'esprit en proie à une tourmente confuse.
—Je nage en plein délire !paniqua-t-il, les pensées se bousculant. Il aperçut alors l'alliance à son annulaire gauche et, dans un sursaut, se précipita hors du lit, cherchant un miroir. C'était bien lui, mais avec une dizaine d'années en plus. Il scruta la pièce autour de lui. C'était indéniablement une chambre parentale, la sienne et celle de Sakura, sans l'ombre d'un doute. Il s'approcha du mur voisin. Des dizaines de photos y étaient accrochées. Il se reconnut, aux côtés de Naruto et de Sakura, lors de leurs années de lycée. Mais quelque chose n'allait pas. Ce n'était pas la Senju qu'il connaissait. Ce lycée, ces uniformes classiques, tout cela ne lui disait rien. Il balaya le reste du mur, décrochant une photo d'un photomaton où il apparaissait avec Sakura, tous deux dans la vingtaine. Il lut, gravé en lettres simples :Notre premier rendez-vous. Puis vint une autre photo, celle de leur mariage. Sasuke, dans un costume traditionnel, se tenait aux côtés de Sakura, entouré de sa famille. Sa mère était là, au milieu de tout cela. Un choc brutal lui traversa l'esprit et il tomba à genoux, le souffle court.
—Respire. Respire. Il y a forcément une explication se mit à répéter ces mots à voix haute, comme pour se rassurer.J'ai infiltré la tour, j'ai hacké le serveur. On s'est fait surprendre, j'ai été pourchassé, et... et...Il s'arrêta, les pensées en , je m'en rappelle pas !paniqua-t-il.
Son regard fut attiré par une dernière photo qui tomba au sol. Il se vit, aux côtés de Sakura, et de deux enfants, âgés de six ou sept ans, qui leur sautaient dessus. Des jumeaux, identiques en tout point. Il attrapa la photo, ses doigts tremblants. Ils étaient magnifiques, un parfait mélange de leurs parents : bruns comme lui, mais avec les yeux de leur mère. Derrière leurs sourires, il devinait la malice, la bêtise qui les habitait.
—Satoru ! Redescends tout de suite ! Ton père a besoin de se reposer !entendit-il Sakura au loin. Un des garçons descendit les escaliers en traînant les pieds, obéissant à sa mère.
Sasuke regarda la photo, son cœur battant plus fils ?Il avait besoin de les voir, c'était plus fort que lui. Il ouvrit la porte de la chambre délicatement, entendant les chuchotements s'élever de la cuisine.
—Maman, je peux descendre maintenant ?!s'agaça l'un des garçons.
—Non ! Pas tant qu'il y a du verre par terre. J'avais dit quoi sur la cuisine ?s'énerva Sakura.
—Mais on voulait vous faire une surprise !bouda l'enfant.
Sasuke s'approcha discrètement, observant la scène. Sakura se leva et pinça doucement les joues de son fils.
—Mon chéri, la meilleure surprise que tu pourrais nous faire à moi et ton père, c'est de nous laisser dormir jusqu'à lui sourit, amusée, avant de l'embrasser sur le mon cœur. Je vais préparer avec vous et on fera tous la surprise à Papa, d'accord ?
Tout semblait si réel. Leurs rires, l'odeur du lait renversé qui imprégnait encore le parquet. Il regarda de nouveau son alliance, un frisson le traversa. Peut-être était-ce cela, sa vie. Le reste n'était qu'un long rêve, une illusion éphémère.
—C'est raté pour la surprise, il est déjà là.dit calmement le deuxième enfant, qui venait d'arriver derrière son père.
—Oh, je suis désolée, on a fait trop de bruit, pas vrai ?s'en voulut te sens mieux ?s'inquiéta-t-elle. Avant qu'elle n'ait le temps de s'approcher, Sasuke combla l'espace qui les séparait et l'embrassa avec une passion dévorante.
—Argh, c'est dégoûtant !réagirent les enfants, leurs visages tordus de dégoût.
Sasuke se détacha de sa femme, amusé, la laissant toute rouge. Il se tourna ensuite vers ses fils, un sourire chaleureux sur les lèvres.
—Alors, c'est quoi la surprise ?demanda-t-il, son cœur débordant de tendresse.
—On voulait te faire des pancakes,avoua Natsume.
—Mais il a fait tomber la bouteille de lait par terre, alors bon...ajouta son frère, blasé.
—Je te signale que t'as même pas réussi à ouvrir le frigo !répliqua le premier.
—Ça suffit, ça suffit !intervint leur mère, excédé le monde dans le salon, je m'occupe du petit-déjeuner.
Les jumeaux se tirèrent la langue et allèrent s'asseoir sur le tapis pour jouer avec leurs petites voitures. Sasuke s'apprêtait à les rejoindre, avide de passer le plus de temps possible avec eux, mais Sakura le retint en plaquant ses lèvres contre les siennes. Elle se recula à peine, laissant ses dents effleurer sa lèvre inférieure.
—Garde ça en tête pour ce soir,lui souffla-t-elle avant de l'embrasser une dernière fois et de se diriger vers les fourneaux. Il la regarda, un sourire amusé et satisfait sur le visage.
Oui, c'était cela sa vie, il en était désormais certain.
Quartier Uzumaki
—Comment ça, il a disparu ?!s'écria Naruto, la panique transparaissant dans sa ?!
—C'était un risque. Il le savait,répondit sa cousine avec une froideur maîtrisée. Son regard glissa vers Sakura, recroquevillée dans un coin de la pièce. La jeune femme serrait Rin contre elle, son corps se balançant doucement d'avant en arrière, comme pour se raccrocher à un semblant de stabilité. Cela faisait une heure qu'elle n'avait pas prononcé un mot, prisonnière d'une douleur sourde. Karin détourna les yeux et se tourna vers 'est-ce qu'on fait ?
Minato, resté silencieux jusque-là, s'approcha de Sakura. Il s'accroupit devant elle, posant une main ferme mais rassurante sur son épaule.
—On va te le ramener, Sakura,murmura-t-il d'une voix chaude, empreinte de promesse.
—C'est risqué...intervint Juugo, sa nervosité visible dans son expression tendue.
—J'ai promis à sa mère que je veillerais sur lui,répliqua Minato sans détourner les yeux de ne compte pas rompre ma promesse aujourd' , se redressant, il lança à Naruto :Appelle Hinata.
Naruto cligna des yeux, incrédule.
—Hinata ? Mais elle ne veut rien avoir à faire avec nous !protesta-t-il, visiblement confus.
—Ce n'est pas ce que Sakura m'a dit,répliqua Minato avec fermeté.Appelle-la. C'est un ordre.
Quelques minutes plus tard, la sonnette retentit. Naruto se précipita à la porte, l'ouvrit avec un sourire un peu trop large. Hinata passa devant lui sans un regard.
—Salut à toi aussi, Hinata. Merci d'être venue...grommela-t-il, visiblement piqué.
—Je ne suis pas là pour toi,rétorqua la jeune femme d'un ton crois pas une seconde que je t'ai pardonné de m'avoir menti. Je suis ici pour Sakura.
Naruto, frustré mais résigné, lui fit un signe de la main pour l'inviter à entrer. Hinata s'avança dans le salon, ses pas légers mais déterminés. Son expression changea lorsqu'elle vit Sakura. Elle s'approcha, ses traits s'adoucissant.
—Tout va bien se passer, Sakura,murmura-t-elle en s'agenouillant devant son sais où il est. Il est vivant.
Sakura releva la tête, ses yeux rougis par les larmes. Une lueur vacillante d'espoir y brillait à nouveau.
—Il est vivant ?répéta-t-elle d'une voix tremblante.
Hinata hocha lentement la tête, ses lèvres s'étirant en un sourire rassurant.
—Oui. Et on va te le ramener.
Neo-Tokyo, quartier générale de la Garde
—Papa, es-tu sûr de ton coup, là ?murmura Naruto, la voix empreinte d'un doute palpable. Il fixait son père, les yeux plissés, tandis qu'ils se tenaient tous deux au pied de l'imposant quartier général de la Garde.
Minato, imperturbable, esquissa un sourire presque malicieux.
—S'il était réellement contre nous, crois-tu qu'il m'aurait laissé agir si longtemps ?lança-t-il, un éclat amusé dans le , il sait exactement qui je suis.
