Drago Malefoy – Un, deux, toi et moi
Un an s'était écoulé depuis la bataille finale de Poudlard. Un an que le monde des sorciers essayait tant bien que mal de se reconstruire, malgré les lourdes pertes que chaque famille avait subies. Un an qu'Harry Potter avait triomphé de Voldemort. Un an jour pour jour, et aujourd'hui est jour de fête.
- Sabrina ! appelle une voix enjouée derrière moi.
Je me retourne et souris à Seamus qui court vers moi. Il m'ouvre grand ses bras pour un câlin de retrouvailles.
- Seamus ! Comment va donc le plus canon des irlandais ? je lui lance avec un clin d'œil.
- Plutôt bien, répond-t-il avec un grand sourire. Je vais chez Dean pour célébrer notre victoire, tu euh… ne voudrais pas venir avec moi ?
Il me regarde d'un air anxieux et implorant.
- Que me vaut l'honneur de cette invitation soudaine ? Serais-tu en manque de cavalière ?
Seamus lève les yeux au ciel.
- Comment veux-tu que le plus canon des irlandais n'aie pas de cavalière ? C'est juste que… Hum… Il y aura Lavande.
- Et ? Tu veux l'impressionner ?
J'étouffe un petit rire, et Seamus fait la moue.
- C'est pas ça, enfin si un peu, mais non… Raaah, je veux juste la rendre jalouse, et comme je ne peux demander ce service qu'à toi…
- Sous-entendrais-tu que je ne suis bonne qu'à faire des façades de passage ?
- Non, non ! Ah, nom d'un Scroutt à Pétard… Tu ne peux vraiment pas venir ? Je me sentirais un peu soutenu…
- Soutenu ? Tu as peur d'elle, sérieusement ? M'a-t-elle rattrapée en niveau d'intimidation ?
- Ce que tu peux être casse-pied, soupire-t-il. Bon voilà, je voulais me déclarer ce soir. Qu'est-ce que tu me conseilles de faire ?
- Seamus… As-tu conscience que tu t'adresses à la mauvaise personne ? Je suis une vraie handicapée en amour, moi, je te rappelle que mon record est… aux dernières nouvelles une journée.
- Sérieusement ? répond-t-il amusé. Pourtant une fille comme toi, tu as bien dû avoir des tas de prétendants… A moins que tous ne se soient rendu compte qu'il fallait être maso pour sortir avec toi !
- Finnigan, ferme-là. Ou Lavande apprendra beaucoup de choses croustillantes à ton sujet…
Tout de suite, il se calme et redevient sérieux. Un petit sourire se dessine sur mes lèvres (je me sens puissante, c'est dingue).
- Bon… Donc j'irai seul, c'est ça ? Tu ne veux pas m'aider ?
- J'aimerai bien, mais ce soir j'ai prévu de passer la soirée chez Blaise.
Seamus fait la grimace.
- Tu parles toujours à ce Serpentard ?
Ce qui me vaut un énorme soupir consterné.
- Tu ne veux pas grandir un peu ? Ce n'est pas parce que nous sommes - enfin, étions – à Gryffondor qu'on ne peut pas s'entendre avec des Serpentards ! Blaise est mon meilleur ami au même titre que toi, que cela te plaise ou non.
- Tu parles, il rêve juste de t'emmener dans son lit, marmonne Seamus.
- Mais qui ne rêve pas de le faire ? je lui lance avec un clin d'œil.
- Eh, grossis pas trop des chevilles, ça dévierait les regards de ta poitrine…
Je lui lance une pichenette sur le nez, et nous partons dans un grand rire. J'ai l'impression d'être revenue dans la salle commune où nous nous chamaillions souvent... Mais ce moment nostalgique est bientôt coupé :
- Bon, c'est pas tout ça, mais si je ne vais pas me préparer maintenant, je serai en retard... On se revoit plus tard ?
- Evidemment !
- Et qui sait, peut-être que tu auras une aventure de plus d'une journée ! Du moment que ce n'est pas avec Blaise...
- Non, mais sérieusement... Arrête de dire n'importe quoi, ou Lavande te prendra pour un Chartier...
