Arrivés devant la grande maison qui ressemblait plus à un domaine, Chuck admira l'architecture et le choix des matériaux. Le grand jardin possédait une grande pelouse, des arbres et des fleurs multicolores qui étaient plantées de façon ingénieuses et renvoyaient de très belles nuances.
Ils pénétrèrent dans la maison où ils furent accueillis chaleureusement par la mère de Karen. Elle fit un gros câlin à sa mère avant de l'embrasser. « Bonjour maman, ça fait longtemps que je ne t'ai pas fait de câlin. Tu m'as manqué. »
C'était une femme entre deux-âges très sophistiquée, à l'image de Lily. Elle pouvait largement se fondre dans le microcosme de l'Upper East Side. Chuck comprit d'où venait les beaux yeux de Karen.
« Maman, je te présente Charles Bass, mais il préfère qu'on l'appelle Chuck. » Annonça-t-elle avec un grand sourire en tenant sa mère par la taille.
Il fit un sourire à sa mère en lui serrant la main : « Bonjour Madame Clarkson. »
Elle lui sourit à son tour « Bonjour Chuck, c'est un plaisir de vous rencontrer. Soyez le bienvenu dans notre maison. »
Il baissa légèrement la tête : « Je vous remercie Madame.C'est un plaisir de vous rencontrer également. »
Elle regarda l'échange qui était dicté par la convenance et s'impatienta de se retrouver dans sa chambre. « Bon, maman nous montons pour défaire nos bagages et ensuite je lui ferai visiter la maison. A quelle heure rentre papa ? »
Sa mère sourit, heureuse de revoir sa fille : « Il rentre vers 18h30. Le repas sera prêt pour 19h. » Elle tourna les talons et repartit vaquer à ses occupations pendant que Karen et Chuck montaient à l'étage pour rejoindre leur chambre.
« Tu es sûre que ton père approuverait que je dorme avec toi sous son toit ? » S'enquit Chuck.
Elle le regarda, c'est vrai qu'elle ne s'était pas posée la question. C'était tellement naturel qu'ils dorment ensemble. « D'accord, je ne voudrais pas te mettre mal à l'aise au cas où mon père ne serait pas content, je vais demander à ma mère qui, soit dit en passant n'a posé aucune objection quand j'ai dit tout à l'heure, que nous montions dans ma chambre pour défaire nos valises. »
Elle l'embrassa rapidement avant de redescendre rapidement les escaliers à la recherche de sa mère. « Maman ! Ah tu es là. Ça ne te dérange pas que je dorme avec Chuck ? »
Sa mère la regarda : « Je ne suis pas folle, je sais que tu dors avec lui à New York et l'hypocrisie n'a jamais été un de mes défauts. Ton père ne dira rien … » Elle regarda sa fille dans les yeux. « … à condition que vous restiez discrets. Tu n'as pas besoin d'un dessin ? »
Karen eut un grand sourire rougissant et enlaça sa mère : « Il n'y a aucun danger. Merci maman. Tu es la mère, la plus compréhensive du monde. » Elle repartit en courant dans les escaliers.
Elle ouvrit la porte de sa chambre, pour voir Chuck en train de scruter ses photos et souvenirs installés sur les étagères et cadres accrochés aux murs. « C'est ton ex ? » Lui demanda-t-il en lui tendant le cadre qui était sur sa table de chevet.
Elle baissa les yeux pour le regarder : « Oui. » Répondit-elle, un peu gênée. Elle retira la photo et la rangea dans un tiroir. « Le cadre est vide maintenant, viens là. » Il s'approcha d'elle et fit plusieurs selfies et choisira le mieux pour remplir son cadre. « Et voilà. » Lui dit-elle en souriant « Ce cadre ira dans ma suite à New York. »
Il la regarda. « Si tu pouvais changer de cadre, ce serait mieux. »
Elle comprit tout de suite que son égo avait été froissé. « Oh, d'accord, j'en achèterai un autre. » Elle l'enlaça pour l'embrasser tendrement. « Je détesterais que tu penses être un second choix. » Elle le fixa en espérant qu'il lise dans son regard.
Elle ne savait toujours pas qu'il était expert dans la lecture des faciès et il y avait longtemps qu'il avait lu qu'il n'y avait aucune ambiguïté dans son regard. Elle n'avait pas besoin de dire "Je t'aime" pour le savoir. Il lui suffisait d'observer son comportement vis-à-vis de lui. Que Karen, lui dise, serait néanmoins une confirmation qu'il apprécierait, bien-sûr.
Il lui sourit : « Je ne le pense pas. » Lui avoua-t-il en lui apposant un léger baiser sur les lèvres.
Ils entendirent une voix rauque, parler en rez de chaussée. Karen sourit et prit Chuck par la main. « Viens, allons saluer mon père. » Ils descendirent les escaliers pour se trouver devant un bel homme grand, au regard brun chaleureux, ayant des petites rides qui le bonifiaient.
