Nos deux intrépides étaient installés dans la Salle sur Demande, transformée en un confortable appartement aux couleurs chaleureuses. L'endroit respirait un charme intime, presque apaisant malgré la tension ambiante. Sur la droite, deux lits séparés par une table de chevet occupaient un coin de la pièce. Le premier, orné des couleurs froides de Serpentard, contrastait avec le second, dominé par le rouge et l'or de Gryffondor.
Au fond de la pièce, un canapé brun chocolat faisait face à une cheminée où un feu crépitait doucement, diffusant une chaleur réconfortante. Une petite table en verre, entre le canapé et le feu, était encombrée des parchemins d'Hermione, dispersés sans ordre apparent. Les murs beige foncé complétaient l'ensemble, créant une ambiance à la fois élégante et fonctionnelle, adaptée à leur mission.
Cela faisait maintenant trois jours qu'ils vivaient dans cet espace, ne dormant que par à-coups et toujours sur le qui-vive. Ils couraient d'un bout à l'autre du château, traquant leurs doubles et essayant d'évaluer les dégâts qu'ils avaient causés dans le passé. Le manque de sommeil et les tensions accumulées laissaient des traces visibles. Les cheveux d'Hermione, d'ordinaire indomptables, étaient encore plus en bataille. Ses yeux, cernés jusqu'aux joues, trahissaient son épuisement.
Drago, lui, n'était pas en meilleur état. Son teint, déjà pâle, avait pris une nuance presque translucide, et ses cernes semblaient sculptés sur son visage. Ils se nourrissaient de réserves minces, grappillant des encas dans les cuisines la nuit, furtivement et sans être vus.
Assis sur le canapé, leurs dernières provisions à moitié terminées, Hermione brisa le silence.
— Alors, si nous résumons : Ron et Pansy ne sont pas ensemble… commença-t-elle, un soupçon de fatigue dans la voix.
— Personne n'est au courant pour la trahison de Weaslette, poursuivit Drago, en grimaçant légèrement à la mention de Ginny.
— Et Théo…
— Oh, et on se déteste à nouveau, conclut-il d'un ton sec, ses yeux fixant les flammes dans la cheminée.
Hermione soupira, s'enfonçant dans le canapé.
— Tu as raison… Je n'avais pas pensé qu'on allait modifier le temps à ce point, murmura-t-elle, sa voix presque brisée.
Drago se tourna vers elle, un sourcil levé.
— Depuis quand Hermione Granger ne pense pas à toutes les répercussions avant d'agir ?
Les mots frappèrent juste. Hermione cligna des yeux, sa gorge se serrant alors que des larmes montaient malgré elle.
— Je… je n'en sais rien, admit-elle, sa voix tremblante.
Avant qu'elle ne puisse détourner la tête, Drago s'approcha doucement. Sans hésiter, il passa un bras autour de ses épaules et l'attira contre lui. Elle ne résista pas et laissa les larmes couler, ses sanglots étouffés contre son pull.
Il resta silencieux, lui permettant de vider son chagrin. Il comprenait son désespoir, même s'il ne l'exprimait pas aussi ouvertement. Ils avaient accompli l'impossible : sauver Ashley. Mais le prix était plus lourd qu'ils ne l'avaient imaginé. Les liens qu'ils avaient tissés avec les autres s'étaient effilochés, et tout était à reconstruire.
Quand les sanglots s'apaisèrent, Hermione se redressa légèrement, essuyant ses joues avec la manche de son pull.
— Granger… arrête de penser à tout ça, murmura Drago, un demi-sourire au coin des lèvres.
— Comment tu sais que j'y pense encore ? demanda-t-elle, haussant un sourcil.
— Ta tête sent le brûlé, et tu gigotes sans arrêt, répondit-il en haussant les épaules.
Elle lui lança un regard noir, mais un éclat amusé dansait déjà dans ses yeux. Elle se décala pour s'asseoir à côté de lui, croisant les bras.
— Réfléchissons, dit-elle. Nous ne pouvons pas nous montrer à personne, sauf si nos doubles ne sont pas dans les parages. On pourrait… en parler à quelqu'un ?
Drago secoua la tête.
— On ne peut pas prendre le risque de se faire voir. Si tu te vois toi-même, tu risques de devenir folle.
Hermione mordilla sa lèvre inférieure, réfléchissant intensément.
— Alors, il faudrait prendre ce risque une seule fois, pour parler à une seule personne et lui donner rendez-vous… ici, dans la Salle sur Demande.
— Ils vont nous prendre pour des cinglés, fit remarquer Drago, croisant les bras avec un air sceptique.
— T'as une meilleure idée ? lança Hermione, en arquant un sourcil.
Il réfléchit un instant, puis hocha la tête avec lenteur.
— Non, admit-il. Mais… la seule personne propice à accepter cette offre… c'est Ashley, souffla-t-il, une pointe d'excitation dans la voix.
