Hermione dévisagea son ennemi. Les traits de Flint avaient complètement disparu de son visage, laissant place aux siens: un visage finement ciselé, encadré par des mèches blondes en bataille. Drago Malefoy était de retour. Et, Merlin, il était beau. Cette allure légèrement décontractée, moins "parfaitement poli", lui donnait un air différent. Plus humain. Elle secoua la tête, tentant de chasser ces pensées qui n'avaient rien à faire là.

Reprends-toi, Hermione.

— Tu t'inquiètes pour moi? demanda-t-elle innocemment, cherchant à briser le silence qui pesait entre eux.
— Si tu n'es plus là, je n'aurai plus personne à taquiner. La vie va être drôlement longue, répondit-il, un sourire en coin.
— Évidemment, conclut-elle, levant les yeux au ciel avec un soupir exaspéré.

Mais Drago avait soudainement perdu son sourire. Il croisa les bras et se laissa glisser contre le mur, son regard fixant un point imaginaire.

— Je n'arrive pas à croire que ce soit Daphné… murmura-t-il, presque pour lui-même.

Hermione s'adossa à son tour au mur, plongeant dans ses propres pensées. Les révélations de la réunion tournaient en boucle dans sa tête.

— Mais pourquoi? Pourquoi a-t-elle envoyé le sort vers Ashley au lieu d'Harry? demanda-t-elle, brisant le silence.

Drago haussa les épaules, l'air désemparé.

— Je n'en sais rien… Intérêts personnels, peut-être?

Hermione tourna la tête vers lui, intriguée.

— Comme quoi? Elle aurait été amoureuse d'Harry? proposa-t-elle, son ton teinté de scepticisme.

Drago éclata d'un rire bref et amer.

— Impossible. Elle le déteste. Rien que de voir Potter marcher dans les couloirs lui donne envie de vomir.

Hermione plissa les yeux, cherchant à assembler les pièces du puzzle.

— Alors… quoi? Qu'est-ce qu'elle avait à y gagner? demanda-t-elle, sa voix plus basse, presque un murmure.

Drago secoua la tête, l'air frustré.

— Peut-être qu'elle voulait s'assurer qu'Ashley ne reste pas dans les parages. Je ne sais pas… Peut-être qu'elle la voyait comme une menace. Une rivale.

Hermione sentit une bouffée de colère monter en elle. Ashley? Une menace? Comment pouvait-on voir Ashley autrement que comme une âme douce et aimante?

— Une rivale pour quoi? poursuivit-elle, ses yeux s'assombrissant.

Drago tourna la tête vers elle, ses yeux acier brillant d'une lueur indéchiffrable.

— Pour quelqu'un. Ou pour quelque chose. Peu importe ce qu'on pense d'elle, Daphné Greengrass est une opportuniste. Elle n'a rien fait par hasard.

Ils restèrent en silence un instant, le poids de cette révélation s'alourdissant entre eux. Hermione serra les poings.

— Si c'est vrai… alors elle devra répondre de ses actes, murmura-t-elle, la voix empreinte d'une détermination froide.

Drago la regarda, un sourire en coin réapparaissant sur son visage.

— Voilà pourquoi je t'aime bien, Granger. Tu ne lâches jamais l'affaire.

Le silence qui suivit sembla s'étirer indéfiniment. Hermione tourna lentement la tête vers lui, ses yeux écarquillés. Son cœur fit un bond incontrôlé, mais elle tenta désespérément de reprendre contenance.

— Quoi? souffla-t-elle, sa voix à peine audible.

Drago sembla soudain réaliser le poids de ses paroles. Il détourna les yeux, frottant distraitement sa nuque, un geste qu'Hermione n'avait jamais vu chez lui.

— Je veux dire… tu sais… pas comme ça, rétorqua-t-il rapidement, sa voix plus sèche qu'il ne l'aurait voulu. Pas… pas littéralement. Juste… t'es tenace. Voilà.

Hermione le fixa encore quelques instants, puis détourna le regard à son tour, ses joues rougissant légèrement. Elle se racla la gorge pour briser le malaise.

— Évidemment, répondit-elle, tentant de garder sa voix neutre.

Drago jeta un rapide coup d'œil vers elle, et il fut frappé par l'expression confuse mais intense sur son visage. Il aurait voulu dire quelque chose pour alléger l'atmosphère, mais les mots lui manquaient.

