Clara sortit de la chambre presque une heure plus tard, les cheveux un peu ébouriffés mais semblant légèrement plus reposée. En entrant dans le salon, elle trouva Genzo qui l'attendait, un sourire chaleureux aux lèvres.
— Bien dormi? demanda-t-il doucement.
Elle hocha la tête, esquissant un petit sourire timide.
— Un peu, oui... Merci pour tout.
Genzo se leva et lui indiqua le canapé.
— Asseyez-vous. J'ai préparé du thé, et je voulais aussi discuter de quelque chose avec vous.
Intriguée et un peu hésitante, Clara s'installa sur le canapé. Genzo lui tendit une tasse avant de s'asseoir en face d'elle.
— Clara, commença-t-il doucement, je sais que ce n'est pas facile pour vous de parler de tout ça. Mais... je ne peux pas m'empêcher de penser que votre ex n'a pas seulement été menaçant avec vous.
Clara baissa les yeux, ses doigts serrant nerveusement la tasse.
— Je me trompe? demanda-t-il doucement, son ton dépourvu de tout jugement.
Elle secoua la tête, évitant son regard. Genzo continua, choisissant ses mots avec soin.
— S'il vous a déjà frappée, vous pourriez avoir des preuves. Des bleus, des marques... quelque chose qui pourrait convaincre la police d'agir.
Clara sembla se raidir, son visage rougissant de gêne.
— Je... je ne sais pas... murmura-t-elle.
Genzo posa sa tasse sur la table et se pencha légèrement en avant.
— Clara, je sais que ce n'est pas facile. Mais si on ne fait rien, il continuera. Je veux juste vous aider, mais je ne peux le faire que si vous me laissez essayer.
Elle resta silencieuse un long moment, mordillant nerveusement sa lèvre. Finalement, elle murmura :
— Peut-être... j'ai... j'ai un ou deux bleus.
Genzo hocha doucement la tête, comme pour l'encourager à continuer.
— C'est déjà suffisant. Écoutez, j'ai un ami qui est médecin. C'est quelqu'un de confiance, et il pourrait venir ici pour vous examiner. S'il constate les blessures, il pourra faire un certificat médical. Avec ça, la police sera obligée de prendre votre situation au sérieux.
Clara releva les yeux vers lui, visiblement tiraillée entre l'espoir et la peur.
— Vous pensez vraiment que ça pourrait marcher?
— Oui, affirma-t-il fermement. Mais ça dépend de vous. Je ne ferai rien sans votre accord.
Elle réfléchit un instant, son regard perdu dans sa tasse. Puis, d'une petite voix, elle répondit :
— D'accord... Si vous pensez que ça peut m'aider...
Genzo esquissa un sourire rassurant.
— Je suis sûr que ça peut faire la différence. Je vais appeler mon ami, et il viendra dès qu'il pourra. En attendant, vous êtes en sécurité ici.
Moins d'une heure après, la porte d'entrée s'ouvrit doucement. Jun Misugi entra dans l'appartement avec son air calme et posé, saluant Genzo d'un hochement de tête. Il jeta un regard rapide à Clara, qui l'attendait avec un air à la fois nerveux et soulagé. Jun s'approcha d'elle avec un sourire rassurant.
— Bonjour Clara, je suis Jun, ami de Genzo. Ne vous inquiétez pas, je suis là pour vous aider.
Clara le regarda avec une certaine appréhension mais sembla se détendre légèrement sous son attitude bienveillante. Elle hocha la tête, un faible sourire se formant sur ses lèvres.
— Bonjour, merci, murmura-t-elle.
Jun la conduisit dans la chambre d'amis pour procéder à l'examen. Genzo, quant à lui, faisait les cents pas dans le salon, nerveux, ne pouvant s'empêcher de penser à Clara seule dans cette pièce, face à un médecin. Il savait qu'il faisait tout ce qu'il pouvait pour l'aider, mais l'attente le rongeait.
Après quelques minutes, Jun ressortit enfin de la chambre, le visage fermé, bien plus sérieux qu'à son entrée. Genzo se leva immédiatement, ses yeux se fixant sur lui avec impatience et inquiétude. Jun le regarda, un léger soupir s'échappant de ses lèvres avant qu'il ne parle.
