Partie 1.

Un buisson de boucle brune. Lorsqu'il pensait à son premier souvenir d'elle, c'était la première chose qui lui venait à l'esprit. Il y a fort longtemps, Aaron Hotchner était un petit garçon comme les autres.

Certaines choses le séparaient pourtant de ses compères, son côté un peu nerd d'abord, ses capacités sociales frôlant les décimales, et surtout les bleus qui recouvrait son corps derrière ses sourires flamboyant.

À huit ans, Aaron savait qu'il ne devait pas crier lorsque son père s'énervait contre lui. Plus il hurlait, plus on le frappait fort. À neuf ans, Aaron subissait sans rien dire, ignorant même que sa mère savait tout de ses souffrances.

Il était solitaire, seul son frère Sean et sa maman lui importaient vraiment. Ses quelques amis le trouvaient ennuyeux, ils n'aimaient pas jouer avec lui. Il était considéré comme le bizarre de la classe, il était plus jeune d'un an que les autres et ces derniers lui firent bien sentir son intrusion.

Tout changea un beau matin d'octobre.

En fait, aucun évènement notable à échelle mondiale se déroula, ni même national… Ce qui animait la classe ce jour-là fut l'arrivée d'une nouvelle élève. Elle était minuscule. Ses boucles brunes formaient une épaisse couronne autour de sa tête tandis que ses grands yeux curieux détaillaient tous les bibelots de la salle de classe, cette fillette était complètement fascinée.

— Bonjour tout le monde, nous accueillons aujourd'hui une nouvelle élève. Elle a sauté quelques classes alors je compte sur vous pour être très gentils avec elle et la guider dans l'établissement scolaire. Hermione, veux-tu te présenter? demanda l'institutrice.

— Pourquoi? répondit la fillette laissant des rires s'élever dans la salle de classe.

— Cela permettrait à tes camarades de te connaître un peu mieux, balbutia la maîtresse surprise.

— Ah. Et je suis obligée?

Si la nouvelle avait gagné des points précédemment, elle les perdit tous immédiatement. Seul son adorable accent étranger gardait ses camarades concentrés sur elle.

— Bon… Je m'appelle Hermione Jean Granger, j'ai cinq ans depuis vingt-sept jours et je viens d'Angleterre. Qu'est-ce qu'on apprend aujourd'hui maîtresse?

Son air ravi contamina un instant les élèves, Aaron savait mieux que quiconque que cela ne durerait pas.

— Va t'asseoir près d'Aaron là-bas.

Son immense sac à dos sur les épaules, la petite chose grimpa difficilement sur la chaise et écrit le titre de la leçon du jour dans un cahier neuf, son stylo à plume sortait tout droit de ses cheveux!

— Tu caches beaucoup de chose là-dedans? demanda Aaron effaré lorsqu'il la vit sortir un effaceur de sa tignasse.

— Beaucoup. Maman arrête pas de les couper mais ils repoussent tout seuls!

— C'est normal, sinon nous serions tous chauves.

La fillette lui sourit. Avec ses joues roses, ses dents manquantes et les étoiles brillants dans ses yeux, elle lui tendit la main.

— Hermione, se présenta-t-elle à nouveau.

— Aaron.

Après un rapide rappel à l'ordre de l'institutrice, les deux nouveaux amis se mirent au travail. Ce qu'Aaron ignorait à ce moment là c'était le mal qu'il ferait à cette fille. Il l'appréciait. Beaucoup. Mais plus que tout il voulait être accepté par ses tiers, cela le rendit bête. Complètement bête.

Chaque bousculade qu'il lui donnait, chaque fois qu'il l'ignorait, chaque fois qu'il laissait ses «amis» l'insulter, Aaron sentait son cœur se serrer un plus dans sa poitrine. Il détestait faire pleurer la petite Hermione. D'un autre côté, ses harceleurs le laissaient enfin tranquille.

