Serena arriva peu de temps après Chuck, dans la chambre d'hôpital de Blair. Elle frappa et entra. Elle vit son amie allongée en position fœtale, ce qui l'alerta tout de suite. « Salut B, comment vas-tu ? »

Elle se tourna pour prendre Serena dans ses bras et commença à pleurer. « Chuck vient de partir. Il m'a dit que c'était irrémédiablement fini entre nous. Il ne veut plus de moi. »

Serena ferma les yeux à cette annonce qu'elle savait déjà mais était compatissante vis-à-vis de son amie. «Tu sais que tu n'es pas entièrement responsable de votre rupture car s'il avait encore des sentiments forts, il serait près de toi. Alors il faut respecter ses sentiments et le laisser partir comme il l'a fait pour toi. Je me répète mais c'est la seule solution. »

Elle avait toujours la tête appuyée dans le cou de Serena. « Il m'a presque dit la même chose mais je n'y arrive pas. » Elle se garda bien de parler de Dan et de la fracture indélébile que cette relation à produite sur Chuck.

Serena tenta un sourire pour la réconforter. « J'ai un travail qui me prend beaucoup de temps mais cela ne nous empêchera pas de sortir, faire la fête et faire les magasins que l'on aime. Je ne te laisserai pas tomber. »

« Merci S. Je ne sais pas comment reconstruire ma vie. Je ne sais pas ce que je vais devenir. »

Serena leva les sourcils d'incrédulité : « Tu as Waldorf Designs à faire vivre, et tu vas trouver un gentil garçon avec qui tu pourras t'amuser et qui sait, peut-être que tu tomberas amoureuse de lui. »

« Ca ne risque pas d'arriver. J'aime trop Chuck. »

« Ca arrivera. Peut-être pas maintenant. Il faut te donner du temps, tu verras tout arrive… Pour parler d'autre chose; tu sors quand ? »

« Le médecin a donné son accord pour que je sorte demain mais à condition que je voie un psychiatre pendant quelques temps. »

Serena hocha la tête : « Je t'accompagnerai, si tu le veux. »

« Merci S. » Elle se rendit compte qu'elle avait une amie chère et qu'elle ne se pardonnera jamais de lui avoir fait du mal en ayant une relation avec Dan alors elle prit son courage à deux mains : « Je voulais m'excuser pour ce que je t'ai fait. Tu ne le méritais pas. Je n'aurais jamais dû avoir une relation avec Dan. J'ai encore agi sans réfléchir aux conséquences et sans penser une seconde à toi et à Chuck. »

Serena la regarda, elle avait encore de la souffrance suscitée par la blessure qu'elle lui avait infligée, dans les yeux mais se reprit : « J'ai tourné la page maintenant. Je suis heureuse avec Nate. »

Blair acquiesça, un peu rassurée : « Tant mieux. »

Serena fit une dernière accolade à son amie avant de se lever : « Je viendrai te chercher demain pour ta sortie. Nous allons planifier du temps pour nous deux et sortir pour te changer les idées. »

« Et ton travail ? »

« Je suis très sollicitée alors je peux ralentir la cadence des shooting photo. Je ne peux pas refuser les défilés mais je peux diminuer les séances photos en studio. Je vais me rendre un peu plus disponible. » Elle fit un dernier geste de la main pour lui dire "au revoir" et sortit.


Chuck regarda sa montre et en conclut que Karen devait être rentrée chez elle. Il descendit d'un étage pour se trouver dans le salon. Le tintement de l'ascenseur la fit s'en approcher. Quand elle vit Chuck elle eut un large sourire et l'enlaça pour l'embrasser sur les lèvres. « Ca va ma Ren ? »

« Oui très bien. J'ai avancé sur le projet de rénovation du bâtiment de Brooklyn. »

Il sourit devant son engouement. « C'est parfait, je te félicite. Attends, il faut que ce soit clair, une fois que nous quittons Bass Industries, nous ne parlons plus travail à moins qu'il n'y ait un problème. Sinon il faut laisser le travail derrière la porte fermée de notre bureau ou nous n'aurons plus de vie privée. Il faut scinder les deux. »

Elle secoua doucement la tête : « Heu, tu as raison. Excuse-moi. Je ne te parlerai plus de mon travail. »

Il sentit comme une certaine frustration : « Tu as raison, tu as le droit de me parler de ton travail. Je sais qu'il te porte à cœur et j'ai été très maladroit. Je n'ai tellement pas l'habitude de parler de mon travail quand je sors de mon bureau que je ne me suis pas rendu compte que cela pouvait être important pour toi. Ce qui est normal car tu n'as pas beaucoup d'amis à qui te confier depuis que tu es à New York. Alors je te prie de m'excuser, dorénavant je t'écouterai. »

