Ashley, toujours sous le choc de la scène qui venait de se produire, se sentait totalement perdue. Elle regardait autour d'elle, cherchant un ancrage dans ce chaos. Ron, voyant son désarroi, s'approcha doucement, lui prit la main et l'entraîna vers la table des Gryffondors. Elle se laissa faire, comme si ses jambes ne pouvaient plus la porter seules.

Elle se blottit d'abord contre Harry, puis contre Ron, cherchant un réconfort qu'ils étaient heureux de lui offrir. De temps à autre, ils lançaient des regards noirs en direction des Serpentards, comme pour les avertir de ne pas approcher. Même Neville se joignit à eux, tentant de rassurer Ashley de sa voix douce et en lui demandant comment elle se sentait.

Pendant ce temps, à l'autre bout de la pièce, Blaise, accablé par la colère de Pansy et Théo, lançait des regards furtifs vers Ashley. Il semblait partagé entre plusieurs émotions : devait-il aller lui parler ? La consoler ? Peut-être même lui demander des explications ? Mais il se ravisa. Après tout, Drago était son meilleur ami, et agir ainsi pourrait être perçu comme une trahison. Blaise était loyal avant tout, alors il se contenta d'un silence prudent.

Ashley, de son côté, scrutait la salle, cherchant un visage familier, celui d'Hermione. Mais elle n'était nulle part en vue.

— Vous avez vu Hermione ? demanda-t-elle, espérant une réponse.
— Oh, je l'ai vue partir quand Parkinson et Zabini ont commencé à se hurler dessus, répondit Seamus, s'immisçant dans la conversation avec son habituel aplomb.

Pendant ce temps, Drago, assis en haut de la tour d'astronomie, la tête entre les mains, se battait contre ses pensées. Tout cela semblait irréel, comme un mauvais rêve dont il espérait se réveiller à tout instant.

— Bon sang, c'est ridicule... murmura-t-il pour lui-même, sa voix se brisant sous le poids de la frustration. Pourquoi est-ce que ça m'arrive, à moi ?

Il se leva brusquement et se mit à arpenter la pièce. Sa colère bouillonnait en lui, incontrôlable, et il détestait cette perte de contrôle. Finalement, incapable de contenir davantage ses émotions, il hurla de toutes ses forces, libérant un cri qui résonna dans la tour vide.

— HEY HO ! Mes oreilles, Malefoy ! lança une voix féminine derrière lui.

Il se retourna immédiatement, reconnaissant cette voix entre mille.

— Granger... fit-il avec mépris, ses yeux lançant des éclairs.

Hermione s'approcha, sans la moindre trace d'intimidation.

— Pourquoi tu pètes les plombs sur Ashley ? demanda-t-elle avec froideur. Elle n'a pas demandé à faire partie de ta famille pourrie.
— Sale Sang-de-Bourbe ! Pour qui tu te prends pour critiquer ma famille comme ça ? Tu es bien la dernière à pouvoir parler avec ton sang souillé, cracha-t-il, furieux.

Hermione leva les yeux au ciel, visiblement peu impressionnée.

— Sérieusement, c'est tout ce que tu as ? Cette insulte commence à être un peu usée, tu ne trouves pas ? Je ne suis pas venue ici pour t'écouter m'insulter, sale fouine.

Drago ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle continua, sa voix devenant plus mordante à chaque mot.

— Ashley n'a rien demandé, Drago. Elle voulait simplement te connaître, toi, son frère. Elle voulait rencontrer sa famille. Mais toi, tu la rejettes, tu la blesses, comme si elle n'était rien.

Il détourna les yeux, mais elle avança d'un pas, refusant de lui laisser une échappatoire.

— Elle n'en veut pas à ton argent, ni à ton statut. Tout ce qu'elle voulait, c'était ton amour. Mais toi, tu n'es même pas fichu de reconnaître une chance quand elle te tombe dessus.

Drago serra les poings, ses mâchoires se contractant, mais il ne répondit rien.

— Tu sais, ajouta Hermione, avoir une sœur, un lien de sang, c'est l'une des choses les plus précieuses au monde. Mais toi, tu ne vois rien. Tu as la capacité d'aimer d'un crapaud, Drago.

Elle soupira, exaspérée, et tourna les talons, prête à partir.

— Rappelle-toi de ça quand tu décideras de raconter cette histoire à tes parents à ta façon, conclut-elle, avant de descendre les marches.

