Drago observait Ashley du coin de l'œil alors qu'ils marchaient vers les limites du château. Comment pouvait-elle être de si bonne humeur ? Si les rôles étaient inversés, il aurait eu la boule au ventre à l'idée de rencontrer Lucius et Narcissa Malefoy. Surtout après tout ce qu'ils s'étaient dit la veille. Mais elle, elle semblait rayonnante, presque insouciante, comme si elle s'apprêtait à découvrir un lieu enchanté.

Il n'arrivait pas à décider si c'était de l'optimisme, de l'inconscience, ou simplement une façade qu'elle maintenait pour cacher sa nervosité.

— Prête ? lui demanda-t-il avant de transplaner.
— Plus que jamais, répondit-elle avec un sourire éclatant.

Drago ne répondit rien, mais il se surprit à envier sa légèreté. D'un mouvement fluide, ils disparurent pour réapparaître devant le majestueux Manoir Malefoy.

Ashley eut un petit hoquet de surprise en découvrant l'imposante bâtisse.

— Bon sang, murmura-t-elle, les yeux écarquillés.

Le manoir se dressait fièrement, ses hautes tours grises dominant un vaste domaine soigneusement entretenu. Les jardins étaient impeccables, ornés de buissons taillés et de fontaines élégantes, tandis que les lourdes portes d'entrée semblaient presque intimidantes avec leurs détails finement sculptés.

— C'est... magnifique, lâcha-t-elle, incapable de détourner son regard.

Drago haussa les épaules, l'air désinvolte.

— C'est juste un manoir, dit-il, mais il ne pouvait cacher une pointe de fierté.

Ils franchirent l'entrée et furent aussitôt accueillis par un elfe de maison aux grandes oreilles et aux yeux globuleux.

— Maître Drago ! Mademoiselle ! Dit-il d'une voix aiguë en s'inclinant profondément. Puis, d'un geste rapide et précis, il les débarrassa de leurs manteaux.

Ashley suivit Drago, qui avançait d'un pas assuré à travers le hall d'entrée. Les murs étaient ornés de portraits d'ancêtres au regard sévère, et le sol de marbre noir résonnait sous leurs pas.

— Bienvenue dans la maison Malefoy, fit-il, presque solennellement.

Elle sentit son cœur s'accélérer légèrement. C'est ici que tout avait commencé pour elle... ou presque.

Drago lui prit doucement la main, un geste qui, bien qu'inattendu, semblait naturel dans le contexte. Elle le suivit à travers un couloir jusqu'à ce qu'ils atteignent un grand salon richement décoré.

— On va sûrement s'installer ici pour discuter, murmura-t-il en entrant.

Mais à peine avaient-ils franchi la porte que Drago s'arrêta brusquement. Ses parents étaient déjà là.

Lucius Malefoy était assis dans un fauteuil imposant près de la cheminée, son port toujours aussi droit et son expression impénétrable. Narcissa, quant à elle, se tenait debout près de lui, son regard perçant fixé sur les nouveaux arrivants.

Ashley sentit une vague de nervosité monter en elle. Pour la première fois depuis le début de cette journée, son sourire s'effaça légèrement.

Drago, lui, était figé. Ils les attendaient. Et il n'avait pas prévu cela.

— Drago, commença Lucius d'un ton calme, mais chargé d'une autorité qui faisait frissonner même son propre fils. Je vois que tu es arrivé.
— Oui, père, répondit Drago, sa voix légèrement plus tendue qu'il ne l'aurait voulu.

Les yeux de Narcissa glissèrent vers Ashley.

— Et tu as amené... une invitée, fit-elle d'un ton neutre, mais légèrement intriguée.

Ashley inspira profondément, essayant de calmer les battements affolés de son cœur. Elle s'efforça de garder son calme, même si l'atmosphère pesante du manoir commençait à s'abattre sur elle.

— Oui, mère, elle s'appelle Ashley dit Drago en déglutissant discrètement. Je crois que nous avons des choses à discuter.

Lucius leva les yeux vers Drago et Ashley, son expression inscrutable.

— Charmante compagnie, observa Lucius, son ton neutre ne trahissant ni approbation ni désapprobation.
— Père, dit Drago d'une voix un peu tendue, nous devons parler.

Narcissa, qui se tenait droite près de la cheminée, intervint avant que Lucius ne réponde.

