Le lendemain matin fut difficile pour nos joyeux fêtards. Les résidus de la soirée semblaient encore peser sur les épaules d'Ashley alors qu'elle se leva lentement. Elle entra dans la salle de bain, laissant la chaleur de la douche balayer les réminiscences de la veille. L'eau chaude glissa sur sa peau, dissipant sa fatigue tout en réveillant ses esprits.
En sortant, elle s'enroula dans une serviette moelleuse et se dirigea vers la porte avec un soupir de contentement. Mais en l'ouvrant, elle tomba nez à nez avec deux figures familières : Goyle et Crabbe, plantés là avec des sourires narquois qui ne promettaient rien de bon.
— Salut Malefoy fille, fit Crabbe, son ton faussement amical.
Ashley haussa un sourcil, croisant les bras pour masquer son inconfort.
— Oh, c'est vous... Goyle, Crabbe. Excusez-moi, je dois aller m'habiller.
Crabbe ne bougea pas, un sourire lourd de sous-entendus étirant ses lèvres.
— T'es bien foutue, dit donc, marmonna-t-il avec un regard appuyé.
— Ouais, c'est vrai, continua Goyle avec un ricanement, il serait bien dommage que cette serviette s'envole.
Ashley sentit la chaleur monter à ses joues, mais pas de honte. De la colère. Elle resserra sa serviette autour d'elle, ses sourcils se fronçant sous l'effet du mépris.
— Bon, ça suffit les gars ! se défendit-elle d'une voix ferme. Poussez-vous.
Ils la regardèrent sans bouger, leurs ricanements s'éteignant doucement mais leurs regards persistant. Ashley dut les pousser doucement sur le côté pour se frayer un chemin et s'enfermer dans son dortoir. Adossée à la porte, elle inspira un grand coup pour calmer son cœur battant. « Pourquoi Crabbe et Goyle avaient-ils agi comme des crétins ? » se demanda-t-elle. Ils étaient des abrutis, certes, mais jamais elle ne les avait vus ainsi... si malaisants.
Décidée à ne pas se laisser perturber, elle s'empressa de mettre sa robe de sorcier, sécha rapidement ses cheveux et quitta son dortoir, direction : La Grande Salle.
Lorsqu'elle entra dans la vaste pièce, elle aperçut les deux imbéciles assis plus loin à la table des Serpentards avec Millicent. Faisant mine de les ignorer, elle alla s'asseoir près de son frère, Drago.
— Ça t'en a pris du temps, Ash, déclara Drago en mordant dans une tranche de pain grillé.
— Oh... j'ai pris trop de temps sous la douche, et je n'ai pas vu le temps passer, dit-elle, évitant soigneusement d'évoquer l'épisode dérangeant du matin.
— Ah ! Les filles ! ria Blaise en roulant des yeux, tout en se servant une tasse de café.
Ils rigolèrent tous les trois ensemble, le brouhaha de la salle emplissant l'air. Mais à quelques places de là, Pansy observait Ashley avec une lueur d'envie dans les yeux. « Drago fait tellement attention à elle... et Blaise aussi,» pensa-t-elle, mordillant distraitement un croissant. Elle avait l'impression que la jeune blonde lui avait volé sa place au sein du trio.
Cherchant à détourner ses pensées, son regard se posa sur la table des Gryffondors. Elle s'aperçut alors qu'un rouquin la fixait intensément. Ron Weasley. Ses sourcils se froncèrent brièvement lorsqu'elle réalisa qu'il l'observait depuis un moment. Merde..., se maudit-elle. Il m'a vue en pleine faiblesse.
De l'autre côté, Ron esquissa un sourire. Alors comme ça, la reine des glaces possède de la chaleur au fond de son cœur, pensa-t-il, amusé par ce qu'il considérait comme un rare moment d'humanité de Pansy Parkinson.
— Alors, on a quoi aujourd'hui ? demanda Ron à ses camarades, tout en mordillant un morceau de pain grillé qu'il tenait d'une main.
— Oh, on a Potions ce matin... je n'ai pas envie d'y aller, souffla Hermione en roulant des yeux, tout en ajustant les livres dans ses bras.
— Hermione ! Depuis quand n'as-tu pas envie d'aller en cours ? lui demanda son meilleur ami, surpris. Ça va ? Tu te sens bien ?