Hermione plissa les yeux, observant l'étincelle dans le regard du Serpentard.
— Tu as hâte de lui parler, n'est-ce pas ? murmura-t-elle doucement.
— J'en rêve, répondit-il simplement.
Elle resta un instant silencieuse, puis acquiesça.
— Très bien. Mais pour ça… il faut que je fasse une chose qu'Harry ne me pardonnera jamais.
— Sa cape, devina Drago.
Hermione hocha la tête. La cape d'invisibilité d'Harry serait cruciale pour éviter les regards indiscrets, mais l'emprunter signifiait risquer une confrontation avec son meilleur ami.
— Alors, dit Drago en se levant, va dans ta salle commune, trouve la cape, et retrouve-moi ici. Je vais aller dans ma salle commune à la recherche d'Ashley.
Hermione se leva à son tour, rassemblant son courage.
— Parfait. On se donne la journée. À minuit, nous devons être de retour ici.
Ils échangèrent un dernier regard entendu, puis chacun partit de son côté, le poids de leur mission s'alourdissant encore un peu plus sur leurs épaules.
Ashley et Harry étaient blottis l'un contre l'autre, cachés dans l'un des nombreux corridors discrets du château. Ils semblaient avoir oublié le reste du monde, profitant du moindre moment volé pour se retrouver. Harry n'arrivait jamais à lui résister, surtout lorsqu'elle était ainsi : un maquillage léger qui illuminait son visage, ses longs cheveux blonds relevés en un chignon lâche, avec quelques mèches rebelles encadrant son visage. Elle avait ce charme naturel qui le rendait complètement fou.
Chaque fois qu'il la regardait, son cœur s'emballait. Et lorsqu'elle lui souriait ou qu'elle l'embrassait comme en cet instant, il se sentait invincible. Pourtant, Ashley finit par mettre un terme au baiser, à regret, tout comme lui.
— Harry… il faut aller en cours ! Nous avons un cours de Botanique avec Chourave, et tu sais qu'elle déteste les retardataires…
Harry rit doucement, secouant la tête.
— Ma puce… on a cours de Potions, corrigea-t-il en douceur.
Les yeux d'Ashley s'écarquillèrent, et elle se couvrit la bouche de sa main.
— Ce n'est pas vrai ! J'ai complètement oublié ! Merde, je n'ai pas les bons livres !
Harry haussa les épaules, un sourire indulgent aux lèvres.
— Ce n'est pas grave…
— Si, ça l'est ! Allez, file en cours, je vais te rejoindre, dit-elle, le poussant gentiment dans la direction de la salle de classe.
Harry lui lança un regard amusé, mais obéit. Ashley, de son côté, se mit à courir vers sa salle commune pour récupérer son livre de Potions. En arrivant dans sa chambre, elle attrapa son manuel à la hâte. Mais en sortant, elle heurta violemment quelqu'un dans le couloir.
Tombée à terre, elle ouvrit les yeux pour découvrir Drago, son frère, qui semblait complètement ailleurs. Il la fixait avec une intensité inhabituelle, presque incrédule.
— Oh… Drago, pardonne-moi, j'étais pressée… s'excusa-t-elle en se relevant légèrement, le ton désolé.
Mais il ne répondait pas, se contentant de la fixer. Son regard était empli d'une émotion qu'elle n'arrivait pas à décrypter. Pour lui, c'était comme si le temps s'était figé. Elle était là, vivante, en chair et en os. Il avait presque oublié à quel point elle était lumineuse, à quel point son sourire était réel.
— Drago, ça va ? demanda-t-elle, fronçant légèrement les sourcils face à son silence.
Il secoua la tête comme pour s'arracher à sa torpeur.
— Oui… non… euh… ça va… balbutia-t-il, sa voix plus tremblante qu'il ne l'aurait voulu.
— Tu es certain ? insista-t-elle, perplexe.
Drago prit une profonde inspiration, retrouvant un peu de sa contenance.
— Oui, répondit-il cette fois avec assurance.
Il lui tendit la main pour l'aider à se relever, qu'elle accepta sans hésiter. Mais au lieu de la lâcher une fois debout, il l'attira brusquement dans ses bras, l'étreignant avec une force et une sincérité qui la laissèrent sans voix.
— Tu… je crois qu'il faut que tu voies Madame Pomfresh, Drago… dit-elle, un brin inquiète devant ce comportement inhabituel.
— Non, je vais très bien, Ashley… Je t'aime, petite sœur, murmura-t-il, sa voix presque brisée par l'émotion.
Elle cligna des yeux, surprise, mais elle lui sourit tendrement. Elle leva une main pour tapoter son dos, se laissant aller à l'étreinte malgré l'étrangeté de la situation.
— Je t'aime aussi, mon frère, répondit-elle doucement.
Ils restèrent ainsi un long moment, comme si Drago ne pouvait se résoudre à la laisser partir. Finalement, Ashley mit fin à l'étreinte, souriant encore, et lissa sa robe d'un geste rapide.
