Chapitre 17 : Ginny Weasley mène l'enquête (la veille du mariage)
Vendredi matin, dansla cuisine du douze square Grimmaurd, Ginny Weasley se trouvait dans un état de panique lorsque Harry lui raconta la disparition de la tiare.
-Ce n'est pas possible! s'exclama-t-elle, la tante Muriel va nous tuer! Où peut-elle bien être?
-Je l'ignore, Hermione dit que le coffre contenant la tiare était vide!
-La tante Muriel nous a parlé de différentes propriétés magiques, peut-être que c'est comme l'épée de Gryffondor, elle va et vient… il faut que je parle à la tante Muriel, peut-être en sait-elle davantage?
-Bonne idée, mais sois discrète, il vaut mieux éviter d'éveiller ses soupçons et d'ébruiter l'affaire. Pendant ce temps je vais voir Ron… Je crois qu'il commence à réaliser qu'il va se marier.
-Et comment Hermione se sent-elle?
-Elle est retournée chez ses parents jusqu'au mariage, mais la connaissant, elle doit être morte d'inquiétude.
-J'irai la voir après ma visite chez la tante Muriel, peut-être pourrait-elle me donner des explications sur cette histoire.
Quelques heures plus tard, le temps que Ginny se prépare et prenne ses dispositions avec le boulot, elle transplana devant le petit jardin surchargé de la tante Muriel, cette dernière lui ouvrit la porte sous un regard méfiant – elle n'avait pas l'habitude que les membres de la famille Weasley lui rendent visite à si peu de temps d'intervalle – et se prépara au pire des embêtements.
-Ginevra, encore! Que se passe-t-il, par la barbe de Merlin!
-Oh rien d'alarmant, tante Muriel, la rassurant Ginny en entrant dans le petit hall d'entrée, je voulais simplement te demander quelques explications sur la tiare: l'autre jour tu disais qu'elle possédait des propriétés magiques, tu peux m'en dire plus?
-Je n'en sais pas plus, je te l'ai déjà dit Ginevra, c'est pour ça que tu me déranges pendant mon émission préférée? Tout ce que je peux te dire c'est qu'il porte chance aux mariées qui l'ont portée, s'il s'agit d'un amour véritable.
-Comment ça un amour véritable? questionna Ginny.
-D'après la légende, il a été forgé par les gobelins pour ma grand-mère lorsque mon arrière-grand-père, William Billius, avait promis la main de sa fille à un riche commerçant de potions. Seulement ma grand-mère ne l'aimait pas, c'était un homme cruel et beaucoup plus âgé qu'elle de plus, elle était amoureuse d'un jeune homme du village. La veille du mariage, mon arrière-grand-père était d'une humeur massacrante: quelqu'un avait volé la tiare! Elle était introuvable!
-Introuvable, balbutia Ginny, comment ça?
-Elle avait tout simplement disparu, alors qu'elle n'avait pas quitté la chambre de ma grand-mère. William pensait qu'il s'agissait d'un mauvais tour des Gobelins car ils n'avaient pas apprécié qu'on leur achète la tiare, mais lorsqu'il leur posa la question, ces bestioles n'ont fait que ricaner et se moquer de lui, ce qui le rendit encore plus furieux. Sa femme essaya de le raisonner et de lui faire entendre raison que le mariage ne devait pas être annulé pour autant, cependant, entre temps, c'est ma grand-mère qui disparut, à son tour. Elle s'était enfuie avec le garçon du village – mon grand-père. Et je ne sais pas comment, la tiare est réapparue! Leur mariage fut très heureux, ils eurent plusieurs enfants et voilà comment nous perpétuons la tradition de porter la tiare pour chaque mariage de la famille. Par Merlin, je n'avais plus songé cette histoire depuis plusieurs années…
Ginny restait perplexe, elle songeait à l'histoire que venait de lui raconter sa tante Muriel… et si la tiare faisait de même? Et si, cette relique présentait que l'amour entre Hermione et son frère n'était pas sincère… elle devait en avoir le cœur net. Peut-être que si son amie se montrait plus sûre sur sa relation, la tiare reviendrait? C'est normal d'être en proie à quelques doutes les jours précédant son mariage, consentit Ginny, préférant lui accorder le bénéfice du doute. Sans perdre un instant, elle transplana à l'adresse de Mr et Mrs Granger qui lui ouvrirent la porte, surprise de sa visite. Contrairement à sa Tante Muriel, le visage de Mrs Granger s'illumina lorsqu'elle découvrit sur le pas de la porte, la meilleure amie de sa fille, comme un sentiment de… soulagement?
