Les cours arrivèrent rapidement le lendemain matin, et la classe de Potions était déjà en pleine effervescence. Les élèves étaient concentrés, suivant attentivement les instructions de Slughorn. Cependant, Ashley, les yeux cernés jusqu'aux genoux, peinait à suivre le rythme. Elle tenait une éprouvette de sang de gobelin à l'envers au-dessus du chaudron, les gouttes hésitant à tomber, lorsqu'une voix familière la tira de sa torpeur.

— Euh… Ashley? murmura Neville, visiblement inquiet.

Elle cligna des yeux, reprenant ses esprits, et réalisa son erreur.

— Oh, pardon, Neville, s'excusa-t-elle en rougissant légèrement. Je… j'ai mal dormi…

Neville lui offrit un sourire rassurant.

— Ça arrive, tu sais. On a tous des jours comme ça.

Ashley esquissa un sourire timide en retour, reconnaissante pour sa gentillesse. Elle tourna ensuite la tête pour apercevoir son frère, assis avec Hermione. À sa grande surprise, ils semblaient… calmes. Pas de disputes, pas de regards noirs. Juste une coopération discrète. Drago lui fit même un geste de la main pour lui dire bonjour, ce qui la laissa bouche bée. Peut-être (PEUT-ÊTRE), pensa-t-elle, que ça ne serait pas aussi difficile que je le croyais.

Rassurée, elle reporta son attention sur son propre chaudron, veillant à ne plus faire d'erreurs. Neville, pour sa part, faisait de son mieux pour suivre les instructions, même si la potion semblait légèrement plus verdâtre qu'elle ne devrait l'être.

Lorsque le cours se termina, Ashley rangea ses affaires et se dirigea vers la sortie, accompagnée par Harry. Le simple fait de marcher à ses côtés suffisait à illuminer sa journée. Elle adorait pouvoir l'appeler son petit ami. Rien que de penser à ces mots suffisait à lui donner des papillons dans le ventre.

Harry Potter était à elle, et rien qu'à elle. Ce n'était plus Ginny. Elle se surprit cependant à ressentir un pincement au cœur en pensant à la cadette Weasley. Ginny avait aimé Harry la première, et Ashley comprenait combien il pouvait être difficile de tourner la page, surtout lorsqu'il s'agissait d'Harry. Mais elle était égoïste, et elle l'assumait. Elle l'aimait de tout son être, de chaque fibre de son âme.

Alors qu'ils s'approchaient de la Grande Salle, Ashley s'arrêta brusquement. Au loin, elle aperçut son frère, engagé dans ce qui ressemblait à une conversation… ou plutôt, à un flirt flagrant. Il se tenait nonchalamment appuyé contre un mur, un sourire charmeur collé aux lèvres, tandis qu'une jeune Serpentard, visiblement plus jeune, rougissait sous ses compliments.

Un haut-le-cœur saisit Ashley. Drago en train de flirter? En public? Avec une fille bien plus jeune? Elle serra les poings, prête à s'approcher pour l'interrompre, mais une main ferme retint son bras.

— Ashley, murmura Harry, son ton doux mais ferme.

Elle se retourna pour le regarder, les sourcils froncés.

— Quoi?
— Ce n'est pas à toi de te mêler de ça, dit-il calmement.
— Il flirte! Avec une gamine! C'est ridicule!

Harry esquissa un sourire amusé.

— Il sait ce qu'il fait. Tu devrais peut-être lui laisser un peu d'espace, non?

Ashley croisa les bras, hésitant entre la colère et l'agacement. Elle finit par soupirer, secouant la tête.

— Sérieusement, Harry, parfois je me demande si c'est vraiment mon frère.

Harry éclata de rire, passant un bras autour de ses épaules.

— Crois-moi, il est bien ton frère. Mais laisse-le gérer ça à sa manière.

Malgré elle, Ashley se laissa entraîner vers la Grande Salle, mais ses pensées restaient fixées sur Drago et son comportement exaspérant.

— Si j'étais toi, je ne m'en mêlerais pas, murmura Harry, avec une pointe d'amusement dans la voix.
— Mais… il… non… commença-t-elle, incapable de trouver les mots pour exprimer son indignation.
— Ne dérange pas un Malefoy qui drague, rigola Harry en secouant légèrement la tête.