Drago resta figé, les mots d'Hermione tournant en boucle dans sa tête. Il voulait hurler, briser quelque chose, mais il était paralysé par une sensation qu'il ne reconnaissait pas : la culpabilité.

Il passa la main dans ses cheveux, essayant de chasser ses pensées, mais elles refusaient de s'en aller.

— Qu'est-ce qui m'arrive ? murmura-t-il.

Il se laissa tomber contre le mur, les yeux fermés. Ashley n'en veut pas à ton argent, ni à ton statut. Tout ce qu'elle voulait, c'était ton amour. Ces mots résonnaient encore dans son esprit lorsqu'il se leva soudainement. Il se dirigea vers la volière pour envoyer un hibou à sa mère.

Bonjour mère,
Le week-end qui vient, j'aimerais bien retourner au manoir pour parler avec vous et père de quelque chose d'assez important.
J'aimerais également vous présenter quelqu'un si vous le voulez bien. C'est une jeune fille qui est nouvellement arrivée à Serpentard.
Merci,
Drago

Après avoir envoyé le hibou, Drago retourna dans les sous-sols et s'enferma dans son dortoir. Il passa le reste de la journée à réfléchir. Les conséquences de ses actes l'attendraient bien demain, mais pour l'instant, il voulait juste être seul.

Pourquoi personne ne m'a préparé à ça ? pensa-t-il en serrant les dents. Son parrain, ses parents... tous savaient, mais personne ne lui avait rien dit. Cela aurait été tellement plus simple s'il avait su. Il aurait été prêt, ou du moins, il n'aurait pas tenté de mettre sa propre sœur dans son lit.

Il grogna en se passant la main dans les cheveux. Comme j'ai été stupide ! Comment n'avait-il pas vu la ressemblance flagrante ? Ces cheveux blonds si lumineux, ces yeux gris perçants... Elle était magnifique, d'une beauté digne d'une Malefoy. Et elle ressemblait tant à leur mère.

Ses pensées furent interrompues par un bruit sec contre la fenêtre. Un grand-duc frappait de son bec contre la vitre. Drago se précipita pour ouvrir et prit la lettre attachée à la patte du hibou.

Cher fils,
Ton père et moi serons ravis que tu passes le week-end au manoir. Ton père demande si la jeune fille que tu veux nous présenter est jolie et digne d'un Malefoy. Nous sommes heureux de voir que tu tiens à une fille au point de vouloir nous la présenter.
À bientôt, mon chéri.
Ta mère, Narcissa.

Un sourire narquois se dessina sur le visage de Drago. Ils ne savent pas du tout à quoi s'attendre. La surprise va être un choc.

Le lendemain matin, Blaise intercepta Drago dans les couloirs alors qu'il se rendait à la Grande Salle.

— Drago ! Où étais-tu passé hier ? demanda le métis, curieux.
— J'avais besoin de réfléchir, répondit le blond sèchement.

Blaise savait que Drago parlerait quand il serait prêt, alors il n'insista pas.

— Tu sais qu'on a cours de DFM dans cinq minutes ? fit-il remarquer.
— Merde ! grogna Drago. Allons-y.

En entrant dans la salle de classe, Drago vit Ashley assise à l'avant, à côté d'Hermione. Ses poings se serrèrent instinctivement. Pourquoi Granger ? Cette fichue Sang-de-Bourbe était toujours dans les pattes de sa sœur.

Il remarqua également Neville et Seamus à leur gauche, et Pansy ainsi que Millicent Bulstrode à droite. Il s'installa avec Blaise derrière ces dernières. Rogue n'était pas encore arrivé.

Millicent se retourna brusquement, un sourire malicieux sur le visage.

— Alors Drago, comme ça Ashley est ta sœur ? ricana-t-elle.

Drago lui lança un regard noir.

— Ça te pose un problème, Bulstrode ?
— Oh non, pas du tout ! répondit-elle en ricanant. Mais elle est très convoitée dans l'école, surtout chez les Gryffondors.
— Qu'est-ce que ça peut me faire ? rétorqua-t-il sèchement.
— Ils veulent tous la mettre dans leur lit, renchérit Pansy avec un rire moqueur.

Hermione, qui avait tout entendu, se retourna, le regard flamboyant.

— Il n'y a aucun Gryffondor qui manquerait autant de respect à Ashley, cracha-t-elle. Et pour votre information, elle n'est pas le genre à être une fille facile.
— Non, elle est comme toi, Sang-de-Bourbe ? Une coincée ? ricana Drago, retrouvant son ton habituel.

