— A... Ashley…
— En chair et en os… ou plutôt en fantôme sans chair ni os, ouais… répondit-elle avec un sourire malicieux.
Hermione resta figée, bouche bée, les mots coincés dans sa gorge. Elle croyait ne plus jamais revoir son amie, encore moins lui parler. Pourtant, là, devant elle, Ashley flottait, son teint pâle désormais translucide, ses cheveux blonds rappelant toujours un champ de blé sous le soleil. Ses yeux gris pétillaient d'une lueur qui n'avait pas disparu, même dans l'au-delà. Elle conservait une élégance naturelle, celle propre aux Malefoy, mais en tant que spectre, elle semblait presque irréelle.
— Mais… qu'est-ce que tu fais là? Je… je ne comprends plus rien! finit par balbutier Hermione.
Ashley haussa les épaules dans un geste presque nonchalant.
— Eh bien, j'erre ici et là… J'essayais de trouver qui m'a fait ça, tu vois. Et un jour, je me suis retrouvée devant Poudlard. Mais comme je n'avais pas envie de provoquer un scandale, je me suis cachée ici. Et j'ai rencontré Mimi…
— OUAIS! ET MIMI ELLE NE T'APPRÉCIE PAS, TU VOIS! hurla le fantôme concerné, traversant un mur avec une expression vexée.
Ashley roula des yeux avant de continuer.
— …Donc, je reste ici. Parfois, je me promène dans les couloirs. Souvent, je vous vois toi, Harry, Drago, et les autres… J'avais tellement envie de vous parler, mais je n'en étais pas capable.
— Mais pourquoi? demanda Hermione, encore sous le choc.
— Parce que! Comment alliez-vous réagir? Je n'en avais aucune idée, et honnêtement, ça m'angoissait! Mais, merci pour la veillée, vraiment. C'était très gentil.
Un sourire ému illumina le visage d'Hermione. C'était bien Ashley: reconnaissante, directe, et toujours capable de tourner les situations dramatiques à la légère. L'ancienne Serpentard tourbillonnait doucement sur elle-même, l'air rêveur.
— Je commence à m'habituer à ma nouvelle… condition, continua Ashley avec une pointe d'amusement. Et tu sais quoi? Je suis contente que tu te sois rapprochée de Drago. J'attendais que ça!
Hermione sentit le rouge lui monter aux joues.
— Euh… tu vas vite en besogne, Ash. Malefoy et moi? On n'est même pas amis! On essaie juste de… rien du tout.
Ashley la fixa avec un air entendu, ses lèvres étirées en un sourire mystérieux. Elle savait tout. La veillée, l'alcool, les regards. Hermione pouvait presque entendre les pensées taquines de son amie, mais heureusement, Ashley ne fit aucun commentaire. Pas encore.
— Peut-être pas amis, mais vous vous supportez sans vous insulter, et ça, c'est déjà énorme. Oh, désolée pour hier, au fait.
— Hier?
— Oui, je t'ai suivie. Plusieurs fois. Je voulais juste m'assurer que tu allais bien. Mais je me rends compte que je t'ai fait peur.
Hermione fronça les sourcils.
— Pourquoi tu ne t'es pas montrée?
— Je n'étais pas prête, Mione. Et toi non plus, j'en suis sûre.
La lionne acquiesça, un poids étrange dans la poitrine. Elle comprenait. Voir Ashley ainsi, sans s'y attendre, aurait été trop soudain.
— Dommage que je ne puisse pas te prendre dans mes bras, murmura Hermione, les yeux embués.
— Je suis encore là, tu sais, répondit Ashley doucement. Et je vais continuer à veiller sur vous, vous tous.
— Je dois y aller, Ash. Mais je reviendrai, c'est promis!
— À plus tard, Mione! Oh, et ne t'inquiète pas pour ton Polynectar. Je surveille ça de près.
Hermione s'arrêta net, ses yeux s'écarquillant.
— Tu sais ce que… tu sais ce qu'on veut faire avec ça? demanda-t-elle prudemment.
Ashley haussa un sourcil malicieux.
— Granger… tu crois vraiment que je ne sais pas? Tu veux découvrir ce qui m'est arrivé, et j'approuve totalement. Alors, va-y. Fais ce que tu dois faire. Je ne vais pas me mêler de vos plans… mais j'ai envie de savoir aussi.
