C'était une journée glaciale au Terrier en ce jour de Noël. Dehors, la neige tombait en gros flocons, recouvrant le jardin en pente et la cabane à balais d'un manteau immaculé. À l'intérieur, la maison débordait de chaleur et de vie. La cheminée rugissait dans la cuisine, et des guirlandes magiques dansaient doucement au plafond, illuminant les murs décorés de photos de famille animées. L'odeur réconfortante de pain chaud, de pudding aux fruits et de dinde rôti emplissait chaque recoin de la maison.

Un grand sapin un peu bancal, sans doute coupé dans les bois voisins, se dressait dans un coin du salon. Il était décoré de guirlandes enchantées qui scintillaient de mille feux et de petits ornements faits à la main, certains depuis des décennies. Au sommet, une étoile vacillante semblait sur le point de tomber, mais Molly l'ajustait magiquement de temps à autre avec sa baguette.

Dans la cuisine, Molly et Ginny s'affairaient autour des plats, leurs baguettes virevoltant dans les airs pour couper, mélanger et cuire. Leurs robes étaient légèrement saupoudrées de farine, mais cela ne semblait déranger ni l'une ni l'autre.

Fred et George, quant à eux, dressaient la table, insérant quelques-uns de leurs fameux "surprises de Noël" : des assiettes enchantées pour donner un léger hoquet musical ou des couverts qui changeaient de couleur au contact de la nourriture. Leurs sourires malicieux laissaient deviner qu'ils attendaient avec impatience le moment où leurs parents s'en rendraient compte.

Dans le salon, Arthur, Harry, et Ron étaient installés sur les fauteuils usés mais confortables, discutant tranquillement.

— Alors, Ron, demanda Harry, à quelle heure Pansy arrive ?
— Elle ne devrait plus tarder, répondit Ron en jetant un coup d'œil vers l'horloge murale.

Arthur sourit chaleureusement.

— J'ai bien hâte de la rencontrer, dit-il d'un ton sincère.

À peine avait-il fini sa phrase que Fred et George firent irruption, visiblement ravis d'avoir entendu le nom de Pansy.

— Papa, tu savais que c'était une Serpentard ? demanda Fred avec un sourire narquois.
— Et qu'elle est la meilleure amie de Drago Malefoy ? ajouta George, l'air faussement grave.

Arthur haussa un sourcil, manifestement surpris. Il était clair que Ron avait omis ce détail crucial dans sa présentation de Pansy.

Du fond de la maison, une voix stridente retentit.

— Ronald Weasley !

Molly avait entendu. Elle débarqua dans le salon, un rouleau à pâtisserie en main et les joues rouges de colère.

— Comment oses-tu nous cacher ces informations ? Elle est peut-être dangereuse !
— Maman… elle n'est pas dangereuse… tenta Ron, mais Molly l'interrompit.
— Qu'est-ce qu'on en sait ? Ses parents sont sûrement amis avec les Malefoy, donc serviteurs du Seigneur des Ténèbres ! Nos vies pourraient être en danger, et tout ça par ta faute ! J'espère que tu ne lui as pas parlé de l'Ordre !
— Maman…
— Madame Weasley, intervint Harry, sa voix calme mais ferme. Nous avons appris à connaître les Serpentards au cours de cette année, et… ils ne sont pas tous mauvais. Même Hermione est passée au-dessus de ça. Elle sort avec Drago Malefoy.

Le silence tomba brutalement dans la pièce. Arthur recracha une gorgée de son Whisky Pur-Feu, tandis que Molly le regardait, bouche bée.

— Non d'un criquet ! Hermione et le fils Malefoy ?
— Ouais ! répondit Ron, prenant une inspiration pour se calmer. Et nous l'avons tous accepté.

Avant que Molly ne puisse répondre, la sonnette retentit. Tous se figèrent.

Ron lança un regard d'avertissement à sa famille, leur intimant silencieusement de se tenir tranquilles. Il ouvrit la porte, dévoilant Pansy Parkinson. Elle portait un manteau élégant, et ses joues étaient légèrement rosies par le froid.

— Joyeux Noël, Pansy, murmura Ron avec un grand sourire.

La Serpentard entra et resta un instant ébahie par l'intérieur chaleureux et désordonné du Terrier.

— C'est… charmant, murmura-t-elle, sincère malgré elle, en observant le sapin bancal et les décorations excentriques.

Ron lui prit son manteau et l'accrocha. Pendant ce temps, Harry s'approcha avec un sourire.

