Titre : La Malédiction des Bennet de Longbourn
Auteur : Selsynn
Trigger Warning : Morts de personnages (peu décrite mais il y a des deuils)
Couple : Darcy/Lizzy.
Genre : Surnaturelle, Romance, Drama.
Disclaimer : Ceci est une fanfiction Orgueil et Préjugés. Le twist fantastique m'appartient.
Note : Oui, je sais Jane est morte et ça se fait pas. Mais tout sera expliqué, je vous le promet.
6 mois avant de mourir
Alors que je fais ma valise, je sais que c'est le jour le plus important. Je quitte Longbourn, peut-être pour toujours. Je vais chez ma tante, pour passer la Saison en ville. Si j'espère pouvoir revoir Liam, je sais maintenant que je ne dois plus rien attendre de lui. Mais le revoir me permettra peut-être de me rendre compte que je me trompe sur son compte, et que j'aime uniquement un fantôme, et que je pourrais aimer un autre homme, un qui pourrait m'aimer malgré mes grandes fautes.
Je suis ravie quand je vois ma tante qui m'aide à finir de trier mes affaires, et qui me prend des mains le paquet de lettres de Jane, dont je ne peux pas me séparer.
«Cela fait huit mois, Lizzy.
—Je sais. J'aurais cru que ça changerait, mais non, c'est comme si je m'attendais toujours à ce qu'une lettre arrive et qu'elle m'explique où elle est. Je… Je ne peux simplement pas croire qu'elle ait disparu totalement. Elle était la meilleure d'entre nous, Tante. La meilleure.»
Je pleure et je bafouille dans mes paroles, mais la douleur est toujours là, comme si elle ne s'arrêterait jamais. A chaque fois que je me rappelle que Jane ne m'écrira plus jamais. Ma tante dépose le paquet de lettre relié par un ruban noir dans ma valise et me prend les mains.
«Un jour, la peine va partir. Cela ne sert à rien de vouloir la faire partir avant d'avoir eu le temps de s'y faire totalement. Un jour, tu auras plus de choses qui t'apporteront du bonheur, que du malheur, Lizzy. Il faut y croire et vivre. Je crois que c'est une très bonne chose que tu viennes un peu vivre avec nous.»
Je ne réponds rien, et laisse juste couler mes larmes davantage.
Quand, plusieurs heures plus tard, je me retrouve dans une nouvelle chambre, avec la valise ouverte à mes pieds, je suis mitigée de retrouver les lettres de ma chère sœur. Mais à nouveau ma tante arrive, et d'un seul coup d'œil, elle comprend mon état. Elle prend le paquet de lettres, et le pose sur le meuble d'en face, et m'encourage à continuer mais je me sens épuisé et je n e peux plus le faire.
«Lizzy, ne sois pas trop dur sur toi-même. Accepte de te laisser un peu de temps pur t'habituer au changement. Tu es jeune, tu as le temps de rebondir. Ton père ne chante que tes louanges pour la manière dont tu t'es occupé de Longbourn. Tu mérites de prendre un peu de temps pour toi.
— Vous avez raison, ma Tante. Que ferais-je sans vous ?»
Je me tais un moment, avant de reprendre doucement.
«Mais comment puis-je me changer les idées ? Comment puis-je prendre du temps pour moi ? La seule chose que je souhaite faire, la Société me l'a interdit.»
Je vois les yeux de ma tante qui brille dangereusement. C'est un terrain qui me fera trop mal.
«Dites-moi, ma tante, que me proposez-vous ?
— Voudras-tu aller à des soirées ? Au théâtre ? A des bals ? Peut-être veux-tu contacter des gens que tu pourrais connaître et qui seraient en ville ?»
Je lutte contre le rougissement.
«Je ne pourrais pas aller le voir.
— Tu voudrais rendre visite à quelqu'un de particulier ? Dois-je m'attendre à ce qu'un jeune homme nous rende visite ?
— Non. Liam... Non, Liam ne devrait plus avoir rien à faire avec moi-même. Malheureusement pour moi. J'ai mis trop de temps à comprendre quel homme merveilleux il était.
— Tu es sure, Lizzy, que je ne dois pas m'inquiéter de ce Liam ? Et t'aurait-il autorisé à l'appeler comme ça ?»
Je me mords la langue pour ne rien répliquer. Il m'a appelé Elizabeth à plusieurs reprises lors de sa déclaration, la dernière fois que l'on s'est vu.
«Je vois à ton attitude qu'à priori, tu as eu ce droit là. Ou qu'il a pris l'équivalent, ce Liam.
— J'étais idiote, et trop jeune pour comprendre l'importance de ce qu'il se passait.
— Il s'est passé quelque chose ?
— Oh, ma tante ! Cela fait huit mois. Huit mois que je ne l'ai pas vu, huit mois qu'il m'a fait une proposition que j'ai refusé avec tout mon orgueil et ma vanité et mon idiotie et ma férocité.»
Ma tante ne répond rien, et me serre doucement contre elle. Cela brise mes derniers remparts, et je parle, des insultes perçues dans la déclaration de Liam, de la mort annoncé de Jane, de son interférence avec Bingley, de mes doutes, de ma douleur. Je lui parle de tout, et je ne sais pas si elle me comprend, je ne veux pas m'expliciter. Je ne dis pas de nom, mais je sais qu'elle comprend que Liam n'était pas n'importe qui.
Deux heures plus tard, elle quitte ma chambre, pour s'occuper de ses enfants qui se sont mis à courir partout. Les larmes coulent le long de mes joues, mais je me sens enfin moins seuls, le poids sur mes épaules est plus léger.