Un clin d'œil rapide et Ashley s'éloigna doucement dans la salle, son sourire restant suspendu dans l'air comme une promesse silencieuse. Hermione sentit une étrange chaleur réconfortante en quittant la pièce. Elle était encore secouée, mais l'idée qu'Ashley soit là, d'une manière ou d'une autre, lui donnait un courage renouvelé.
Hermione descendit les escaliers en vitesse pour se rendre jusqu'à la salle commune de Serpentard. Elle s'arrêta net devant le mur de pierre glaciale et soupira.
Merde... je ne connais pas le foutu mot de passe, pensa-t-elle.
Elle s'accroupit, la tête entre les mains, réfléchissant à ce qui venait de se passer dans la salle de bain des préfets. Bon sang, elle n'avait pas rêvé. Elle avait bien vu Ashley Black. En fantôme. Les souvenirs se bousculaient dans sa tête, tout comme ses émotions. Devait-elle courir tout annoncer à Harry? Ce n'était pas si simple. Drago méritait de savoir en premier. C'était son frère après tout.
Un bruit de pas dans le couloir la tira de ses pensées.
— Tiens tiens… mais c'est qu'on aperçoit une Sang-de-Bourbe en terrain ennemi, lança une voix moqueuse.
— Crabbe, fou-moi la paix, tu veux! J'ai juste besoin de parler à Malefoy.
— Ah, je savais qu'il y avait quelque chose entre vous deux! s'exclama Goyle, hilare. Jamais je n'aurais cru que Drago tomberait aussi bas… Je veux bien croire que tu es une fille, mais ton sang est si sale.
La lionne ouvrit la bouche pour répliquer, mais une voix autoritaire coupa court à l'échange.
— Crabbe, Goyle… vous n'avez rien de mieux à faire? demanda Blaise Zabini en s'approchant, l'air agacé.
— Zabini…, marmonna Crabbe.
— Y'a pas de Zabini qui tienne, fichez-lui la paix! Allez donc manger vos foutus gâteaux dans la Grande Salle, c'est bien la seule chose que vous savez faire.
Les deux acolytes partirent en direction de la Grande Salle, bougonnant comme des enfants punis. Blaise, visiblement satisfait, se tourna vers Hermione avec un sourire amusé.
— Hermignonne, que fais-tu ici?
— Ne m'appelle pas comme ça, Zabini! grogna Hermione.
— Tu préférerais peut-être le surnom que les deux balourds viennent de te donner? demanda-t-il, un sourire en coin.
— Non plus… Hermione, c'est très bien.
— Hermione? Oh, c'est tellement ennuyeux. Allez, Hermimi, alors! Et tu ne peux rien dire, c'est décidé.
Elle le fusilla du regard, mais cela ne fit qu'élargir le sourire du Serpentard. Il la dévisageait de haut en bas, remarquant ses cheveux encore plus indomptables qu'à l'habitude.
— Alors, Hermimi, que puis-je faire pour toi en cette magnifique journée? demanda-t-il en s'approchant d'un pas lent, dangereusement près.
— Euh… je… bredouilla-t-elle, reculant légèrement, mal à l'aise sous son regard perçant. Je veux voir Malefoy.
— Ah, toujours les mêmes chanceux, hein? Viens, il est dans notre dortoir.
Elle le suivit, son pas mal assuré contrastant avec l'assurance nonchalante de Blaise. En entrant dans la salle commune des Serpentards, Hermione sentit immédiatement une atmosphère différente de celle qu'elle connaissait dans la tour de Gryffondor. La pièce était plongée dans une lumière tamisée, verte et argentée, qui provenait de chandeliers enchâssés dans les murs de pierre brute. La salle semblait presque froide, comme si les torches émettaient une lumière glaciale plutôt qu'une chaleur réconfortante.
Le plafond était bas, soutenu par des voûtes en pierre sombre qui donnaient l'impression d'être dans une ancienne crypte. Une grande baie vitrée offrait une vue spectaculaire sur les profondeurs du lac noir. Les reflets mouvants des créatures aquatiques dansaient sur les murs, créant une ambiance étrange et hypnotique.
Les meubles étaient d'un style raffiné mais austère, tout en cuir noir et en bois sombre. De larges canapés et des fauteuils rembourrés étaient disposés autour d'une cheminée massive, sculptée avec des motifs de serpents entrelacés. Le feu qui y brûlait dégageait une lumière verdâtre qui amplifiait l'aura sinistre de la pièce.
