Bonjour tout le monde ! Voici un nouveau chapitre (la dernière demande de 2013, youhou !) qui m'a donné beaucoup de fil à retordre, puisqu'il y avait tiraillement entre nos deux jumeaux préférés... quelle sera donc la chute de cette histoire !

ATTENTION : Je tiens à préciser qu'il n'y a pas d'inceste, mais que les trois premiers grands paragraphes sont érotiques - si vous n'aimez pas les scènes érotiques, passez les trois premiers paragraphes (sans compter les dialogues) et vous ne raterez rien de l'histoire.

Bonne lecture, j'espère que cela vous plaira et surtout à NyanMandine ! Aussi, je souhaitais remercier chaleureusement Lia9749 dont les commentaires m'encouragent énormément ! A bientôt !


Gred ou Forge ? - Amortentia


- George ? Qu'est-ce que tu…

Je sens mon cœur accélérer comme le Poudlard Express lancé à toute vitesse sur les rails, tandis que George Weasley enlève son t-shirt avec nonchalance, un sourire aux lèvres. Médusée, je regarde son torse apparaître, ses épaules couvertes de tâches de rousseur, son cou fin, son visage joueur et ses cheveux flamboyant. Il jette son t-shirt plus élégamment que personne ne l'a jamais fait sur cette planète, même pas Gilderoy Lockhart et Merlin sait que ce type a de l'entraînement, et commence à défaire sa ceinture. Lentement. Ses mouvements de hanche de strip-teaser m'hypnotisent. Je suis comme clouée à ma chaise. Mes yeux ne veulent pas bouger, mais j'ai l'impression que je ne devrais pas regarder. Ses yeux verts et pétillants semblent me lancer un défi.

- George, je ne… Que…

Quelqu'un me passe un bras autour de la taille, doucement mais fermement, et me maintient assise à la chaise, et un index se colle contre mes lèvres.

- Ema, Ema… tu n'apprécies pas le spectacle ? me susurre une voix à l'oreille.

Cette voix, je la reconnaîtrais entre mille, et surtout entre deux : un peu plus aigu que son jumeau…

- Fred ?!

Ses cheveux, identiques à ceux de son frère, caressent ma joue, sur laquelle il dépose un baiser. Il passe son doigt lentement sur le tour de mes lèvres, puis saisit mon menton entre son index et son pouce, tournant mon visage vers le sien, et plante son regard bleu dans mon regard vert.

- Fred, je ne comprends pas… ah !

Ses doigts sont passés de mon menton au creux de mon cou et caressent doucement ma peau. Je frissonne de plaisir à son toucher. Qu'est-ce qu'il se passe ? George fait soudain claquer la ceinture qu'il a enlevée avant de la lancer aussi élégamment que son haut, et s'approche de moi, écartant les jambes pour s'installer à califourchon sur mes genoux. J'ai l'impression que des Crabes à feu ont pris possession de mes joues ! Je dois être aussi rouge que mes cheveux… Quatre mains parcourent mon visage, mon cou, mon ventre et mes hanches. Depuis quand je suis en sous-vêtements ?! J'essaie de retenir un petit gémissement d'extase, mais en vain. George entame des mouvements de bassin alors que Fred dépose une succession de baisers sur ma peau nue depuis l'épaule jusqu'à la mâchoire. Chacun amène progressivement une main jusqu'à ma poitrine, et…

- Ema ? Ema, il est bientôt huit heures dix, si tu ne vas pas prendre de petit-déjeuner maintenant tu ne le prendras jamais !

Je me réveille en sueur, réveillée par la voix stridente de Patricia Stimpson. J'ai l'impression de sentir encore leurs mains sur ma peau, et la sueur qui perle sur ma peau me témoigne que j'ai très chaud. Heureusement que mes rideaux sont tirés, car Patricia risquerait d'être choquée à ma vue, en culotte et mon drap coincé dans mon entrejambe, serrant un coussin entre mes bras… ! Je grogne pour la forme, mais j'avoue que je ne sais pas si je dois la remercier ou la détester pour m'avoir tirée de ce rêve hautement érotique. Qu'est-ce que mon cerveau me fait, à moi ?! J'attrape mon uniforme à tâtons, et l'enfile en vitesse – enfin, disons « le plus rapidement possible pour quelqu'un qui a encore la tête dans le pâté ». Pas le temps d'arranger mes cheveux ou de finir de mettre ma cravate, ou de vérifier si j'ai pas boutonné mardi avec mercredi, je saisis mon cartable et grommelle un « merci » à ma camarade de chambre avant de descendre quatre à quatre les marches jusqu'à la Grande Salle.

