Fleur d'Ange - Merci pour cette envolée lyrique sur la rosée du matin XD
On va essayer de guérir Drago ! On va... on va... On va lui réapprendre à aimer !
(Full chapter Narcissa XD)

Melynee - Uiiiiiiii, Narcissa fait partie des persos que je voulais faire apparaitre un peu depuis le début, mais c'était jamais le bon moment... Drago est déjà un fils à sa maman, alors il fallait qu'il puisse se débrouillr tout seul avant de lui dire qu'il est pas obligé ^^

Yza - Et bien un certain gryffondor pourrait vouloir jouer de nouveau les héros et faire tout ce qu'il peut pour sauver la situation, n'est-ce pas ?

Lamourloi - XD ! Merci pour le fou rire ! "jolie crevette blonde" - miam
Le problème, c'est que quand harry fait un pas en avant, Drago en fait toujours deux en arrière XD Nan, ce qu'il faudrait, c'est qu'un albatros l'attrape gentiment par la manche, lui enlève violemment sa culotte, et le balance dans le lit de Harry pour que Drago se dise "ah ben, eux, je leur fait confiance, ils doivent savoir ce qu'ils font"


Amusant.

Maintenant que l'impossibilité d'une relation sérieuse avec Potter était absolument indubitable, fantasmer sur son corps était encore plus facile.

Le Survivant avait beau être de taille moyenne, voire modeste, il était plus musclé que la majorité des hommes. Il avait une silhouette virile mais harmonieuse. Ses épaules larges contrastaient avec ses hanches étroites. Son cou et ses poignets gardaient un quelque chose de fragile, une délicatesse dans les os que venait cacher la vigueur des tendons, des veines, de la chair habituée à l'effort.

Ses cheveux constamment en bataille faisaient travailler l'imagination : combien de fois fallait-il y passer les doigts pour qu'ils se couchent enfin ? À quoi ressemblaient-ils après le sexe ou au matin, au réveil ? Pire ? Pareil ? Se calmeraient-ils, le jour où Potter embrasserait enfin son rôle de commandant ? Se coucheraient-ils pour son front pour dissimuler un peu mieux cette fameuse cicatrice ?

Cela faisait deux semaines qu'ils passaient du temps ensemble, régulièrement, pour travailler sur la traduction du carnet du mage Ekrizdis. Ils étaient presque à la fin de l'ouvrage.

Ils n'avaient rien découvert de nouveau. Il avait fini par se lasser des Détraqueurs comme il s'était lassé de chacun de ses instruments de torture. Parfois, au détour d'une page, il précisait, en parlant du cœur de Patronus « Il bat toujours. Il m'encombre », ou, une fois « J'ai voulu le laisser couler au milieu des tempêtes, mais n'ai pu m'y résoudre. Il pèserait mille fois davantage s'il était loin de moi. Je le conserve contre ma poitrine et sens parfois ses coups répondre à ceux de mon cœur. »

Potter avait proposé de lancer l'un de ces sortilèges dont il avait le secret, qui leur permettrait de visualiser l'instant précis où le Mage avait tracé n'importe quels mots dans le carnet.

Drago frissonnait et refusait.

Drago avait proposé une dizaine de fois qu'ils aillent explorer la chambre ensemble.

Potter frissonnait et refusait.

« Je devrais retourner là-bas. Je n'ai pas fouillé la salle de bain et l'armoire de la garde-robe. Nous pourrions…

– On en a déjà parlé, c'est hors de question.

– Tu pourrais veiller sur moi depuis le couloir et…

– J'ai dit non, Drago. Putain, cet endroit me file les jetons. »

L'œil attentif et suspicieux de l'Auror. Drago haussait les épaules.

Au moins, ils étaient ensemble.

Potter ne le laissait pas tomber.

·

Quand Drago se réveilla, ce matin-là, il resta allongé un long moment à fixer le plafond haut de son lit à baldaquin.