Finalement, Hermione secoua la tête et se redressa, reprenant le contrôle de ses pensées.

— On doit aller voir Harry et Ron. Ils doivent savoir, dit-elle, son ton ferme.

Drago hocha la tête, l'expression plus grave.

— Oui, mais on doit être prudents. Si Daphné ou ses petits copains découvrent qu'on sait quelque chose… ils n'hésiteront pas à frapper les premiers.

Hermione sentit un frisson glacé lui parcourir l'échine, mais elle acquiesça. Elle ne pouvait pas se permettre d'être vulnérable maintenant. Pas quand tant de choses étaient en jeu.

Ils continuèrent de discuter tranquillement dans la salle sur demande. Le consensus était clair: ils devaient avertir Harry, les autres… et surtout Ashley. Si elle était désormais un fantôme, elle pourrait se révéler un atout précieux pour enquêter sans se faire remarquer. Mais la priorité était de protéger Hermione, qui risquait d'être la prochaine cible.

— Granger… on doit continuer notre couverture, dit Drago avec un soupir. Et même… doubler l'intensité de notre relation devant les Serpentards.

Hermione fronça les sourcils.

— On la pousse déjà assez loin, non?
— Tu crois que ça m'enchante? rétorqua-t-il en levant les yeux au ciel. Je n'ai pas plus envie que toi d'être dans cette situation.

La lionne lui lança un regard noir. Elle savait qu'il avait raison, mais ça ne rendait pas la situation plus agréable. Elle acquiesça néanmoins et ils se dirigèrent ensemble vers la grande salle, main dans la main, pour rejoindre leurs amis. L'attention qu'ils attiraient était presque suffocante. Arrivés à la table des Gryffondors, Hermione prit soin de s'installer devant Harry et Ron, s'assurant que Ginny n'était pas dans les parages. Elle s'apprêta à tout leur raconter.

Drago s'assit à ses côtés, non loin de Pansy et Blaise, et croisa les bras.

— Nous avons quelque chose à vous dire, commença Hermione.
— Ça a l'air grave, fit remarquer Blaise en plissant les yeux.
— Un peu… continua-t-elle. Malefoy et moi avons concocté du Polynectar ces dernières semaines et… nous avons appris certaines choses concernant la mort d'Ashley…
— Euh… coupa Harry, fronçant les sourcils. On ne devrait pas trouver un endroit plus tranquille pour ça? Et Ashley mérite d'être au courant des informations, non?

Hermione hocha la tête.

— Bien sûr. Où allons-nous?
— La salle sur demande, répondit Drago.
— Parfait. Malefoy, Zabini, allez chercher Ashley. Elle doit errer quelque part, probablement dans la salle de bain des préfets… ou dans votre dortoir.

Les deux Serpentards acquiescèrent, et Hermione reprit rapidement les directives.

— Ron et Parkinson, faites une ronde des alentours pour voir si quelqu'un nous suit. Harry et moi, on va chercher la carte du Maraudeur pour être absolument sûrs que personne ne nous espionne, ou qu'aucun intrus n'est sous Polynectar. La carte ne trompe pas.
— Oui chef! lança Pansy en riant.
— Il serait temps que tu nous appelles par nos prénoms, Hermimi, ajouta Blaise avec un sourire amusé.
— On repassera plus tard pour les formalités, rétorqua Hermione d'un ton sec.

Drago tendit soudainement un objet à Harry, le tirant de ses pensées.

— Tiens, Potter. Ta cape d'invisibilité.
— Merci, répondit Harry, quelque peu surpris.
— Et merci de m'avoir fait confiance, ajouta Drago à contrecœur.

Harry hocha la tête. Il savait que ce remerciement avait coûté au Serpentard, et il ne fit aucune remarque pour ne pas briser cet équilibre fragile. Une fois les consignes données, tous se séparèrent en petits groupes.


Drago et Blaise parcouraient les couloirs sombres, se dirigeant d'abord vers les toilettes de Mimi Geignarde. Vide. Ne perdant pas de temps, ils se précipitèrent vers le dortoir des Serpentards.

Drago ouvrit la porte de sa chambre à la volée et trouva Ashley, assise sur son lit, plongée dans la lecture de parchemins.

— Qu'est-ce que tu fais? s'exclama-t-il, abasourdi.

Ashley leva les yeux avec un sourire malicieux.

