Dans le courant de la matinée, alors qu'il était seul, il appela Blair : « Je ne sais pas ce que tu veux Blair mais tu commences réellement à m'agacer. M'appeler sans cesse ne m'aidera à me rapprocher de toi, bien au contraire. En revanche j'ai une question : est-ce que tu veux que je montre le message de menace de mort à la police ? »
« Non bien-sûr que non. » Elle pâlissait car elle ne s'attendait pas à une réponse pareille de sa part. « C'est juste une façon de parler. » Essaya-t-elle de se défendre mais c'était maladroit.
« Fais attention Blair, je ne plaisante pas. Je te demande une dernière fois de nous laisser tranquille. Tu as fait ton choix, assume-le. Même si nous ne sommes plus ensemble, nous pouvons rester amis. A moins que tu veuilles mettre nos quinze ans d'amitié à la poubelle?... Si tu continues dans cette voie, tu pourras faire une croix définitive sur moi. Est-ce clair ? »
Elle avait les larmes yeux. « Je suis tellement désolée, Chuck. Ne me rejette pas.J'ai besoin de te parler. Où es-tu ? »
Il ferma les yeux et pinça ses lèvres : « Je suis en déplacement professionnel. » Il n'avait pas envie de lui ajouter de la tristesse en lui disant avec qui il était. « Je ne te rejette pas, je te demande de tourner la page et tout le monde s'en portera mieux. Passe une bonne journée, Blair. »
Karen avait les bras croisés sur sa poitrine, appuyée contre le chambranle de la porte. « Est-ce que tu aurais quelque chose à me dire ? »
Il tourna la tête vers Karen. ''Et merde…Si ce n'est pas l'une, c'est l'autre.'' : « Je t'en aurais parlé mais ce soir. Je n'avais pas envie de t'en parler dès le matin. Elle m'a envoyé un texto qui ne m'a pas plu. »
Elle s'avança vers lui : « Est-ce que je peux le voir ? »
Il soupira en s'attendant à ce qu'elle le lui demande : « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. »
Elle le regarda : « Pourquoi, parce qu'elle me menace de mort ? »
Il secoua la tête : « Elle a dit ça comme ça mais elle ne le pense pas. Tu sais bien que dès fois on dit des choses sans penser les faire. »
« Fais-moi voir le texto, s'il te plaît. » Il lui montra à contre-coeur. Elle hocha la tête et partit.
Il la rattrapa : « Karen, dis-moi quelque chose. Tu as l'air complètement bouleversé. »
Elle le regarda : « Comment réagirais-tu si quelqu'un te menaçait de mort ? » Elle commençait à avoir des larmes yeux . « Je crois que nous devrions en rester là. Je te l'ai dit; je n'aime pas les conflits mais là c'est une menace de mort. Je ne peux pas prendre ça à la légère. »
Il la prit dans ses bras : « Tu ne vas pas me quitter, toi non plus. Je ne veux pas que ça s'arrête entre nous. Tu ne veux tout de même pas lui donner raison ? » Il lui caressait le dos pour la rassurer.
Elle pleurait doucement dans son cou. « Moi non plus je ne veux pas rompre avec toi mais je ne suis pas venue à New York pour avoir des ennuis. Qu'allons-nous faire avec cette furie ? »
Il lui tourna la tête et l'embrassa tendrement sur les lèvres. « Ne t'inquiète pas, je vais m'en occuper. Je vais la menacer de téléphoner à sa mère et lui raconter tout ce qu'elle a est a fait. Elle est sa pire terreur. Je te promets que ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Tout va se tasser, je t'en fais la promesse. »
Elle hocha doucement sa tête, appuyée contre la poitrine de Chuck. « D'accord, je te fais confiance. » Et il l'embrassa.
Elle se redressa quelques minutes plus tard : « En fait, je te cherchais car j'avais besoin de ton avis sur une suggestion d'une structure à rénover. » Ils étaient tous les deux contents de changer de conversation.
« D'accord, allons-y.» Ils repartirent, leur bras enroulant la taille de l'un et de l'autre. Elle pencha rapidement sa tête vers le cou de Chuck. Il sourit à son geste et l'embrassa sur la tempe.