Hermione sentit la colère monter en elle.

— MALEFOY ! Je ne suis pas coincée, je ne saute simplement pas sur le premier venu !
— Une chance, sinon t'aurais sauté sur le balafré !

Hermione rougit violemment, ce qui fit éclater Pansy de rire.

— Alors là, t'as tapé dans le mille, Drago. Regarde, elle rougit, la Sang-de-merde !
— Vous... non... avec Potter ? bégaya Drago, secoué par un fou rire.
— NON ! répliqua Hermione, furieuse. Tu crois vraiment que tout tourne autour de ça, Malefoy ?

Avant qu'il ne puisse répondre, une voix glaciale résonna dans la salle.

— FERMEZ-LÀ ! Vous avez peut-être besoin d'intimité, Monsieur Malefoy et Miss Granger ?

Rogue venait d'entrer, lançant un regard perçant à son protégé.

— Non, professeur, répondirent-ils en chœur, rouges de honte.

Le cours se passa dans un silence tendu. Hermione, habituellement la première à répondre aux questions du professeur Rogue, restait étrangement silencieuse. Son esprit était encore embrouillé par les paroles de Malefoy. Pour qui se prend-il pour juger ma relation avec Harry ? Elle avait peut-être eu des sentiments pour Harry autrefois, mais cela remontait à des années. Depuis, elle avait compris que son amour pour lui était plus fraternel qu'autre chose.

Et puis, elle n'était pas coincée, non ! Elle attendait simplement le bon. C'était normal, non ? Pourtant, les mots de Malefoy continuaient de tourner en boucle dans sa tête, comme un écho agaçant.

Elle fut tirée de ses pensées par une voix familière.

— Tu sais, Mione, le cours est terminé, dit doucement Harry en posant une main sur son épaule.

Elle sursauta légèrement, secouant la tête.

— Oh ! J'étais complètement perdue dans mes pensées, répondit-elle avec un sourire gêné.
— Je sais, tout le monde est parti. Même Ashley est venue te parler, mais tu étais tellement dans la lune qu'elle parlait dans le vide, plaisanta Harry.

Hermione éclata de rire, un rire sincère qui allégea l'atmosphère. Comme elle pouvait être lunatique parfois. Mais rapidement, son esprit revint sur Malefoy et ses remarques acerbes. Pourquoi ses mots lui avaient-ils fait si mal ?

— On va manger ? demanda Harry, remarquant qu'elle semblait à nouveau plongée dans ses pensées.
— Je n'ai pas très faim, j'irais directement me coucher ! répondit Hermione avant de se tourner vers lui, une lueur malicieuse dans les yeux. Oh, Harry... comment trouves-tu Ashley ?

Harry rougit instantanément, pris au dépourvu par la question. Il détourna le regard, essayant de cacher son embarras.

— Euh... elle est gentille... pourquoi ? marmonna-t-il maladroitement.

Hermione le regarda avec un sourire amusé, les bras croisés.

— Parce que je ne suis pas bête, Harry. Tu rougis à chaque fois que quelqu'un prononce son nom.

Le Survivant passa une main nerveuse dans ses cheveux, cherchant désespérément une échappatoire.

— Oh, Mione... J'en sais rien. Elle est super jolie, attentionnée, douce, calme... mais c'est une Malefoy, finit-il par dire, comme si cela expliquait tout.

Hermione secoua la tête avec un sourire indulgent.

— On s'en fiche de lui et de sa famille, rétorqua-t-elle fermement. Elle n'est pas une Malefoy, c'est une Black. Garde ça en tête. Elle est comme Sirius : une bonne fleur dans un tas de mauvaises herbes.

Harry resta silencieux, ses pensées tourbillonnant.

— Et puis, ajouta Hermione avec un clin d'œil, j'ai remarqué qu'elle te lançait des petits regards parfois. Je suis certaine que tu ne lui es pas indifférent.
— Tu crois ? demanda Harry, ses joues prenant une teinte encore plus rouge.
— Bien sûr que si, idiot ! Allez, quand tu en auras l'occasion, parle-lui. Tu en meurs d'envie, je le vois bien. Écoute ton cœur, Harry.

Il hocha lentement la tête, un petit sourire naissant sur ses lèvres.