— Je dois y aller, Drago. Nous sommes en retard tous les deux, tu sais, dit-elle avec un petit rire.
— Oui, j'y vais, mentit-il, ses yeux toujours rivés sur elle. Mais avant… j'aimerais te parler. Ce soir. Vers 22h, dans la Salle sur Demande.
Ashley haussa un sourcil, intriguée.
— Pourquoi pas ici ? demanda-t-elle.
— C'est… très personnel, répondit-il après une brève hésitation.
Elle le fixa un instant, comme pour essayer de deviner ce qu'il mijotait, mais finit par hocher la tête.
— Très bien. Alors, à ce soir ! Mais maintenant, dépêche-toi. On est déjà en retard !
— Vas-y, je te rejoins, dit-il avec un sourire qu'il espérait rassurant.
Ashley tourna les talons et disparut rapidement dans le couloir, courant pour rattraper son retard. Drago, quant à lui, resta figé sur place, fixant l'endroit où elle venait de se trouver. Il était envahi d'émotions contradictoires. La voir vivante, la serrer dans ses bras… Cela surpassait toutes ses attentes.
Il inspira profondément et se retourna, déterminé à ne pas gâcher cette chance. Ce soir, il lui dirait tout.
Hermione entra discrètement dans la salle commune des Gryffondors et se glissa rapidement dans le dortoir des garçons. Elle s'arrêta devant la commode d'Harry, prenant une profonde inspiration. Avec un murmure à peine audible, elle lança un sort.
— Accio Cape, chuchota-t-elle.
La cape d'invisibilité bondit du tiroir inférieur et atterrit en douceur dans sa main. Hermione esquissa un sourire satisfait. Parfait. Tout s'était déroulé comme prévu. Elle serra la cape contre elle et quitta la pièce sur la pointe des pieds, pressée de retourner dans la Salle sur Demande.
Mais en atteignant le couloir principal, elle tomba nez à nez avec Neville.
— Neville ! s'exclama-t-elle, surprise. Qu'est-ce que tu fais ici? Tu n'es pas en cours?
Neville, visiblement tout aussi étonné, haussa les sourcils.
— Oh, euh… si, mais j'avais besoin de chercher quelque chose d'important.
Neville fronça les sourcils, croisant les bras.
— C'est drôle… parce que tu étais dans la classe quand je suis sorti il y a deux minutes. Comment tu as fait pour arriver ici avant moi?
Hermione ouvrit la bouche, prise au dépourvu. Mais, fidèle à elle-même, elle improvisa rapidement, s'efforçant de garder son ton naturel.
— Ah! Oui, c'est vrai! En fait, j'ai demandé à sortir avant toi, pour… pour un truc urgent. Une potion.
Neville inclina légèrement la tête, sceptique.
— Une potion?
Hermione se mordilla l'intérieur de la joue avant de s'engager sur une explication.
— Oui, euh… une potion… tu sais… des problèmes… de filles… Elle baissa la voix, espérant que cela mettrait fin à ses questions.
Neville rougit légèrement, se grattant l'arrière de la tête avec une gêne évidente.
— Oh, je vois! D'accord, répondit-il rapidement, esquivant davantage de détails qu'il préférait ne pas entendre.
Hermione saisit l'occasion pour s'éclipser.
— Super! À plus tard, Neville! lança-t-elle en s'éloignant d'un pas rapide, un sourire crispé sur les lèvres.
— Oui, à plus tard… répondit-il, un peu décontenancé, avant de poursuivre son chemin.
Dès qu'elle fut hors de vue, Hermione tira la cape d'invisibilité de sous son bras et l'enfila. Elle ne pouvait pas risquer une autre rencontre. Bien qu'elle s'en soit sortie, elle sentait que l'échange avec Neville avait été bien trop près de la catastrophe.
Sous la protection de la cape, elle se faufila à travers les couloirs, chaque pas la rapprochant de la sécurité de la Salle sur Demande. Elle inspira profondément, se jurant de ne plus jamais se retrouver dans une telle situation. Mais, en réalité, elle savait que leur mission ne faisait que commencer… et que les obstacles allaient se multiplier.
Ashley s'arrêta devant la porte de la salle de classe, essoufflée. Elle toqua doucement, et le professeur Slughorn, sans lever les yeux de son bureau, lui fit signe d'entrer. Elle se dépêcha d'aller s'asseoir à sa place, remarquant immédiatement l'absence de Neville. Alors qu'elle se retournait pour saluer Hermione, un détail la surprit : Drago était déjà là, bien installé à son chaudron.
Comment avait-il fait pour arriver aussi vite ? pensa-t-elle en plissant les yeux. Mais son frère, fidèle à lui-même, n'accorda aucune importance à sa présence, détournant les yeux vers son chaudron.
Le silence fut rapidement brisé par une voix acerbe.