Il me tire la langue (ce type est d'une maturité exemplaire, mais c'est pour ça que c'est mon ami), et part en courant et en agitant la main. Le sourire aux lèvres, je reprends mon chemin. Moi avec Blaise... La bonne blague ! Certes, il est plutôt pas mal, mais Blaise, quoi... C'est juste mon ami, et ce n'est rien par rapport à... Drago Malefoy ?
...Ah, génial, ma petite voix. Elle va encore réussir à me pourrir une soirée, celle-là. C'est pas comme si j'y allais avec l'espoir de rencontrer... Drago Malefoy ? … QUELQU'UN ! Bien entendu, Blaise a des amis intéressants, je ne dis pas le contraire, comme... Drago Malefoy ? … comme THEODORE, par exemple. Pourquoi est-ce que j'aimerais Malefoy ? C'est un Mangemort, comme son père. Comme mon père. Et à cause d'eux, je n'ai plus de famille. Comme nombreux de mes amis. Comment pourrai-je aimer Malefoy ? Bref, pensons à autre chose. Ah, il y aura Pansy chez Blaise ! Au moins quelqu'un à qui parler... Quand je pense que j'ai failli passer à côté d'une amie pareille à cause de cette stupide haine Gryffondor/Serpentard... Comme j'aurais pu passer à côté de... Drago Malefoy ? … de BLAISE, de THEODORE,... Hum. Tout ça grâce aux toilettes de Mimi Geignarde... Une vague de nostalgie me prend quand je me rappelle Pansy, accroupie dans les toilettes, pleurant toutes les larmes de son corps devant une Mimi qui ne faisait rien pour la consoler en lui proposant de se suicider et rester avec dans les toilettes pour l'éternité... Tout ça parce que les filles de Serpentard la surnommaient Bull-dog...
Mes réflexions et tribulations m'ammènent à une petite place tranquille. Quelle est l'adresse, déjà... Ah, oui, 21 place Druammirg (ce nom est assez étrange... Gallois?). A peine ai-je visualisé cette adresse que les deux maisons qui me font face s'écartent pour laisser place à une maison immense, qui paraît... animée. Mon sourire s'élargit. Sérieusement, une maison cachée ? Sa vision des Moldus a quand même un peu changé, appremment... Tant mieux, tant mieux... Je grimpe les marches du perron à la va-vite, et c'est un elfe de maison habillé d'un nœud papillon et d'une culotte courte de jockey qui m'ouvre.
- Bonjour Miss Allen, Miss est attendue dans le grand salon, Miss !
- Merci beaucoup, Leeky, je réponds gentiment. Sais-tu où se trouve Miss Parkinson ?
- C'est un plaisir, Miss Allen ! Miss Parkinson est déjà au grand salon, Miss !
- Merci encore ! Bonne soirée Leeky !
- Bonne soirée, Miss, c'est un honneur !
Le sourire aux lèvres, je m'avance dans la maison. Le grand salon n'est pas très difficile à repérer... On pourrait croire que Blaise a donné une réception digne de ce personnage de roman moldu, Gatsby ! Je me faufile entre les gens, et ne prête pas attention à de nombreux regards que je sens se poser sur moi. Où pourrait-être Pansy ? Je me hisse sur la pointe des pieds pour essayer de l'apercevoir, mais retombe sur mes talons. Mon regard a été attiré par... Drago Malefoy ? … DES CHEVEUX BLONDS. On respire, ça pourrait ne pas être lui. Mais si seulement c'était lui... Je secoue la tête en essayant de chasser mes idées.
- Sabrina ! Eh, Sab' !
Je me retourne (encore?!) sur Pansy qui me saute dans les bras.
- Sab', enfin ! Depuis le temps que je te cherche !
Encore un peu secouée par mes pensées contradictoires, je me force à lui sourire.
- Tu me cherches ? Que me vaut cet honneur ?
(C'est dingue, j'ai l'impression d me répéter... Mais que m'arrive-t-il, ce soir?!)
- J'ai, euh, un... conseil à te demander.
… ENCORE ?
- Eh bien, euh, vas-y, je t'écoute !
- Voilà, je, euh... Blaise me plaît. Vraiment. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Et, euh...
Blaise ? Alors, elle n'aime pas... Drago Malefoy ? J'ai l'impression d'être un peu plus légère, mais il n'y a pas de raison...
