Eh oui, ça faisait longtemps... promis, je n'oublie pas, mais j'ai beaucoup trop de demandes et si peu de temps... Je tâcherai de m'y remettre le plus possible ! En attendant, je vous laisse apprécier cet OS avec Mégane et Sirius !

N'hésitez pas à me dire par commentaire ou MP ce que vous avez pensé de vos OS ! Bonne lecture.


Sirius - Rebelles


- Ron ! Fais attention à ton doigt !...

- AÏE !

Hermione se précipite pour éloigner Hedwige de Ron qui secoue sa main dans tous les sens en retenant à peine des gémissements de douleur. Je compatis à sa douleur, mais il faut avouer que sa réaction est plutôt comique !

- Je ne suis pas sûre que secouer ta main guérisse la blessure, dis-je d'un ton sarcastique au petit frère de mes deux meilleurs amis.

Ron me jette un regard partagé entre la douleur et l'agacement, et tente de reprendre contenance devant Hermione qui laisse échapper un petit rire malgré son inquiétude. Même si je m'entends bien avec lui, il garde une espèce de crainte à mon égard, sans doute parce que Fred, George et moi lui avons déjà fait voir beaucoup de couleurs. Je ferme mon livre et sors ma baguette.

- Fais voir ton doigt, dis-je en lui faisant signe d'approcher. Ah oui, elle ne t'a pas raté quand même...

- Hmm, fait Ron en un grognement.

- Episkey.

Ron fait une grimace, et Hermione pousse un soupir à la fois de soulagement et d'envie.

- Ça doit être tellement... libérateur, de ne plus porter la Trace...

- Plus que deux ans à attendre, et tu pourras lancer autant de sortilèges que tu veux, je lui lance avec un clin d'œil. Tu vas voir, dix-sept ans, c'est une vraie libération !

CRAC

- Quelqu'un a parlé de goûter à la majorité ? claironne une voix joyeuse.

- Ronnie n'en peut plus d'être un bébé ?

- Oh Georgie, regarde, Ronnie s'est fait bobo !

- Fred, George, vous êtes insupportables, grogne Ron en tentant de s'éloigner de ses deux frères qui l'encadrent.

Peine perdue, car ils se saisissent chacun d'un bras pour mieux le charrier. Hermione et moi contemplons le spectacle, amusées, lorsque la voix de Mrs Weasley provient de l'escalier.

- George ? Fred ? C'est ça ce que vous appelez nettoyer la chambre d'amis ?! Vous n'allez pas y échapper cette fois !

- Il faut fuir, Freddie !

- Nous prenons un otage !

Et ils disparaissent tous les trois dans un CRAC assourdissant, mêlé à un gémissement de Ron.

- Ron va encore être malade, dit Hermione avec un petit sourire quoique désapprobateur. Il supporte vraiment mal le Transplanage...

- Oh, Hermione, Mégane, s'exclame Mrs Weasley qui entre en furie dans le salon, le souffle court. Les jumeaux ne sont pas ici ?

- Non, ça fait un petit moment qu'on ne les a pas vus, dis-je d'un air angélique. J'ai cru les entendre dire qu'ils voulaient faire goûter à Ron de nouvelles friandises...

Mrs Weasley pousse un cri de rage, et semble prête à arracher ses cheveux roux à défaut de tirer les oreilles de ses fils.

- Ils sont impossibles ! Dites, mes chéries, nous dit-elle d'un ton plus maîtrisé, puisque Ron est avec ces bons à rien, j'aurais un service à vous demander...

- Tout ce que vous voulez, Mme Weasley, répond poliment Hermione en refermant son livre à contrecœur.

- Je suis désolée d'interrompre votre session de lecture – d'ailleurs, Hermione chérie, merci de soutenir Ronnie dans ses études, il n'a jamais été un très grand lecteur et Merlin sait à quel point c'est problématique quand on étudie à Poudlard ! Il faudrait que l'une d'entre vous aille aider Sirius au grenier, et que l'autre commence à couper les légumes avant que je ne m'occupe du dîner.

- Comptez sur nous, Mollie ! je m'exclame dans une imitation de salut militaire.