— Non mais tu vas arrêter de me gueuler dessus comme une furie ? demanda Drago en fronçant les sourcils, s'adressant à sa partenaire.
Hermione ne perdit pas une seconde pour répliquer.
— J'arrêterai quand tu seras concentré, idiot !
— Je SUIS concentré ! Je suis les instructions du livre ! grogna-t-il, visiblement agacé.
— Tu n'aurais pas besoin de suivre les instructions du livre si tu avais étudié ! lança Hermione, le ton sec.
— Je préfère avoir une vie que d'être une Miss-Je-Sais-Tout-Rat-De-Bibliothèque comme toi ! Et puis, on a droit à nos bouquins ! Alors, étudier ? Totalement inutile, Granger !
Hermione croisa les bras, les yeux lançant des éclairs.
— On n'étudie JAMAIS pour rien, Malefoy ! Ça s'appelle s'instruire pour le plaisir. Tu devrais essayer un jour.
Ashley, assise à quelques rangées, roula des yeux et soupira profondément. Ces deux-là ne changeront jamais, songea-t-elle. Ils passaient leur temps à se chamailler comme des enfants, incapables de voir à quel point ils avaient des points communs.
Finalement, excédée, elle se retourna vers eux, une expression sévère sur le visage.
— Chuuut ! Taisez-vous tous les deux, j'ai besoin de concentration, dit-elle en lançant un clin d'œil complice à Hermione.
Hermione, bien que visiblement mécontente, tira la langue à son amie mais mit fin à la dispute. Elle se pencha sur sa potion, bouillonnant intérieurement.
Drago, quant à lui, reporta son attention sur son chaudron, un petit sourire moqueur jouant sur ses lèvres. Hermione détestait travailler avec lui. Avec son petit air supérieur, il était insupportable. Certes, il avait peut-être gagné en maturité physique — il n'était plus tout à fait le gamin qu'elle avait connu — mais son arrogance et son narcissisme restaient aussi intenses qu'auparavant.
Ce qui l'énervait encore plus, c'était son talent naturel. Il ne suivait pas les mesures à la lettre, faisait tout au flair, et pourtant, ses potions étaient toujours impeccables. Cela la mettait hors d'elle. Elle, qui s'appliquait avec une rigueur infaillible, voyait son rival réussir sans effort apparent.
Soudain, la porte de la classe s'ouvrit. Neville entra, le souffle court, tenant un paquet soigneusement emballé qu'il remit rapidement au professeur Slughorn. Hermione leva les yeux de sa potion, le suivant du regard alors qu'il se dirigeait vers sa place.
Neville ralentit en arrivant à son bureau, son expression changeant brusquement lorsqu'il croisa les yeux d'Hermione. Il s'arrêta net, l'air déconcerté, comme s'il venait de voir un fantôme.
Hermione fronça légèrement les sourcils.
— Neville ? Tu vas bien ? chuchota-t-elle, inquiète.
Neville ouvrit la bouche pour répondre, mais il se contenta de secouer légèrement la tête, murmurant un vague :
— Oui… oui, ça va.
Il s'assit en silence, mais Hermione sentit son regard peser sur elle à plusieurs reprises. Elle évita de le croiser, se concentrant à nouveau sur sa potion. Lorsque le cours se termina, Ashley referma précipitamment ses affaires et sortit rapidement, bien décidée à rattraper son frère qui s'éloignait déjà dans les couloirs en compagnie de Blaise et Pansy.
— Cette maudite Sang-de-Bourbe ! gronda Drago, son ton empli de mépris. J'en ai plus qu'assez que cet insecte me dicte quoi faire ! Comment cet imbécile de Slughorn a-t-il pu penser nous mettre ensemble ?
— Au moins elle t'aide, rétorqua Pansy avec une pointe d'amertume.
— C'est vrai que c'est toi la plus à plaindre, rigola Blaise. Coincée avec Weastiti… c'est presque cruel.
— Salut, vous trois ! coupa Ashley, surgissant derrière eux, un sourire entendu sur les lèvres.
Ils se retournèrent en sursaut.
— Salut, Ashley ! fit Blaise, un peu gêné.
Mais Ashley ne s'adressa qu'à Drago, son ton empreint de déception.
— Pourquoi ne faites vous pas la paix ?
Drago croisa les bras, un rictus sur les lèvres.
— Parce que ce sont de stupides Gryffondors, dit-il d'un ton tranchant. Jamais tu ne me verras faire la paix avec cette petite effrontée.
Ashley haussa les épaules, levant les yeux au ciel.
— Très bien. Je m'en vais rejoindre mes stupides amis Gryffondors, alors. À ce soir, Drago.
Elle tourna les talons sans attendre de réponse, s'éloignant à grands pas. Drago resta immobile un moment, fixant son dos disparaître dans la foule.
Blaise leva un sourcil, amusé.
— Elle t'a dit "à ce soir". Vous avez prévu quelque chose ?
Drago haussa les épaules, l'air pensif.
