Chuck pensa prendre son Jet pour aller à Newark mais le trajet était tellement court, qu'il choisit de prendre la limousine. En trente minutes, environ, ils seront à leur hôtel. Il avait loué deux suites sur le même étage.
Elle ne perdit pas de temps et voulut en savoir plus sur ce bâtiment, alors en bonne professionnelle, elle passa les trente minutes de trajet, à consulter les plans sur son ordinateur, au grand dam de Chuck qui aurait préféré discuter d'autre chose que de travail.
Il se servit un scotch et pour elle, un jus d'ananas puis se penchèrent tous les deux sur les plans et échangèrent des idées sur les transformations à apporter en tenant compte de la mise aux normes obligatoires.
Le voyage leur parut très court. Ils arrivèrent à leurs chambres, s'installèrent et partirent sur le chantier. Le soir durant le dîner, elle continua à exposer ses idées. Chuck était amusé et content de voir qu'elle adorait son travail et qu'elle fourmillait d'idées. Elle était presque exaltée.
Il la calma en lui disait qu'il fallait qu'elle ''décroche'' en s'aérant le cerveau et que le soir il ne parlait plus de travail. Elle s'excusa pour son engouement et finirent le repas en parlant d'autres choses.
Il la regarda et sourit quand il vit ses beaux yeux aux pupilles un peu dilatées. « Pourquoi souris-tu ? » S'enquit-elle.
Il dodelina de la tête : « Non rien. » Elle insista. « Disons… que tu mériterais d'être à la lumière. »
Elle rougit : « Ah ! » Elle comprit instantanément l'allusion. « Tu es un redoutable charmeur. »
Il rit doucement : « Je sais mais je suis sincère. »
Elle était de plus en plus gênée. Elle se sentit rougir et très mal à l'aise. Elle plia sa serviette et était prête à se lever : « J'ai passé une très bonne soirée, Chuck. Je monte me coucher. »
« Je t'accompagne. » Elle le regarda, affolée. Il vit sa tête se décomposer : « Je vais juste dans ma chambre et nous logeons au même étage, tu te rappelles ? » Il avait pris un ton un peu moqueur devant son visage pâle.
Elle était confuse maintenant : « Oui, oui bien-sûr. » Ils prirent l'ascenseur dans un silence pesant. Il avait vu dans ses yeux, l'attirance qui naissait en elle. Il se sentait un peu plus sûr pour l'approcher, après avoir décelé cet attrait dans son regard.
Ils arrivèrent devant la chambre de Karen, il passa une main sur sa taille pour l'embrasser sur la joue. Comme elle n'avait pas réagi négativement, il glissa doucement ses lèvres pour effleurer les siennes.
Contre toute attente, elle répondit en l'enlaçant. Il la serra dans ses bras en l'embrassant tendrement. Leurs langues se cherchaient, dansaient. Leur baiser devint fougueux, tandis qu'il lui caressait le dos et elle, le sien puis elle remonta ses mains jusqu'à sa nuque pour atteindre ses cheveux.
Elle mit fin à leur baiser par manque d'oxygène. « Il vaut mieux que j'y aille. Bonne nuit, Chuck. » Chuchota-t-elle.
Il lui sourit ''Oh oui, je suis sûr que je vais passer une super nuit'' Pensa-t-il en relevant son menton à l'aide de son index pour la regarder dans les yeux. Il passa son autre main sur sa joue pour écarter des petites mèches de cheveux : « Tu es vraiment magnifique. Bonne nuit Karen. »
Elle rougit : « Merci. » Lui répondit-elle en embrassant doucement ses lèvres.
Il sourit : « Tu sais que tu es mignonne quand tu rougis ? » Elle lui sourit à son tour avant de se retirer dans sa chambre.
Il se retira dans sa chambre à la fois content et frustré. Il se déshabilla en souriant en pensant à sa beauté et en voyant ses yeux magnétiques de si près. C'était vraiment une beauté qui embrassait très bien, ce qui donnait de la valeur à son charme naturel.
En tout état de cause, il était content d'avoir essayé de l'embrasser car il lui avait bien semblé qu'elle n'attendait que ça. Il décida que le lendemain, il irait plus loin. Il n'aurait pas la volonté d'attendre de revenir à New York pour la mettre dans son lit.
Elle rentra dans sa chambre avec les joues encore roses de son compliment et sous les effets de cet incroyable baiser. Elle ne savait même pas comment elle avait fait pour rentrer dans sa chambre, seule. Peut-être parce que c'était son patron. Elle pesait le pour et le contre; frappera-t-elle à sa porte ou pas?
Elle choisit de ne pas le faire en se disant qu'ils restaient quinze jours ensemble, l'occasion se renouvellera bien d'ici la date butoir de retour à New York. Elle serra les dents pour ne pas céder à sa volonté d'être avec lui car elle était tombée sous son charme depuis pas mal de temps.