Les mots frappèrent Naruto de plein fouet. Ses yeux s'écarquillèrent sous le choc.
—Le… Le général ? sait… pour toi, pour moi, pour… la famille ?
— hocha la tête, son expression devenant plus nous a aidés, à sa façon. Plusieurs fois même. Mais il n'a jamais franchi la ligne, jamais rejoint nos rangs.
Le chef de la Rébellion inspira profondément, passant une main lasse sur sa nuque.
—Cela ne va pas être une conversation facile…murmura-t-il.
Quelques minutes plus tard, Naruto sentit la peur s'insinuer en lui. Jamais il n'avait vu Fugaku Uchiha dans une telle fureur. Le général avait propulsé Minato à l'autre bout de la pièce d'un geste empli de rage. Et son père, contre toute attente, s'était laissé faire sans opposer la moindre résistance.
Voyant Fugaku s'approcher, le visage déformé par une colère sourde, Naruto fit un pas en avant pour intervenir. Mais Minato leva une main pour l'arrêter, son ton ferme :
—Reste à ta place, Naruto.
Fugaku se planta devant Minato, le dominant de toute sa stature. Son poing, chargé d'une énergie rougeoyante, vibrait sous l'intensité de la chaleur qu'il dégageait. L'air autour de lui semblait trembler.
—Tu as le droit d'être en colère, Fugaku,dit calmement Minato, son regard planté dans celui de l' cela peut t'apaiser, défoule-toi sur moi.
Naruto regarda son père, médusé par son calme inébranlable. Fugaku, les lèvres tremblantes, leva son poing et l'abattit avec une force titanesque… mais il visa le mur, juste derrière la tête de Minato. Le choc laissa un trou béant dans la paroi.
—Tu lui avais promis…éclata-t-il, la voix brisée par les avais promis de veiller sur eux !
Minato hocha lentement la tête, sa voix plus douce, presque fraternelle :
—Et je tiendrai ma promesse. Mais j'aurai besoin de toi, mon ami.
Fugaku se redressa brusquement, le regard noir.
—Nous ne sommes pas amis,rétorqua-t-il ami n'enverrait pas ma femme se faire tuer… et encore moins mon fils !
Naruto s'avança, le cœur battant à tout rompre.
—Mon père n'y est pour rien,déclara-t-il avec y est allé de son propre chef.
Fugaku tourna un regard assassin vers le jeune homme.
—Je savais que j'aurais dû t'interdire de fréquenter mon fils,gronda-t-il, glacé.
Naruto, bien que blessé par la remarque, se redressa, son expression plus sérieuse.
—Et vous, vous ne vous êtes jamais demandé si ce n'était pas votre surprotection qui l'avait poussé à agir ainsi ?répliqua-t-il, les yeux brillants de défi.
Fugaku le fixa longuement, puis un sourire tordu étira ses lèvres.
—Tu ressembles plus à ton père que je ne le pensais,murmura-t-il, presque amusé.Tu n'es pas aussi idiot que tu en as l'air, gamin.
Naruto cligna des yeux, pris de court.
—Euh… merci ? Enfin, je crois.
Fugaku se détourna, reprenant son calme.
—Bien, où est-il ?demanda-t-il d'un ton redevenu glacial.
—Au domaine Yamanaka,répondit simplement Minato.
Fugaku inspira profondément, comme pour contenir une nouvelle vague de rage.
—J'imagine que vous avez un plan ?lança-t-il enfin, ses yeux perçant scrutant le Namikaze.
Esprit de Sasuke
Sasuke s'affala lourdement sur le canapé, fermant les yeux sous l'assaut d'une fatigue écrasante.
—Ils sont enfin au lit…souffla-t-il, exhalant un soupir de soulagement.D'où ils sortent toute cette énergie ?
Sakura sortit de la salle de bain, une serviette enroulée autour de ses cheveux, laissant flotter un parfum délicat dans l'air.
—Ils dorment profondément ?demanda-t-elle en s'approchant.
—Comme des bébés,répondit-il d'une voix faible, un sourire fatigué au coin des lèvres.
Elle le rejoignit, s'asseyant sur ses cuisses avec une grâce calculée, ses mains effleurant doucement ses épaules.
—Il te reste un peu d'énergie pour moi ?murmura-t-elle, un éclat séducteur dans la voix.
Sasuke ouvrit les yeux, intrigué.
—Ça dépend… Tu proposes quoi ?répondit-il, joueur, un sourire malicieux se dessinant sur son visage.
Sakura se pencha vers son oreille, ses lèvres frôlant sa peau.
—Je ne sais pas…Elle mordilla doucement le lobe, sa voix se faisant plus basse, plus pourrais commencer par me retirer ce t-shirt.
Elle guida une de ses mains sous le tissu, l'encourageant à explorer.
—Ça me paraît être dans mes cordes,répliqua-t-il, amusé, avant de capturer ses lèvres dans un baiser tendre mais prometteur.
Ses mains remontèrent lentement, caressant son ventre puis ses seins, avant de soulever le t-shirt et de le lui retirer avec une douceur calculée.
-Ensuite, tu pourrais me caresser doucement...Ajouta-t-elle d'une voix langoureuse. Elle emmena sa main vers ses cuisses tout en l'embrassant sensuellement. Elle frissonna sous ses caresses, son souffle devenant plus court à mesure qu'il effleurait sa peau, approchant lentement de son intimité. Quand ses doigts glissèrent sous la fine dentelle de ses sous-vêtements, elle mordit doucement ses lèvres, cherchant à étouffer un gémissement, alors qu'il lui massait sa zone de plaisir. Elle soupira de contentement et plongea sa tête dans son cou.
-Et ensuite...Lui demanda-t-il, séducteur, alors qu'elle gémissait doucement dans son oreille.
-Ensuite, tu pourrais descendre un peu et utiliser tes doigts autrement...Proposa-t-elle, sa voix vibrante d'une anticipation palpable. Sasuke s'exécuta, laissant ses doigts explorer plus profondément, avec une lenteur qui la faisait trembler. Elle enfouit son visage dans son cou, mordant légèrement sa peau pour étouffer ses soupirs, consciente des deux enfants qui dormaient à l'étage.
-Et ensuite?
- Et ensuite...Hmmmm... Et ensuite...
Il sourit amusé, et se dirigea vers son oreille, lui mordillant le lobe.
-On n'arrive plus à penser Mme Uchiha?Se moqua-t-il. Il la sentit rire dans son cou. En réponse, elle fit glisser sa main sur son torse, se dirigeant vers son entrejambe qu'elle commença à caresser. Il réagit immédiatement, gémissant dans le cou de sa partenaire. Elle descendit doucement la fermeture éclair et retira le bouton qui la séparait de l'objet de son désir, alors que son mari continuait ses mouvements rythmés.
-Tu n'as plus le temps très chère, j'ai gagné.S'amusa Sasuke, voyant sa femme submergée par le plaisir. Elle remonta ses mains et attrapa son cou, prenant possession de sa bouche, qu'elle utilisa pour étouffer son cri. Elle se recula à bout de souffle, le front collé contre celui de son mari.
-Tu es tellement belle...Lui souffla ce dernier, hypnotisé.
-Tu n'es pas mal non sourit-elle amusé m'as tellement manqué...
—Manqué ?répéta-t-il, confus.
—Entre les enfants, mes gardes de nuit et tes enquêtes… Ça fait quoi, un mois que tu ne m'as pas touchée ?
—Un mois?s'étonna-t-il, incrédule.
—Un mois,confirma-t-elle en arquant un vas devoir te faire pardonner…
Sasuke sourit, basculant doucement sa femme sur le canapé. Il caressa son visage, ses lèvres effleurant son front, ses joues, son nez, avant de plonger son regard dans le sien.
—Je suis désolé,murmura-t-il, sincère.
Sakura secoua la tête, frottant doucement son nez contre le sien.
—Tu n'as pas à l'être. C'est ma faute aussi. Je vais arrêter les gardes de nuit. Avec les enfants, c'est trop compliqué.
Il rit doucement, son front toujours pressé contre le sien.
—En fait, le problème, c'est eux… Tu crois qu'on peut se faire rembourser si on les rend maintenant ?plaisanta-t-il.
Sakura secoua la tête, plissant les yeux avec amusement.
—Non échangeable, non remboursable. C'était le deal pour en avoir deux pour le prix d'un,répondit-elle en riant.
