Blair se réveilla tôt le matin. Elle se demandait où elle était. Une infirmière entra dans sa chambre pour prendre ses constantes qui étaient bonnes. Elle se rappela de ce qu'elle avait fait et commença à avoir les larmes yeux.

Serena arriva vers 9h dans sa chambre. Elle était heureuse de la voir réveillée. « Elle la serra doucement dans les bras. « Comment vas-tu B ? »

« Ça va. » Lui répondit-elle avec une voix encore éraillée

Serena lui sourit. « Nate et Chuck sont venus te voir hier soir. »

Elle ouvrit de grands yeux d'étonnement.« Chuck était là ? »

« Oui et il m'a demandé de le prévenir quand tu seras réveillée. »

Elle fronça les sourcils. « Pourquoi s'inquiète-t-il pour moi ? »

« C'est ton ami. Vous vous connaissez depuis plus de quinze ans. Il n'a certainement pas envie qu'il t'arrive quelque chose. »

« Pff… Qu'est-ce qu'il en a à fiche de moi. Il ne veut plus me parler, je n'ai plus le droit de rentrer dans ses hôtels et j'ai deux ordonnances restrictives. »

Serena leva ses sourcils. « Et à qui la faute ? Je pense que tu as été trop loin et je sais que tu penses la même chose mais ce n'est pas pour autant qu'il te veut du mal. »

Elle regardait le plafond, les larmes aux yeux. « Ouais, peut-être. »

« Tu devrais le laisser partir, comme lui t'a laissée partir. » Blair la regarda et comprit instantanément les sous-entendus.

« Je sais bien que je suis égocentrique, je devrais le laisser partir mais je n'arrive pas à avoir sa force ou ta force de caractère. »

Elle sourit gentiment. « Je reviens, je vais me chercher un café. » Blair sourit à son tour à son amie.

Elle sortit et en profita pour envoyer un message à Nate et Chuck pour leur annoncer le réveil de Blair et qu'elle allait bien. Chuck lui répondit quelques minutes après qu'il viendrait la voir dans l'après-midi. Nate irait la voir le soir.


Comme prévu, Chuck arriva à l'hôpital dans l'après-midi. Il frappa quand il arriva à sa chambre. Lorsqu'il eut l'autorisation de l'autre côté de la porte, il entra avec un léger sourire sur les lèvres. Elle savait qu'il viendrait car Serena l'avait prévenue.

Il s'approcha d'elle sans l'embrasser. « Salut. »

« Salut. » Lui répondit-elle, d'une petite voix.

Il s'assit et en la regardant il put déceler son mal-être et sa tristesse. « Comment vas-tu ? … » Il jeta un coup d'œil à la table, la photo ayant disparu, il choisit de ne pas lui en parler.

« Pourquoi es-tu là ? J'ai une, non deux ordonnances restrictives. Alors que fais-tu là ? »

Il sourit devant son ton vindicatif qui démontrait qu'elle n'allait pas si mal que ça. « Il me semble que tu voulais me parler et j'avais besoin de te parler aussi. »

Elle leva les sourcils. « Je ne sais pas ce que tu aurais à me dire car je pense que tu as été limpide. » Répondit-elle sur un ton plein de ressentiments.

Il soupira et éluda. Il regarda le sol puis la regarda : « J'aimerais mettre les choses au clair. En premier lieu, j'aimerais que nous restions amis. » Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais il l'empêcha de parler avec la main. « Laisse-moi parler car c'est très important. Je suis vraiment désolé que tu te sois fait du mal. Tu ne le mérites pas… »

« … Tu m'as brisé le cœur à plusieurs reprises. » Elle ferma les yeux en se mordant la lèvre inférieure. « Je t'ai laissé partir avec ton prince, j'ai même dû assister à ton mariage. Tu as voulu t'enfuir avec moi. J'étais prêt à reconnaître l'enfant que tu attendais mais le sort en avait décidé autrement. Puis pour des raisons plus qu'obscures et mêmes burlesques, tu es partie avec Dan. Tu as brisé le cœur de Serena. Tu as écrasé tout le monde sans une once d'empathie… »

« Tu te venges ? » Ne put-elle s'empêcher d'interjeter.