Cette journée était partie pour être l'une des plus décisives du reste de sa vie, et Potter serait là, à ses côtés. En tout cas, au début.

Drago se leva, s'étira, se coiffa soigneusement et revêtit la robe la plus belle qu'il possédait, celle dont on voyait à peine les raccommodages. Il nettoya ses ongles des minutes entières, dépoussiéra ses bottines de prisonniers et resserra les lacets autant qu'il le pouvait. Il se lava les dents et se rafraîchit l'haleine en utilisant le dentifrice qu'il avait volé à Potter à ses débuts, et dont l'odeur était plus agréable que celui qu'il récupérait à la Cantine.

Il prit le petit bocal de confiture que son chariot lui amena mais ne toucha pas à la nourriture : il était bien trop anxieux pour cela.

Il traversa le hall qui respirait désormais le neuf et le sain. Le lustre, énorme et immobile, embaumait l'air de chaleur diffuse et d'odeurs de cire. Il hésita un moment à se rendre dans les toilettes où il s'était effondré sur Potter, après sa dernière dispute avec Kieran Price. Il savait son apparence repoussante, mais il ignorait à quel point et, là bas, il y avait les miroirs.

Il secoua la tête et reprit sa route.

Dehors, l'air matinal était presque tiède, et en cherchant bien, ou en rêvant un peu, on pouvait y sentir l'odeur du pommier. Drago grelotta tout de même un peu. Ce matin-là, il avait revêtu le manteau aux accroches d'argent, celui que Potter lui avait offert, plutôt que sa peau de morse. Le tissu montait moins haut dans sa nuque que ne le faisaient les moustaches du cadavre. Il se sentait aussi un peu moins en sécurité sans les deux larges défenses qui pesaient sur sa poitrine.

Potter était déjà là, sur l'un des petits bancs qui bordaient la jetée. Lui aussi avait pris la peine de soigner son apparence : il avait probablement fait ses tours de l'île plus tôt et était désormais propre et sec. Il avait mis l'ensemble en alpaga noir qui soulignait la largeur de sa cage thoracique. Et qui commençait à le serrer un peu trop aux épaules. Une nouvelle commande à passer.

« Ça va ? »

Il hocha la tête en fixant l'horizon.

« T'inquiète. Ça va aller. Les mères sont comme ça. »

Les mères… Le simple mot avait un goût d'angoisse. Parviendrait-il à le prononcer correctement ? Il s'entendait parfois dire « ma mère » ou « mon père » et avait bien du mal à cacher l'hésitation dans sa voix, le dégoût, la crainte. Utiliser le mot comme titre plutôt que comme dénomination serait encore plus dur.

Et si elle lui en voulait ? Et si elle aimait encore Lucius Malfoy, qu'elle lui était toujours dévouée ? Si elle regrettait son éloignement et reprochait celui-ci à Drago ?

On entendit la corne de brume du ferry avant de voir sa silhouette floue apparaître à l'horizon. Il se rapprocha ensuite lentement, comme s'il avait tout son temps, comme s'il ne pouvait pas faire autrement.

Drago resta immobile, mais Potter lui tapota le bras avant d'avancer et d'aller aider à arrimer le bateau et installer la passerelle.

Et puis soudain, elle fût là.

Narcissa Malfoy avait toujours été magnifique. Fine, forte, élégante jusqu'au bout des ongles. Le temps avait posé quelques pattes d'oie au coin de ses yeux et creusé des cernes pour les souligner. Son regard fier jaugea rapidement l'île, le château, ignora Potter mais s'empara tout de même de la main qu'il lui tendait pour l'aider à débarquer.

Il se figea et s'écarquilla un peu. Ses doigts se crispèrent sur ceux de Potter. Et puis elle s'avança et lui aussi.