Les images de mon rêve me reviennent par flashes et je manque de trébucher plusieurs fois, les joues brûlantes. Je rêverais de passer mes doigts sur le torse nu de George, passer mes mains dans ses cheveux, passer mes lèvres sur son corps tout entier… mais je rêve aussi de Fred. C'est extrêmement perturbant. Surtout que je sais mieux les différencier que leur propre famille. Aucune excuse. Alors pourquoi, pourquoi j'ai l'impression d'être tout autant attirée par l'un que par l'autre ?! Je m'affale sur le banc, en face de mon meilleur ami, qui, comme toujours, est de bien trop bonne humeur dès huit heures du matin.

- Alors, ma Miss Stuart préférée, que nous vaut cette frimousse sauvage à cette heure si tardive ? T'as fait des rêves qui valaient mieux que prendre le petit déjeuner avec ton meilleur ami chéri pour la vie, Lee le plus joli ?

- Jordan, ferme-la si tu ne veux pas que je t'arrache tes dreads une par une, je grogne.

- Eh ben, j'avais oublié à quel point tu pouvais être grognon le matin, fait-il avec une mine faussement outragée. Je devrais peut-être retourner parler aux charmantes demoiselles françaises, au moins elles sont charmantes en toutes circonstances, elles !

Lee fait un petit coucou accompagné d'un clin d'œil à un groupe d'élèves de Beauxbâtons installé à notre table de Gryffondor. Deux d'entre elles pouffent bêtement, la troisième le regarde d'un air blasé, et reprend sa discussion avec son camarade masculin. Je ne peux pas m'empêcher de laisser échapper un petit rire ironique devant la tête déconfite de mon ami. Bien sûr, c'est cette fille qui est totalement son genre ! Hautaine et inatteignable.

- Si tu ne te dépêches pas de te déclarer, j'en vois un qui va le faire à ta place, lui dis-je avec un sourire en coin en désignant discrètement le français à qui elle parle.

- Pff, pas du tout, elle fait semblant de m'ignorer, mais dès que j'aurai fait marcher mes charmes de tombeur à la british elle ne pourra plus se contenir de vouloir valser dans mes bras ! Et peut-être même dans mes draps…

- L'espoir fait vivre, dis-je en croquant à pleine dents dans mon pancake, ma bonne humeur commençant à revenir avec mon appétit.

- En attendant, moi je sais à qui faire ma déclaration, répond Lee avec un sourire fourbe.

Ma bonne humeur redescend aussi vite que ma fourchette dans mon assiette.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Oh, je ne sais pas, demande à la Métamorphomage dont les cheveux ont tendance à devenir encore plus rouge vif quand elle est gênée, donc plus particulièrement en présence des jumeaux les plus canons de Poudlard ?

Je sens mes cheveux faire exactement ce qu'il décrit, mais je tente de me contrôler et me focalise sur mon pancake – même si je le découpe un peu plus violemment que tout à l'heure.

- Je vois pas de quoi tu parles. Certes, ils sont canons, mais je ne…

C'est ce moment-là que choisissent les jumeaux pour faire une entrée théâtrale à coups de bâillements exagérés qui se révèlent être des rugissements de lion dus à l'ingestion de Cris Confits, si je ne m'abuse. La vue de leurs chevelures de feu et de leurs chemises à moitié boutonnées m'électrise instantanément. Je détourne le regard, concentrée sur mon assiette vide. Par le caleçon de Merlin, je ne peux même pas me défouler sur la nourriture ! J'entends Lee glousser, et j'imagine que mes cheveux doivent être plus pivoine que jamais.

- Je le savais ! exulte Lee triomphant. Alors, dis-moi tout, tu en pinces pour qui ?

- Lee, vraiment, c'est pas le moment, je… j'ai fait un rêve très bizarre et euh, franchement, j'ai tout sauf envie de parler de Fred et George ce matin, ok ?

- Un rêve bizarre dans quel genre ?