Elle estimait qu'il avait un charisme incroyable et qu'il devenait de plus en plus dur de lui résister. Elle savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne soit dans son lit ou elle dans le sien.
Blair a eu beaucoup de mal à se réveiller car elle avait très mal dormi. Elle était pâle et les yeux rouges quand elle arriva dans la cuisine pour prendre son petit-déjeuner. Dorota la regardait et constata qu'elle n'allait pas bien. « Mademoiselle Blair, je vous ai entendue. »
Elle se servit un café : « Et qu'as-tu entendu ? » Lui demanda-t-elle d'un air innocent.
Dorota la toisa : « Vous faire vomir et la chasse d'eau… A plusieurs reprises. Est-ce que je devrais en informer Madame Eleanor ? » Lui répondit-elle en sous-entendant une menace.
Blair releva la tête et la fusilla du regard : « Ne t'avise pas à en parler à ma mère ! Sinon je te renvoie ! »
Dorota ne se laissa pas impressionner : « Je suis une employée de votre mère. » Lui rappela-t-elle... « Il ne faut pas vous faire du mal, Mademoiselle Blair. Cela ne fera pas revenir Monsieur Chuck. »
Elle mit un certain temps avant de lui répondre, surprise d'être découverte : « Ce… ce … n'est pas à cause de Chuck. » Bégaya-t-elle. Dorota hocha la tête mais ne dit rien. Elles savaient toutes les deux, qu'elle avait raison et que Blair ne le reconnaitrait jamais.
La sonnerie de l'ascenseur, stoppa leur échange pour le plus grand bonheur de Blair. Serena sortit de l'ascenseur avec un grand sourire. « Salut Blair. On dirait que tu n'as pas bien dormi. » Dorota ricana doucement.
Blair l'entendit et se tourna vers son amie : « Allons dans ma chambre. »
Arrivées dans sa chambre, elles s'assirent sur le lit. « Que se passe-t-il, B ? » Serena n'était pas dupe de la froideur entre Blair et Dorota.
« Rien. C'est Dorota qui se fait des idées. » Elle mentait, Serena s'en rendit compte tout de suite en voyant les yeux rouges de son amie.
« Alors pourquoi as-tu les yeux rouges ? Tu ne te fais pas vomir, j'espère. »
Blair tourna brusquement la tête, un peu trop brusquement ce qui mit la puce à l'oreille de Serena. « Non, bien-sûr que non. »
Serena dodelina de la tête : « Je ne comprends pas pourquoi tu me mens. Tu sais très bien que cela restera entre nous. »
Blair baissa la tête : « Je me suis peut-être fait vomir, cette nuit. Mais ça reste exceptionnel. »
Serena prit son amie dans ses bras : « Ne te rends pas malade parce que tu as perdu Chuck. Personne ne mérite que tu te rendes malade. Tu te punis toute seule en affaiblissant ton corps au risque que tu te retrouves à l'hôpital. Ce n'est pas ce que tu veux, n'est-ce pas ? »
Elle secoua la tête et commença à pleurer : « J'ai perdu Chuck et c'est entièrement de ma faute et je ne sais pas quoi faire pour le récupérer. »
Elle tenait toujours son amie dans les bras : « Il n'y a rien à faire. Si votre avenir est d'être ensemble, il reviendra vers toi. Sinon… Il faudra le laisser partir comme il t'a laissée partir. »
Elle hocha la tête : « Je sais S, mais je n'y arrive pas. Comment vais-je vivre sans qu'il soit près de moi ? C'est mon ami, mon alter égo. »
« Tu seras toujours son amie à condition que tu te conduises en amie et pas en sorcière avide de vengeance. » Elles rirent doucement à ce que venait de dire Serena.
Karen, se réveilla à la sonnerie de son téléphone. Elle savait qu'il était 7h. Les rayons de soleil, pénétraient ses rideaux mal fermés. Elle se leva et alla directement dans la salle de bain.
Quand elle fut prête à partir, elle prit son sac à main, son ordinateur portable et tourna sa tête vers le mur et elle constata qu'il y avait une porte.
Elle tenta de l'ouvrir mais n'y arriva pas. Elle vit une clé, la tourna et ouvrit la porte qui donnait sur la chambre de Chuck. Les yeux écarquillés de surprise, elle referma cette porte tout doucement, tourna la clé et sortit de sa suite pour aller frapper innocemment à la suite d'à côté.
Il ouvrit la porte avec un grand sourire : « Bonjour ma belle. »
Elle lui sourit à son tour : « Bonjour Chuck. »
Il l'enlaça et l'embrassa tendrement sur les lèvres qui se transforma en un baiser langoureux. « Tu as découvert la porte communicante ? » Lui demanda-t-il sur un ton espiègle.
Il n'en avait pas fallu plus pour qu'elle rougisse à nouveau. Ce qui le fit rire. Elle n'osa rien répondre. Il l'embrassa sur la joue pour la rassurer. Il lui prit la main pour rejoindre l'ascenseur.