Partout, des détails trahissaient l'identité de cette maison: des tapisseries richement brodées de serpents et d'armes, des étagères garnies de livres reliés en cuir noir, et de petites statuettes de serpents dispersées çà et là. L'air sentait légèrement la cire et le bois ancien, un parfum qui semblait figé dans les murs depuis des siècles.
Les élèves présents, vêtus de leurs robes de Serpentard impeccablement repassées, tournèrent leurs regards vers elle, des regards lourds de suspicion et de désapprobation. Hermione se sentait soudainement minuscule, comme une intruse au cœur du territoire ennemi.
— Euh… où est Malefoy? demanda-t-elle à Blaise, tâchant de garder un ton ferme malgré sa nervosité.
— Dans notre dortoir. Tu veux voir?
— Euh… oui…
Blaise ouvrit la porte et l'entraîna à l'étage. La chambre qu'ils pénétrèrent était un contraste frappant: un côté impeccable, presque austère, et l'autre en désordre total. Blaise s'avança pour replacer rapidement quelques affaires, visiblement gêné.
— Ce n'est pas mon coin, précisa-t-il.
— Tu veux dire que c'est… le lit de Malefoy? demanda-t-elle, incrédule.
— Ouais. Avant, il était plus maniaque que moi. Mais depuis… tu sais.
Un silence gênant s'installa. Hermione comprit immédiatement. Elle avait jugé trop vite. C'était évident que le désordre reflétait l'état d'esprit de Drago. Blaise, remarquant son malaise, posa une main compatissante sur son épaule.
— Je crois qu'il est dans la douche, ajouta-t-il.
— Je devrais repartir…
— Oh non, Hermimi, reste! Je ne vais pas te manger. Je laisse ça à Drago, dit-il avec un clin d'œil.
Hermione soupira, mais resta. Ils discutèrent un moment jusqu'à ce que la porte de la salle de bain s'ouvre, laissant apparaître Drago, vêtu uniquement d'une serviette. Ses abdos bien dessinés brillants de gouttelettes attirèrent involontairement le regard d'Hermione. Elle le dévisagea, hypnotisée, jusqu'à ce que Blaise appuie doucement sur son menton.
— Attention, tu vas baver, murmura-t-il.
Hermione se ressaisit, rouge de honte. Drago, un sourire narquois au coin des lèvres, s'approcha.
— Alors, Granger, mon corps te plaît?
— Euh… je… bafouilla-t-elle.
— Je vais vous laisser, je sens que c'est privé, lança Blaise avec un éclat de rire en refermant la porte derrière lui.
Drago, toujours souriant, s'avança vers Hermione. Elle recula instinctivement, trébuchant sur un tapis et tombant lourdement sur les fesses. Il éclata de rire avant de lui tendre la main.
— Le rouge te va vraiment bien, Granger.
— Malefoy! fit-elle en se relevant, tentant de retrouver son sérieux.
— Qu'est-ce qu'une Gryffondor vient faire dans le temple des serpents? demanda-t-il, sarcastique.
Hermione prit une grande inspiration, son regard brûlant de détermination.
— C'est vraiment important. Mais tu sais, je pourrais tout aussi bien ne pas t'apprendre que ta sœur est dans le château, et te laisser moisir ici.
Drago s'arrêta net, ses yeux s'élargissant sous le choc.
— PARDON?
Drago avait les yeux ronds comme des billes. Impossible. Comment sa sœur pouvait-elle être ici ? Son cœur s'emballa à une vitesse vertigineuse. Une partie de lui voulait rejeter l'idée comme un mensonge, mais la détermination dans les yeux d'Hermione lui indiquait qu'elle disait la vérité. Il comprit alors qu'il devait arrêter ses taquineries et prendre cette discussion au sérieux.
— Assieds-toi, Granger, dit-il, s'asseyant sur le bord de son lit.
Hermione prit place à ses côtés, hésitante. Elle inspira profondément pour essayer de calmer ses pensées. Elle-même était encore sous le choc après cette rencontre bouleversante avec Ashley.
— Alors ? articula Drago, d'une voix plus tremblante qu'il ne l'aurait voulu.
Elle prit son courage à deux mains et raconta tout : la visite aux toilettes de Mimi Geignarde, l'étrange dispute entre les deux fantômes, et enfin, la révélation choquante qu'Ashley était bel et bien là, sous une forme éthérée.