Elle courut dans ses bras pour l'embrasser quand elle le vit : « Papa ! Tu m'as manqué. »
« Bonjour ma chérie. » Sourit-il, en la prenant dans ses bras. « Tu m'as manqué aussi. »
Chuck regardait cet échange avec envie car il n'avait jamais eu la chance de connaître ce genre d'effusion avec son père.
Ils s'embrassèrent avant de se tourner vers Chuck. « Papa, je te présente Charles Bass mais il préfère qu'on l'appelle Chuck. » Sourit Karen, ravie que son père rencontre son petit-ami.
Chuck s'approcha de lui en souriant : « Bonjour Monsieur Clarkson. Je suis enchanté de vous connaître. » Lui dit-il en lui tendant une main ferme.
Il regarda Chuck à son tour en lui serrant fermement sa main : « Bonjour M. Bass, je suis enchanté aussi. » Un simple regard froid de cet homme, provoqua des frissons dans la nuque de Chuck. Il sentit une certaine prudence ou réticence dans l'homme qui pouvait être dû au fait qu'il voie d'un mauvais œil sa relation avec sa fille.
Ils se retrouvèrent tous les trois dans le salon à discuter de choses et d'autres avant que Madame Clarkson n'entre dans le salon pour leur signaler que le dîner était servi. Il se déroula dans une atmosphère feutrée et conviviale.
Dès qu'il fut terminé, Monsieur Clarkson convia Chuck dans son bureau. Il se doutait que ce ne serait pas si simple et que son père avait des questions à poser à cet homme à la réputation volcanique. Chuck était même sûr qu'il s'était renseigné sur lui. Il en était pratiquement certain, car lui-même, en aurait fait autant.
Quand ils tournèrent les talons pour rejoindre le bureau de Monsieur Clarkson, Karen les arrêta : « Papa, laisse-le tranquille, il est gentil avec moi. Il n'est pas là pour passer un examen de passage. »
Son père la regarda : « Ne t'inquiète pas, je vais te le rendre. Je veux juste discuter un peu avec lui. » Elle était blanche de peur. Chuck lui fit un clin d'œil en souriant, pour la rassurer et reprirent leur chemin vers le bureau.
Son père ferma la porte du bureau et invita Chuck à s'asseoir dans un fauteuil pendant que lui-même s'assit dans son fauteuil derrière son bureau. Il ouvrit une enveloppe kraft et commença à lire les renseignements glanés sur Chuck.
Il ne fut ni surpris ni impressionné par cette action. Il attendit les questions qui allaient pleuvoir dans les secondes qui suivent. Monsieur Clarkson le regarda : « Vous avez une sacrée réputation M. Bass … »
Il continuait à lire comme s'il découvrait des renseignements qu'il devait avoir au moins depuis une semaine mais Chuck avait envie de sourire car il n'était pas dupe.
Chuck croisa ses jambes, pour bien montrer qu'il était tranquille avec ça : « J'avais Monsieur Clarkson car cela remonte au lycée mais c'est vrai que cette mauvaise réputation me colle à la peau depuis... » L'homme hocha la tête d'acquiescement.
« ... Depuis, je suis à la tête de Bass Industries et je me dois d'avoir une image irréprochable ne serait-ce que par respect pour mon père qui m'a légué son entreprise. »
Il le regarda rapidement. « A ce propos, je tiens à vous remercier d'avoir embauché ma fille qui venait de se faire licencier. »
Chuck hocha la tête : « Vous n'avez pas à me remercier car c'est un élément de valeur au sein de ma société. Elle avait été embauchée chez mon ami Peter Liehman et quand elle a été licenciée je n'ai pas hésité à l'embaucher. »
Monsieur Clarkson le regarda, suspicieux : « Comme c'est pratique… »
Chuck compris instantanément l'allusion et fronça les sourcils, légèrement offusqué, il voulut éclaircir certains points : «Je l'ai embauchée car d'être au sein du cabinet Liehman garantissait ses qualités et Monsieur Liehman lui avait fait une lettre de recommandation qu'elle m'a donnée. A sa lecture, je n'ai pas hésité. Voilà la vraie raison. Je n'engagerai jamais une personne dans ma société si celle-ci n'a pas les qualités requises et elle, elle les avait. Je fais la différence entre ma vie privée et ma vie professionnelle. L'enquête que vous avez faites sur moi, devrait révéler que je ne plaisante jamais avec les affaires. »
Il acquiesça : « Oui effectivement, cela ressort. » Il le regarda dans les yeux : « Ce n'est pas pour cela que je vous ai fait venir dans mon bureau car je sais que vous êtes un requin respectable et un requin qui aime manger les petits poissons mais pour connaître vos intentions avec ma fille. Elle est mon joyau … » Chuck sourit à ce qualificatif « … je détesterais qu'on lui fasse du mal. »
Chuck leva les sourcils : « Nous sommes ensemble depuis quelques mois et je ne pense pas lui faire du mal et ce n'est certainement pas dans mes intentions. Je la respecte, nous nous aimons bien, certainement plus et je ne compte pas la blesser. C'est une belle personne, elle ne mériterait pas d'être maltraitée. Je pense au contraire que je fais tout ce qu'il faut pour qu'elle soit heureuse. »
Il hocha la tête : « Je suis informé que votre ancienne petite-amie cherche à vous nuire, tous les deux. »
Chuck secoua la tête : « Je m'en suis occupé. Nous avons mis en place des ordonnances restrictives et elle est interdite dans mes hôtels et dans les bureaux de ma société. Karen habitant juste en-dessous de chez moi, elle ne risque rien.»