— Je dois dire, vos cheveux, mademoiselle... Ils sont identiques à ceux de Drago, dit-elle, ses yeux brillant d'un mélange d'étonnement et d'analyse.

Ashley ne sut quoi répondre, et Drago s'avança légèrement, visiblement mal à l'aise.

— Nous sommes ici, reprit-il rapidement, parce que nous avons quelque chose à vous dire.
— Oh, mon chéri, pourquoi tant de sérieux ? demanda Narcissa, une pointe d'amusement dans la voix. Nous sommes ravis de voir que tu t'es enfin trouvé une compagne... et qui n'est pas cette irritante Pansy Parkinson, ajouta-t-elle avec un sourire discret.
— Ce n'est pas ce que vous croyez, mère, rétorqua Drago en levant les mains. Asseyez-vous, s'il vous plaît.

Lucius et Narcissa échangèrent un regard interrogatif, mais ils obéirent, s'installant sur les canapés en cuir. Drago fit signe à Ashley de s'asseoir près de lui, un geste qu'elle accepta, bien qu'elle se sente plus exposée que jamais.

Il inspira profondément, cherchant à maîtriser la tension dans sa voix.

— Mère, père... il se trouve que j'ai appris récemment que je ne suis pas le seul héritier Malefoy de cette famille, lâcha-t-il, ses mots tombant comme un coup de tonnerre.

Narcissa porta une main tremblante à ses lèvres, son regard passant rapidement entre son fils et Ashley.

Lucius, quant à lui, ne bougea pas, son expression se durcissant à vue d'œil.

— Je suppose que tu as des explications pour cette affirmation, Drago, dit-il d'un ton glacial.

Narcissa, cependant, semblait figée.

— Lucius... murmura-t-elle, ses yeux rivés sur Ashley.
— Oui, mère, poursuivit Drago, son ton plus ferme. Je parle d'Ashley. Elle... elle est ma sœur.

Narcissa inspira profondément, visiblement troublée. Lucius fronça les sourcils, ses traits devenant plus rigides.

— Je croyais que tu étais entre de bonnes mains, finit par dire Narcissa en fixant Ashley.
— Je l'étais, répondit Ashley doucement, mais mes parents adoptifs m'ont dit qu'il était temps pour moi de connaître ma vraie famille.

Elle sentit son courage vaciller sous le poids du regard intense de Lucius.

Narcissa inspira profondément, le regard fixé sur Ashley comme si elle voyait un fantôme.

— Nous n'étions pas prêts à élever une fille sous le règne du Seigneur des Ténèbres, dit-elle, sa voix marquée d'une tristesse qu'elle ne cherchait pas à dissimuler. Lucius et moi avons pris cette décision pour te protéger, toi et Drago.

Elle s'interrompit, ses mains se joignant nerveusement sur ses genoux.

— Après la naissance de Drago, continua-t-elle, j'ai découvert que j'étais de nouveau enceinte. Ce fut une surprise... et un bonheur, bien sûr. Mais à cette époque, le Seigneur des Ténèbres s'attendait à ce que toutes les familles de sang pur contribuent à son règne.

Elle détourna les yeux, sa voix se faisant plus hésitante.

— Lucius et moi savions que les garçons étaient entraînés pour devenir des soldats, des serviteurs de sa cause... Mais une fille ? Une fille aurait été soumise à des... attentes différentes, dit-elle, sa voix se brisant légèrement.

Lucius posa une main ferme sur son genou pour la soutenir, mais il garda son regard froid et inflexible.

— Nous ne pouvions prendre ce risque, conclut-elle en regardant Ashley droit dans les yeux. Alors, nous avons pris la décision de te confier à une famille qui pourrait t'aimer et te protéger mieux que nous ne le pouvions.

Drago, qui était resté silencieux jusque-là, se redressa brusquement.

— Et après la chute de Voldemort ? Pourquoi ne pas être allée la chercher ? Pourquoi me cacher cela pendant toutes ces années ?

Narcissa se tourna vers lui, ses yeux brillants d'émotion.

— Mon chéri, dit-elle doucement, la voix tremblante. Nous savions que le Seigneur reviendrait, et je ne pouvais pas l'arracher à la famille qui l'avait élevée. Ils avaient tant de mal à avoir un enfant... Je pensais qu'elle était heureuse, qu'elle avait trouvé un foyer aimant.

