Drago attrapa Harry par le bras et le tira brusquement, le forçant à se relever. Sans un mot, les deux jeunes hommes partirent en courant vers l'endroit d'où le sortilège semblait être venu. Leurs pas précipités résonnaient dans la nuit tandis qu'ils s'enfonçaient dans l'obscurité de la forêt bordant le manoir.

La respiration haletante, leurs baguettes levées, ils s'arrêtèrent lorsqu'un bruissement se fit entendre derrière un arbre.

— Stupefix ! lança Drago avec rage, sa voix résonnant entre les troncs sombres.

Aucun mouvement. Pas de cri, rien. Frustré, il recommença, tournant sur lui-même.

— STUPEFIX ! STUPEFIX ! STUPEFIX ! hurla-t-il, ses sorts illuminant les ombres de la forêt.
— Arrête, Malefoy, ça ne sert à rien ! s'écria Harry en tentant de l'arrêter.
— Y'A PAS MOYEN QUE JE ME CALME ! rugit Drago, ses yeux flamboyant de colère et de douleur.

Harry serra les dents, maîtrisant sa propre rage. Il savait qu'il était inutile de raisonner Drago dans cet état.

— J'ai envie de les tuer tout autant que toi… dit-il, tentant de garder son calme.

Drago s'arrêta un instant, le regard fixé sur lui, avant de cracher :

— Au moins, t'auras pas mis tes sales pattes bien longtemps sur elle.

Harry leva les yeux au ciel. Il aurait voulu répondre, mais il savait qu'aucun mot ne pourrait apaiser la douleur dévorante du Serpentard. Drago avait perdu bien plus qu'une sœur ce soir : il avait perdu la personne qui, depuis des mois, semblait être son ancre, son refuge. Malgré sa propre peine immense, Harry comprenait que ce vide était encore plus insoutenable pour Drago.

Après un long silence tendu, Harry reprit la parole.

— Viens, Malefoy. On va rejoindre Hermione.
— Drago resta figé un instant, les poings serrés, avant de ranger sa baguette. Il suivit Harry, sa démarche raide, les muscles tendus comme un arc.

Pendant ce temps, Hermione était agenouillée près du corps sans vie d'Ashley. Les larmes ruisselaient sur son visage tandis qu'elle berçait doucement la tête de son amie sur ses genoux. Ses mains tremblantes caressaient les mèches dorées, comme pour graver à jamais ce dernier contact dans sa mémoire.

Le silence fut brisé par des pas précipités. Ron, suivi de Blaise, Pansy et Théodore, sortit du manoir. Lorsqu'ils aperçurent la scène, Pansy s'effondra dans les bras de Blaise, sanglotant violemment. Blaise, lui, serrait les mâchoires, ses yeux brillants trahissant l'effort qu'il faisait pour contenir ses larmes. À ses côtés, Théodore gardait une expression froide et fermée, mais ses poings serrés révélaient sa tension intérieure.

Hermione releva les yeux lorsqu'elle aperçut Drago et Harry revenir de la forêt. Sa voix brisée fendit l'air :

— L'avez-vous attrapé ? demanda-t-elle, pleine d'espoir.

Harry secoua lentement la tête.

— Non… fit-il simplement, sa voix rauque.

Hermione éclata en sanglots, enfouissant son visage dans ses mains.

— Pourquoi elle ? demanda-t-elle entre deux sanglots. Qui pouvait bien vouloir la tuer ?

Drago, toujours debout et immobile, tourna lentement la tête vers elle. Ses yeux gris, brûlants de rage et de désespoir, rencontrèrent les siens.

— Aucune idée, mais s'il se trouve sur mon chemin, il est mort, cracha-t-il, sa voix glaciale et tranchante comme une lame.

Ron, rouge de colère, frappa le sol du pied.

— Tu crois que ce sont des fidèles de Vous-Savez-Qui ? demanda-t-il, son ton tremblant de fureur.

Théodore, jusque-là silencieux, répondit d'une voix ferme :

— Impossible. C'est une Malefoy.

Drago, le visage sombre, ne répondit pas, mais son silence était assourdissant. Un lourd nuage de chagrin et de vengeance planait sur eux tous, tandis que les étoiles continuaient de scintiller au-dessus d'un monde brisé.

Il s'installa lentement aux côtés d'Hermione, son regard fixé sur le corps sans vie de sa sœur. À cet instant, peu importait qui était à ses côtés. Tout ce qu'il voulait, c'était sentir Ashley dans ses bras une dernière fois. Hermione, le comprenant sans qu'il n'ait à dire un mot, déplaça doucement la tête de la jeune femme et la posa sur les genoux du Serpentard. Drago resta figé un moment, ses mains tremblantes effleurant les cheveux blonds d'Ashley.

Il plongea son regard dans les yeux clos de sa sœur, comme s'il espérait qu'elle les rouvre d'un instant à l'autre. Mais son espoir se brisa en mille morceaux lorsqu'il sentit ses propres larmes commencer à couler. Ses épaules se crispèrent sous l'effet du chagrin.

Il jeta un regard vers Blaise et Pansy, et ceux-ci comprirent immédiatement. Sans un mot, Blaise se dirigea vers Harry et posa une main ferme sur son épaule.

— Viens, Potter, on rentre, murmura-t-il.

Harry, les yeux encore rouges, acquiesça faiblement et suivit Blaise à l'intérieur. Pansy, quant à elle, s'approcha de Ron, visiblement troublée.

— Transplane avec moi jusqu'au Chemin de Traverse, dit-elle d'une voix tremblante.