— Ce n'est pas le cours qui m'ennuie... je n'ai pas envie de croiser la fouine, se plaignit la lionne, une moue de dégoût collée à son visage. On dirait que tous nos cours sont avec Serpentard cette année.
— Ouais, après le baiser d'hier, je comprends que ça puisse te gêner un peu, ricana Harry, un éclat amusé dans le regard alors qu'il ajustait ses lunettes.
— Oh la ferme, Harry, répondit Hermione en lui donnant un coup de coude, bien que ses joues aient légèrement rosies.
— Si tu veux, je peux lui refaire le portrait à Malefoy, proposa Ron avec enthousiasme, serrant les poings comme s'il était déjà prêt à passer à l'action.
— Harry, occupe-toi donc de ton futur rendez-vous avec la gentille Malefoy, répliqua Hermione avec un sourire malicieux, tentant de changer de sujet.
— Tu as le béguin pour Ashley ? demanda Ron, qui n'était visiblement pas au courant de leurs petits secrets. Ses yeux s'élargirent d'étonnement, une miette de pain tombant de sa bouche.
Harry haussa les épaules, légèrement embarrassé.
— Ouais... j'en ai glissé un mot à Mione parce qu'elle m'a découvert. T'inquiète Ron, j'allais t'en parler. Elle m'a dit de la surprendre comme premier rendez-vous, mais je n'ai aucune idée de quand ni quoi faire avec elle.
— T'as pas à t'en faire, Harry, t'as ça dans le sang ! répondit Hermione en lui lançant un clin d'œil.
Les trois amis se dirigèrent ensuite vers la salle de classe, le couloir bondé d'élèves échangeant des murmures et des rires. Hermione entra la première et alla s'installer au premier bureau devant. Elle déposa soigneusement ses livres sur la table et s'apprêta à s'asseoir lorsqu'une voix sonore retentit derrière elle.
— Miss Granger, je vous prierais de rester debout.
— Euh... pourquoi, Professeur ? demanda-t-elle gentiment, intriguée, ses sourcils se levant légèrement.
— Aujourd'hui, sous les ordres de Dumbledore, je dois moi-même choisir les binômes et ce, pour le restant de l'année, annonça Slughorn avec un sourire satisfait, comme s'il savourait cette mission.
— Oh non..., murmura Harry en soupirant, sentant déjà l'inévitable arriver. Je suppose que les Gryffondors seront jumelés aux Serpentards...
— Monsieur Potter, vous avez un sens de la déduction très aiguisé. C'est une des qualités que j'appréciais énormément chez votre mère, ajouta le professeur avec un sourire presque nostalgique.
— Merci, Professeur...
Harry soupira une nouvelle fois. Les élèves, entassés les uns contre les autres, attendaient nerveusement que Slughorn révèle les binômes, des murmures inquiets emplissant l'air. Les regards se croisèrent, certains pleins d'espoir, d'autres de crainte.
— Très bien alors, restez calme, je vais vous départir pour chacun des sièges, annonça le professeur Slughorn, son regard pétillant de malice.
— J'espère que je ne serai pas avec St-Potty ou Weasmoche... ou pire, la Sang-de-Bourbe, ajouta Malefoy d'un ton méprisant, un sourire suffisant étirant ses lèvres.
— Oh tu sais... chuchota Blaise avec un sourire en coin, être avec la Miss-Je-Sais-Tout pourrait avoir du bon. C'est elle qui a les meilleures notes.
— Hé, c'est de mon amie que vous êtes en train de parler, réprimanda Ashley, en donnant à chacun un petit coup sur la tête.
Drago grogna en se frottant le crâne, tandis que Blaise éclata d'un rire discret.
Le professeur de potions s'éclaircit bruyamment la gorge, imposant le silence dans la salle. Tous les regards se tournèrent vers lui.
— Très bien alors... Miss Parkinson, vous serez avec Ronald Weasley, annonça-t-il d'une voix forte.
— Oh non... pas l'abruti, répliqua Pansy en levant les yeux au ciel, clairement outrée.
— HÉÉÉÉ, tu sais ce qu'il te répond l'abruti ! s'écria Ron, rouge de colère, déjà prêt à en découdre.
— Ron, reste tranquille, chuchota Hermione en tirant sur la manche de sa robe. Elle lança un regard sévère à son ami, mais ses lèvres tremblaient, trahissant son amusement.