Elle l'arrêta avant de se retrouver dans la pièce où se trouvait le maître d'œuvre qui les attendait. « Il me vient une idée; je pense que tu connais un bon avocat. » Il la regarda en fronçant les sourcils. « Je vais demander une ordonnance restrictive avec effet immédiat. »
Il acquiesça : « C'est une bonne idée. »
« En revanche j'aurai besoin de la capture d'image de son message pour étayer mon dossier. Serais-tu d'accord pour me la transférer ? »
Il était déçu d'en arriver à des solutions extrêmes mais Karen avait raison; il fallait réagir devant le comportement de Blair, pouvant devenir violent. Il sentait bien que sa rage montait crescendo. « Non bien-sûr, je te la transfère tout de suite. » Il joignit la parole aux actes.
Blair raccrocha avec Chuck et prit se tête entre ses mains. Elle pleurait doucement, installée dans le fauteuil de son bureau de Waldorf Designs. Elle partit déjeuner mais mangea très peu. Un nœud à son estomac empêchait toute nourriture solide. Un yahourt et un fruit suffirent à la rassasier.
Elle ne repartit pas à son bureau l'après-midi. Elle préféra marcher dans la rue et tourna sa tête à la vue d'une enseigne de bar. Elle y entra et alla directement au comptoir. Elle s'assit et commanda un gin tonic. Elle le sirotait en repensant à cet appel qu'elle avait eu il y a quelques heures avec Chuck.
Elle était dévastée. Elle força ses yeux à ne pas pleurer en public et commanda un autre verre, puis un autre et un autre. Elle sortit du bar en titubant et folle de rage. L'alcool avait un effet grisant sur elle mais ravivait aussi son agressivité. Elle savait où aller.
Nate entra dans la suite de Chuck où il vit un désordre incommensurable avec un des fauteuils et le canapé éventrés. Les vases et les cadres étaient en miettes par terre. Les ustensiles de cuisine traînaient par terre aussi, des assiettes et verres en mille morceaux.
Il continua à circuler dans les pièces et vit le tapis de billard déchiré et les queues de billard, cassées. Il ouvrit sa chambre et constata qu'elle était intacte.
Quand il en sortit il entendit du bruit venant de la chambre de Chuck; Sachant qu'il n'était pas là, il ouvrit la porte et resta bouche bée devant les dégâts que Blair était en train d'infliger aux vêtements de Chuck.
« Blair ! » Cria-t-il. « Mais que fais-tu ? Es-tu devenue folle ? Arrête ça tout de suite ! » Une odeur forte de parfum le prit au nez. Il mit sa main devant et pénétra dans la pièce pour arracher les ciseaux des mains de Blair qui était en train de couper des chemises.
Il la tira à l'extérieur de la chambre où traînait partout des costumes et chemises en lambeaux. Les produits d'hygiène et parfum étaient répandus sur le lit ce qui expliquait la forte odeur.
Elle riait hystériquement en titubant. Nate vit tout de suite qu'elle était ivre. Il la soutint jusqu'à l'asseoir sur le canapé endommagé. « Mais qu'est-ce qui t'a pris ? Je vais être obligé de lui rapporter ce que tu as fait ! Tu vas avoir de gros problèmes. »
Ne pouvant tenir assise; elle était maintenant à moitié allongée sur le canapé : « Tu as vu ses costumes ? Ils sont plus beaux comme ça, non ? » Elle continuait à rire. Elle eut un haut de cœur qui l'obligea à se lever pour aller aux toilettes.
Nate l'accompagna mais il était trop tard, elle vomit par terre en éclaboussant les chaussures de Nate. « Putain, Blair t'es dégueulasse ! Regarde mes chaussures, elles sont foutues maintenant. »
« Oups, je suis désolée. » Marmonna-t-elle. « J'ai peut-être trop bu.» Elle ricanait à ce qu'elle croyait être une blague.
Il ne répondit pas et téléphona à Serena pour qu'elle vienne chercher Blair. En attendant qu'elle arrive, il téléphona à son ami. « Chuck ? Il y a eu un gros problème ici. Blair est complètement ivre, elle a détruit la suite et plusieurs de tes costumes. Qu'est-ce que je fais ? »
Chuck ferma les yeux, à l'autre bout du fil et réfléchit rapidement : « Tu la sors de là tout de suite et tu ne touches à rien car je vais faire constater les dégâts par la police. J'arrive tout de suite. Si tu ne veux pas dormir chez tes parents, tu pourras demander la clé du 1812 au Palace, je donnerai des instructions dans ce sens. »
Il était en colère de devoir quitter le chantier pour retourner à New York. Heureusement, les villes n'étaient pas trop éloignées.
Dès qu'il eut raccroché, il appela Arthur afin qu'il vienne le chercher et il alla voir Karen. Ils s'isolèrent pour lui parler. Il soupira d'agacement : « Blair est entrée dans ma suite, elle a tout détruit et a mis plusieurs de mes costumes en lambeaux. » Lui avoua-t-il en chuchotant.