— Peut-être qu'elle voulait dire "on se voit au repas".
Un silence passa, avant qu'il ne lâche, plus pour lui-même que pour ses amis :
— Ahhh… les femmes.
Blaise éclata de rire.
— Là-dessus, je suis d'accord avec toi, Malefoy.
Ils s'éloignèrent ensemble vers le terrain de Quidditch, où un match Gryffondor contre Poufsouffle promettait d'être haut en couleur.
22 heures arrivèrent bien vite, et nos deux voyageurs dans le temps faisaient les cent pas dans la Salle sur Demande. L'endroit, comme toujours, avait répondu à leurs besoins: une pièce discrète et chaleureuse, avec un grand tapis moelleux au centre et quelques fauteuils confortables disposés autour d'une table basse. Mais ni le décor ni l'atmosphère apaisante ne parvenaient à calmer leurs nerfs.
— Tu crois qu'on a fait une erreur? demanda Drago, brisant le silence.
Hermione s'arrêta de marcher, fixant le sol comme si elle y cherchait une réponse.
— Oh… j'espère que non… murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.
Drago hocha lentement la tête, les mains dans les poches.
— Il ne faudrait pas qu'elle nous prenne pour des dingues…
Hermione releva la tête et lui lança un regard amusé, malgré la tension palpable.
— Tu crois? Moi-même, je nous trouve dingues, rigola-t-elle, un sourire fugace éclairant son visage. Puis, reprenant son sérieux, elle ajouta: Allez, sors et vois si elle arrive!
Le blond obéit sans discuter et ouvrit doucement la porte de la Salle sur Demande. Il jeta un coup d'œil dans le couloir désert, son cœur battant plus vite que d'habitude. Après quelques secondes d'attente, il distingua enfin une silhouette familière approchant au loin. Ashley.
Elle marchait d'un pas rapide, mais son expression trahissait une certaine confusion. Elle fronça les sourcils en apercevant son frère, immobile devant la porte.
— Salut, lança-t-il joyeusement, s'efforçant de paraître naturel.
— Bonsoir, répondit-elle, méfiante, son regard scrutant chaque détail.
Drago sentit son sourire vaciller légèrement.
— Qu'est-ce qu'il y a? demanda-t-il, jouant l'innocence.
Ashley croisa les bras, sa voix empreinte de suspicion.
— Comment tu fais? Je viens de quitter la salle commune, et tu étais bien installé avec Théo et Blaise. C'est impossible que tu sois arrivé avant moi…
Drago déglutit, son cerveau cherchant une réponse crédible, mais il réalisa rapidement que c'était inutile. Il inspira profondément avant de répondre.
— Viens avec moi… Je vais t'expliquer…
Ashley resta immobile un instant, le fixant avec un mélange de perplexité et de curiosité. Mais finalement, elle hocha la tête, le suivant à travers la porte.
Lorsqu'elle entra dans la Salle sur Demande, ses yeux s'écarquillèrent. L'endroit était bien différent de ce qu'elle avait imaginé. Le décor chaleureux et accueillant contrastait avec l'étrangeté de la situation. Et là, au centre de la pièce, se tenait Hermione.
— Hermione? murmura-t-elle, abasourdie.
La Gryffondor, qui était restée silencieuse jusqu'à ce moment, s'avança timidement, un sourire hésitant sur les lèvres.
— Salut, Ashley, dit-elle doucement.
Ashley regarda tour à tour son frère et son amie, son esprit cherchant désespérément à comprendre ce qui se passait.
— Qu'est-ce que vous faites ici? Et pourquoi vous êtes ensemble? demanda-t-elle, sa voix teintée de confusion et d'inquiétude.
Drago échangea un regard avec Hermione, puis fit un pas en avant.
— On a… des choses importantes à te dire, commença-t-il, sa voix plus sérieuse que jamais.
Cela faisait bien dix minutes que personne n'avait prononcé un mot. Ashley passait son regard de Drago à Hermione, scrutant leurs visages comme pour percer à jour leurs pensées. Hermione avait tenté plusieurs fois de prendre la parole, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Elle ne savait tout simplement pas par où commencer. Drago, lui, restait silencieux et impassible, les bras croisés, comme si tout ceci ne le concernait pas directement.
Finalement, Ashley rompit le silence, son ton tranchant.
— Alors… vous m'expliquez ou bien je devine ?
Hermione se redressa légèrement sur son fauteuil, déglutissant avec difficulté.
— Eh bah, c'est compliqué, Ash… tenta-t-elle, hésitante.
Ashley haussa un sourcil, croisant les bras.
— J'ai tout mon temps.
Hermione inspira profondément, jetant un regard furtif à Drago, qui lui fit un signe imperceptible de la tête. Elle invita alors Ashley à s'installer sur le fauteuil à côté d'elle et commença à lui raconter toute l'histoire.