Slughorn soupira avant de poursuivre.
— Monsieur Zabini, avec Monsieur Potter.
Harry échangea un regard hésitant avec Blaise, qui haussa un sourcil avec une expression indéchiffrable, comme s'il évaluait son futur partenaire.
— Miss Malefoy, poursuivit Slughorn, vous serez avec Monsieur Londubat.
Ashley esquissa un sourire sincère, croisant le regard de Neville. Ils avaient déjà échangé quelques mots en botanique, et elle se souvenait de son honnêteté et de sa gentillesse.
— On fera une bonne équipe, Neville, dit-elle simplement.
Neville sembla rougir légèrement, mais il répondit d'un ton assuré :
— Oui, je suis sûr qu'on s'en sortira très bien.
Drago, observant la scène depuis sa place, eut un rictus.
— Tiens, voilà qu'Ashley adopte les cas sociaux maintenant, murmura-t-il à Blaise.
Ashley lui lança un regard glacial, mais se retint de répondre, préférant ignorer sa pique.
— Miss Granger, vous serez avec Monsieur Malefoy, continua Slughorn, comme si de rien n'était. Demande obligatoire du directeur.
— QUOI !? firent les deux concernés d'une même voix, leurs exclamations faisant sursauter plusieurs élèves.
Hermione se redressa, indignée.
— Pourquoi Dumbledore voudrait-il nous placer ensemble ? demanda-t-elle, son ton teinté de frustration.
— Je ne sais pas, Miss Granger, répondit le professeur avec un sourire amusé, mais je trouve que c'est une excellente idée vu vos réactions. Je suis sûr que vous vous débrouillerez très bien.
— Vous aimez la torture, à ce que je vois... marmonna-t-elle en croisant les bras, lançant un regard noir à Malefoy.
Le cours débuta dans une tension palpable. Chaque duo travaillait sur sa potion avec plus ou moins de coopération, mais les paires imposées étaient loin d'être harmonieuses.
Cinq minutes avant la fin, la tension explosa enfin.
— Oh Malefoy, tu ne pourrais pas faire attention où tu mets les pieds ? Tu m'écrases les orteils ! gémit la lionne en frottant son pied.
— Arrête de te plaindre, Sang-de-Bourbe, tu devrais être heureuse que j'ai osé te toucher avec mes pieds propres, rétorqua Drago avec un sourire moqueur.
— NON MAIS TU LA FERMES OUI ! s'écria Hermione, à bout de patience.
— JAMAIS ! lança Malefoy avec défi.
— J'EN PEUX PLUS DE TES INSULTES, CRÉTIN.
— MOI J'EN PEUX PLUS DE TE SUPPORTER, IDIOTE !
— HÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ! POUVEZ-VOUS ARRÊTER DE CRIER ?
Tout le monde se tut brusquement. Neville, rouge jusqu'aux oreilles, venait de crier pour la première fois de sa vie. Hermione resta bouche bée, incapable de concevoir que Neville Londubat puisse perdre son calme.
— Merci, reprit-il, d'un ton agacé mais mesuré. On ne s'entend plus parler à cause de vos chamailleries. C'est énervant à la longue.
Le silence retomba sur la classe. Drago, cependant, ne put s'empêcher d'ajouter, sa voix faussement innocente :
— Tu sais, Granger, je prends des notes sur ta manière... fascinante d'écraser un scarabée. Peut-être que je devrais te demander des cours particuliers ?
Hermione, toujours furieuse, lui lança un regard assassin, mais le professeur Slughorn les interrompit :
— Ça suffit, Monsieur Malefoy. Et vous aussi, Miss Granger. Je ne veux plus entendre un mot.
La cloche sonna juste après, marquant la fin du cours. Tous se précipitèrent hors de la salle, laissant une Hermione et un Drago visiblement encore en conflit.
Ils se retrouvèrent tous deux coincés dans l'encadrement de la porte, chacun voulant passer le premier.
— Bouge, Malefoy, grogna-t-elle.
— Pas avant toi, Granger, lança-t-il avec un sourire suffisant.
Finalement, Hermione soupira et céda, laissant le Serpentard passer. Il lui adressa un regard hautain et un sourire moqueur en sortant.