—Ils me manqueraient, de toute façon. Pas une bonne idée,admit-il, un sourire tendre sur les lèvres.
—Non, pas une bonne idée,conclut-elle, avant de l'attirer à nouveau dans un baiser profond.
Appartement d'Ino et Sasuke
Sur le canapé, Ino triturait nerveusement son téléphone, les mains tremblantes.
—Il ne répond pas… Pourquoi il ne répond pas à son portable ?!s'écria-t-elle, sa voix brisée par l'angoisse.
Karin, adossée contre le mur, roula des yeux avec exaspération.
—Ça commence à être long, blondinette. Combien de fois faut-il te le répéter ? fiancé a été enlevé par ton clan. Ils sont probablement en train de le torturer à l'heure qu'il est. Si tu ne bouges pas, il va y rester.
—Ça n'a aucun sens ce que tu racontes !Ino enfouit son visage dans ses mains, sa respiration saccadé ils l'auraient enlevé ?
Karin serra les poings, son irritation palpable.
—Parce qu'il s'est introduit dans la tour pour pirater les serveurs ! Combien de fois je dois te l'expliquer ?!
L'atmosphère tendue fut brusquement interrompue par un claquement de porte. Sakura fit irruption dans l'appartement comme une tempête. Sa détermination froide et implacable emplit immédiatement l'espace.
—Ça suffit, on n'a pas le temps pour ces conneries,lâcha-t-elle, le regard sombre.
Ino se redressa d'un bond, bouche bée face à l'audace de la nouvelle venue. Karin, quant à elle, se figea, maudissant intérieurement son imprudence. Elle aurait dû l'enfermer, elle le savait.
—Sors immédiatement de chez moi !hurla Ino, ses joues empourprées par la colère.
Mais Sakura ne lui laissa pas le temps de continuer. Elle dégaina une arme, qu'elle pointa directement sur le front de la blonde. Ino resta figée, choquée, incapable de bouger.
—Je n'ai pas la patience de Karin,déclara Sakura d'un ton vas nous faire entrer, distraire ton père pendant qu'on le récupère, et ensuite tu nous feras sortir comme si de rien n'était. Sinon…Elle inclina légèrement la tê transperce ta jolie petite tête. C'est clair ?
Ino déglutit avec difficulté, ses yeux rivés sur le canon de l'arme.
—Mon père ne l'aurait pas enlevé…balbutia-t-elle, le souffle ne me ferait pas ça.
Sakura plissa les yeux, son expression se durcissant davantage.
—C'est marrant, parce que tu ne sembles pas si choquée par cette idée d'enlèvement,remarqua-t-elle, une ironie cinglante dans la voix.
Ino releva la tête, une lueur de défi dans le regard.
—Pourquoi tu crois que je suis partie, hein ?cracha-t-elle, acerbe.
Un silence pesant s'installa, les deux jeunes femmes se défiant du regard comme deux fauves prêts à bondir.
Finalement, Sakura baissa son arme, son expression se radoucissant légèrement.
—Aide-nous, Ino,murmura-t-elle, presque suppliant.
Ino haussa un sourcil, la méfiance visible dans chacun de ses traits.
—Et après?ré venez de vous griller devant moi, avouant clairement que vous appartenez à la Rébellion. Je pourrais vous dénoncer. Tu serais enfermée… voire pire.
Sakura ne cilla pas.
—Ça n'a pas d'importance,déclara-t-elle d'une voix basse mais n'a d'importance s'il n'est pas là.
Ino écarquilla les yeux, la surprise trahissant son masque de froideur.
—Sakura… Tu…
—Ino,coupa Sakura, son ton trahissant son m'oblige pas à ressortir le flingue.
Quartier Uzumaki
—Bon, on récapitule,commença Minato, le ton posé mais prétexte qu'elle doit récupérer des affaires et en profite pour se rendre chez son oncle. Pendant ce temps, je téléporte Fugaku à l'intérieur, et Ino le fait entrer dans la maison. Tu distrais ton oncle, Fugaku récupère Sasuke, et je vous récupère tous au centre du domaine.
—Je viens aussi,intervint Sakura, déterminée.
—Absolument pas,répliqua Fugaku, sans la moindre hé êtes imprévisible et incontrôlable.
—Il a raison, Sakura. Tu n'es pas en état pour ce genre de mission,ajouta Minato, le regard grave.
La jeune commandante fronça les sourcils, les lèvres pincées. Elle détourna les yeux, son silence trahissant une amère reconnaissance de la justesse de leurs paroles.
—Il sera sûrement plongé dans une illusion,prévint Ino, le visage tendu.
—Pas de problème,répondit Fugaku avec sais comment annuler les aptitudes de votre clan.
Ino haussa un sourcil, ses traits se durcissant.
—Les illusions de mon oncle sont… perverses,murmura-t-elle, sa voix plus ne voudra pas revenir. Et si jamais mon oncle se rend compte de votre présence…Elle s'interrompit, secouant la tête comme pour chasser une pensée l'ai déjà vu tuer de cette manière. Quoi qu'il arrive, ne le réveillez pas. Il le saurait immédiatement. Ramenez-le ici, et je m'occuperai de le sortir de son état.
Un silence pesant s'installa. Les paroles d'Ino flottaient encore dans l'air, lourdes de sous-entendus et d'avertissements.
—Très bien,finit par dire Fugaku, d'un ton sobre.
Esprit de Sasuke
Il était tôt, bien trop tôt, mais Sasuke ne s'en plaignait pas. Il n'avait pas dormi aussi profondément depuis des années. Sakura était blottie contre lui, son dos niché contre son torse, et il savourait sa chaleur, son odeur familière. C'était une vie simple, une vie rêvée : pas de mission, pas de guerre, pas de clan. Juste elle, leurs enfants, et la paix.
Il se rapprocha d'elle, déposant de légers baisers dans la courbe douce de son cou.
—Hmmm...murmura-t-elle, encore à moitié endormie.
Un sourire effleura ses lèvres alors qu'il glissait une main sur son ventre, le caressant doucement. Elle se tourna légèrement vers lui, se pressant davantage contre son corps, et un rire discret s'échappa de ses lèvres.
— -t-elle, les yeux mi-clos.
—Bonjour.
Il l'embrassa, tendrement d'abord, puis avec une intensité croissante. Elle glissa une main dans ses cheveux, l'attirant plus près, approfondissant leur échange. Son bassin bougeait doucement contre lui, éveillant en lui des désirs encore vifs malgré la nuit qu'ils venaient de partager.
—Je t'aime...murmura-t-elle contre ses lèvres, alors qu'il s'apprêtait à la prendre à nouveau.
Il se figea.
—Quoi ?demanda-t-il, confus.
—Je t'aime,répéta-t-elle, sans détour.
Il resta interdit, la fixant comme si elle venait de lui révéler un secret qu'il n'était pas prêt à entendre.
—Tu... tu ne me l'as jamais dit,balbutia-t-il, perdu.
Elle fronça les sourcils, surprise.
—Quoi ?Elle se redressa légèrement pour le , on est ensemble depuis dix ans. Évidemment que je te l'ai dit. Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu es étrange depuis hier.
Sa main se posa sur son front, cherchant un signe de fièvre.
—Tu refais des cauchemars ?s'inquiéta-t-elle.
—Des cauchemars ?répéta-t-il, déconcerté.
—Mon chéri...Elle caressa doucement son monde n'existe pas. Ta vie est ici, avec moi et les enfants.
Il sentit son cœur se serrer, un vertige l'envahir.
—Tu veux que j'appelle le psy demain ?proposa-t-elle, son ton tendre mais empreint de préoccupation.
—Non... Non, tout va bien,répondit-il rapidement, tentant de masquer son trouble.C'est juste le surmenage.
Elle hocha la tête, sceptique, mais n'insista pas. Au lieu de cela, elle posa ses lèvres sur les siennes, reprenant leur échange là où ils l'avaient laissé. Leurs baisers devinrent rapidement plus intenses, leurs corps s'entremêlant à nouveau. Sakura passa ses jambes autour de lui, et Sasuke serra sa cuisse pour mieux se positionner au-dessus d'elle.
—Maman !hurla une voix aiguë depuis le couloir.
Sasuke s'arrêta net, laissant échapper un soupir frustré avant de poser son front sur l'oreiller à côté de sa femme.