Elle expliqua leur retour dans le passé, leur mission pour sauver Ashley, et les conséquences imprévues de leurs actions sur le présent. Drago, qui était resté silencieux jusqu'alors, ajouta l'histoire de leur faux couple, insistant sur les détails qu'Hermione semblait volontairement éviter. Un léger sourire malicieux dansait sur ses lèvres. Il n'allait certainement pas laisser ce sujet de côté, surtout pas.
Ashley écoutait attentivement, assimilant les informations du mieux qu'elle le pouvait. Ses yeux s'écarquillaient de plus en plus, et sa bouche formait un "O" parfait. Quand Hermione eut terminé son récit, Ashley se redressa lentement, le regard toujours fixé sur eux.
— Alors, ce que vous me dites… c'est qu'en ce moment, dans le château, il y a deux Hermione et deux Drago… que vous, vous êtes du futur… et que vous êtes ensemble, sans vraiment être ensemble… résuma-t-elle d'une voix monotone.
Drago roula des yeux, un soupir exaspéré s'échappant de ses lèvres.
— Résumé comme ça, ça semble complètement stupide, fit-il remarquer d'un ton sec.
— Écoute, Ashley, intervint Hermione, sa voix plus insistante. Nous avons remonté le temps pour te sauver la vie ! Tu étais un fantôme, tu pensais quoi ? Qu'on allait simplement rester là, à ne rien faire ? Regarder Harry être malheureux, toi malheureuse et… fantomatique ? Non merci. Drago aussi était malheureux, et ça me faisait énormément de peine !
Ashley inclina légèrement la tête, son regard perçant fixé sur son amie.
— Ah oui ? Tu t'inquiètes vraiment pour mon frère ? demanda-t-elle, une pointe de curiosité dans la voix.
Hermione rougit violemment, bafouillant légèrement.
— Co… comme tu peux le constater, nous nous sommes rapprochés depuis ta mort… avoua-t-elle à contrecœur, incapable de soutenir son regard.
Ashley plissa les yeux, son expression changeant pour un mélange d'amusement et de contrariété.
— Alors, ma mort était bénéfique pour tout le monde… wow… Je ne sais pas trop dans quel sens je dois le prendre…
— Ne le prends pas comme ça, intervint Drago d'un ton apaisant. Il faut simplement que tu rapproches les maisons. C'est ta chance, Ash.
— Je veux bien… mais ça va être difficile toute seule, et surtout avec vous deux… enfin, les autres vous deux. Vous avez des caractères impossibles, vous savez ça, hein ?
Hermione éclata de rire, un son qui sembla désamorcer la tension. Ashley, surprise, finit par se joindre à elle, et bientôt, même Drago ne put retenir un sourire. Leur fou rire finit par envahir la pièce, résonnant dans l'atmosphère chaleureuse. Ce fut finalement Drago qui retrouva son sérieux en premier, essuyant une larme au coin de son œil.
— Ash… Si nous sommes capables de nous endurer maintenant, les autres le pourront aussi. Commence par Pansy et Ron… ou Hermione et Blaise… ça a vite cliqué, vous deux, non ? ajouta-t-il avec un sourire moqueur, tournant son regard vers la Gryffondor.
Hermione haussa les épaules, un sourire en coin.
— Ouais, enfin… ce n'a pas été difficile, admit-elle.
Ashley fronça légèrement les sourcils, hésitant.
— Mais… je vais vous revoir, en tant que vous? pas seulement en tant que eux ?
Hermione hocha la tête avec un sourire rassurant.
— Quand tu veux. On ne peut pas vraiment bouger d'ici, alors…
Ashley la regarda, et un large sourire se dessina sur son visage. Elle s'approcha lentement de son amie et la serra dans ses bras. Hermione sentit son cœur manquer un battement. Ce n'était pas un rêve, ni un souvenir. Ashley était là, vivante, réelle. Elle referma ses bras autour de sa meilleure amie, une vague d'émotions la submergeant.
— Tu es vraiment revenue… murmura-t-elle, à moitié pour elle-même.
Ashley hocha doucement la tête, un sourire dans la voix.
— Et c'est grâce à vous deux.
— Oh, Ashley… murmura Drago, son ton devenant plus grave.
— Ouais? répondit-elle, levant un sourcil, intriguée.
Il hésita une fraction de seconde, cherchant ses mots. Puis, d'une voix plus posée, il poursuivit:
— Méfie-toi de Théo. C'est lui qui a programmé ta mort… enfin, pas directement. C'est Daphnée qui a lancé le sort, mais… il lui avait donné des ordres. Il voulait atteindre Potter. Mais Daphnée… elle a dévié le sort sur toi.
Ashley recula d'un pas, abasourdie.
— Quoi? Mais pourquoi? Pourquoi Daphnée aurait fait ça?
Drago secoua la tête, le regard sombre.
— On ne sait pas… elle avait ses raisons, mais on ignore lesquelles. Peut-être une jalousie, ou peut-être qu'elle te voyait comme un obstacle… mais elle t'a visée. Pas Harry.