— Je lis… ce que toi et Hermione vous vous envoyez, répondit-elle innocemment.

Drago sentit une montée de panique.

— Ces parchemins sont privés! Qu'est-ce qui t'a pris?
— J'avais envie de répondre à ta place, répliqua-t-elle en haussant les épaules. Tu prends beaucoup de pincettes avec elle, tu sais!
— De quoi elle parle? demanda Blaise en croisant les bras.

Ashley s'empressa de répondre avant que Drago n'intervienne.

— Oh, rien de très intéressant… sauf qu'il est follement amoureux d'Hermione, bien sûr.
— Ashley! s'écria Drago, exaspéré.
— Amoureux à ce point? s'amusa Blaise en arquant un sourcil.
— Ouiiii! répondit Ashley avec un sourire espiègle.

Drago serra les poings, sa voix montant d'un cran.

— Bon, ça suffit! siffla-t-il. On a plus important: Hermione risque de mourir pendant que vous plaisantez!

Ashley et Blaise s'arrêtèrent net, leurs visages se teintant d'inquiétude.

— Quoi? firent-ils en chœur.
— C'est quoi cette histoire? demanda Blaise, le ton sérieux.
— Vous saurez tout à la salle sur demande. Alors, bougez!

Blaise et Ashley échangèrent un regard complice et suivirent Drago d'un pas rapide. Tandis qu'ils se dirigeaient vers la salle sur demande, un sourire espiègle se dessina sur les lèvres de la jeune Malefoy. Elle tourna la tête vers Blaise et chuchota, suffisamment fort pour que son frère puisse entendre.

— Tu vois? Je t'avais dit qu'il était amoureux… Il s'inquiète pour elle.
— Effectivement, répondit Blaise avec un sourire en coin. Il n'aurait jamais fait ça l'année dernière, crois-moi.

Drago serra les poings, la mâchoire crispée.

— C'est ma copine, j'espère bien que je m'inquiète pour elle, rétorqua-t-il avec irritation. Alors, pouvez-vous arrêter vos suppositions ridicules! Je ne suis pas amoureux… Je l'apprécie, c'est tout. On a encore du chemin à faire pour être… amoureux. Mais on progresse. Alors, fichez-moi la paix et mêlez-vous de vos affaires. J'aimerais vivre ma relation avec Hermione… et pas avec TOUT POUDLARD ET HERMIONE. Merci!

Ashley leva les yeux au ciel et marmonna, faussement vexée.

— Oh, quel rabat-joie…

Ils arrivèrent enfin devant la porte de la salle sur demande, où Harry et Hermione attendaient déjà. Harry jeta un coup d'œil attentif pour s'assurer qu'il s'agissait bien d'eux. Une fois le groupe réuni, ils se postèrent près du mur, en apparence tranquilles, lorsqu'une silhouette familière fit son apparition au bout du couloir. Théodore Nott avançait, suivi de Crabbe et Goyle.

Ashley se précipita pour se cacher, tandis que Drago enroula ses bras autour d'Hermione. Une initiative autant pour jouer leur rôle que pour la protéger. La lionne resta immobile, troublée par ce geste protecteur mais réconfortant. Pendant ce temps, Harry et Blaise faisaient mine de discuter de Quidditch pour paraître naturels.

— Malefoy, Zabini, salua Nott en s'approchant avec son sourire narquois habituel.
— Nott, répondit Blaise avec un ton neutre.
— Alors, c'est ici que vous vous cachez, le couple parfait de Poudlard? Drago, tu as peur d'être vu avec ta Sang-de-bourbe en bas? Vous préférez venir faire mumuse ici? lança-t-il avec mépris.

Drago raffermit son étreinte autour d'Hermione et répondit sèchement:

— Je n'ai aucunement honte d'Hermione, mais contrairement à toi, je préfère l'intimité avec ma douce.

Nott ricana.

— Oh, moi j'adore quand tout le monde m'envie d'embrasser les plus jolies filles de l'école.
— Tant mieux pour toi, répliqua Drago, agacé. Mais Hermione possède et la beauté, et l'intelligence. On a déjà eu cette discussion, idiot. Pourquoi tu ne me lâches pas deux minutes?
— C'est beaucoup plus amusant comme ça, sourit Nott avec malice.

Hermione, serrant les poings, décida d'intervenir.

— Théodore… pourquoi es-tu aussi méchant? On s'entendait bien au début, non?