Il avait préparé sa phrase de bienvenue : « Mère, merci de vous être déplacée. »

Elle comprenait et méritait l'importance des remerciements. « Mère » d'abord, pour souligner qu'elle passait en premier, puis les remerciements, puis l'assurance qu'il n'attendait rien d'elle et qu'il était parfaitement conscient qu'elle ne lui devait rien. Pas de sentiment superflu, rien de spectaculaire. Il était plutôt satisfait de lui.

Ils se rencontrèrent au milieu de la jetée, s'immobilisèrent à deux pas l'un de l'autre.

Ils n'y avait pas qu'eux. Il y avait Potter, et les marins, et les trois Surveillants qui étaient sortis pour accueillir le ferry et aider à décharger leur livraisons, et d'autres qui musaient sans raison…

Drago ouvrit la bouche pour prononcer sa phrase, et se retrouva paralysé. Les yeux de sa mère glissèrent sur son visage et s'humidifièrent. Et puis, elle leva la main, posa les doigts sur sa joue, et Drago sentit ses yeux, à lui aussi, se remplir de larmes.

« Maman. »

Le mot lui échappa, et elle fût soudain sur lui, pressée contre lui, sa joue contre la sienne et ses mains enfouies dans son dos et ses cheveux.

« Mon bébé. »

Il referma ses bras autour d'elle. Par Merlin, ils faisaient exactement la même taille et elle semblait aussi fragile et légère qu'une plume, dans les bourrasques.

D'un coup, il comprit que c'était à elle qu'il ressemblait. À elle, pas à son père. C'était elle qui avait sacrifié sa vie et sa liberté pour une question de fierté. C'était elle qui s'était battue avec le peu qu'elle avait, et c'était elle qui avait perdu tout espoir, une éternité plus tôt.

Sa voix douce murmura à son oreille, à peine plus audible que le vent :

« Personne ici ne mérite le spectacle de tes larmes. Ne me lâche pas avant de pouvoir les contenir. »

Il sourit et hocha le nez dans ses cheveux.

C'était d'elle, aussi, qu'il tenait son besoin irrépressible de perfection.

Ils restèrent enlacés une minute entière avant que Drago ne hoche à nouveau la tête et recule, mais sans ôter ses mains des épaules de sa mère. Celle-ci leva un index fin qu'elle fit glisser sous ses propres paupières et, un hoquet tragique dans la voix, déclama :

« Pardonne-moi, Drago. Un vestige du mal de mer. Je me suis sentie lasse, tout à coup. Tu es bien gentil de m'avoir soutenue.

– Je connais le thé qu'il vous faut. Venez avec moi. »

Il lui présenta son bras et elle s'y accrocha comme une princesse.

Du coin de l'œil, il surprit l'expression amusée de Potter et le mouvement latéral de la tête qu'il lui adressa. Il inclina légèrement le menton dans sa direction, un sourire reconnaissant aux lèvres, et emmena sa mère vers les salles de visites.

Elles étaient au nombre de trois, alignées, et protégées par des Assurdiato. Elles servaient principalement à permettre à quelques rares détenus de consulter leurs Avocats, ou plus rarement, un journaliste. La plupart des visites personnelles se faisaient aux parloirs. Drago n'avait même pas eu besoin de demander pour que Potter dispose une bouilloire électrique dans l'une d'elle et dépose sur l'unique petite table métallique le fameux coffret de Monsieur Temrah que Drago avait complété.

Dès qu'ils passèrent le seuil de la pièce, dès qu'elle sentit le charme magique les protéger, Narcissa lui agrippa la manche et l'empêcha de faire un pas de plus. Elle engloba son visage de ses mains et le regarda comme s'il était la huitième merveille du monde, son petit bébé parfait.

« Mon enfant…

– Mère. Je suis désolé de…

– Ne t'excuse pas. »

Son pouce glissa sur son visage et elle le dévorait des yeux. Ses sourcils se tordirent quand la chair de son doigt effleura les dents sur sa pommette et elle souffla « Mon pauvre enfant » comme un baume apaisant sur sa peau.