Ashley sentit une boule se former dans sa gorge. Elle inspira profondément, essayant de garder son calme, mais sa voix tremblait légèrement.
— Et Théo… il savait?
Drago hocha la tête.
— Oui. C'est lui qui a orchestré tout ça. Il voulait te garder pour lui, te marier, et devenir un Malefoy.
Elle écarquilla les yeux, son expression passant de l'incrédulité au dégoût.
— Erk, Théo… il est gentil, mais… JAMAIS. répondit-elle avec un ton de dédain digne d'un vrai Malefoy.
Drago esquissa un sourire malgré la gravité de la conversation.
— Et… Weaslette. Elle était avec eux. Elle voulait récupérer Potter.
Un silence pesant s'installa dans la pièce. Les révélations flottaient dans l'air comme des nuages noirs. Ashley détourna le regard, son esprit s'emplissant de questions sans réponses. Pourquoi Daphnée avait-elle fait ça? Pourquoi Théo avait-il osé manipuler tout le monde?
Finalement, elle se leva lentement et s'approcha de son frère pour le serrer dans ses bras.
— Merci de me le dire, murmura-t-elle, sa voix tremblant légèrement. Je dois y aller. Si on veut que ça se fasse au plus vite, il faut que je commence tout de suite.
Elle relâcha son étreinte, regardant tour à tour Hermione et Drago.
— Vous êtes sûrs que je ne peux pas en parler à Harry? demanda-t-elle, hésitante.
Drago secoua la tête immédiatement, son ton catégorique.
— Non. Il risquerait d'en parler à Ron… ou pire, il pourrait en parler à Hermione.
Ashley haussa les épaules, visiblement frustrée, mais elle comprenait.
— Hm… je vois. Alors je vous tiens au courant.
Elle leur adressa un dernier regard déterminé avant de sortir de la Salle sur Demande, son esprit déjà focalisé sur sa mission.
Drago soupira profondément une fois qu'elle eut disparu.
— Ça va marcher, tu crois? murmura-t-il à Hermione.
— Je l'espère, répondit-elle doucement. Mais une chose est sûre… Elle est plus courageuse que nous deux réunis.
Drago esquissa un sourire fugace avant de s'asseoir lourdement sur un fauteuil, ses pensées tourmentées par ce qui allait suivre. Ashley sortit rapidement de la Salle sur Demande, vérifiant avec précaution qu'il n'y avait personne dans les couloirs. Elle marcha d'un pas décidé vers les cachots, son esprit bourdonnant de questions. En entrant dans la salle commune des Serpentard, elle balaya la pièce du regard.
Pansy discutait avec la plus jeune des Greengrass, Astoria, un sourire complice sur les lèvres. Drago, quant à lui, était en pleine conversation avec Daphnée, ce qui fit grincer des dents la jeune blonde. Elle serra les poings, mais détourna vite son attention. Blaise était installé nonchalamment dans un fauteuil, un livre à la main, un air concentré sur le visage.
Ashley s'approcha de lui, cherchant une distraction à ses pensées tumultueuses.
— Tu sais lire, toi ? lança-t-elle en rigolant, son ton volontairement taquin.
Blaise releva les yeux de son livre et lui répondit avec un clin d'œil malicieux.
— Non, je regarde les images.
Ashley roula des yeux avant de s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil.
— Blaise… j'ai besoin de ton avis.
— Largue-le.
Elle le fixa, décontenancée.
— Quoi ?
— Bah, tu voulais savoir si tu devais continuer ta relation avec Potter, non ? répondit-il d'un ton désinvolte.
— Euh, pas du tout ! J'ai aucun problème de ce côté…
Blaise haussa un sourcil, son sourire s'élargissant.
— Oh… petite coquine, se moqua-t-il, son ton regorgeant de sous-entendus.
Ashley rougit légèrement, se redressant un peu.
— Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Enfin… Oh, boucle-la, Blaise !
Il éclata de rire, ravi de l'avoir mise mal à l'aise.
— Alors qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il, reprenant un ton plus sérieux.
Ashley hésita, cherchant ses mots.
— J'aimerais savoir… Pourquoi détestez-vous mes amis… enfin… Qu'est-ce que tu penses d'Hermione ?
Blaise plissa les yeux, feignant une profonde réflexion.
— Est-ce que c'était une question ? Parce que, vois-tu, avec tous les mots que tu as dis… je ne suis pas certain d'avoir bien compris !
— Blaise… soupira Ashley, exaspérée.
— Ok, ok, si on ne peut même plus rigoler avec toi… répondit-il, levant les yeux au ciel, mais un sourire moqueur toujours accroché aux lèvres.
— Alors ?
Il se cala dans son fauteuil, croisant les jambes.
— Granger… je n'en pense rien au fait. Elle est une Miss-Je-Sais-Tout, rien de nouveau sous le soleil. Je croyais que c'était une petite trouillarde qui se cachait derrière ses bouquins… mais elle me surprend à chaque fois.