Celle-ci étouffe un petit rire avant de se remettre à pester dans sa recherche des jumeaux. Quand je repense à la première fois que je l'ai rencontrée, il y a cinq ans, jamais je n'aurais osé plaisanter comme ça, encore moins l'appeler Mollie ! Il faut dire qu'elle avait été terrifiante, à hurler sur les jumeaux parce qu'ils avaient agrandi les oreilles de Flint à sa sortie du Poudlard Express. Quand j'avais raconté cette première rencontre avec Mollie à Sirius, il avait explosé de rire, et...

- Mégane ? Tu préfères quoi, du coup ?

- Hein ?

- Tu préfères grimper au grenier, t'occuper des légumes ou désobéir à Mme Weasley ? me demande Hermione avec un sourire en coin.

- Tu n'oserais quand même pas considérer la dernière option, si ?

- Oh, non ! Définitivement pas ! Mais peut-être que toi oui ?

- Hm, peut-être...

- Mais tu préférerais peut-être aller... au grenier ? suggère-t-elle sur le ton d'un détective qui aurait piégé un coupable.

Malgré moi, je sens mes joues brûler. J'essaie de garder contenance, et la regarde avec des yeux surpris. La surprise n'est pas difficile à feindre, ceci dit.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Oh, euh... dit-elle en rougissant à son tour. Je voulais pas être impolie ou intrusive ou quoi, mais je me disais que... je ne sais pas, tu apprécierais davantage d'aider Sirius plutôt que de couper des légumes ?

Mon cœur bat à tout rompre, encore plus lorsqu'elle prononce son nom. Nom d'un dragon enragé, qu'est-ce que je dois dire ? Elle m'a démasquée... rien n'échappe au regard d'Hermione, bon sang ! En a-t-elle parlé à quelqu'un ? Je sens ma respiration se couper. Que va-t-elle penser... J'ai pourtant essayé de me retenir de passer tout mon temps avec lui, le plus possible !

- Je suis désolée si j'ai fait une bourde, dit Hermione, mais il te plaît, non ?

- Hein ?

- Tu sais, je suis peut-être un rat de bibliothèque comme dirait Fred mais je n'ai pas la capacité émotionnelle d'une petite cuillère ! Contrairement à d'autres...

- C'est si visible que ça ? dis-je avec une grimace en m'enfonçant dans mon fauteuil. C'est ridicule, n'est-ce pas ?

- Quoi ? Mais non, ce n'est pas ridicule, ça ne se contrôle pas ces sentiments, et puis ce n'est pas si visible... enfin je pense que personne n'a rien remarqué. En tous cas certainement pas la fratrie de cuillères dépourvues d'empathie.

Nous nous regardons en silence puis rions doucement. Evidemment, ni Ron, ni Fred, ni George, n'auraient rien remarqué. Et Sirius alors ? Ma poitrine se serre à nouveau violemment.

- Tu penses que... Sirius aussi a remarqué que...

- … que tu le dévorais des yeux à la dérobée ?

- Eh, oh, c'est pas à ce point. Enfin pas complètement.

- Je ne sais pas, dit-elle sur un ton plus sérieux. Pour être franche, je pense qu'il t'estime beaucoup et que tu lui plais, mais...

- Mais ?

- Il est un peu comme Krum, dit-elle en rougissant. Intense mais difficile à cerner. Jamais je n'aurais cru qu'il pourrait s'intéresser à moi, pour plein de raisons, mais finalement, quand il me regardait... je sentais tout ce qu'il ne disait pas. Et je crois que Sirius te regarde aussi parfois avec ces yeux là, mais comme je t'ai dit c'est difficile à cerner...

- Je ne veux pas me faire de faux espoirs. Et puis de toute façon, tu m'imagines être la tante d'Harry ?

Hermione pouffe de rire.

- Ce n'est pas à propos d'Harry ou des liens familiaux, c'est à propos de ce que tu veux et de ce qu'il veut aussi.

- Tu veux dire que je devrais tenter ma chance ?

- Tant qu'il ne tente pas de profiter de toi et que vous avez des sentiments, ben, oui, vas-y.

- Je ne pense pas qu'il profiterait de qui que ce soit...

- Je ne le pense pas non plus, mais... sois sûre de ce que tu veux toi. On est bientôt à la fin des vacances, tu sais.

