« Diffindo ! Diffindo ! Chiennasse, tu vas me le payer ! »
Encore ces cris. Toujours ces cris. Toujours quand je ne veux pas les entendre.
Elle hurle, elle agonise. Maman ! Ne fais pas de mal à maman !
Encore ces images. A travers les barreaux de l'escalier, la gamine que j'étais voit et revoit en boucle une victime et un bourreau. Ma mère, et mon père.
Une bouteille de Whisky Pur Feu à la main, il la frappe, il la frappe de toutes ses forces. Et moi, tétanisée, je reçois chaque coup qui s'abat sur ma mère. Plus elle se replie dans une carapace inexistante, plus je me replie dans ma bulle. « Maman... »
Oh non. Non, non, je veux oublier...
« Toi, la gosse, tu vas arrêter de geindre, oui ? Tudieu, j'vais t'apprendre à fermer ta gueule, moi !» Il s'avance, j'ai peur. J'ai très peur, mais je ne peux pas bouger. Les yeux vitreux, il prend ma tête et me plaque à plat-ventre sur les marches. Maman hurle encore, très fort. J'ai les yeux ouverts, aussi vide que ma conscience. Qu'est-ce qui se passe ? « DIFFINDO ! »
Un frisson glacé et douloureux parcours la longue cicatrice qui traverse mon dos, souvenir de mon père, qui ne s'est pas satisfait de le graver seulement dans ma mémoire. Enfin, père est un bien grand mot. Disons mon géniteur. Hmpf. Presque pire. Cette ordure. Cette outre à alcool débile et bipolaire.
« Ce n'était pas de sa faute... »
Si. Tout est de sa faute. Maman, tu laissais tout passer sous prétexte qu'il était malade. Et tu en as chié. Tellement. Tu aurais dû l'envoyer à Sainte Mangouste. Voir à Azkaban, les Détraqueurs n'auraient même pas prêté attention à lui, il n'avait pas d'âme. Tu ne l'as pas fait. Parce que tu « l'aimais ». Si l'amour, c'est devenir aveugle et con, excuse-moi, mais alors je n'en veux pas. Jamais.
Je n'arrive pas à détacher mon regard du miroir de la salle de bain des Serdaigles. Une fille aux yeux presque noirs et ternes me dévisage. Ils paraissent si sombres que le teint de la peau en devient extrêmement pâle. Comme un fantôme. De longs cheveux corbeau tombent en rideaux de chaque côté du visage ovale. Ce fantôme, c'est moi. Personne perdue entre deux mondes, merci papa, merci maman.
Les lèvres de la fille qui me regarde tentent vainement de se tordre en un sourire ironique. Jamais elle ne l'avouerait, cette fille taciturne et secrète, qu'elle voudrait ressembler à Narcissa Black ! Narcissa, la perfection même, qui a tout pour elle, une famille nombreuse, des moyens, la beauté, la chance... Et comme elle la hait pour ça, et pour ses airs supérieurs, comme si tous n'étaient que de la bouse de dragon comparé à elle ! Certes, il paraîtrait qu'en deçà, la Serpentarde peut s'avérer très gentille, mais on s'en fout. Elle possède trop, c'est une raison pour ne pas l'aimer.
Tout comme ses cousins, Sirius et Regulus. Qui se cherchent pour un rien. Quelle paire d'imbéciles. Eux aussi, la fille qui ne me lâche pas du regard les déteste. Et les jalouse. Ce crétin de Gryffondor, il a tellement d'assurance et de classe, c'en est déprimant. Si seulement cette fille fantômatique n'en possédait ne serait-ce que le quart, qu'est-ce qu'elle serait plus intéressante. Et son frère, le Serpentard, lui, il a l'intelligence et la classe, une classe plus « froide », mais qu'elle rêverait aussi de posséder. Ces deux opposés, elle aimerait tellement leur ressembler. Un peu. Mais jamais elle ne l'avouerait, n'est-ce pas ? Jamais je ne l'avouerai.