-Ginny! Enfin, je commençais à m'inquiéter.
-Comment ça?
-Entre, je t'en prie! Hermione n'est pas avec toi?
-Non…je… elle n'est pas ici?!
-Non! Elle est partie depuis hier après-midi! Nous pensions qu'elle avait décidé de rester chez Harry plutôt qu'ici, bien que ça ne lui ressemble pas de partir sans prévenir!
-Non… je veux dire oui, oui elle est bien chez nous seulement je pensais qu'elle était venue vous rendre visite ce matin, j'ai dû mal comprendre, rattrapa Ginny.
Mrs Granger continua de lui jeter un regard perplexe jusqu'à ce que son mari la rejoigne.
-Hermione est revenue?
-Elle loge chez Harry, lui expliqua sa femme. Je suis soulagée j'avais peur que…
-Que quoi? demanda un peu trop vivement Ginny.
-Rien c'est stupide seulement ces derniers temps je la trouvais… préoccupée. Elle semblait être de plus en plus fatiguée et… anxieuse…
-Vous a-t-elle dit qu'elle avait fait un malaise, hier à la boutique?
-Mon Dieu, non! Que s'est-t-il passé? Ginny, fit Mrs Granger d'un ton grave, explique-moi tout.
Autour de la petite table ronde dans la cuisine, Mrs Granger lui servit un verre de citronnade bien frais pendant que Ginny lui expliqua l'état préoccupant de son amie.
-Cela ne ressemble pas à Hermione, c'est certainement dû à la chaleur et au stress du mariage… essaya de comprendre Mrs Granger, la panique la gagnant de plus en plus. Ginny, je suis très inquiète!
Mrs Granger lui rapporta la conversation qu'elle avait eue avec sa fille dans le jardin.
-C'est normal d'éprouver quelques doutes seulement…
-Seulement avec le retour de Drago Malefoy, acheva Ginny, une boule au ventre.
Non, Hermione, ne fais pas ça, pensa-t-elle de toutes ses forces.
- Est-ce qu'elle vous aurait dit quelque chose avant de partir?
-Non… rien de grave… elle m'avait interrogé au sujet de cette tiare de la tante de Ron avant de partir en précipitation et depuis, elle n'est plus rentrée. Que se passe-t-il, Ginny? J'ignore quoi faire, ce matin, Ron a téléphoné pour lui parler! Il s'améliore d'ailleurs, il ne hurle presque plus à l'autre bout du combiné. J'ai le sentiment qu'il se passe quelque chose…
Ginny se sentait mal à l'aise, très mal à l'aise. Mais elle ne voulait inquiéter Mrs Granger qui s'était toujours montrée très gentille envers elle.
-Je suis désolée, Mrs Granger, je dois y aller!
-Peux-tu demander à Hermione qu'elle me téléphone, s'il te plaît? Je suis très inquiète.
-Oui, enfin je ne rentre pas à la maison avant ce soir, inventa Ginny, j'ai un entraînement très important…
-Qu'importe l'heure, insista Mrs Granger en lui prenant la main.
-Oui… bien sûr…
Quelques minutes plus tard, Ginny revint au douze square Grimmaurd où elle retrouva Harry et Ron, dans le jardin.
-À chaque fois que je télé…zone c'est ça? Sa mère me dit qu'elle est sortie ou occupée, si bien que je me demande enfin… j'aimerai lui parler un peu avant le mariage. Tiens, salut, Ginny.
-Heu Harry, demanda Ginny, tu peux venir deux minutes dans la cuisine?
Loin des oreilles de son frère, Ginny expliqua rapidement sa visite chez sa tante et les parents d'Hermione.
-Comment ça, elle est partie?! Tu ne penses pas que…
-Oh Harry, je ne sais pas! Sa mère se pose déjà beaucoup de questions et Ron qui essaye de la joindre, lui aussi il va finir par comprendre qu'elle s'est enfuie…
-Attends une minute, Ginny, tu insinues qu'elle serait avec…
-Malefoy, oui!
-C'est ridicule, Ginny! C'est de l'histoire ancienne tout ça!