—Aujourd'hui, c'est mes fils, c'est ça ?grogna-t-il.
—Hmmm... Oui,confirma Sakura, amusée.
—Pourquoi doivent-ils toujours se lever si tôt ?se plaignit-il.
—Ne m'en parle pas...murmura-t-elle en déposant des baisers dans son cou, ses jambes toujours fermement enroulées autour de lui.
—Sakura...gronda-t-il doucement, hésitant entre l'agacement et la tentation.
—Juste cinq minutes... Ils vont allumer la télé...tenta-t-elle de le convaincre.
—Maman ! Natsume est enfermé dehors !cria une autre voix.
Sakura s'effondra sur le lit, dépitée.
—Je te laisse finir seule...plaisanta Sasuke en se levant.
Il enfila un pantalon et descendit.
—Bon, les terreurs, qu'est-ce qu'il se passe encore ?lança-t-il en entrant dans le salon.
—Natsume voulait faire entrer Aoda, mais la porte a claqué, et maintenant il est coincé dans le froid,expliqua Satoru, l'air blasé.
—Aoda ?répéta Sasuke, pris au dépourvu.
—Ben oui, le chien ! Aoda !répondit Satoru, exaspéré.
Un bruit aigu vrilla soudain ses tympans, le faisant s'effondrer au sol, les mains plaquées contre son crâne.
—Papa, ça va ?s'inquiéta le garç ! Papa fait une crise !
Des flashs violents déferlèrent dans l'esprit de Sasuke : un immense serpent se tordant de douleur, incapable de bouger. Aoda...
—Mon chéri !Sakura se précipita vers lui, ses mains se posant sur son visage pour relever sa tête.
—Regarde-moi,ordonna-t-elle, sa voix ferme.
—Ma tête...gémit-il, incapable d'ouvrir les va exploser...
—Regarde-moi !répéta-t-elle, plus durement encore.
Son ton le choqua, et il ouvrit les yeux. Son regard plongea dans l'océan vert émeraude des siens, et un calme immédiat l'envahit.
—Reste avec moi...supplia-t-elle, sa voix adoucie, presque brisée.
—Je suis avec toi,murmura-t-il, la prenant dans ses bras comme pour s'accrocher à elle, à cette réalité suis avec toi...
Quartier Yamanaka
—Ino ? Que fais-tu ici à une heure pareille ?demanda Inokichi, son regard perçant chargé d'une méfiance latente.
—Je passais voir mes parents. J'avais besoin de récupérer une tenue pour un shooting, et comme j'ai vu de la lumière, je me suis dit que je pouvais en profiter pour vous saluer !répondit-elle avec une chaleur feinte, s'approchant pour lui déposer une bise légère sur la joue.
Le vieil homme esquissa un sourire narquois, une lueur amusée dans ses yeux sombres.
—Toi, tu veux quelque chose, n'est-ce pas ?
Ino haussa les épaules, adoptant un air faussement innocent.
—Peut-être bien,répondit-elle, un éclat joueur dans la voix.
Elle entra dans la maison avec assurance, laissant ses prunelles claires effleurer les lieux, scrutant chaque détail comme si elle cherchait quelque chose. Une fois dans le salon, elle s'installa avec nonchalance sur le canapé, croisant les jambes avec élégance.
—Je te sers quelque chose ?proposa son oncle, toujours debout.
—Un thé, si vous avez,répondit-elle, accompagnant ses mots d'un sourire poli mais distant.
Sa montre vibra légèrement à son poignet. Une lumière discrète clignota : le signal. Ils étaient en place. Le moment était venu.
—Mon oncle ?murmura-t-elle en relevant les yeux vers lui.
—Je savais bien que tu préparais quelque chose. Allez, dis-moi tout !s'exclama Inokichi, une lueur de curiosité dans le regard.
Ino baissa la tête, feignant une gêne timide.
—Eh bien... Vous savez que l'anniversaire de mariage de mes parents approche. J'aimerais leur offrir un cadeau spé rougit légèrement, jouant avec une mèche de ses cheveux blonds.J'ai commencé à rassembler des photos, mais je sais que c'est vous qui avez la plus grande collection. Vous pourriez me les prêter, juste le temps que je les copie ?
Le visage de son oncle s'illumina, et un rire bref résonna dans la pièce.
—Quelle excellente idée ! Mon frère sera ravi. Repasse en fin de semaine, je te les donnerai.
Ino rit doucement, d'un ton embarrassé.
—Hahaha… Ce ne serait pas possible de les avoir maintenant ? emploi du temps est infernal, et je dois bientôt partir en déplacement.
Elle perçut un changement imperceptible dans l'expression d'Inokichi. Ses traits se durcirent légèrement, et le silence qui suivit sembla durer une éternité.
—Si ce n'est pas possible, ce n'est pas grave,ajouta-t-elle, comme en retrait.J'irai demander à Shikaku. Il doit bien avoir quelques clichés intéressants.
Cette phrase fit mouche. Les mâchoires d'Inokichi se crispèrent, et il soupira profondément avant de répondre d'un ton sec :
—Pas la peine. Attends ici. Elles doivent être dans le grenier.
Ino expira discrètement, soulagée. Elle connaissait la jalousie qui rongeait son oncle, ce ressentiment ancien envers la complicité qu'entretenaient son père et Shikaku Nara. Elle le regarda gravir les marches, puis se glissa dans la cuisine. Ouvrant la porte arrière avec précaution, elle fit entrer Fugaku.
—Tu veux quoi exactement ? Lycée ? Université ?cria Inokichi depuis le grenier, sa voix résonnant dans la maison vide.
—Tout ce que vous avez, mon oncle !répondit-elle immédiatement, tâchant de conserver un ton naturel.
Les bruits de cartons déplacés et de papiers froissés confirmèrent qu'il était occupé. Fugaku et elle continuèrent leur progression silencieuse jusqu'au bureau. Une fois à l'intérieur, elle se dirigea vers une bibliothèque, tira un livre particulier, et un déclic discret retentit. Une des armoires s'écarta, dévoilant un escalier étroit et sombre.
—C'est en bas, dans la dernière pièce, , ne le réveillez pas. Mon oncle s'en apercevrait immédiatement. Et n'utilisez pas votre aptitude. Il y a des capteurs partout. Je vous attends ici. Faites vite.
Fugaku hocha la tête et s'engagea dans l'escalier, disparaissant dans l'ombre.
Le chef du clan Uchiha s'engouffra dans les profondeurs obscures des catacombes du domaine Yamanaka, ses pas rapides résonnant faiblement contre les parois de pierre. La pénombre des lieux ne fut qu'un obstacle fugace : ses yeux, habitués à l'obscurité, s'adaptèrent rapidement. Une lueur vacillante au bout du couloir attira son attention, tel un phare fragile dans cet abîme silencieux.
—Sasuke…murmura-t-il, sa voix à peine plus qu'un souffle.
La scène qui se dévoila à lui le pétrifia un instant. Son fils était là, attaché à un lit d'apparence rudimentaire. Malgré la situation, Sasuke semblait étrangement paisible, son visage empreint d'une sérénité presque irréelle. Fugaku s'approcha avec précaution, son cœur battant à un rythme qu'il n'aurait jamais admis.
—Mon garçon…murmura-t-il à nouveau, sa voix empreinte d'une douceur qu'il réservait rarement à vais te sortir de là.
D'un geste précis mais mesuré, il entreprit de défaire les liens qui retenaient son fils prisonnier. Lorsqu'il le souleva enfin, le corps frêle de Sasuke dans ses bras, il sentit une tension subtile dans les muscles du jeune homme. Fugaku s'immobilisa, scrutant le visage de son fils. Une crispation fugace déforma les traits de Sasuke, mais elle disparut presque aussitôt.
—Je suis là, fiston. Je te ramène à la maison,murmura-t-il, sa voix grave se voulant apaisante.
Les mots semblèrent porter leurs fruits : le jeune garçon se détendit légèrement, comme s'il avait reconnu cette voix familière à travers un voile d'inconscience. Rassuré, Fugaku reprit sa progression, remontant le couloir sombre avec une détermination renouvelée.
Mais lorsqu'il atteignit le bas de l'escalier, il s'arrêta net. La porte qu'il avait franchie plus tôt était maintenant fermée, une barrière infranchissable qui se dressait entre eux et la liberté.
Il se figea, ses sens en alerte.