Il sourit à ces révélations : « Vous m'en voyez ravi, M. Bass. C'est tout ce dont j'avais besoin d'entendre. » Lui dit-il soulagé.
« Je vous en prie Monsieur Clarkson, appelez-moi, Chuck. » Ils se levèrent pour rejoindre les femmes qui attendaient dans l'autre pièce.
En fait, Karen était remontée dans sa chambre et faisait les cent pas, les larmes yeux se demandant ce que son père avait dit à Chuck. Quand il ouvrit la porte, il la vit complètement stressée et en panique : « Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Il t'a fait peur ? Tu vas me quitter, c'est ça ? » Elle tordait ses doigts, tremblotante.
Il fronça ses sourcils en s'approchant d'elle pour l'enlacer : « Mais non ma Ren. Je ne te quitte pas. Tu ne le sais pas mais j'en ai vu bien d'autres... » Il sourit en repensant aux multiples échanges houleux avec Eleanor ou Harold.
« ... Ton père voulait juste connaître mes intentions envers toi. Ce qui est naturel pour un père. J'en aurais fait autant si j'avais une fille qui plus est, aussi magnifique. »
Il lui prit son menton et se baissa légèrement pour l'embrasser. Elle le regarda dans les yeux : « Je t'aime Chuck, je ne veux pas te perdre. »
Il sourit à cet aveu : « Je sais ma belle et tu n'as aucune inquiétude à avoir car je t'aime moi aussi. » Elle le serra encore plus fort dans ses bras en fermant ses yeux larmoyants de bonheur.
Elle l'embrassa fougueusement et l'entraîna dans la salle de bain. « Tu ne veux pas faire ça ici, et si un de tes parents rentraient ? » Lui chuchota-t-il.
Elle s'attaqua frénétiquement à sa ceinture de pantalon et baissa sa fermeture éclair : « Il n'y a pas de danger, ils ne rentrent jamais dans ma chambre sans ma permission. Prends-moi tout de suite, j'en ai besoin. J'ai tellement eu peur. »
Il se laissa convaincre en souriant : « Tu es une petite effrontée. » Il ferma la porte de la salle de bain adjacente à la chambre et assit Karen sur le comptoir à côté du lavabo.
« Et toi tu es addictif, bien meilleur et plus efficace qu'un Prozac. » Elle l'embrassa fougueusement ce qui l'empêcha de lui répondre.
Il la pénétra doucement mais d'un coup comme elle le voulait. C'était un très bon relaxant après la montée fulgurante d'adrénaline qu'elle venait de subir. « Oh mon Dieu que c'est bon. » Lui ronronna-t-elle à l'oreille.
« Oui ma Ren. » Lui répondit-il sur le même ton. Chuck fut obligé de lui mettre la main sur la bouche pour l'empêcher de crier à sa délivrance.
Elle le serra longtemps en fermant les yeux, la tête dans son cou. Ils haletaient tous les deux encore sous l'effet post-coïtal. Un silence reposant emplit la pièce. « Ça va mieux ? » Elle hocha la tête. « Alors comme ça je suis ton Prozac ? » Ils rirent tous les deux.
Elle mit son index sur sa poitrine : « Non tu es meilleur et plus efficace que le Prozac. »
Il l'embrassa dans le cou : « Tant mieux. On se prépare pour descendre ? » Elle acquiesça lorsque Chuck la porta pour descendre du comptoir.
Elle mettait les dernières retouches à son maquillage, pendant qu'il se recoiffait : « Alors que t'a-t-il demandé ? »
Il sourit car il savait que la conversation viendrait à un moment ou à un autre : « Il m'a demandé d'être gentil avec toi car tu es son joyau. »
Elle se tourna vers lui, les sourcils relevés : « Oh, et c'est tout ? »
« Oui en gros. Il a fait une enquête sur moi, ce que je comprends car j'en aurais fait autant. Il a pris peur car j'avais une sale réputation quand j'étais jeune mais j'ai su le rassurer sur mes intentions. »
Elle s'approcha de lui : « Ah oui ? Et quelles sont-elles ? » Ronronna-t-elle.
Il lui sourit : « Que je tenais à toi, que je n'avais pas l'intention de te faire du mal et que je faisais ce que je pouvais pour te rendre heureuse. Ai-je eu tort ? »
Elle mit ses mains sur ses joues : « Non tu n'as pas eu tort. Tu me rends chaque jour plus heureuse et je ne lui parlerai pas de mes transes nocturnes et diurnes, d'ailleurs … » Elle sourit.
« Des transes. » Répéta-t-il en ricanant. Ce qui lui semblait être une confidence mais qui n'était pour lui, qu'une confirmation de ce qu'il entendait pendant leurs ébats. Il l'embrassa avant de descendre les escaliers et rejoindre ses parents.