Elle n'a pas besoin de me le rappeler. Moi qui étais auparavant plus qu'excitée d'aller à Poudlard, je n'ai pas du tout envie de monter dans le train et m'éloigner de lui. Rien que d'y penser, j'ai l'impression que mon cœur se sépare en deux, que quelque chose me déchire entièrement...

- Bon ! je m'exclame en me propulsant hors du fauteuil. C'est pas l'tout, mais si on ne s'active pas, Mollie va nous tirer les oreilles et on finira par ressembler à Flint. Et j'en ai pas franchement envie.

- Je vais m'occuper des légumes, dit Hermione en se dirigeant vers la sortie.

- Sûre ? Ça irait plus vite si j'ensorcelais les couteaux.

- Oui, ça ira, me répond-elle avec un sourire. J'ai de l'entraînement. Profite plutôt de ton après-midi !

Elle me lance un clin d'œil en me faisant un petit signe de la main, et dévale les escaliers vers la cuisine. Je vais enfin être toute seule avec Sirius. Ça n'était jamais vraiment arrivé depuis qu'on est arrivés au 12, square Grimmaurd. Le cœur battant, je commence à monter les escaliers. Qu'est-ce qu'il compte faire, dans le grenier ? La chambre pour Harry ? Ou un entrepôt d'artefacts pour l'Ordre… ? Je grimpe l'échelle poussiéreuse, et entre dans le grenier.

- Oh, Mégane, c'est toi, fait Sirius d'un ton qui me paraît horriblement indifférent. C'est Mollie qui t'a envoyée ici ?

- Oui, elle m'a dit que tu avais besoin d'aide.

J'ai pris l'habitude de tutoyer Sirius, depuis que j'ai commencé à travailler à ses côtés dans l'Ordre, vers la fin de ma sixième année. Même si Molly refuse que les jumeaux participent aux réunions, elle n'a pas pu m'empêcher de m'y joindre. J'ai beau ne pas être particulièrement utile sur le terrain pour l'instant, je fais de mon mieux pour les aider au niveau logistique et recherche. La lecture, ça me connaît ! Mine de rien, ça a pu me rapprocher de Sirius. Je crois qu'il aime blaguer avec moi quand je participe aux réunions, et ça fait maintenant plusieurs semaines que je suis au Square Grimmaurd, et comme mon occupation au sein de l'Ordre est plutôt sédentaire, je pense qu'il me considère maintenant comme son amie la plus proche, après Lupin.

- Ben écoute, euh, oui, ça tombe bien que tu sois là. Tu veux bien t'occuper de Buck pendant que j'essaie de me rappeler comment fonctionne ce truc.

- Le magnétoscope ? Je peux t'aider, si tu veux, j'en ai un chez moi.

- Non, non, ça ira. Je voudrais réussir à le faire moi-même. C'est... c'est important pour moi.

Il s'accroupit près de la machine, et je remarque seulement maintenant la grosse télévision cathodique qui est dans le fond du grenier. Elle est pleine de poussière, mais en bon état. Sirius a l'air perdu entre les différents types de fil, mais son regard sérieux et fermé laisse entendre qu'il ne s'arrêtera pas avant d'avoir réussi. En silence, je me tourne vers le coin de la salle où Buck nous observe en silence, élégamment allongé sur un tapis couvert d'osselets. Je m'incline vers lui, et il me rend mon salut. Alors que je prends le seau de viande pour lui en apporter un peu, je me racle la gorge et prends un ton léger.

- Alors comme ça, tes parents t'ont laissé avoir une télévision ? J'aurais pensé que même le tableau de ta mère pourrait en mourir d'une crise cardiaque si jamais elle l'apprenait...

Sans me retourner, j'entends son rire guttural depuis l'autre bout de la pièce. Ce n'est pas un rire « beau » à proprement parler, Fred le compare même à un aboiement, et pourtant dès que je l'entends je sens comme quelque chose qui gonfle dans mon ventre, et qui explose. Ou alors au contraire qui se serre très fort, et ça ne loupe pas.

- Non, bien sûr que non. Mais ça ne m'a pas empêché de la garder. Ils n'ont jamais osé mettre les pieds dans ma chambre.

