Le lendemain matin, Ashley se leva bien avant l'aube. La nuit avait été difficile, son esprit tourmenté par les révélations de la veille. Elle enfila son uniforme d'un geste machinal avant de s'arrêter brusquement devant le miroir.

Ses yeux gris scrutèrent son reflet avec insistance. Ces cheveux blonds, ce nez fin... tout rappelait Drago. Maintenant qu'elle le savait, la ressemblance lui semblait frappante. Comment personne ne s'en est rendu compte ? pensa-t-elle en effleurant son visage du bout des doigts.

Dans la salle commune de Serpentard, l'ambiance était encore calme. Pas un murmure, pas un mouvement. Elle profita de cette tranquillité pour se glisser discrètement hors de la pièce, espérant éviter Malefoy à tout prix.

En chemin vers la Grande Salle, elle croisa Hermione, qui portait un livre épais contre sa poitrine.

— Euh... Bonjour, Hermione ! lança Ashley avec hésitation, craignant toujours que la jeune Gryffondor lui en veuille pour son appartenance à Serpentard.

Hermione lui adressa un sourire chaleureux.

— Bonjour, Ashley ! Comment vas-tu ?
— Oh... ça va. Certaines nuits sont juste plus difficiles que d'autres, répondit-elle avec un petit rire nerveux.

Hermione éclata de rire à son tour, un rire sincère et communicatif.

— Viens, installe-toi à la table des Gryffondors. Ne t'en fais pas, il n'y a encore personne à cette heure-ci, et je doute qu'ils arrivent avant deux bonnes heures.

Ashley hésita, mais le sourire de son amie lui donna du courage.

— Harry et Ron ne devraient pas tarder, ajouta Hermione. Ils seront contents de te voir.
— Vraiment ? Ça me rassure. Vous trois, vous êtes... incroyables. J'avais tellement peur que vous me tourniez le dos à cause de ma maison…
— Oh, voyons ! fit Hermione en secouant la tête. C'est oublié depuis longtemps. On ne te voit même plus comme une Serpentard. En fait, ce qui a surpris tout le monde, c'est ton nom de famille.

Un frisson parcourut Ashley. Elle baissa les yeux, jouant nerveusement avec une mèche de cheveux. Elle ne sait encore rien... mais peut-être devrais-je lui dire ?

Prenant une profonde inspiration, elle murmura :

— Hermione... à propos de ça, le professeur Dumbledore m'a fait venir dans son bureau hier. J'ai appris... qui est ma famille.

Les yeux d'Hermione s'agrandirent, étincelants de curiosité.

— Vraiment ? Tu sais enfin d'où tu viens ?
— Oui. Et... j'ai un frère à Serpentard.

Hermione cligna des yeux, la bouche entrouverte.

— Un frère ? Mais qui... Ne me dit pas que c'est Malefoy.

Ashley ne dit rien et baissa les yeux. Hermione s'étouffa avec une gorgée de jus de citrouille, ses joues devenant rouges sous l'effort de reprendre son souffle.

— Ce n'est pas vrai... Pas Malefoy ! fit-elle beaucoup trop fort.

Une voix surgit derrière elles, glaciale et intriguée :

— Quoi, Malefoy ?

Ashley sentit le rouge lui monter aux joues en reconnaissant immédiatement la voix de Harry, suivi de près par Ron. Les deux garçons s'approchèrent, leur curiosité évidente.

— Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda Harry, en scrutant tour à tour Ashley et Hermione.

Hermione échangea un regard incertain avec Ashley, cherchant son approbation. La blonde hocha lentement la tête.

— Ashley sait qui est sa famille, commença Hermione.
— Oh, c'est génial ! s'enthousiasma Ron. On les connaît ?
— Oui, répondit Ashley d'une voix hésitante. Ce sont... les Malefoy.

Un silence pesant s'abattit autour de la table. Harry et Ron se figèrent, comme si le temps lui-même s'était arrêté.