—Tu me déçois, Ino…soupira Inokichi, exaspéré, sa silhouette se découpant dans l'embrasure de la porte.
La jeune femme sursauta violemment, pivotant pour faire face à son oncle. Ses yeux s'écarquillèrent sous l'effet de la surprise, mais une lueur de défi se glissa aussitôt dans son regard.
—Père ne vous laissera jamais faire ça !s'écria-t-elle, sa voix tremblant sous l'é vais tout lui dire, et il vous fera exiler !
Sa bravoure vacillante ne trompait personne. Elle n'avait jamais été à l'aise en présence d'Inokichi, une gêne instinctive qui se transformait en une peur sourde dans des moments comme celui-ci.
Un sourire narquois étira les lèvres de l'homme.
—Ton père ?répéta-t-il avec un amusement est au courant que tout cela n'est qu'une mascarade ?
Ino fronça les sourcils, mais avant qu'elle ne puisse répondre, son oncle poursuivit, sa voix traînante emplie d'un mépris glacial :
—Cela m'a surpris, je l'avoue, quand je suis entré dans sa tête. Il n'a d'yeux que pour cette petite commandante de la Garde. Elle le contrôle entièrement, tu sais. Je ne pensais pas qu'il serait si facile de maintenir un Uchiha dans une illusion pareille. Dommage que tout cela doive prendre fin maintenant… Je m'amusais bien.
Il ponctua sa déclaration d'un soupir las, comme si la situation le lassait autant qu'elle le divertissait.
Ino sentit son cœur s'emballer. Ce regard, elle le connaissait trop bien : un mélange de calcul et de danger, annonciateur de quelque chose de terrible.
—Je vous interdis de lui faire du mal !s'écria-t-elle, sa voix brisée par la panique.
Inokichi éclata de rire, un rire qui résonna comme une gifle dans la pièce.
—C'est quoi ton truc avec les Uchiha, exactement ?demanda-t-il, fais une fixette sur eux ? D'abord le cousin, maintenant le fils ?
Il s'approcha lentement, ses pas mesurés amplifiant la tension dans l'air.
—Tu aurais dû choisir des hommes moins fouineurs…ajouta-t-il, son ton faussement compatissant.
Les mots frappèrent Ino comme une vague glaciale. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun son n'en sortit.
—Cela ne sert plus à rien de te le cacher, de toute façon,reprit-il, haussant légèrement les é petit-ami aussi était trop curieux. Il a fallu qu'on s'en occupe.
Ces paroles s'enfoncèrent en elle comme des poignards. Sa respiration se bloqua, son corps se figea, incapable de réagir. Elle sentit son monde vaciller, comme si le sol se dérobait sous ses pieds.
—Tu comprendras un jour que tout ce que je fais, je le fais pour le bien de la famille,conclut-il avec une sérénité effrayante avant de claquer des doigts.
Un cri déchirant retentit soudain de l'autre côté de la cloison. Ino se figea, le sang battant à ses tempes. Elle tourna instinctivement la tête vers la source du bruit, ses yeux agrandis par la terreur.
Esprit de Sasuke
—Non… non, non… Tout mais pas ça…balbutia Sasuke, sa voix brisée par le désespoir. Le jeune Uchiha s'effondra à genoux, les larmes ruisselant sur ses joues, devant le tableau d'horreur qui se déployait sous ses yeux. Sa femme et ses deux fils gisaient, inertes, au milieu d'une mare de sang. Le salon, autrefois témoin de rires et de moments heureux, s'était transformé en un théâtre macabre.
—Sakura… reste avec moi… Mon amour, je t'en supplie, ne m'abandonne pas…
Ses mains tremblantes saisirent le corps sans vie de sa femme, mais elle ne répondit pas. Ses traits figés dans une sérénité tragique confirmaient ce que son cœur refusait d'accepter. Elle était déjà partie. Un hurlement de douleur s'échappa de ses lèvres, emplissant la pièce d'un écho déchirant.
—C'est un cauchemar… Je vais me réveiller… Ce n'est pas réel…
Il répétait ces mots comme une litanie, s'accrochant à l'espoir illusoire que tout cela n'était qu'un mauvais rêve.
—Papa…murmura une petite voix faible.
Sasuke lâcha le corps de Sakura, son regard paniqué cherchant la source de cet appel. Satoru, son fils aîné, respirait encore, étendu à quelques pas.
—Je suis là, mon chéri… Je suis là…pleura-t-il en le prenant dans ses bras, ses doigts glissant sur la peau froide du garçon.
Satoru leva vers lui un regard voilé, un sourire étrange flottant sur ses lèvres.
—Viens avec nous…
—Quoi ?balbutia Sasuke, incrédule.
—Viens avec nous…répéta l'enfant d'une voix et Maman y sont déjà. On pourra être heureux, encore une fois…
Un frisson glacé parcourut Sasuke.
—Qu'est-ce que tu racontes? Qui vous a fait ça?
Le sourire de Satoru s'élargit, prenant une teinte presque sinistre.
—Toi… C'est toi qui nous as fait ça…
Les mots tombèrent comme un couperet.
—Tu as fait une crise… Tu disais qu'on était des démons… Que tu devais nous éliminer…
Sasuke sentit ses bras céder. Satoru glissa de son étreinte et s'écroula à ses pieds. Le souffle coupé, il recula, le cœur battant à tout rompre.
—Non… Non, c'est impossible…
Un cri strident éclata soudain, vrillant ses tympans. Il porta ses mains à ses oreilles, tentant de fuir le bruit insoutenable.
—Aoda… Il m'appelle…murmura-t-il, désorienté.
Une voix lointaine s'éleva, résonnant dans sa tête comme un écho fantomatique.
"Sasuke, mon fils. Je t'en supplie, reste avec moi."
"Père ?"
Mais avant qu'il puisse s'y raccrocher, une autre voix l'interpella.
—Papa…
—Tais-toi !hurla-t-il, les yeux écarquillés par la n'ai pas de fils !
Le silence retomba, lourd et oppressant.
—Tu pourrais…reprit une voix douce.
Sasuke releva la tête. Sakura était là, à genoux devant lui, un sourire apaisant éclairant son visage.
—Reste avec nous…souffla-t-elle, tendant une main vers lui.
—Qu'est-ce qui se passe ?gémit-il, se prenant la tête dans les n'est pas réel… Ce n'est pas réel…
Sakura s'approcha lentement, ses gestes empreints d'une tendresse presque irréelle. Elle posa une main sur sa joue dans une caresse délicate.
—Reste avec moi…
Mais au loin, l'écho de son père persistait.
"Reste avec moi, fiston. Je t'en supplie…"
Un rugissement de rage s'échappa de Sasuke. Il saisit Sakura par le cou et la plaqua violemment au sol.
—Sortez de ma tête!gronda-t-il, ses yeux flamboyant de haine et de peur.
—Tu me fais mal…gémit-elle, son visage se crispant sous la douleur.
—Sortez de ma tête!
Le sourire de Sakura changea, se tordant en un rictus carnassier. Puis, d'un coup, tout sombra dans le néant.
La jeune Yamanaka sentit une rage dévorante l'envahir, un feu incontrôlable qui se déchaîna dans son corps. Une déflagration d'énergie s'échappa d'elle, propulsant son oncle à l'autre bout de la pièce dans un fracas assourdissant.
— C'était vous... Vous m'avez pris l'amour de ma vie...La voix d'Ino, brisée par la colère, vibra dans l'air. Ses yeux, désormais traversés par des éclairs verts, brillaient d'une intensité meurtrière.
— Ino... Qu'est-ce que tu fais ?Inokichi, pétrifié, tenta de recouvrer ses esprits.
— Zephyr !La jeune fille invoqua d'une voix tranchante. Un Child, à l'apparence inquiétante de mante religieuse, apparut à ses côtés, son corps effilé et sa silhouette menaçante se dessinant dans l'ombre. Inokichi, figé par la terreur, ne put que contempler la scène, incapable de bouger.
Le Child s'avança lentement, ses mouvements gracieux mais empreints d'une menace palpable. L'homme, paralysé par la peur, recula instinctivement, son regard fixé sur la créature qui se rapprochait.
— Vous aimez les illusions, mon oncle. Vous ne verrez donc aucun inconvénient à tester l'une des ton d'Ino, glacial et impitoyable, fit frissonner l'air. Le Child plongea ses yeux dans ceux de sa victime, une lueur hypnotique qui figea l'homme sur place. En quelques secondes, son cœur céda sous l'emprise de l'illusion, et il s'effondra, sans un cri, sans un souffle.