Aaron n'arrivait pas à manger son dîner, il jouait plus avec la nourriture qu'autre chose. Dans la soirée il accusa les cris et les coups de son père sans broncher, couru se réfugier dans sa chambre lorsque cela fut terminer. Il ne s'attendait donc pas à recevoir la visite de sa mère, dans le lit près du sien Sean dormait. Du haut de ses trois ans il avait une capacité à tomber dans le sommeil totalement effarante.

— Bonsoir, le salua-t-elle enfin.

Elle ne lui avait pas adressé la parole de la soirée. Aaron se retourna dans son lit, fit face au mur dans l'espoir de ne pas la voir. Sa mère, Isabelle, s'assit sur le rebord du matelas effleurant par la même occasion ses mèches de jais d'une caresse.

— Est-ce que tu veux me raconter ce qu'il ne va pas à l'école?

C'était tout ce dont il avait besoin pour se confier. Le petit garçon raconta la scène qu'il vécut le midi-même, comment ses «amis» avaient attaqué cette petite fille qu'il aimait bien, comment ils gâchèrent son repas, souillèrent ses vêtements et s'en sortirent sans punition.

— Pourquoi restes-tu avec eux si tu n'aimes pas ce qu'ils font? l'interrogea Isabelle.

— Je veux plus qu'ils me frappent...

— Personne ne te demande de te laisser faire Aaron, si tu n'aimes pas ce qu'ils font et que tu es sincèrement désolé pour cette fille va t'excuser au près d'elle. L'union fait la force, vous serez plus fort à deux contre quatre que seul.

Des paroles pleines de sagesse.

La neige tombait sur le sol de Washington lorsqu'Aaron prit son courage à deux mains et affronta les méchants enfants.

— Qu'est-ce que t'as dit tête d'ampoule? menaça un grand gaillard pas commode.

— Laisse-la tranquille, articula Aaron tremblant.

Une bande de brute, sa bande, coinça quelques instants plus tôt Hermione dans un coin de la cours. Ses «amis» en profiteraient certainement pour l'insulter, la frapper, et lui tirer les cheveux jusqu'à ce qu'il en tombe des poignées.

Courageusement, le garçon se plaça devant la fillette, refusant de la voir une fois de plus partir la tête basse et les larmes pleins les yeux Brady, car cet horrible gamin devait avoir un nom, poussa violement Aaron par terre. Les autres se mirent alors à lui mettre joyeusement des coups de pieds.

— Tiens ! Ça t'apprendra à défendre les petits rats dans son genre!

Hermione cria. Cela n'était jamais arrivé auparavant, elle criait pour ne pas qu'il soit blessé, et un drôle de sentiment parcouru le sang du garçon. D'un seul coup, la bande de brute se retrouva expulser de son corps. Aaron se redressa, perdu, pour contempler Brady et ses amis les fesses par terre, la terreur inscrite sur leurs visages.

— Partez… Partez! cria la petite brune.

Des étincelles ruisselaient dans ses cheveux et si Aaron ne venait pas de se prendre autant de coups, il les croirait réel. Les brutes déguerpirent, laissant le garçon au sol en face de la fille. Elle le regardait d'une expression vide. La main tendue dans sa direction elle l'aida à se redresser puis laissa retomber son bras. À présent que l'électricité se calmait, que plus personne ne l'embêtait, Hermione ne savait plus quoi faire de son temps de récré.

— Je suis désolé, s'excusa Aaron. J'avais peur, j'ai été nul.

— Moi aussi j'ai peur.

Du bout des doigts, le garçon ouvrit son manteau et en sortit une fleur toute abimée. Sa maman l'avait aidé à la choisir le matin-même, elle disait qu'il n'y avait rien de mieux que des fleurs pour s'excuser auprès d'une fille.

— C'est pour toi…

Malgré l'état, les yeux d'Hermione s'illuminèrent de vie et le beau sourire qu'il lui vit le jour de la rentrée refit surface. Elle prit le petit végétal entre ses doigts tremblants, ayant presque peur qu'il ne la reprenne au dernier moment.