— Joyeux Noël, Parkinson, lança-t-il avec un petit clin d'œil.
— Joyeux Noël, Potter, répondit-elle avec un sourire en coin.

Ginny, visiblement nerveuse, s'avança à son tour.

— Joyeux Noël, Pansy…

Un instant de tension flotta dans l'air, mais Pansy, après une hésitation, sourit doucement et la prit dans ses bras.

— Joyeux Noël, Ginny, dit-elle d'une voix étonnamment douce.

Ginny parut légèrement surprise, mais elle se contenta d'acquiescer avec un léger sourire.

Fred et George, observant la scène depuis la cuisine, échangèrent un regard conspirateur, clairement impatients de voir comment la soirée allait se dérouler. Molly, quant à elle, retourna en marmonnant dans la cuisine, lançant un regard peu convaincu vers Pansy.

Le dîner promettait d'être… mémorable.

Les parents Weasley s'approchèrent de Pansy, un sourire chaleureux sur les lèvres.

— Enchanté de vous rencontrer, mademoiselle Parkinson, dit Arthur avec politesse.
— Je suis enchantée également, Monsieur Weasley, répondit-elle d'un ton respectueux.
— Oh, appelez-moi Arthur, dit-il en souriant.
— Alors appelez-moi Pansy, Arthur, répondit-elle avec gentillesse.

Arthur lui fit une bise sur les joues, agréablement surpris par la politesse et le naturel de la jeune fille. Il l'aimait bien… pour l'instant. Molly, toujours méfiante mais décidée à rester courtoise, se présenta rapidement, un sourire figé sur le visage.

— Bienvenue chez nous, dit-elle d'un ton amical, quoique légèrement tendu.

Molly invita tout le monde à passer à table. Lorsque Pansy mit les pieds dans la cuisine, elle fut stupéfaite par ce qu'elle vit. La table, immense et rustique, était pratiquement invisible sous la quantité incroyable de plats colorés et appétissants. Les couleurs chaudes des murs, le bruit joyeux des conversations, et l'atmosphère animée contrastaient fortement avec la froideur et la solennité de chez elle.

Les Weasley n'étaient peut-être pas riches, mais ils avaient quelque chose que sa propre famille n'avait jamais su cultiver : un bonheur sincère et une affection débordante. Cela fit naître une douce chaleur dans le cœur de la Serpentard, bien qu'elle ne l'aurait jamais admis à voix haute.

Le repas se déroula dans une ambiance festive. Les rires fusaient, et même Pansy se retrouva rapidement à plaisanter avec Fred et George. Les jumeaux, initialement méfiants, furent rapidement conquis par sa répartie mordante.

Lorsque vint l'heure des cadeaux, les rires redoublèrent. Pansy tendit un paquet à Ron, ses joues légèrement roses d'anticipation. Ron déchira le papier avec excitation et resta bouche bée en découvrant son contenu : des billets VIP pour aller voir les Harpies de Holyhead, avec accès aux coulisses.

— C'est définitif, Ron, c'est la guerre ! lança Fred.
— Oui, ajouta George, nous allons te voler ta petite amie. Elle est évidemment beaucoup trop bien pour toi !
— Hé ! protesta Ron, brandissant sa baguette avec un air faussement menaçant.
— Ronald ! Baisse cette baguette immédiatement ! rétorqua Molly, les bras croisés.

Ron obtempéra en marmonnant et prit la main de Pansy. Il lui murmura un "merci" sincère avant de lui tendre un petit paquet à son tour. Pansy l'ouvrit délicatement et découvrit une paire de boucles d'oreilles en argent en forme de cœur. Elle les trouva magnifiques, malgré leur côté un peu cliché. Sachant combien Ron devait avoir économisé pour ce cadeau, elle en fut profondément émue.

Elle le remercia d'un baiser chaste, mais son regard en disait long sur ce qu'elle ressentait réellement.

De leur côté, Harry et Ron, dans un moment d'hilarité totale, découvrirent qu'ils s'étaient acheté exactement le même cadeau : Le Quidditch à travers les âges. Ils éclatèrent de rire en se serrant la main avec complicité.

Ginny, un peu nerveuse, s'approcha timidement de Harry.

— Harry, murmura-t-elle, j'ai… j'ai un cadeau pour toi.
— Oh Ginny, il ne fallait pas, répondit-il, gêné. Je n'ai rien pour toi.
— Ce n'est pas grave. Je tenais vraiment à te l'offrir, dit-elle en tendant une boîte soigneusement emballée.