Ashley se retourna une nouvelle fois pour observer son frère, plissant les yeux pour capter ce qu'il disait à cette mystérieuse jeune femme.

— Astoria… tu sais que tu es encore plus belle que ta sœur… murmura Drago, son ton suave faisant frissonner Ashley de dégoût.
— J'ai toujours été la plus jolie de la famille… tu sais… ce n'est pas pour rien que nos parents…
— Chut… je n'ai pas envie de t'entendre parler… embrasse-moi plutôt… répondit-il, interrompant Astoria avec un sourire séducteur.

Ashley sentit son sang bouillir alors qu'elle voyait Astoria s'approcher pour l'embrasser. Elle ne pouvait plus rester en retrait.

— Salut, Drago! cria-t-elle soudainement, en envoyant la main à son frère avec un grand sourire niais collé au visage.

Drago sursauta légèrement et se tourna rapidement vers elle, repoussant Astoria de façon presque embarrassée.

— Oh, Ashley… fit-il, visiblement agacé. Comment vas-tu?

Il jeta ensuite un regard à Harry, qui observait la scène avec un amusement non dissimulé.

— Potter…
— Malefoy… répondit Harry avec une légère inclinaison de tête.

Ashley ne se démonta pas, son sourire se faisant encore plus large.

— Je vais bien, merci Drago! Et toi? demanda-t-elle, feignant l'innocence pour accaparer son attention.

Drago sembla hésiter un instant, cherchant ses mots.

— Je… oui, je vais bien aussi. Alors… tu allais dîner?

Ashley sauta sur l'occasion, prenant une voix douce et irrésistible, une arme qu'elle savait efficace sur son frère.

— Oui! Je meurs de faim. Tu viens avec moi?

Drago soupira, conscient qu'il n'avait pas vraiment le choix.

— Très bien, répondit-il, résigné.

Avant de partir, Ashley se retourna vers Harry, déposa un baiser léger sur ses lèvres, puis entraîna rapidement son frère vers leur table habituelle. Elle ne lui laissa aucune chance de retourner vers Astoria.

Assise à la table, elle observa discrètement Drago, qui semblait perdu dans ses pensées. Elle ne pouvait pas le laisser continuer sur cette voie. Astoria? Vraiment? Ce n'était pas Astoria qui devait être avec lui. C'était Hermione.

Il ne devait pas sortir avec elle… il devait finir avec Hermione, pensa-t-elle avec une détermination renouvelée.

Elle réalisa soudain qu'elle avait sous-estimé la complexité de sa mission. Et maintenant? Elle allait avoir besoin d'aide, c'était évident. Après le dîner, elle devait absolument parler aux autres Hermione et Drago pour qu'ils l'aident à élaborer un plan. Sinon, jamais elle ne réussirait à rapprocher son frère et son amie.


Dans la Salle sur Demande, une petite furie blonde faisait les cent pas, gesticulant et hurlant, sa panique grandissant à chaque mot.

— Pourquoi vous m'avez mise dans cette galère? demanda-t-elle, les mains dans les cheveux, visiblement à bout.

Drago, appuyé contre le dossier du canapé, leva un sourcil, amusé malgré lui.

— Petite sœur… pourrais-tu, s'il te plaît, t'asseoir et nous expliquer ce qui se passe?

Ashley s'arrêta net au mot «petite sœur», un sourire adoucissant ses traits crispés. Elle obéit sans protester, s'installant sur le canapé. Une fois plus calme, elle fixa Hermione et Drago, assis côte à côte en face d'elle.

— Bon, ça va être plus difficile que prévu, commença-t-elle en soupirant. Tu… bah, en fait, le Drago d'en bas, drague Astoria Greengrass. Et de ce que j'ai pu comprendre en discutant avec Pansy, Monsieur Malefoy et Monsieur Greengrass auraient mis en scène un certain avenir entre eux quand ils étaient petits. Et Astoria est parfaitement au courant.

Hermione écarquilla les yeux, ses sourcils se rejoignant en une ligne furieuse.

— Astoria? Cette fille?

Drago baissa les yeux, visiblement gêné.

— Je le suis aussi… répondit-il d'une petite voix.