Nott lui lança un regard glacial.

— Oh, Hermy… tu es triste de découvrir à quel point je suis bon comédien? C'était utile de traîner avec vous, mais maintenant, ça n'a plus d'importance. Je suis revenu à la raison.

Hermione plissa les yeux.

— Tes raisons… ce ne serait pas Ashley, par hasard? demanda-t-elle avec froideur.

Théodore se figea un instant, son visage perdant son masque narquois. Il la toisa d'un regard noir avant de tourner les talons brusquement, suivi de ses colosses. En croisant Ron et Pansy, qui revenaient en sens inverse, il cracha aux pieds de la jeune femme. Pansy, outrée, s'apprêtait à répliquer, mais Ron la retint fermement par le bras et l'entraîna vers la salle sur demande.

Une fois à l'intérieur, le groupe s'installa sur des bancs, la tension palpable dans l'air.

— Bon, commença Blaise en croisant les bras, vous nous expliquez pourquoi la vie de Granger est en danger?
— QUOI? s'exclamèrent Ron, Pansy et Harry d'une même voix.

Hermione fusilla Drago du regard, qui haussa simplement les épaules en guise de réponse. Elle sentit les regards alarmés de ses amis: Ashley tournait sur place, Harry se mordait les ongles, Pansy broyait la main de Ron, et Blaise semblait au bord de l'explosion.

— Très bien, je vais tout vous expliquer, soupira Hermione. Tout d'abord, si vous avez trouvé que Marcus Flint et Daphné Greengrass agissaient bizarrement ces derniers jours, c'est parce que… c'était Drago et moi, sous Polynectar.
— Je ne pouvais pas me montrer avec Daphné sous ma vraie apparence, sinon ça aurait paru beaucoup trop louche. Et vu tout ce qu'on a appris… ajouta Drago.
— Voilà, continua Hermione. Pendant cette mission, Théodore m'a convoquée à une réunion secrète. Je l'ai suivie jusqu'à la tour d'Astronomie.
— Comme Flint n'était pas invité, j'ai couru jusqu'à la salle commune des Gryffondors pour emprunter la cape d'invisibilité de Potter et pouvoir la suivre discrètement, intervint Drago.
— Là-haut, continua Hermione, il y avait plusieurs personnes, dont Crabbe et Goyle. Puis quelqu'un est entré à la volée.

Harry se redressa, impatient.

— Qui? demanda-t-il, les yeux brillants d'anticipation.
— Ginny... commença Hermione d'une voix posée.
— QUOI ? Qu'est-ce que ma sœur faisait là ? s'indigna Ron, se levant presque de son banc.

Drago leva une main pour le faire taire, son visage grave.

— Pour faire court, Ginny Weasley s'est laissée embarquer dans une histoire idiote pour essayer de récupérer son précieux Potter, expliqua-t-il. Théodore s'est servi d'elle pour obtenir vos horaires, vos mouvements, et même certaines informations personnelles.

Harry et Ron échangèrent un regard choqué, mais Hermione garda la parole pour ne pas perdre le fil.

— Et c'est là qu'il a compris qu'Harry était amoureux d'Ashley, et que ce sentiment semblait réciproque. Alors il a persuadé Ginny de faire en sorte qu'ils ne soient jamais ensemble.
— Mais pourquoi Théo voulait briser mon bonheur ? demanda Ashley, les sourcils froncés.
— Parce qu'il te voulait toi, répondit Drago avec un soupir.

Ashley recula légèrement, incrédule.

— Moi ? Pourquoi ? On se parlait à peine !

Hermione hocha la tête et poursuivit calmement.

— Oui, mais ce n'est pas vraiment toi qu'il voulait, Ashley. Il voulait devenir un Malefoy. En prenant ta main, il aurait gagné le pouvoir, la prestance et la richesse associés à ta famille. Il espérait aussi supplanter Drago aux yeux de Voldemort et des Mangemorts.

Ashley roula des yeux et répondit d'un ton sarcastique :

— Merci, Mione, pour tous ces compliments sur ma famille, vraiment… Mais soyons sérieux : jamais je n'aurais épousé ce crétin !

Drago serra les poings, son ton durcissant.

— Il pensait qu'en se débarrassant de Potter, tu serais plus vulnérable. Il comptait jouer les consolateurs pour te manipuler. Je te garantis que s'il avait osé, il aurait fini avec le nez cassé.