Ashley écoutait attentivement, son cœur partagé entre une profonde tristesse et une colère sourde.

— Vous n'avez aucune excuse pour m'avoir laissé dans l'ignorance, insista Drago.
— C'était... plus facile de garder le silence, répondit Narcissa après un moment. Te protéger signifiait aussi te préserver de cette vérité. Si le Seigneur des Ténèbres avait su...

Elle ne termina pas sa phrase, mais l'implication était claire. Drago serra les dents, se levant brusquement du canapé pour faire les cent pas.

— Tout cela n'a aucun sens, gronda-t-il. Vous avez fait tout cela en prétendant que c'était pour me protéger, mais vous m'avez privé d'une sœur !

Ashley détourna les yeux, incapable de supporter l'intensité du moment. Narcissa, quant à elle, semblait prête à pleurer, mais elle resta droite, fidèle à son rôle de maîtresse du manoir.

Lucius, enfin, rompit le silence d'un ton glacial :

— Maintenant que tu es ici, poursuivit Lucius en fixant Ashley, tu seras accueillie comme une Malefoy. Le Seigneur des Ténèbres appréciera une telle addition à notre famille.

Elle sentit son sang se glacer. Ce qu'elle redoutait était désormais clair : ils étaient restés fidèles à Voldemort. Elle était partagée entre la satisfaction d'être reconnue et l'angoisse de la situation. Les Malefoy semblaient étrangement chaleureux, mais leur passé et leur allégeance la mettaient mal à l'aise. Drago, de son côté, observait ses parents avec un mélange d'étonnement et de méfiance. Leur douceur soudaine, bien que rassurante, lui semblait presque trop belle pour être vraie.

Après leur conversation initiale, Narcissa insista pour montrer à Ashley quelques pièces emblématiques du manoir, notamment la bibliothèque familiale.

— Tu sais, dit Narcissa en effleurant les reliures anciennes, ces ouvrages contiennent toute l'histoire de notre famille, les victoires, les échecs, les alliances... Peut-être qu'un jour, tu souhaiteras en apprendre davantage.

Ashley acquiesça poliment, mais ses doigts hésitèrent à toucher les livres. Elle se demanda combien d'entre eux contenaient des secrets sombres liés à Voldemort.

— Alors, fit Drago en brisant le silence lourd, tu as un livre préféré ? Ou bien es-tu du genre à lire tout ce qui te tombe sous la main comme Granger ?

Ashley le fusilla du regard, mais un sourire se dessina sur ses lèvres.

— J'aime les livres, Drago, mais pas au point d'être comparée à Hermione... et je doute que cette bibliothèque contienne des romans légers.
— Probablement pas, répondit Drago en haussant les épaules, un sourire amusé au coin des lèvres.

Lucius, qui les observait à distance, intervint d'une voix mesurée :

— La lecture est une arme, Ashley. Ne sous-estime jamais le pouvoir du savoir.

L'après-midi se poursuivit avec un déjeuner dans la salle à manger, où Narcissa tenta de poser des questions plus personnelles à Ashley.

— Quelles matières préfères-tu à Poudlard ? demanda-t-elle avec un intérêt sincère.
— J'aime beaucoup la Métamorphose, répondit Ashley. Mais j'ai aussi découvert que la Botanique était plus intéressante que je ne le pensais.
— Intéressant, murmura Lucius en jouant distraitement avec sa coupe de vin. Et avec qui passes-tu le plus de temps à Poudlard ?

Le regard furtif que Drago lança à sa sœur n'échappa pas à Ashley. Elle sentit la tension monter, mais choisit de répondre honnêtement.

— J'ai des amis à Serpentard, mais aussi... chez les Gryffondors, avoua-t-elle timidement.

Lucius haussa un sourcil, mais Narcissa posa doucement sa main sur son bras, désamorçant une éventuelle réprimande.

— C'est bien, dit-elle simplement. Il est important d'avoir des alliés dans toutes les maisons.

Plus tard dans la journée, Drago invita Ashley à l'accompagner à une partie d'échecs version sorciers dans l'un des salons.

— Tu sais y jouer ? demanda-t-il en installant les pièces enchantées.
— Un peu, répondit-elle en haussant les épaules.