— Ouais... t'as sûrement raison. Je vais voir ce que je vais faire. En espérant que Ron n'ait pas une attirance pour elle lui aussi...

Hermione leva les yeux au ciel avec un soupir amusé.

— Oh, Harry ! Pense à toi un peu aussi, tu veux. Je ne crois pas que Ron se priverait pour toi si c'était le cas.

Harry acquiesça, un sourire timide sur les lèvres, et les deux amis prirent le chemin de leur dortoir. La fatigue de la journée pesait sur leurs épaules, mais leurs pensées semblaient loin de se calmer.

Hermione s'éloigna de son côté, montant les escaliers menant à sa chambre. Une fois seule, elle se laissa tomber sur son lit, le regard fixé au plafond. Elle passa une main dans ses cheveux, soupirant longuement. Ashley est une Malefoy. L'idée revenait sans cesse, comme un écho qu'elle ne pouvait ignorer. Comment n'avait-elle pas remarqué plus tôt la ressemblance frappante entre elle et Drago ? C'est évident maintenant... Ces cheveux blonds, ces yeux gris. Elle secoua la tête, exaspérée par sa propre cécité.

Mais aussitôt, l'image de Drago lui revint en mémoire. Cet air hautain, ce sourire narquois, cette façon de se croire supérieur à tout le monde. Il était une véritable verrue sur la face du monde magique, un imbécile arrogant qui ne ratait jamais une occasion de se comporter comme un connard.

Pourquoi est-ce qu'il m'agace autant ? pensa-t-elle, serrant les poings. Elle détestait qu'il parvienne à entrer dans ses pensées, qu'il ait le pouvoir de la perturber comme il le faisait aujourd'hui.

Elle ferma les yeux, essayant de calmer son esprit, mais l'image d'Ashley et de son sourire doux apparut. La jeune fille n'avait rien demandé. Elle essayait simplement de trouver sa place dans un monde où elle ne semblait pas totalement appartenir. Hermione soupira à nouveau. Drago n'avait aucune idée de la chance qu'il avait.

Pendant ce temps, Harry était dans leur dortoir avec Ron, qui commentait à voix haute le devoir de Défense contre les Forces du Mal.

— Rogue est vraiment insupportable, grogna Ron en gribouillant sur son parchemin. Je ne comprends pas comment il peut être encore pire maintenant qu'il enseigne DFM.

Harry hocha distraitement la tête, à peine attentif. Son esprit était ailleurs, prisonnier d'un visage précis, d'un sourire, d'un éclat de rire.

Ron finit par abandonner, laissant son devoir à moitié terminé avant de s'écrouler sur son lit.

— Bonne nuit, Harry, marmonna-t-il avant de s'endormir presque instantanément.

Harry resta assis, fixant la lueur vacillante de la chandelle sur son bureau. Hermione avait raison : il devait arrêter de penser à Ashley comme une Malefoy. Elle n'est pas comme eux. Il avait ressenti quelque chose dès leur première rencontre, avant même de savoir qui elle était.

Il passa une main dans ses cheveux, un sourire presque imperceptible sur les lèvres. Elle est différente. Ravissante, douce, forte.

Mais comment pourrait-il lui dire tout ça ? Comment pourrait-il l'aborder sans paraître ridicule ? L'idée même de l'inviter à sortir faisait battre son cœur plus vite. Il se sentait comme un adolescent maladroit, incapable de mettre des mots sur ce qu'il ressentait.

Il s'allongea finalement, tirant la couverture jusqu'à son menton, les yeux fixés sur le plafond sombre de leur dortoir.

Ashley. Le simple fait de penser à elle suffisait à faire battre son cœur plus fort.

Il ferma les yeux, espérant que le sommeil l'emporterait vite. Et peut-être... peut-être rêverait-il d'elle, cette fille qui parvenait à occuper ses pensées bien plus qu'il ne l'aurait cru possible.

Dans la salle commune des Serpentards, Ashley était installée confortablement sur un canapé, son livre posé sur ses genoux. Elle tentait de se concentrer, mais ses pensées étaient ailleurs. Drago Malefoy... mon frère. Elle avait encore du mal à s'habituer à cette idée.

Soudain, la porte s'ouvrit, et le prince des Serpentards entra, suivi de Blaise et Théo. Elle leva brièvement les yeux, mais son regard croisa celui de Drago. Il fit un signe discret à ses amis, qui disparurent dans le dortoir en lui laissant l'espace qu'il avait demandé.

