Dans une salle isolée, à peine éclairée par quelques bougies vacillantes, un petit groupe de sorciers était réuni. Leur posture tendue et leurs murmures pressés trahissaient l'importance de leur discussion.

— Tu crois qu'il y a une chance qu'on se fasse prendre ? demanda une voix hésitante, tremblante d'inquiétude.
— Non, imbécile ! On était bien trop loin... Elle ne nous a pas vu ! Sinon Potter nous aurait repérés aussi, et tu sais à quel point il est collant, répondit une voix plus grave et impatiente.

Un autre membre du groupe croisa les bras, son ton tranchant trahissant son mécontentement.

— Moi, je n'ai strictement rien à voir dans cette histoire. Je vous ai simplement avertis lorsqu'ils étaient dehors. Il n'y a absolument rien qui me lie à vous trois. Je pourrais vous dénoncer, si je voulais.

Les regards fusèrent vers lui, sombres et menaçants.

— Si on coule, tu coules avec nous ! répliqua l'un des sorciers avec une froideur glaciale. D'ailleurs, aurais-tu d'autres informations ? Cela fait un bon moment que Drago ne nous adresse plus la parole.

Un sourire narquois s'étira sur les lèvres du troisième intervenant.

— Je sais que Malefoy et Granger se sont beaucoup rapprochés... Ce qui, à première vue, semble plus que suspect. Mais de mon côté, personne ne les soupçonne de quoi que ce soit. Pour l'instant. On ne sait pas encore si ce rapprochement est inoffensif... ou dangereux.

La tension monta d'un cran dans la pièce, alors qu'un autre murmura d'un ton venimeux :

— Il faudrait soutirer des informations à Parkinson. Elle qui sort avec cette limace, elle doit savoir ce qui se trame de leur côté.

Un quatrième, resté jusque-là en retrait, éclata soudain :

— La Sang-de-Bourbe est venue dans la salle commune des Serpentards tout à l'heure. Elle met son nez partout. Je suis sûr qu'elle a des pistes... et que ça va bientôt nous retomber dessus. Je vous garantis que si elle a fait alliance avec Malefoy... on est morts !

Le silence tomba lourdement. Les quatre individus échangèrent un regard inquiet, chacun jaugeant les autres. La tension était presque palpable, comme si une force invisible resserrait son emprise sur eux.

Soudain, la porte s'ouvrit à la volée, claquant contre le mur. Une silhouette se découpa dans l'ombre.

— Vous faites vos rencontres sans moi ? demanda la nouvelle venue d'une voix glaciale.

L'un des sorciers se leva précipitamment, jetant un regard nerveux vers les autres.

— On ne te trouvait pas... Et comme il faut être discret…
— De toute façon, eux pourront t'expliquer en chemin, intervint un autre avec hâte. On doit partir. Maintenant.

La nouvelle venue plissa les yeux, mais se contenta de hocher la tête.

— Très bien. Alors, toi, tu sors en premier. Nous suivrons.

Un à un, le groupe se dispersa, chacun empruntant une sortie différente. L'ombre des complots qu'ils fomentaient les suivait comme un manteau, alors qu'ils se dirigeaient vers la Grande Salle.


Ashley était aux anges. Flottant légèrement au-dessus du sol, elle déambulait dans les couloirs de Poudlard, un sourire radieux illuminant son visage. Hermione avait arrangé un rendez-vous avec Harry. Rien qu'à cette pensée, son cœur – ou ce qu'il en restait – battait à tout rompre. Elle était tellement nerveuse qu'elle avait l'impression de vivre son premier rendez-vous.

Elle s'arrêta devant le portrait de la Grosse Dame et attendit patiemment. Le calme de la nuit semblait renforcer ses émotions. Bientôt, le tableau s'ouvrit brusquement, laissant apparaître Neville. Il s'arrêta net en la voyant, ses yeux s'écarquillant sous le choc. Il cligna une fois, deux fois, puis une troisième, comme pour chasser une illusion.

— B-bonjour Neville, dit-elle d'une voix douce et apaisante, un sourire timide aux lèvres.

Neville resta figé, ses joues devenant cramoisies alors qu'il tentait de formuler une réponse.

— Euh... euh... A-Ashley ? bégaya-t-il.