- Le temple de la déchéance, pour eux, non ?

Il rit à nouveau, de façon encore un peu plus franche, et mon cœur bondit à nouveau dans ma poitrine. Si je pouvais le faire rire toute la journée, je le ferais, ça j'en suis certaine. Buck me remercie d'un mouvement de tête, et je pointe ma baguette vers les excréments de l'hippogriffe pour les faire disparaître.

- Evanesco.

Je me retourne, et remarque que Sirius a arrêté de bidouiller les fils et qu'il me regarde sans ciller. Un sourire s'étire au coin de ses lèvres.

- Ouais, la déchéance, on peut dire ça comme ça. J'ai toujours eu un goût prononcé pour la disgrâce.

- J'aurais plutôt dit pour la curiosité, la nouveauté et l'ouverture d'esprit ?

- C'est synonyme, chez les Black, fait-il d'un ton ironique.

- C'est toi qui l'as achetée ? je demande en m'asseyant de l'autre côté de la barrière de fils qui l'entoure.

- Non, c'est un cadeau. Pour mes seize ans, quand j'ai eu mes BUSEs. C'est Remus qui a proposé l'idée de cadeau à James et...

Son visage s'assombrit un instant, et je regrette d'avoir posé la question. Sirius secoue la tête et poursuit dans un léger rire :

- Il y a fait passer presque toutes ses économies, l'idiot. Quand je pense aux médicaments qu'il aurait pu se payer... heureusement que James était là. Ils étaient tellement fiers de me l'offrir, tu lui demanderas, il rayonnait, Remus. Il l'avait choisie avec sa mère. Il avait compris que la vie au square Grimmaurd était tout sauf fantastique, alors il avait proposé l'idée à James qui a tout de suite marché même s'il n'avait pas bien compris ce que c'était.

- Ah bon ? Il pensait que ça servait à quoi ? A cuire des œufs ?

- A voir des bouts de la vie des gens, pouffe Sirius. Il pensait qu'on pourrait espionner les Serpentards par exemple, ou se parler à distance. Il s'en est acheté une d'ailleurs, avant de comprendre que ça ne marchait pas comme ça.

- Et ça, ça sert à quoi ? dis-je en pointant une grosse boîte rectangulaire avec quelques boutons de couleurs.

- C'est un générateur. C'est l'autre moitié imprévue de mon cadeau.

Je regarde autour de moi, et constate qu'effectivement, il n'y a aucune prise électrique sur les murs. Et pour avoir contribué au nettoyage de cette vieille maison de sorciers, je me souviens qu'il n'y en a en fait nulle part.

- Si James était là, il te dirait que notre tendre Remus a failli pleurer de déception quand je leur ai dit que je n'avais pas l'électricité chez moi, sourit Sirius. Puis on a trouvé le générateur. C'est pour ça que je voudrais la faire marcher à nouveau, ça rappellera des souvenirs à Remus... et ce serait une façon de le remercier pour tout ce qu'il a pu faire pour moi.

- Je suis sûre que ça lui fera extrêmement plaisir, dis-je en lui rendant son sourire. Tu avais déjà regardé des films Moldus avant ça ?

- Oui, Remus nous avait emmenés au cinéma, une fois. C'était Les Quatre Mousquetaires, je me souviens que ça m'avait impressionné... j'avais presque cru que les Moldus avaient trouvé une machine à remonter dans le temps !

- Y en a qui y travaillent, dis-je avec un sourire.

- Parfois j'aimerais qu'ils y arrivent.

- Tu aimerais retourner... là-bas ? Avec James et Remus, avant que tout cela n'arrive ? dis-je doucement.

- Peut-être... je ne sais pas, j'ai souvent rêvé d'y retourner et changer les choses, quitte à... à me salir les mains, mais... Je crois que j'ai découvert récemment que malgré ma vie de reclus actuelle, il y a peut-être des choses que je ne voudrais pas perdre.

Il ancre ses yeux gris dans mes yeux bleus, et je me sens me liquéfier sur place. Je soutiens son regard pendant ce qui me paraît être une seconde suspendue dans l'infini, avant qu'il se remette à brancher des câbles. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Est-ce que... non, je me fais des idées. Je déglutis avant de me concentrer sur ce qu'il raconte.