Elle le regarda approcher, incertaine.

— Hm... Ashley, commença-t-il doucement, presque hésitant.
— Qu'est-ce que tu veux ? répondit-elle froidement, refermant son livre d'un geste sec.

Drago passa une main nerveuse dans ses cheveux.

— Je... j'ai réfléchi à tout ça. Ce week-end, je pars au manoir pour voir nos parents et…
— Vous vivez dans un manoir ? coupa Ashley, les yeux légèrement écarquillés.
— Oui, répondit-il en haussant les épaules. Et... si tu es vraiment ma sœur, tu mérites de les rencontrer.

Elle posa lentement son livre, croisant ses bras.

— Alors maintenant tu me crois ? Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? demanda Ashley, le regard perçant.

Drago rougit légèrement, évitant son regard.

— Personne, répondit-il avec une pointe de nervosité dans la voix.

Ashley haussa un sourcil.

— Personne ? répéta-t-elle, sceptique.

Il détourna les yeux, comme s'il cherchait à fuir une vérité qu'il ne voulait pas admettre. L'image d'Hermione, furieuse, lui lançant des vérités en pleine figure, lui revint brièvement en tête. Cette fichue Sang-de-Bourbe, toujours prête à se mêler de ce qui ne la regardait pas, avait peut-être touché une corde sensible. Mais jamais il ne l'avouerait.

— Oui, personne, insista-t-il d'un ton plus ferme. C'est juste... logique. Tu es ma sœur, je suppose que je dois... m'y faire.

Ashley l'observa avec attention. Elle remarqua la tension dans sa mâchoire, le léger tremblement dans ses doigts. Quelque chose clochait. Il n'était pas entièrement honnête, mais elle choisit de ne pas insister.

— Eh bien, je suis ravie de voir que tu es capable de logique, lança-t-elle, son ton mi-figue, mi-raisin.

Drago serra les poings, mais son regard se radoucit légèrement.

— Ce n'est pas que je ne t'apprécie pas, finit-il par murmurer, détournant les yeux.

Ashley resta silencieuse, surprise par ce début de confession.

— J'aurais aimé être au courant, tu sais, continua-t-il après un instant. J'aurais voulu que mes parents me le disent... que Rogue me le dise. Ça m'aurait évité de...

Il s'interrompit, serrant la mâchoire.

— De te comporter comme un crétin ? proposa Ashley avec un petit sourire.

Drago leva les yeux au ciel, mais un soupir franchit ses lèvres.

— Peut-être, admit-il à contrecœur.

Un silence s'installa entre eux, mais cette fois, il était moins tendu. Drago, visiblement mal à l'aise, passa une main nerveuse dans ses cheveux.

— C'est juste que... je ne suis pas habitué à ce genre de chose, tu vois. Être surpris comme ça. Je contrôle tout, tout le temps. Et là, on m'annonce que j'ai une sœur. Une sœur qui débarque de nulle part et... qui est tellement différente de moi.

Ashley le dévisagea, touchée malgré elle par cette vulnérabilité qu'il laissait entrevoir.

— Peut-être que ça ne serait pas si différent, si tu essayais, répondit-elle doucement.

Drago la fixa un instant, comme s'il pesait ses options. Puis, à voix basse, il ajouta :

— Peut-être.

Un silence s'installa, mais il semblait chargé d'émotions. Ashley observa Drago, ses traits tendus, comme s'il cherchait à dire quelque chose mais n'arrivait pas à formuler les mots.

— J'aurais aimé que tu me dises ça dès le début, murmura Ashley, brisant le silence. Ça aurait évité bien des malentendus... et des gifles.

Drago eut un léger sourire en coin.

— Ouais... bah, peut-être que si j'avais su, je n'aurais pas essayé de t'embrasser, répondit-il avec une pointe d'ironie.

Elle éclata d'un rire franc, ce qui détendit légèrement l'atmosphère.

— Je n'arrive pas à croire que tu ne l'aies pas vu plus tôt. On se ressemble tellement, lança-t-elle, son ton taquin.

Drago détourna le regard, croisant les bras.

— Je suis idiot, d'accord ? Je n'avais pas envie de le voir. Je n'avais pas envie de croire que ma vie allait être... bouleversée.

Ashley haussa un sourcil.