Plusieurs semaines se sont écoulées depuis ce fameux jour. Le serpent et la lionne ne s'entendaient toujours pas, mais Drago s'était considérablement rapproché de sa sœur. Ils étaient devenus inséparables, et il semblait enfin apprécier sa présence dans sa vie. Les week-ends, ils se rendaient fréquemment au Manoir pour visiter leurs parents. Une image de famille heureuse semblait doucement se dessiner. Lucius, au plus grand soulagement de ses enfants, ne faisait plus allusion au Seigneur des Ténèbres. Malgré cela, un malaise persistait, mais aucun des membres de la famille n'évoquait le sujet.
Pansy, bien qu'ayant initialement montré de la jalousie envers Ashley, avait fini par l'accepter dans le groupe. Elles s'entendaient de mieux en mieux, même si leur amitié n'atteignait pas la complicité qu'Ashley partageait avec Hermione. Ashley, de son côté, essayait en vain de réconcilier son frère et sa meilleure amie. Elle avait espéré que l'histoire du baiser entre eux apaiserait les tensions, mais cela semblait au contraire empirer les choses de jour en jour.
Un matin, Harry, Ron et Hermione se dirigèrent à nouveau vers le cours de potions.
— Prête à te retrouver encore avec la fouine ? ricana Ron, son sourire moqueur éclairant son visage.
— Oh, tu sais, j'en ai marre de lui. J'avais cru pouvoir m'habituer à sa présence, mais son arrogance me démange, répondit Hermione avec un soupir.
— Mione, courage ! lança Harry en tapotant son épaule.
— Je sais, c'est ce que je me dis à chaque cours de potions, murmura-t-elle en serrant son livre contre elle.
Ils entrèrent dans la classe, et Hermione alla rejoindre son binôme habituel. Drago était déjà installé, ses affaires soigneusement disposées devant lui. Il leva les yeux vers elle avec un sourire narquois.
— Alors, Granger... prête pour la potion qui tue ? lança-t-il.
— De quoi est-ce que tu parles, Malefoy ? répondit-elle, exaspérée avant même que le cours ne commence.
— Aujourd'hui, on apprend comment faire la potion qui te rendra folle de mon corps, dit-il en ricanant.
— Tu peux toujours rêver, idiot, répondit Hermione en roulant des yeux.
Slughorn annonça que la classe travaillerait sur l'Amortentia, ce qui provoqua une vague d'excitation chez les élèves. Partout, les filles gloussaient et murmuraient à propos de l'effet de la potion et sur qui elles pourraient l'utiliser.
Hermione ouvrit son manuel et commença à lire les instructions. Drago, de son côté, feuilletait distraitement les pages sans prêter réellement attention.
— Allez, sale fouine, tu ne fais pas ça comme il le faut, grogna Hermione en observant Drago écraser des ingrédients. Regarde un peu les instructions, ça dit de couper en deux et non d'écraser.
— C'est toi qui mets trop de ce truc, rétorqua Drago en pointant une bouteille étrange qu'elle tenait dans les mains.
— Oh non, la couleur n'est pas du tout comme elle est censée être, réalisa Hermione, les yeux rivés sur le chaudron qui dégageait une fumée grisâtre.
— NON, c'est vrai ? ajouta Drago avec un sarcasme appuyé.
— TU NE M'AIDES PAS DU TOUT, MALEFOY ! s'écria-t-elle en tapant du pied.
— Et toi, tu rends tout pire avec tes ordres incessants, Granger ! répondit-il, les bras croisés.
— Bon, les jeunes, ça suffit, coupa le professeur Slughorn, exaspéré. Sortez de mon cours immédiatement. Je suis très déçu de votre comportement, Miss Granger. Vous étiez une de mes plus brillantes élèves jusqu'à présent.
— Je suis sincèrement désolée, professeur. On va se tenir tranquille, tenta Hermione.
— Non, Miss, cela distrait les autres, et de toute façon... ajouta-t-il en observant leur chaudron, vous avez déjà raté la potion. Allez, sortez, s'il vous plaît.
Les deux fautifs quittèrent la classe en silence, chacun se dirigeant vers sa salle commune sans un mot ni un regard pour l'autre.
Pendant ce temps, Ashley et Neville travaillaient calmement sur leur potion.
— Tu es sûr que je dois mélanger dans le sens des aiguilles d'une montre ? demanda Neville, concentré.