— T'es sérieuse ? finit par murmurer Harry, son ton oscillant entre incrédulité et inquiétude.
— Oui, confirma Ashley, le cœur lourd. C'est le professeur Rogue qui me l'a annoncé hier.
— Est-ce que Malefoy est au courant ? demanda Ron, visiblement alarmé.
— Non... pas encore, répondit-elle en secouant la tête. Je ne sais pas comment il va le prendre, et ça me terrifie.

Un silence inquiet s'installa, seulement brisé par les bruits de la Grande Salle qui s'éveillait lentement autour d'eux. Hermione, Harry et Ron se lançaient des regards lourds de sous-entendus. Ils connaissaient trop bien Drago pour espérer qu'il prenne cette nouvelle avec calme.

— Sans vouloir te faire peur, dit doucement Hermione, je ne suis pas certaine qu'il réagisse bien à cette annonce.
— Je m'en doute, répondit Ashley, jouant nerveusement avec le bord de sa robe. C'est pour ça que je n'ai encore rien dit. Je veux apprendre à le connaître un peu avant de lui parler. Peut-être qu'il sera plus réceptif s'il... s'il me tolère au moins.

Ron grogna, la bouche pleine de beignet :

— T'vas rich'que d'attendre longch'temps.

Harry, quant à lui, observait son assiette, visiblement troublé.

— Je ne veux pas te décourager, Ashley, mais... Malefoy a un ego énorme, et il ne supporte pas de partager la moindre parcelle d'attention. Savoir qu'il a une sœur, surtout une sœur qui s'entend avec nous, ça risque de le mettre hors de lui.

Puis, presque à contrecœur, il ajouta, les joues légèrement rouges :

— Cela dit... tu es une belle jeune femme. Il est peut-être sensible à ce genre de charme.

Ron écarquilla les yeux et lança à Harry un regard plein de malice.

— T'as dit quoi, là, Harry ?

Harry rougit davantage et secoua la tête.

— Rien, je dis juste que Malefoy pourrait vouloir... je ne sais pas... se rapprocher d'elle.

Ashley pouffa, un peu rassurée par cette tentative maladroite de légèreté. Mais avant qu'elle ne puisse répondre, Ron se tourna brusquement vers l'entrée de la Grande Salle.

— Oh non... La clique des Serpentard arrive. Tu ferais mieux d'y aller si tu ne veux pas te retrouver sous le regard glacial de Malefoy.

Ashley se retourna rapidement et aperçut Drago entrer dans la salle, flanqué de Théodore, Pansy, et quelques autres Serpentards.

— Oh oui... bonne idée, dit-elle en se levant précipitamment. Merci pour tout. On se voit plus tard, j'espère !

Elle quitta la table en vitesse, lançant un dernier regard à ses amis avant de se diriger vers la table des Serpentards. Drago l'aperçut et plissa légèrement les yeux, comme s'il devinait qu'elle avait quelque chose à cacher.

Ashley sentit son cœur s'accélérer. Les jours à venir allaient être bien plus compliqués qu'elle ne l'avait imaginé. À peine s'était-elle assise à l'extrémité de la table que Drago Malefoy s'empressa de venir s'asseoir près d'elle. Ses cheveux légèrement en bataille, sa cravate à moitié détachée, il semblait détendu mais légèrement fatigué.

Ashley sentit le rouge monter à ses joues. Elle jeta un coup d'œil nerveux vers la table des Gryffondor, espérant y trouver un peu de réconfort. Hermione lui fit un petit sourire qui ne passa pas inaperçu auprès de Malefoy. Sans attendre, il posa sa main sur le menton d'Ashley et tourna son visage vers lui, ses yeux gris transperçant les siens.

— Tu fricote avec les Gryffondor ? demanda-t-il d'un ton moqueur. Je vais vraiment commencer à croire qu'il se passe quelque chose entre toi et la sang-de-bourbe.