Il se pinça le bras avec force, son expression passant de l'incrédulité à une peur teintée d'émerveillement.

— Je... je ne rêve pas ? Tu es vraiment là ? demanda-t-il, ses mots hésitants.

Ashley hocha doucement la tête, son regard empreint de sérénité.

— Oui, Neville, je suis là. Enfin, pas tout à fait vivante... mais là quand même, répondit-elle avec une pointe d'humour.

Le jeune homme semblait toujours abasourdi, ses yeux balayant chaque détail de son apparence.

— Est-ce qu'Harry est au courant ? Je vais aller lui dire tout de suite ! s'exclama-t-il soudainement, se retournant pour passer à travers le portrait.
— Attends ! Oui, il est au courant, Hermione lui a déjà parlé, intervint-elle en levant une main translucide.

Neville s'arrêta, se tournant à nouveau vers elle.

— Mione le sait aussi ?
— Oui, c'est elle qui m'a trouvée. Ne t'inquiète pas, je comptais mettre tout le monde au courant, mais je voulais voir mon frère et Harry d'abord.

Neville, après une seconde d'hésitation, acquiesça avec sérieux. Il comprenait l'importance que ces révélations soient faites par Ashley elle-même, et non via une rumeur incontrôlable qui se propagerait comme une traînée de poudre – un phénomène bien connu à Poudlard.

— Je vais t'accompagner. Ça te facilitera les choses, proposa-t-il.

Ashley accepta avec gratitude. Après tout, elle n'avait plus à se soucier des interdictions des professeurs ; être un fantôme avait ses avantages. Ensemble, ils marchèrent – ou plutôt flottèrent, pour Ashley – jusqu'à la salle commune de Gryffondor.

En entrant, Ashley sentit une vague d'émotion la submerger. Ses yeux se posèrent immédiatement sur Harry, assis près de l'âtre. Il se leva en la voyant, son regard émeraude brillant d'une intensité qu'elle n'avait jamais vue auparavant.

— Ashley, murmura-t-il, sa voix comme une mélodie à ses oreilles.
— Harry, répondit-elle en se tournant complètement vers lui.

Ils restèrent immobiles un instant, se dévorant du regard. Harry avança d'un pas, puis s'arrêta, son expression déchirée.

— Comme tu m'as manqué, souffla-t-il. Ça me rend fou de te voir là, si proche, et de ne pas pouvoir te prendre dans mes bras... de ne pas pouvoir t'embrasser à nouveau.
— Tu m'as manqué aussi, Harry, murmura-t-elle, sa voix trahissant un mélange de joie et de tristesse.

Ils se regardèrent longuement, laissant le silence parler pour eux. Chacune de leurs émotions – amour, joie, colère, tristesse, peur – se reflétait dans leurs yeux. L'envie de se retrouver était palpable, mais la barrière entre leurs mondes semblait plus cruelle que jamais.

Ashley finit par remarquer quelque chose qui lui serra le cœur. Harry semblait plus fragile qu'elle ne l'avait jamais vu. Il était plus maigre, son teint pâle et fatigué. Ses cernes, marquées sous ses yeux éteints, témoignaient de nuits sans sommeil. Tu ne prends pas soin de toi, pensa-t-elle tristement. Un peu comme Drago...

Mais malgré tout, à ses yeux, il restait l'homme qu'elle aimait, son sourire toujours aussi irrésistible. Harry, sentant son regard scrutateur, finit par rompre le silence.

— Ash... j'aimerais tellement pouvoir faire quelque chose pour toi, murmura Harry, sa voix brisée par la douleur.

Ashley baissa légèrement les yeux, son regard translucide brillant d'une tendresse infinie.

— Harry... tout ce que tu peux faire pour moi, c'est vivre. Mange, dors, et surtout... vis, répondit-elle avec une douceur mêlée de fermeté.

Un rire amer échappa à Harry alors qu'il secouait la tête.

— Je savais que tu dirais ça... souffla-t-il. Mais je t'aime, Ashley. Je ne suis plus moi-même sans toi. J'ai besoin de toi.

Sa voix se fit tremblante, comme s'il contenait des sanglots.