Ron hésita un instant, mais en voyant la détresse de la jeune femme, il hocha la tête et attrapa son bras. Ensemble, ils disparurent dans un léger craquement.

Théodore et Neville restaient en retrait, silencieux, observant la scène. Neville, incapable de contenir plus longtemps son émotion, murmura à Théodore :

— Je vais partir aussi… je… je ne peux pas rester ici.

Théodore hocha la tête et, sans un mot, il attrapa le bras de Neville. Les deux disparurent ensemble, laissant le lieu plongé dans un silence pesant.

Hermione regarda les silhouettes qui s'éloignaient, puis tourna les yeux vers Drago. Elle comprit qu'il voulait être seul avec sa sœur. Lentement, elle se releva, ses jambes tremblantes sous le poids de son propre chagrin.

— Reste, murmura Drago, sa voix rauque.

Hermione se figea, surprise.

— Pardon ? demanda-t-elle, incertaine d'avoir bien entendu.
— Reste ici, répéta-t-il, cette fois d'un ton plus ferme, presque autoritaire.

La Gryffondor resta immobile un instant, déconcertée, puis hocha la tête. Elle se rassit doucement à ses côtés, s'efforçant de garder le silence malgré les larmes qui ruisselaient sur ses joues. Ses yeux bruns chocolat étaient emplis de douleur alors qu'elle observait le Serpentard. Lui, en revanche, pleurait comme il n'avait jamais pleuré auparavant. Ses sanglots étaient brutaux, déchirants, mêlant une tristesse insupportable à une colère sourde. Ses poings étaient serrés si fort que ses jointures blanchissaient.

Drago se sentait vidé, comme si une partie de son âme avait été arrachée. Comment avait-il pu ouvrir son cœur à quelqu'un, pour qu'elle lui soit ensuite brutalement arrachée ? La douleur qu'il ressentait était inédite, incomparable. C'était comme si une partie de son être avait été brisée, un vide immense qu'il ne pourrait jamais combler.

Hermione murmura, sa voix tremblante :

— Pourquoi elle…

Drago ne répondit pas. Il tourna légèrement la tête pour observer la jeune femme du coin de l'œil. Cette Miss-Je-Sais-Tout, qu'il avait méprisée si longtemps, partageait sa douleur. Ashley la considérait comme sa meilleure amie, presque comme une sœur. Ressentait-elle la même perte que lui ? Le même vide ?

Un geste inconnu, presque instinctif, s'imposa à lui. Sans réfléchir, il tendit la main et attrapa celle d'Hermione. Ce contact, aussi simple soit-il, sembla briser une barrière invisible entre eux. Il la dévisagea, remarquant ses yeux rougis et gonflés par les pleurs, ses mèches brunes collées à son visage. Elle était aussi brisée que lui, et pourtant, elle était restée, à sa demande.

Hermione, surprise par ce geste, ne dit rien. Elle baissa les yeux vers leurs mains jointes, puis serra doucement la sienne en retour, un geste silencieux de soutien. Drago, sentant cette réponse, raffermit son étreinte, comme si ce simple contact pouvait apaiser, ne serait-ce qu'un instant, le chaos dans son cœur.

Ils restèrent ainsi, immobiles dans le silence de la nuit, leurs larmes témoignant de la douleur qu'ils partageaient. Pour la première fois, ils étaient liés, non par la haine ou les querelles, mais par une perte qu'aucun des deux n'aurait jamais pu prévoir.


Pansy et Ron atterrirent devant la boutique de Fred et George avec un léger craquement, la nuit encore paisible autour d'eux. Ron regarda autour de lui, les sourcils froncés, avant de se tourner vers la Serpentard.

— Pourquoi tu nous as fait transplaner ici, Parkinson ? demanda-t-il, méfiant.

Pansy croisa les bras, évitant son regard.

— Parce que…
— Peux-tu être un peu plus claire ? insista-t-il, la fixant avec intensité.

Elle soupira bruyamment avant de cracher, d'une traite :

— Drago avait besoin de pleurer seul, il n'avait pas envie que vous le voyiez tous pleurer. Ça te va comme réponse ?

Ron se redressa légèrement, pris au dépourvu par son ton direct.

— Oh… je… oui. Et tu sais, on aurait compris. Personne ne se serait moqué. Nous aussi, on est tristes, répondit-il d'une voix plus douce.

Pansy détourna les yeux, jouant nerveusement avec une mèche de ses cheveux.

— Drago a beau avoir changé… il est toujours orgueilleux, murmura-t-elle.

Un léger sourire apparut sur le visage de Ron.

— Ashley a adouci son cœur, hein ? demanda-t-il doucement.
— De beaucoup, acquiesça Pansy. Mais tu sais… Drago n'est pas aussi sans cœur que vous le pensez… vous, les Gryffondors. Il a toujours été protecteur envers ses amis… comme Zabini et moi… sauf quand je suis trop collante avec lui.

Ron laissa échapper un léger rire.

— J'ai beaucoup de mal à te croire… mais je te crois très bien quand tu dis que tu es trop collante avec lui, répondit-il en ricanant.

Cette remarque lui valut une claque sonore à l'arrière de la tête.

— Aïe ! protesta-t-il en riant plus fort. Pansy finit par céder à son rire et éclata de rire avec lui.

Le silence retomba doucement, et Ron se tourna vers elle, un éclat sérieux dans les yeux.

— Ça fait un bout de temps que je t'observe, Parkinson… commença-t-il.

Pansy haussa un sourcil, intriguée.