— Genzo, il n'y a pas de doute. Avec ce que j'ai vu, Clara pourrait déposer plainte sans problème.
Genzo sentit un frisson de colère l'envahir, et il serra les poings pour contenir sa rage.
— Quoi ? Qu'est-ce que tu as vu ?
Jun croisa les bras et baissa la tête un instant, choisissant ses mots.
— Le dos de Clara est complètement recouvert de bleus, ainsi que sa hanche. Ça n'a pas l'air d'être des accidents. Ce type a été violent. Il n'y a pas de doute là-dessus.
Genzo sentit son cœur se serrer, une vague de protection montait en lui, et une colère sourde se propagea dans son corps. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Clara, une femme si douce et gentille, avait subi ça pendant combien de temps?
— Ce salaud, marmonna-t-il, sa voix tremblante de rage.
Jun lui lança un regard calme, mais déterminé.
— Genzo, calme-toi. Ce n'est pas le moment de laisser ta colère prendre le dessus. Ce qui compte, c'est que Clara puisse maintenant obtenir de l'aide.
Genzo prit une profonde inspiration, essayant de calmer les battements furieux de son cœur. Il déglutit difficilement avant de hocher la tête.
— Tu as raison... mais ça m'horripile...
Jun posa une main sur son épaule.
— On va la soutenir. C'est tout ce qu'on peut faire pour l'instant. Et ça, ça va faire une différence. Je lui ai fait un certificat avec trois semaine d'ITT ce sera très utile pour la suite.
Genzo, bien que toujours rempli de colère, savait qu'il devait rester calme. Il s'approcha de Clara, qui était restée silencieuse dans la chambre, et la regarda avec un regard déterminé.
— Clara, on va faire en sorte que tout ça soit derrière vous. Vous méritez mieux que ça.
Clara leva les yeux, un léger sourire naissant malgré la gravité de la situation.
— Merci... merci pour tout ce que vous faites...
Genzo acquiesça, son regard plein de promesse.
— Vous allez enfin être libre de tout ça.
Genzo passa un moment à préparer le repas, sa colère et son désir de protéger Clara toujours présents dans son esprit. Mais il savait qu'il devait rester calme, qu'il devait lui offrir un environnement sûr, pour qu'elle puisse se détendre un peu. En posant les plats sur la table, il se tourna vers Clara, qui était encore assise dans le canapé, visiblement un peu nerveuse.
— Clara, je vais préparer un repas simple ce soir. Vous devriez manger un peu. Et demain, dès le matin, on ira au commissariat, d'accord ?
Clara acquiesça d'un petit signe de tête, mais elle ne sembla pas totalement détendue. Genzo prit une grande inspiration avant de lui proposer quelque chose pour briser un peu la glace.
— Écoute, est-ce que tu veux qu'on se tutoie ? Je pense que ce serait plus facile. On est entre nous ici.
Clara sembla hésiter un moment avant de lui répondre timidement.
— Oui... d'accord.
Ils commencèrent à manger, l'atmosphère un peu plus détendue grâce à la proposition de Genzo. Celui-ci tenta de garder la conversation légère, tout en cherchant à en apprendre un peu plus sur Clara, pour comprendre d'où elle venait, ce qu'elle avait traversé. Tout en coupant sa viande, il lui expliqua qu'il avait dû consulter un kinésithérapeute à cause d'une déchirure musculaire survenue quelques semaines plus tôt, lors d'un entraînement de football.
— C'était assez douloureux, mais ça va mieux maintenant, expliqua-t-il avec un sourire. La rééducation est longue, mais ça fait partie du boulot.
Clara hocha la tête, écoutant attentivement, mais on voyait qu'elle restait un peu distraite. Le silence qui suivit ne dura pas longtemps, et Genzo chercha un sujet plus personnel pour mieux comprendre ce qui se passait dans la vie de Clara. Il décida de la questionner doucement sur son accident.
— Alors, Clara... comment tu t'es fait ton entorse à la cheville ?
Clara baissa immédiatement les yeux, ses doigts se tordant nerveusement autour de sa fourchette.
Elle balbutia, visiblement mal à l'aise.
— Euh... je suis tombée dans les escaliers...
