Blair était allongée sur son lit en train de se remémorer l'entrevue qu'elle venait d'avoir avec Chuck. Serena entra dans sa chambre et la vit en train de rêvasser. « Que se passe-t-il ? » Lui demanda-t-elle en s'asseyant sur le lit à côté d'elle.

« Chuck. » Lui répondit-elle sans regarder son amie.

Serena leva ses sourcils, un peu blasée : « Que t'a-t-il fait ? Je croyais que c'était fini entre vous ? »

Elle regardait toujours dans le vide, songeuse. « Je l'ai vu avec une fille. »

« Et ? »

« Elle était magnifique. »

« Et ? »

« Arrête de dire ''et'' c'est pénible. »

Serena leva ses sourcils : « Tu es en train de me raconter une journée banale de Chuck Bass. »

« Bah là, ce n'était pas pareil. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu'il m'a dit de partir de sa suite alors qu'elle était là et lui en robe de chambre. Jamais il n'a fait passer une autre fille avant moi. »

Serena fronça les sourcils, interloquée : « Ton égo en a pris un coup ? » Se moqua-t-elle gentiment. « Je ne comprends pas; tu lui avais dit que c'était fini entre vous parce que tu devais te concentrer sur ton début de carrière. Ils étaient peut-être en pleins ébats quand tu es arrivée. »

Elle tourna la tête rapidement vers son amie comme si c'était inconcevable « Ouais… » Répondit-elle, songeuse « Mais ce n'était pas définitif. »

« Oh, tu aurais voulu qu'il t'attende encore. Tu as pris un risque, tu sais comme c'est facile pour lui d'avoir une fille. »

« Oui une fille, mais elle c'est plus que ça. Je le sens. » Elle tapa sur son matelas de frustration.

« Si le tu veux, je peux me renseigner. »

Elle regarda Serena soudainement très intéressée par sa suggestion. « Je veux bien, mais discrètement. Elle s'appelle Karen Clarkson. Je vais chercher de mon côté sur Internet. » Elle se redressa et ouvrit son ordinateur portable. Etant donné qu'elle se rappelait de son nom, elle était sûre de trouver quelque chose.

Serena était toute émoustillée à l'idée d'enquêter sur son demi-frère. « Je vais découvrir ce qu'il cache. » Elle sourit à son amie en espérant qu'elle retrouve sa bonne humeur.

Serena regardait par-dessus l'épaule de Blair et vit que ses premières recherches restaient infructueuses. Elle secoua un peu son amie en attrapant ses épaules :« Je demanderai des renseignements à Nate. Allez Blair, ce n'est qu'une passade, il reviendra vers toi, comme d'habitude. Viens avec moi, il fait beau, nous allons nous promener. »

Elle finit par se lever : « Ouais, tu as raison, sortons manger une glace. »

Serena lui sourit, contente que Blair cède à son idée. « Voilà, c'est exactement ce qu'il faut faire, quand on n'a pas le moral. »


Quelques jours plus tard, Karen revint à l'Empire et s'approcha de la réception : « Bonjour Monsieur, je voudrais voir Monsieur Bass. Est-il là ? »

Le réceptionniste pianota sur son clavier : « Je regrette Mademoiselle, mais Monsieur Bass n'est pas chez lui. Puis-je vous aider ? »

« Oui, vous le pouvez, merci. Pourriez-vous lui remettre ceci. » Elle tendit la housse renfermant son costume et sa chemise. « Faites attention de ne pas les froisser. »

« Bien-sûr Mademoiselle. Puis-je lui dire de qui vient ce cadeau ? »

Elle sourit : « Non ce n'est pas un cadeau. Il saura de qui cela vient. Bonne journée. Au revoir Monsieur. »

Elle était visiblement déçue et soulagée en même temps; déçue car elle s'était très vite rendu compte qu'il avait un énorme charisme attrayant et comprit pourquoi il avait autant de succès auprès de la gent féminine. Soulagée car elle craignait de tomber dans ses griffes.

Quand Chuck arriva à l'hôtel en fin d'après-midi, le réceptionniste l'interpella. Il lui remit la housse. « C'est une jeune fille qui m'a remis cette housse, elle n'a pas laissé son nom ni même son prénom. »

Il sourit : « Merci James, je sais de qui cela vient. » Il avait espéré la revoir quand elle lui ramènerait son costume. Il enclencha son plan B pour la rencontrer, il téléphona à Peter Liehman.