Il sourit tristement : « Oh non je ne me venge pas. Ce que je veux t'expliquer c'est que par amour pour toi, je t'ai laissée diriger ta vie comme tu l'entendais sans jamais interférer à part pour payer ta dot. Comme je te l'ai dit il y a quelques temps lors de notre entrevue à l'Empire, je ne peux plus jouer à ce petit jeu… »

«… Tu veux revenir avec moi ? Mais pour combien de temps ? Un mois, six mois jusqu'au moment où tu auras envie d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs ? »

Elle ouvrit ses grands yeux : « Non, non certainement pas, je t'aime. Je veux rester avec toi. J'ai fait des erreurs, mais toi aussi. Je t'es tout pardonné. C'est toi ma vie ! »

« Oui bien-sûr… Tu as même dit au monde entier que tu étais amoureuse de moi. C'est certainement pour cette raison que tu t'es mariée avec un autre…» Lui asséna-t-il sur un ton ironique. « Comment as-tu fait ? Je me suis même demandé si tu n'étais pas un peu détraquée… » Il secoua la tête en pensant à tout ça.

Elle se releva sur son lit, ulcérée : « C'est toi qui a préféré m'écarter de ta vie. Tu m'as mise dans ses mains. Moi je voulais revenir avec toi. »

Il sourit amèrement : « Ouais, c'est vrai … Mais je n'ai pas eu grand-chose à faire pour que tu retournes dans ses bras. Tu aurais pu refuser, te bagarrer, crier, ou rester célibataire. Quand tu veux quelque chose rien ni personne ne peut t'arrêter…»

«…Si tu m'avais vraiment voulu, tu aurais fait tout ton possible pour obtenir ce que tu veux, comme ta détermination l'a toujours démontrée. » Il la regarda en attendant une réplique de sa part.

Elle ouvrit la bouche, stupéfaite mais n'a pas trouvé quoi lui répondre à cet état de fait.

«… Bref. J'ai réfléchi à tout ça quand nous étions séparés et que tu étais avec Dan. Ma conclusion a été que ce n'était plus possible. Notre relation devenait beaucoup trop toxique. Je ne suis pas un mouchoir que tu prends et que tu jettes à ta guise. Psychologiquement, je ne peux plus supporter tes allers et retours avec moi, c'est très humiliant et destructeur… »

Elle eut un sourire sarcastique : « Tu penses à ta réputation ? Tu penses que je salirais la notoriété du grand Chuck Bass ? »

Il sourit vaguement en levant les sourcils : «… Ma réputation ? Oh non, tu sais très bien qu'il y a longtemps que je ne m'en occupe plus et que je m'en fiche royalement. En revanche j'ai de l'amour-propre… »

«… Alors j'ai décidé depuis quelques temps, qu'il fallait que ça s'arrête. En conséquence mon amour pour toi s'est étiolé au fil du temps. De t'imaginer en train de faire l'amour et avoir des orgasmes avec Dan m'a énormément ébranlé et créé une énorme faille entre nous… »

Elle baissa encore les yeux en s'allongeant sur le côté en cherchant la position fœtale. « Je ne sais pas comment m'excuser pour ça. C'était n'importe quoi. Pourquoi ne peux-tu pas m'excuser comme moi je l'ai fait des milliers de fois ? »

«… Je n'ai pas réussi. J'ai essayé mais j'ai ressenti une telle cassure en moi que je me suis dit que je ne pourrai jamais passer derrière lui. Je te rappelle que tout le monde a su que tu l'avais embrassé dans MA chambre. Je te rappelle aussi que je ne t'ai jamais trompée et que je ne t'ai jamais quittée pour une autre et pour finir je ne me suis jamais marié en grande pompe avec une femme dont je n'étais pas amoureux. »

Elle pleurait à chaudes larmes. « Et toi ? Je serai incapable de compter le nombre de femmes avec qui tu as couché dans le lit que j'ai partagé avec toi ! » Eructa-t-elle de colère.