— Absolument. Fais-le doucement et surveille les changements de couleur, répondit Ashley avec un sourire encourageant.
Neville suivit ses instructions à la lettre, et leur potion prit une teinte parfaite, brillante et nacrée.
— On a réussi ! s'exclama-t-il, ravi.
— Je savais qu'on ferait une bonne équipe, dit Ashley en lui donnant un léger coup de coude.
Ron et Pansy, quant à eux, peinaient à obtenir une potion correcte.
— Ça ne sent pas comme ça devrait, fit remarquer Pansy en fronçant le nez.
— Non, mais c'est toi qui as mal compté les gouttes ! répondit Ron.
— Moi ? C'est toi qui as mis ce machin louche là-dedans ! dit-elle en désignant un ingrédient non identifié.
De l'autre côté de la classe, Blaise et Harry avaient également réussi leur potion sans encombre, tandis que Seamus provoqua une explosion spectaculaire qui projeta des ingrédients partout.
— Hey Potter ? demanda Blaise d'un ton détaché, tout en surveillant sa potion.
— Qu'est-ce que tu me veux, Zabini ? répondit Harry, sans lever les yeux de son chaudron.
— Eh... Drago avait dans l'idée d'organiser une soirée pour Ashley. C'est son anniversaire qui arrive... Nous savons que c'est votre amie, et elle apprécierait beaucoup que vous soyez là. Je vous lance l'invitation, car je sais que Drago ne le fera jamais.
Harry plissa les yeux, surpris par cette initiative.
— Qui je dois inviter ?
— Bah, Weasley, Londubat... et, au plus grand malheur de Drago, Granger, répondit Blaise avec un sourire en coin.
— Très bien. On y sera, répondit Harry avec un hochement de tête.
— Je t'enverrai un hibou, conclut Zabini avant de retourner à sa potion.
Le week-end arriva rapidement, et tous étaient désormais au courant de la fête surprise prévue pour Ashley. Tous, sauf la principale concernée, bien entendu. Le trio d'or était en route vers le manoir Malefoy.
— Ça me fout la chair de poule d'aller chez la fouine, pas vous ? demanda Ron, le visage renfrogné.
— Un peu. Je n'ai pas envie de croiser Lucius, avoua Harry.
— Courage, les garçons. Ce n'est pas si difficile. Je me coltine bébé Malefoy à chaque cours de potions, je vous rappelle, répondit Hermione avec un soupir.
— Ouais, t'as raison, Mione. T'es la pire d'entre nous, lâcha Ron en ricanant.
— Merci, Ronald... vraiment ! répliqua Hermione, les yeux levés au ciel.
Quand ils arrivèrent, un elfe de maison vint leur ouvrir la porte.
— Bonjour, commença Hermione, nous venons pour la fête d'Ashley.
— Bonjour, Miss. Oui, je vais chercher mon maître, répondit l'elfe avant de disparaître.
Quelques instants plus tard, Drago apparut avec son habituel air nonchalant.
— Ah, il ne manquait plus que vous trois, grogna-t-il.
— Merci de l'accueil, Malefoy, cracha Hermione.
— Oh, ne commencez pas tout de suite, intervint Harry en levant une main pour apaiser les tensions.
Hermione se tut, fixant Harry avec de grands yeux. Depuis quand ne prenait-il pas sa défense ? Ils entrèrent dans l'immense manoir et suivirent Drago jusqu'au salon, où tous les autres invités étaient déjà regroupés.
— Bon, commença Drago en prenant la parole. Ashley est dans sa chambre et n'a aucune idée de ce qui se trame ici. Je vais envoyer l'elfe la chercher, et on lui fait la surprise lorsqu'elle descendra.
Hermione croisa les bras, son regard s'assombrissant.
— Pourquoi tu ne vas pas la chercher toi-même ? s'indigna-t-elle. Ce n'est pas à l'elfe de faire ça !
Drago haussa les sourcils, surpris par sa remarque.
— Oh, Granger, tu vas te taire. Si j'y vais moi-même, ce sera beaucoup trop louche, car je ne fais jamais ça !
— Et tu trouves ça normal ? poursuivit Hermione. Tu pourrais au moins...
— Hermione, on en parlera une autre fois, coupa Harry en posant une main sur son épaule.
Hermione serra les lèvres, mécontente, mais resta silencieuse. Drago roula des yeux et fit signe à l'elfe, qui disparut immédiatement pour aller chercher Ashley.