— Tu m'espionnes, Weasley ? demanda-t-elle, un sourire en coin.
— Non… mais j'observe tes réactions lorsque la fouine te repousse, répondit-il, son ton un peu plus grave. Tu continues de sourire comme si ça ne t'atteignait pas. Tu es toujours sur ses talons comme si ta vie en dépendait.
— Détrompe-toi, ma chère Belette, rétorqua Pansy avec un éclat moqueur. Je NE LE COLLE PAS SUR LES TALONS comme si ma vie en dépendait. C'est que j'apprécie leur compagnie, c'est tout. Je n'ai pas envie de me retrouver seule. Quant à mes sentiments pour Drago… c'est fini. Je me suis faite à l'idée quand sa sœur est apparue dans le décor.

Ron pencha légèrement la tête, intrigué.

— Qu'est-ce que sa sœur vient faire là-dedans ? demanda-t-il.

Pansy inspira profondément, hésitant.

— C'est compliqué… soupira-t-elle. L'attirance qu'il avait pour elle avant de savoir qu'elle était sa sœur… il ne m'a jamais regardée comme ça. Et puis, l'amour fraternel qu'il lui porte aujourd'hui… Je me rends compte que la relation que j'ai avec lui se rapproche plus de l'amour fraternel qu'amoureux. Alors je laisse tomber.

Ron hocha la tête, ses yeux remplis de compassion.

— Je… je suis désolé, Pansy. Ça doit te faire souffrir.

Pansy haussa les épaules, un sourire un peu triste sur les lèvres.

— Oh non, je m'y suis habituée… répondit-elle avant de marquer une pause. Euh… Tu viens de m'appeler par mon prénom. Ça va ? demanda-t-elle en posant une main sur son front, feignant une inquiétude exagérée.

Ron sourit et attrapa doucement sa main pour l'éloigner de son front.

— Je vais bien, répondit-il, ses yeux se plongeant dans les siens.

Pansy tenta de retirer sa main, mais il la retint, son geste plus ferme qu'elle ne l'aurait imaginé.

— Tu veux bien marcher avec moi ? demanda-t-il timidement.

Elle ouvrit la bouche, déconcertée, avant de répondre dans un souffle :

— Eh… ok.

Ils commencèrent à marcher côte à côte, leurs mains toujours entrelacées. Le silence les enveloppa, mais ce n'était pas un silence gênant. C'était un silence apaisant, rempli de compréhension mutuelle et d'une douceur inattendue qu'ils appréciaient tous les deux.


Blaise guida Harry à l'intérieur du manoir, laissant derrière eux l'atmosphère pesante de la scène extérieure. Une chance que les parents Malefoy étaient absents ce soir, songea Harry, car il doutait qu'ils auraient accepté sa présence ici, même dans des circonstances aussi tragiques.

Harry monta les escaliers, ses pas lourds et hésitants, jusqu'à une chambre qu'il savait avoir été aménagée récemment pour Ashley. Blaise le suivit en silence, comme une ombre protectrice. Lorsque Harry ouvrit la porte, il resta figé, submergé par l'atmosphère chaleureuse et unique de la pièce.

Les murs étaient peints de deux couleurs : deux d'un argent éclatant, les deux autres d'un or lumineux. Le lit à baldaquin, imposant au centre de la pièce, attirait immédiatement l'attention. Le tissu vert de ses rideaux était rehaussé par des coussins rouges, un mélange audacieux mais harmonieux. C'était tout Ashley : un équilibre parfait entre Serpentard et Gryffondor, entre sa famille et ses amis.

Les larmes montèrent aux yeux d'Harry tandis qu'il parcourait la pièce du regard. Blaise, debout derrière lui, posa une main ferme sur son épaule et lui désigna la commode. Là, une collection de photos semblait raconter toute la vie d'Ashley en quelques images.

Il y avait une photo d'elle avec Narcissa et Lucius, partageant un thé avec des sourires tendus mais sincères. Une autre la montrait avec ses parents adoptifs, un éclat de joie illuminant son visage. Vint ensuite une image d'elle dans la salle commune des Serpentard, entourée de Drago, Blaise et Pansy, tous riant à une blague invisible. Une autre encore montrait Ashley et Drago faisant une grimace complice à la caméra.

Mais ce fut la dernière photo qui brisa définitivement Harry. Une image floue d'elle avec le trio d'or, où Ashley embrassait sa joue tandis qu'Hermione frappait Ron sur la tête. Harry, rouge comme un feu de cheminée, semblait sur le point d'exploser, mais il souriait malgré tout. C'était tout elle : imprévisible, lumineuse, aimante.

— Tu sais, Zabini… murmura Harry en essuyant discrètement une larme, je crois bien que j'étais amoureux d'elle.

Blaise sourit légèrement, un sourire triste mais empreint d'une certaine sagesse.

— Eh bah, ça fait longtemps que je le sais, moi, répondit-il doucement.

Harry tourna brusquement la tête vers lui, abasourdi.

— Comment pouvais-tu le savoir ? Tu ne comprends pas. Ça fait des semaines que j'essaie de lui dire sans passer pour un idiot. Je trouve enfin le courage de lui dire et quelqu'un vient me l'enlever, lâcha-t-il, la voix brisée par le désespoir.

Blaise acquiesça lentement, gardant une main sur l'épaule d'Harry.

— Je comprends… répondit-il. Je l'appréciais beaucoup, cette petite boule d'énergie. Elle avait un don pour transformer une pièce sombre en un endroit plein de lumière.

Harry esquissa un sourire amer.

— Si elle voyait ça… toi et moi en train de parler sans qu'on s'entretue, Parkinson et Ron partis ensemble sans s'arracher les yeux, et… Hermione. Elle est où, Hermione, au fait ?