- J'ai aussi vu Mortelle rencontre, en allant me balader seul dans le Londres Moldu. Je crois que c'est ses courses poursuites en moto qui m'ont donné envie de m'en offrir une à dix-sept ans. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour faire un tour...

- On pourrait en louer une, je fais d'un ton dégagé. Dumbledore n'en saurait rien, tu aurais un casque et c'est une activité totalement Moldue. Impossible de te démasquer. Et puis je te couvrirais.

Sirius m'adresse un sourire, reconnaissant.

- Ça pourrait être une idée, oui, ça me plaît bien. Ce serait notre secret. Ça fait bien trop longtemps que je n'ai pas essayé de déroger aux règles. Et avec toi comme couverture, je ne me fais pas de souci.

- Il faut dire que tu parles à la personne qui a réussi à couvrir les jumeaux à chaque fois qu'elle était impliquée dans leurs histoires, en même temps !

- J'en ai bien conscience, et j'en suis flatté ! Ah, ça y est, j'ai trouvé !

Il branche le dernier câble sur le générateur, et le met fièrement en route. Un flash de lumière et un son strident surgissent soudain de l'écran de télévision, et Sirius se redresse brusquement, la baguette à la main et le regard paniqué. Je me précipite sur l'écran pour l'éteindre, avant de revenir vers Sirius, qui est retombé à genoux et se masse la tête. Buck secoue ses ailes, surpris, mais je l'ignore, préoccupée par Sirius.

- Ça va ? je m'inquiète.

- J'ai vu pire, grimace-t-il. Foutu plafond trop bas. Je ne me suis pas fait trop mal.

J'attrape un chiffon pas trop sale qui traîne près de la télévision, et murmure un léger Aguamenti pour l'humidifier. Sans réfléchir, je tends mon bras pour poser le chiffon là où il massait son crâne une seconde auparavant. Il sursaute à nouveau légèrement.

- Ça devrait faire du bien, dis-je en pressant doucement le tissu contre ses cheveux sombres.

- Ça marche déjà plutôt pas mal, murmure-t-il. Merci.

L'éclair de luminosité provoqué par l'écran me fait soudain remarquer qu'on est pratiquement dans la pénombre. Pourtant je vois très clairement ses pupilles d'orage me regarder, indéchiffrables. Nous sommes tellement proches que mon cœur bat la chamade, de plus en plus fort. Je me demande s'il l'entend ? Hésitant, il lève sa main et vient la poser sur la mienne, qui tient toujours le tissu mouillé. J'ai l'impression qu'un courant électrique me traverse au contact de sa peau, et je frissonne.

- Je... suis désolé, je n'ai plus l'habitude du... contact humain, dit-il en enlevant prestement sa main, avec un léger rire amer. Je ne voulais pas...

- Ça ne me dérange pas.

- Pardon ?

- Je...

Les mots se bloquent dans ma gorge. Alors, prise d'un élan de bravoure, je pose délicatement ma main libre sur le poing qu'il a formé sur son genou. Il tressaille à son tour, mais je n'enlève pas ma main. Mon cœur bat plus que jamais et mon sang bout dans mes veines. J'ai l'impression de ressembler à une chaudière tellement j'ai chaud, mais je n'enlève pas ma main. Lentement, il ouvre son poing et prend ma main dans la sienne. Nous nous regardons en silence, et ses yeux trahissent une tristesse et une douleur profondes. Si seulement je pouvais le faire rire à nouveau... Mais il n'a pas besoin de ça là, maintenant. Je comprends ce qu'Hermione voulait dire, à propos des échanges silencieux.

- Je suis désolé, murmure-t-il à nouveau.

- Quand je demandais si ça allait, je ne parlais pas de ta tête, dis-je doucement. Ça t'a rappelé... des mauvais souvenirs, non ?

Sirius esquisse un sourire désabusé, et serre ma main un peu plus fort.

- Si tu ne veux pas en parler, je ne veux pas te forcer, je bredouille soudain en perdant un peu de confiance en moi.