— J'aurais préféré mourir à ta place. Tu étais si gentille, si belle, si douce... Je ne comprends pas qui aurait pu vouloir te faire du mal. Et si ça se trouve, ce sort était pour moi, et c'est toi qui l'as pris à ma place ! Malefoy et Hermione font tout pour découvrir qui est derrière ça, et je te promets que, lorsqu'on saura, cette personne le paiera très cher.

Ashley tendit une main éthérée vers lui, comme si elle voulait le toucher, mais la retint à mi-chemin, consciente de l'impossible.

— Harry...

Mais il continua, sa voix empreinte de colère et de tristesse.

— Tu sais combien ça fait mal ? Pas juste à moi, mais à tous les autres ? Hermione, Malefoy, Ron... on est tous dévastés par ta mort. Même Luna était triste, et elle ne te connaissait pas vraiment. Tu ne te rends pas compte de l'impact que tu avais. Toi, Ashley Black, tu étais le lien qui unissait les maisons de ce château. Qui aurait cru voir une Serpentard et un Gryffondor tomber amoureux ?

Ashley esquissa un sourire triste.

— Hermione et Drago s'entendent aussi, maintenant, fit-elle remarquer.

Harry hocha la tête, son regard brûlant d'émotion.

— Grâce à toi ! Sinon, jamais Malefoy n'arrêterait ses piques sur le sang d'Hermione, et elle continuerait à lui hurler dessus comme si sa vie en dépendait. Ils se sont associés pour te rendre justice parce que ta mort les a changés. Si ça avait été moi... Malefoy aurait ri et aurait continué sa vie. Ce seraient Hermione, Ron... et toi qui mèneriez l'enquête. Tu comprends à quel point tu as changé nos vies ?

Il serra les poings, sa voix tremblant d'une détermination farouche.

— C'est pour ça que, quoi qu'il arrive, les coupables paieront. Je te le promets, Ash.

Ashley ne put retenir un léger sanglot. Elle croisa son regard, les yeux brillants de larmes fantomatiques.

— Je t'aime tellement, Harry... Si seulement je pouvais revenir en arrière...

Harry détourna les yeux, fixant un point invisible dans la pièce, avant de répondre, la voix pleine de regrets.

— Moi aussi. Si je pouvais revenir en arrière... je ne t'aurais pas laissée me traîner dehors ce soir-là pour m'avouer tes sentiments. Je t'aurais devancé, je te l'aurais dit devant tout le monde... même devant ton frère !

Un éclat de rire cristallin résonna dans la pièce, réchauffant l'atmosphère. Ashley secoua doucement la tête.

— Tu es tellement têtu, Harry...

Ils laissèrent le silence s'installer un instant, savourant ce moment ensemble. Finalement, Harry esquissa un sourire et changea de sujet. Il voulait profiter de chaque seconde avec elle. Ils discutèrent des cours, des matchs de Quidditch, des moldus, et même des fantômes.

Elle parvenait toujours à le faire rire. Harry se rendait compte qu'il aimait la personne qu'il était à ses côtés : vivant, plein d'espoir, avec un but clair – celui de la rendre heureuse, quoi qu'il en coûte. Il aimait tout chez elle, même ses petites manies, comme la façon dont elle tordait une mèche de cheveux lorsqu'elle était nerveuse.

Il se souvenait encore de la première fois qu'il l'avait vue, dans le Poudlard Express. Son sourire chaleureux avait suffi à l'éblouir. Et ce sourire... même maintenant, il le retrouvait intact, brillant d'une lumière qu'aucune mort ne pouvait éteindre.

— Même en tant que fantôme, murmura-t-il, tu es la fille la plus belle de tout Poudlard.

Elle sourit, et pour la première fois depuis longtemps, il sentit un éclat de bonheur illuminer son cœur. Harry baissa la tête, jouant nerveusement avec un fil effiloché de sa manche.

— Tu sais, je repense souvent à nos moments ensemble. Comme cette fois où on a mis des grenouilles en chocolat dans le sac de Drago... Tu te souviens ? demanda-t-il avec un sourire triste.

Ashley laissa échapper un rire cristallin, doux comme un souffle dans la pièce.

— Comment oublier ? Il a passé des heures à hurler qu'il allait trouver "les imbéciles responsables". Il pensait que c'était Blaise ou Pansy. On était morts de rire à le voir tourner en rond.