Harry ouvrit le paquet sous le regard attentif de Ginny, qui s'était légèrement mise en retrait. Il découvrit un cadre contenant une photo de lui et d'Ashley, prise par Ginny à l'époque. Sur la photo, Harry apprenait à Ashley à monter sur un balai, et tous deux riaient aux éclats.

Un sourire triste étira les lèvres de Harry, et une larme roula sur sa joue. Il se leva pour la serrer dans ses bras.

— Merci, Ginny, murmura-t-il. Ça fait du bien…
— Ça me fait plaisir, Harry, répondit-elle simplement en le serrant plus fort.

La soirée continua dans une ambiance légère et joyeuse. Arthur sortit un jeu moldu, Monopoly, qu'il avait déniché lors de ses recherches. Intrigué, il demanda à Harry d'en expliquer les règles. Les commentaires de Fred et George, associés à la perplexité d'Arthur sur le manque de magie dans ce jeu, provoquèrent des éclats de rire dans toute la pièce.

Vers minuit, Pansy interrompit à regret le jeu.

— Je dois rentrer chez moi, annonça-t-elle doucement.

Fred et George insistèrent pour qu'elle reste dormir, lançant des remarques suggestives sur la place disponible dans le lit de Ron, ce qui valut à Molly un regard glacial et à Ron un profond embarras.

— Tu peux rester, dit Molly en haussant un sourcil. Mais sous mon toit, tu ne dormiras pas dans le lit de mon fils.

Pansy accepta avec un sourire amusé, rassurée par l'accueil chaleureux malgré les maladresses.

Plus tard, alors que tout le monde était monté se coucher, Molly descendit au salon avec des couvertures pour Pansy.

— J'espère que tu as passé une bonne soirée, dit-elle en arrangeant les coussins du canapé.
— Oui, Madame Weasley. C'était… différent de chez moi, mais merveilleux.

Molly s'arrêta et la regarda avec bienveillance.

— Je suis heureuse de t'avoir dans la famille, dit-elle doucement. Mais, si jamais tu brises le cœur de mon fils, je deviendrai ta pire ennemie.
— Je… oui, Madame Weasley. Je vous promets que ce n'est pas moi qui lui ferai du mal, répondit Pansy avec sincérité.

Elle se détourna, mais avant de partir, elle se retourna une dernière fois.

— Pansy… tu peux m'appeler Molly.

Un sourire chaleureux illumina le visage de Pansy.

— Bonne nuit, Molly.
— Bonne nuit, répondit Molly avant d'éteindre la lumière.


Le manoir des Malefoy, sombre et imposant, semblait encore plus froid en ce soir de Noël. Les vastes couloirs résonnaient d'un silence glacial, seulement interrompu par le crépitement du feu dans l'immense cheminée de la salle à manger. La table, longue et étincelante, était dressée à la perfection avec des couverts en argent et des plats somptueux. Mais la tension dans l'air rendait toute cette opulence vide de sens.

Drago, assis à une extrémité, jouait distraitement avec sa fourchette, dédaignant la nourriture devant lui. Lucius, à l'autre bout, parlait avec une froide assurance des récents bouleversements au Ministère. Narcissa, quant à elle, observait son fils avec inquiétude, les mains jointes sur ses genoux.

Lorsque Lucius acheva son monologue, Narcissa tourna la tête vers Drago.

— Comment se passe l'école, mon fils ? demanda-t-elle doucement, sa voix teintée d'une sincère sollicitude.

Drago leva les yeux vers elle, son regard vide.

— Ça va, Mère. Tout est sous contrôle, répondit-il d'un ton neutre.

Elle sembla hésiter avant de poursuivre, sa voix un peu plus basse :

— Je sais que la perte d'Ashley a été difficile…

Drago contracta la mâchoire, retenant un soupir.

— C'est Noël. Elle n'aurait pas voulu qu'on déprime aujourd'hui, dit-il avec une certaine dureté.
— Ne parle pas sur ce ton à ta mère, gronda Lucius, ses yeux brillants de colère.
— Mon ton n'a rien d'irrespectueux, Père, répondit Drago froidement, ses poings se serrant sous la table.
— Ça va, Lucius, intervint Narcissa, posant une main apaisante sur le bras de son mari.

Elle se tourna à nouveau vers son fils, cherchant à détourner la conversation.

— Et sinon, personne ne te cause de soucis à l'école ? demanda-t-elle. Tu sais combien l'image que tu renvoies est importante.