Elle le contempla comme s'il s'agissait d'un spectacle dont elle ne pourrait jamais se lasser, puis, d'un coup, son sourire se fit plus autoritaire et, sur une dernière caresse, elle le lâcha.

« Nous devons préparer ton retour dans la vie civile, décréta-t-elle sur un ton martial et hautain, avant de pester : Un hôpital. C'est une insulte, évidemment, mais nous pouvons retourner la situation à notre avantage. Tu as toujours eu un don pour la méticulosité et c'est ce qu'il faut pour exécuter un sortilège de soin efficace. J'ai ramené des ouvrages, et… »

Elle avait tout préparé, des discours aux tenues, du logement aux amis qu'il pourrait fréquenter. Mais contrairement à son père, elle n'était ni directive, ni butée. Il négocia, argumenta, proposa quelques aménagements, et ils purent mettre leur plan au point.

Elle n'avait pas eu tous les éléments en main : il lui avait manqué les informations qu'il s'entendait plutôt bien avec Fleur Delacour et Ginny Weasley, ce qui était un atout certain ou, plus surprenant, que l'idée de travailler l'enchantait.

« Comme un… prolétaire ? grimaça sa mère en touillant délicatement son thé. Rien ne t'y oblige, mon chéri. Nous pouvons nous serrer la ceinture et vivre des rentes et de la location de la villa de…

– Ce n'est pas une question d'argent. J'apprécie d'être utile à la société. »

Narcissa avala une gorgée de thé et souffla, par habitude discrète, un sortilège pour effacer la trace de rouge-à-lèvres sur la porcelaine.

« Comme tu voudras, mon chéri. Il nous faudra attendre la fin de cette période imposée avant de songer au mariage. Les Greengrass ont d'ores et déjà…

– Il n'y aura pas de mariage. »

Elle haussa un sourcil parfaitement épilé.

« Je suis gay. »

Elle soupira.

« Et bien ça compliqué les choses, évidemment. Mais il ne faut jamais dire jamais. Rien ne t'empêche de prendre un amant, et…

– J'y ai déjà pensé. Mais non. Je ne veux plus me cacher. Je veux vivre avec qui je suis. »

Elle cligna des yeux, puis acquiesça.

« Nous en reparlerons. Le mariage n'a rien d'obligatoire, mais enfin, il faudra bien que tu élèves des enfants. »

Drago cacha son rire derrière sa tasse.

Sa mère était plus facile à faire plier que son père, mais il est des sujets sur lesquels elle ne briserait probablement jamais.

Le soir venu, Potter en personne vint frapper à leur porte et les informer que le ferry ne tarderait pas à sonner l'heure du départ.

Narcissa se leva avec grâce et remit son écharpe d'un geste élégant. Elle vint se planter devant le Directeur d'Azkaban, le toisa, et affirma, le nez pincé :

« Monsieur Potter. Je n'apprécie pas ce que cet établissement a fait de mon fils. Je comprends désormais sur quoi reposaient les menaces de procès de mon ex-époux à votre égard et une part de moi regrette que vous n'ayez pas pu être trainé devant la cour. »

Elle gonfla sa poitrine en fermant les yeux, puis reprit, en le fixant avec sérieux :

« Mais je dois vous remercier pour tout ce que vous avez fini par faire pour lui. Et pour nous. Considérez la dette de vie que vous aviez à mon égard comme réglée. »

Plus tard, quand le ferry disparut dans la brume, Potter se retourna vers Drago et lui demanda, l'air amusé :

« Pour info… Ta mère est comme toi, niveau remerciements ? Je dois marquer ce jour d'une pierre blanche, ou quoi ?

– Ma mère connaît le poids et le sens des mots, oui.

– Tu sais, je pensais quand-même qu'on était déjà quittes, elle et moi. Rapport que je lui ai évité la prison, quand-même.

– La prison lui a toujours semblé être préférable à la répudiation.

– Les Black sont des putain de drama-queen. »

Drago claqua l'arrière du crâne ébouriffé de Potter qui gloussa.