Hermione pivota pour le fixer, incrédule.

— QUOI?

Drago soupira et haussa les épaules.

— Je sais, je n'en ai pas parlé, mais… elle ne m'a jamais intéressé, cette fille. Alors, je préfère ne pas m'en approcher. Tout a changé depuis qu'Ashley est dans nos vies. Mon père avait grogné de savoir que je fréquentais Hermione, mais il ne m'a pas parlé des Greengrass. Et même Mère était contente pour moi.
— NOS PARENTS SONT AU COURANTPOUR VOUS DEUX ? s'exclama Ashley, outrée.

Drago leva les yeux au ciel, évitant les regards.

— Pas besoin d'en faire tout un drame, murmura-t-il.

Hermione croisa les bras, serrant les mâchoires.

— Alors, ton père t'a grogné dessus, mais ta mère était ravie? demanda-t-elle, son ton acerbe.
— Oui, Hermione, répondit-il calmement, évitant son regard.
— Ravie? poursuivit-elle, une note de sarcasme dans la voix. Et elle ne t'a pas parlé d'Astoria pendant que tu te faisais virer?

Drago, agacé, la fixa enfin.

— Non, Granger. Mais si tu veux tout savoir, oui, j'étais supposé me fiancer à cette Greengrass. Et non, je n'en ai rien à faire.

Hermione détourna le regard, mais pas assez vite pour cacher le froncement de sourcils qui trahissait sa jalousie.

Ashley, observant l'échange, leva une main.

— Revenons à notre problème: Astoria. Elle est clairement au courant de ce soi-disant avenir, et ça pourrait compliquer les choses.
— Très bien, soupira Hermione. Mais ce qu'il faut résoudre, c'est le vrai problème: comment rapprocher nos doubles.

Drago éclata d'un rire nerveux.

— Et comment voulez-vous faire ça? Mon double ne sera jamais courtois avec ton double. Elle le déteste, et crois-moi, il le lui rend bien.

Ashley réfléchit un instant, puis un sourire rusé apparut sur ses lèvres.

— J'ai peut-être une idée… mais c'est risqué. Très risqué, commença-t-elle en pointant un doigt accusateur vers son frère. TOI, tu dois parler avec le double d'Hermione.

Drago plissa les yeux.

— MAIS T'ES MALADE?

Hermione secoua vivement la tête, ses joues encore rougies par leur échange précédent.

— On pourrait se faire prendre!

Ashley leva les mains pour calmer les protestations.

— Écoutez, voici le plan. Hermione, toi, tu restes ici. Pendant ce temps, Drago va rejoindre ton double à la bibliothèque. Moi, je vais entraîner le double de Drago ailleurs, comme ça, aucune chance qu'ils se croisent.

Hermione serra les lèvres, visiblement agacée.

— Mon double va l'envoyer balader. Elle ne croira jamais qu'il peut être… gentil.

Drago croisa les bras, son regard défiant.

— Exactement. Tu étais insupportable à cette époque, Granger.
— Moi? insupportable? lança Hermione, piquée. Tu étais un Serpentard suffisant, arrogant et…
— Focus! coupa Ashley, levant la voix.

Hermione prit une grande inspiration, se calmant à contrecœur.

— Et après? demanda-t-elle, son ton encore tendu.

Ashley sourit, satisfaite d'avoir capté leur attention.

— Une fois le premier contact établi, c'est toi, Hermione, qui entre en scène avec Drago.

Hermione arqua un sourcil.

— Moi?
— Oui, toi. Tu dois faire la même chose: être gentille avec lui. Peu importe ce qui arrive.

Drago hocha lentement la tête, son regard se perdant dans le vide.

— Ça pourrait marcher. À force de s'adoucir, nos doubles vont finir par arrêter de s'entretuer.

Hermione, qui s'était murée dans le silence, croisa les bras.

— Très bien. Mais je vais être claire: si ce plan échoue, je veux pouvoir te dire "je te l'avais dit".

Drago éclata d'un rire moqueur.

— Granger, si ce plan échoue, je te laisserai écrire une dissertation complète sur mes échecs.

Hermione roula des yeux, mais un sourire discret joua sur ses lèvres.