— Bouleversée ? Parce que j'existe ? Écoute, je suis désolée si je gâche ta petite vie parfaite, mais…
— Ne dis pas que tu gâches ma vie ! la coupa Drago, sa voix plus forte qu'il ne l'aurait voulu.

Ashley recula légèrement, surprise par son emportement.

— Je... je ne sais pas quoi en penser, reprit-il, son ton redevenant plus calme. Mais au fond, je ne crois pas que ce soit le cas.

Il baissa les yeux, cherchant ses mots.

— J'ai l'air d'un connard, je le sais. Mais ce n'est pas toujours vrai. Pas tout le temps.

Ashley resta silencieuse, le laissant continuer.

— J'ai eu peur. Peur que quelqu'un voie mes faiblesses. Peur que quelqu'un... comme toi... arrive et chamboule tout. Personne ne me connaît vraiment. Et toi... toi, tu pourrais. Tu pourrais devenir importante. Trop importante. Et ça, ça me terrifie, ajouta-t-il à voix basse.

Les mots frappèrent Ashley comme une vague. Elle vit la sincérité dans son regard, cette vulnérabilité qu'il essayait de cacher derrière sa façade arrogante.

— Tu sais quoi, Drago ? Ça fait du bien d'entendre ça, répondit-elle doucement. Mais ta peur ne te donne pas le droit d'être cruel.

Il hocha la tête, presque imperceptiblement.

— Tu as raison, admit-il.

Ashley se leva et s'approcha lentement de Drago, ses mouvements empreints de douceur. Il resta immobile, son regard méfiant suivant chacun de ses gestes. Lorsqu'elle posa sa main sur son épaule, il eut un léger sursaut, mais ne recula pas.

— Je ne suis pas là pour te voler quoi que ce soit, dit-elle doucement. Ni ta famille, ni ton héritage, ni ta place. Je veux juste qu'on essaie... d'être frère et sœur. C'est tout.

Il la fixa, son expression indéchiffrable. Pendant un instant, Ashley crut qu'il allait se refermer à nouveau, ériger cette muraille qu'il avait si bien construite autour de lui. Mais, contre toute attente, il hocha lentement la tête.

— D'accord, murmura-t-il, presque imperceptiblement.

Un sourire sincère se dessina sur le visage d'Ashley, et, sans réfléchir, elle s'avança pour l'enlacer. Drago resta figé, ses bras ballants, ne sachant comment réagir. C'était étrange, terriblement étrange. Personne ne l'avait jamais pris dans ses bras de cette manière. Pas Pansy avec ses étreintes envahissantes. Pas sa mère, toujours si mesurée. Pas ses amis, qui préféraient les accolades légères.

Mais cette étreinte était différente. Il sentit une chaleur inattendue envahir sa poitrine, une sensation qu'il ne connaissait pas. C'était bon. C'était apaisant.

Lentement, presque avec hésitation, il entoura Ashley de ses bras. Alors qu'il resserrait doucement son étreinte, une pensée traversa son esprit, aussi douce qu'un murmure : Je ne suis plus seul.

Le sentiment de solitude qu'il portait depuis toujours, ce poids invisible, sembla s'alléger. Il n'était plus simplement « Drago Malefoy », héritier solitaire d'une famille brisée par ses propres ambitions. Il était un frère.

Ashley, la tête calée contre son épaule, sentit ce changement en lui. Un léger sourire illumina son visage.

— Je vous dérange peut-être ? lança une voix amusée.

Ils se détachèrent à contrecœur pour voir Blaise, adossé à la porte du dortoir, son éternel sourire en coin.

— Vous voir comme ça pourrait être interprété d'une façon bien différente que fraternelle, plaisanta le métis.

Ashley et Drago échangèrent un regard avant d'éclater de rire. Blaise s'approcha, s'installant sur le canapé avec eux. Pour la première fois depuis longtemps, l'atmosphère chez les Serpentards semblait plus légère.

La semaine passa rapidement. Ashley s'épanouissait dans ses cours, bien que certains professeurs semblaient la prendre pour une débutante. Cela l'amusait, car elle savait qu'elle avait autant d'expérience qu'eux en magie.

Samedi matin, elle se leva rayonnante, prête à affronter une nouvelle étape de sa vie. Après avoir préparé ses affaires, elle se dirigea vers la salle commune, où Drago l'attendait déjà.

— Prête ? demanda-t-il en croisant les bras, une pointe de nervosité dans la voix.
— Plus que jamais, répondit-elle avec un sourire éclatant.