Elle le regarda en souriant : « Merci Chuck. Tu es très compréhensif. »

Il la regardait toujours en replaçant des mèches qui étaient sur sa joue : « J'essaie. Je voulais te parler. » Elle se redressa instantanément, en étant sur ses gardes. Il s'en aperçut et la calma avec un doux sourire. « Ne t'inquiète pas, cela n'a rien avoir avec toi. C'est Blair. »

Elle s'écarta tout de suite de lui, craignant le pire. Il la tira vers lui pour la rassurer. « Elle a fait une tentative de suicide à cause de moi, je pense. Alors je suis allé la voir cet après-midi pour lui parler et mettre les choses au clair. En résumé je lui ai dit que notre histoire était terminée, que je préfèrerais que nous soyons amis. Que je voulais rester avec toi et que rien de ce qu'elle fera, ne me fera changer d'avis. »

Elle le regarda dans les yeux : «Whoua ! Tu n'y as pas été trop fort ? Elle est à l'hôpital pour une tentative de suicide quand même, tu aurais pu être un peu plus fin. Tu as été dur. »

Il sourit : « Je t'ai fait un court résumé mais j'y ai mis un peu plus de formes. Je lui ai dit que je retirerais les ordonnances restrictives à condition qu'elle se calme. Quoi qu'il en soit, tu ne la connais pas. C'est sa façon de parler également et c'est la seule qu'elle comprenne. Si je laisse, ne serait-ce qu'un faisceau de doute, elle plongera dans un espoir utopique. J'ai préféré être clair de façon qu'il n'y ait aucune ambiguïté. »

Elle leva les sourcils : « Je ne veux pas retirer mon ordonnance mais je pense que le message a été on ne peut plus clair. Tout de même brutal mais concis. »

Elle posa la tête dans son cou quand il l'enveloppa de ses bras. Il la berça doucement dans un silence reposant qui s'infiltra en eux. Elle ferma les yeux de quiétude.

« Je voudrais te présenter à ma famille. » Elle le regarda en souriant, ce qui montra son assentiment. « Tu verras, ma belle-mère est la douceur même, Serena est un peu lunaire mais très gentille et Eric, mon petit frère est très gentil et très perspicace. »

Il voulait lui prouver qu'il n'y aurait pas de retour avec Blair. Le message était clair et bien entendu.

Elle l'embrassa sur les lèvres. « Merci mon…» Gênée, elle s'arrêta dans sa phrase en rougissant. Il sourit car il avait compris ce qu'elle voulait dire. « …Oui bien-sûr que je suis d'accord ! »

Il l'embrassa sur la tête. « Je vais en parler à Lily, ma belle-mère. Je suis sûr qu'elle sera ravie de te connaître. »

« J'ai hâte. » Elle se redressa, les yeux les pétillants d'anticipation, pour aller s'asseoir sur le canapé. « Tu restes avec moi ce soir ? »

Il sourit narquoisement à son invitation tout en la suivant sur le canapé : « Si tu veux. »

Elle fronça les sourcils : « Et toi le veux-tu ? »

« Bien-sûr ma Ren. Par la suite, j'espère nous apporter un peu de douceur afin que nous passions une bonne nuit. »

« Je ne doute pas une seconde que tu y arriveras haut la main, comme à ton habitude. » Il ne répondit pas au compliment à peine déguisé. Il l'embrassa tendrement sur les lèvres.

Elle n'avait pas encore remarqué qu'il était gavé d'assurance et il n'existait pas un homme plus arrogant. C'est vrai qu'il évitait ses coutumières remarques insolentes. Il ne voulait pas lui faire peur car il ne la connaissait pas depuis très longtemps et c'était quelqu'un de réservé et assez timide, en conséquence, il préférait se taire.


Cet après-midi-là, Serena et Blair se promenaient sur Times Square à chercher le dernier modèle de la robe à la mode quand elles virent Nate sur le trottoir d'en face, faire un immense sourire à une femme magnifique. Il la prit par le coude et l'emmena au café juste à côté d'eux.

Les filles regardèrent la scène un peu hébétées. Elles se tournèrent l'une vers l'autre d'un air entendu. « J'espère que c'est un rendez-vous professionnel. » Serena était en rage et prête à traverser la route pour avoir une explication.