Ashley, satisfaite, se leva.

— Alors, c'est décidé. On y va.

Cette option était risquée, mais elle était l'unique solution pour le moment, et le temps était compté. Il fallait absolument qu'ils essaient quelque chose.

— Pendant ce temps-là, continua Ashley, je vais penser à ce que je peux faire pour Pansy et Ron. Je vais peut-être commencer par Blaise et Harry. Ils pourraient peut-être s'entendre, ces deux-là.
— Bonne chance avec ça, marmonna Drago avec un sourire narquois.
— On commence quand? demanda-t-il, son ton plus sérieux cette fois.
— Maintenant.

Sans laisser le temps à son frère de protester, Ashley lui attrapa la main et l'entraîna hors de la Salle sur Demande. Elle marcha d'un pas rapide dans les couloirs, gardant un œil attentif autour d'elle pour s'assurer que personne ne les voyait. Une fois arrivés devant la bibliothèque, elle le poussa légèrement en avant et vérifia rapidement que Drago #2 n'était pas dans les parages.

— Bonne chance, murmura-t-elle en lui lançant un clin d'œil avant de disparaître en direction des cachots.

Drago resta figé un instant devant l'entrée de la bibliothèque, prenant une profonde inspiration pour calmer ses nerfs. "C'est ridicule… Ce n'est que Granger… Enfin, une autre Granger…" se dit-il, avant d'entrer.

Ses yeux balayèrent rapidement la pièce jusqu'à ce qu'il l'aperçoive. Hermione était installée à une table près d'une fenêtre, un livre ouvert devant elle. Ses boucles brunes encadraient son visage alors qu'elle semblait absorbée par sa lecture. Il sentit son cœur manquer un bond.

Bien sûr qu'elle va me rejeter, pensa-t-il, presque désespéré. Elle n'a rien à voir avec celle que je connais…

Il rassembla son courage et s'approcha lentement.

— Hermione… murmura-t-il doucement, tentant de ne pas l'effrayer.

Elle releva la tête, ses yeux se posant sur lui avec un mélange de surprise et de mépris.

— Malefoy! cracha-t-elle, refermant son livre avec fracas. Qu'est-ce que tu me veux encore?

Sa voix était acérée, chaque mot comme une lame. Drago se sentit déstabilisé, mais il s'efforça de ne pas le montrer.

— Je… je voulais te parler, dit-il, sa voix plus basse qu'il ne l'aurait voulu.

Elle plissa les yeux, méfiante.

— Me parler? Et pourquoi je devrais écouter une seule de tes paroles, Malefoy?

Il inspira profondément, se forçant à maintenir son calme.

— Parce que… commença-t-il, hésitant légèrement. Parce que tout ne tourne pas autour de la haine, Granger. Parfois, les gens peuvent changer.

Elle éclata de rire, un rire amer et moqueur.

— Toi, changer? Malefoy, si tu crois que je vais tomber dans ce piège, tu me sous-estimes grandement.
— Ce n'est pas un piège, dit-il, un peu plus fermement. Je veux juste… parler.

Hermione croisa les bras, son regard fixé sur lui avec défi.

— Très bien, Malefoy. Je t'écoute. Mais je te préviens, si c'est encore une de tes manigances…

Drago hocha la tête, son expression sérieuse.

— Je comprends. Mais ce n'est pas une manigance, Granger. Pas cette fois.

Pour une des rares fois de sa vie, Drago se sentait impuissant. Il prit place en face d'elle sans dire un mot, ses mains tremblant légèrement avant de se glisser dans ses poches. Hermione, toujours méfiante, le fixait intensément, ses yeux plissés comme si elle essayait de déchiffrer ses intentions.

— Je vais recommencer, dit-elle d'un ton sec, rompant le silence. Pourquoi t'es là? Et surtout, depuis quand tu m'appelles par mon prénom?

Drago avala difficilement sa salive, détournant brièvement le regard avant de revenir à ses yeux perçants.

— Je… Je voulais m'excuser de mon comportement, lâcha-t-il finalement.

Hermione écarquilla les yeux, son visage trahissant un mélange de choc et de scepticisme.

— Pardon? fit-elle, le mot traînant sur ses lèvres comme si elle n'y croyait pas.