- C'était horrible. Atroce. Les Détraqueurs, la tempête permanente, les éclairs... Il y avait ces types du ministère... ils ne valaient pas mieux que les Mangemorts qu'ils torturaient. Quand ils venaient, ils prenaient un malin plaisir à nous lancer des Endoloris.

Sa main se resserre encore plus, et je sens une boule dans ma gorge. Doucement, je laisse retomber le chiffon, alors qu'il détourne la tête.

- J'entends encore les cris, parfois, poursuit-il d'une voix rauque. Le râle des Détraqueurs. Les vagues. Les éclairs. Le rire de Bella. Tout ça, ça se mélangeait dans ma tête. Un brouhaha aigu et continu. Mais tu sais le pire ? C'est que même si je maudis ces types du ministère, je suis comme eux. Une raclure.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Parce que tout ce dont je rêvais c'était de sortir de là, et de leur faire subir le même sort. Si j'avais eu une baguette en sortant d'Azkaban, je les aurais soumis à l'Endoloris, jusqu'à ce qu'ils crient aussi fort que j'ai serré les dents. Peter, je rêvais de lui faire mille fois pire. J'en rêvais, Mégane.

- Mais tu ne l'as pas fait, je souffle. Peut-être parce que tu n'avais pas de baguette, mais je crois sincèrement que tu n'es pas comme eux. Parce que si tu avais vraiment voulu les faire souffrir, tu n'aurais pas eu besoin de baguette.

- J'ai presque tué Pettigrow devant mon propre filleul, Mégane, dis-t-il en plantant de nouveau brièvement son regard dans le mien. Je... je ne devrais pas te dire tout ça. Tu vas penser que je suis un monstre, merde, je suis un putain de monstre par Merlin ! De toutes les personnes, c'est à toi que je voudrais cacher ça, et pourtant il n'y a qu'à toi que je voudrais en parler, et... je...

- Je suis là pour t'écouter, dis-je en maîtrisant ma voix tremblante. Et je voudrais que tu saches que tu n'es pas un monstre. Tu es humain, c'est tout. Un rebelle revanchard, peut-être, un peu arrogant parfois, mais surtout fort, parce que malgré tout ça... tu souris toujours, et quand c'est à moi que tu souris, je me dis que tu es un humain fantastique, Sirius. Et j'aimerais te faire rire tout le temps.

- Tu y arrives plutôt bien, dit-il à mi-voix en esquissant un sourire triste. Je ne pense pas être un type « fantastique », mais le fait que tu puisses y croire ça me donne envie de tout faire pour le rester à tes yeux. Tu es mon rayon de soleil dans ce taudis. Un rayon d'espoir que je n'espérais même plus. Et je suis égoïste, alors je ne veux pas te perdre.

- Ça fait deux égoïstes, alors.

Il dégage sa main de mon étreinte, et la monte en effleurant mon bras nu jusqu'à passer une mèche de mes cheveux blonds derrière mon oreille. Je ferme mes yeux un instant, le temps d'une inspiration, et laisse retomber ma main sur sa cuisse, un peu plus haut qu'auparavant. Il sonde mon regard, la paume posée sur ma joue, et nous nous penchons l'un vers l'autre, au-dessus des câbles qui traînent par terre. Mes lèvres goûtent son baiser comme s'il métait vital, et je sens comme des petites étincelles les parcourir. Je me rapproche de lui, de son corps, et je passe mes bras autour de son cou comme il passe le sien derrière mon dos. C'est comme une gravité, l'un vers l'autre, l'un pressé contre l'autre, et ça pourrait être la fin du monde que rien ne pourrait me séparer de lui. Je l'embrasse passionnément, et l'odeur de sa peau, de ses cheveux emplit mes narines tandis qu'il s'accroche à mon dos comme un noyé à une bouée, et ma main sur sa joue sa mâchoire son cou et l'autre sur ses reins sous sa chemise sur son dos, il fait chaud et je ne pense plus à rien qu'à ce désir fort comme un feu d'artifice, comme si nous étions seuls sous les étoiles, seuls sur Terre...

Toc toc toc

Des petits coups nous tirent soudain de notre fusion, et je m'écarte à contrecœur de son visage pour voir la tignasse d'Hermione apparaître par la trappe. Elle semble un peu gênée, mais à peine surprise.