Ashley pencha la tête, intriguée.
— Surprend ?
— Elle est courageuse, têtue, et vraiment patiente.
— Patiente ?
— T'as vu avec qui elle traîne tous les jours ? Potter et Weasley… ce n'est sûrement pas toujours facile, dit-il avec un sourire en coin.
Ashley éclata de rire.
— Alors, tu l'aimes bien, non ?
Blaise haussa les épaules, prenant un air faussement indifférent.
— De là à dire que je l'aime bien… il y a un grand pas. Mais si je suis devant elle, je suis capable d'être poli et courtois.
Ashley hocha la tête, un sourire malicieux apparaissant sur ses lèvres.
— Je vois… et tu crois que Drago pourrait…
— T'es folle ! la coupa-t-il, un peu trop fort. Jamais… elle l'insupporte royalement. Enfin… moi, j'suis persuadé qu'ils ne sont pas ce qu'ils croient. Si tu les mets dans la même pièce, il va y avoir du ravage, mais je suis certain qu'il y aurait beaucoup d'attirance… mais ils ne l'avoueraient jamais.
Ashley haussa un sourcil, étonnée.
— Wow… tu en dis des choses quand tu n'es pas avec mon frère, se moqua-t-elle.
— Ouais, bah, il n'est pas là pour me frapper, alors j'en profite, répliqua Blaise avec un rire léger.
Ashley réfléchit une seconde, puis enchaîna.
— Et Pansy ?
— Pansy ? répéta-t-il, perplexe.
— Tu crois qu'elle pourrait être attirée par Ron ?
Blaise écarquilla les yeux avant de s'écrier:
— WEASLEY ?
Le cri résonna dans la salle commune, attirant les regards curieux de Pansy, Astoria, et même Drago et Daphnée. Ashley lui donna un coup sur l'épaule.
— Chut !
Il baissa la voix, mais son ton restait incrédule.
— Jamais de la vie… C'est impossible… Pourquoi ? Ne me dis pas que Ron a un béguin pour Pansy ?
— Non, ce n'est pas ce que je dis… je me demande, c'est tout.
Blaise lui lança un regard sceptique, mais ne poursuivit pas. Ashley, de son côté, se leva et s'éloigna, se dirigeant vers sa chambre.
Une fois enfermée, elle s'écroula sur son lit, son esprit encore agité par tout ce qu'elle venait de vivre. Comment allait-elle faire pour rapprocher ses amis? Pansy et Ronald en couple? Elle éclata de rire toute seule en imaginant la scène.
Et Drago et Hermione? Cette idée lui aurait semblé tout aussi absurde il y a quelques jours, mais après ce qu'elle avait vu dans la Salle sur Demande… ce n'était plus si inimaginable. Ils formeraient un sacré couple, ces deux-là.
— Drago… murmura Hermione, brisant le silence.
— Hermione… répondit-il simplement, levant les yeux de son lit pour croiser son regard.
Elle joua nerveusement avec les coins du livre qu'elle tenait entre ses mains, hésitant à formuler sa pensée.
— Tu crois qu'Ashley nous croit?
Drago haussa légèrement les épaules, un air pensif sur le visage.
— J'espère… Mais tu la connais, elle est maligne. Si quelqu'un peut assimiler tout ça, c'est elle.
Hermione hocha la tête, ses sourcils légèrement froncés. Elle détourna les yeux, son regard se perdant dans les pages de son livre.
— Je suis inquiète pour les autres… reprit-elle, sa voix plus douce.
Drago se redressa légèrement, appuyé sur ses coudes.
— Pourquoi?
— Bah… je n'en sais rien… ils me manquent, je crois… admit-elle, ses joues rosissant légèrement.
Il la fixa un moment, son expression neutre.
— Ça ne fait que quelques jours que nous sommes partis, Granger. Arrête de te torturer l'esprit.
— Je sais, souffla-t-elle, baissant les yeux vers son livre. Mais ça ne change rien au fait que c'est difficile.
Un silence confortable s'installa entre eux, ponctué seulement par le crépitement du feu dans la cheminée. Drago finit par briser cette tranquillité.
— Allez, couche-toi et dors, ordonna-t-il d'un ton plus doux qu'il ne l'aurait voulu.
Hermione leva les yeux vers lui, surprise par l'inflexion presque bienveillante de sa voix. Un sourire sincère étira ses lèvres.
— Bonne nuit, Drago.
— Bonne nuit, Hermione, répondit-il, se laissant retomber sur son oreiller.
Elle ferma son livre, le posant sur la table de chevet à côté de son lit. Tandis qu'elle s'allongeait, elle ne put s'empêcher de jeter un dernier regard en direction de Drago. Il semblait si calme, presque paisible, dans la lumière tamisée de la pièce.
Pour la première fois depuis leur arrivée dans le passé, elle se sentit un peu apaisée.