Dans un soupir, je ramène mes cheveux en arrière. Pas tous, seulement ceux de devant. Coiffure qui sied parfaitement à mon côté spectral. Quelqu'un m'a déjà comparée à Rowena Serdaigle, d'ailleurs. Au moins, j'ai aussi une certaine prestance, non ? Mon reflet me renvoie un deuxième sourire ironique, un peu plus marqué cette fois. On dirait que le coin droit de ma bouche cherche à toucher le grain de beauté sur ma joue. Je le caresse distraitement, puis me souviens que j'ai cours de botanique. Nom d'un Gnome.
Je me précipite vers mon lit et enfourne des livres un peu au hasard dans ma sacoche, et cette dernière étant pleine à craquer, je me dirige à petits pas rapides vers les serres (courir pour descendre de la Tour de Serdaigle n'est pas une bonne idée, et de toute façon, je n'aime pas ça. Après les gens bousculent, c'est désagréable. Oui, j'ai une légère tendance à la paranoïa. Mais vous pouvez certainement comprendre que je n'aime pas vraiment les contacts humains.).
Finalement, je suis la dernière Serdaigle à arriver, mais les Serpentards tardent à apparaître. Un groupe de filles aux uniformes verts et argentés se pointe enfin, et Livia Nott me fait un signe de la main en souriant, auquel je réponds un peu timidement. C'est la seule personne que je peux considérer comme une amie. Mais contrairement à moi, elle n'en a pas qu'une, et c'est à mon grand déplaisir qu'elle continue à côté de moi sa discussion avec Dorcas Meadow. Je ne peux pas supporter cette grognasse, et m'efforce d'ignorer ses propos futiles (comment Livia fait-elle pour supporter son débit de mitraillette ? Elle ne respire même pas, cette fille!), jusqu'à ce qu'elle pousse une espèce de cri, mi-glapissement, mi-gloussement.
- Regarde-le, s'il est pas trop canon en descendant la pente, avec le soleil qui l'éclaire comme un Dieu !
Je ne peux pas m'empêcher de tourner les yeux vers la personne concernée. Tout comme je ne peux pas m'empêcher de sentir ma gorge se nouer. C'est Rosier. Alors comme ça, elle a des vues sur lui ? Quelle grosse blague, il ne la supporterait pas deux minutes. Et puis après tout, ça ne me fait ni chaud ni froid. Enfin, ça ne devrait pas. Parce que je ne peux pas détacher mon regard de lui, tout comme je ne pouvais pas lâcher mon reflet des yeux. Et j'ai soudain un peu chaud, et une soudaine envie d'enterrer Meadow au milieu des Mandragores. Bon sang.
- Evan ! Youhou, Evan !
Quelle cruche. J'ai peine à réprimer un petit sourire quand je vois le regard blasé qu'il lui lance, malheureusement... car il vient de le remarquer. Je soutiens un peu son regard, toute trace de sourire disparue, puis détourne le mien. J'ai l'impression d'avoir les joues comme de la braise. Avec ma chance et mon teint, j'en déduis que je suis cramoisie. Su-per. Mais à malchance sa chance, puisque le Professeur Herbert Beery arrive à point.
L'heure de botanique passe, ponctuée des quelques bavardages de Dorcas Meadow, contre lesquels Beery a abandonné toute tentative d'oppression autre que « Miss Meadow, s'il vous plaît... ». A la fin du cours, alors que tout le monde range précipitemment ses affaires afin d'aller au plus vite vaquer à des occupations diverses et variées, le professeur de botanique s'époumone assez pour que tous le monde puisse entendre :
- Miss Aloyhsia De Lavière et Mr Evan Rosier, c'est à votre tour de rester ranger la serre ! Je ne pourrai malheureusement pas vous assister, j'ai cours dans moins de cinq minutes en serre numéro quatre. Faites de votre mieux, s'il vous plaît et merci d'avance !