- Désolée de vous déranger, mais Mrs Weasley m'a demandé de vous prévenir que le dîner était prêt. Vous pouvez prendre votre temps, ceci dit, ajoute-t-elle précipitamment.

-Non, non, on arrive, je réponds les joues cramoisies.

- Tu pourrais demander à Molly de servir le repas dans des bols, Hermione ? Et demander à tout le monde de venir s'installer ici ? demande Sirius. On vient de réussir à faire fonctionner la télévision, ça pourrait faire du bien à tout le monde de regarder un film en dînant.

- C'est une super idée, fait Hermione en souriant. Je vais les chercher, à tout de suite !

Alors qu'elle disparaît par la trappe, Sirius me caresse doucement les cheveux, et m'embrasse une seconde fois, avant de se mettre debout et de se racler la gorge.

- On, euh, il vaut peut-être mieux que personne ne sache ? Je me demande ce qu'Hermione va bien pouvoir penser de... Enfin, je ne pense pas qu'elle soit du genre à...

- Que personne ne sache quoi ? Qu'elle soit du genre à dire quoi ? dis-je d'un ton moqueur.

- Je ne sais pas, que nous, enfin, tu vois...

- Que l'on est des adultes qui s'embrassent ? j'enchaîne en riant. Est-ce que l'homme à qui on attribue treize morts et un passé de mage noir fanatique a réellement quelque chose à faire de savoir ce qu'on va dire de sa vie privée ?!

- Je pensais plutôt à ce que personne ne sache que je t'aime, petite moqueuse, fait-il avec un sourire joueur.

Je suis en effet prise au piège, et les mots tombent dans ma poitrine aussi lentement qu'il me faut de temps pour les comprendre. Il l'a dit. Je suis sur le point d'exploser de joie, et je me lève pour le prendre dans mes bras. Je niche ma tête dans le creux de son cou.

- Moi je m'en fiche de ce qu'ils le sachent ou pas. Du moment que toi tu sais que je t'aime aussi, Patmol.

C'est la première fois que je l'appelle par son surnom, et je sens que cela le surprend. Il m'avait raconté les Maraudeurs, il y a maintenant deux semaines, et je rêvais de partager cette partie de sa vie avec lui. Son corps entier tressaute sous un petit rire, j'oserais même dire un rire de bonheur qui est plus que communicatif.

- C'est la première fois que je trouve ce surnom aussi sexy, dit-il en riant franchement cette fois.

Il m'embrasse à nouveau, et je sens l'ivresse s'emparer de moi. J'entends alors quelqu'un soulever la trappe, et les têtes des jumeaux apparaissent. Fred nous regarde, hébétés et la bouche entrouverte, tandis que George efface un sourire discret et monte dans le grenier en râlant :

- Vous n'avez même pas fini de préparer les coussins et les matelas ! Même Buck a l'air plus confortablement installé sur son tapis que le pauvre matelas là ! Heureusement que l'on est majeurs... pas vrai, Fred ?

- Et comment George ! À tout de suite les incapables !

Ils disparaissent dans le crac caractéristique du Transplanage, et réapparaissent chargés d'un matelas et de coussins. Nous finissons d'installer tout ça devant la vieille télévision, et Molly, Ginny, et les jumeaux s'installent d'un côté, tandis que Ron, Hermione, moi et Sirius nous nous serrons de l'autre. J'échange un regard discret et joyeux avec Hermione tandis que Sirius insère la cassette dans le lecteur. Lorsqu'il revient s'asseoir à côté de moi, je lui tends son bol et il passe son bras autour de mes épaules.

- Tu as choisi quel film ?

- Un film fantastique de rebelle un peu revanchard, et arrogant parfois, dit-il dans un sourire. J'espère que la cassette tourne encore, je l'ai regardée tellement de fois...

Alors que je vois sur l'écran James Dean s'affaler au sol devant le petit singe mécanique, sur la musique de l'orchestre, je comprends pourquoi il a choisi ce film. Je pose ma tête sur son épaule, le sourire aux lèvres. La Fureur de vivre, c'est exactement lui.


J'espère que ça vous a plu ! A bientôt pour l'OS de Louise et Seamus !