— Mais… pourquoi elle ne s'est pas montrée plus tôt ? demanda Drago, incrédule.
— Elle a dit qu'elle n'était pas prête. Je ne sais pas, Malefoy… Je sais juste qu'elle veille sur nous. Elle sait probablement qu'on parle d'elle en ce moment.
Drago hocha la tête, ses mains tremblantes.
— Est-ce que je suis le premier au courant ? demanda-t-il, fixant Hermione de ses yeux gris intenses.
— À part Mimi et moi, oui. J'ai pensé en parler à Harry, mais je voulais d'abord te le dire. Tu es son frère, après tout.
Drago sembla réfléchir, mais au lieu d'une remarque sarcastique, il baissa les yeux, murmurant un faible « Potter… ».
Hermione s'indigna.
— Il était son petit ami, Malefoy ! Tu pourrais au moins montrer un peu de respect !
Au même moment, un souffle glacial traversa la pièce. Drago se figea. Hermione frissonna, reconnaissant immédiatement la sensation.
— Ashley… murmura-t-elle.
— Quoi ? fit Drago, en fronçant les sourcils.
— Bonjour Drago, dit une voix douce mais vibrante d'émotion.
Il leva brusquement la tête et vit sa sœur, ou du moins ce qu'il restait d'elle. Ashley flottait légèrement au-dessus du sol, ses contours translucides diffusant une lumière argentée. Ses traits étaient aussi élégants qu'avant, mais son regard semblait infiniment plus sage.
— Ashley ! dit-il, la voix brisée.
— Tu m'as manqué aussi, mon frère, répondit-elle avec un sourire triste.
Par réflexe, il tendit la main vers elle, mais ses doigts traversèrent son image sans la moindre résistance. La réalité de la situation le frappa de plein fouet, et ses yeux se remplirent de larmes. Hermione, émue, se leva pour leur laisser un moment seul, mais Ashley l'arrêta.
— Non, Mione, reste. S'il te plaît.
— Euh… d'accord, répondit-elle, confuse.
Ashley fixa son frère avec tendresse.
— Pourrais-tu faire quelque chose pour moi ? Serre Drago dans tes bras à ma place, dit-elle avec un sourire malicieux.
Hermione comprit immédiatement où Ashley voulait en venir. Elle s'approcha timidement de Drago et posa ses bras autour de lui. Drago ouvrit les yeux, et pendant un bref instant, il vit Ashley flotter juste derrière Hermione, comme si c'était elle qui l'étreignait. Submergé par l'émotion, il resserra son étreinte, surprenant Hermione, qui le laissa faire.
Pendant ce moment suspendu, une étrange connexion sembla se former entre les deux anciens ennemis. Un silence lourd, chargé de chaleur et de tristesse, les enveloppait. Ashley les regardait avec un sourire espiègle, satisfaite d'avoir réussi à les rapprocher malgré eux. Elle n'aurait jamais cru voir ce moment dans sa vie — ou après-vie.
Drago finit par relâcher Hermione, et leurs regards restèrent accrochés un instant de trop. Hermione détourna les yeux et se racla la gorge pour briser l'atmosphère.
— Je… bon. Puisque tu es au courant maintenant… puis-je en parler à Harry ? demanda-t-elle.
Ashley perdit un peu de son éclat à la mention de son ancien amour.
— Harry… j'aimerais tellement pouvoir lui parler, murmura-t-elle.
Drago hocha lentement la tête.
— D'accord, tu peux lui dire. Mais… s'il veut la voir, tu m'en parles d'abord.
Hermione haussa un sourcil, surprise par la fermeté de son ton.
— D'accord, Malefoy. Je te tiendrai au courant.
— Et pas seulement Potter, continua-t-il. Tout le monde passe par toi. Je ne veux pas voir les Weasley ou Londubat débarquer ici pour me parler. Toi, seulement toi.
Ashley croisa les bras avec un sourire triomphant, ses yeux pétillants de malice.
— Ce que je peux être intelligente, murmura-t-elle à voix basse, mais juste assez fort pour qu'Hermione l'entende.
Hermione lui lança un regard interrogateur, mais Ashley se contenta de fixer son frère avec une fierté évidente. Elle se voyait déjà en demoiselle d'honneur, orchestrant leur futur mariage dans sa tête.