Quelques instants plus tard, Ashley descendit les escaliers. Elle portait une robe simple mais élégante, ses longs cheveux blonds tombant en vagues soyeuses sur ses épaules. Lorsqu'elle franchit la porte du salon, elle s'arrêta net, stupéfaite.
— SURPRISE ! crièrent tous ses amis en chœur, leurs voix résonnant dans la grande pièce.
Ashley cligna des yeux, bouche bée, tandis que son regard balayait la pièce décorée. Des guirlandes argentées et vertes ornaient les murs, et une grande table regorgeait de douceurs, de boissons, et même d'un immense gâteau avec son prénom écrit en lettres dorées.
— OH MON DIEU ! Vous êtes malades ! s'exclama-t-elle, la voix tremblante d'émotion. Ses yeux s'emplirent de larmes qu'elle essuya rapidement, un sourire rayonnant éclairant son visage.
Elle s'avança dans la pièce, saluant tour à tour ses amis et remerciant chacun d'entre eux. Lorsqu'elle posa les yeux sur son frère, elle s'arrêta, saisie par l'expression qu'il arborait. Drago lui souriait, mais pas de son habituel sourire narquois ou suffisant. C'était un sourire sincère, empli de tendresse et de fierté. Elle sentit son cœur se serrer d'émotion.
Hermione, qui observait la scène, laissa échapper une exclamation discrète, presque un souffle.
— Qu'est-ce qu'il y a, Granger ? demanda Pansy, qui se tenait à ses côtés.
Hermione tourna la tête vers elle, encore sous le choc.
— Je... je n'ai jamais vu Malefoy sourire comme ça. C'était... sincère, murmura-t-elle.
Pansy haussa un sourcil, amusée.
— C'est vrai que ça le change, hein ? lança-t-elle en croisant les bras. Mais c'est juste pour sa sœur. Pas la peine de te faire des idées, ajouta-t-elle avec un clin d'œil moqueur.
Hermione secoua la tête, gênée. Elle n'avait jamais envisagé Drago sous cet angle, et cette nouvelle facette la déconcertait plus qu'elle ne voulait l'admettre.
De l'autre côté de la pièce, Ashley se jeta dans les bras de son frère et le serra brièvement contre elle.
— C'est toi qui as organisé tout ça pour moi ? demanda-t-elle, une pointe d'étonnement dans la voix.
Drago haussa légèrement les épaules, tentant de masquer son embarras.
— Oui, tu es ma petite sœur, et j'avais envie de te faire plaisir, répondit-il simplement.
— Oh merci, Drago ! En plus, tu as invité mes amis de Gryffondor, même si tu ne les apprécies pas, ajouta-t-elle, un sourire radieux illuminant son visage.
— N'importe quoi pour voir ton sourire, soeurette, admit-il. Et, pour être honnête, c'est Blaise qui les a invités. Moi, je n'ai fait que donner mon accord.
Ashley croisa les bras, feignant une moue songeuse.
— C'est déjà un bon début. Merci, merci, merci ! Tu es un amour de frère ! s'exclama-t-elle en déposant un baiser rapide sur sa joue.
Drago rougit légèrement, ce qui n'échappa ni à sa sœur ni à Hermione, qui observait la scène de loin. Pour la lionne, ce moment était révélateur. Peut-être Malefoy avait-il des sentiments, finalement. Un sentiment de bonheur emplit également Drago. Il ne le montra pas clairement, mais à cet instant précis, il était sincèrement heureux et comblé. Il rajusta sa veste et reprit son masque habituel, lançant un regard moqueur à l'assemblée.
— Bon, maintenant que les pleurnicheries sont terminées, que la fête commence ! déclara-t-il avec un sourire en coin.
La musique résonnait dans la pièce, et l'ambiance était à la fête. Les invités s'étaient naturellement divisés en deux groupes : les Gryffondors d'un côté, les Serpentards de l'autre. Hermione, toujours pensive, s'installa près d'un canapé où Ron discutait joyeusement avec Neville et Harry. Pansy, non loin, observa la lionne avec un sourire narquois, visiblement amusée par ses pensées.
Ashley, en hôtesse parfaite, naviguait entre les deux clans avec aisance, prenant soin que tout le monde se sente bien.