Harry sourit à cette évocation, ses traits un peu moins tendus.

— Ouais... C'est l'une des rares fois où j'ai vu Malefoy perdre son calme. Et toi, tu faisais semblant de le consoler. Tu étais parfaite dans ton rôle.
— Ce n'était pas si difficile. Je savais qu'il finirait par pardonner... surtout si je le faisais culpabiliser un peu, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.

Le silence retomba, cette fois moins pesant, comme si ces souvenirs leur offraient une trêve dans leur douleur. Mais Ashley sentit le poids des pensées de Harry revenir.

— Tu veux savoir ce que c'est, être un fantôme ? demanda-t-elle doucement, anticipant ses questions non formulées.

Harry releva les yeux, surpris.

— Ça te fait souffrir ? murmura-t-il.

Elle hésita avant de répondre, cherchant les mots justes.

— Ce n'est pas une douleur physique, pas comme ce que j'ai ressenti avant... avant de partir. C'est plutôt... un vide. Je suis là, je vois tout, mais je ne peux rien changer. Je ne peux pas vous toucher, vous aider, ou même vraiment vivre avec vous. Mais il y a une chose qui me donne de la force.
— Quoi donc ? demanda Harry, son regard soudain plus intense.
— Toi. Et Drago. Et Hermione, Ron, tous les autres. Vous êtes ma raison d'être ici. Si je peux veiller sur vous, même de loin, alors ça en vaut la peine.

Harry détourna les yeux, mâchoire serrée. Il ne pouvait pas accepter cette idée.

— Ce n'est pas juste, Ash... Tu méritais tellement mieux.

Ashley voulut le réconforter, mais ses paroles restèrent suspendues lorsque Harry reprit.

— Tu sais, je me demande souvent... Si tu étais encore là, à quoi ressemblerait notre vie ? Je n'arrive pas à ne pas penser à tout ce qui aurait pu être. Peut-être que Malefoy et Hermione ne se seraient jamais entendus, mais au moins tu serais là, vivante, heureuse...

Elle pencha légèrement la tête, un sourire triste éclairant son visage translucide.

— Harry, parfois, ce qu'on perd ouvre des portes qu'on ne pouvait même pas imaginer. Peut-être que ma mort a permis à certains de voir la vie différemment, de grandir, d'apprendre à se rapprocher. Si c'est le cas, alors elle n'a pas été vaine.

Harry secoua la tête, luttant contre les larmes qui menaçaient de couler.

— Tu es trop gentille pour voir les choses comme ça. Moi, je ne peux pas m'empêcher de penser que j'ai échoué à te protéger.

Elle s'approcha de lui, posant une main intangible à quelques centimètres de son épaule, comme si elle essayait de lui transmettre un dernier élan de chaleur.

— Harry... tu ne peux pas toujours tout contrôler. Ce n'est pas ta faute. Ce n'est la faute de personne, sauf de ceux qui ont fait ça. Et toi, tu ne me rends pas heureuse en t'accablant comme ça. La meilleure chose que tu puisses faire, c'est vivre pour nous deux.


Dans la Grande Salle, Pansy et Blaise discutaient joyeusement, tandis que Ron, fidèle à lui-même, s'empiffrait de tarte à la mélasse. Les deux Serpentards échangeaient des regards complices en observant le rouquin, qui semblait plus concentré sur son assiette que sur leur conversation.

— Comment un sorcier peut-il être aussi glouton ? lança Blaise avec un sourire moqueur.
— Demande à Mione, marmonna Ron entre deux bouchées, sans même lever les yeux.

Pansy éclata de rire, suivie de Blaise, qui secoua la tête, amusé.

— Tu sais, Granger va enfin pouvoir respirer un peu maintenant qu'Ashley est revenue, fit remarquer Blaise en s'adossant à la table. Et Drago aussi. Merlin, qu'il était insupportable ces derniers temps.
— C'est vrai, répondit Pansy en hochant la tête. Il n'a pas souri depuis des mois. Peut-être qu'il va enfin redevenir lui-même.

Ron, les joues pleines de tarte, releva les yeux.

