Chapitre 7 : Nouvelle journée, nouvelles trouvailles ?
La superstition autour des sirènes s'était propagée dans tout le navire. Suite à l'ampleur grandiose de cette étrange légende, des tours de gardes avaient été organisés sur le bateau, notamment pour surveiller les flots. L'apparition de grigri en forme de pompon faisait également fureur. Ils permettrontient de faire une offrande aux sirènes pour éviter d'être envouter. Même les matelots les plus réticents avaient fini par adhérer à cette histoire. Nombre d'entre eux affirmaient même avoir entendu l'eau les appeler.
J'espérais que la terre se rapprochant leur enlèverait cette histoire de la tête. Elle a commencé, moi aussi, à me faire douter de toute ma logique. Une boule d'appréhension avait pris le dessus sur ma raison. Je m'étais procurée l'un de ces pompons dorés également.
Plus que confus, j'avais finalement pris la décision d'aller voir Iroh. Il m'avait préparé un thé, accueillant et toujours prêt à m'écouter.
- Je n'ai plus de thé au jasmin, mais celui au Sencha est aussi très bon. Tu me donnes ton avis… Je sais ce qui t'amène, c'est cette histoire de sirène qui t'inquiète ?
-Oui . Je n'avais jamais entendu parler de ces créatures mais je commence à avoir peur d'aller sur le pont…
- Je peux comprendre. La peur est inutile si elle est basée sur des éléments brumeux. Je vais te raconter ce que l'on sait dessus. Une ou plusieurs voix féminines envouteraient les matelots afin de les pousser à sauter par-dessus bord. C'est par son chant qu'elle agirait. Et ce, à la tombée de la nuit. Heureusement personne ne manque à l'appel.
- Vous êtes bien renseigné, je n'avais pas entendu parler de tous ces détails autour de la rumeur !
- Il est vrai que cette histoire m'intrigue bien plus qu'elle ne m'inquiète. Je me suis renseigné et j'ai même eu l'honneur d'entendre l'un de ses chants. Une voix magnifique remplie d'émotion, de tristesse, d'amour... Une fois qu'on l'a entendu, il est dur de l'oublier…
Je prends le temps d'analyser toutes ces nouvelles informations. Un instant de doute s'empara de moi.
- Si je reprends… un chant… forcément entendu de nuit. C'est bien ça ?
- C'est exact.
Je pense comprendre. Si c'est fondé, il sera difficile pour moi d'en parler. Il fallait que je sois sûr de ma théorie, c'était si gênant.
- Tu pourrais reconnaître le chant si tu l'entendais une nouvelle fois ?
- Oui, j'en suis sûr !
- Je pense savoir d'où vient cette rumeur… j'ai besoin que tu fermes les yeux et que tu écoutes.
Bien que surprise, Iroh ne dit rien. Une fois ses yeux clôt, je prends une inspiration et dans un premier temps me mis à fredonner.
J'avais l'assurance d'un enfant qui devait avouer une bêtise. Voyant qu'il avait gardé les yeux fermés, résolu et plus confiant, je pus me mettre à chanter. Je m'applique sur la mélodie et l'harmonie de ma voix. Une fois que j'eu terminé la mélodie, il me dit :
- Tu as vraiment une voix magnifique, je ne m'étais pas trompé. il rouvre ses yeux, bienveillant.
Il souriait. Je dois bredouiller un merci. Je ne chantais que très rarement pour d'autres personnes, même pour ainsi dire jamais.
- J'avais raison de ne pas m'inquiéter. Il rit . Je me charge de rectifier l'histoire auprès de mes hommes. Ta voix à charmé plus d'un !
- Je ne voulais pas attirer l'attention... Bafouai-je mal à l'aise.
- Ne te fait pas de soucis, maintenant je te connais assez pour le savoir.
Enfin soulagée, je lui rends son sourire.
Au fil de la conversation, il m'apprit également qu'il avait été décidé que nous accosterions au port le lendemain à l'aube. Voulant être en forme, je pris congé et partis rapidement dormir.
Durant l'escale, j'étais chargé de refaire le stock d'herbes médicinales. Zuko ainsi que deux soldats allaient nous accompagner. Le jeune prince soutenait que j'allais probablement attirer l'avatar. Il se servait de moi comme appât. Malgré la faible possibilité de les trouver, j'espérais au moins avoir de leurs nouvelles en ville.
C'était plutôt un village remarquais-je une fois sur place. Bien que prospère, il ne fut pas facile pour autant de trouver un herboriste. L'uniforme pourpre inspirait la peur partout où nous passions et peu d'habitants étaient assez courageux pour nous renseigner efficacement.
Nous devons rentrer de cette première journée bredouille mais non en vain pour ma part. Marcher sur la terre ferme était une sensation très plaisante, surtout après avoir été aussi longtemps en mer.
- Je suis content de la journée, le temps était radieux. La journée aurait pu être pire. Lançai-je à l'intention d'un Zuko dont l'impatience se lisait dans son attitude.
Je n'eus comme réponse qu'un regard agacer. Je souris, contente de ma journée. Sa mauvaise humeur ne me contaminerait pas !
Il partit de la cabine qu'on partageait et je ne le revis pas de la soirée. Je pensais regarder sa blessure mais ça attendra.
Zuko ne revint qu'à l'aube me réveillant brusquement.
- L'avatar a été vu. Toi tu viens avec moi !
Sans même me laisser le temps de manifester ou de prévenir les gardes de la veille, nous nous rétrouvions à parcourir les rues, déjà bien animés.
Il me tenait par le poignet et marchait d'un pas vif, je peinais à le suivre.
J'avais le souffle court quand il finit enfin, au détour d'une rue, par s'arrêter :
- C'était ici !
Je prends enfin le temps de regarder autour de moi. Des maisons en pierre agences de manière archaïques. Nous étions nous arrêtés à un embranchement, mais nulle trace de mes anciens camarades.
Le soleil était caché derrière de gros nuages sombres.
- Il ne faut pas qu'on s'attarde aujourd'hui, l'averti-je, la pluie ne va pas tarder !
En effet nous avions déjà marché une bonne heure pour arriver ici et le temps n'était pas au beau fixe.
- Il n'est pas loin ! Je le sais. Pour retrouver mon honneur perdu, je le trouverais et je le capturerais. Ce n'est pas quelques nuages qui vont m'arrêter !
Il ne m'avait toujours pas lâché et m'entraîna dans ses recherches. Borné comme il était, rien de ce que je pouvais dire ne l'aurait fait changer d'avis.
C'est sur la place du marché que la majorité de la population s'était rassemblée. De nombreuses étales encombraient l'espace gorgé de vie. En fin de compte, devant le marchant de choux, nous les aperçûmes enfin.
- L'avatar ! s'exclama le jeune balafré.
- Sokka, Katara ? malheureusement, pris dans la masse, ma voix ne porte pas jusqu'à eux.