— Elle est moche maintenant pardon.

— Non, regarde, souffla-t-elle.

Sous le regard ébahi d'Aaron, le front de la brune se plissa légèrement et entre ses doigts le camélia reprit de sa splendeur: sa tige se raffermit et de nouveau pétale scintillant poussèrent.

— Elle est toute belle maintenant, sourit Hermione.

Guillerette, comme si les deux derniers mois n'avaient pas existé, la fille accrocha la fleur à ses cheveux et attrapa Aaron par la main pour le guider vers la marelle. Ils avaient deux mois de quizz culturel à rattraper après tout!

...

Une grande amitié naquit ce jour d'hiver. Hermione était d'une intelligence hors pair, plus qu'Aaron lui-même et beaucoup le considérait déjà comme un «intello», leur entente était facile. L'un comme l'autre était bien plus mature que les gens de leur âge. Bientôt personne ne réussissait à les décoller!

Isabelle rencontra les parents d'Hermione: Jean et Richard Granger, tandis que la brune fit la connaissance de Sean durant un après-midi au parc. Diable ce qu'ils ne s'entendaient pas! Turbulent Sean courrait partout tandis que la jeune fille préférait lire son livre, assise au plus proche de son ami à qui elle posait des questions par intermittence.

— Sais-tu pourquoi le ciel est si bleu?

— Et la mer méditerranée, géologiquement c'est un océan tu le savais?

— Pourquoi nos mamans nous regardent bizarrement? termina la fillette, même sans sa veste elle n'avait pas froid.

Avril sonnait et malgré le vent frisquet, Aaron et Hermione étaient les deux seuls enfants sans leurs blousons. Pour cause! La brune s'était concentrée suffisamment fort pour qu'une douce chaleur irradie tout autour d'eux. Aaron disait qu'elle avait un don, Hermione pensait qu'elle devait étudier plus fort la physique quantique avant d'insinuer une chose aussi délirante.

— Je ne sais pas, admit le garçon. Les gens sont bizarres.

— Assez d'accord.

— Tu veux jouer dans le parc un peu? lui proposa Aaron.

L'envie fugace de descendre à la barre de fer comme un pompier le traversait.

Ils rejoignirent joyeusement le jeu, et si le garçon sautait des hauteurs et se jetait dans le vide accroché à sa barre de métal, ce n'était pas le cas d'Hermione.

— Tu es fou! C'est trop haut! se plaignit-elle.

— Aller Hermy courage! Regarde je suis juste en dessous, si tu tombes je te rattraperai promis! l'encouragea le jeune garçon.

Fermant fortement les yeux, la brune prit la barre entre ses doigts et sauta dans le vide. Cela ne dura que quelques secondes, assez pour la faire crier de terreur, avant que deux bras ne la rattrapent au vol.

— Plus jamais! pleura-t-elle contre lui.

— D'accord, plus de barre, la rassura Aaron désolé.

Encore une fois les deux enfants ignorèrent le regard étrange des adultes sur eux. Un jour ils comprendraient, sa mère le répétait souvent à Aaron lorsqu'il était enfant…

Les années passèrent laissant les deux enfants grandir ensemble, avoir leur brevet ensemble, vivre ensemble car il fallait l'avouer la cabane dans le jardin des Granger fut très vite reconvertit en salle d'étude par les petits prodiges.

Aaron avait grandi, énormément, du petit garçon battu par son père il était passé à un adolescent de dix-sept ans avec de long bras, de grandes jambes et surtout un corps très mince. Le pire restait sa coupe de cheveux, elle était aussi indomptable que celle de sa meilleure amie et il adorait ça.