Quelques minutes après, il était en attente que la personne décroche son téléphone à l'autre bout du fil.

« Allô ? » Entendit-il.

Il sourit quand il reconnut sa voix : « Bonjour Karen, Chuck Bass. »

Elle eut un temps d'arrêt d'étonnement : « Comment avez-vous eu ce numéro ? »

Il sourit narquoisement : « J'ai mes sources. »

Un silence s'installa entre eux deux, qui démontrait la désapprobation de Karen. Il comprit qu'elle n'était pas contente. « Ne vous inquiétez pas, je ne dévoilerai pas votre numéro. Je voulais vous remercier pour avoir ramené mon costume.»

« C'était prévu. » Répondit-elle, un peu sèchement.

Il marchait dans son salon, la main dans la poche, cherchant quoi lui dire pour l'inciter à accepter une invitation. « J'aimerai vous inviter au restaurant pour une rencontre semi-professionnelle. »

Elle réfléchissait pour savoir si elle devait accepter ou pas. Elle sentait bien que ce n'était qu'un prétexte mais d'un autre côté, elle ne pouvait pas se permettre de s'aliéner le maître du bâtiment de New York. « D'accord. » Lui répondit-elle au bout de plusieurs secondes.

Il sourit discrètement : « Je vous propose demain soir. Je peux venir vous chercher. »

« Non je préférais vous rejoindre. Donnez-moi l'adresse et l'heure et j'y serai. » Elle ne voulait pas installer une certaine intimité entre eux en lui divulguant l'adresse de son domicile.

Il comprit le message .« Chez Daniel à 19h. »

« Très bien, j'y, à demain Chuck. » Répondit-elle froidement.

« Bonsoir Karen. » Chuck resta songeur. Il avait peut-être fait une bêtise en faisant jouer sa relation avec Peter Liehman pour avoir son numéro de téléphone.


Le lendemain soir, elle arriva à 19h pile au restaurant. Elle demanda la table de Chuck Bass. Le serveur l'y accompagna. Quand Chuck la vit, il se leva et resta époustouflé devant sa beauté. Elle avançait lentement sous les regards masculins des tables occupées, qu'ils soient accompagnés ou pas.

Il put admirer son choix de vêtements qui mettaient parfaitement son corps en valeur. Elle portait une robe crayon de haute-couture, lavande avec un gros nœud sur l'épaule, lui arrivant au genou et fendue sur une cuisse. Ses hauts talons de couleur lavande également réhaussaient le galbe de ses jambes fines. Son maquillage subtil de couleur bronze illuminait ses yeux hazel.

''Elle vient de Seattle et ses parents ont manifestement de l'argent.'' Pensa Chuck. Il lui sourit en lui baisant la main. « Bonsoir Karen, vous êtes magnifique. » Il l'aida à s'asseoir en tirant sa chaise.

Elle sourit : « Merci. Bonsoir, Chuck. » Elle avait mis assez de temps pour se préparer pour en connaître le résultat. Elle connaissait également son potentiel pour séduire un homme. Mais ce soir, elle ne s'était pas habillée élégamment uniquement pour le séduire mais surtout pour le narguer pour avoir obtenu son numéro de téléphone sans son consentement.

Il était assis en face d'elle et il la regarda dans les yeux : « Je voulais commencer par m'excuser pour avoir obtenu votre numéro de téléphone, disons… sournoisement.J'ai bien compris que cela ne vous avait pas plu. »

Elle hocha la tête : « Effectivement, cette manœuvre ne m'a pas plu du tout. Mais j'accepte vos excuses. » Elle sourit pour lui signifier que ce petit litige, était clos.

Il se sentit plus à l'aise pour entamer une discussion : « Comme je vous l'ai dit, c'est un dîner semi-professionnel. J'ai plusieurs projets en cours et j'aurai besoin d'un architecte pour rénover un bâtiment à Newark dans le New Jersey. Si cela vous intéresse, vous me le dites. Vous en parlerez à Peter Liehman afin qu'il avalise votre déplacement. »

Elle le regarda, les yeux brillants de joie : « Je suis tout à fait d'accord. Votre départ est prévu pour quand ? »

« D'ici trois jours, une semaine au plus pour au moins quinze jours. » Il était heureux qu'elle accepte aussi facilement. Il pensait que cela serait beaucoup plus difficile surtout après sa sournoiserie.