Drago haussa légèrement les épaules.

— Il y a bien Théodore Nott, Crabbe et Goyle qui m'agacent, mais tout va bien. Avec Blaise et Pansy, nous avons agrandi notre cercle d'amis.

Lucius haussa un sourcil.

— Ah, enfin débarrassé de ces imbéciles, dit-il d'un ton méprisant.

Narcissa esquissa un sourire, soulagée de trouver une lueur de normalité dans les paroles de son fils.

— C'est bien, mon chéri. Les contacts sont importants. Ils sont de Serpentard, n'est-ce pas ?

Drago croisa les bras, son regard brillant d'ironie.

— Non, Mère. Il y en a de toutes les maisons.

Narcissa fronça légèrement les sourcils, mais avant qu'elle ne puisse répondre, Lucius s'étouffa avec son verre de Whisky Pur-Feu.

— De toutes les maisons ? répéta-t-il, la voix montant. Ne me dis pas que tu traînes encore avec ces Gryffondors.
— Oui, Père. Et même que… commença Drago, cherchant ses mots.
— Ashley, je pouvais comprendre. Elle n'avait pas été élevée selon nos valeurs, mais toi ? rugit Lucius. Je croyais que tu aurais écarté ces imbéciles de ta vie une bonne fois pour toutes.

Narcissa posa une main sur le bras de Lucius, mais il la repoussa doucement, son regard fixé sur Drago.

— Et c'est vrai que Pansy sort avec un Weasley ? demanda Narcissa, sa voix trahissant une légère angoisse.
— Oui, Mère. Et d'ailleurs, j'ai quelque chose à vous dire, répondit Drago, son ton calculé.

Lucius plissa les yeux, comme s'il anticipait une mauvaise nouvelle.

— Je crois savoir où tu veux en venir, mais dis-le-moi. De ta bouche, insista-t-il.

Drago se redressa, un sourire provocateur sur les lèvres.

— Je sors avec Hermione Granger. Une fille de Moldus.

Le choc fut instantané. Narcissa porta une main à sa bouche, comme pour retenir un cri, tandis que Lucius vira au rouge.

— Tu plaisantes, siffla Lucius.
— Pas du tout, Père, répondit Drago, son sourire narquois s'élargissant.

Narcissa semblait déchirée, son regard oscillant entre son mari et son fils.

— Drago… murmura-t-elle, sa voix tremblante.

Lucius se leva brusquement, son fauteuil raclant le sol avec fracas.

— Je t'interdis de la revoir ! hurla-t-il. Je ne laisserai pas un Malefoy souiller notre lignée avec une Sang-de-Bourbe !
— Elle est brillante, Père. La plus brillante élève de Poudlard.
— Je préfère une idiote au sang-pur à une brillante Sang-de-Bourbe ! rugit Lucius.
— Ça suffit ! intervint Narcissa, se levant à son tour. Lucius, arrête ! Ce n'est pas toi qui décide de tout !

Lucius lui lança un regard furieux.

— Cissy, tu réalises ce qu'il est en train de faire ? Nous serons la risée des Mangemorts ! Et que dira le Seigneur des Ténèbres quand il l'apprendra ?

Drago éclata à son tour, ses nerfs à vif.

— J'en ai rien à faire des Mangemorts et encore moins de Voldemort ! cria-t-il.

Lucius devint livide, sa baguette tremblant dans sa main.

— Comment oses-tu ? Sors de cette maison ! IMMÉDIATEMENT !

Drago fusilla son père du regard, se redressa et sortit sans un mot de plus. Narcissa le suivit jusqu'à l'entrée, son visage ravagé par l'émotion.

— Drago… murmura-t-elle. Ne fais rien de stupide.

Drago claqua la porte du manoir derrière lui, le bruit résonnant dans l'air glacé comme un coup de tonnerre. La nuit était profonde, silencieuse, à l'exception du crissement de la neige sous ses bottes alors qu'il s'éloignait. Le vent mordait sa peau, mais il ne s'en souciait pas. Chaque pas qu'il faisait semblait alourdir son cœur.

La colère brûlait encore en lui, mais elle se mêlait à une tristesse qu'il n'aurait jamais avoué. Il serra les poings, le souffle formant des nuages dans l'air glacial. Les mots de son père tournaient en boucle dans son esprit : "Sang-de-Bourbe." "La honte." Ces mots, si souvent prononcés dans sa maison, avaient perdu leur puissance sur lui, mais pas leur douleur.