Hermione quant à elle avait développé ses «dons» et ses yeux menaçants. Elle s'en servait toujours pour intimider les adolescents sauvages manquant cruellement de manière qui l'embêtaient. Sa petite taille avait poussé, ses cheveux restaient un buisson de boucle brune, cependant ses premières formes apparaissaient. Lentement, âgée de bientôt douze ans, elle entrait dans l'adolescence.

Assis dans un pouf de la cabane des Granger, un livre délaissé traînait sur le sol, Aaron riait de sa meilleure amie. Elle jouait avec son nouveau petit frère, né deux mois plus tôt. Matthew était un bébé étonnamment calme, il ne criait jamais, pleurait rarement sans raison et surtout il adorait sa grande sœur.

Du coin de l'œil, Aaron savait que Jean les surveillait. Hermione avait laissé la porte de la cabane ouverte, c'était la seule condition à laquelle l'adolescent devait se plier pour être avec sa meilleure amie. Il comprenait la peur de Jean et Richard, il avait déjà suivit des cours d'éducations sexuelles à l'école donc à moins qu'il ne soit complètement idiot Aaron comprit.

En revanche, Hermione pestait énormément.

— «Vous êtes trop bizarre, insulta-t-elle ses parents. C'est mon meilleur ami!».

La porte ainsi laissée ouverte, l'âme et conscience des Granger s'apaisaient. Une petite tempête d'explosion mystique raisonna faiblement dans la cabane, cela recentra Aaron sur son amie. Matthew ouvrait de grands yeux bleus et curieux sur les minuscules feux d'artifices, il agitait ses mains dans les bras d'Hermione tentant vainement d'attraper la gerbe d'étincelle mais ces derniers se transformaient en bulle de savon dès qu'il les touchait.

— Ça va me manquer, décréta soudain Hermione.

— Quoi?

— Ça, nous, toi.

Aaron se releva de son pouf et gagna celui de sa voisine, cherchant son regard: elle fuyait ses yeux comme la peste.

— Explique-toi, pourquoi est-ce que… «ça» te manquerait.

Il ne parvient à articuler le «je» qui manqua de s'échapper de ses lèvres. Aaron était peut-être un adolescent qui ne comprenait pas grand-chose au sentiment mais il avait passé une partie des dernières années à l'internat du collège, il savait que si sa voix commençait à trembler et son cœur à battre très fort il était dans la misère.

Il aimait Hermione, beaucoup, trop, pas comme on aime une amie et l'adolescent le savait. Pour elle, il n'en montrait rien. Sa génie était encore bien trop jeune pour envisager quoi que ce soit et Aaron préférait milles fois garder son amitié à la gâcher pour des «sentimentspuériles».

— J'ai reçu une lettre il y a quelques temps. C'est une invitation dans l'une des plus grandes écoles de magie du monde. Aaron… Je suis une sorcière.

— Je le sais ça Mia mais pourquoi cela devrait nous empêcher de nous voir?

— C'est un internat en Écosse. Je reviendrai normalement pour les vacances de Noël, soupira la jeune fille.

La tristesse peignait ses traits, pourtant ses yeux brillaient de détermination. Aaron reconnaissait bien là Hermione, elle souhaitait prouver au monde de quoi elle était capable et si intégrer une école de sorcier à un océan de lui, lui permettait d'être heureuse il ferait avec.

Vite, comme si elle avait sentit que les «enfants» avaient besoin de discuter, Jean attrapa son fils et continua son jardinage.

Sans prévenir, la brune se réfugia dans les bras de son meilleur ami. Elle s'y sentait bien. Ce geste anodin, se répétait sans cesse lorsqu'ils étaient plus jeunes, aujourd'hui il signifiait un départ, un au revoir, un besoin de réconfort immédiat.

— Tu m'appelleras, s'assura Aaron.

— Le professeur McGonagall m'a expliquée que les technologies ne marchent pas dans leur monde, ils appellent les personnes non magiques des «moldus».

— Je pourrais venir te voir alors?