-Tu es certain? Oh Harry, il faut que je te le dise! L'autre jour, lorsque nous étions au chaudron baveur, je me rendais aux toilettes et j'ai surpris Hermione rejoindre Drago dans la cour du chaudron baveur et ils sont restés là, plusieurs minutes! J'étais intriguée alors, sous un coup de tête, j'ai ouvert la fenêtre des toilettes, donnant sur la cour et j'ai entendu Hermione et Drago… elle refusait ses avances d'après ce que j'ai compris! Il lui a dit une phrase dans le style «je t'attendrai»…
-Le salopard, il m'avait juré qu'il allait la laisser tranquille! Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé?
- Je ne voulais pas en faire tout un chaudron, le principal c'était qu'Hermione le repousse tu comprends? Peut-être a-t-elle changé d'avis, je ne sais pas!
-C'est à cause de cette histoire de tiare! Fulmina Harry.
-C'est possible… qu'allons-nous faire? Ron ne doit rien savoir! Et j'ai promis à Mrs Granger de lui donner des nouvelles d'Hermione ce soir! Le mariage à lieu demain!
-On va rendre une petite visite au Manoir des Malefoy.
-Tu penses sincèrement qu'elle serait retournée là-bas?
-Non, mais certainement que Narcissa et Lucius Malefoy connaissent le nom du bateau de Blaise, surtout lorsqu'ils apprendront ce que leur cher fils est sur le point de faire!
-Crois-tu que ça soit réellement ça?
-Je l'ignore, mais il faut vérifier et si c'est le cas, il faut lui faire entendre raison.
-Vous faites quoi, tous les deux? leur fit la voix de Ron dans le fond du couloir. Tous deux sursautèrent comme deux collégiens pris en faute avant de remballer gentiment Ron pour qu'il retourne au Terrier.
-Je vous retrouve le jour du mariage, dit-il d'une voix nouée.
-Ne te tracasse pas, vieux.
-Harry, n'oublie pas les alliances!
-Elles sont prêtes, sur ma table de chevet.
-Bon alors, dit-il sur le pas de la porte, incapable de bouger, j'y vais.
-Tout se passera très bien, Ron!
Son meilleur ami le serra dans ses bras, dans une étreinte émouvante. À peine Harry eut-il fermé la porte derrière lui qu'ils transplanèrent au Manoir des Malefoy.
C'était la première fois qu'elle mettait les pieds dans cette résidence démesurée et trop ostentatoire à son goût. Quelques fois, Hermione, Harry et Ron mentionnaient ce lieu lugubre, mais très peu car le souvenir de leur captivité était encore trop présent. Ginny s'imaginait cet endroit sombre et lugubre. En s'approchant de la majestueuse porte d'entrée, elle s'aperçut qu'elle ne s'était pas trompée et que jamais elle n'aurait pu vivre dans une maison pareille. Certes, la famille Malefoy possédait beaucoup de biens, mais il manquait incontestablement la chaleur et la joie de vivre spontanée qu'il régnait au Terrier. Harry frappa une fois avec le heurtoir imposant qui s'ensorcela et frappa trois coups seuls dans le vide. Quelques secondes plus tard, un vieil elfe de maison leur ouvrit la porte et les pria d'attendre dans le majestueux hall d'entrée, tout aussi glacial que l'aspect extérieur de la maison, pensa Ginny.
-Cet endroit donne la chaire de dragon! chuchota Ginny.
À ce moment, Lucius Malefoy descendit l'escalier de marbre, son regard à la fois étonné et aussi noir que s'il était victime d'une attaque d'hippogriffe.
-Potter et son … amie, murmura-t-il, froidement. Que me vaut l'honneur pour que l'élu se déplace jusque chez moi.
- Nous cherchons Drago, répondit Harry en soutenant son regard gris et froid,.
-Drago? Il est parti rejoindre Blaise ce matin.
Le cœur de Ginny se souleva.
-Vous en êtes certain? Ils sont déjà partis?!
-Je ne répondrai pas aux traites-à-leur-sang, répliqua sèchement Lucius Malefoy.
-Ca suffit! Répondez à la question!
-Ils partent demain matin, pourquoi?
Ginny et Harry se regardèrent dans les yeux: il n'était peut-être pas trop tard!
-Heu rien, mentit Harry, j'ai oublié de lui donner quelque chose d'important avant son départ. Vous pouvez m'indiquer le numéro de quai où est amarré le bateau?