Ashley écarquilla les yeux, choquée.

— Je... Non ! Ce sont mes amis, et ne l'appelle pas comme ça ! protesta-t-elle, sa voix pleine de défi.

Malefoy leva les yeux au ciel, visiblement agacé.

— C'est toi qui vois, dit-il avec désinvolture. Mais passons. Je voulais te proposer quelque chose ce matin.
— Quoi donc ? demanda-t-elle, curieuse malgré elle.
— Comme on n'a pas cours à la première heure, je pourrais te montrer les coins préférés des Serpentards, dont le terrain de Quidditch.

Ashley hésita un instant, mais lui offrit l'un de ses plus beaux sourires.

— Oh, très bonne idée !

Elle avait déjà visité le terrain avec Harry et Ron, et même avec lui, il ne semblait pas s'en souvenir, mais elle n'en disait rien. Elle avait besoin que Drago soit d'humeur agréable pour espérer engager une conversation sérieuse avec lui. Peut-être que cette matinée serait l'occasion idéale.

— Parfait, déclara Malefoy avec un sourire satisfait. Finissons de manger, et on y va.

Les deux jeunes Serpentards terminèrent leur petit-déjeuner en silence avant de se lever et de se diriger vers les portes de la Grande Salle, côte à côte. Drago, comme à son habitude, semblait sûr de lui, tandis qu'Ashley jetait un dernier coup d'œil furtif vers la table des Gryffondors. Harry ne les lâchait pas des yeux, une inquiétude visible dans son regard. Drago croisa Blaise en passant la porte, qui lui adressa un clin d'œil complice.

Ils marchèrent longtemps près du terrain de Quidditch, le silence dominant leur promenade. Ce calme, loin d'être gênant, semblait leur convenir à tous les deux. Ashley appréciait cette sérénité qui lui permettait de rassembler ses pensées. Mais bientôt, elle sentit l'envie de combler ce vide.

— Tu ne parles pas beaucoup de toi... Comment est ta famille ? demanda-t-elle, brisant enfin le silence.

Drago ralentit légèrement, son expression se durcissant.

— Ma famille ? C'est compliqué. Mon père est... Disons qu'il veut toujours ce qu'il y a de mieux pour moi, répondit-il d'un ton détaché. Ma mère, elle, partage ses idéaux. Je n'aime pas trop parler d'eux.
— Oh... Je suis désolée. Je ne voulais pas te vexer, dit-elle doucement.
— Ça va. Tu ne pouvais pas savoir.

Ashley hésita avant de poser une autre question.

— Es-tu enfant unique ?

Un sourire moqueur effleura les lèvres de Drago.

— Bien sûr. Toutes les familles Malefoy dignes de ce nom ne font qu'un enfant. Et un garçon, évidemment.
— Oh... murmura Ashley, les yeux baissés, visiblement troublée. Ça ne te manque pas parfois, un frère ou une sœur ?

Drago resta silencieux un moment, ses traits se détendant légèrement.

— Parfois, peut-être. Mais j'aime le calme. Je ne suis pas malheureux dans ma solitude. Et puis... j'ai mes amis.
— Je vois... répondit-elle en hochant la tête.

Il tourna soudainement la question vers elle :

— Tu es enfant unique, toi aussi ?

Ashley hésita avant de répondre, ses pensées tourbillonnant.

— Non... Je sais que j'ai un frère. Mais je ne le connais pas, avoua-t-elle, la voix tremblante.

Drago la regarda avec curiosité, mais son ton devint presque réconfortant :

— Hm. Eh bien, il ne sait pas ce qu'il manque, répondit-il avec un sourire léger.

Cette phrase fit naître une lueur d'espoir dans le cœur d'Ashley. Elle le regarda attentivement. Peut-être que ce n'était pas le moment idéal, mais il semblait presque humain à cet instant. Peut-être pourrait-elle lui dire la vérité maintenant.