Le jeu commença avec des rires et quelques chamailleries. Drago ne pouvait s'empêcher de corriger chaque mouvement d'Ashley, ce qui la fit rouler des yeux.

— Tu sais, grand frère, tu n'es pas obligé de jouer au professeur avec moi, lança-t-elle avec un sourire en coin.
— Si je ne le fais pas, qui le fera ? répondit-il, feignant l'indifférence mais avec une lueur taquine dans les yeux.

À mesure que la journée avançait, Drago se surprit à apprécier la présence de sa sœur. Il lui montra également le jardin du manoir, où Narcissa les rejoignit pour une promenade.

— Ces roses, expliqua Narcissa, sont ici depuis des générations. Une tradition familiale que nous entretenons...

Ashley cueillit une rose blanche avec précaution, appréciant sa beauté délicate.

— Elles sont magnifiques, murmura-t-elle.

Drago, à côté d'elle, attrapa une rose rouge et la lui tendit.

— Celle-ci te va mieux, dit-il avec un sourire sincère.

Les échanges furent ponctués de moments où Drago se confia, un peu malgré lui. Alors qu'ils se retrouvaient seuls dans un coin du jardin, il murmura :

— Tu sais, Ashley... Je ne suis pas sûr de savoir comment être un bon frère. Je n'ai jamais eu à... protéger quelqu'un comme toi.

Elle posa une main sur son bras, lui offrant un sourire rassurant.

— Tu fais déjà un bon travail, Drago.

Le week-end se termina sur une note douce-amère. Ashley appréciait de mieux connaître ses parents biologiques, mais leurs allégeances restaient un poids lourd à porter. Elle se demandait si leur chaleur à son égard était sincère ou simplement stratégique. Drago, quant à lui, sentit une nouvelle responsabilité peser sur ses épaules : celle de protéger sa sœur dans un monde de plus en plus sombre.

En retournant à Poudlard, Ashley et Drago firent de leur mieux pour camoufler leur complicité, mais il était clair qu'ils avaient beaucoup changé. En seulement un week-end, ils étaient passés d'étrangers à de véritables complices. Ce soir-là, dans le dortoir de Drago, ils discutaient sur le lit de ce dernier.

— Pourquoi est-ce que vous détestez les Gryffondors ? demanda Ashley, curieuse. Je sais qu'il y a toujours eu une rivalité entre les maisons, mais pourquoi mes amis te posent tant de problèmes ?

Drago haussa les épaules, visiblement agacé.

— Oh, c'est compliqué. Une chance que t'as pas mentionné Potter devant mon père, il aurait explosé.
— Mais ça ne répond pas à ma question, insista-t-elle.

Il soupira, évitant son regard.

— Sainte-Potter avec ses exploits, Granger la Miss-Je-Sais-Tout insupportable, et Weasmoche... lui, c'est juste un pauvre imbécile.

Ashley fronça les sourcils.

— Tu es jaloux, Drago.

Il la fixa, incrédule.

— Jaloux ? Moi ? De Potter et ses larbins ?
— Oui, répondit-elle avec un sourire en coin. Mais ce sont mes amis, et j'aimerais que tu apprennes à les connaître.

Drago croisa les bras, l'air fermé.

— Écoute, je ne te demanderai jamais d'arrêter de leur parler, mais ne m'oblige pas à être proche d'eux.

Ashley ne se laissa pas démonter.

— Même pas pour moi ? demanda-t-elle, ses yeux suppliants prenant une allure de chiot abandonné.

Il détourna les yeux, incapable de soutenir ce regard.

— Je pourrais... les tolérer dans la même pièce que moi. Mais ne t'attends pas à ce qu'on devienne copains, lâcha-t-il finalement.

Ashley éclata de joie.

— SUPER ! Dans ce cas, j'aimerais te présenter officiellement à mes amis en tant que frère. Et puis, ils verront que tu n'es pas si méchant. On pourrait faire ça le week-end prochain, chez toi ?

Drago leva les mains, alarmé.

— Chez moi ? T'es complètement folle ? Mes parents accepteraient jamais des Gryffondor sous leur toit. Et puis, je n'ai rien à prouver à Potter et sa clique. Je tiens à toi, oui, mais pas à eux.

Ashley haussa les épaules avec insistance.

— Alors trouve un autre endroit.

Drago grogna, réfléchissant. Malheureusement, une idée lui vint immédiatement en tête.