-Je ne sais plus Potter, c'est un voilier... je n'en ai cure pour tout vous dire! Cessez de m'importuner avec vos questions!
À peine eut-il finit sa phrase que Lucius Malefoy les jeta dehors, l'imposante porte claqua derrière eux dans un bruit sourd. Juste avant, Ginny eut le temps d'apercevoir la silhouette de Narcissa Malefoy qui se dressait en haut des marches de l'escalier, écoutant attentivement leur conversation.
-Quel personnage infecte! Fulmina Ginny en traversant la longue allée qui s'étendait jusqu'au portail en fer forgé lorsqu'une voix retentit au loin.
-Potter! Potter!
Narcissa Malefoy se dirigea vers eux, sa robe de sorcière voletant derrière elle. Ses cheveux tirés en un chignon bas, malgré les difficultés de ses dernières années, elle demeurait une femme toujours aussi élégante, constata Ginny.
-C'est au sujet de Drago, souffla Narcissa Malefoy, à court d'haleine.
-Vous savez quelque chose? demanda vivement Harry.
-Il est sur le point de partir à Paris…
-Ca on sait! répliqua sèchement Ginny.
-Avec elle!
-Sont-ils déjà partis? Où se trouvent-ils?
-Je l'ignore, il est possible que non, je ne sais pas! À Ste Katherine's Dock, sur le quai. Il faut que vous leur fassiez entendre raison! C'est une erreur et Drago se retrouvera à nouveau le cœur brisé.
-Pas seulement lui, mon frère se marie demain! Lui rappela froidement Ginny.
-Pour personne, opina Mrs Malefoy. Pas un mot à Lucius ou qui que ce soit d'autre, c'est promis?
Ginny et Harry acquiescèrent et se rendirent aussitôt à la Marina, où, en cette fin de journée, les bateaux rentraient au port et les marchants fermaient leurs étales. Il régnait une atmosphère de fin de journée bien qu'il n'était qu'à peine cinq heures du soir. D'un pas rapide, comme si chaque seconde était comptée, Harry et Ginny cherchaient des yeux le bateau de Blaise.
-Il nous a montré une photographie, se souvint Ginny, les voiles étaient noires et rouges, je pense! Mais je serai incapable de le reconnaître parmi tous ses bateaux!
En effet, constata Ginny, la plupart des bateaux se ressemblaient presque tous.
-Regarde! Lui montra Harry du doigt, cet homme pourrait nous aider!
Il désigna une vieille cabine servant à la conciergerie de la Marina. Un vieil homme, doté d'une vieille pipe qui dégageait une odeur exécrable, semblable à celle de Mondingus Fletcher, les observait d'un œil vitreux.
-Z'etes Harry Potter, c'est ça?
-Oui, c'est moi, répondit précipitamment Harry. Nous cherchons un bateau appartenant à Blaise Zabbini, pouvez-vous nous dire à quel numéro est-il amarré? Ou s'il n'a pas quitté le port?
- Est-ce qu'il y avait une jeune fille, avec des cheveux ondulés brun?
-M'zemblais bien que j'avais dja vu cette bobine là qué part, comprit l'homme, c'est l'amie de Harry Potter! Oui, elle est venue hier en fin de journée, presqu'à la mèème heure qu'maint'nant. Puis le bateau a quitté le port hier soir – leurs cœurs chavirèrent- mais il était d'ja revenu ce matin.
-Et maintenant? Le pressa Harry.
-Zais pas, j'ai dormi toute l'après-midi, je venais de me réveiller quand z'êtes arrives! Attendez que j'regarde au numéro d'embar'tion. Avec son doigt décharné, il feuilleta un vieux livre jaunâtre puis s'exclama: ah voilà! Numéro dix-sept, dans l'fond, c'est juste à côté du bateau de Mr Will Torner, un vieux modèle pirate comme on faisait avant.
-Merci beaucoup! répondit Harry en déposant une pièce de Mornilles au vieil homme.
-Merci M'sieur Potter! Je pourrai voir votre cicatrice?
-Une prochaine fois, peut-être.
Ginny et Harry coururent en direction du numéro dix-sept, les bateaux défilèrent sous leurs yeux le long du port, ils passèrent même devant Mr Torner qui astiquait le plancher et à côté… l'embarcation était vide. Il n'y avait pas de voilier au numéro dix-sept.
-On arrive trop tard…
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