Ses doigts tremblèrent, qu'il mit sur le compte du froid, mais il savait qu'une part de lui tremblait de rage et de déception.

Drago leva les yeux vers le ciel, où les étoiles brillaient faiblement derrière un voile de nuages. La neige tombait doucement, presque silencieuse, recouvrant tout d'un blanc pur. Cela lui semblait presque ironique, ce contraste entre la pureté du paysage et la noirceur de sa propre maison.

Il marcha plus loin, cherchant à se calmer, mais ses pensées tourbillonnaient comme une tempête. Il revoyait le visage furieux de son père, la tristesse contenue dans les yeux de sa mère. Narcissa. Sa mère, qui, même en essayant de le comprendre, restait prisonnière de son rôle. Elle l'avait suivi jusqu'à la porte, et il n'oublierait pas la façon dont sa voix avait tremblé en lui disant : "Ne fais rien de stupide."

Drago sentit sa gorge se nouer. Il aurait voulu répondre quelque chose, mais il n'en avait pas été capable. Il s'était contenté de la regarder, puis il était parti, laissant derrière lui un silence plus lourd que tous les cris de son père.

Il passa une main dans ses cheveux, frustré. Où irait-il ? Blaise et Pansy n'étaient pas chez eux. Le manoir, qu'il avait toujours considéré comme un symbole de sécurité et de pouvoir, ne serait plus jamais un refuge pour lui. L'idée de retourner à l'intérieur lui donnait la nausée.

La neige s'intensifiait, recouvrant ses épaules et ses cheveux d'un léger manteau blanc. Il s'arrêta un instant, fixant la lisière du bois qui bordait la propriété. Les arbres, noirs et immenses, semblaient lui tendre une échappatoire vers l'inconnu.

Alors, sans vraiment réfléchir, il transplana.

L'atterrissage fut brutal, le sol gelé sous ses pieds l'accueillant avec dureté. Il leva les yeux et reconnut immédiatement l'endroit. La maison d'Hermione. Une chaleur inattendue l'envahit, mais elle fut rapidement supplantée par une vague de doute. Pourquoi était-il venu ici ?

Mais quelque part au fond de lui, il connaissait déjà la réponse.


Hermione riait aux éclats avec ses parents autour du sapin de Noël, emmitouflée dans une couverture douillette à motifs de flocons. La tempête de l'année faisait rage à l'extérieur : la neige tombait à gros flocons, les rues étaient désertes, et la visibilité était réduite à moins d'un mètre. À l'intérieur, la maison Granger débordait de chaleur et de confort.

Pattenrond jouait joyeusement avec les boules de Noël tombées du sapin, les faisant rouler sous le canapé avant de les chasser d'un coup de patte. Monsieur Granger racontait des anecdotes hilarantes sur ses patients.

— Vous ne devinerez jamais, s'esclaffa-t-il. Un de mes patients a essayé de mordre un coin de mur… Il s'est cassé deux dents de devant !

Madame Granger, installée sur le canapé derrière Hermione, passait doucement une brosse dans les cheveux de sa fille.

— Mione chérie, nous avons quelque chose à t'annoncer, dit-elle soudain, un sourire au coin des lèvres.

Hermione se tourna vers elle, intriguée.

— Oui ? Je vous écoute ?

Son père intervint, visiblement excité par la nouvelle.

— Ta mère est enceinte ! Tu vas avoir un petit frère ou une petite sœur !

Hermione laissa échapper un cri de joie, ses yeux s'illuminant.

— C'est merveilleux ! Je suis tellement heureuse pour vous ! Maman, Papa, c'est génial !

Madame Granger sourit en voyant sa fille si enthousiaste.

— Nous aimerions beaucoup que…

Mais avant qu'elle ne puisse terminer, on frappa à la porte. Hermione haussa un sourcil.

— Vous attendiez quelqu'un ? demanda-t-elle.
— Non, pas du tout, répondit sa mère, perplexe.

Hermione empoigna discrètement sa baguette et se leva, prête à intervenir. Monsieur Granger ouvrit la porte pour découvrir un jeune homme debout sur le seuil, tremblant de froid et couvert de neige.

— Bonjour, Monsieur… êtes-vous perdu ? demanda-t-il, intrigué.
— Bonjour, euh… non, enfin… vous êtes Monsieur Granger ? répondit le jeune homme, hésitant.
— C'est bien moi, confirma le dentiste avec un sourire aimable.
— Alors je suis à la bonne adresse. Je cherche Hermione Granger.
— HERMIONE ! appela son père.