— Non… Mais on pourra s'écrire. Lorsque la professeure est venue, je n'avais qu'une seule condition à partir, je voulais pouvoir rester en contact avec toi. Papa refuse que j'ai un animal alors elle m'a donné ça.

La jeune fille se redressa, attrapa une paire de journaux sur le bureau et en tendit un à Aaron.

— Ils sont magiques. Tout ce que tu écriras dedans apparaîtra dans le mien et inversement, il suffira de refermer totalement le livre pour que l'écriture disparaisse.

Aaron essaya le journal, ravi de voir le livre enchanté fonctionner il n'en restait pas moins triste. Dans un mois sa meilleure amie partirait.

Ils vécurent ce dernier été comme les autres, les frères Hotchner fuyaient leur foyer dès neuf heures pour retrouver les Granger. Ils déjeunaient avec Hermione, Jean et Matthew, Richard étant déjà au travail. Puis les deux aînés s'amusaient entre eux, lisaient, discutaient, jouaient. Aaron adorait jouer au échec, peut-être parce qu'Hermione y était vraiment nulle et qu'il la dominait enfin sur un sujet? À midi, ils mangeaient tous ensemble, encore, et la jeune fille prenait le relai avec son petit frère. Sa mère se fatiguait très vite ces derniers temps, elle pleurait beaucoup, alors la brune aidait autant qu'elle le pouvait.

L'après-midi passerait rapidement, les deux amis incluraient Sean et Matthew dans leurs activités puis lorsque viendrait le soir les Hotchner rentraient chez eux subir les foudres de leur paternel.

Ce soir, la veille du départ, Hermione ne parvenait pas à dormir. Elle récitait et récitait encore les préceptes de métamorphose dans l'espoir de trouver le sommeil, en vain. Soudain, un léger toc-toc se fit entendre à sa fenêtre. Un maigre sourire apparut sur ses lèvres. Il était venu!

L'au-revoir s'était déroulé plus tôt dans la journée mais à son instar, Aaron ne trouvait pas le sommeil. Il était là, grimpé à sa fenêtre.

— On se rejoint en bas, lui souffla Hermione en désignant la cabane au fond du jardin.

À travers le carreau le garçon acquiesça et redescendit. Hermione, elle, ne perdit pas une seconde. Elle attrapa son peignoir, enfila des chaussons et sortit de sa chambre. Passée devant la chambre de ses parents sans faire de bruit était facile, seuls les escaliers l'inquiétaient du bruit qu'ils produiraient. Résolvant le problème, la sorcière se concentra assez fort pour se faire léviter jusqu'au rez-de-chaussée. La porte fenêtre refermée, Hermione marcha dans l'herbe humide et se coucha près de la grande ombre.

— Je ne veux pas que tu partes.

— Moi non plus.

Aaron regardait vers le ciel lorsque la main de son amie vient trouver la sienne. Les étoiles l'apaisaient, elles étaient une constante dans sa vie, car partout elles demeuraient.

— Tu pleures? s'étonna Hermione tournant la tête à l'entente d'un reniflement.

— C'est une poussière, déglutit l'adolescent.

Heureusement l'obscurité cachait son visage. Les boucles folles de la jeune fille lui chatouilla soudain les narines, elle s'était rapprochée, posant sa tête sur son torse et l'enlaçant dans une douce étreinte.

— Ne sois pas triste pour moi, je vais apprendre des tas de choses cette année et je serais avec des gens comme moi. Toi aussi tu apprendras plein de chose, et puis quand je rentrerai en mai on passera notre Bac ensemble.

Aaron enroula son bras autour de la jeune fille. Il aurait aimé que ce moment ne termine jamais.

— J'ai déjà hâte d'y être.

— Et Aaron?

— Oui?

— Je t'aime.

Son cœur s'arrêta de battre une seconde. Il repartit la seconde d'après lorsque la pensée qu'Hermione l'aimait seulement comme son ami lui traversa l'esprit. Aaron la serra d'autant plus contre lui.