Genzo fronça légèrement les sourcils, mais il n'insista pas tout de suite, essayant de rester calme et compréhensif.
— Ça devait être douloureux... mais tu n'as pas à avoir honte de ce genre de choses, des accidents comme ça, ça arrive.
Elle sembla hésiter encore un instant, mais finalement, elle se résigna et leva les yeux pour le regarder.
— Ce n'était pas un accident... C'est Gunther... Lors d'une dispute, il m'a... poussé dans les escaliers. Il est parti après, me laissant là, toute seule, au sol...
Les mots frappèrent Genzo comme un coup de poing. Il serra tellement fort sa fourchette que ses doigts blanchirent. Il se leva brusquement de table, ses yeux emplis de colère.
— Ce connard... il t'a poussée dans les escaliers ?!
Clara, prise au dépourvu par la réaction de Genzo, sursauta en poussant un petit cri de terreur, les yeux écarquillés par la peur. Elle n'avait pas prévu une telle explosion.
— Je... je suis désolée... je ne voulais pas que tu sois en colère...
Genzo s'arrêta un instant, réalisant que sa réaction avait fait peur à Clara. Il respira profondément pour se calmer, mais la rage bouillonnait encore en lui.
— Désolé... je ne voulais pas te faire peur. C'est juste... c'est juste que ça me révolte. Ce type est un monstre.
Il se laissa retomber sur la chaise, les poings serrés, tout en essayant de se calmer.
Clara, toujours aussi nerveuse, évita son regard.
— Tu n'as pas à t'excuser... je comprends... mais je ne voulais pas te mettre dans une situation où tu t'énerverais...
Genzo la regarda longuement, sa voix redevenant plus douce.
— Clara, écoute-moi bien. Je ne sais pas ce que tu as vécu avec lui, mais tu n'as plus à endurer ça. Ce mec n'a pas le droit de te traiter ainsi, et il va payer pour ce qu'il t'a fait.
Clara sembla enfin détendue par ces mots, son visage s'adoucissant un peu. Mais la douleur dans ses yeux restait.
— Merci... Genzo... merci de me croire...
Il lui sourit doucement, sa colère se muant en une détermination calme.
— Tu es en sécurité ici. Et je ne laisserai plus ce type te faire du mal. Tu as ma parole.
En pleine nuit, Genzo entendit des sanglots étouffés venant de la chambre de Clara. Il hésita un instant, pensant qu'elle avait peut-être besoin d'être seule, mais un bruit plus alarmant le poussa à ouvrir doucement la porte. Ce qu'il vit lui glaça le sang : Clara était recroquevillée au sol, son téléphone serré dans sa main tremblante. Son visage était inondé de larmes, et elle respirait par à-coups, comme si elle n'arrivait pas à reprendre son souffle.
Il s'accroupit immédiatement à ses côtés, parlant d'une voix douce mais ferme.
— Clara, regarde-moi. Respire doucement. Tout va bien, je suis là.
Elle secoua la tête, incapable de parler, et ses sanglots redoublèrent. Genzo remarqua l'écran de son téléphone allumé, affichant des dizaines de notifications. Il attrapa délicatement l'appareil et y jeta un coup d'œil rapide. Les messages de Gunther défilaient : menaces, insultes, fausse gentillesse... et maintenant, il mentionnait même Genzo, le menaçant directement.
Genzo serra la mâchoire, sa colère montant en flèche, mais il la réprima pour se concentrer sur Clara. Il posa le téléphone hors de portée et prit doucement ses mains dans les siennes.
— Clara, écoute-moi. Inspire par le nez... doucement... et expire par la bouche. Fais-le avec moi.
Il exagéra sa respiration pour qu'elle puisse le suivre. Au bout de quelques instants, ses sanglots se calmèrent légèrement, bien que sa respiration reste erratique.
— C'est bien, continue, murmura-t-il. Personne ne peut te faire de mal ici, je te le promets.
Clara releva enfin les yeux vers lui, ses joues ruisselantes de larmes.
— Il... il sait que je suis ici... Il va venir... Je ne peux pas... je ne peux pas aller au commissariat...
Genzo serra doucement ses épaules, essayant de capter toute son attention.