Blaise s'approcha de la fenêtre donnant sur l'entrée du manoir. En regardant à l'extérieur, il aperçut Drago et Hermione, toujours près du corps d'Ashley. Leurs mains entrelacées attirèrent immédiatement son attention.

— Oh… elle est entre de bonnes mains, je crois, murmura-t-il avant de se tourner vers Harry. Tu voulais en venir où avec ça… ?

Intrigué, Harry s'approcha à son tour et suivit le regard de Blaise. Quand il vit les mains de Drago et Hermione, ses yeux s'agrandirent.

— Ça… dit-il en pointant les mains de leurs amis respectifs.
— Ouais… c'est étrange, répondit Blaise.
— C'est étrange… mais c'est ce qu'elle voulait, finit Harry, son ton rêveur et lointain.

Blaise acquiesça silencieusement, laissant le moment parler pour lui. Après un long silence, il se tourna vers Harry.

— Potter… elle t'aimait beaucoup aussi.

Harry inspira profondément, tentant de contrôler le flot d'émotions qui montait à nouveau.

— Merci, Zabini, murmura-t-il, la voix rauque.
— Y'a pas de quoi… répondit Blaise. Elle me l'a déjà confié. Elle ne pouvait pas en parler à Drago, sinon il t'aurait déjà arraché les parties génitales.

Un éclat d'humour inattendu traversa la tension. Harry laissa échapper un léger rire, bien que teinté de tristesse.

— Je t'avoue que… pour une fois… je me sens navré pour lui aussi, admit Harry. C'était la première personne à qui il pouvait faire entièrement confiance.

Blaise hocha la tête, ses traits sombres reflétant une inquiétude qu'il ne tenta même pas de masquer.

— Ouais, et je suis inquiet pour lui. Petit conseil : ne vous retrouvez pas sur son chemin dans les prochaines semaines.
— Pourquoi ça ? demanda Harry, curieux.
— J'ai déjà vu de quoi il a l'air en colère, mais il n'a jamais aimé quelqu'un aussi fort. Alors le fait de la perdre… je pense qu'il ne sera tout simplement pas vivable. Et puis, n'oublie pas que, pendant quelques minutes, tu étais le petit ami de sa sœur. Alors attends-toi à peut-être recevoir un coup en plein visage.

Harry hocha la tête, un sourire fatigué se dessinant sur ses lèvres.

— Merci du conseil, Zabini.
— Au plaisir, Potter.

Ils se regardèrent un moment avant de partager un sourire triste mais sincère. Malgré leurs différences, à cet instant précis, ils comprenaient chacun la douleur de l'autre, un lien inattendu forgé dans le deuil.

Harry redescendit au rez-de-chaussée, cherchant sa meilleure amie. Lorsqu'il atteignit l'entrée, il aperçut Hermione toujours près de Drago, agenouillée à ses côtés. La lionne sursauta lorsqu'il appela doucement son prénom, ce qui fit également sursauter le Serpentard. Leurs mains, entrelacées jusque-là, se séparèrent presque à contrecœur.

— Mione… on devrait aller chercher Ron et rentrer, murmura Harry, la voix basse et fatiguée.

Hermione tourna un regard hésitant vers Drago, qui la fixait intensément. Il semblait partagé, mais Harry pouvait voir la douleur derrière ses yeux métalliques. Drago n'avait pas envie qu'elle parte. Pas maintenant. Pas après tout ce qui venait de se passer. Il avait besoin de la chaleur humaine de quelqu'un, de sa présence. Il ne survivrait pas à une nuit seul dans ce manoir vide et glacé.

Prenant une décision impulsive, Drago se leva et attrapa le bras d'Hermione, la retenant doucement mais fermement. Harry, surpris, se tourna immédiatement vers lui, son regard émeraude perçant.

— Tu peux y aller, Potter. Granger va rester ici, dit Drago, sa voix froide mais tremblante.
— Malefoy, ce n'est pas toi qui décide ! Je la ramène avec moi ! répliqua Harry, ses poings serrant sa baguette.

Drago baissa légèrement la tête, incapable de soutenir le regard de son rival. Il n'arrivait pas à dire ce qu'il ressentait, surtout pas devant Harry. Mais les mots finirent par éclater, presque incohérents.

— Jeveuxquellerestejaibesoindelle…, marmonna-t-il.
— Quoi ? demanda Harry, déconcerté.

Drago ferma les yeux et cria, sa voix brisant le silence pesant du manoir.

— J'AI BESOIN D'ELLE !

Hermione resta figée, choquée par ces paroles venant de son pire ennemi. Mais en son for intérieur, elle comprenait. Elle aussi avait trouvé un étrange réconfort dans leur moment de proximité près du corps d'Ashley. Cela faisait sens. Harry se tourna vers sa meilleure amie, cherchant sa réponse. Après un instant d'hésitation, Hermione hocha doucement la tête, signifiant qu'elle allait rester.

— T'inquiète, Potter… je ne vais pas lui faire de mal, dit Drago, essayant de calmer la tension. Je la ramène lundi à Poudlard.

Harry serra les dents, visiblement à contre-cœur, mais finit par acquiescer.

— Mouais… Mione, s'il y a quoi que ce soit, tu m'envoies un hibou, et j'arrive, dit-il fermement.
— Promis, Harry, répondit Hermione en le prenant dans ses bras. Merci.

Blaise entra dans la pièce et échangea un regard avec Drago. Ce dernier lui fit signe qu'il pouvait partir. Blaise posa une main sur l'épaule de Harry, et les deux transplanèrent vers le Chemin de Traverse, rejoignant Ron, Pansy et les autres.