Karen écarquilla les yeux mais le laissa finir. « Je dois faire un aller-retour pour voir les dégâts et prendre des dispositions plus drastiques envers elle. Je vais devoir appeler la police pour qu'ils constatent eux-mêmes l'était de ma suite ce qui étaiera ma demande d'ordonnance restrictive que je vais demander aussi à son encontre. »
« Tu pars quand ? »
« Je pars dans quelques minutes, dès que mon chauffeur sera là et je reviens dans la soirée. » Il lui sourit avec son air goguenard : « Le bon côté de la chose… » Il pinça doucement le menton de Karen entre son pouce et index «… est que je vais être ''obligé'' de dormir dans ta suite le temps que la mienne reprenne forme. » Il essaya de blaguer en tentant de dédramatiser la situation.
Elle sourit. « Tu es le bienvenu, bien-sûr. Je détesterais savoir que tu dors dans la rue. J'espère que les travaux dureront… plusieurs jours ? » Lui susurra-t-elle à l'oreille.
Il plaqua son éternel sourire narquois : « Oh oui plusieurs jours, bien-sûr. Ce n'est pas comme si tu n'allais pas profiter de mon corps pendant ce temps. »
Elle eut instantanément les joues rouges mais eut l'audace de lui faire un clin d'œil coquin : « Et toi du mien, non ? Merci Blair. »
Ils s'embrassèrent tendrement enlacés. « A ce soir ma belle. » Et partit rejoindre Arthur quand son chauffeur lui signala par texto qu'il l'attendait en bas de l'immeuble.
Elle lui sourit en retour et lui fit un petit signe de la main. « A ce soir. »
Dès qu'il entra dans la limousine, il appela les directeurs de L'Empire et du Palace pour leur donner l'ordre exprès de refuser l'accès à Blair Waldorf, quelques que soient ses motivations. Il téléphona également à la réception de Bass Industries pour les mêmes raisons.
Serena comprit tout de suite le caractère urgent dans la voix de Nate. Elle arriva dans les quinze minutes, à l'Empire. Elle était prête à monter dans l'ascenseur tandis que Nate l'interpella d'un canapé du grand hall d'entrée. Blair dormait sur son épaule.
Serena s'approcha et regarda Blair: « Elle est ivre ? »
Nate leva ses sourcils : « Ouais complètement saoule. Elle m'a vomi dessus et le pire de tout, elle a saccagé la suite de Chuck ainsi que plusieurs de ses costumes. Il arrive mais il m'a dit de la sortir de là. C'est pour ça que je t'attends ici. »
Serena ouvrit la bouche en formant un ''O''. Elle était choquée par ce qu'elle venait d'entendre. « Aide-moi à la ramener chez elle. Mais qu'est-ce qui lui a pris ? Elle cherche les ennuis ou quoi ? »
Nate dodelina de la tête : « Je pense que ça va chauffer pour elle car il ne revient pas d'un voyage d'affaires pour rien. Je ne sais pas ce qu'il va faire mais rien de bon va sortir de cette histoire. »
Ils soutinrent Blair jusqu'au taxi. Elle s'endormit sur Nate. Il la porta jusqu'à sa chambre sous les yeux effarés de Dorota qui se demandait ce qui arrivait à son jeune employeur. Ils tentèrent de l'allonger sur son lit mais elle eut un haut de cœur qui les incita à l'emmener aux toilettes afin qu'elle y vomisse.
Serena lui servit un verre d'eau. « Tu peux me dire ce qui t'a pris ? » Blair prit son verre des mains. « Tu as gagné, Chuck arrive mais je ne pense pas que ce soit pour te féliciter. »
Elle but quelques gorgées d'eau bien fraîche : « Chut, ne crie pas. Eh bien, au moins il a réagi. Je vais le voir. »
Serena et Nate secouèrent la tête : « Parce que tu crois réellement qu'il va venir te voir ? » Lui demanda Serena, éberluée. « Je pense plutôt que tu as encore provoqué une fissure entre vous. Ce n'est certainement pas comme ça que tu vas le récupérer. »
Blair se mit sur le côté et replia les jambes : « Je m'en fiche. Je sais que je l'ai perdu. » Marmonna-t-elle en ayant du mal à prononcer les mots qui étaient pratiquement inintelligibles. Elle s'endormit presque tout de suite. Serena la couvrit et s'allongea à côté d'elle pour la surveiller à son réveil.
Nate partit au Palace pour récupérer la clé de la suite 1812.