Ino s'approcha lentement du cadavre, son regard dur, son pas mesuré.— Comme c'est triste... Mourir d'une crise cardiaque si jeune...souffla-t-elle, un éclat presque mélancolique dans la voix. Elle ferma doucement les yeux de l'homme, restant un instant immobile, absorbée dans la gravité de l'instant. Puis, la tristesse, profonde et sourde, envahit son cœur, la faisant chanceler.
— Saï...sanglota-t-elle, sa voix brisée par la douleur. Elle s'effondra sur le sol, les larmes coulant à flots. Le Child, fidèle et protecteur, se glissa près d'elle, l'enveloppant de ses bras froids, une étreinte silencieuse de réconfort.
— Ouvre-leur la porte, s'il te plaît...demanda-t-elle, sa voix entrecoupée par ses pleurs. Zéphyr obéit, et la porte s'ouvrit lentement, laissant entrer Fugaku et Sasuke, toujours inconscients dans ses bras.
— Ino... Qu'est-ce que tu as fait ?Le général, le visage marqué par l'incompréhension et l'horreur, souffla ces mots, stupéfait par la présence du Child et la scène qui se déroulait sous ses yeux.
— Ce n'était pas quelqu'un de bien... Je... Je n'ai pas pu m'arrêter...Ino avoua, le regard fuyant, comme si la confession même de son acte la dévorait de l'intérieur.
Fugaku observa la scène avec une froideur qui semblait le protéger de la vague de chaos. Il prit une profonde inspiration, son esprit de stratège se remettant en place, cherchant à maintenir l'ordre dans cette folie.
— Nettoie le bureau. Je vais le mettre dans son lit. Avec un peu de chance, ça passera pour une mort ton, implacable et autoritaire, tranchait avec la gravité de la situation.
— Sasuke ?Ino, inquiète, chercha des réponses.
— Il est toujours inconscient, mais il est vivant...La voix de Fugaku, rassurante malgré tout, chercha à apaiser ses craintes.
Quartier Uzumaki
—Il commence à y avoir du monde ici...remarqua Kakashi en entrant dans le bureau de Minato pour son rapport hebdomadaire. Le chef de la Rébellion, visiblement fatigué, laissa échapper un soupir lourd de sens. Depuis l'intervention chez les Yamanaka, la situation s'était compliquée. Il ne pouvait pas se résoudre à laisser Ino repartir, pas après ce qu'elle avait fait et ce qu'elle savait. Quant à Fugaku, il campait fermement sur ses positions, refusant de quitter les lieux tant que son fils ne se réveillait pas. Et comme si cela ne suffisait pas, Itachi, le fils aîné de la fratrie Uchiha, avait rejoint son père, alourdissant encore davantage l'atmosphère dans la maison.
—Il ne s'est toujours pas réveillé ?demanda Kakashi, une inquiétude perceptible dans sa voix. Minato secoua doucement la tête, l'air accablé.
—Ino dit que le choc a été trop brutal. Il est enfermé dans son inconscient, et pour l'instant, elle n'arrive pas à l'atteindre.
—Sakura et Naruto ?s'enquit Kakashi, ses yeux scrutant le visage fatigué de son supérieur.
—Sakura attend devant sa chambre. Fugaku refuse catégoriquement qu'elle entre. Quant à Naruto...Minato marqua une pause, son regard s' l'ai rarement vu dans un tel état de déprime. Mais Hinata est avec lui, elle essaie de le soutenir.
Kakashi se passa une main dans les cheveux, une habitude qui trahissait son malaise.
—J'espère vraiment que ça va marcher cette fois...murmura-t-il, le ton n'aura pas une autre chance.
—Je sais,répondit Minato, ses mots empreints d'une gravité égale.
Esprit de Sasuke
—Il faut que tu sortes, Sasuke...murmura Ino, la voix emplie de douceur et de détermination, alors qu'elle plongeait une fois de plus dans l'esprit tourmenté de son fiancé. Cela faisait deux jours qu'elle tentait de l'approcher, mais il s'était enfermé dans une boîte au plus profond de son inconscient, un sanctuaire imprenable qu'il refusait d'ouvrir.
—Laisse-moi,répondit une voix fluette, celle d'un enfant, résonnant dans l'obscurité.
—Tu ne veux même pas savoir si ton père va bien ? Il pourrait être blessé... ou pire ?insista-t-elle, son ton se faisant plus grave.
—LAISSE-MOI !hurla-t-il soudain, une voix rauque remplaçant celle de l'enfant. Une onde de choc violette s'échappa de la boîte, la repoussant violemment hors de son esprit. La décharge la fit tomber brutalement de sa chaise.
Chambre d'ami
—Alors ?demanda Fugaku, inquiet, s'approchant d'elle.
Ino, encore sonnée, releva difficilement la tête.
—Il ne m'écoute pas... Je ne sais pas ce que mon oncle lui a montré, mais ça l'a brisé,expliqua-t-elle, la voix tremblante. Puis, se tournant vers le général, elle ajouta avec insistance :Fugaku, vous devez me laisser essayer... Je vous en supplie.
—Non !tonna le patriarche, son regard dur rivé sur ne veux pas qu'elle s'approche de lui. C'est de sa faute s'il est dans cet é main serrait celle de son fils inconscient, comme s'il pouvait l'ancrer à la réalité par ce simple contact.
—Père...intervint Itachi d'un ton calme mais ne pouvez pas contrôler sa vie éternellement. Que vous le vouliez ou non, il l'aime encore. Laissez-lui une chance.
Fugaku serra les mâchoires, son regard oscillant entre colère et résignation. Après un long silence, il finit par céder.
—Très bien. Juste une fois,concéda-t-il d'un ton glacial.
—Merci...souffla Ino, soulagée.
Elle quitta la chambre pour retrouver Sakura, endormie sur une chaise dans le couloir. Posant une main douce sur son épaule, elle la secoua légèrement.
—Sakura, je voudrais essayer quelque chose,dit-elle doucement.
La jeune femme se réveilla en sursaut, puis, comprenant la situation, hocha la tête. Ino lui tendit la main et l'entraîna dans la chambre. À la vue de Sasuke, étendu, pâle et immobile, Sakura éclata en sanglots. Elle s'inclina profondément devant Fugaku et Itachi.
—Je m'en veux tellement... Je n'aurais jamais dû le laisser y aller...sanglota-t-elle.
Itachi s'approcha d'elle, posant une main réconfortante sur son épaule.
—Tu n'y es pour rien,murmura-t-il avec petit frère est une tête de mule. Il n'écoute que lui.
Il lui donna une légère pichenette sur le front, un sourire sincère illuminant son visage.
—On compte sur toi,ajouta-t-il.
Ino, déjà assise auprès de Sasuke, invita Sakura à la rejoindre. Sous le regard attentif de Fugaku, elle prit la main de Sakura et posa l'autre sur le front du jeune homme.
Esprit de Sasuke
Sakura ouvrit les yeux pour se retrouver dans un vide insondable, un néant oppressant où tout n'était que noirceur. Elle tourna sur elle-même, cherchant un repère, jusqu'à ce qu'Ino se matérialise à ses côtés.
-Il est là indiqua Ino, montrant une boîte qui apparut soudain devant les yeux de la jeune ?Interpella de nouveau la blonde.
- Va t'en!répondit la voix d'un enfant, tranchante, teintée de observa la scène, déconcerté s'est réfugié dans l'endroit qui est le plus apaisant pour lui. J'imagine que ça le ramène à son enfance...Expliqua , j'ai amené quelqu' invita Sakura à parler.
-Euh...Sasuke, c'est moi -elle timidement, hésitant sur les mots. Un silence pesant s' voudrais discuter avec toi, si tu le veux bien.
-Seulement si tu es honnête.Répondit le garçon, faisant écarquiller les yeux de la jeune de mensonge.
- Ino... Il se rappellera de ce que je lui dis là-dedans?Demanda la rose, inquiète.
-Je n'en sais rien Sakura, c'est nouveau pour moi répondit doucement Ino.
Prenant une profonde inspiration, Sakura acquiesça.
—Très bien. Pas de mensonges.