Je lève les yeux vers lui en me maudissant intérieurement. Je lui dis ou pas ? Je lui dis quoi, au juste ? « Oh, tu sais, un banal rêve érotique avec tes meilleurs amis, les jumeaux ! » Ben voyons. Mes doigts pianotent sur la table, et je risque un coup d'œil vers les deux Weasley qui font les pitres un peu plus loin. George entame des mouvements de bassin… Fred dépose une succession de baisers sur ma peau nue… je manque de m'étrangler lorsque les images et les sensations déferlent dans mon cerveau. Lee m'observe, interloqué, puis lâche :

- Oh. Ce genre de rêves, pas vrai ?

Je plaque ma main sur mon front, yeux fermés et coude sur la table, comme si j'étais soudain très fatiguée, et hoche la tête à regret.

- Tu rêvais de l'un des jumeaux ? Je ne te jugerai pas, tu sais, je sais que c'est mes amis mais t'es ma meilleure pote Ema, pas de jugement !

Je ne sais pas quoi répondre, alors je hausse les épaules en faisant une grimace et, de ma main libre, je lève deux doigts en l'air avec hésitation. Pour ne pas voir la réaction de Lee, je garde les yeux fermés sous ma main.

- Oh, les deux d'un coup donc. Et c'est la première fois que ça t'arrive ?

Je pousse un léger gémissement et fais non de la tête. Je me sens à la fois honteuse et rassurée d'en parler avec Lee.

- Eh, c'est pas grave, c'est juste un rêve Em' ! Ça se contrôle pas ce genre de choses. Et puis c'est totalement normal d'être perdue au niveau des sentiments, te prends pas la tête !

- Oui, m'enfin, on parle de frères, là, de jumeaux. C'est quand même un chouïa tendu, non ?

- Bah, t'as toujours aimé te fourrer dans des situations pas possibles, non ? rit Lee. Mais comme dirait notre chère Trelawney, « les rêves sont le reflet des vérités enfouies au plus profond de l'être, si vous possédez le Troisième vous serez capable de trouver la clef qui vous permettra de déchiffrer votre avenir » !

- Il faudrait sérieusement que je pense à demander à McGo' de te faire une dispense pour ce cours, tu le prends bien trop au sérieux. Puis tu me dis de pas me prendre la tête, et l'instant d'après je dois trouver ma vérité et mon avenir dans ces rêves ?

- Y a pas de sortilège pour savoir sur qui jeter son dévolu, tu sais, c'est une histoire de déclic et même un peu de choix. Il y a toujours le polyamour, les relations libres mais avec les jumeaux… je ne pense pas que ça fonctionnerait.

- Alors je dois faire quoi, une liste pour savoir lequel des deux choisir ? dis-je à la fois narquoise et abattue.

- Non, je pense que tu verras b-…

- Choisir qui, choisir quoi ? fait soudain la voix joyeuse de Fred qui s'installe à côté de moi avec la délicatesse d'un Éruptif, tandis que George s'assoit à côté de Lee. Aaaaah, ça m'a bien détendu les cordes vocales ce Cri Confit !

Il laisse échapper un rot qui se transforme plus ou moins en un rugissement de lionceau, ce qui nous arrache un rire et nous vaut les regards choqués des Français de Beauxbâtons assis à notre table. Je sens que ça va être bien compliqué pour Lee de séduire sa gente damoiselle… J'essaie d'ignorer l'affolement de mes neurones qui s'agitent à la proximité des jumeaux, ainsi que l'effervescence des papillons qui logent dans mon ventre, et réussis à garder contenance. J'adresse un sourire machiavélique à Fred, avant de mentir effrontément sous le regard impressionné de Lee.

- Entre des tortures à faire subir à Pansy Parkinson pour venger Potter, moi-même et surtout Granger de son venin qu'elle crache à tout va et des rumeurs qu'elle balance partout et surtout à cette foutue Rita Skeeter.

- Pourquoi surtout Granger ? fait George, surpris. Je veux dire, j'ai vu son témoignage débile dans la Gazette, mais…

- Je sais que c'est Parkinson qui lui a envoyé plusieurs lettres de menace, dont celle avec le pus de Bubobulb non dilué. Je l'ai entendue en discuter avec ses grognasses d'amies. Et elle a encore été raconter des bobards à Rogue qui m'a retiré pas moins de cinquante points sous prétexte que j'avais essayé de me faire passer pour une élève de Durmstrang afin d'espionner Krum ! Comme si j'avais que ça à faire, franchement.

- Quelle gourgandine de première classe ! s'exclame George d'un air outragé qu'il a rarement mais qui lui sied si bien que mon cœur est comme stupéfixé pendant quelques instants.