Ils atteignirent la lisière de la Forêt Interdite lorsque Drago s'arrêta brusquement et se tourna vers elle. Ashley, surprise, sursauta légèrement.

— Malefoy... euh, Drago, est-ce que tout va bien ?

Un sourire en coin se dessina sur son visage.

— Bien sûr. J'avais juste envie d'observer ta beauté, dit-il, sa voix devenant mielleuse. Je ne parle jamais de ma famille à une fille. Mais toi, tu me plais bien.

Il s'approcha doucement, ses yeux fixant les lèvres d'Ashley. Elle sentit la tension monter en elle, un mélange de panique et de confusion. Il ferma les yeux, réduisant la distance entre eux. CLAC ! Sa main partit d'elle-même.

Drago recula d'un bond, la joue rougie et les yeux écarquillés.

— Mais t'es folle, ma parole ! On passait un bon moment, là ! cria-t-il, se frottant la joue.
— Je... Je ne peux pas faire ça, balbutia Ashley, tremblante.
— Pourquoi ? Tu me trouves repoussant ?
— Bien sûr que non, idiot ! Tu ne sais pas qui je suis. Tu ne ferais pas ça si tu savais, répondit-elle, les larmes menaçant de jaillir.

Drago plissa les yeux, son expression devenant plus dure.

— Je ne te suis pas. T'es la nouvelle, Ashley Black. Et tu es complètement timbrée, déjà atteinte par les imbéciles de Gryffondor.
— JE NE SUIS PAS FOLLE ! Réfléchis, imbécile ! Je suis ici parce qu'un membre de ma vraie famille est à Poudlard. Je suis une Black…
— Je ne te suis pas du tout, répliqua Drago, les sourcils froncés. T'es une Black, et alors ? Ma tante Bellatrix et ma mère aussi étaient des Black avant de se marier.

Ashley roula des yeux.

— Wow, c'est fou comme ton cerveau surchauffe en ce moment, Malefoy ! Tu y es presque. Mais regarde-moi.
— Bah... je te regarde là, répondit-il, confus.
— NON ! Regarde-moi vraiment ! Regarde mes cheveux, mes yeux, mon nez... Tu ne vois pas une ressemblance avec quelqu'un que tu connais très bien ?

Drago la scruta, d'abord agacé, puis de plus en plus attentif. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement à mesure qu'il réalisait. C'était presque une version féminine de lui-même.

— Non... murmura-t-il, déglutissant difficilement. Non, ça ne peut pas...

Il recula d'un pas, comme si la vérité l'atteignait enfin.

— Eh bien voilà, continua Ashley avec un sourire amer. Tu viens de comprendre.
— Depuis quand tu sais ça ? demanda-t-il finalement, sa voix à peine audible.
— Depuis hier. Le professeur Rogue me l'a dit.

Drago recula d'un pas, les mâchoires serrées.

— Je n'y crois pas une seule seconde. Tu veux juste voler ma famille, mon nom. Ma richesse. Cette richesse, elle m'appartient. DÉGAGE, MAINTENANT !

Il tourna les talons et partit d'un pas vif, la laissant seule, les larmes coulant sur ses joues. Elle resta figée un instant, puis se dirigea lentement vers la cabane de Hagrid. Elle aperçut Harry qui sortait.

— Oh, bonjour Ashley. Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il doucement.

La jeune fille hésita, essayant d'essuyer discrètement ses joues mouillées.

— Bonjour, Harry. Ça pourrait aller mieux, répondit-elle d'une voix tremblante.

Harry s'approcha, posant une main rassurante sur son épaule.

— Allez, viens. Rentrons au château. Tu peux tout me raconter si tu veux.

Ashley hocha la tête, touchée par son ton bienveillant. Ils marchèrent lentement en direction du château, et, à mesure qu'elle parlait, les mots se libéraient, comme si un poids quittait sa poitrine. Elle lui raconta tout : la confrontation avec Drago, sa colère, son rejet, et ses propres doutes sur sa place dans cette famille qu'elle venait à peine de découvrir.