— Et Harry, vous en parlez pas ? Lui non plus, c'était pas une partie de plaisir. Toujours bougon, à ressasser des trucs... Il va peut-être redevenir vivable lui aussi.
— Avec Ashley de retour, on peut l'espérer, dit Pansy. Mais bon, Miss-je-sais-tout passe tout son temps à la bibliothèque ces derniers jours. Tu sais ce qu'elle mijote ? demanda-t-elle en se tournant vers Ron.
— J'en sais rien, répondit-il en haussant les épaules. Elle fait des trucs, elle court partout... C'est Hermione, quoi.
— Moi, je dis que Drago et Granger mijotent quelque chose ensemble, lança Blaise, un sourire narquois aux lèvres. Ils passent leur temps à discuter à voix basse. Qui sait... peut-être qu'ils se rapprochent un peu trop, ces deux-là.

Ron manqua de s'étouffer avec un morceau de tarte, frappant sa poitrine pour reprendre son souffle.

— Quoi ?! Malefoy et Hermione ? T'es malade ou quoi ? C'est impossible ! vociféra-t-il, les oreilles rouges de colère.

Blaise, ravi de la réaction, haussa un sourcil, feignant l'innocence.

— Pourquoi pas ? Les opposés s'attirent, Weasley. Et entre nous, Granger n'est pas si insupportable quand elle arrête de tout savoir sur tout.
— Oh, je vais te montrer ce qui arrive aux gens qui disent des idioties comme ça ! siffla Ron, les poings serrés.

Pansy posa une main apaisante sur son bras, riant doucement.

— Blaise arrête de l'embêter, dit-elle. Tu sais bien que Ron va exploser si tu continues.
— Exploser ? Non, non. Juste... digérer un peu trop vite sa tarte, répondit Blaise en jetant un coup d'œil moqueur à l'assiette vide de Ron.
— Sérieusement, reprit Ron en s'adressant à Pansy, tu crois vraiment que Malefoy et Hermione... pourraient... s'entendre ?
— Ça, c'est un mystère, répondit Pansy avec un sourire énigmatique. Mais avec Ashley de retour, tout semble possible.

Alors qu'ils continuaient de discuter, Blaise aperçut Ginny entrer dans la Grande Salle. Son sourire éclatant et son regard pétillant captèrent immédiatement son attention. Elle semblait chercher quelqu'un des yeux, mais son regard croisa celui de Blaise, qui la fixa un instant avant de détourner les yeux brusquement.

— Je crois que ta sœur s'amène, vieux... Elle est vraiment... canon, glissa Blaise à Ron.

Ron releva la tête juste à temps pour voir Ginny s'approcher. Avant qu'elle ne s'assoie, Pansy se pencha légèrement vers Ron, un sourire espiègle aux lèvres.

— Ron, tu sais quoi ? Il est peut-être temps qu'on rende ça officiel, dit-elle, suffisamment fort pour que Ginny l'entende en arrivant.

Ron manqua de s'étouffer pour la deuxième fois, fixant la Serpentard avec des yeux ronds.

— Officiel ? Vraiment ? Tu veux dire... toi et moi ? demanda-t-il, un large sourire se dessinant sur son visage.

Ginny, s'asseyant face à eux, regarda la scène avec confusion.

— Officiel ? Vous parlez de quoi ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
— Oh, rien d'important, répondit Blaise avec un sourire narquois. Juste ton frère qui tente de devenir un véritable Don Juan.
— Blaise ! protesta Pansy, lançant un regard amusé à son ami avant de se tourner vers Ron. Oui, tu as bien entendu. Je pense qu'il est temps de ne plus cacher notre relation.
— Vous... vous êtes ensemble ? s'exclama Ginny, toujours incrédule.
— Oui, répondit Ron, les oreilles devenant aussi rouges que ses cheveux. Enfin, pas encore officiellement, mais... c'est en bonne voie, balbutia-t-il.
— Sérieusement ? Toi et une Serpentard ? demanda Ginny, visiblement secouée.
— Hé, fais attention à ce que tu dis, petite Weasley, intervint Blaise, feignant l'offense. Nous ne mordons pas, enfin, pas tous.

Ginny fronça les sourcils, mais un sourire amusé flottait sur ses lèvres. Elle secoua légèrement la tête, toujours un peu surprise.

— Bon... Si ça vous rend heureux, je suppose que c'est tout ce qui compte, répondit-elle finalement.