« J'en serais absolument ravie. J'espère que M. Liehman acceptera. Pouvez-vous m'en dire plus sur le travail à accomplir? » Il n'osa pas lui dire qu'il avait déjà vu tous les détails avec son ami. La petite incartade sur le numéro de téléphone le poussa à se taire sur cette nouvelle manipulation.

«C'est un bâtiment de dix étages aux murs sains, mais qui a besoin de réfections et certainement une remise à niveau des normes actuelles de sécurité. »

Elle hocha la tête retrouvant son intérêt professionnel : « C'est un programme complet. Je suis absolument ravie de pouvoir participer à ce projet mais pourquoi moi ? »

« Parce que vous me semblez motivée et travailler avec Peter est un gage de vos compétences. » Manœuvra-t-il.

Elle n'était pas totalement convaincue par ses motivations, mais elle ne pouvait pas passer devant une telle opportunité. « D'accord. »

Il sourit, satisfait pour son acceptation. « Bon maintenant que nous avons parlé travail, parlons d'autres choses, si vous le voulez bien. Nous allons travailler ensemble, alors dites-moi qui vous êtes. »

Elle le regarda un peu étonnée : « Vous demandez souvent des renseignements sur vos collaborateurs ? »

Il sourit narquoisement : « Oui, j'aime savoir à qui j'ai affaire. Pas vous ? »

Elle dodelina de la tête : « Oui c'est vrai. J'ai 21 ans, je suis née le 03 septembre 1991. Je suis fille unique. J'ai pratiqué la danse classique pendant dix ans et j'ai arrêté pour me consacrer entièrement à mes études d'architecte. Ma mère est femme au foyer mais s'occupe de différentes fondations, mon père est le PDG de Nordstrom. Voilà c'est tout. A vous.»

« Nordstrom ! » C'est une très grosse entreprise. » Reconnut-il, admiratif. « J'ai 21 ans également. Je suis né le 19 janvier 1991, je suis plus vieux que toi.» Sourit-il. « Je peux te tutoyer ? » Elle hocha la tête. « La danse ne te manque pas ? »

Elle haussa légèrement les épaules : « J'ai l'intention de repratiquer la danse mais pas classique. Je peux trouver des cours de danse contemporaine, le soir pour garder la forme. »

Il hocha la tête : « Oui il y a des studios de danses, ici mis à part Broadway.»

Elle rit. « Oh non ! Je ne cherche pas à devenir professionnelle, ce serait juste pour mon plaisir. » Elle revint au premier sujet :« Alors et toi ? Qui es-tu ? »

Il sourit : « Je suis fils unique aussi. Mon père s'était remarié avec une femme qui avait deux enfants. Elle m'a adopté, donc j'ai une demi-sœur, Serena la meilleure amie de Blair et un demi-frère Eric. Je suis toujours en contact avec ma belle-mère, Serena et Eric. Mon père qui est décédé en 2008, m'a légué son entreprise. Je n'ai jamais connu ma mère car elle est décédée en couche. Voilà c'est tout. »

« Oh, c'est triste. » Lui répondit-elle, désolée.

« Tu as trouvé facilement un logement dans l'Upper East Side ? » Lui demanda-t-il pour changer ce sujet qui assombrissait l'ambiance.

« Je n'habite pas dans l'Upper East Side mais dans l'Upper West Side. Je suis en colocation en attendant de trouver mieux. Ce n'est pas un problème d'argent, mais de disponibilité dans la précipitation de mon arrivée à New York. »

Il fronça les sourcils, curieux : « La mitoyenneté de te dérange pas trop ? »

Elle sourit en haussant les épaules : « Ce n'est pas la panacée mais je fais avec. »

« Si tu veux, tu pourrais te loger à l'Empire ou au Palace. Ces deux hôtels m'appartiennent. »

Elle le regarda, interrogative : « Pourquoi voudrais-tu que j'habite dans un de tes hôtels ? »

Il haussa faussement les épaules : « Pour que tu aies plus d'intimité. »

« Et pourquoi tiens-tu tant à ce que j'aie un certain confort ? » Insista-t-elle.