Harry resta silencieux un moment, digérant ses paroles, puis il finit par dire :

— Tu sais, Malefoy est un crétin, et ses parents... eh bien, ils ne valent pas beaucoup mieux. Mais je comprends pourquoi tu veux les connaître. Ce n'est pas facile de vivre sans ses parents, sans savoir qui ils sont vraiment.

Ashley releva les yeux vers lui, surprise par sa voix soudain plus basse, presque brisée.

— Tu dis ça comme si tu savais ce que ça fait... murmura-t-elle.

Harry esquissa un sourire triste, ses yeux verts brillant d'une émotion contenue.

— Je sais exactement ce que ça fait. Mes parents... ils sont morts quand j'étais bébé. Je ne les ai jamais connus. Je n'ai que des souvenirs flous et des histoires que d'autres m'ont racontées. Alors oui, je comprends ce que c'est que de vouloir connaître sa famille, même si... même si elle n'est pas parfaite.

Ashley sentit une boule se former dans sa gorge, serrant son cœur avec une force qu'elle n'aurait jamais imaginée. Il y a quelques jours encore, l'idée même de rencontrer sa famille biologique lui semblait inutile, presque étrangère. Mais maintenant qu'elle savait qui ils étaient, qu'elle avait un visage et un nom à associer à ce passé qu'elle ignorait, le rejet lui pesait. Ce n'était pas juste de la déception : c'était un vide, une absence qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant.

— Mais toi, tu aurais voulu les connaître, non ? Même s'ils avaient été... disons, compliqués ?

Harry hocha la tête, son regard fixant un point invisible devant lui.

— Oui. Même s'ils avaient été des enfoirés, j'aurais voulu les connaître. Parce que c'est ça, la famille. Tu veux savoir d'où tu viens, qui tu es. Ça ne veut pas dire que tu dois les accepter ou les aimer... mais tu as le droit de savoir.

Ashley sentit ses larmes revenir, mais cette fois, ce n'était pas de tristesse.

— Merci, Harry. Je ne pensais pas que quelqu'un me comprendrait aussi bien...

Il se tourna vers elle, un sourire timide sur les lèvres.

— Parfois, ce sont les personnes qu'on ne soupçonne pas qui partagent les mêmes blessures.

Puis, maladroitement, il ouvrit les bras.

— Viens ici.

Ashley hésita un instant avant de se laisser aller dans son étreinte. Les bras de Harry étaient solides et réconfortants, et elle se sentit un peu plus forte.

— Maintenant, dit-il doucement en s'écartant. Ne pleure plus. Montre-moi que tu es aussi courageuse qu'une Gryffondor et aussi fière qu'une Serpentard.

Ashley essuya ses joues avec un sourire tremblant et hocha la tête.

— D'accord. Allons à ce cours de botanique.

Ashley et Harry entrèrent ensemble dans la serre de Botanique, leurs échanges précédents ayant apaisé la jeune blonde, du moins en surface. Deux personnes les suivaient de près, murmurant à voix basse.

— J'ai bien entendu, Théo ? demanda une jeune femme aux cheveux noirs comme l'ébène, son ton trahissant l'excitation.
— Je crois bien que oui, répondit Nott avec un sourire en coin. Pansy... Drago a une sœur !
— Je le savais ! s'exclama Pansy, presque triomphante. Je savais qu'ils se ressemblaient trop ! Le prince et la princesse des Serpentards. Mais pourquoi Drago ne nous aurait rien dit ?
— J'en sais rien, Parkinson, grogna Théo. On va lui demander pendant le cours.
— M'ouais... tu as raison. Et Blaise est sûrement au courant aussi ! Pourquoi pas nous ?
— Pansy, tais-toi, on arrive, murmura Théo, jetant un regard vers les élèves déjà installés.