— Écoute-moi. Il ne va rien te faire. Pas tant que je suis là. Et demain, on ira au commissariat, quoi qu'il arrive.
Elle éclata en larmes à nouveau, mais cette fois, c'était différent. Il sentait qu'elle relâchait une partie de la peur et de la douleur qu'elle avait accumulées.
— Mais... il est dangereux...
Genzo la regarda droit dans les yeux, sa voix devenant plus ferme.
— Je le sais. Mais il ne peut pas me faire peur. Et toi non plus, tu ne dois plus avoir peur de lui. Tout ce qu'il fait, c'est essayer de te contrôler. Demain, on va mettre fin à ça.
Clara hocha faiblement la tête, bien que ses yeux soient encore emplis de doute. Genzo la releva doucement et l'aida à s'asseoir sur le lit.
— Je vais te préparer une tisane. Et je vais garder ton téléphone éteint pour cette nuit, d'accord ? On n'a pas besoin d'entendre ses absurdités.
Elle hésita, puis acquiesça faiblement.
— Merci, Genzo...
— Toujours là pour toi, répondit-il avec un sourire réconfortant.
Il quitta la pièce pour lui préparer une boisson chaude, mais dans sa tête, il commençait déjà à préparer un plan. Il ne laisserait pas Gunther ruiner la vie de Clara une minute de plus.
Quelques minutes plus tard, Genzo revint avec une tasse de tisane fumante. Il trouva Clara toujours assise par terre, le regard vide mais visiblement plus calme.
— Tiens, dit-il doucement en lui tendant la tasse. Ça va te réchauffer et t'apaiser un peu.
Clara prit la tisane entre ses mains tremblantes, murmurant un faible merci. Genzo s'assit en face d'elle, croisant les jambes, et planta ses yeux bienveillants dans les siens.
— Écoute, Clara. Mon appartement est dans une résidence sécurisée. Il y a un gardien à l'entrée et des caméras. Gunther ne pourra pas entrer ici. Tu es en sécurité.
Elle hocha timidement la tête, serrant la tasse comme si c'était un ancrage.
— Mais pour demain, il faudra que tu montres ces messages à la police. Ils doivent voir à quel point il te harcèle et te menace.
Clara baissa les yeux, la honte perçant dans sa voix.
— Je... Je suis désolée d'avoir rallumé mon téléphone. Je savais que ça allait me faire du mal, mais... j'étais inquiète de ce qu'il pourrait dire...
Genzo posa une main réconfortante sur son épaule.
— Ne t'excuse pas, Clara. Tu es humaine. Ce que tu ressens, c'est normal. Mais ce n'est pas ta faute si Gunther agit comme ça. Et c'est bien que tu aies ces messages. Ils seront une preuve essentielle contre lui.
Elle hocha à nouveau la tête, les yeux embués, avant de murmurer :
— Je regrette quand même de les avoir lus...
— Ce qui est fait est fait, répondit-il doucement. L'important, c'est que tu sois en sécurité ici. Et demain, on fera tout pour que ça change.
Clara releva légèrement les yeux, croisant le regard sincère de Genzo. Sa voix était pleine de détermination, et pour la première fois, elle sentit une petite étincelle d'espoir.
Genzo resta près d'elle, l'aidant à se relever doucement et l'accompagnant jusqu'au lit.
— Bois un peu ta tisane. Je reste avec toi jusqu'à ce que tu te calmes et que tu te rendormes.
— Merci, murmura-t-elle, la gorge serrée.
Il hocha la tête avec un sourire rassurant, s'asseyant sur une chaise près du lit pendant qu'elle buvait à petites gorgées. Après un moment, Clara s'allongea, épuisée, et Genzo attendit patiemment qu'elle s'endorme, veillant sur elle comme une ombre protectrice.
Dans son esprit, il n'y avait plus aucun doute : il ferait tout pour l'aider à se débarrasser de Gunther, une fois pour toutes.
Clara se leva à l'aube, les traits tirés et les yeux cernés. Elle avait à peine dormi, tourmentée par l'idée de devoir se rendre au commissariat. Sa gorge était nouée, et une nausée lancinante lui tordait l'estomac. Elle s'habilla lentement, évitant de croiser son reflet dans le miroir, puis sortit timidement de la chambre.