Drago grimaça légèrement, regrettant déjà d'avoir parlé.

— Ne me fais pas le répéter, Granger, grogna-t-il, évitant son regard. Et surtout… ne le répète à personne. Je nierai tout en bloc.

Hermione cligna des yeux, déconcertée. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais Drago ne lui en laissa pas le temps. Il se leva brusquement, ses mains toujours enfouies dans ses poches.

— Malefoy! tenta-t-elle, mais il lui tourna le dos sans répondre, ses pas déjà dirigés vers la sortie.

Alors qu'il atteignait l'entrée de la bibliothèque, il tourna brièvement la tête pour la regarder.

— Réfléchis-y, murmura-t-il presque pour lui-même avant de disparaître dans le couloir.

Hermione resta figée sur sa chaise, les sourcils froncés, essayant de comprendre ce qui venait de se passer.

De son côté, Drago tournait les coins des couloirs à un rythme tranquille, ses lèvres s'étirant en un sourire en coin. "Facile… Il est si facile de faire tourner la tête d'Hermione Granger," pensa-t-il, amusé. Mais derrière son amusement se cachait une petite satisfaction qu'il ne voulait pas reconnaître.


Ashley traversait les couloirs en vitesse, les pensées tourbillonnant dans son esprit. Comment rapprocher ces deux-là sans que tout explose? Elle aperçut Pansy, appuyée contre le mur près de l'entrée de la Grande Salle, en pleine dispute avec Blaise.

— Blaise Zabini! Tu es insupportable! Si tu me dis encore une fois que je suis trop dramatique, je…
— Tu me menaces? Vraiment? Tu sais très bien que j'ai raison, Pansy. Allez, je te laisse à ta mauvaise humeur, déclara-t-il avec un sourire sarcastique avant de s'éloigner.

Ashley sourit. C'était le moment parfait. Elle s'approcha de Pansy avec un regard malicieux.

— Mauvaise journée? demanda-t-elle innocemment.
— Ne m'en parle pas, grogna Pansy. Ce Blaise me rend folle.
— Hmm… je connais quelqu'un d'autre qui est pas mal doué pour faire ça, répondit Ashley, laissant son regard dériver vers un Ron Weasley boudeur qui approchait.

Pansy fronça les sourcils, suivant son regard.

— Weasley? Sérieusement? Ne me dis pas que tu veux parler de ce… rustre.
— Rustre? Tu ne crois pas que tu exagères? Il a ses qualités, tu sais.

Pansy croisa les bras.

— Vraiment? Cite-m'en une seule.

Ashley esquissa un sourire.

— Il est drôle. Même toi, tu as ri une fois à l'une de ses blagues, je t'ai vue.
— J'ai ri parce qu'il était ridicule, pas parce qu'il était drôle, répliqua Pansy, les joues légèrement rouges.

Ashley haussa les épaules.

— Peut-être. Mais il a aussi le courage de dire ce qu'il pense, même si ça déplaît. Ce n'est pas quelque chose que tu respectes?

Avant que Pansy ne puisse répondre, Ron arriva, l'air maussade, traînant les pieds.

— Qu'est-ce que vous mijotez, toutes les deux? demanda-t-il avec méfiance.

Ashley sourit. C'est maintenant ou jamais.

— Rien de spécial, répondit-elle innocemment. Pansy me disait justement à quel point elle trouvait tes arguments passionnés… intrigants.

Pansy ouvrit la bouche pour protester, mais Ron fronça les sourcils, surpris.

— Intriguants? Toi? Sérieusement? ricana-t-il.
— Non! Je n'ai jamais dit ça! riposta Pansy, les joues en feu.
— Tu aurais dû. C'est vrai que je suis passionné, répondit Ron avec un sourire moqueur. Et toi, tu pourrais peut-être apprendre à ne pas toujours chercher à avoir le dernier mot.

Pansy recula légèrement, piquée au vif.

— Moi? Le dernier mot? C'est l'hôpital qui se moque de la charité, Weasley!

Ashley leva les mains, feignant l'innocence.

— Oh là là, je crois que je vais vous laisser régler ça entre vous… Vous avez l'air de bien vous entendre quand vous vous disputez.