Ashley croisa les bras, son visage affichant une moue boudeuse.

— Débile et pathétique. Vraiment.
— Mais pourquoi la vie d'Hermione est en danger ? intervint Blaise, visiblement frustré.

Hermione soupira profondément, son visage se fermant.

— J'y viens. Ginny, aveuglée par son amour pour Harry, a accepté de coopérer avec eux. Mais ce qu'on a appris, c'est que la véritable coupable du meurtre, c'est Daphnée Greengrass. Elle a lancé un sort qui visait Harry… mais il a touché Ashley à la place.
— Mais pourquoi n'a-t-elle pas tué Harry ? demanda le survivant, son regard sombre.
On ne sait pas encore, répondit Hermione. C'est ce qu'on doit comprendre. Ce qui est clair, c'est qu'ils commencent à se méfier de moi et de Drago parce qu'on passe trop de temps ensemble. Ils trouvent ça louche. Et c'est là que les choses deviennent encore plus graves.

Drago serra la mâchoire, ajoutant avec froideur :

— Crabbe a proposé de tuer Hermione, et cet imbécile de Nott a trouvé ça… brillant.
— QUOIIII ?! s'écrièrent tous en chœur.

Le silence qui suivit était lourd, chargé de tension. Pansy et Blaise semblaient sous le choc, tandis qu'Harry fixait Hermione avec des yeux remplis de panique.

— On doit la protéger, déclara Drago, d'un ton ferme. Je ne veux pas la perdre.

Pansy prit la main de Ron et se redressa.

— Moi, j'y crois en votre couple, répondit-elle avec un sourire rassurant. T'inquiète, Granger, on va te protéger. Ron et Harry vont être tes gardiens, et je prendrai la relève si tu dois aller aux toilettes !

Ashley intervint à son tour, ses yeux brillants de détermination.

— Je peux te suivre partout sans problème. Je suis un fantôme, après tout !

Drago tourna la tête vers sa sœur, son ton plus tranchant.

— Tu peux aider, Ashley, mais tu ne peux pas intervenir directement.
— Oh… C'est vrai… soupira-t-elle.

Pansy reprit alors, son ton pragmatique :

— Ashley, tu pourrais espionner dans la salle commune des Serpentards. Ils ne pourront jamais te repérer, et tu pourrais découvrir des infos sur leurs plans, et surtout sur Daphnée.

Hermione hocha la tête et ajouta :

— Blaise, de ton côté, essaie de parler à Astoria. C'est la sœur de Daphnée, et je sais qu'elle est proche de Luna Lovegood. Peut-être qu'elle a remarqué quelque chose.

Harry intervint, son ton plus pressant :

— Et nous? Qu'est-ce qu'on fait, Malefoy?

Drago se tourna vers Ron, un sourire narquois sur les lèvres.

— Weasley, tu surveilles ta sœur. Fais comme tu veux, mais garde un œil sur elle.

Le rouquin grimaça, hésitant.

— Je… on est en froid, marmonna-t-il.
— Pourquoi? demanda Hermione, fronçant les sourcils.

Ron évita son regard, mal à l'aise.

— Eh… je préfère ne pas en parler…

Pansy le regarda, visiblement mécontente de son silence. Ses sourcils froncés parlaient pour elle : ils auraient une discussion plus tard. Seule Ashley garda un visage neutre, sans rien ajouter, visiblement déjà au courant.

Le groupe resta silencieux un moment, chacun digérant les informations et les prochaines étapes.

Ron hocha la tête, mais ce fut Ashley qui reprit la parole, son ton légèrement plus chaleureux.

— Très bien, Ron… Alors, Harry, je compte sur toi pour protéger Hermione. Reste toujours avec elle en cours, surtout si Drago n'est pas là. Quand Drago sera là pour veiller sur elle, tu pourras toujours venir me voir si tu t'ennuies.

Harry esquissa un sourire.

— Pas de problème.

Drago, cependant, fronça les sourcils et lança un regard appuyé à Harry.

— Pas touche à Hermione, Potter.

Harry leva les mains en signe de défense, amusé.

— Malefoy, Mione est comme ma sœur. Je ne la toucherai pas, sois tranquille.

Hermione soupira, exaspérée par cette petite rivalité.

— De toute façon, ajouta-t-elle, dans quelques jours, ce seront les vacances de Noël. Nous pourrons tous être en sécurité chez nous.