- Dis-moi tout, fait Fred sur un ton de conspirateur féroce, je suis sûre que j'arriverai à départager !

- Alors, j'hésite entre… me faire passer pour Malefoy grâce à mes talents de Métamorphomage et lui coller le râteau de sa vie, ou lui offrir un assortiment de bonbons allant du constipateur magique à une poussée d'acné virulente en passant par une pastille qui lui ferait révéler ses secrets les plus enfouis.

- Malefoy ! s'écrie Fred.

- Bonbons ! s'exclame George en même temps.

Lee explose de rire alors que je regarde les deux jumeaux, décontenancée. J'ai tellement cru à mon propre mensonge que je trouve ça totalement ironique de n'avoir pas de choix définitif même pour un dilemme aussi faux que gros. Mon caractère grognon de quand je suis frustrée commence à refaire surface lorsque Lee laisse échapper entre quelques hoquets de rire :

- Ma pauvre Ema-haha, ils ne t'aident vraiment pas-hahaha ! Bon coura-haha-ge pour ton choix-haha !

Fred se met à rire avec lui, puis tente d'essayer de nous convaincre que le plan Métamorphomage est le meilleur pour lui donner une bonne leçon, mais je n'arrive pas à rire avec eux. Je croise le regard scrutateur de George, qui me provoque un tourbillon dans la poitrine. Et vu la taille de cette dernière, je peux affirmer que c'est un sacré gros tourbillon qui prend toute la place.

- Bon, c'est pas le tout, mais même si je ne tiens pas plus que ça à me retrouver face à la chauve-souris graisseuse dès neuf heures, je ne tiens pas non plus à perdre plus de points, dis-je d'un ton que je veux dégagé tout en me levant. C'est l'heure d'aller en Potions, les gars !

Je m'élance sans me retourner vers les cachots, tentant de maîtriser la teinte de mes cheveux. Nom d'un crottin d'hippogriffe, pourquoi je suis dans tous mes états ?! Je crois que ce rêve était beaucoup plus précis que les précédents… Je n'étais jamais vraiment arrivée à la partie du lapdance, et… non, non, non, Ema Stuart, ça suffit ! Sors-toi donc ce rêve de la tête ! Nous arrivons à la dernière minute, et Rogue renifle d'un air méprisant quand nous entrons bons derniers dans le cachot. Il ne reste que quatre places de libre, deux par table de trois.

J'espère que Lee se mettra à côté de moi, ça évitera les… Par les foutus orteils de Merlin ! Lee et Fred s'asseyent à côté d'Angelina, et ces derniers échangent un sourire radieux et quelques chuchotements. J'ai un léger pincement au cœur en me souvenant qu'ils sont de plus en plus proches depuis le bal de Noël, mais je ne sais pas si c'est de la jalousie ou juste de la nostalgie. Ou plutôt, je ne sais plus. C'est depuis ce bal où George était mon cavalier que j'ai commencé à avoir ces rêves… ça va faire trois mois maintenant ?

- Ema, tu avances ? me murmure gentiment George en me poussant gentiment vers la place du milieu.

Ainsi tirée de mes pensées, je me retrouve entre George à ma gauche et un Serpentard à ma droite qui est tellement discret que je ne suis même pas sûre d'en connaître le nom.

- Bien, nous allons aujourd'hui pouvoir découvrir si vous êtes capables d'étudier les caractéristiques d'échantillons de potions que vous avez sur votre table. Vous devez être capables d'analyser sans faute les trois potions qui vous seront présentées l'an prochain pour vos ASPICs. C'est un travail de groupe par table, noté. Vous avez une heure, le matériel à disposition. Allez-y. Et pas de bavardages inutiles, ajoute Rogue de sa voix traînante.

- Quelle barbe, peste George. Moi qui pensais mettre au point de nouveaux bonbons…

Nous nous empressons de commencer l'exercice. Notre dynamique de groupe n'est pas des meilleures, mais le Serpentard est suffisamment discret et timide pour que ce soit supportable. On analyse la couleur, l'odeur, la texture, les réactions de la première potion, avant d'opter dubitativement pour un philtre de Confusion. Je pense que c'est les vapeurs qui nous rendent dubitatifs, enfin je l'espère. Ou alors c'est parce que George s'est collé à moi pour inspecter la potion et que j'ai pu prendre une grande goulée de son parfum. C'est très possible aussi. J'avoue que l'odeur de gingembre-bois de cyprès qui émane de ses cheveux est très troublante. Je me souviens de leur odeur quand on dansait au bal de Noël, et j'ai l'impression de retourner dans un tourbillon de danse. Quand je pense que Fred déteste ce shampoing qui sent si bon ! Il avait même accusé George de vouloir empoisonner l'air de la salle de bain de leur promo pour se l'approprier à lui tout seul, d'après Lee.