« Tu lui poseras la question ce soir. Tu ne peux pas faire un esclandre dans un café, c'est toi que l'on qualifierait de folle. »

Serena avait les yeux foudroyants Nate mais consentit à ne pas traverser la route. « Ouais, tu as raison. Je verrai ça ce soir avec lui et j'essaierai de lire son visage comme tu le ferais mais malheureusement, je ne suis pas aussi douée. »

Blair sourit : « Tu sais, ce n'est pas si compliqué. Nous rentrons à la maison et je t'expliquerai comment déjouer les menteurs. »

Serena fut toute excitée à l'idée : « Rentrons tout de suite alors. » Blair éclata de rire. L'exubérance enfantine de Serena a toujours faire rire Blair.

Blair passa le reste de l'après-midi et même la soirée à apprendre à Serena à repérer les gestes, les mimiques et mouvements incertains, involontaires. Elle lui conseilla de lire un livre sur le sujet. Mais dans l'urgence, elle lui apprit les rudiments.

Quand elle ira voir Nate ce soir, elle lui posera certaines questions directes, droit dans les yeux. D'avoir appris à lire quelques mouvements corporels, lui donnaient une assurance dans les réponses qu'elle attendait ou qu'elle espérait. Elle regarda aussi quelques vidéos sur le sujet afin de compléter ses connaissances. Elle quitta Blair, un peu ravigotée.


La sonnerie de l'ascenseur incita Nate à regarder qui arrivait. Quand il entendit le claquement caractéristique des talons de Serena, il se leva pour aller à sa rencontre. « Salut » Lui dit-elle en l'embrassant rapidement sur la bouche. Elle tourna sa tête de droite à gauche. « Chuck n'est pas là ? »

« Si, il est en-dessous. » Elle fronça les sourcils d'incompréhension. « Il est chez Karen. »

Elle releva la tête : « Oh, ok. Ça tombe bien, car je voulais te parler. »

Il la regarda. « Tu voulais me parler de quoi ? »

Elle remarqua qu'il avait l'air nerveux. Alors elle le regarda droit dans les yeux. « Je t'ai vu cet après-midi avec une superbe femme. Tu es entré dans un bar avec elle. Tu aurais quelque chose à me dire ? »

Il était toujours debout, les mains dans les poches et commençait à montrer de la nervosité en s'appuyant un pied sur l'autre. Il baissa la tête comme un enfant prit en train de mettre le doigt dans la confiture. Il finit par relever sa tête vers elle : « C'est une collaboratrice journaliste. Il n'y a rien entre nous si c'était ta question. »

Elle prit le temps de l'observer avant de prendre sa décision; elle ne le croyait pas mais elle choisit de ne rien lui dire car elle avait une autre idée. « Ok. Bon, ma mère veut me voir. » Mentit-elle. « Nous nous voyons demain ? »

Elle l'embrassa et repartit les larmes aux yeux. Arrivée dans l'ascenseur elle appela son demi-frère. « Chuck ? Pourrais-tu me donner le numéro de ton privé ? »

Chuck fronça les sourcils à sa demande impromptue. « Pourquoi aurais-tu besoin de Mike ? »

« Ca ne te regarde pas; Je veux juste son numéro, s'il te plaît. » Rajouta-t-elle en levant les yeux aux ciel.

Il sourit en commençant à comprendre : « Aurais-tu des doutes sur Nate ? »

« Non, pourquoi aurais-je des doutes sur lui ? Saurais-tu quelque chose que je ne saurais pas ? Je me demande pourquoi je te pose la question de toute façon, tu ne me le dirais pas. »

Il n'était pas dupe de sa démarche et éluda ses questions : « Ok, note. » Dès qu'il raccrocha, il appela son ami. « Salut Nathaniel. Je ne sais ce qui se passe avec Serena mais elle vient de me demander le numéro de mon privé. »

Nate pâlit à l'autre bout du fil : « Quoi ? Ok, merci de m'avoir prévenu, mec. » La solidarité masculine était aussi forte que la solidarité féminine…

Chuck n'avait pas besoin de réponse à ses questions car rien qu'au ton de Nate, il savait qu'il n'était pas tout blanc. Ses longues années d'expérience en la matière, le confortaient dans cette idée. Il ricana en raccrochant. Il se tourna vers Karen pour lui raconter son bref échange avec Nate.

Serena prit rendez-vous avec Mike, bien décidée à découvrir ce que cachait son petit-ami. Elle savait qu'elle avait pris un risque en prenant le privé de Mike car Chuck pouvait très bien prévenir Nate mais quelque part elle l'avait fait exprès. Elle espérait sa panique et un vrai faux pas de sa part.