Hermione soupira, résignée.
— Très bien, Drago. Tu sais où me trouver.
Elle se leva, salua Ashley, et quitta la pièce en jetant un dernier regard curieux à Drago. Les Serpentards présents dans la salle commune la fixèrent avec des expressions mêlant surprise et mépris. Mais Hermione n'y prêta aucune attention. Elle courut dans les couloirs, son cœur battant à tout rompre, excitée à l'idée de révéler la nouvelle à ses amis.
Elle atteignit enfin la salle commune des Gryffondors, prononça le mot de passe, et entra en trombe.
— HARRY ! hurla-t-elle.
— Non d'une baguette, Mione, pourquoi tu cries comme ça ? grogna Ron depuis son fauteuil.
— J'ai besoin de voir Harry… Où est-il ? fit-elle, essoufflée.
— Je suis là, Mione, répondit Harry en descendant les escaliers.
— J'ai quelque chose à vous dire à tous les deux. C'est important.
Ils s'assirent tous devant la cheminée, et Hermione leur raconta tout. Quand elle prononça le nom d'Ashley, les deux garçons restèrent figés.
— Quoi ? firent-ils en chœur.
— Elle est ici, en fantôme… répondit Hermione.
Harry sentit son cœur s'emballer.
— Je veux la voir, dit-il immédiatement.
— Moi aussi ! ajouta Ron.
Hermione acquiesça avec un sourire.
— Un à la fois. Mais Harry, je pense que tu devrais commencer.
Avant qu'il ne puisse répondre, une voix sarcastique les interrompit.
— Quelle dulcinée ? fit une voix féminine, derrière eux.
Le trio d'or sursauta et se retourna brusquement. Une longue chevelure rousse ondulée encadrait un visage où l'appréhension était clairement visible. Ginny les regardait avec un mélange de curiosité et de méfiance, les bras croisés.
— Ne le répète pas…, commença Ron avec un soupçon de nervosité dans la voix, mais Ashley est dans le château… en fantôme !
— QUOI ? s'écria Ginny, les yeux écarquillés.
— Ça recommence… souffla Hermione en roulant des yeux, visiblement fatiguée de répéter l'histoire.
Ils prirent le temps d'expliquer la situation à Ginny, comment Hermione avait trouvé Ashley dans les toilettes de Mimi Geignarde et ce qui s'était passé ensuite. La jeune rousse, qui écoutait attentivement au début, se renfrogna peu à peu. Elle semblait bouillir de l'intérieur, bien que son visage resta neutre. Cependant, la remarque qu'elle fit brisa son masque.
— Super, Harry, tu vas pouvoir te marier à un fantôme, lança-t-elle, le ton chargé de sarcasme.
Le silence qui suivit fut glacial.
— Gin', qu'est-ce que tu as ? demanda Harry, fronçant les sourcils.
— Oh, rien, je disais ça pour plaisanter voyons, répondit-elle en affichant un sourire trop large pour être sincère.
Mais le survivant connaissait bien Ginny. Ce sourire, trop brillant, trop rapide, cachait autre chose. Hermione le sentit aussi et échangea un regard inquiet avec Harry. Ce dernier semblait vouloir pousser plus loin, mais il se ravisa, soupirant doucement.
Ils continuèrent de discuter de la situation quelques minutes encore, essayant de se concentrer sur les détails importants. Ginny ajoutait des commentaires ici et là, mais sa présence semblait étrangement tendue. Finalement, après un moment, le groupe se leva pour monter se coucher.
En montant les escaliers, Ginny s'arrêta un instant derrière le trio et les observa en silence. Son regard se posa sur Harry, puis s'adoucit un instant avant de se durcir à nouveau. Elle ne dit rien, mais ses pensées étaient claires : elle ne comptait pas abandonner si facilement.
Blaise et Drago discutaient tranquillement dans leur chambre, assis sur leurs lits respectifs. Ashley flottait près de son frère, son aura translucide éclairant légèrement l'ambiance sombre de la pièce.
— Je n'arrive toujours pas à croire que tu sois là, murmura Blaise, les yeux fixés sur le fantôme de la jeune femme. C'est tellement irréel.
— Moi non plus, répondit Ashley avec un sourire mystérieux. Mais je suis là, Blaise. Même si je ne peux plus… vous toucher, je suis heureuse de pouvoir vous parler.
