Chapitre 10 :
Avec ma famille, on a déménagé en France. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être à cause des deux hybrides à têtes de chiens, qu'on a croisé en allant à New-York ? De toute façon, Lucas m'a dit que je serais enthousiaste à l'idée de vivre près de la Mer Méditerranée. Et il a raison. Le petit village au sud du pays est vraiment génial ! J'adore me levait en inspirant une grande bouffée d'eau salée.
D'ailleurs, je me promène depuis ce matin le long de l'eau, les vagues léchant mes pieds. Terry m'a demandé de ne pas m'éloigner, mais je lui désobéis. Comme à chaque fois ! (La vie serait si triste sans désobéissance)
Sur le sable, exposée à la vue de tout le monde, un objet brillant et pointue m'intrigue. C'est la partie « pointue » qui me décide de m'approcher. Je vois une petite dague décorée, avec de jolis symboles marins. Je me baisse pour l'attraper, et le métal de l'objet me fascine. On dirait du bronze scintillant... du bronze... céleste. Je suis sûr de moi. C'est du bronze céleste. Mais comment le sais-je ? Mystère...
Je l'approche de mes yeux, pour admirer mon reflet dans la lame. Le visage d'une fille aux yeux gris comme l'orage, avec une chevelure blonde, me revient. Ensuite, c'est un garçon aux yeux bleus-verts, dont le sourire me pince légèrement le cœur. Puis un homme-cheval qui me fait remonter une immense chaleur comme... de la reconnaissance. Bizarre...
Pourtant, je ne connais pas ces personnes. Puis tout s'efface.
La lame reflète de nouveau mon reflet. Je me concentre de toutes mes forces pour refaire surgir ses personnes qui ne me sont pas inconnues. Mais j'ai déjà oublié.
Tereza m'appelle à la fenêtre. Je la rejoins, laissant la dague où je l'ai trouvé. Il me semble entendre un rire dans l'eau, mais j'ai dû rêver. Une voix me suit jusqu'à ma maison en bord de mer.
Sur le porche, le vent soufflé sous mon cou. Je me retourne, mes pensées tel des vagues qui vont et viennent. La marée monte tout doucement, le vent soufflant encore plus. Je rentre me mettre à l'abri. La même voix ricanant dans la tempête qui se prépare.
« Ah ! Te voilà ! Je savais où te trouver. Tu t'éveilleras, soit en sûr... Après tout, le miroir n'est-il pas le reflet de l'âme ? »