Hermione et Drago retournèrent à l'endroit où reposait encore le corps d'Ashley.

— Je crois qu'on devrait la déplacer, fit Drago après un long silence.
— Hm… je pense qu'il faut avertir les Aurors, Malefoy. Ils analyseront la scène de crime, répondit Hermione.
— Ouais…

Ils envoyèrent un hibou au ministère, et les Aurors arrivèrent peu de temps après. Ils inspectèrent minutieusement les lieux, prenant des notes et posant quelques questions aux deux jeunes gens. Une fois les interrogations terminées, ils prirent soin d'emmener le corps d'Ashley avec eux.

La suspicion des Aurors était claire : il s'agissait probablement d'un acte des partisans du Seigneur des Ténèbres. Drago, pour sa part, resta silencieux. Il savait que tout mot de trop risquait de compromettre ses parents, et il préférait se murer dans son mutisme.

Lorsque les Aurors repartirent, Hermione posa une main réconfortante sur son bras.

— Je pense que tu devrais aller te coucher, Malefoy, dit-elle doucement.
— Hm. Tu peux dormir dans ma chambre. Je vais prendre celle d'Ashley, répondit-il après un moment d'hésitation.
— Comme tu veux…


Drago guida Hermione jusqu'à sa chambre. Les murs étaient sombres, peints de vert, d'argent et de noir. La décoration reflétait parfaitement son propriétaire, froide mais élégante. Sur la commode, une photo attira l'attention d'Hermione. C'était une image d'Ashley et Drago, joues contre joues, tirant la langue à la caméra.

— C'est une belle photo, murmura-t-elle en effleurant le cadre du bout des doigts.
— Merci, répondit Drago, en sortant un t-shirt de son armoire. Tiens, tu peux mettre ça pour dormir. Il doit être assez long.
— Parfait, merci, dit-elle avec un faible sourire.

Drago quitta la pièce et se rendit dans la chambre de sa sœur. Il se laissa tomber en boule sur le lit, incapable de contenir ses larmes. Chaque fois qu'il fermait les yeux, il voyait le flash de lumière verte percuter sa sœur. Les heures passèrent, mais le sommeil refusait de venir.

À bout, il descendit à la cuisine pour prendre un verre d'eau. En remontant, il s'arrêta devant sa propre chambre. Il ouvrit doucement la porte. Je vais juste vérifier qu'elle dort, murmura-t-il pour lui-même.

Hermione était allongée, les yeux fermés mais les sourcils froncés, visiblement tourmentée. Drago s'approcha du lit, hésitant.

— Granger…, chuchota-t-il.

Aucune réponse.

— Hermione…, dit-il un peu plus fort.

Elle ouvrit les yeux brusquement, ce qui le fit sursauter.

— Malefoy ? Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, surprise.
— Je n'arrive pas à dormir… répondit-il, la voix rauque.
— Moi non plus… Je ne fais que reposer mes yeux. Je n'arrête pas de chercher qui aurait pu faire une chose aussi horrible.

Drago s'assit au bord du lit, fixant un point invisible devant lui.

— Si je l'attrape, il est mort, grogna-t-il.

Hermione hocha lentement la tête.

— On pourrait faire une liste des personnes susceptibles de lui en vouloir…
— Pourquoi pas… tant qu'à ne pas dormir, répondit-il, son ton glacial masquant à peine la douleur.

Drago se leva silencieusement, ses pas feutrés sur le sol froid de la chambre. Il ouvrit un tiroir et en sortit un parchemin et une plume avant de revenir vers le lit. Hermione le regardait faire, son regard fatigué mais déterminé. Lorsqu'il s'installa à ses côtés, elle sentit une étrange tension dans l'air, un mélange de douleur partagée et d'une intimité inattendue.

— Tout d'abord, commença Hermione en brisant le silence, on oublie Harry, Ron, toi et moi.
— Et Blaise et Pansy, ajouta Drago sans hésitation.

Hermione haussa un sourcil, intriguée.

— Ah oui ? Je croyais que Pansy était jalouse d'Ashley ?

Drago secoua légèrement la tête, un sourire triste effleurant ses lèvres.

— Pas au point de vouloir sa mort.
— Très bien, alors on barre tous ceux qui étaient ici, conclut-elle en traçant une ligne sur le parchemin.
— Et Théo, ajouta Drago, se souvenant que son ami avait également été présent.
— Parfait, et Neville aussi. Donc… Est-ce que quelqu'un lui en voulait chez les Serpentards ? demanda Hermione, sa plume prête à noter.

Drago prit une profonde inspiration, son regard perdu un instant dans le vide.

— Pas à ma connaissance. La plupart des Serpentards l'aimaient bien… parfois même trop bien.

Hermione fronça les sourcils.

— Trop bien ?
— Disons qu'elle avait une manière de faire fondre les cœurs, même chez ceux qui sont censés être froids comme la glace, expliqua Drago, son ton presque mélancolique.

Hermione hocha la tête, essayant de ne pas se laisser distraire par l'émotion qui transparaissait dans sa voix.

— En fait, je n'ai aucune idée si quelqu'un dans tout le château pouvait la détester. À moins… à moins que le sort interdit n'était pas pour elle ? suggéra-t-il soudain.

Hermione releva la tête, son esprit vif saisissant l'idée immédiatement.

— Tu veux dire que quelqu'un voulait s'en prendre à Harry ?

Drago haussa les épaules, le regard sombre.