Drago, qui fixait sa sœur depuis un moment, avait le regard fuyant. Une partie de lui était heureuse, mais une autre se sentait incroyablement vulnérable.
— C'est bizarre, commença-t-il, parce qu'en même temps que je suis content de te revoir, ça me met mal à l'aise. Comme si j'avais oublié quelque chose que je n'aurais jamais dû oublier.
Ashley pencha légèrement la tête, amusée.
— Peut-être parce que tu sais que je te regarde, même quand tu penses être seul.
Les joues de Drago prirent une teinte rosée imperceptible, mais Blaise éclata de rire.
— Quoi, Malefoy ? Elle t'a surpris en train de faire quelque chose que tu ne devrais pas ? demanda-t-il avec une lueur taquine dans les yeux.
— Pas du tout ! grogna Drago, visiblement sur la défensive. Tu délires complètement, Zabini.
Ashley, elle, flotta un peu plus près, son sourire s'élargissant.
— Oh, Dray… tu sais de quoi je parle. Tu as eu un moment… disons, émotionnel, récemment. Je ne te blâme pas, tu sais. Parfois, on a besoin de se laisser aller. Et parfois, on a besoin de quelqu'un.
Drago ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son ne sortit. Blaise, lui, observait la scène avec un sourire malicieux.
— Qu'est-ce que tu insinues, Ashley ? demanda finalement Drago, croisant les bras pour tenter de masquer son inconfort.
— Rien du tout, Dray. Rien… d'important, répondit-elle, son sourire toujours scotché à son visage. Mais je suis contente que tu aies trouvé du réconfort… même si ce n'est pas de moi.
Drago détourna le regard, les oreilles brûlantes, et Blaise manqua de s'étouffer de rire.
— Oh, mais c'est magnifique ! s'exclama Blaise. Qui est l'heureuse élue ? Je parie sur…
— Tais-toi, Zabini ! aboya Drago, ses joues rougissant davantage.
Ashley, flottant toujours gracieusement, ajouta avec malice :
— Tu n'as pas besoin de tout dire à Blaise, Drago. Mais sache que je suis fière de toi. Et elle, elle est… surprenante.
— De qui tu parles ? demanda Blaise, les yeux pétillants d'amusement. Granger ?
Drago se leva brusquement, agacé, et tourna le dos à son meilleur ami.
— C'est suffisant pour ce soir. Ashley arrête de fouiner. Blaise, va te mêler de tes affaires.
Ashley éclata d'un rire cristallin et flotta jusqu'à son frère, posant une main éthérée à l'endroit où aurait dû se trouver son épaule.
— Oh, Drago, je ne fouine pas. Je veille, nuance importante. Et je vois tout.
Elle lui lança un clin d'œil avant de disparaître doucement à travers le mur, laissant Drago seul face à Blaise, qui se tordait de rire.
— Tu es tellement grillé, Malefoy, souffla Blaise entre deux éclats de rire. Et franchement, Granger ? Je ne m'y attendais pas, mais… pourquoi pas.
Drago, exaspéré, roula des yeux et saisit un coussin pour le lancer sur Blaise.
— C'est dans ta tête, Zabini. Va dormir.
Mais même alors qu'il se couchait, le sourire satisfait d'Ashley et les remarques de Blaise tournaient en boucle dans son esprit, le laissant perplexe et légèrement troublé.
Non loin, dans un coin sombre de la pièce, une personne entendait chaque mot échangé. Blaise et Drago ne remarquèrent rien, trop concentrés sur leur discussion avec Ashley. L'intrus se retira lentement, silencieusement, jusqu'à ce qu'il atteigne son bureau dans une pièce adjacente. Il prit un parchemin et une plume, écrivit quelques mots rapides et concis, et l'attacha à la patte d'un hibou qui attendait patiemment sur le rebord de la fenêtre.
Le message disait simplement :
Méfiez-vous, Ashley Malefoy n'est pas bien loin, et elle peut vous surprendre.
La lettre n'était pas signée, mais le destinataire saurait parfaitement d'où elle venait. L'informateur anonyme se tourna ensuite vers l'ombre de la pièce, son regard sombre.
— Ils ne savent pas ce qui les attend.
Le hibou s'envola dans la nuit, et le mystère s'épaissit autour de la présence d'Ashley et des forces à l'œuvre dans l'ombre.