À ces mots, une petite porte s'ouvrit dans la boîte. Sakura se pencha pour entrer et fut éblouie par une lumière vive. Lorsqu'elle recouvra la vue, elle reconnut immédiatement l'endroit : l'étang derrière la maison de Sasuke.
Le garçon était accroupi au bord de l'eau, lançant des cailloux qui ricochaient sur la surface paisible. Sakura s'approcha lentement et s'accroupit à ses côtés.
—J'aime beaucoup cet endroit,dit-elle comprends pourquoi tu préfères rester ici.
—C'est ici que j'ai vu ma mère pour la dernière fois,répondit l'enfant, sa voix empreinte de tristesse.
—J'aurais aimé la connaître,avoua Sakura, sincè devait être une femme extraordinaire.
—Elle l'était. Elle t'aurait beaucoup aimée,murmura-t-il, fixant toujours l'eau.
Elle me chantait une berceuse pour m'endormir tous les soirs et pour les jours où elle était en mission, elle l'avait enregistré pour que je m'endorme toujours avec sa voix.
Sasuke s'interrompit, son regard perdu dans le bleu profond de l'étang. Il laissa un silence planer, comme si le souvenir lui-même exigeait respect et recueillement.
—C'était une histoire d'amour, murmura-t-il berceuse. Une légende transmise de génération en génération au sein du clan.
— Tu veux bien me la raconter?Proposa Sakura.
—C'est l'histoire de la première Uchiha, Satsuki. Elle était éperdument amoureuse d'un homme qui, conscient de ses propres limites, préféra qu'elle épouse un autre. Il pensait ne pas pouvoir lui offrir la vie qu'elle méritait. Elle suivit son conseil, se maria avec l'homme choisi par sa famille... mais elle n'arrivait pas à l'oublier. Leur amour était trop fort, trop enraciné. Alors, ils devinrent amants.
Sasuke marqua une pause, comme pour mesurer le poids des mots qu'il allait prononcer.
—Quand son mari l'apprit, il s'en prit à cet homme. Satsuki, incapable de supporter l'idée de le perdre, s'embrasa dans une colère dévastatrice. Elle tua son époux... mais se consuma dans les flammes de sa propre douleur. Avant de mourir, elle fit une promesse à son amant : celle de le retrouver dans sa prochaine vie, pour qu'ils soient enfin réunis.
Sakura, émue par le récit, fronça légèrement les sourcils.
—C'est un peu triste, pour une berceuse, non ?
—Je ne trouve pas, répondit-il avec calme alors qu'il continuait ses l'aimait tellement qu'elle a préféré tout sacrifier pour lui. Leur amour était si puissant qu'il a traversé les âges.
Soudain, sous les yeux de Sakura, l'enfant se transforma. Sa silhouette s'allongea, ses traits se firent plus marqués. Il était devenu adolescent, mais son regard, lui, restait empreint d'une gravité troublante.
—Le jour où tu es entrée dans ce bureau, mon cœur s'est arrêté, confessa-t-il, presque à voix basse. Juste une fraction de seconde, mais il s'est arrêté.
Sakura le fixait, abasourdie, incapable de détourner les yeux de lui.
—Quand on s'est embrassés ce soir-là, j'ai su que c'était toi, poursuivit-il, le ton plus ne sais pas pourquoi, mais j'avais cette sensation étrange, comme si je t'avais enfin retrouvée après une éternité à te chercher.
—Qu'est-ce que tu racontes ?balbutia Sakura, prise de court.
—Tu es mon âme sœur, Sakura, souffla-t-il finalement, laissant tomber un caillou dans l'eau.
L'écho de son geste sembla résonner dans l'air comme une vérité irréfutable.
—N'importe qui de normalement constitué serait passé à autre chose après ce que tu m'as fait,ajouta-t-il avec un sourire moi... Ma vie idéale, c'est de me réveiller chaque matin à tes côtés.
Il ramassa un autre caillou et le lança avec force, un geste empreint de frustration.
— Je n'arrive pas à t'oublier. Et je sais que toi non plus.
Il tourna enfin son visage vers elle, ses yeux sombres reflétant un mélange de douleur et de détermination.
— Pourquoi es-tu partie ?demanda-t-il, et sa voix, bien qu'empreinte de maturité, reprit soudain les accents d'un enfant blessé.
Et, sous les yeux de Sakura, il retrouva sa forme d'enfant, recroquevillé au bord de l'étang, une silhouette fragile perdue dans le tumulte de ses souvenirs.
-Pour te protéger.Répondit-elle, perturbée.
Il lança de nouveau un caillou, énervé.
-J'ai dit pas de mensonge!S'énerva-t-il.
-D'accord, d' suis partie parce que...je n'aurais pas pu aller au bout si tu étais resté à mes côté -t-elle, le coeur lourd. Il tourna ses yeux vers elle, me suis dit que si tu me détestais, si tu te trouvais quelqu'un pour faire ta vie, je n'aurais plus de raison de rester ici. Que ce serait moins dur...
-Je ne comprend pas.Répondit l'enfant, les yeux plissés.
— À mon tour de te raconter une histoire, dit Sakura avec un sourire chaleureux.
Elle s'assit près de lui, ses mains croisées sur ses genoux, et ajouta avec un éclat de rire :
— C'est l'histoire de mon arrière-arrière-arrière-arrière... enfin, disons beaucoup d'arrière-grand-père. Abe no Seimei.
Elle rit doucement devant l'absurdité de sa propre phrase, avant de reprendre avec une douceur empreinte de gravité :
—Abe no Seimei était un homme d'une grande sagesse, mais aussi d'une curiosité insatiable. C'est lui qui, par accident, ouvrit un portail entre notre monde et un autre, suite à une expérience qui avait mal tourné. Ce qu'il découvrit de l'autre côté le laissa sans voix : un monde d'une beauté à couper le souffle, où des créatures merveilleuses vivaient en parfaite harmonie. Ce monde était protégé par une entité divine, un arbre immense qu'on appelait l'Arbre Père. Cet arbre était la source de toute vie et pourvoyait à tous les besoins de ses habitants.
Sakura marqua une pause, son regard perdu dans le vague, comme si elle pouvait voir ce monde à travers ses propres souvenirs.
— Fasciné, Abe décida de rester un temps dans ce monde. Il apprit leurs coutumes, partagea leur nourriture, et s'efforça de vivre comme eux. Mais sa présence éveilla la curiosité d'une créature particulière : un dragon.
Elle sourit, ses yeux pétillant d'une étrange intensité.
—Le dragon vint à sa rencontre, et dès qu'ils se virent, un lien inexplicable se forma entre eux. C'était comme s'ils étaient deux moitiés d'un même tout. Le dragon, intrigué par cet homme, décida de lui faire découvrir son univers. Et un jour, il l'amena devant l'Arbre Père.
Sa voix se fit plus douce, presque murmurante.
—Abe fut submergé par l'émotion. L'Arbre Père était un cerisier immense, d'une beauté à couper le souffle. Chaque feuille semblait scintiller comme une étoile, et de lui émanait une énergie à la fois apaisante et infiniment puissante. Le dragon lui expliqua que les fruits de cet arbre avaient le pouvoir de guérir n'importe quelle maladie.
Elle fit une pause, son sourire s'effaçant lentement.
—À ces mots, Abe éclata en sanglots. L'amour de sa vie, restée sur Terre, était gravement malade, et aucun remède ne pouvait la sauver. Touché par son désespoir, le dragon lui proposa une solution : ramener son amour dans ce monde.
Sakura inspira profondément, comme si elle-même ressentait le poids de ce récit.
—Abe accepta, et il ramena son amante. Pendant dix jours et dix nuits, il pria devant l'Arbre Père, implorant son aide. Mais l'Arbre demeurait impassible, sourd à ses supplications. La jeune femme, émue par son dévouement, finit par lui demander d'arrêter. Elle lui confia qu'elle était heureuse de pouvoir mourir dans ses bras, et qu'elle ne souhaitait rien de plus.
Sakura baissa les yeux, comme pour mesurer l'impact de ce qu'elle allait dire.
—Mais le dragon, lui, ressentit une émotion qu'il n'avait jamais connue auparavant : la colère. Il ne comprenait pas pourquoi l'Arbre refusait de réunir deux âmes si manifestement liées. Alors, dans un acte d'impulsivité désespérée, il commit l'irréparable. Il vola un fruit. Il le donna à la jeune femme, la guérissant sur-le-champ. Il pensait que ce simple geste n'aurait aucune conséquence.