On identifie encore deux potions. Le Serpentard prend des notes, tandis que je passe la fiole de potion suivante à George pour qu'il puisse la verser dans un récipient afin de l'identifier. Nos mains se frôlent, et je me sens comme parcourue d'un courant électrique. Il m'adresse un petit sourire presque gêné, et je réprime une soudaine envie de l'embrasser. Est-ce que Fred m'observe dans mon dos ? Je me retourne pour voir qu'il est en plein papotage avec Angelina et Lee, ce qui bizarrement me rassure. Je me rappelle soudain mon rêve, avec Fred arrivant derrière moi et m'emprisonnant sur la chaise. Peut-être que ce n'était pas censé représenter du désir mais un doute oppressant ? Comme une idée noire qui me traîne derrière la tête ? Et si en fait je préférais Fred ? Ou si je rendais Fred malheureux ? Est-ce que je m'interposerais entre eux ? Et ces idées qui trottent m'empêchent juste de voir la « vérité enfouie au plus profond de mon être »… George ? Je secoue la tête, ce qui me vaut le regard surpris du Serpentard.

- Dites, vous pensez qu'on devrait goûter ? fait George en nous tendant le récipient dans lequel il a transvasé la potion. Je pense que c'est soit une solution de Force soit un philtre de Paix, alors l'un dans l'autre on peut essayer ?

Le Serpentard inspecte la potion, puis blêmit.

- Vu la couleur rouge et la consistance, ça pourrait être soit une solution de Force soit un poison d'Actée en épi, dit-il d'une petite voix. Je ne vous conseillerais pas d'essayer d'en goûter.

- En effet, je passe mon tour, grimace George.

Nous optons pour une potion de Force à défaut de trouver des preuves de l'utilisation d'actée en épi, et nous passons à la dernière potion. Le Serpentard est encore en train de noter consciencieusement notre démarche quand George débouche la dernière potion, la transvase dans un récipient et la renifle discrètement. La potion a une jolie couleur nacre, on dirait une perle liquide.

- Alors, ça sent… hm, comme un pétard mouillé… et un peu comme le thé de maman, et – non, attends, ça sent…

Il laisse sa phrase en suspens et m'observe avec des yeux ronds, les oreilles rouges. Il repose le récipient sur la table et se racle la gorge, les yeux rivés sur le côté, et fait glisser la potion vers moi.

- Je, hum, mes narines doivent être bouchées… je te laisse me dire ce que t'en penses.

Surprise, je porte la potion à mes propres narines que j'agrandis très légèrement pour mieux sentir…

- Alors, je vois un peu l'idée du pétard mouillé, mais je trouve que ça sent plus le feu de cheminée comme celui de la Salle commune, et… attends, ça a changé d'odeur, je…

Mes yeux s'écarquillent et je sens mes cheveux devenir pivoine à nouveau. Je n'arrive pas à détacher mon regard de celui de George, et mon rythme cardiaque accélère au rythme du galop d'un Abraxan.

- Tu ? demande timidement le Serpentard.

- C'est de l'Amortentia, dis-je en reprenant contenance. J'aurais dû m'en douter à la couleur.

Notre collègue de table ouvre la bouche, sent la potion, rougit légèrement et griffonne sur son parchemin en acquiesçant. Je regarde à nouveau George qui ne m'a pas quittée des yeux, et il s'apprête à dire quelque chose quand Rogue annonce la fin du cours.

- Vous aurez les résultats lundi prochain. Mr Jordan, je vous conseille d'arrêter de secouer cette potion si vous ne voulez pas devenir borgne ou chauve.

- Qu'est-ce qu'ils ont tous avec mes cheveux, aujourd'hui, grommelle mon ami alors que je me précipite vers la sortie.

J'entends Fred et Angelina sortir en riant de la salle de classe, mais je ne m'arrête pas. J'accélère un peu le pas, toujours troublée et une grosse caisse résonnant à la place de mon cœur, quand j'entends quelqu'un courir après moi.