Hermione accourut dans le hall, sa baguette toujours en main, mais elle s'arrêta net en voyant qui se tenait là.

— Malefoy ?! s'exclama-t-elle, stupéfaite.
— Granger… je… balbutia Drago, visiblement mal à l'aise.

Elle le dévisagea un instant, puis se ressaisit.

— Entre, voyons ! Je ne vais pas te laisser mourir de froid. Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

Sa mère, attirée par l'agitation, arriva dans le hall.

— Vous vous connaissez ? demanda-t-elle, intriguée.
— Oui, Maman. C'est Drago. Drago Malefoy, répondit Hermione avec une certaine hésitation.
— Celui qui se moquait de toi à l'école ? demanda Monsieur Granger, fronçant les sourcils.
— C'est du passé, Papa. Nous sommes am… nous sommes ensemble, lâcha-t-elle finalement, presque d'un seul souffle.

La réaction fut immédiate : Monsieur Granger croisa les bras, son regard se durcissant, tandis que Madame Granger esquissa un sourire, visiblement ravie que sa fille ait un petit ami. Drago, quant à lui, resta figé de surprise. Il n'avait pas prévu qu'Hermione irait jusque-là pour maintenir leur couverture.

Après un moment de silence, Monsieur Granger finit par parler.

— Je vois. Alors, Monsieur Malefoy, installez-vous près du sapin avec nous. Nous étions sur le point de déballer les cadeaux. J'imagine, Hermione, que le cadeau sans nom sous le sapin était pour lui.

Hermione rougit furieusement, lançant un regard désolé à Drago. Il répondit par un sourire moqueur, ravi de son embarras. Ils s'installèrent dans le salon, et Madame Granger invita Drago à prendre la place qu'elle occupait quelques instants plus tôt, souhaitant observer discrètement leur interaction.

— Alors, Drago, parle-nous de ta famille ! demanda-t-elle avec intérêt.

Drago hésita, cherchant ses mots.

— Eh bien… mon père travaille au Ministère de la Magie, et ma mère… elle est femme au foyer. Ils sont très… euh… particuliers. Ma mère est un peu moins… stricte que mon père, mais cela dépend avec qui.

Monsieur Granger, toujours méfiant, posa la question qui le préoccupait vraiment :

— Et qu'est-ce que vous trouvez à notre Hermione ? Quels sont vos intentions envers elle ?

Pris de court, Drago resta un instant silencieux. Mais en croisant le regard d'Hermione, il sentit son cœur manquer un battement. Il finit par se tourner vers Monsieur Granger, rassemblant son courage.

— Monsieur Granger, Hermione est une femme extraordinaire. Elle est brillante, courageuse, généreuse… et magnifique. Elle a cette façon de retrousser le nez quand elle réfléchit, et elle tire la langue quand elle lève la main pour répondre en classe. Elle est drôle, elle est forte, et… est-ce que j'ai dit à quel point elle est belle ?

Hermione sentit ses joues brûler. Elle avait les larmes aux yeux, troublée par la sincérité apparente de Drago. Elle se gifla mentalement : Ce n'est pas réel. Ce n'est qu'un jeu.

Monsieur Granger, visiblement impressionné, se leva pour aller chercher une bière, qu'il tendit à Drago. Hermione, devinant son dégoût, proposa rapidement :

— Drago, j'ai du Whisky Pur-Feu. Tu en veux ?
— Avec plaisir, répondit-il avec un soupir de soulagement.

Dans la cuisine, alors qu'Hermione lui servait un verre, elle chuchota :

— Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Je me suis disputé avec mon père. Il m'a foutu dehors…
— Oh… à propos d'Ashley ?
— Non. À propos de toi. J'ai dit qu'on était ensemble… et il a explosé.
— Ouille… ça n'a pas dû être facile.
— Non, mais… ici non plus, apparemment, ajouta-t-il avec un sourire amusé.

Hermione baissa les yeux, rougissante.

— Bravo pour ton discours, Drago. J'y ai presque cru moi aussi.

Il la fixa un instant, son regard devenant sérieux.

— Ce n'était pas difficile, Hermione. Ce que j'ai dit, je le pensais.
— Je… quoi ? balbutia-t-elle.
— Tu as très bien compris, répondit-il avant de vider son verre. Allez, retournons voir tes parents avant qu'ils ne surprennent cette conversation.

La soirée chez les Granger se poursuivit dans une ambiance chaleureuse, mais Drago ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu décalé. Les rires francs, les regards bienveillants des parents d'Hermione, et même les petites disputes affectueuses entre eux… Tout cela lui était étranger.