— Bah, si tu y penses… réfléchit la lionne, peut-être qu'elle était tellement convoitée que Harry était devenu un obstacle pour quelqu'un d'autre.

Elle s'arrêta un instant, son visage se durcissant légèrement.

— Et puis, il ne faudrait pas écarter ce que les Aurors ont dit. Peut-être que ce sont des fidèles qui…
— Ou bien, coupa Drago avec une certaine brusquerie, le sort était vraiment pour ma sœur, parce qu'elle était un obstacle pour quelqu'un.

Hermione tourna vers lui un regard perplexe.

— Tu veux dire qu'une fille qui aurait des sentiments pour Harry aurait pu faire une chose pareille ? C'est complètement ridicule ! s'indigna-t-elle.

Drago haussa un sourcil, son ton moqueur refaisant surface.

— Bah, Weaslette est amoureuse de Potter, non ?

Hermione se redressa brusquement, ses yeux lançant des éclairs.

— JAMAIS GINNY N'AURAIT FAIT ÇA ! s'emporta-t-elle, sa voix résonnant dans la pièce.

Drago porta une main à son oreille, grimaçant.

— Granger… mes oreilles…

Hermione rougit légèrement, murmurant un « pardon » presque inaudible avant de reprendre son calme.

Après un moment, elle leva un regard plus doux vers lui.

— Drago… crois-tu que quelqu'un aurait pu vouloir s'en prendre à toi au point de détruire ton bonheur ? demanda-t-elle d'une voix plus posée.

Drago esquissa un sourire amer.

— Des gens qui veulent mon malheur, il y en a une liste longue comme mon bras, Hermione, répondit-il, son ton chargé de lassitude.

L'entendre prononcer son prénom lui fit un effet étrange. Cela brisait une barrière invisible entre eux, une barrière qu'elle ne savait même pas exister. De son côté, Drago ressentait une étrange sérénité. Détester Hermione lui semblait épuisant, inutile. Il n'avait plus la force de haïr qui que ce soit d'autre que l'inconnu qui avait pris la vie de sa sœur.

— Bon… on n'est pas très avancés, conclut Hermione, mordillant l'extrémité de sa plume.
— Concentrons-nous, répondit Drago, presque dans un murmure.

Ils continuèrent à chercher des coupables, épluchant toutes les possibilités, les alliances et les rancunes, leurs voix basses se mêlant à la lumière vacillante des chandelles. Le temps sembla s'arrêter, jusqu'à ce que leurs forces les abandonnent. Le parchemin, à moitié rempli de suspects possibles, glissa du lit tandis qu'ils s'endormirent par-dessus les couvertures.

Hermione grelottait dans son sommeil, ses bras ramenés contre elle pour tenter de se réchauffer. Drago, dans un geste instinctif, ouvrit les yeux et se tourna vers elle. La voir frissonner éveilla quelque chose en lui, un besoin qu'il ne comprenait pas entièrement.

Lentement, il passa un bras autour de sa taille et l'attira doucement contre lui. Son corps réchauffait le sien, et un soupir apaisé échappa à Hermione, même dans son sommeil. Drago ferma les yeux, trouvant enfin un semblant de calme, et se laissa emporter par le sommeil, la tenant fermement, comme pour s'assurer qu'il ne la perdrait pas, elle aussi.

Le réveil fut brutal pour Drago. Ses yeux s'ouvrirent lentement, et la réalité le frappa comme un coup de poignard : Ashley était morte. Sa poitrine se serra, et il inspira profondément pour contrôler la vague de douleur qui menaçait de le submerger.

Mais quelque chose détourna son attention. Une tignasse brune reposait près de lui. Hermione Granger. Il esquissa un sourire, un éclat rare et sincère dans sa journée marquée par le deuil. Qui aurait cru que Drago Malefoy finirait par s'endormir aux côtés de la Miss-Je-Sais-Tout ? Une réponse lui vint immédiatement : Ashley y aurait cru.

Son sourire s'évanouit à cette pensée, remplacé par une vague de mélancolie. Son regard glissa involontairement sur la silhouette de la Gryffondor, enveloppée dans le t-shirt qu'il lui avait prêté. La lumière du matin accentuait la finesse de sa taille et la longueur élégante de ses jambes. Elle sentait bon, un mélange subtil de douceur et de lavande. Merde, murmura-t-il pour lui-même. Pourquoi est-ce que je pense à ça ?

Il détourna rapidement les yeux et tenta de calmer son esprit. Heureusement, Hermione commença à bouger, ses paupières battant doucement alors qu'elle s'éveillait. Lorsqu'elle ouvrit complètement les yeux, il la regarda, cherchant à déchiffrer ses pensées.

La reconnaissance traversa son visage, suivie par une gêne évidente. Elle se redressa brusquement et tira sur le bas du t-shirt pour couvrir ses jambes.

— Oh… Bonjour Malefoy, dit-elle timidement, son teint virant au rouge.
— Bonjour, répondit-il calmement.

Il esquissa un sourire imperceptible, amusé par sa réaction, mais son sourire disparut lorsqu'il vit qu'elle rougissait davantage.

— Qu'est-ce qu'… commença-t-il, avant d'être interrompu par une voix familière.
— Bon matin, Drago, fit Narcissa, appuyée nonchalamment sur le cadre de la porte.

Drago se retourna vivement, les yeux écarquillés. Derrière sa mère, Lucius se tenait en retrait, les bras croisés et un air glacé sur le visage. Narcissa, en revanche, semblait amusée par la situation, ses lèvres s'étirant dans un sourire.