Sitôt dans la cabine, il la prit par la taille pour la rapprocher de lui. « Tu sais que l'on aurait pu prendre notre petit-déjeuner dans la suite. »
Il haussa les épaules : « C'est vrai. Nous ferons ça demain matin. » Il eut un sourire narquois : « Dans laquelle ? »
Elle le regarda en faisant semblant de ne pas comprendre ce qu'il sous-entendait : « Je ne sais pas, celle que tu veux. Ce sont les mêmes. »
Il sourit : « Tu as raison. Nous irons là où le vent nous mènera. »
La journée se passait bien pour Blair. Elle était à son bureau de Waldorf Designs quand elle entendit un brouhaha sourd dans les bureaux d'à côté. Elle pensait que s'était les mannequins qui parlaient et riaient un peu trop fort mais quand elle vit sa mère entrer dans son bureau comme une furie en la fusillant du regard, elle fut tout de suite sur ses gardes.
Instinctivement, elle se leva, le teint blanc : « Bonjour mère. »
Eleanor claqua la porte derrière elle. Blair ne comprenait pas la colère d'Eleanor. « Que se passe-t-il mère ? Je ne savais pas que tu venais à New York. Tu es arrivée quand ? »
Eleanor fulminait : « Ça suffit ! Assez de tes petites complaisances ! Qu'as-tu fait pour que j'ai l'honneur d'avoir un appel de Monsieur Clarkson en personne ? »
Elle fronça les sourcils, ne comprenant visiblement pas : « Qui est Monsieur Clarkson ? »
Eleanor commença à faire les cent pas dans le bureau, elle était folle de rage : « Tu ne sais pas qui est Monsieur Clarkson ? En revanche tu connais sa fille ! Puisque tu l'as faite licencier ! »
D'un coup, Blair fit le rapprochement entre le père et la fille sans comprendre le rapport avec sa mère : « Et ? En quoi cela te concerne ? »
Eleanor crut qu'elle allait gifler sa fille :« En quoi cela me concerne ? » Elle hurlait maintenant. « C'est simple, Monsieur Clarkson est le PDG de Nordstrom et a cassé le contrat que j'avais avec lui depuis de nombreuses années ! Est-ce que tu te rends compte des conséquences ? De la mauvaise publicité qui va en découler si les autres firmes l'apprennent ? »
Horrifiée, Blair blêmit devant une mère au bord de l'apoplexie : « Je ne savais pas qui était son père. Je suis désolée, mère. » Elle avait les larmes aux yeux en pensant déjà à la riposte qu'elle envisageait.
« Que t'a fait cette fille, pour que tu veuilles la faire licencier? Tu n'arrêteras jamais tes manipulations ? Quand grandiras-tu?... Je me demande si j'ai bien fait de te donner la direction de ma filiale new yorkaise. J'exige tout de suite une réponse, sinon je te jure que je la trouverai et gare à toi ! » La menaça-t-elle.
Elle se tordait les doigts en baissant la tête, ennuyée de devoir dire la vérité sa mère : « Elle était, enfin elle est très proche de Chuck. »
Sa mère se tourna vers elle, d'étonnement : « Charles Bass ? Mais je croyais que tu ne voulais plus de lui et que tu avais rompu ? »
Elle hocha la tête, toujours en se tordant les doigts : « C'est exact mais c'est compliqué. »
Sa mère ne décolérait pas : « Oui, bien-sûr, c'est toujours compliqué avec toi. Tu veux, tu ne veux pas. Un vrai caméléon ! » Lui répondit-elle ironiquement. « Tes caprices me coûtent très cher. Et tu crois que tu vas récupérer Charles en agissant de la sorte ? »
« Je suis désolée, mère. J'ai agi sur le coup de la colère. Je ne savais pas qu'elle était la fille de ce PDG. » Plaida-t-elle.
Sa mère la regarda, encore plus en colère : « Tu mens ! Tu as toujours été comme ça. Dès que quelqu'un se met en travers de ta route, tu n'hésites pas à la détruire. Tu crois que je ne suis pas au courant de tout ce que tu as fait au lycée ?... »
« … Prie pour que les autres distributeurs des grands noms de la mode ne sachent rien de ce scandale, car ce sera la fin pour nous ! » Elle tourna les talons et sans un regard de plus pour sa fille, elle sortit du bureau en claquant la porte.
Blair se rassit sur son fauteuil en prenant sa tête dans ses mains. Elle était effondrée. Quelques minutes après, elle prit son téléphone pour appeler son amie : « S ? Pourrait-on se voir ? »
Serena sentit dans sa voix qu'elle était stressée et qu'elle n'allait pas bien : « Que se passe-t-il B ? Je peux être chez toi dans une heure. »
Elle hocha la tête de satisfaction : « Ce sera parfait. » Elle chercha un autre nom dans son répertoire et l'appela.
