CHAPITRE 12 : ET MAT

Flash-Back…

C'était le noir complet. Il eut l'impression d'être suspendu dans les airs par un fil invisible. Une étrange sensation d'être en apesanteur. Il prit le courage d'ouvrir les yeux et fit face au vide absolu sans pour autant le rejoindre. Que lui arrivait-il ? Était-il devenu un ange ? Impossible...

— Tenez bon Lightman ! s'exclama une voix masculine derrière lui.

Dans les cinq secondes qui suivirent, Cal se sentit projeté en arrière. Il rentra violemment en contact avec le sol du toit et cria de douleur. Le souffle court, il tourna son regard sur le côté et vit Reynolds allongé et essoufflé à ses côtés.

— Dites-vous qu'au moins vous pouvez ressentir quelque chose….

— Ouais, mais ça fait quand même mal, grimaça Cal en frottant son bras douloureux.

— Cal !

Gillian se précipita sur son ami et vint s'accroupir auprès de lui pour vérifier son état.

— Ça va ? Tu n'as rien ?

— Ouais ça va, mais j'dois surement avoir une côte cassée à cause de cette brute, beugla-t-il, en jetant un regard accusateur en direction de l'agent du FBI.

— Heureux de vous avoir sauvez la vie, ironisa Ben en se relevant avec difficulté.

— J'ai cru que… balbutia Gillian, encore sous les choc.

La psychologue prit rapidement son ami dans ses bras pour se rassurer et le sentir en vie contre elle. Au contact amical, Cal crispa sa mâchoire de douleur alors que ses côtes venaient d'être mises à rude épreuve. Gillian s'en rendit compte et s'écarta légèrement de lui. Elle posa une main tendre contre sa joue et lui demanda avec un air désolé :

— Excuse-moi ! Je t'ai fait mal ?

— Ça va, t'inquiète, j'ai eu pire… souffla-t-il, en se remettant sur pieds avec l'aide de son associée.

— Mettez-moi cette ordure dans une cage, ordonna Reynolds à deux agents qui venaient de menotter Adams.

— Lightman !

Adams venait de l'interpeller. Cal tourna son attention sur lui, mais évita de s'en approcher. Il valait mieux qu'il tienne ses distances s'il ne voulait pas se retrouver une nouvelle fois en prison.

— Vous pouvez toujours prétendre à être ce que vous n'êtes pas, s'exclama-t-il. Mais un jour la vérité éclatera et là vous verrez votre vraie nature.

— Pensez ce que voulez Adams. Certes j'ai un passé mais qui n'en a pas ? Contrairement à vous, j'ai des personnes en qui je tiens et qui me le rendent bien. Vous, vous n'êtes qu'une poussière parmi d'autre qu'on oubliera très vite au fil des semaines.

— Notre œuvre restera à jamais dans les mémoires.

— Aucunement, vous serez oubliez comme tous les autres. Et au quel cas, c'est de Marshall qu'on parlera. Vous vous n'étiez que le sous-fifre de cette bande de dégénérée, répliqua-t-il rageusement, en le pointant du doigt.

Adams cria sa victoire illusoire, puis Cal sentit une paire d'yeux inquiets le dévisager. Il tourna sa tête et rencontra le visage attristé de sa meilleure amie. Il savait ce qu'elle désirait, mais il ne pouvait pas le lui donner… Dans ce genre de situation, il préférait le retrait à la discussion. Il baissa sa tête une fraction seconde avant de la relever pour déclarer mal à l'aise:

— Faut' que je rentre chez moi… On se voit demain.

Gillian était déboussolée, mais elle ne put qu'acquiescer. Ils venaient de vivre l'un des instant les plus intense de leur amitié. Ils avaient tous les deux eut la sensation d'avoir franchir une certaine limite, et celle de ce précipice évité démontrait ce que l'un était prêt à faire pour l'autre. Être prêt à donner sa vie pour que l'autre survivre. Il offrit un baiser sur la tempe de son amie et partit sans un mot de plus. Une forte émotion avait envahi Gillian qui s'efforça de retrouver sa maîtrise. Elle ravala ses larmes puis emprunta le même chemin que son partenaire.

-o-O-o-

— Je vois… soupira Dall, en ôtant ses lunettes. Je vous ai entendu vous et toute votre équipe sur cette affaire, Dr Lightman. Lors de votre couverture, il nous fallait déceler le vrai du faux afin de voir si vous aviez respecté les limites. D'après votre récit, j'ai pu constater avec effroi que vous en aviez dépassé quelques dizaines…

Dall fit une pause dans son discours et arbora un fin sourire.

— Toutefois, je dois bien avouer que vous avez réussi à clore cette affaire avec brio. Et cela, malgré votre refus d'aide du FBI, exceptée celle de l'agent Ben Reynolds. Qui par ailleurs nous a certifié que sans vous, il y aurait eu plus de victimes. L'agent Reynolds a tout de même commis des erreurs, mais pour cette fois, nous ne lui en tiendrons pas rigueur au vu de la réussite engendrée. Je dois reconnaître que lorsqu'il m'avait parlé de vous, je ne pensais pas que vos aptitudes en détection de mensonges, manipulations et autres étaient si exceptionnels… Si le gouvernement, ou plus précisément le président, voulait connaître toutes les dimensions de vos actions sur ce dossier sensible, c'est parce qu'il concernait beaucoup de monde et même des personnages hauts placées. J'établirai un compte rendu positif sur cette affaire ainsi que sur l'efficacité de votre agence. Au nom du président, nous pouvons vous remercier, vous et votre équipe de l'aide que vous nous avez apportée ainsi que des risques que vous avez encourus pour dissoudre le clan Marshall. Bien entendu, d'autres groupes de ce genre subsistes et d'autres encore se créeront… Le combat ne sera jamais terminé, mais vous pouvez être fière de vous.

— Oh merci ! J'ai presque failli lâcher une larme, s'exclama Cal désabusé. En tout cas, c'est quand vous voulez pour une autre petite conversation Dally. La prochaine fois, j'apporterai le thé. Je peux y aller ? s'impatienta-t-il, prêt à se lever de sa chaise.

— Euh oui… Queen va vous raccompagner, indiqua Dall en désignant un agent posté à côté de la porte de la salle d'interrogatoire.

— Queen ? Ouch ça dû être dur à l'école, grimaça Cal, pour l'agent hermétique à sa vanne déplorable.

Sur le point de partir, Dall arrêta un instant Cal sur place. Une question le taraudait depuis la fin du récit de Lightman...

— Puis-je vous poser une question Dr. Lightman ?

— Vous venez de le faire, mais si vous en avez une deuxième essayez toujours.

— Je sais que vous avez envoyé un sms à Reynolds pour qu'il puisse vous prévenir du moment où il arriverait sur le toit et arrêter Adams afin que vous le retardiez le plus possible mais… Pourquoi avoir pris le risque de passer la rambarde en sachant que l'agent Reynolds n'aurait pu sauvez que le Dr Foster ?

D'une petite moue de sa bouche, Cal fixa de manière implicite la caméra. L'agent du gouvernement suivit son regard et devina ses pensées.

— J'ai éteins la caméra, stipula-t-il.

— J'ai une totale confiance en lui et… je ne pouvais pas prendre le risque d'avoir une autre fin, avoua-t-il pensivement.

Dall afficha un air perplexe puis regarda Cal lui faire volte-face pour quitter définitivement la pièce.

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À SUIVRE...