« Ouais peut-être, mais tu savais avec qui tu te mettais. Ça ne te dérangeait pas et je te ferai remarquer que je ne me suis jamais mis en couple. Elles n'étaient que des filles de passage et ce n'est pas parce que tu m'as accepté tel que j'étais que je suis obligé d'accepter celle que tu es devenue…»

Elle haleta de surprise et ses larmes continuaient à tomber.

« … Comme je te l'ai dit, tu as fait des choix. Tu t'amuses avec les sentiments des autres. Tu papillonnes; tu butines une fleur et quand tu t'en lasses tu vas en butiner une autre… »

«…Là en ce moment tu cherches à revenir avec moi parce que tu me vois avec Karen car je n'entendais pas beaucoup parler de toi avant que je la connaisse... Tu ne penses même pas que tu as brisé le cœur de Dan. Je ne te dis pas ça, par compassion pour lui car je ne l'ai jamais porté dans mon cœur mais pour te mettre face de tes choix irréfléchis et insensibles. Mais avec ta grande bonté naturelle, je suis sûr que cela t'empêche de dormir… » Lui dit-il ironiquement.

Elle restait toujours silencieuse devant ces avalanches de vérité. Là encore, rien ne l'empêchait de rester célibataire sous prétexte qu'elle voulait protéger Chuck. Rien ne l'obligeait à avoir une relation avec l'ex petit-ami de Serena pour qui elle portait un amour certain.

«… Ta dernière excuse; m'expliquant qu'il te fallait du temps, seule, pour démarrer ta carrière a été le clap de fin à notre histoire, je ne peux plus. Tu as tiré sur la corde une dernière fois et elle a cassé. Je ne reviendrai pas avec toi. Je suis peut-être violent et direct mais il faut que les choses soient dites. J'en ai fini avec tout ça, il faut mettre tout derrière toi et tourner la page. »

Un silence pesant accompagna sa dernière déclaration. Il se leva pour partir.

« Je suis tellement désolée pour tout ça. » Lui avoua-t-elle. Elle le regardait comme si c'était la dernière fois qu'elle le voyait. « Est-ce que tu l'aimes ? » Demanda-t-elle dans un souffle.

Il sourit, attendri en regardant dans le vide : « J'ai de forts sentiments pour elle. Elle est gentille et douce. Sa sérénité me rend plus calme et je bois beaucoup moins. Tu sais cette fameuse croyance selon laquelle les opposés s'attirent; eh bien nous en sommes un parfait exemple. Si ta question est de savoir si je veux rester avec elle, la réponse est oui et si je tiens à elle, la réponse est oui… »

Elle baissa la tête. « Je ne sais pas comment construire ma vie sans toi. Tu étais mon avenir. Je ne sais pas ce que je vais devenir sans mon alter égo, mon ami de toujours. »

Il la regarda, il aurait voulu la consoler en la prenant dans ses bras mais il savait que cela pouvait lui donner un mauvais signal. « Nous pouvons rester amis, il y a aucune équivoque à ça. Tu retrouveras quelqu'un avec qui refaire ta vie. Tu es jeune et belle. »

« C'est toi le centre de ma vie ! Je n'ai plus rien à faire sur cette Terre, sans toi ! » Cria-t-elle de frustration, comme s'il n'avait pas compris. Elle essuya rapidement ses larmes.

Il pinça ses lèvres, se rassit et la regarda : « Ne dis pas ça, je ne te veux pas de mal mais les sentiments ne se commandent pas. Il faut que tu prennes sur toi, tu es plus forte que ça. Blair Waldorf est comme le roseau; elle plie mais ne casse pas…» Il sourit à sa métaphore.

« …Tu vas rebondir comme toujours et tu retrouveras un vie sereine. Il faudra que tu te fasses une raison. Si tu y mets de la bonne volonté, je peux annuler les ordonnances restrictives ce qui te permettra d'aller voir Serena chez elle, de circuler où tu veux et nous pourrions même être amis tous les cinq. » Lui dit-il doucement.

