Je ne possède aucun des personnages de la série
Stringfellow, étendu sur son canapé, rattrape une partie du sommeil qui lui manque pendant que Dominic veille sur lui comme il l'a toujours fait.
Ce texte a été écrit pour l'anniversaire d'Ernest Borgnine
En espérant que cela vous plaise !
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
Une parenthèse de sérénité
Dans son chalet au bord du lac Hemet, Stringfellow Hawke dormait profondément, étendu sur son canapé, le visage à moitié enfoui dans l'oreiller qu'il avait à peine eu la force de disposer correctement. Têt avait profité qu'il reste dans le salon pour se coucher sur les jambes de son maître. La lumière du matin s'infiltrait à travers les stores mal fermés, dessinant des rayures lumineuses sur le parquet. Son souffle régulier trahissait une fatigue bien trop accumulée pour être ignorée. Ce n'était pas qu'il aimait négliger son sommeil, mais les nuits sans repos faisaient partie de son quotidien, entre les missions périlleuses et les souvenirs qui refusaient de s'éteindre… et la veille, il avait fini par s'écrouler sur le canapé sans avoir le temps de monter à l'étage pour s'écrouler sur son lit…
Le Bell 222 s'était posé en douceur sur le ponton, ses pales ralentissant progressivement jusqu'à s'immobiliser. Dominic sauta au sol avec une légèreté surprenante pour son âge, un grand sourire aux lèvres. Il portait une caisse remplie de provisions, sifflotant un air joyeux, mais son humeur enjouée s'interrompit dès qu'il poussa la porte de la maison de String. Le spectacle de son protégé effondré sur le canapé lui arracha un froncement de sourcils inquiet.
Dominic posa la caisse sur la table et observa son gamin un instant. Ses cheveux en bataille sa chemise froissée et cette expression épuisée même en plein sommeil… Tout cela lui fit comprendre que la nuit avait dû être particulièrement mauvaise, malgré la présence de Têt qui redressa la tête en remuant la queue en le voyant entrer. Dominic fit un signe au chien de le suivre pendant que ses yeux se posèrent sur la cuisine impeccable. Pas un verre, pas une assiette dans l'évier.
- Ce gamin n'a même pas mangé la veille, pensa-t-il en soupirant.
Déterminé à lui redonner un peu de force, Dominic déballa ses courses en silence. Il sortit des légumes, des pâtes et quelques épices qu'il avait spécialement achetées pour l'occasion. Puis, après un coup d'œil vers le canapé pour s'assurer que String dormait toujours, il se mit à cuisiner. Préparer des lasagnes végétariennes n'était pas exactement son fort, le vieil italien était un adepte des plats riches et copieux, où la viande tenait souvent la vedette, mais il savait que String avait des goûts différents, préférant des plats sans légumes et surtout sans viande rouge depuis son retour de la guerre… Les corps déchiqueté, le sang et les tortures l'ayant définitivement rendu végétarien… Alors même si Dominic plaisantait souvent pour dédramatiser la réalité, il était bien évidemment prêt à tout faire pour que son gamin se sente bien.
Il attrapa un couteau et commença à hacher les légumes, ses mouvements rapides et précis trahissant une habitude qu'on n'aurait pas soupçonnée chez lui. Il réfréna son envie de siffloter ou de fredonner une chanson, sachant que String avait besoin de ces précieuses heures de sommeil. Le silence dans la maison n'était interrompu que par le bruit des légumes coupés sur la planche et le doux frémissement de la poêle sur le feu. Dominic jetait un coup d'œil vers le canapé de temps en temps, s'assurant que String ne se réveillait pas. Pourtant, il savait que le jeune pilote avait le sommeil léger, un effet secondaire de ses années passées à toujours être sur ses gardes et des cauchemars qui le hantaient.
Après avoir préparé la sauce et assemblé les lasagnes, l'italien les glissa dans le four. Il se permit enfin de s'asseoir un instant, massant ses genoux endoloris par la descente de l'hélicoptère. Alors qu'il fixait distraitement les flammes dans le four, un grognement attira son attention. String se réveillait lentement.
Le jeune pilote s'étira lentement, ses muscles protestant contre les heures passées sur le canapé inconfortable. Ses mouvements étaient maladroits, presque chancelants, alors qu'il se levait. Il passa une main dans ses cheveux, tentant vainement de les discipliner, et se tourna vers la cuisine, clignant des yeux pour ajuster sa vision.
- Dom ? C'est toi ? Demanda-t-il d'une voix encore rauque de sommeil.
Dominic se redressa aussitôt, un sourire chaleureux éclairant son visage.
- Réveillé, petit ? Parfait, tu vas pouvoir te mettre à table.
Il ouvrit le four et sortit un plat de lasagnes encore fumant, la surface dorée et croustillante dégageant une odeur qui emplissait déjà la pièce. String s'approcha, intrigué par la scène inhabituelle.
- Dom, tu sais, les lasagnes…
Dominic leva une main pour l'interrompre, un sourire malicieux sur les lèvres.
- Elles sont végétariennes, qu'est-ce que tu crois ? C'est pour toi que j'ai cuisiné. Il y a plus de légumes dans ces lasagnes que j'en mange en une semaine !
À ces mots, String éclata de rire, un rire franc et sincère, le genre de rire qui chassait les ombres dans ses yeux. Il s'assit au bar, observant Dominic qui découpait une part généreuse et la déposait devant lui. Il savait que son vieux mentor avait fait tout cela pour lui, qu'il s'inquiétait à sa manière et cela réchauffa son cœur fatigué. Peu importait les nuits blanches, les missions périlleuses, et les souvenirs douloureux. Tant que Dominic était là, il savait qu'il avait un roc, un ancrage solide dans ce monde parfois si chaotique.
- D'accord, dit String en attrapant sa fourchette, un sourire aux lèvres. On goûte alors ?
- Parfaitement et tu vas me finir le plat, j'en suis sûr ! Répondit Dominic en s'asseyant à côté de lui, un air satisfait sur le visage.
Et dans ce moment simple, entouré d'odeurs réconfortantes et de rires partagés, String sentit la fatigue s'éloigner un peu, remplacée par une chaleur qui n'avait rien à voir avec les lasagnes.