Ils prirent place à côté de Drago, qui semblait complètement ailleurs. Son visage fermé trahissait une colère contenue, mais également une confusion inhabituelle. Ses pensées tourbillonnaient, impossibles à ignorer. Pourquoi ses parents lui auraient-ils caché quelque chose d'aussi énorme ? L'idée que sa sœur ait été abandonnée simplement parce qu'elle était une fille, qu'elle ne correspondait pas aux "standards" des Malefoy, le rendait malade.

Il jetait régulièrement des coups d'œil au bout de la table, où Ashley était installée avec Potter et Weasley. Cela ajoutait à son exaspération. Comment pouvait-elle se lier d'amitié avec eux ? C'était inconcevable. Une Malefoy n'avait rien à faire avec des Gryffondors.

Blaise arriva enfin, interrompant ses pensées.

— Salut, mon vieux. Ça va ? T'as une tête d'enterrement. Ça s'est bien passé ce matin avec Ashley ? demanda-t-il, apparemment sans malice.

Le regard de Drago se durcit, mais il n'eut pas le temps de répondre.

— OH ! PARCE QUE TU ÉTAIS AU COURANT, ZABINI ? hurla soudain Pansy, faisant sursauter tout le monde autour d'elle. DRAGO MALEFOY... POURQUOI JE NE SUIS JAMAIS AU COURANT DE RIEN ? JE SUIS TA MEILLEURE AMIE APRÈS TOUT ! brailla-t-elle, attirant immédiatement l'attention de toute la serre.

Madame Chourave s'arrêta au milieu de son explication, regardant la scène d'un air intrigué. Tous les élèves s'étaient tus, pendus aux lèvres des Serpentards.

— Mais de quoi tu parles ? balbutia Blaise, pris de court.
— NE FAIS PAS L'INNOCENT, ZABINI ! s'écria-t-elle. On a entendu cette petite cruche blonde parler avec le balafré. On sait, Drago ! On sait que c'est ta sœur ! Que tu n'es pas le seul héritier Malefoy ! C'est ça que tu voulais lui demander, avoue ! Pourquoi tu l'as dit à Blaise et pas à nous, hein ?! Théo et moi, on est au même niveau que des elfes de maison, peut-être ?!

Blaise ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Il tourna un regard incrédule vers Drago, qui semblait à deux doigts de s'effondrer.

Ashley, au bout de la table, croisa brièvement le regard de Blaise avant de se lever brusquement, le visage rouge de colère.

— Personne ne savait, Pansy ! lança-t-elle d'un ton glacial. Mais merci beaucoup. Maintenant, toute l'école est au courant. Tu aurais peut-être dû crier encore un peu plus fort, histoire que les hiboux à Pré-au-Lard puissent l'entendre.

Drago, pâle comme un fantôme, se leva soudainement et sortit de la classe sans un mot, ses poings serrés.

Blaise tenta de calmer Pansy, mais elle croisa les bras, boudeuse.

— Eh bien, c'est pas ma faute s'il ne communique jamais, grogna-t-elle.

Drago gravit les marches menant à la tour d'Astronomie, ses pas résonnant dans le silence. Arrivé en haut, il se laissa tomber dans un coin, enfouissant son visage dans ses mains.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi elle ?

Son esprit bourdonnait. Comment ses parents ont-ils pu lui cacher une chose pareille ? L'idée qu'ils aient abandonné leur propre fille simplement parce qu'elle ne correspondait pas à leurs attentes l'écœurait autant qu'elle le mettait en colère.

Et maintenant, elle est là, à Poudlard, traînant avec Potter et ses abrutis de Gryffondors... comme si tout ça était normal. Comme si c'était acceptable.

Il ferma les yeux, prenant une grande inspiration.

— Dites-moi que je rêve... murmura-t-il, comme une prière. Que ce calvaire sera terminé demain.