Il la regarda, il fallait qu'il trouve quelque chose à répondre et vite : « Parce que maintenant je connais ta situation et si je peux faire quelque chose pour améliorer ton quotidien, pourquoi me gênerais-je ? »

« Hmm… » Elle n'était absolument pas convaincue que sa démarche soit entièrement désintéressée et le sentait arriver gros comme une maison.

Il continua à manger avec un air désinvolte qui ne trompait personne. « Tu ne me donnes pas l'impression d'être convaincue. »

Elle sourit : « Franchement ? Pas trop. » Elle finit par rire de bon cœur, ce qui fit découvrir des dents blanches bien alignées derrière ses lèvres pulpeuses. Il rit aussi, en comprenant qu'elle avait découvert les dessous de sa démarche. C'est vrai, qu'il avait manqué de finesse, sur ce coup-là.

Ils finirent leur repas beaucoup plus sereinement. Ils rirent aussi sur des anecdotes de jeunesse de l'un et de l'autre. Ils se comprenaient car ils vivaient tous les deux dans la haute société. Ils riaient à comparer les petites particularités qui différenciaient la mentalité de New York et Seattle en se moquant un peu des manières des habitants.

Pour sortir du restaurant, il lui proposa le bras, qu'elle prit. Elle voulut héler un taxi pour rentrer chez elle mais il lui proposa sa limousine. Elle accepta qu'il la ramène.

Arrivés devant son bâtiment, il l'aida à sortir de la voiture et l'accompagna jusqu'au palier de sa porte. « Tu as mon numéro également, maintenant. » Sourit-il narquoisement. « Tu m'appelles si tu veux une chambre ou une suite dans un de mes hôtels. Et surtout tiens-moi au courant de la réponse de Peter. Enfin, M. Liehman.»

Elle hocha la tête. « D'accord. J'ai passé une excellente soirée, Chuck. Merci beaucoup. A bientôt. »

Il sourit en lui prenant la main pour l'embrasser : « C'était un plaisir. Tu as été d'une merveilleuse compagnie. Bonsoir, Karen. J'attends de tes nouvelles pour notre séjour à New Jersey. »

Elle sourit et rentra dans son hall. Il en profita pour scruter le côté pile après avoir longuement scruter le côté face, au restaurant. Il s'aperçut qu'il était totalement tombé sous le charme concernant les deux côtés de la ''pièce''.

Il rentra dans sa limousine avec un grand sourire, captivé par cette beauté, instruite, intelligente et qui ne manquait pas d'humour. Il n'a pas du tout pensé à Blair de la soirée. C'était une première, depuis leur rupture définitive il y a plusieurs semaine. Il était content de se rendre compte qu'il commençait lentement à tourner la page.

Il appuya sa tête sur le dossier du siège en fermant les yeux, en se remémorant leurs discussions. De temps en temps il se surprenait à sourire aux souvenirs d'anecdotes hilarantes. Oui il avait passé une excellente soirée.

Elle monta chez elle par l'ascenseur. Dès qu'elle ouvrit la porte, elle entendit glousser, dans la cuisine. Elle s'approcha pour entendre une conversation digne d'élèves en cours élémentaire de 3è année, elles ricanaient entre elles. Karen leur dit ''bonsoir'' et alla dans sa chambre.

Une fois couchée, elle repensa à sa soirée, les yeux fixant le plafond. Elle se disait qu'il avait un charme redoutable et qu'il était terriblement sexy. Elle a pu découvrir aussi qu'il était gentil et attentionné. D'entendre glousser ses colocataires, lui remit en mémoire l'offre de Chuck. Sa proposition d'occuper une de ses chambres d'hôtel, commençait à faire son chemin dans sa tête.

Elle se donnera encore quelques jours de réflexion. D'un autre côté, la proximité avec Chuck pourrait s'avérer dangereuse; sera-t-elle capable de scinder le professionnel avec le privé ? Elle sait qu'il sera de plus en plus difficile de rester à l'écart de Chuck. Elle pourrait éventuellement prendre une chambre au Palace, ce qui résoudrait le problème de la promiscuité.

Elle finit par s'endormir après avoir analysé et pris sa décision sur sa situation.