— Je t'aime aussi Mia.

Il l'éprouvait tellement plus fort que ça.

Le lendemain matin, ce ne fut ni Jean, ni Richard qui les trouva endormis dans l'herbe du jardin, serrer l'un contre l'autre et les yeux rouges d'avoir pleuré, mais une dame stricte au chignon serré. Débraillés à souhait, hâtifs, les deux jeunes gens se redressèrent précipitamment, une jolie teinte rosée sur leurs joues.

— Vos affaires sont-elles prêtes miss Granger?

— Oui professeur, je vais… je vais m'habiller.

— Après vous miss.

McGonagall, de son regard sévère, indiqua aux deux amis d'entrer dans la maison. Aaron se dandinait un peu, mal à l'aise de faire face à Richard de si bon matin.

— Richi tu me dois vingt dollar. Monte vite te préparer ma chérie, le professeur ne va pas t'attendre éternellement, indiqua Jean un fabuleux sourire sur les lèvres. Tu veux manger quelque chose Aaron? J'ai fait des toasts.

La femme quémanda une étreinte de bienvenue et repartit à son petit-déjeuner dès qu'elle fut assurée qu'Aaron avalerait au moins un toast. Richard grommelait sur les adolescents idiots et lui jeta une couverture à la tête, maintenant qu'il y pensait Aaron avait un peu froid. Comment Matthew atterrit dans ses bras? C'était une bonne question. Le bébé pleurait à chaude larme, comme s'il sentait les émotions de l'ado et les décuplait.

— Du thé professeur? proposa Richard.

— Sans façon.

Elle fixait Aaron d'une drôle de façon, ses yeux semblait lire son âme tout entière et le pauvre s'en trouva mal à l'aise. Lorsqu'Hermione redescendit, ses parents l'étreignirent très fort. Sa malle flottait négligemment derrière elle.

— Miss Granger vous n'avez pas le droit d'utiliser la magie en dehors de l'école, soupira la professeur.

— D'après les lois américaines j'en ai parfaitement le droit, remarqua la jeune fille avant de se diriger vers son petit frère.

Sa main délicate toucha sa joue alors qu'il attrapait son petit doigt.

— Tu seras sage avec papa et maman Matt', d'accord?

Bien sûr il ne répondit rien de plus que quelques gazouillements entrecoupés de sanglot. Richard reprit son fils.

— Écris-moi, demanda Aaron.

Elle était dans ses bras pour la dernière fois avant très longtemps, le garçon profita donc de l'étreinte au maximum pour graver son odeur et sa chaleur dans sa mémoire.

— Ne laisse pas ces idiots de lycéen te mener la vie dure.

— Je peux me défendre tout seul, sourit-il.

— Je sais.

C'était tout, Hermione suivit le professeur McGonagall jusqu'à la cheminée et avant qu'elle ne disparaisse dans un tournoiement de flamme verte, elle courut déposer un dernier baiser sur la joue de son meilleur ami.

Sa première expérience en cheminette se passa drôlement bien, celle du portoloin en revanche… Hermione pria pour ne plus jamais utiliser une chose pareille pour voyager. La professeur l'aida à se redresser après qu'elle ait vomi, entre les doigts de la jeune fille demeurait une chaîne que Minerva n'avait pas encore vu. Le jeune homme avait du lui donner à la dernière minute.

Les yeux pleins de larme, la brune attacha le collier à son cou. Merlin ce qu'il allait lui manquer!

— Vous verrez miss, vous serez de retour près de votre petit ami bientôt.

Cette fois Hermione ne contredit en rien l'adulte, car au fond elle n'avait qu'un seul souhait: rentrer à la maison.

Bonjour ! Je vous présente une toute nouvelle fanfiction qui j'espère vous plaira, elle se fera en trois chapitres (oui je sais c'est court). Donnez-en moi des nouvelles ! Prenez soin de vous, bisous.

Ericaly