Harry, après un moment d'observation, se détacha de son groupe et s'avança vers elle.
— Ashley, viens, j'aimerais te parler, dit-il doucement en l'attirant à l'écart.
Ashley suivit Harry jusqu'à un coin tranquille, loin des éclats de rire et de la musique.
— Ça va, Harry ? demanda-t-elle avec douceur. Tu as besoin de quelque chose ? Tu es à l'aise ?
— Oui, tout va bien, répondit-il en souriant légèrement. J'avais envie de discuter un peu avec toi... et je voulais t'offrir un petit quelque chose.
Il sortit une petite boîte qu'il lui tendit. Ashley, surprise, l'ouvrit avec précaution. À l'intérieur se trouvait un collier délicat, orné d'un pendentif en forme de petite étoile.
— Harry, il est magnifique... murmura-t-elle, la voix tremblante d'émotion.
Sans réfléchir, elle lui sauta au cou dans un élan spontané. Le geste fit rougir Harry, qui répondit timidement à son étreinte. Ashley déposa un rapide baiser sur sa joue, le faisant rougir davantage.
Non loin, Drago observait la scène avec un froncement de sourcils. Il comprit, à son plus grand désarroi, que sa sœur était amoureuse de Potter. Cela lui déplaisait profondément, mais il savait qu'il devrait s'y faire.
La fête battait son plein, et pour la première fois, Ashley eut l'impression que tout le monde s'entendait bien. Même les Gryffondors et les Serpentards semblaient coexister dans une trêve tacite. Profitant de l'ambiance, Drago s'approcha de sa sœur pour lui parler à son tour.
— Hé, soeurette ! J'ai quelque chose pour toi, annonça-t-il, une pointe de fierté dans la voix.
— Oh non, pas toi aussi, Drago ! protesta-t-elle, bien qu'un sourire amusé étirait ses lèvres.
— Eh oui, tiens, ouvre-le.
Il lui tendit un paquet soigneusement emballé. Ashley déchira délicatement le papier pour découvrir une bague ornée d'un serpent enroulé autour d'un cœur, comme s'il le protégeait.
— Oh Drago, elle est magnifique ! s'exclama-t-elle, émerveillée. Mais attends, j'ai aussi quelque chose pour toi.
Elle sortit une petite boîte qui ressemblait étrangement à celle qu'Harry lui avait offerte. Drago, intrigué, l'ouvrit pour découvrir une montre portative en argent finement gravée.
— Retourne-la... lui murmura-t-elle.
Drago retourna la montre et lut l'inscription gravée au dos. « Pour mon frère Drago, l'être que j'aime plus que tout au monde. – Ash. »
Le Serpentard dut rassembler tout son courage pour ne pas éclater en sanglots. Ses doigts se crispèrent légèrement autour de la montre tandis qu'il relevait les yeux vers sa sœur.
— Je t'aime, petite sœur, lâcha-t-il enfin d'une voix rauque.
Les yeux d'Ashley s'emplirent de larmes, et elle se jeta à son tour dans les bras de son frère.
— Oh, je t'aime aussi, Drago ! répondit-elle en l'étreignant avec force.
Ils restèrent ainsi enlacés pendant de longues minutes. Drago ferma les yeux, savourant ce moment de bonheur pur. Il l'avait dit. Enfin. Une chaleur apaisante se répandait en lui, chassant les ombres qu'il portait depuis trop longtemps.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il croisa le regard de Harry, qui les observait à distance. Drago comprit immédiatement ce que cela signifiait. Potter voulait encore parler à sa sœur. Avec un soupir discret, il relâcha doucement Ashley et lui adressa un sourire.
— Je vais rejoindre les autres, dit-il. Profite bien de ta soirée.
Ashley le regarda s'éloigner, une bouffée de gratitude et d'amour pour son frère emplissant son cœur. Puis, elle se tourna à nouveau vers Harry, curieuse de ce qu'il voulait lui dire cette fois.
— Ashley, j'aurais voulu prendre le temps de te dire quelque chose... commença Harry, sa voix légèrement tremblante.
— Très bien, Harry, allons dehors si tu veux bien, répondit-elle en lui offrant un sourire apaisant.