Assis près du sapin, il se surprit à observer une photo de famille encadrée, posée sur une étagère. Hermione, beaucoup plus jeune, souriait en tenant un livre presque aussi grand qu'elle. Son père faisait une grimace derrière elle, tandis que sa mère essayait de lui brosser les cheveux.

— C'était pour mon sixième anniversaire, dit Hermione doucement en le surprenant.

Drago se tourna vers elle, un peu gêné.

— Tu étais déjà avec un livre à la main ? Ça ne m'étonne pas.

Hermione lui lança un regard amusé.

— Et toi ? À quoi ressemblait ton sixième anniversaire ?

Drago resta silencieux un moment, ses doigts jouant avec l'accoudoir du fauteuil.

— C'était… différent. Des invités importants, des cadeaux que je n'avais pas demandés, et… une impression de perfection.

Hermione capta une ombre dans ses yeux et choisit de ne pas insister.

— Eh bien, ce soir, pas de perfection. Juste des rires et des cadeaux bizarres, dit-elle en souriant.

Drago esquissa un sourire en coin.

— Ça me va.

C'était enfin l'heure de déballer les cadeaux. Les Granger, toujours souriants, tendirent un gros paquet à Hermione. Elle déchira le papier avec enthousiasme et découvrit un magnifique coffret en cuir contenant une collection complète d'œuvres littéraires classiques, y compris des auteurs moldus et sorciers. Elle les serra contre elle, un sourire ravi éclairant son visage.

— Merci ! Ils sont parfaits, dit-elle, les yeux brillants.

Elle déposa le coffret sur le côté avant de prendre un paquet soigneusement emballé qu'elle tendit à Drago. Il la regarda avec curiosité avant de commencer à défaire le papier avec précaution.

Lorsqu'il ouvrit la boîte, ses yeux s'illuminèrent en découvrant son contenu : un carnet de cuir noir finement gravé, accompagné d'un ensemble de plumes enchantées, ainsi qu'un ensemble de gants de Quidditch, un chandail des Cannons de Chudley et un vif d'or de pratique. Drago resta silencieux un instant, parcourant du regard les objets dans la boîte.

Puis il ouvrit le carnet, et ses yeux tombèrent sur une inscription gravée à l'intérieur de la couverture :

"Pour Drago. Parce que même les cœurs les plus sombres méritent de s'exprimer dans la lumière. Hermione."

Il releva la tête, une expression troublée mais reconnaissante sur le visage.

— C'est… incroyable, murmura-t-il. Merci, Granger.

Un sourire sincère éclaira son visage tandis qu'il se penchait pour lui déposer un baiser léger sur la joue, déclenchant un petit rougissement chez Hermione. Puis, à son tour, il sortit une minuscule boîte de sa poche.

— À toi maintenant, dit-il, une pointe d'appréhension dans la voix.

Hermione ouvrit la boîte avec précaution, et ses yeux s'écarquillèrent en découvrant le contenu : un pendentif en or délicatement sculpté en forme de serpent enroulé autour d'une petite émeraude scintillante.

— Drago, c'est… c'est magnifique, murmura-t-elle, touchée.

Elle lui tendit la boîte, et il se leva pour attacher le bijou autour de son cou. Ses doigts effleurèrent brièvement sa peau, ce qui fit frissonner Hermione.

— Merci, dit-elle avec un sourire chaleureux, avant de déposer un baiser timide sur sa joue.

Madame Granger, qui observait la scène avec amusement, intervint avec un sourire taquin :

— Voyons, Hermione, ne sois pas si timide. Embrasse-le comme il se doit.

Hermione ouvrit de grands yeux, prise au dépourvu. Drago, en revanche, resta parfaitement calme, ses yeux fixant les siens avec une intensité troublante. La Gryffondor, un peu gênée mais déterminée à ne pas reculer, se pencha et déposa un baiser doux sur les lèvres de Drago.

Au moment où leurs lèvres se touchèrent, un frisson traversa Drago, mélange de surprise et de tension. Ses mains effleurèrent brièvement le bas du dos d'Hermione, mais il se recula aussitôt, ses yeux brillants d'une lueur qu'il s'efforça d'éteindre rapidement. Il détourna légèrement le regard, comme pour reprendre le contrôle de lui-même.

Hermione, qui avait senti ce moment suspendu, comprit immédiatement. Elle baissa légèrement la tête pour cacher son propre trouble et retourna s'asseoir à côté de lui, son cœur battant un peu trop vite.