- Alors vas-y ! Fonce, ne laisse pas passer ta chance ! Puisque tu l'aimes, tu dois le lui dire, sinon il ne le saura jamais, et tu seras passée à côté de quelque chose ! Et en plus, il y a de fortes chances pour que ça se passe bien ! Cours, vole, ou vous aller rester comme deux potiches, sans jamais rien oser !
- Oh, Sabrina... Si tu pouvais savoir combien je t'adore... Merci, merci !
Et elle s'en va en sautillant à moitié, me plantant là, comme un crottin d'Ethonan. Eh bien, qu'est-ce qu'ils ont tous ce soir ? Surtout à me demander ça à moi ?
- Je ne savais pas que tu étais douée pour ce genre de discours sur l'amour...
Une coulée froide me descend le long de l'échine. Je connais cette voix. C'est... Drago Malefoy ? Une panique soudaine m'envahit, mais j'essaie de la réprimer. Non mais, je ne suis pas une Gryffondor pour rien, et pourquoi est-ce que j'aurais peur de Drago, euh, de Malefoy ?
- Au moins un talent que tu me reconnais, Malefoy...
- Oh, ne t'inquiète pas, ce n'est pas le seul...
Nouvelle coulée froide. Cette soirée s'annonce plus ardue que prévu...
- Et d'ailleurs, je trouvais que tes dires s'appliquaient plutôt bien à une certaine personne.
Ses cheveux, son visage, ses yeux, sa bouche, sa voix...
- Ah oui ? Et... Je pourrai savoir qui ?
Rah, pourquoi est-ce que ma voix part en vrille ? Il sourit, de son éternel air je-m-en-foutiste, avec... une pointe de mélancolie en plus. Ce qui le rend encore plus craquant...
- Un imbécile, un lâche, un pathétique, un pitoyable.
- Ca a vraiment l'air d'un pauvre type, je lance sans me démonter.
Pourtant je ne sais pas si j'ai envie de savoir la suite. Il me renvoie un petit sourire désabusé.
- Tu ne pourrais pas mieux dire. Tu danses ?
Et avant que je puisse répondre, il me prend la main et m'entraîne au milieu des quelques danseurs. Mon cœur se met à battre plus vite, et je me sens devenir rouge. Enfin, j'imagine que je rougis, je ne sais pas, moi, ça ne m'est jamais arrivé avant ! Il pose sa main sur ma hanche, et je réprime un frisson avec difficulté. J'essaie de me concentrer sur la musique, Take this Waltz, je crois, on se concentre, on se concentre... Un, deux, trois, un deux, trois... Un, deux, Drago et moi... Par le caleçon de Merlin, je deviens vraiment dingue. Je risque un regard vers mon cavalier improvisé, qui lui ne se gène pas pour me dévisager. Malgré ma pressante envie de détourner la tête, je soutiens son regard gris. Ses yeux...
Le désaventage, quand on ne veut pas lâcher le morceau, c'est qu'on essaie de tenir le plus longtemps possible. Alors c'est un vrai affrontement du regard qui commence au milieu de la piste de danse. Je ne lâcherai pas, et lui non plus. J'ai de plus en plus chaud. Je fonds dans ses yeux... Hum, reprenons-nous. Il danse vraiment très bien, cela dit. J'aimerais bien me lover dans ses bras... Je deviens officiellement folle. Et son visage... Il se rapproche... J'ai même des hallucinations... Ses lèvres...
Soudain le dernier accord retentit, et ses lèvres ne sont plus une hallucination. Elles sont réelles, sur ma bouche, et...
Je ferme doucement les yeux. C'est si agréable... Je pourrai rester des heures accrochée à son cou, s'il ne décidait d'y mettre un terme.
- Eh bien, on dirait que j'ai encore choisi la facilité... murmure-t-il.
- Je ne te le fais pas dire, espèce de trouillard de Serpentard.
- C'est avec un grand sourire qu'il me répond :
- J'aurais besoin d'un conseil. Tu crois que je devrai foncer, ne pas laisser passer ma chance ? Puisque je l'aime, je devrai le lui dire, non, sinon elle ne le saura jamais, et il y a peut-être des chances pour que ce soit réciproque...
- Jamais de la vie, je réponds du tac-au-tac, avant de lui décocher un énorme sourire et de joindre nos lèvres.
Et dans ma tête, une explosion se créée, au rythme de I'm Your Man...
Un, deux, Drago et moi...