Allons bon. Ma confusion de tout à l'heure se ramène en galopant dans ma poitrine, mais cette fois je fais bien attention à ne rien laisser transparaître. Comme toujours, j'attends que presque toute la classe soit sortie, puis me lève doucement et commence à ramasser mes affaires. Bon, rangeons précautionneusement les pots.
- Eh, euh, je... peux t'aider ?
Je tourne la tête vers la voix, croyant que c'est à moi qu'on s'adresse, et en lâche presque mon pot (pauvres pousses de Sgarnalouf!). Dorcas Meadow, appuyée d'un bras sur l'une des tables, l'autre main entortillant une mèche de cheveux autour de son index, la poitrine en avant, bat des cils devant Evan. Une soudaine poussée de haine remonte en moi, un peu genre magma prêt à exploser d'un volcan.
- Hm. Si tu veux. Fais toi plaisir. Tu peux même tout faire à ma place, si tu veux.
Une nouvelle fois, j'ai du mal à me retenir de ricaner. Et vlan, dans ta face, Meadow ! Elle paraît un peu déconcertée, un sourcil relevé, puis elle réduit ses yeux presque à l'état de fentes, et ses lèvres se contorsionnent en un sourire. Elle se penche langoureusement sur Rosier, sur Evan, toujours assis, s'assoit limite à califourchon sur ses genoux, et c'est qu'elle ronronnerait presque, cette...
- Oho, tu veux jouer à ça, Evan ?
Ok, je n'existe pas. Super. Le fantôme, again. Un fantôme bouillant, ceci dit. Je pose les gousses de Sgarnalouf, mais je pourrais faire exploser une Infusion Infecte qu'ils ne le remarqueraient même pas. Je serre les poings de rage, tout plein de répliques me traversent la tête, mais je ne peux rien faire à part les observer, là, debout, sans bouger.
Apparemment je ne suis pas la seule à être inerte. Evan n'a pas remué un cil. Il se contente de regarder d'un air totalement indifférent la fille qui a -BLIMEY !- qui a maintenant les mains posées sur son torse.
Là où on aurait envie de se lover pour des heures et des heures...
Je me donne une baffe mentale, qui ne suffit pourtant pas à détourner mes yeux de la scène.
- Je sais que tu en meurs d'envie...
Elle commence à lui caresser la joue...
- Laisse-le.
Son geste s'arrête. Qui a parlé ?
- Laisse-le.
Ohmondieumaisc'estmoi.
- Pardon ? Sort Dorcas d'un air outré, semblant enfin prendre en compte ma présence.
- Laisse-le, je répète pour la troisième fois, avec un peu plus de conviction.
Une bouffée d'adrénaline me force à continuer.
- T'es sourde en plus d'être aveugle ? Tu l'indiffères, Meadow. Tu es pathétique.
Elle ouvre la bouche, furieuse, mais je poursuis sur ma lancée.
- Ou peut-être juste stupide.
Mon cœur bat à tout allure, Meadow s'est levée, prête à se jeter sur moi pour me lacérer de ses propres ongles parfaitement taillés, et je la regarde droit dans les yeux. Eviter le regard curieux et amusé de Rosier. Ne pas regarder son sourire. De qui se moque-t-il, d'elle, de moi ? Trop tard, de toutes façons...
- Et comment tu peux affirmer ça, pauvre idiote ? C'est pas parce que tu es transparente qu'il faut te permettre de pourrir le bonheur des autres par jalousie, crache Meadow (qui ressemble plus à une Harpie en furie qu'à une Vélane, maintenant).
Elle saisit sa baguette, et j'attrape aussi la mienne. Jamais je ne me suis sentie aussi vivante. Même pas peur. Enfin, pas d'elle. J'avoue que l'angoisse de ne pas connaître les pensées d'Ev... de Rosier se précise de plus en plus. Il faut juste... juste... que je me retienne de ne pas lancer de sort trop...