- Ema ! Ema !

Cette voix me procure mille fois plus de sensation que la voix que j'entendais dans mon rêve. Légèrement plus grave, et tellement plus… vivante, sensuelle… Je me retourne, les joues probablement aussi rouges que mes cheveux.

- Oui, George ?

- Je, euh… par rapport à ton dilemme. Pour Pansy.

- Quoi ? Ah, oui ! J'ai un peu abandonné l'idée pour l'instant, enfin, je veux dire, je crois que j'ai trouvé ma réponse…

- Ah ? coasse George d'une voix qui hésite bizarrement entre l'espoir et la peur. J'allais te demander… Ce n'était pas vraiment par rapport à Pansy, ce dilemme, pas vrai ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Bien sûr que…

- Je le vois que ce n'est pas la vérité, Em'. Tes yeux verts deviennent plus clairs quand tu mens, et ils le font en ce moment…

Je maudis en silence ma Métamorphomagie, qui s'avère aussi traîtresse qu'elle peut être pratique. Néanmoins, je me sens flattée qu'il ait remarqué ce détail. Même Lee n'y a jamais fait attention.

- C'était… c'était un dilemme entre Fred et moi, c'est ça ? dit-il, le regard abattu.

- Non… enfin oui, mais non… je ne savais plus trop où j'en étais mais je crois que ça va mieux, maintenant. J'y vois plus clair. Enfin je crois.

- Je vois. Si tu te déclares, je te souhaite bonne chance et beaucoup de bonheur à tous les deux, fait George avec un sourire triste avant de commencer à s'éloigner.

- Hein ? Mais, George ? Attends !

J'agrippe son poignet sans réfléchir.

- Tu penses sincèrement que je compte me déclarer à Fred ?

- Je croyais que… Enfin, je me disais que tu étais partie pour éviter de me dire ce que tu avais senti pour l'Amortentia et ne pas me blesser, et puis j'ai beau plaisanter là-dessus, mais Fred est plus… je ne sais pas, plus mieux que moi ?

- Plus mieux que toi ? dis-je en laissant échapper un petit rire. Mr George Weasley, vous vous sous-estimez gravement…

Je me sens devenir pivoine vif depuis mes joues jusqu'à la pointe de mes cheveux à ces paroles, mais je soutiens son regard avant de me rapprocher de lui. Très près.

- Je ne savais plus où j'en étais parce que vous êtes tellement fusionnels que je n'arrivais plus à vous imaginer l'un sans l'autre. Je te voulais mais en me mettant entre vous deux j'avais l'impression de devoir vouloir ton frère également, mais… tu n'as rien à envier à Fred, au contraire. Je fonds pour ta voix un peu plus grave, pour tes yeux plus verts, pour tes tâches de rousseur sur les pommettes, pour ta plus grande délicatesse et ton empathie…

Je pose ma main sur sa joue, et caresse doucement sa pommette du doigt, tandis qu'il replace une de mes mèches de cheveux rouges derrière mon oreille. On est si proches…

- Tu ne te mets pas entre nous deux, souffle George. Depuis que tu étais dans mes bras, au bal, sur ce slow… Ton parfum, je n'ai pas besoin de l'Amortentia pour le sentir même quand tu n'es pas là, il me suit partout où je vais et que je suis loin de toi… j'avais peur que ce ne soit pas pareil pour toi.

- Si ça peut te rassurer, ce que j'ai senti tout à l'heure sent encore meilleur quand je fais ça…

Dans un élan de folie, je le serre dans mes bras, enfouissant mon visage dans son cou et ses cheveux roux. J'hume avec délice le parfum boisé et gingembré de ses cheveux, me laissant doucement enivrer par ses mains sur ma hanche et dans mon dos. Il me dépose un baiser dans le cou qui me liquéfie, jamais même dans mes rêves les plus fous je ne me suis sentie me liquéfier autant sous des baisers. Il en enchaîne plusieurs jusqu'à remonter à mon visage, et dans un grand sourire m'embrasse passionnément. Des fourmis dans les lèvres, je réponds à son baiser avec tant d'envie que mon cerveau n'arrive même pas à se demander : comment ai-je pu hésiter une seconde ? George Weasley est l'homme que je désire le plus au monde.


A très bientôt pour Lila et James ! Ciao ciao et plein d'amour sur vous !