Ron, ignorant la tension, se tourna à nouveau vers Pansy, rayonnant de bonheur.

— Alors, on rend ça officiel maintenant ? demanda-t-il.
— Pourquoi pas ? répondit-elle en se levant. Allons nous promener dehors, et je te donnerai ma réponse.

Ron bondit presque de sa chaise, suivant Pansy d'un pas enthousiaste. En partant, elle lança un clin d'œil à Blaise, qui éclata de rire.

— Bon courage, vieux, lança-t-il à Ron avant de se tourner vers Ginny.

Ils se retrouvèrent seuls, et Blaise, fidèle à lui-même, s'appuya nonchalamment contre le dossier de sa chaise.

— Alors, petite Weasley, qu'est-ce que tu en penses de tout ça ? demanda-t-il.

Ginny leva les yeux au ciel, mais un sourire amusé flottait sur son visage.

— Alors, Zab... Blaise, commença Ginny avec un sourire taquin. As-tu une petite amie ?

Blaise leva un sourcil, un léger sourire jouant sur ses lèvres.

— Non... je suis un célibataire endurci, répondit-il avec une pointe d'exagération dramatique.
— Oh, je vois, fit Ginny, jouant le jeu.

Elle hésita un instant, avant de continuer, son ton plus curieux.

— Et toi ? Toujours amoureuse de Potter ?

Ginny détourna le regard, triturant machinalement une mèche de cheveux.

— Harry, c'est l'homme de ma vie... Mais je ne peux pas attendre après lui éternellement, tu ne crois pas ? Il faut que je passe à autre chose.

Blaise hocha la tête, l'air sérieux.

— Effectivement... Si tu veux, on peut se voir de temps en temps, sans rien engager de sérieux, proposa-t-il, son ton léger mais une lueur malicieuse dans les yeux.

Ginny leva les yeux vers lui, un sourire amusé sur les lèvres.

— J'y penserai, dit-elle simplement, avant de changer brusquement de sujet. Oh, j'y pense ! As-tu entendu la nouvelle concernant Ashley ?
— Qu'elle est au château ? Ouais, je l'ai vue, répondit-il en croisant les bras.
— Ohhh, et comment va-t-elle ? demanda Ginny, visiblement impatiente.
— Un peu pâle, mais elle va bien, répondit Blaise avec un sourire en coin. Un peu ironique pour un fantôme, non ?

Ginny ignora la plaisanterie, son expression devenant plus sérieuse.

— Est-ce qu'elle vous a parlé de son meurtre ? A-t-elle des informations précieuses sur qui aurait pu faire une chose pareille ?

Blaise secoua la tête.

— Non, elle n'a rien dit à ce sujet. Pas encore, en tout cas.

Ginny pencha légèrement la tête, son regard s'assombrissant.

— Est-ce que tu sais ce que fait Hermione de ses temps libres ? Elle n'est jamais avec personne du groupe... C'est étrange, tu ne trouves pas ?

Blaise haussa les épaules, jouant l'indifférence.

— Non, pas vraiment. Ce que Granger fait ne me regarde pas... Mais toi, petite Weasley, tu es drôlement curieuse.

Ginny croisa les bras, haussant un sourcil.

— Personne ne me parle, alors je m'informe ! Si jamais je trouve quelque chose, je viendrai te voir pour t'en parler, si tu veux. Puisque personne ne se soucie de la petite Ginny Weasley, peut-être que ceux qui ont fait le coup ne se rendront pas compte que j'écoute aux portes !

Un sourire narquois étira les lèvres de Blaise.

— Ouais, bonne idée. Merci, Rouky. Je te tiens au courant de mon côté. Quand on se rencontrera, on aura quelque chose à se dire.

Ginny haussa un sourcil, s'arrêtant à mi-chemin de se lever.

— Rouky ? demanda-t-elle, une pointe d'amusement dans la voix. Pourquoi "Rouky" ?

Blaise laissa échapper un léger rire et se pencha légèrement vers elle, l'air exagérément sérieux.

— Eh bien, voyons, c'est évident, non ? dit-il en désignant ses cheveux d'un geste théâtral. Rouky, parce que tu es rousse. Et... parce que ça te va comme un gant.