Genzo, déjà debout, l'accueillit avec un sourire chaleureux.
— Bonjour, Clara. Tu n'as pas l'air d'avoir beaucoup dormi... Viens, assieds-toi. Je vais te préparer un café et un petit-déjeuner léger.
Clara s'exécuta en silence, ses mains tremblantes trahissant son anxiété. Genzo posa devant elle une tasse fumante et un bol de fruits frais.
— Respire, d'accord ? Je sais que c'est une journée difficile, mais tu n'es pas seule, lui dit-il doucement en s'asseyant en face d'elle.
Clara leva les yeux vers lui, cherchant du réconfort dans son regard.
— J'ai si peur, murmura-t-elle. Et si ça ne change rien ? Et s'il...
Genzo l'interrompit, sa voix ferme mais bienveillante :
— Ça va changer, Clara. J'ai pris des dispositions pour que tu sois bien entourée. Mon avocat personnel sera au commissariat ce matin. Il va t'accompagner pour ta déposition, t'expliquer tes droits et veiller à ce que tout soit fait correctement.
Clara resta un instant muette, émue par tant d'attention.
— Tu as fait ça... pour moi ?
— Bien sûr. Et ce n'est pas tout, continua-t-il. Gunther m'a menacé aussi, dans ses messages. Je vais également porter plainte contre lui. Plus il y aura de charges contre lui, plus ce sera difficile pour lui d'échapper à la justice.
Clara sentit une vague d'émotion monter en elle. Elle se mordit les lèvres, retenant des larmes qui menaçaient de couler.
— Merci... Je ne sais pas comment te remercier pour tout ce que tu fais.
Genzo secoua doucement la tête.
— Tu n'as pas à me remercier, Clara. Personne ne mérite ce que tu traverses. Et je veux m'assurer que tu puisses enfin vivre sans cette peur constante.
Il posa une main réconfortante sur son épaule.
— Maintenant, mange un peu. Je veux que tu sois assez en forme pour affronter cette journée. Et n'oublie pas : tu n'es pas seule. Je serai avec toi à chaque étape.
Clara hocha la tête, un peu apaisée par ses mots. Malgré la boule au ventre qui persistait, elle sentit pour la première fois depuis longtemps une lueur d'espoir, portée par le soutien infaillible de Genzo.
Clara sortit de l'appartement de Genzo, son visage livide trahissant une peur viscérale. À chaque pas, elle lançait des regards inquiets autour d'elle, ses yeux balayant les couloirs menant au sous-sol où était garer les voitures de Genzo, à gauche, à droite, et derrière elle. Genzo, marchant à ses côtés, serrait les poings de frustration. Voir Clara dans un tel état de terreur l'énervait profondément. Comment un homme pouvait-il réduire une femme à cet état de détresse ?
Ils arrivèrent finalement au commissariat. Clara fut rapidement escortée dans une salle avec l'avocat de Genzo, tandis que lui-même fut pris en charge par un autre policier pour sa propre déposition. Les formalités furent relativement rapides pour Genzo, qui se retrouva dans la salle d'attente, seul. Le temps passa lentement, chaque minute semblant durer une éternité.
Après plusieurs heures, la porte de la salle où se trouvait Clara s'ouvrit enfin. Elle sortit, accompagnée de l'avocat, visiblement épuisée. Ses yeux rouges trahissaient des larmes récentes. Genzo se leva immédiatement et s'approcha d'elle avec douceur.
— Tu dois être exténuée. On rentre, d'accord ? Je vais préparer quelque chose de bon à manger, et après tu pourras te reposer.
Clara hocha simplement la tête, incapable de prononcer un mot. Genzo ne lui posa aucune question sur sa déposition, respectant son silence. Il voyait bien qu'elle était à bout.
Une fois rentrés à l'appartement, Genzo tint parole. Il prépara un repas réconfortant, simple mais délicieux, et insista pour que Clara mange un peu. Elle s'exécuta, bien que son appétit soit limité.
Après le repas, elle alla s'allonger dans la chambre d'amis pour se reposer.
Pendant ce temps, Genzo s'isola dans son bureau et passa un appel à son avocat.
— Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda-t-il d'une voix tendue.