Ils échangèrent tous un regard entendu avant de sortir de la salle sur demande, chacun sur ses gardes. La tension était palpable, mais chacun savait ce qu'il avait à faire. Hermione et Drago marchaient main dans la main, leur "fausse relation" toujours en jeu pour tromper les regards indiscrets.

— J'espère que vous passerez un beau Noël, quand même, dit Hermione, jetant un coup d'œil à son partenaire.

Drago haussa les épaules, l'air pensif.

— J'en sais rien. Je n'ai pas vraiment envie de rentrer chez moi. Je vais essayer de convaincre Ashley de revenir avec moi, au manoir.
— Tes parents vont avoir une sacrée surprise, non? demanda Hermione, un sourire en coin.

Drago esquissa un rire discret.

— Oui, mais ils finiront par s'y habituer. Je ne laisserai jamais Ashley partir de ma vie. C'est une promesse.

Hermione sentit une vague de compassion pour le Serpentard. Sous son masque de froideur et d'arrogance, il était clairement un frère dévoué. Il avait changé, elle pouvait le voir. Il fallait qu'elle trouve un moyen d'apaiser ses souffrances.

— Enfin, ajouta-t-elle avec un sourire timide, on pourra avoir une pause de ce faux-couple pendant quelques semaines.

Drago lui jeta un regard amusé.

— Ouais, espérons que mes parents ne me fassent pas une scène. Avec tout ce qui se passe, c'est sûr que cette "relation" a déjà atteint leurs oreilles.
— Là-dessus, je suis chanceuse, répondit-elle. Mes parents sont moldus, ils n'ont pas vraiment de contacts dans le monde sorcier.

Drago lui lança un regard empreint d'une touche de jalousie.

— Je commence à vous envier, Mademoiselle Granger.

Hermione éclata de rire.

— Oh, ne vous en faites pas, Monsieur Malefoy. On aura bien le temps de se faire de beaux adieux devant tout le monde. Garde tes forces pour tes belles paroles, dit-elle en lui donnant un léger coup d'épaule. Maintenant, je dois rejoindre Harry. Tu veux bien?
— Va s'y, répondit Drago en hochant la tête.

Hermione lui fit un petit signe d'adieu avant de se diriger vers Harry, qui marchait un peu en retrait. Elle glissa son bras autour du sien et posa sa tête sur son épaule, ce qui fit hausser les sourcils du survivant.

— Tu veux que Malefoy m'arrache la tête? plaisanta-t-il, mi amusé, mi sérieux.

Hermione rit doucement.

— Non, je devais juste te parler de quelque chose.

Le ton de Harry devint sérieux.

— Qu'est-ce qu'il y a?

Hermione hésita un instant avant de répondre.

— J'ai de la peine pour Drago. Et pour Ashley… et pour toi. Tout ça, c'est tellement injuste. Mais je te promets que je vais tout faire pour arranger les choses.

Harry ouvrit la bouche pour répondre, mais Hermione s'était déjà détachée et avait filé dans les couloirs. Il se retourna, mais elle avait disparu. Hermione courait maintenant à toute vitesse, son esprit fixé sur une seule idée: trouver de l'aide. Elle savait exactement qui elle devait voir.

En arrivant devant la porte du bureau du professeur Dumbledore, elle n'eut même pas besoin de frapper. La porte s'ouvrit d'elle-même, comme si le directeur l'attendait. Elle entra dans la grande pièce, les étagères remplies de livres et de curiosités. Dumbledore était là, debout près de son bureau, un sourire bienveillant sur le visage.

— Miss Granger, dit-il doucement, comme s'il avait anticipé sa visite. Je vous attendais.

Hermione, essoufflée mais déterminée, s'avança.

— Professeur… nous avons besoin de votre aide.
— Que me vaut cette magnifique visite tardive? demanda Dumbledore, levant les yeux de ses papiers pour fixer Hermione avec un regard bienveillant.

Hermione, essoufflée mais déterminée, s'avança dans la pièce, jouant nerveusement avec le tissu de sa robe.

— Eh… j'ai quelques questions concernant le retourneur de temps…

Le visage du professeur s'assombrit légèrement, mais il conserva son calme.

— Je vois… répondit-il d'une voix posée. Ce ne serait pas pour cette chère Miss Malefoy que vous vous donnez tout ce mal, Miss Granger?

Hermione rougit légèrement et secoua la tête.