— La Salle sur demande, dit-il finalement.
— La quoi ?
— La Salle sur demande. C'est une pièce secrète dans le château. Elle devient ce que tu veux ou ce dont tu as besoin.

Ashley applaudit presque.

— Oui, oui, oui ! Je veux voir ça. C'est parfait.

Il roula des yeux, résigné. Génial... une soirée avec Potter. Mon enfer commence, pensa-t-il en silence.

De retour dans sa chambre, Ashley écrivit des invitations rapides pour ses amis Gryffondor, leur demandant s'ils étaient disponibles pour une petite soirée privée. Elle permit à Drago d'amener quelques Serpentards pour qu'il ne se sente pas isolé. Ce détail, cependant, resta soigneusement omis dans les lettres envoyées au trio d'or.

Le soir de la fête, Ashley se tenait devant le mur où Drago lui avait décrit comment invoquer la Salle sur demande. Elle ferma les yeux, visualisant l'endroit parfait pour réunir ses deux mondes. Quand elle ouvrit les yeux, une porte ornée apparut devant elle. En entrant, elle fut époustouflée.

Un feu de cheminée crépitait doucement, jetant des reflets dorés sur les murs ornés de tapisseries anciennes. Des canapés bruns chocolat entouraient une table basse chargée de friandises et de boissons. L'atmosphère était chaleureuse et accueillante, exactement comme elle l'avait imaginé.

Le premier à arriver fut Théodore Nott, un sourire en coin sur le visage.

— Jolie mise en place, fit-il remarquer. Tu fais vraiment tout pour impressionner les Gryffondor.

Ashley lui tira la langue, mais continua de replacer nerveusement les coussins. Pendant qu'elle s'affairait, Théodore sortit discrètement un flacon de whisky pur feu qu'il vida dans le punch, un sourire malicieux au coin des lèvres.

Bientôt, Blaise, Pansy, et les autres Serpentards arrivèrent. Drago fit son entrée juste après, saluant nonchalamment tout le monde. Ashley jetait des coups d'œil nerveux vers la porte, espérant que ses amis Gryffondor ne tarderaient pas.

Quand la porte s'ouvrit de nouveau, Harry, Hermione, Ron et Ginny entrèrent, visiblement surpris par l'ambiance.

— Wow, Ash... t'as fait tout ça ? demanda Harry en balayant la pièce du regard.
— Pas toute seule, répondit-elle modestement.

Mais l'atmosphère changea dès que les Gryffondor remarquèrent les Serpentards installés autour du feu.

— Malefoy, grogna Ron, les poings déjà serrés.
— Weasley, répondit Drago avec un sourire narquois.

Ashley s'interposa rapidement, les mains levées.

— Pas ce soir, les gars. C'est une soirée pour se détendre et apprendre à se connaître. Vous pouvez le faire pour moi, non ?

Hermione échangea un regard sceptique avec Harry, mais ils acquiescèrent à contrecœur. Ashley se servit un verre de punch et invita les autres à faire de même.

— Délicieux ce punch ! dit-elle avec enthousiasme.

Comme elle s'y attendait, sur le canapé de gauche se trouvaient Pansy, Théo, Blaise et Drago, tandis que sur celui de droite étaient installés Ron, Hermione et Ginny. Ashley prit place sur le canapé central, face aux deux autres, et fit signe à Harry de s'asseoir à côté d'elle. Le survivant obéit, visiblement nerveux, rougissant au passage, ce qui n'échappa pas au regard perçant de Drago.

— Alors... lança Ashley, qu'est-ce qu'on peut bien faire pour briser cette glace ?
— On pourrait jouer à Action ou Vérité, proposa Pansy avec un sourire narquois.
— Pourquoi pas ! approuva Ashley. Nous aimions beaucoup ce jeu à Beauxbâtons, même si je n'y ai joué qu'entre filles. Allez, je commence. Ron, Action ou Vérité ?

Le rouquin la regarda comme si elle venait de le condamner.

— Pourquoi moi ? gémit-il avant de soupirer. Bon, Vérité.
— Parfait... Euh... As-tu déjà eu une copine ? demanda Ashley innocemment.

Ron ouvrit la bouche pour répondre, mais Drago le coupa immédiatement.

— Quelle question stupide ! On est déjà tous au courant de sa fabuleuse histoire avec Lavande Brown.