— La police est déjà en train de chercher Gunther, répondit l'avocat. Dès qu'ils le trouvent, ils le mettront en garde à vue. Avec les preuves que Clara a apportées, ils devraient avoir assez pour justifier des mesures sérieuses contre lui.
Genzo sentit une vague de soulagement, mêlée à une colère froide.
— Parfait. J'espère qu'ils ne traîneront pas. Il faut qu'elle soit enfin tranquille.
— Ils feront de leur mieux, mais n'oublie pas que ce genre de procédure peut être long, répondit l'avocat. En attendant, continue de lui offrir un environnement sûr. C'est ce dont elle a le plus besoin.
Genzo raccrocha et se laissa tomber dans le canapé, le regard fixé sur le plafond. Il était déterminé : il ne laisserait plus Gunther s'approcher de Clara. Elle avait assez souffert.
Clara et Genzo passèrent la journée à l'appartement, cherchant à s'occuper l'esprit après l'intensité de la matinée. Genzo, voyant Clara encore tendue, eut une idée.
— Ça te dirait de jouer à la console ? Ça te changera les idées, et tu verras, je suis imbattable.
Clara sourit timidement, un peu hésitante.
— Je ne suis pas très douée pour ça...
— Tant mieux, comme ça je vais gagner encore plus facilement, plaisanta Genzo avec un clin d'œil.
Clara finit par accepter, et ils s'installèrent dans la salle de jeu, manettes en main. Le premier tour fut un désastre pour elle, ce qui les fit éclater de rire. Mais peu à peu, elle s'améliora et réussit même à lui prendre une manche.
— Tu vois ? Ce n'est pas si difficile, dit-elle fièrement en levant les bras en signe de victoire.
— D'accord, je reconnais que tu te débrouilles bien. Mais je te laisse gagner, répondit-il avec un sourire taquin.
Clara fronça les sourcils, amusée.
— Ah oui ? Alors prépare-toi, parce que cette fois, je vais te battre pour de vrai !
Leur complicité se renforça au fil des parties. Clara se surprit à rire franchement, oubliant momentanément ses soucis. C'était la première fois depuis longtemps qu'elle se sentait à l'aise et en sécurité avec quelqu'un.
Après avoir rangé la console, ils s'installèrent sur le canapé, discutant de tout et de rien. Genzo lui parla de ses entraînements, de ses voyages avec son équipe, et des moments où il avait dû surmonter des épreuves difficiles, comme ses blessures. Clara l'écoutait attentivement, étonnée par sa simplicité malgré sa célébrité.
Soudain, elle baissa les yeux, hésitant avant de poser une question.
— Pourquoi tu fais tout ça pour moi ? demanda-t-elle doucement.
Genzo la regarda, surpris.
— Tout quoi ?
— Tout ça... répondit-elle en montrant l'appartement du regard. Tu me laisses rester ici, tu m'écoutes, tu m'aides. Je ne comprends pas... Un homme comme toi, célèbre, riche, avec sûrement plein de choses à faire, pourquoi tu prends du temps pour une pauvre fille comme moi ?
Il resta silencieux un instant, réfléchissant à sa réponse.
— Tu sais, Clara, j'ai peut-être tout ça, mais ça ne veut pas dire que je ne vois pas quand quelqu'un souffre. Je ne pouvais pas te laisser seule dehors, pas dans l'état où tu étais. Et puis, tout le monde mérite d'être aidé. Tu n'es pas « une pauvre fille ». Tu es quelqu'un qui a traversé des choses difficiles, mais ça ne te définit pas.
Clara sentit les larmes lui monter aux yeux, touchée par ses mots.
— Mais... tu ne me connais même pas, murmura-t-elle.
— Peut-être pas encore, répondit-il avec un sourire. Mais ce que je sais, c'est que tu as besoin d'un coup de main, et si je peux être cette main, alors ça me suffit.
Elle baissa la tête, émue.
— Merci...
— Pas de merci entre nous, d'accord ? fit-il avec un clin d'œil. Maintenant, on va continuer à te changer les idées. Tu veux regarder un film ?
Clara hocha la tête, un petit sourire aux lèvres elle se sentit un peu plus légère, comme si un poids immense s'était temporairement envolé.