Hermione, mortifiée, tira davantage sur le t-shirt, mais cela ne suffisait pas à cacher ses jambes nues. Drago, conscient de la tension qui montait, se racla la gorge.

— Pourriez-vous… sortir le temps qu'on se change ? fut tout ce qu'il trouva à dire.

Narcissa laissa échapper un rire léger et entraîna Lucius hors de la pièce.

— Bien sûr, mon fils, répondit-elle, visiblement divertie.

Lorsque la porte se referma, Hermione bondit hors du lit, attrapant ses vêtements de la veille.

— Tourne-toi, Malefoy, ordonna-t-elle, les joues toujours écarlates.

Drago roula des yeux mais obtempéra, se levant pour fouiller son armoire. Il trouva un pantalon propre et un pull, retirant son propre t-shirt pour se changer. Sentant un regard sur lui, il se retourna et surprit Hermione en train de l'observer. Elle détourna immédiatement les yeux, rougissant encore plus.

— Hé ! Moi je n'ai pas le droit de regarder, mais toi, tu ne te gênes pas, hein ? lança-t-il avec un sourire narquois.
— Euh… je… ce n'est pas pareil, bon ! bafouilla-t-elle.

Drago éclata d'un rire bref mais sincère.

— J'aurai ma revanche, Granger, fit-il en ouvrant la porte pour la laisser passer.


Lorsqu'ils descendirent dans le salon, Narcissa et Lucius les attendaient. Narcissa sourit poliment en voyant Hermione.

— Bonjour, mademoiselle…, commença-t-elle.
— Granger, termina Lucius d'un ton glacial.

Narcissa se tourna vers son mari, intriguée.

— Oh, vous vous connaissez ?
— Nous nous sommes rencontrés, oui, répondit-il sèchement, son regard perçant fixé sur Hermione. Il tourna ensuite son attention vers Drago, le regard chargé de reproches.
— Où est Ashley ? demanda Narcissa, son sourire s'évanouissant alors qu'elle percevait le malaise palpable dans la pièce.

Drago ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. Les larmes montèrent à ses yeux. Hermione prit une inspiration tremblante et intervint.

— Madame Malefoy… hier soir, quelqu'un a lancé un sort impardonnable. Vous n'avez pas reçu de hibou des Aurors ?

Narcissa se figea, et Lucius fronça les sourcils. Avant qu'ils puissent réagir, Hermione poursuivit :

— C'est Ashley qui l'a reçu.

Le verre que tenait Lucius explosa contre le mur, brisé par sa poigne furieuse.

— NOM DE DIEU ! CE N'EST PAS POSSIBLE ! OÙ EST-ELLE ? rugit-il.
— Père… commença Drago, mais il fut interrompu par l'éclat de colère de Lucius.
— Tu étais trop faible pour la protéger, fils ? Comment as-tu pu laisser une telle chose se produire ? Deux jours ! Nous sommes partis seulement deux jours !
— Père… on n'y pouvait rien. Ça s'est produit lorsqu'elle est sortie dehors avec Potter, tenta de s'expliquer Drago, les larmes roulant sur ses joues.
— TU L'AS LAISSÉ SORTIR AVEC LUI ?! hurla Lucius, pointant sa baguette sur son fils.
— Lucius ! intervint Narcissa, posant une main apaisante sur son bras. Calme-toi. Ce n'est pas de sa faute, ni de celle de Harry Potter, ni de mademoiselle Granger.

Elle se tourna vers Hermione, son regard plus doux.

— Avez-vous vu qui a fait cela ? demanda-t-elle.

Hermione secoua la tête, la gorge nouée.

— Non, madame Malefoy… Drago et moi regardions par la fenêtre lorsque cela s'est produit. Harry a couru vers elle, mais quand Drago et lui sont allés chercher l'assaillant, il avait déjà disparu.

Un silence pesant s'installa. Narcissa s'assit lentement, ses épaules s'affaissant sous le poids de la nouvelle. Lucius, toujours debout, semblait lutter pour maîtriser sa colère.

Drago détourna les yeux, ses poings serrés. Hermione posa discrètement une main sur son bras, un geste léger mais réconfortant.

Ils continuèrent de discuter de ce qui s'était passé, Drago expliquant que les autres étaient déjà partis lorsque les Aurors étaient venus prendre leurs dépositions. Il mentionna également qu'ils recevraient bientôt un hibou leur demandant de se présenter au ministère, et qu'il faudrait également contacter la famille adoptive d'Ashley pour leur annoncer la terrible nouvelle. À cette pensée, Drago craqua à nouveau, des larmes silencieuses roulant sur ses joues.

Hermione, qui l'observait discrètement, sentit son cœur se serrer. Elle n'avait jamais vu son ennemi juré dans un tel état. Plus elle le regardait, plus elle percevait un côté de lui qu'elle ne connaissait pas : un garçon brisé, vulnérable, dont l'arrogance habituelle semblait s'être dissipée sous le poids du chagrin. Elle se demanda un instant s'il regrettait qu'elle soit là, témoin de son désespoir. Mais au fond, elle savait qu'il avait voulu qu'elle reste.

Pendant ce temps, Lucius et Narcissa commencèrent à planifier les funérailles. Narcissa proposa d'envoyer un hibou à la famille Dujardin pour exprimer leurs condoléances et les inviter à participer aux préparatifs. Hermione, toujours en retrait, ne savait où se mettre ni quoi dire. Elle se contenta de les écouter, luttant contre le sentiment d'être une intruse dans leur douleur.

Narcissa leva soudain les yeux vers elle et s'adressa doucement à la Gryffondor.

— Miss Granger…

Hermione redressa la tête, surprise.