Ashley se tourna vers son frère, les sourcils froncés.

— Eh bien, MOI je n'étais pas au courant, figure-toi. Alors je pose les questions que je veux. Si tu veux des questions croustillantes, tu les poseras toi-même.

Hermione éclata de rire. Voir quelqu'un tenir tête à Drago Malefoy était rare, mais voir Ashley, sa propre sœur, le faire si naturellement était un spectacle jouissif. Elle nota avec satisfaction à quel point la jeune fille avait gagné en assurance depuis son week-end chez les Malefoy.

Ron grogna, gêné.

— Bon... Oui, j'ai déjà eu une copine. À mon tour. Zabini, Action ou Vérité ?

Blaise leva les yeux au ciel.

— Vérité. Je me méfie de vous, les lions.
— As-tu déjà conclu avec Parkinson ? lança Ron sans détour.

Les deux concernés s'exclamèrent en même temps :

— MAIS T'ES MALADE ? JAMAIS DE LA VIE !

Ron haussa les épaules, faussement innocent.

— Bah, je demande, c'est tout...
— Je ne suis pas désespérée à ce point ! répliqua Pansy, piquée au vif.

Blaise se tourna vers elle avec un sourire en coin.

— Très bien, Pans. Action ou Vérité ?
— Action, évidemment. Je ne suis pas une trouillarde, moi.

Blaise éclata de rire, son regard brillant de malice.

— Très bien, tu dois finir ton verre de punch d'un coup et aller en resservir un autre pour tout le monde.

Pansy attrapa son verre et l'avala cul-sec sans broncher avant de se lever avec un sourire triomphant.

— Trop facile ! lança-t-elle avant de s'éloigner pour remplir les verres.

Ashley la regarda partir, légèrement inquiète de sa facilité à boire le punch. Le whisky pur feu commençait à faire son effet. Quand Pansy revint, son regard se posa sur Harry avec une lueur espiègle.

— À ton tour, Potter. Action ou Vérité ?

Harry se redressa, méfiant.

— Vérité.
— As-tu des sentiments pour quelqu'un ? demanda Pansy, un sourire en coin.

Harry rougit furieusement, cherchant ses mots.

— Euh... Peut-être... oui...

Ginny, qui était assise à côté de Ron, détourna rapidement les yeux, le rouge lui montant aux joues. Son cœur se serra. Elle espérait que cette révélation concernait elle, mais elle n'osait pas y croire. Hermione, quant à elle, se sentit immédiatement mal à l'aise. Elle savait exactement à qui Harry pensait, et ce n'était pas Ginny.

Ashley, de son côté, sentit son cœur battre plus vite. Elle jeta un regard furtif à Harry, ses pensées tourbillonnant. Pouvait-il vraiment parler d'elle ? Son esprit cherchait des signes, des indices dans son comportement. Elle prit une longue gorgée de son verre pour cacher son trouble, se promettant de ne pas tirer de conclusions trop hâtives.

Hermione, voyant l'atmosphère tendue, intervint rapidement pour détourner l'attention.

— Bon, Harry, à ton tour !

Harry, visiblement soulagé, s'éclaircit la gorge.

— Oui ! Euh... Nott, Action ou Vérité ?

Théodore haussa un sourcil.

— Action.
— Tu dois lécher l'orteil de Parkinson.
— Beurk, c'est dégoûtant, protesta Nott, mais les Gryffondors le pressèrent de le faire en chœur.

Sous les rires de toute l'assemblée, Théodore s'exécuta, Pansy riant aux éclats. Drago était plié en deux de rire, les larmes aux yeux. Mais Nott n'avait pas dit son dernier mot.

— Très bien, Drago. Action ou Vérité ?

Drago redressa la tête, son sourire s'étirant.

— Action. Je n'ai pas peur de toi, Nott.

Un sourire diabolique illumina le visage de Théodore.

— Tu vas... tu vas embrasser Granger.

Un silence tomba immédiatement dans la pièce. Hermione déglutit, le rouge lui montant aux joues. Ron serra les poings, prêt à sauter à la gorge du Serpentard. Quant à Drago, il resta figé un instant, blême, avant de lancer un regard noir à son camarade.

— Ok, peut-être qu'on devrait changer de jeu, intervint Ashley en cherchant le regard approbateur d'Harry.
— Ouais, excellente idée, ajouta ce dernier, visiblement mal à l'aise.