— Euh… Professeur, je… ce n'est pas seulement pour elle. Pour Harry aussi… et Drago… enfin, son frère a besoin d'elle. C'est important pour tout le monde.

Dumbledore esquissa un sourire, mêlant amusement et gravité.

— Je suis étonné de voir que vous vous entendez si bien avec Monsieur Malefoy. J'ai même récemment appris que vous étiez un couple! Je ne croyais pas que mes suggestions au professeur Slughorn en arriveraient là.

Hermione ouvrit la bouche, prête à protester, mais il leva une main pour l'arrêter.

— Un faux couple, bien entendu. Je ne suis pas dupe. Mais sachez, Miss Granger, que l'amour peut être un maître capricieux. Quand Cupidon décide de se mêler des affaires des autres, il ne suit pas toujours les règles que l'on croit comprendre. S'amuser à se jouer du destin est toujours risqué. Je ne fais que vous prévenir.

Hermione sentit ses joues chauffer davantage, incapable de répondre. Elle baissa légèrement les yeux, mais une partie d'elle ne pouvait s'empêcher de se demander si Dumbledore voyait à travers elle bien plus qu'elle ne voulait l'admettre.

— Merci, professeur, finit-elle par murmurer.

Dumbledore reprit un ton plus sérieux.

— Pour ce qui est du retourneur de temps… Oui, il est possible de retourner jusqu'à une année entière à partir de la journée d'utilisation. Mais sachez que cette magie devient extrêmement instable au-delà de 24 heures. Vous l'avez admirablement maîtrisé à votre troisième année, je n'en doute pas. Toutefois, il est impératif que vous soyez prudente, Miss Granger.

Il fixa ses yeux perçants dans les siens.

— Ne partez jamais seule. Et surtout, ne vous faites pas voir.

Avec ces dernières recommandations, Dumbledore tendit délicatement le pendentif doré. Hermione le prit avec une révérence respectueuse, consciente du poids de la tâche qu'elle s'apprêtait à entreprendre.

— Merci, professeur. Je ferai très attention, je vous le promets.
— Je n'en doute pas, répondit-il avec un sourire, avant de détourner son attention vers ses parchemins. Bonne nuit, Miss Granger.

Hermione descendait les escaliers du bureau de Dumbledore, le retourneur de temps serré dans sa main. La lumière de la lune illuminait faiblement les couloirs déserts, mais elle n'y prêtait pas attention. Son esprit était ailleurs, envahi par une seule question : qui allait-elle emmener avec elle?

Elle marcha machinalement, ses pensées tourbillonnant à une vitesse folle.

— Harry. Évidemment. Harry était son meilleur ami, celui qui avait déjà utilisé le retourneur avec elle. Il était courageux, et surtout, il avait tout à gagner si Ashley revenait. Mais… Harry était impulsif. Et s'il faisait quelque chose de stupide? S'il ne pouvait pas garder son calme? Et puis… si quelque chose lui arrivait? Hermione sentit son cœur se serrer à cette pensée.

Elle s'arrêta au milieu du couloir, inspirant profondément.

— Drago. L'idée semblait insensée à première vue. Mais… Drago avait changé. Il était intelligent, stratégique, et surtout, il avait tout à perdre. Il ne laisserait rien au hasard, pas quand il s'agissait d'Ashley. Hermione savait qu'il serait prêt à tout pour protéger sa sœur, et peut-être aussi… elle-même. Cette pensée lui donna des frissons qu'elle balaya aussitôt.

Elle reprit sa marche, mais son esprit continuait de se battre.

— Harry ou Drago. Qui choisir?

Hermione entra finalement dans son dortoir et s'assit sur son lit, le regard fixé sur le pendentif. Elle passa de longues minutes à peser le pour et le contre, sa respiration lente et mesurée. Puis, doucement, elle hocha la tête.

— Drago, murmura-t-elle. C'est Drago que je dois emmener.

Elle s'enfonça dans ses couvertures, épuisée par sa réflexion. Mais une chose était claire dans son esprit : Drago était le choix logique. Il connaissait mieux les risques. Il serait calculateur. Et… Une part d'elle savait qu'il serait là pour elle, quoi qu'il arrive.

Hermione ferma les yeux, se préparant mentalement à lui en parler le lendemain. Elle savait que ce choix n'était pas sans conséquences, mais elle ne pouvait plus reculer.