- Furunc...
- Bloclang ! Je jette presque nonchalament.
Sa langue se colle violemment à son palais et l'empêche de finir sa formulation. Je sens mes yeux se réanimer, ma main me démanger. Mais ce n'est pas du goût de la Serpentarde, qui se jette sur moi en un cri (étranglé, bien sûr) de rage. Elle se sert de ses ongles comme de griffes tranchantes, et à part lever les bras pour protéger mon visage et me tourner, je ne suis capable de ne rien faire. Mauvaise idée. Elle en profite pour aggripper mon col de chemise, et jeme retrouve à quelques centimètres de son visage. Et je vois dans ses yeux. Je vois qu'elle sait jeter des sortilèges informulés. Et je sais lequel elle va jeter.
Maman ! Maman !
Elle pointe sa baguette, vers mon visage, mes cheveux, mon dos, je sais plus...
MAMAN !
- Flipendo !
D'un coup violent, Meadow est soudain projetée en l'air. Je tombe à genoux, comme sous l'effet d'un sortilège du Saucisson. J'ai peur. J'ai très peur.
- Aaaaaïahh... ROSIER ! ESPECE DE SAL... !
- Ferme-la, Dorcas. Et déguerpis.
- Jamais, bellâtre de mes deux ! Pas avant de vous avoir buté, toi et ta salope !
Je me relève mécaniquement. Elle va payer. Elle va payer.
- Serpentis nua.
Dorcas hurle de terreur, tandis qu'elle se bat contre les illusions de serpents noirs qui l'enroulent. Je remarque à peine les yeux écarquillés d'Evan.
- Confrigo.
Les cris de mon ennemie jurée se mêlent à l'explosion du tabouret le plus proche d'elle. Je relève à nouveau ma baguette, prête à lancer un nouveau maléfice, quand une main se pose sur mon poignet.
- De la magie noire... Interessant, Miss de Lavière... lance Evan, la main emprisonnant toujours mon poignet.
Que se passe-t-il ?
- Malheureusement, il va falloir que je t'arrête, Aloyhsia... continue-t-il en murmurant dans le creux de mon oreille.
Il colle son front contre le mien. Un frisson me parcourt l'échine, et je me bascule dans le noir, loin de Meadow qui se bat encore contre les reptiles imaginaires, loin d'Evan, de mon corps, du présent...
« Sale chiennasse, tu vas me le payer ! »
« Maman ! MAMAN ! »
« Tu es seule, tu resteras toujours seule... »
« Accéder aux livres sur... sur la magie noire ? De la réserve ? Hmpf, bon, si c'est pour un devoir... »
« Seule... »
« Un fantôme, tu es un fantôme... »
« Alors comme ça, elle a des vues sur lui ? Quelle grosse blague, il ne la supporterait pas deux minutes. Et puis après tout, ça ne me fait ni chaud ni froid. Enfin, ça ne devrait pas. »
« MAMAAAN ! »
« Si l'amour, c'est devenir aveugle et con, excuse-moi, mais alors je n'en veux pas. Jamais. »
« ...Enfin, ça ne devrait pas. »
Un tourbillon de lumière m'agresse de nouveau les yeux. Il n'est plus là. Pourtant, son odeur, son parfum... Deux ombres se mouvent, deux silhouettes...
- Oubliettes.
- ...Oh ! Evan ? Qu'est-ce que ?
- Meadow, retourne aux dortoirs. Maintenant.
- Mais, je... Oui, oui, d'accord...
Meadow obéit à la manière d'un pantin. Je suis seule. Enfin, non. Nous sommes seuls. Evan se tourne vers moi, je m'apprête à courir – quelle honte, quelle honte- et -non, encore ! Quelle honte...- le sol se dérobe à nouveau sous mes pieds. Pathétique.
Bien que mes yeux (de nouveau ternes, je le sens) soient rivés aux sol, je l'aperçois s'accroupir devant moi. Il prend mon visage entre ses mains, balaie doucement une mèche égarée.