Elle fit volte-face et s'éloigna rapidement, les laissant s'envoyer des piques tout en remarquant qu'aucun des deux ne s'éloignait vraiment de l'autre. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres.

Un petit pas pour Pansy et Ron, un grand pas pour la réconciliation des maisons, pensa-t-elle avant de disparaître dans un couloir.


La Salle sur Demande était silencieuse, baignée d'une douce lumière dorée qui dansait sur les murs beige foncé. Drago poussa doucement la porte et entra, refermant derrière lui sans un bruit. Il était tard, bien plus tard qu'il ne l'avait prévu. Ashley avait été plus bavarde qu'il ne l'aurait cru.

Ses yeux balayèrent la pièce jusqu'à se poser sur Hermione. Elle était profondément endormie sur son lit Gryffondor, ses boucles brunes en bataille s'étalant sur son oreiller. Elle tenait un livre contre elle, ses doigts encore légèrement refermés sur la couverture.

Drago s'arrêta, figé, son regard s'attardant sur elle.

Pourquoi est-ce que je la regarde comme ça? pensa-t-il, agacé par lui-même. Pourtant, il ne pouvait détourner les yeux. Il la trouvait… fascinante.

Ses traits étaient détendus, loin des sourcils froncés qu'il voyait d'habitude lorsqu'elle était en pleine réflexion ou en colère contre lui. Une mèche tombait sur son visage, et il se surprit à vouloir la remettre en place, mais il serra les poings pour s'en empêcher.

Elle est… magnifique…

Il secoua la tête, frustré par cette pensée. Il n'avait jamais ressenti cela pour qui que ce soit, et encore moins pour elle. Une Gryffondor. Hermione Granger. C'était insensé.

Soupirant, il détourna enfin le regard et se dirigea vers son propre lit. Il retira sa veste, la jeta négligemment sur une chaise et s'assit, les coudes sur les genoux, le visage dans ses mains.

Qu'est-ce qui m'arrive?

Finalement, il s'étendit sur son lit, fixant le plafond. Le feu dans la cheminée projetait des ombres dansantes, mais tout ce qu'il voyait dans son esprit, c'était son sourire, ses yeux pétillants lorsqu'elle l'appelait "la fouine".

Il poussa un dernier soupir et ferma les yeux, luttant contre les sentiments qui commençaient à s'imposer en lui.

Le lendemain matin, le bruit du grattement d'une plume sur du parchemin réveilla Drago. Hermione était déjà debout, assise à la table en verre, entourée de parchemins et de livres ouverts.

— Toujours debout avant tout le monde, hein? marmonna-t-il en se redressant.

Hermione tourna la tête, un sourcil levé.

— Quelqu'un doit bien réfléchir pendant que d'autres dorment toute la journée, répondit-elle avec un sourire taquin.

Drago roula des yeux et se leva. Il s'étira avant de se diriger vers la table.

— Tu ne vas pas me demander comment ça s'est passé?

Hermione posa sa plume et croisa les bras, curieuse malgré elle.

— Je suppose que tu vas me le dire même si je ne demande pas. Alors, vas-y.

Drago s'assit nonchalamment sur le canapé, un sourire narquois au coin des lèvres.

— Ton double est fascinant, commença-t-il, la voix pleine de sarcasme.

Hermione fronça les sourcils.

— Fascinant?
— Oui. Elle est agressive, têtue, et incroyablement prévisible.

Hermione serra les dents, piquée par ses paroles.

— Et qu'est-ce que ça veut dire, "prévisible"?

Drago haussa les épaules, son sourire s'élargissant.

— Disons qu'un simple "je suis désolé" a suffi à la déstabiliser.

Hermione ouvrit grand les yeux, stupéfaite.

— Tu t'es excusé? Toi?
— Pas vraiment. Enfin, si, mais c'était stratégique, expliqua-t-il en se penchant vers elle, comme s'il partageait un secret.

Hermione le fixa, incrédule.

— Et ça a marché?
— Oh, ça a marché, Granger, répondit-il en se redressant. Ton double ne savait plus quoi penser.

Elle détourna les yeux, un mélange de colère et de gêne sur le visage. Elle détestait l'idée que Drago puisse manipuler son double avec autant de facilité.