Sakura marqua une pause, laissant son regard se perdre dans les reflets argentés de l'étang. Le silence qui suivit semblait peser autant que ses paroles. Puis, d'une voix douce, presque murmure, elle reprit :
—L'Arbre Père ne pouvait accepter une telle trahison. Si le dragon avait choisi les hommes, alors il devrait vivre comme eux, soumis aux mêmes lois, aux mêmes souffrances. Dans sa colère, l'Arbre maudit son propre monde. Sa peine et sa rage se propagèrent comme une onde, corrompant tout sur leur passage. Les esprits, autrefois bienveillants, se transformèrent en monstres. Les créatures féériques devinrent des démons. Ce fut le début d'une guerre sans fin.
Sasuke, toujours accroupi près d'elle, fronça les sourcils.
— Je ne vois toujours pas le rapport avec nous,répondit-il d'un ton sec, bien que son regard trahisse une certaine curiosité.
Un sourire amusé effleura les lèvres de Sakura.
— Avec moi, tu veux dire ?lança-t-elle malicieusement tapotant le nez de l'enfant du bout du doigt, avant de poursuivre sans attendre de ré bien, le dragon, Seiryu, c'était le premier Child. Un Child Seimei.
Sasuke détourna les yeux, vexé.
— Ça, j'avais compris,grogna-t-il, piqué dans son orgueil.
Sakura ne put retenir un léger rire, mais elle reprit rapidement, son ton redevenu sérieux :
— Lorsque Seimei a ouvert le portail, il a rompu un équilibre fragile entre nos deux mondes. Mais s'il s'était arrêté là, cela aurait pu être réparé. Il aurait suffi de refermer le portail.
Elle serra ses genoux contre elle, son regard se durcissant légèrement.
— Mais il est allé plus loin. En établissant un lien avec Seiryu, il a provoqué la colère du Dieu de cet autre monde. Puis Seiryu a commencé à voyager entre les deux dimensions. D'autres humains ont suivi, établissant à leur tour des liens avec d'autres Child. Leurs descendants ont hérité de ces dons. Chaque fois qu'un de nous utilise son aptitude ou invoque son Child, le voile qui sépare nos deux mondes s'effrite un peu plus.
Elle marqua une pause, ses doigts jouant distraitement avec un brin d'herbe.
— Un jour, ce voile disparaîtra complètement, et ce sera la fin.
Ces mots tombèrent comme une sentence.
— La fin ?répéta Sasuke, son ton hésitant entre scepticisme et inquiétude.
Sakura hocha la tête, ses yeux voilés de tristesse.
— C'est la punition de l'Arbre Père pour la trahison de son fils.
Elle tourna enfin son visage vers lui, un sourire mélancolique illuminant ses traits.
— La seule façon d'empêcher cela, c'est que le Child demande pardon et choisisse son père. En rompant volontairement le lien, les brèches entre nos mondes se refermeront.
Sasuke la fixa, ses yeux sombres sondant les siens. Mais Sakura, imperturbable, poursuivit :
— C'est un Seimei qui a déclenché la colère de l'Arbre. C'est un Seimei qui doit l'apaiser.
Elle inspira profondément, ses mots pesant comme un aveu.
— Kagutsuchi doit se sacrifier pour mettre un terme à tout ça.
Il la regarda, comprenant lentement ce que cela impliquait.
Sakura inspira profondément, et se leva se rapprochant de Sasuke enfant. Elle posa une main délicate sur sa joue, sa paume tiède contrastant avec la froideur de son regard empli de tristesse infinie.
— Je suis partie parce que je vais mourir, Sasuke, murmura-t-elle, sa voix tremblante mais résolue.
Elle laissa le silence s'installer, le poids de ses mots résonnant dans l'espace entre eux, avant de reprendre, plus doucement, presque comme une confession :
— Si j'étais restée, j'aurais fait semblant. J'aurais ignoré ce qu'on m'a dit, feint de croire que le destin du monde ne reposait pas sur mes épaules.
Un sourire doux, fragile, effleura ses lèvres, mais il était chargé d'une mélancolie qui semblait capable de briser le cœur le plus dur.
— Si j'étais restée, j'aurais choisi de passer ma vie à tes côtés.
Ses yeux cherchèrent ceux de Sasuke, et son sourire s'élargit, fragile, tandis qu'elle poursuivait :
— Merci de m'aimer encore, malgré tout ce que je t'ai fait endurer.
Elle se pencha doucement et déposa un baiser léger sur son front, un geste empreint d'une infinie tendresse. Sasuke, sous son regard, commença à changer. Lentement, il reprit sa forme adulte, ses traits marqués par la stupeur et l'émotion.
Maintenant plus grand qu'elle, il la regardait, ses lèvres s'entrouvrant pour parler, mais aucun mot ne vint. Alors, Sakura posa ses mains sur son visage et, avec une douceur poignante, elle déposa ses lèvres sur les siennes. Le baiser était tendre, empreint de tout ce qu'ils avaient perdu et de ce qu'ils ne pourraient jamais avoir.
Lorsqu'elle se recula, ses yeux brillaient de larmes qu'elle refusait de laisser couler.
—J'espère que tu arriveras à me pardonner, mon amour...murmura-t-elle, sa voix brisée par l'é nous avoir brisé le cœur à tous les deux.
Retour dans la chambre
Sakura émergea lentement de la torpeur, le souffle court, ramenée à la réalité par Ino. La connexion avait été rompue, mais les émotions qu'elle avait traversées restaient gravées en elle comme une brûlure. Tremblante, elle se leva de la chaise, ses jambes flageolantes sous le poids de ce qu'elle venait de vivre. Elle quitta la chambre d'un pas mécanique, avant de s'effondrer contre le mur adjacent. Les larmes qu'elle retenait jaillirent, silencieuses d'abord, puis incontrôlables, son corps secoué par des sanglots étouffés.
— Sasuke. Fils, est-ce que tu m'entends ?
La voix de Fugaku résonna dans la pièce, vibrante d'une inquiétude qu'il ne parvenait plus à contenir. Penché au-dessus du corps immobile de son fils, il guettait un signe, un souffle, un murmure.
— Père... vous êtes lourd, souffla une voix faible, presque inaudible.
Le général resta figé un instant, abasourdi, avant qu'un immense soulagement ne le submerge. Il se pencha davantage et déposa un baiser tremblant sur le front de Sasuke, des larmes roulant librement sur ses joues. Il se laissa retomber sur sa chaise, incapable de contenir son émotion, ses épaules secouées par des sanglots discrets.
Sasuke ouvrit lentement les yeux, ses paupières lourdes comme si le simple fait de voir lui demandait un effort surhumain. Son regard balaya la pièce, cherchant à comprendre où il se trouvait. Il aperçut Itachi, debout à quelques pas. Les mains de son frère dissimulaient son visage, mais l'éclat humide de ses joues trahissait des larmes silencieuses. À ses côtés, Ino observait Sasuke avec une attention mêlée de soulagement et d'inquiétude.
— Qu'est-ce qui s'est passé ?murmura Sasuke, sa voix rauque, son regard voilé de confusion.
Ino hésita, ses lèvres s'entrouvrant, mais aucun mot ne vint immédiatement.
— Tu ne te rappelles pas ?finit-elle par demander, sa voix empreinte d'une tristesse qu'elle ne parvenait pas à masquer.
Il secoua faiblement la tête, trop épuisé pour insister.
— Repose-toi, petit frère, intervint Itachi, sa voix douce et apaisante, un refuge dans ce te racontera tout plus tard.
Sasuke ferma de nouveau les yeux, ses traits se détendant peu à peu alors qu'il sombrait dans un sommeil réparateur.
Ino quitta la pièce, le cœur lourd. Dans le couloir, elle trouva Sakura effondrée contre le mur, son corps tremblant sous le poids de ses sanglots.
— Sakura...
Sans attendre, elle s'agenouilla pour prendre son amie dans ses bras, la serrant contre elle avec une force presque désespérée.
— Tu as tout entendu ?demanda Sakura entre deux sanglots, sa voix brisée par l'émotion.
Ino hocha la tête, ses propres larmes menaçant de déborder.
— Je suis tellement désolée...murmura-t-elle, sa voix se brisant à son tour.