- Aloyhsia De Lavière... Petit fantôme intéressant...
- De... de quel droit es-tu rentré dans mes souvenirs ?
Pour la première fois de ma vie, je vois Evan, euh, Rosier, sembler un peu embarrassé. Il pose ses mains sur ses genoux.
- Je n'ai, hum, pas fait exprès. Tu vois, j'apprends juste la Légilimencie, j'ai un peu de mal à contrôler...
Il voit très bien que je ne le crois pas. Mais je ne peux pas m'énerver. Au contraire, un petit rire nerveux qui se transforme rapidement en fou rire prend possession de ma gorge. J'essaie de me calmer, mais mon estomac fait des bonds : Rosier... Non, Evan me regarde en souriant. Evan. En souriant. A moi. J'ai chaud. Trèèès chaud.
- Et la jolie fleur sortit de son sarcophage de glace...
Il avance une main pour la glisser de ma joue à mon cou. Aïe. Retour à la réalité, désolée, Aloyhsia, le contact humain, tu n'y as pas droit... Mon corps est parcouru d'un long frisson.
Maman !
- Nom d'un Sombral, la glace est plus résistante que ce que je pensais... dit-il en fronçant les sourcils.
Non, non, ne pars pas !
Il se penche sur mes lèvres, et un autre frisson, différent, agréable prend place. Mais il se relève brusquement, et passe derrière moi.
- Qu'est-ce que... ?
- Laisse-moi voir cette foutue cicatrice. Tu es sans doute la seule personne que j'aurai envie de guérir et la seule que j'aiderai jamais. Tiens, réfléchis à ça : qu'est-ce que tu peux garder après l'avoir donné à quelqu'un d'autre ?
- Qu'est-ce que je peux g...
Je sursaute assez violemment quand je sens ses bras s'enrouler autour de moi
Là où on aurait envie de se lover pour des heures et des heures...
C'est très bizarre, vraiment étrange
C'est vrai qu'on pourrait s'y blottir une éternité... « Jamais ! »
Qu'est-ce que ses mains font avec mes boutons de chemise ?
« Laisse-moi voir cette foutue cicatrice. »
Ah oui c'est vrai. Eh, mais non mais oh, ça va pas ?!
Le sarcophage de glace se liquéfie...
Enfin, désolée, mais j'ai encore un problème avec la proximité, là.
Jolie fleur...
J'ai peur, mais c'est très bien. Ou alors c'est bien, mais j'ai très peur.
Pas seule, la seule.
Ma chemise descend le long de mes bras, cocon de papillon, mue de serpent, plume d'oiseau
Il arrange mes cheveux sur mes épaules et passe le bout de son doigt le long de la cicatrice. Frisson glacial qui brûle.
- Une fêlure sur de la porcelaine.
- Je... ne suis pas une poupée.
Je le sens sourire dans mon dos, ses yeux parcourent mon dos...
- Que tu dis. Alors, la solution à l'énigme ?
Quelle énigme ?
- Ah ! Eh bien... je dirais... la parole, je m'efforce de dire posément.
Je sens de nouveau son sourire s'agrandir, et
AH !
ses lèvres
ah-
sur la blessure
Mais...
ses mains
Mon Dieu...
sur mes hanches
ah...
Je me mors les lèvres, les yeux fermés. Il remonte doucement, lentement, comme un serpent, comme une flamme, mais c'est agréable, tellement agréable, et pourtant si dérangeant, comme un frisson, une étincelle... Ses lèvres se rapprochent de ma nuque, par réflexe je penche la tête en arrière. Il cale la sienne sur mon épaule, dans le creux de mon cou, et murmure :
- Je pourrais l'enlever, mais ce serait tricher. Parce qu'au fond, elle fait partie de toi, et ce ne serait pas te guérir. Elle existe. Toi aussi, petit fantôme. Tu existes et je te veux.