Ils sortirent ensemble dans la nuit fraîche, le manoir Malefoy illuminé derrière eux. L'air était calme, presque paisible, et les étoiles scintillaient au-dessus de leurs têtes. Harry s'arrêta sous un grand chêne, se tournant vers elle, ses yeux verts brillant d'un mélange de nervosité et de détermination.
— Tu sais, ça fait plusieurs fois que j'essaie de trouver les mots pour te dire ce que je ressens... et je... j'ai toujours l'impression d'être un idiot devant toi, avoua-t-il, passant une main nerveuse dans ses cheveux.
— Mais non, tu n'es pas idiot du tout, Harry, répondit-elle en riant doucement, cherchant à alléger son anxiété.
Il inspira profondément, rassemblant son courage, et prit ses mains dans les siennes.
— Je voudrais... depuis que je t'ai vue dans le train la première fois... chaque fois que je te vois, mon cœur bat la chamade. Je n'arrive pas à contenir mon rythme cardiaque en ta présence, dit-il d'une voix plus basse, presque un murmure.
Harry guida la main d'Ashley jusqu'à son torse et la posa sur son cœur. Les battements rapides et irréguliers qu'elle sentit sous ses doigts la firent sourire.
— Harry, tu me plais énormément, murmura-t-elle, un éclat malicieux dans les yeux.
— C'est vrai ? demanda-t-il, son souffle suspendu.
— Oui, c'est vrai... répondit-elle avec un léger rire, ses joues légèrement rosées.
— Approche, dit-il en l'attirant doucement vers lui.
Leur proximité fit naître une chaleur entre eux. Harry approcha lentement ses lèvres des siennes, lui laissant le temps de reculer si elle le souhaitait. Mais elle n'en fit rien. Lorsqu'il posa enfin ses lèvres sur les siennes, une onde de douceur et de passion les enveloppa. Ce premier baiser devint rapidement plus intense, Ashley approfondissant leur étreinte en glissant sa langue contre la sienne. Le monde autour d'eux sembla s'effacer.
À une fenêtre du manoir, deux silhouettes observaient la scène : Drago, les poings serrés, et Hermione, un sourire discret sur les lèvres.
— Potter ! grogna le blond, furieux.
— Du calme, Malefoy, rétorqua Hermione en croisant les bras. Ils sont heureux. N'oublie pas qu'elle est aussi une Malefoy, donc ton opinion, elle s'en fout complètement.
Drago ouvrit la bouche pour protester, mais les mots lui manquèrent. Au fond de lui, il savait qu'Hermione avait raison. Avec un soupir agacé, il détourna les yeux.
Dehors, les deux tourtereaux se séparèrent doucement, leurs fronts toujours collés l'un à l'autre. Harry plongea ses yeux dans ceux d'Ashley, un sourire radieux éclairant son visage.
— Je crois qu'on devrait rentrer, murmura-t-il.
— Oui, allons-y, répondit-elle avec un sourire tendre.
Mais à peine s'était-elle tournée vers la porte qu'un éclair de lumière verte déchira l'obscurité. Tout se passa si vite que ni Harry ni Ashley ne comprirent ce qui arrivait. Un cri résonna dans la nuit.
— AVADA KEDAVRA ! hurla une voix rauque, avant que l'inconnu ne disparaisse dans les ombres.
Ashley s'effondra au sol, ses yeux écarquillés fixant le ciel étoilé, immobiles. Harry tomba à genoux à ses côtés, son cœur battant violemment.
— NON ! hurla-t-il, sa voix brisée par le désespoir. Il secoua doucement Ashley, ses mains tremblantes cherchant un signe de vie, mais elle ne bougeait plus.
À l'intérieur, les invités s'étaient figés, les éclats de voix et la lumière verte ayant attiré leur attention. Drago et Hermione se précipitèrent dehors. Drago s'arrêta net, ses yeux s'écarquillant d'horreur lorsqu'il vit le corps inerte de sa sœur.
— Non... non, pas Ashley... murmura-t-il, sa voix tremblant sous le choc. Il tomba à genoux à côté d'elle, prenant sa main froide dans la sienne.
Hermione, les larmes aux yeux, posa une main sur l'épaule de Harry, mais il ne réagit pas. Ses sanglots silencieux remplissaient l'air.
Dans l'ombre, une silhouette encapuchonnée s'éloignait rapidement, s'évanouissant dans la nuit, laissant derrière elle un chaos d'émotions brisées et de vies changées à jamais.