Ginny croisa les bras, un sourire amusé au coin des lèvres.

— C'est tout ce que tu as trouvé ? Un surnom basé sur mes cheveux ? Tu peux mieux faire, Zabini.
— Oh, mais Rouky, c'est un surnom affectueux, défendit-il, feignant l'offense. Ça te rend unique... et, soyons honnêtes, beaucoup plus intimidante.

Ginny roula des yeux, un éclat de rire lui échappant.

— Intimidante ? Vraiment ?
— Absolument, répondit Blaise en se redressant avec un sourire malicieux. Une rouquine curieuse, rusée et redoutable... Je serais fou de ne pas te prendre au sérieux.

Ginny secoua la tête, amusée, et se leva finalement, un sourire espiègle éclairant son visage.

— D'accord, Zabini, garde ton "Rouky". Mais je te préviens, si tu me trouves un autre surnom, il a intérêt à être encore mieux.
— Je suis déjà sur le coup, promit Blaise avec un clin d'œil.

Ginny lança un dernier regard malicieux avant de s'éloigner. Blaise la suivit des yeux, son sourire s'élargissant. Elle était décidément pleine de surprises. Non seulement jolie, mais loin d'être idiote. Cependant, une pensée lui restait au travers de la gorge : pourquoi était-elle si curieuse ? Beaucoup plus que d'habitude, même.


Un peu plus loin, sur l'herbe fraîchement coupée du terrain de Quidditch, vide depuis quelques heures, les deux éternels ennemis collaboraient. Assis face à face, Hermione et Drago échangeaient, leur complicité grandissante contrastant avec leurs vieilles rancunes.

— Alors, Malefoy, qu'avons-nous rassemblé comme informations depuis tout ce temps ? demanda Hermione, son ton à la fois professionnel et légèrement impatient.
— Nous savons que ce n'est pas l'un d'entre nous, Granger. Ni Potter et Weasley, ni Blaise et Pansy... répondit-il calmement.
— Exact, acquiesça-t-elle. Mais je dois te parler d'un soupçon, par contre…
— Vas-y ! lança Drago, croisant les bras.

Hermione hésita une fraction de seconde avant de poursuivre.

— Ça me fait beaucoup de peine de dire ça, mais... Je trouve que Ginny n'est pas dans son assiette ces temps-ci. Surtout depuis qu'Ashley est de retour.

Drago redressa la tête, un éclat de colère traversant son regard.

— Weaslette ?! Tu crois qu'elle aurait pu faire une chose pareille ? s'exclama-t-il, soudainement colérique.
— Non ! protesta Hermione avec force. Je dis juste qu'elle n'est pas dans son assiette. Je ne crois pas qu'elle puisse faire ça, mais je pense qu'elle en sait beaucoup plus que nous.

Drago fronça les sourcils, réfléchissant.

— Il faut que tu lui soutires des infos, décréta-t-il.
Je sais... Mais ce n'est pas si simple avec les révisions, Harry, Ron... sans oublier le temps que je passe avec Ashley... et toi, ajouta-t-elle, baissant légèrement la voix sur les derniers mots.

Un léger sourire narquois apparut sur les lèvres de Drago.

— Ouais, ça doit être un vrai plaisir de passer du temps avec moi, dit-il, la voix pleine de sarcasme. Et le Polynectar, ça avance ?
— Oui, il sera bientôt prêt. Encore quelques semaines, répondit-elle en reprenant son sérieux.
— Parfait. Je vais demander de l'aide à Blaise pour mini-Weasley. Il pourrait peut-être m'être utile. C'est un tombeur, il réussira sûrement à soutirer ce qu'il veut à la sœur de Weasmoche.

Hermione soupira en levant les yeux au ciel.

— Tu ne l'appelles pas comme ça quand tu es avec Blaise, j'espère ? lança-t-elle, exaspérée.

Drago l'ignora, un sourire espiègle illuminant son visage.

— D'ailleurs, Granger, tu ne l'as jamais vu sortir de la douche, Blaise ? demanda-t-il, l'air faussement innocent.

Hermione rougit légèrement, fronçant les sourcils.

— Non, Malefoy ! Je ne vais pas dans votre dortoir pour vérifier vos sorties de douche. Et franchement, je m'en fiche pas mal de vous voir torse nu, rétorqua-t-elle.