Elle releva la tête pour la secouer : « Nous ne pourrons jamais être amis. Qui plus est, elle a fait casser le contrat Waldorf avec Nordstrom, j'ai cru que ma mère allait me tuer. Elle m'a même menacée de me retirer la filiale New-yorkaise. Je ne pourrai jamais être amie avec cette … »

Chuck la fusilla du regard, ce qui l'arrêta net. « Fais très attention à ce que tu vas dire sur elle car c'est une fille bien et de surcroît, ma petite-amie alors respecte-là en tant que telle ! … »

Elle le regarda bouche bée. Il ne lui avait jamais parlé de cette façon surtout à propos d'une fille. Elle comprit qu'ils étaient à un tournant de leur vie.

Il la regarda à son tour. « Je te rappelle que c'était en réponse à son licenciement du cabinet Liehman. » Finit-il par lui répondre.

Elle sourit narquoisement : « Pff, tu parles, tu l'as embauchée dans la minute suivante. D'ailleurs je me demande comment tu l'as connue pour qu'elle finisse aussi vite dans ta société. »

Il hocha la tête en souriant au souvenir : « Elle a renversé son café sur moi et elle tenait absolument à payer le nettoyage. Elle avait un rendez-vous avec mon ami Peter Liehman alors quand elle m'a raconté sa déconvenue lors d'un dîner, je l'ai embauchée. Elle était tellement bouleversée par ce licenciement sans raison, - pour elle.- Elle venait d'arriver à New York. Oui je l'ai embauchée et je le referai si besoin car c'est une fille très intelligente, professionnelle qui est très investie dans son travail. »

« Tu n'as pas fait que travailler à Newark. » Elle aurait voulu ravaler les mots qui étaient sortis de sa bouche mais c'était trop tard. « Excuse-moi, ça ne me regarde pas. »

« Non effectivement, ça ne te regarde pas. » Voyant que la conversation prenait une tournure qui ne lui plaisait pas et pensant qu'il avait dit tout ce qu'il avait besoin de lui dire, il se leva pour partir.

« Tu t'en vas ? » L'implora-t-elle du regard.

« Oui je m'en vais. Réfléchis à ma proposition. Personnellement, je préfèrerai que nous restions amis, la balle est dans ton camp. Repose-toi bien, Blair. » Lui dit-il avec un petit sourire pincé avant de sortir.

Il avait encore la main sur la poignée et se retourna vers elle : « D'avoir détruit ma suite n'a pas été une grande marque d'intelligence de ta part, même si tu étais soûle. »

Elle le regarda partir en se mordant la lèvre inférieure, les yeux embués, un peu honteuse de son geste qu'elle préfèrerait oublier. Elle s'écroula sur son oreiller pour réfléchir à tout ça.

Elle prit conscience qu'elle ne lui avait pas beaucoup parlé mais que pouvait-elle ajouter à ce qu'il lui avait dit ? Les choses paraissaient claires du point de vue de Chuck.

Elle se rendit compte du calvaire qu'il avait dû subir lors de sa liaison, plus tard son mariage avec le prince et sa liaison avec Dan. Son manque d'empathie envers Serena et Chuck, était flagrant. Elle a foncé dans le brouillard sans s'occuper du mal qu'elle causait.

Son égocentrisme l'empêchait de voir le mal qu'elle faisait autour d'elle car elle n'y pensait même pas et pourtant elle les considérait comme ses meilleurs amis. Maintenant, elle savait ce qu'ils avaient pu ressentir.

Il quitta l'hôpital avec un certain vide dans son cœur. Il savait qu'un chapitre de sa vie venait de s'achever et qu'une nouvelle page était en train de s'écrire avec Karen. Il remonta dans sa limousine pour entrer dans sa suite et s'allonger sur son lit pour faire le vide. Il avait besoin de se retrouver seul et faire le bilan. Il attendrait que Karen rentre du travail pour lui parler.