Alors que tout le monde commençait à murmurer pour trouver une alternative, Drago se leva lentement, sa voix brisant le murmure :

— Je ne suis pas un trouillard. Je vais le faire.

Toutes les têtes se tournèrent vers lui, choquées. Hermione, en particulier, ouvrit de grands yeux, incrédule. Le prince des Serpentards allait vraiment faire ça ? Lui, fils de Mangemort, allait embrasser une née-moldue ?

— Hé, si je n'en ai pas envie, Malefoy, c'est mon droit ! s'insurgea Hermione, essayant de masquer son trouble.
— Je croyais que les lions étaient courageux et ne fuyaient jamais le danger, lança Drago avec un sourire narquois. Ressens-tu un certain danger, Granger ?

Ces mots suffirent à raviver l'orgueil de la lionne. Elle se leva à son tour, les bras croisés, plantant ses pieds fermement au sol.

— Très bien, fait-le, Malefoy, si tu en es capable, répondit-elle d'un ton défiant.

Un sourire satisfait étira les lèvres du blond. Lentement, il s'approcha d'elle, ses gestes délibérés, presque calculés. Il semblait savourer chaque seconde de tension qui emplissait la pièce. Hermione, bien qu'elle tentât de garder son calme, sentit son cœur s'accélérer. Puis, contre toute attente, il posa délicatement ses mains sur son visage et déposa un baiser rapide, presque chaste, sur ses lèvres.

— HÉÉÉÉ ! s'écria Blaise. C'est un bisou de grand-mère, pas un vrai baiser !

Les éclats de rire résonnèrent autour d'eux, mais Drago, le regard noir, se retourna vers Blaise.

— Tu veux un vrai baiser ? Prends des notes, Zabini, rétorqua-t-il avant de faire volte-face vers Hermione.

Il s'avança à nouveau, plus déterminé cette fois, et avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, ses lèvres rencontrèrent les siennes. Mais ce n'était pas un simple baiser. C'était un baiser chargé d'intensité, de défi et, étrangement, d'émotion. Hermione écarquilla les yeux avant de se laisser emporter, fermant lentement les paupières. Elle sentit sa main sur sa taille, l'attirant un peu plus près. L'électricité qui circulait entre eux semblait presque palpable, rendant l'air lourd de tension.

Quand leurs lèvres se séparèrent, un silence abasourdi régna dans la pièce.

— Maintenant, ça va ? demanda Drago d'un ton sec, se tournant vers Blaise avec un sourire triomphant.
— Euh, ouais... mec... marmonna ce dernier, encore sous le choc.

Tout le monde semblait paralysé, les filles rêvant de vivre un tel moment, tandis que les garçons se demandaient comment ils pourraient rivaliser avec ça. Hermione, elle, semblait ailleurs. Elle passa sa langue sur ses lèvres, encore étourdie par ce qui venait de se produire.

— Bon, pas que je veuille jouer les rabat-joie, mais il est tard. On ferait mieux de rentrer avant que Rusard ne nous tombe dessus, déclara Ginny pour briser le malaise.
— Mione, ça va ? murmura Harry, remarquant son air absent.

— Oui, oui... tout va bien. Je vais... aller dormir, balbutia-t-elle en évitant les regards.

Puis, se tournant vers Drago avec une pointe de détermination :

— Malefoy, viens avec moi. On doit parler. Maintenant.

Ashley échangea un regard surpris avec son frère, mais d'un hochement de tête, elle lui fit comprendre qu'il pouvait partir. Elle regarda Hermione s'éloigner avec Drago, un sourire en coin. Peut-être que son frère et son amie avaient plus en commun qu'ils ne le pensaient.

Quand Harry s'approcha pour aider à ranger, Ashley se tourna vers lui, les joues roses.

— Alors... tu es resté silencieux pendant tout ça, Potter. Pas de jalousie ? le taquina-t-elle doucement.

Harry rougit violemment, cherchant ses mots, alors qu'un sourire malicieux dansait sur les lèvres de la jeune blonde.

— As-tu besoin d'aide ? demanda-t-il pour détourner la conversation.
— Oh, j'en serais ravie, répondit Ashley, son sourire s'adoucissant tandis qu'elle rougissait légèrement.