— Oui, madame Malefoy ? répondit-elle poliment.

Narcissa esquissa un faible sourire.

— Vous pouvez m'appeler Cissy. Puis-je vous appeler par votre prénom ?

Hermione, prise au dépourvu, rougit légèrement.

— Euh… oui, bien sûr, Mada… euh, Cissy, bafouilla-t-elle.
— Très bien, alors Hermione, vous étiez proche d'Ashley ? Ou êtes-vous seulement la copine de Drago ? demanda Narcissa avec une pointe de curiosité.
— Mère ! s'indigna Drago, les joues légèrement rosées. Ce n'est pas ma copine !

Lucius grogna, lançant un regard noir à Hermione.

— J'espère bien que ce n'est pas ta copine, marmonna-t-il.

Narcissa, imperturbable, continua.

— Oh ? Alors pourquoi portait-elle ton t-shirt ?

Drago soupira, exaspéré.

— Je voulais qu'elle reste avec moi. Ce t-shirt lui servait de pyjama, expliqua-t-il, son ton agacé trahissant un malaise qu'il essayait de dissimuler.
— Je vois… Donc, vous étiez une amie de ma fille ? demanda Narcissa, ignorant les protestations de son mari.

Hermione ouvrit la bouche pour répondre, mais Drago la coupa.

— Oui, mère, Ashley la considérait comme sa meilleure amie.

Narcissa lui lança un regard froid mais calme.

— Drago, je crois que ton amie est capable de me répondre elle-même, non ?

Drago baissa la tête, marmonnant un « oui, mère » contrit.

Lucius, les bras croisés et le regard sombre, observait Hermione comme si sa présence seule était une insulte.

— J'arrive pas à croire que mon fils traîne avec des traîtres à leur sang, des Sang-de-Bourbe… et surtout avec Harry Potter, grogna-t-il, sa voix glaciale résonnant dans la pièce.

Drago serra les poings, mais Narcissa, trop accablée par le chagrin pour tolérer les diatribes de son mari, leva une main en signe d'arrêt.

— Lucius, ce n'est pas le moment, soupira-t-elle. Nous avons perdu Ashley, et tout ce que tu trouves à faire, c'est ressasser tes obsessions de pureté du sang ? À quoi cela nous avance-t-il ? demanda-t-elle, sa voix tremblante mais ferme.

Lucius pinça les lèvres, visiblement agacé par l'interruption, mais il garda le silence, son regard passant de Narcissa à Drago. Ce dernier, en larmes, s'efforçait de garder une certaine contenance.

— J'espère au moins que ces « amis » de ton fils, ajouta-t-il en jetant un coup d'œil dédaigneux à Hermione, n'ont pas compromis la sécurité de notre famille.

Narcissa soupira plus profondément, ses épaules s'affaissant. Elle se tourna vers Hermione, ignorant volontairement les piques de son mari.

— Donc, je disais… et votre ami, Harry Potter, il était proche d'Ashley ? demanda-t-elle, sa voix retrouvant une certaine douceur.

Hermione hocha timidement la tête.

— Oui… Harry et elle étaient très proches. Ashley avait ce don… elle était le pilier de notre groupe. La seule capable de rassembler Gryffondors et Serpentards sans que personne ne s'entretue, expliqua-t-elle, la voix tremblante d'émotion.

Lucius, incapable de se contenir, laissa échapper un rire amer.

— Sauf elle, fit-il remarquer, son ton glacial coupant.

Narcissa, cette fois, pivota brusquement vers lui, son regard glacial.

— Assez, Lucius, dit-elle d'un ton tranchant. Si tu n'es pas capable de contribuer autrement qu'en lançant des remarques inutiles, tu peux partir.

Lucius fronça les sourcils, pris au dépourvu. Mais quelque chose dans le regard de Narcissa l'incita à se taire, même s'il continua de bouillir intérieurement. Elle inspira profondément et se tourna alors vers Drago, qui semblait sur le point de s'effondrer.

— Bon. Maintenant, Drago, prépare-toi. Tu vas raccompagner Mademoiselle Granger à Poudlard. Nous nous occuperons de tout ici, ajouta-t-elle en posant une main douce mais ferme sur son fils.

Drago hocha lentement la tête et, d'un mouvement las, fit signe à Hermione de le suivre.

Après un portoloin qui les transporta directement à Pré-au-Lard, Drago et Hermione marchèrent côte à côte en silence, la tension palpable. La lumière grise de l'aube accentuait leurs cernes, témoins d'une nuit sans sommeil. Lorsqu'ils franchirent les portes massives du château, Drago s'arrêta brusquement, obligeant Hermione à faire de même.

— Merci, Granger… d'être restée avec moi, murmura-t-il, les yeux rivés sur le sol.

Hermione, prise au dépourvu par la sincérité de ses paroles, sentit son cœur se serrer.

— Merci de m'avoir permis de rester, Malefoy, répondit-elle doucement, un faible sourire éclairant son visage.

Ils se regardèrent un moment, une étrange connexion se formant entre eux. Lentement, presque inconsciemment, Drago posa ses mains sur les épaules d'Hermione et l'attira doucement contre lui. Elle se laissa faire, ses bras trouvant naturellement leur place autour de lui.

Le contact était inattendu mais réconfortant, comme un baume sur leurs blessures ouvertes. Hermione sentit la chaleur du corps de Drago, et une étrange sensation d'apaisement s'installa. Ni l'un ni l'autre ne voulaient que cet instant prenne fin.

— C'est la meilleure, ça ! lança une voix moqueuse derrière eux.