Les parents de la lionne finirent par aller se coucher après plusieurs heures de discussions, rires et anecdotes. Drago, assis près de la cheminée, observait les Granger avec une curiosité teintée d'admiration. C'était une famille simple, sans prétention, mais emplie de chaleur et de joie. Il comprenait enfin d'où venait la lumière qui semblait toujours habiter Hermione, même dans les moments les plus sombres.

Ses parents étaient moldus, oui, mais ils avaient une chose que la famille Malefoy n'avait jamais eue : une complicité sincère et un bonheur authentique. Drago, bien qu'il ne l'avouerait jamais à voix haute, appréciait ce moment bien plus qu'il n'aurait cru possible.

— Drago, il fait bien trop mauvais pour que tu repartes ce soir, dit Madame Granger avec un sourire chaleureux. Tu devrais rester dormir ici.

Il hésita un instant, par politesse, mais l'idée de retourner dans le froid glacial ne lui plaisait guère.

— Merci, Madame Granger, répondit-il avec sincérité.

Hermione, toujours pragmatique, monta un lit de camp dans sa chambre après avoir demandé l'autorisation à ses parents. Elle sortit un oreiller moelleux et une couverture pour lui, s'assurant qu'il soit à l'aise.

— Ce sera bon pour toi ? demanda-t-elle, en lui tendant un sourire.

Drago inspecta le lit de camp avec un sourcil légèrement arqué, mais il hocha la tête.

— C'est parfait, répondit-il. Merci, Granger.

Ils s'installèrent chacun de leur côté de la chambre, la lumière tamisée créant une atmosphère paisible. Hermione éteignit sa lampe de chevet, et un silence confortable s'installa.

Drago, allongé sur le lit de camp, fixa le plafond, ses pensées encore embrouillées par les émotions de la soirée. Pour la première fois depuis des années, il ressentait un apaisement qu'il n'arrivait pas à expliquer.

— Bonne nuit, murmura Hermione, sa voix douce rompant le silence.

Il tourna légèrement la tête vers elle, devinant son regard dans la pénombre.

— Bonne nuit, Hermione, répondit-il, laissant son ton traîner un peu plus que nécessaire.

Dans l'obscurité, il sourit légèrement. Peut-être que Noël n'était pas qu'une série de formalités pompeuses. Peut-être qu'il pouvait aussi être… un moment de répit.

Quelques minutes après que le silence total se soit installé dans la pièce, Drago, toujours allongé sur le lit de camp, se permit d'ouvrir un œil. La lumière douce de la lune filtrait à travers les rideaux, illuminant légèrement le visage détendu d'Hermione. Il hésita, ne voulant pas rompre la tranquillité du moment, mais les mots lui échappèrent.

— Granger ? murmura-t-il doucement.

Elle bougea légèrement sous sa couverture, prouvant qu'elle ne dormait pas encore.

— Oui ? répondit-elle d'une voix feutrée, presque un murmure.

Drago se redressa légèrement sur un coude, fixant le plafond pour masquer son trouble.

— Merci pour cette soirée… et merci pour le cadeau. C'est… c'est un des meilleurs cadeaux que j'ai eus dans ma vie.

Hermione, surprise par la sincérité dans sa voix, tourna légèrement la tête vers lui.

— Y'a pas de quoi, répondit-elle avec un sourire qu'il ne pouvait pas voir mais qu'il devinait. Merci à toi pour ce pendentif. Il est magnifique, vraiment.

Un silence confortable s'installa de nouveau, mais cette fois, ce fut Hermione qui le rompit.

— Drago ?
— Oui ?

Elle inspira doucement, comme pour se donner du courage.

— Prépare-toi. Nous partons demain. J'ai vraiment envie que tu retrouves ta sœur.

Le cœur de Drago rata un battement. Il détourna les yeux, fixant un point invisible dans l'obscurité. Cette simple phrase, cette promesse de l'aider à retrouver Ashley, résonna en lui avec une intensité qu'il ne comprenait pas totalement.

— Je suis plus que prêt, répondit-il, sa voix chargée de détermination.

Un sourire discret naquit sur le visage d'Hermione alors qu'elle fermait les yeux. Pour Drago, cette nuit marquait un tournant. Un tournant vers quelque chose qu'il n'avait jamais envisagé auparavant : un véritable soutien, une véritable alliance… et peut-être, juste peut-être, une véritable amitié.