Ils commencèrent à ranger ensemble, Harry attrapant les coupes vides et Ashley s'occupant des coussins éparpillés.

— Tu sais, murmura Harry après un moment, je suis convaincu que quelqu'un a mis de l'alcool dans le punch.

Ashley éclata de rire, posant une main sur sa bouche pour étouffer son éclat.

— Oh, tu l'as remarqué aussi ? Je trouvais qu'il avait un goût... surprenant !

Harry rigola à son tour, hochant la tête. Puis il se tourna vers elle, son visage devenant plus sérieux.

— Écoute, Ashley, je... je voulais te dire quelque chose.

Elle posa les coussins et se redressa, croisant son regard avec curiosité.

— Je t'écoute, Harry.

Il inspira profondément, son cœur battant la chamade.

— Eh bien... je sais que ça ne fait pas longtemps qu'on se connaît tous les deux, mais... tu me plais. J'aimerais apprendre à mieux te connaitre. Et Hermione m'a dit que la meilleure chose à faire était de venir t'en parler. Il baissa les yeux, ses mots se précipitant. Je ne suis pas très doué pour ce genre de choses. Et puis, tu es la sœur de Malefoy, et je me disais...

Ashley leva une main, coupant doucement sa tirade.

— On se fiche de mon frère, Harry, répondit-elle avec assurance. Il fait partie de ma vie depuis cinq minutes. Je décide bien de ce que je veux, tu ne crois pas ?

Un sourire timide éclaira son visage, et elle continua, presque murmurant :

— Tu me plais aussi... mais je croyais qu'il y avait quelque chose avec Ginny.
— Oh, non ! Ginny est comme une sœur pour moi, vraiment. Elle est la petite sœur de Ron, et je la vois plus comme de la famille qu'autre chose.

Ashley sourit, visiblement soulagée.

— Je vois... Eh bien, on pourrait commencer doucement, non ? Peut-être un rendez-vous ?

Harry hocha la tête, les yeux brillants.

— Bonne idée. Qu'aimerais-tu faire ? Et quand ?
— Surprends-moi, répondit-elle avec un clin d'œil.

Elle s'approcha doucement, déposa un baiser léger sur sa joue et chuchota :

— Merci pour ton aide, Harry. À bientôt.

Puis elle quitta la pièce, son cœur léger, flottant presque sur le chemin de son dortoir. Elle avait enfin entendu Harry lui avouer ses sentiments. Une journée parfaite : un frère protecteur, des amis incroyables, et Harry Potter. Que demander de plus ?

Hermione était étendue sur son lit, les yeux rivés sur le plafond. Sa tête bourdonnait, ses pensées revenant inlassablement à ce qui s'était passé. Ce baiser. Pourquoi diable avait-elle répondu à ce baiser ? Pourquoi avait-elle apprécié chaque seconde de cet échange ?

— Ressaisis-toi, Hermione ! murmura-t-elle à voix haute, se redressant légèrement. C'est Malefoy. MALEFOY !

Elle roula sur le côté, les joues brûlantes, essayant en vain de calmer les battements effrénés de son cœur.

Dans le dortoir des Serpentards, Drago était couché sur son lit, les bras croisés derrière la tête, ses pensées le tenaillant. Blaise, sur le lit voisin, lança un regard vers lui.

— T'y es allé fort ce soir, Dray, dit le métis avec un sourire moqueur.

Drago grimaça.

— Je ne sais pas ce qui m'a pris. C'était... étrange. Pendant une seconde, j'ai eu l'impression de perdre tout contrôle, et pourtant, c'était... agréable.
— Tu ne vas pas tomber amoureux de Granger, hein ? ricana Blaise.

Drago se redressa, le fusillant du regard.

— T'es malade ! Bien sûr que non ! Granger ? Une sang-de-bourbe ? C'est ridicule !

Blaise haussa un sourcil, sceptique, mais n'insista pas.

— Bonne nuit, Drago.
— Bonne nuit, Blaise.

Drago s'étendit à nouveau, fixant le plafond. Ses pensées tournaient en boucle. Granger. Ce baiser. La chaleur étrange qu'il avait ressentie. Les poules auront des dents avant que je tombe amoureux de Granger, se répéta-t-il, comme pour se convaincre.

Mais dans un coin de son esprit, une petite voix murmurait: Et si ce n'était pas si ridicule que ça ?