Un sourire en coin s'élargit sur le visage de Drago.

— Oh, vraiment ? Alors, tu t'es remise de la fois où tu m'as vu sortir de la douche ? demanda-t-il avec un clin d'œil.

Hermione rougit furieusement à la remarque de Drago et lui asséna un coup de poing sur l'épaule, ce qui fit basculer le Serpentard légèrement en arrière.

— Tu es insupportable, Malefoy ! lança-t-elle, les joues rouges de colère et de gêne.

Un sourire narquois étira les lèvres de Drago.

— Oh, allez, Granger, ce n'est pas comme si tu pouvais te passer de moi, tu m'as reluquer deux fois si je compte bien… N'oublie pas ma vengeance, répondit-il avec un clin d'œil provocateur.

Hermione, exaspérée, leva les yeux au ciel, mais avant qu'elle ne puisse répliquer, il se jeta soudainement sur elle, lui chatouillant les côtes sans pitié. La Gryffondor éclata de rire, incapable de se défendre, ses éclats de voix résonnant dans la nuit calme.

— Malefoy ! Arrête ! hurla-t-elle entre deux fous rires.
— Pas tant que tu n'avoues pas que tu aimes ma compagnie, Granger ! rétorqua-t-il, riant lui-même pour la première fois depuis des semaines.

Hermione parvint enfin à libérer ses mains et riposta en le chatouillant à son tour. Les deux adolescents se retrouvèrent dans une bataille de chatouilles qui dura plusieurs minutes. Ils avaient l'air de deux enfants insouciants, oubliant leurs différends, leurs responsabilités, et même l'enquête qui les avait réunis.

— D'accord, d'accord ! J'abandonne ! supplia-t-elle enfin, les larmes aux yeux, respirant difficilement.

Drago cessa enfin, essuyant ses propres larmes de rire. Mais lorsqu'il s'arrêta, il réalisa qu'il était installé à califourchon sur elle. Il se redressa légèrement, ses yeux gris rencontrant ceux, chocolat, d'Hermione.

Elle respirait encore fort, ses joues rougies par l'effort et le rire, et il ne pouvait s'empêcher de remarquer à quel point elle était belle à cet instant. Pas "Granger la Gryffondor", ni "Granger la Miss-je-sais-tout". Juste... Hermione.

Hermione, quant à elle, ouvrit les yeux pour tomber sur le regard intense de Drago. Son souffle se suspendit un instant. Tout était silence autour d'eux, le ciel s'assombrissait, et seules leurs respirations brisaient le calme de la soirée.

Drago hésita une fraction de seconde. Puis, n'en pouvant plus, il se pencha lentement vers elle, son cœur battant à tout rompre. Hermione, trop consciente de ce qui allait se passer, ne bougea pas. Elle savait qu'elle le regretterait demain. Mais à cet instant précis, elle n'avait aucune envie de fuir.

Elle ferma les yeux, et les lèvres froides de Drago rencontrèrent les siennes, chaudes et douces. Le contact dura une seconde, une éternité. Puis, le baiser s'approfondit, leurs langues s'entremêlant avec une passion qu'aucun des deux n'aurait cru possible. L'atmosphère devint rapidement brûlante, Drago ayant de plus en plus de mal à contenir son envie.

Il se détacha à contrecœur de ses lèvres, déposant des baisers dans le cou d'Hermione, qui haletait sous son souffle brûlant. Mais juste au moment où il s'apprêtait à aller plus loin, entreprenant de déboutonner sa chemise, un bruit brisa le silence.

Des pas. Et des voix.

— Mione ? fit une voix masculine.
— Drago ! s'exclama une voix féminine.

Les deux adolescents se figèrent, leurs regards se croisant, paniqués. Ils n'avaient pas bougé lorsque deux silhouettes se matérialisèrent devant eux : Pansy Parkinson et Ron Weasley.

Les nouveaux arrivants les fixèrent, les yeux écarquillés, incrédules.

— Par Merlin, siffla Pansy, fixant la scène d'un air ahuri. Je savais que quelque chose clochait, mais... ça ?!
— Hermione ?! gronda Ron, les poings serrés. Mais qu'est-ce que tu fais avec LUI ?!