Drago, quant à lui, remarqua son malaise et, pour une fois, s'abstint de faire une remarque moqueuse. Au lieu de cela, il posa une main sur l'épaule d'Hermione.

— Relaxe, Granger. C'est un début. Et crois-moi, ça va marcher.

Elle leva les yeux vers lui, ses sourcils toujours froncés, mais elle hocha légèrement la tête.

— Ça a intérêt à marcher, murmura-t-elle.


La Salle de potions était comme à son habitude remplie d'une ambiance studieuse et tendue. Ashley avait réussi à attirer Hermione #2 avec elle pour un problème urgent. Hermione #1 s'installa à la table qu'elle partageait avec Drago Malefoy. Lorsque ce dernier entra, il jeta un regard rapide autour de la pièce avant de s'asseoir brusquement à ses côtés, visiblement contrarié.

— Granger, grogna-t-il en posant son manuel sur la table. Pourquoi je suis toujours condamné à supporter ta présence?

Elle se força à sourire légèrement.

— Peut-être que quelqu'un essaie de nous apprendre à travailler ensemble.

Il éclata d'un rire sans joie.

— Ridicule.

Le professeur Slughorn commença à expliquer la potion du jour, et tous les élèves se mirent au travail. Hermione prit l'initiative de préparer les ingrédients pendant que Drago semblait plus intéressé par ses ongles que par le chaudron.

— Tu comptes faire quelque chose ou juste attendre que je fasse tout le travail? demanda-t-elle sèchement.

Il leva un sourcil et se pencha vers elle, un sourire narquois sur les lèvres.

— Je te laisse faire, Miss-Je-Sais-Tout. Après tout, tu es si douée, pourquoi aurais-je besoin d'intervenir?

Hermione soupira, essayant de contenir sa frustration.

— C'est exactement pour ça qu'on ne s'entend pas, Malefoy.
— Ah, je vois. On est dans la phase où tu veux qu'on devienne amis? ironisa-t-il, ajoutant une pincée de poudre de scarabée à la potion sans vraiment mesurer.

Hermione lui lança un regard furieux et rectifia rapidement la dose avant que la potion ne devienne instable.

— Pas amis. Une trêve, dit-elle en le fixant. Pour Ashley.

Cela sembla le déstabiliser légèrement. Il resta silencieux un moment, triturant la manche de sa robe.

— Une trêve pour Ashley? Pourquoi elle?
— Parce qu'elle tient beaucoup à toi, répondit Hermione calmement. Et à Harry. Si nous sommes capables d'arrêter de nous chamailler, ça lui facilitera la vie.

Drago sembla considérer ses paroles, mais son expression devint rapidement méfiante.

— C'est adorable, Granger, mais je ne vois pas pourquoi je devrais me donner cette peine.

Elle sentit la colère monter.

— Parce que tu es capable de faire mieux que ça, Drago.

Il posa brutalement son couteau sur la table.

— Arrête d'essayer de me psychanalyser. Si tu veux que je fasse cette potion, je la ferai. Mais ne t'attends pas à plus.

Il se pencha sur le chaudron et ajouta les ingrédients avec une précision mécanique, évitant soigneusement tout contact visuel avec elle. Hermione, quant à elle, gardait le silence, le laissant travailler.

À la fin du cours, leur potion était parfaite, mais l'atmosphère était lourde. Alors que la cloche retentissait, Drago se redressa et rassembla ses affaires.

— Merci pour cette expérience enrichissante, Granger, dit-il avec sarcasme. Mais ne te fais pas d'illusions.

Il se dirigea vers la porte, mais avant de sortir, il se tourna brièvement vers elle.

— Et ne joue pas avec ma sœur, ajouta-t-il d'un ton glacial avant de disparaître dans le couloir.

Hermione resta assise à sa place, un mélange de frustration et de désespoir lui tordant l'estomac. Elle avait tenté, mais il était clair que cela ne suffirait pas.

ALLO ALLO ! J'espère que vous appréciez ma fiction jusqu'à maintenant. Sachez que les prochains chapitres seront poster à intervalle d'une semaine environs jusqu'à la fin de l'histoire. Laissez moi des commentaires, ça me fait super plaisir. Merci et à la semaine prochaine !

xoxo