Salut tout le monde ! Un grand merci particulier à makiang4 pour tes commentaires ! Aux autres aussi, bien sûr. Bonne lecture !


Quand Ginny se réveilla, Tom émergea depuis l'arrière de sa tête, essayant d'attirer son attention vers le journal. Il avait décidé de la meilleure ligne de conduite à tenir. En face à face, il serait plus à même de jouer sur la corde sensible et la conduire à oublier son histoire d'héritier de Serpentard … Pas qu'elle comprenne la signification de tout ça, bien sûr.

Quand même, mieux vaut prévenir que guérir, pensa-t-il, essayant de nouveau d'attirer l'esprit de Ginny vers le journal.

Il y a un coup porté sur la porte cependant, et l'amie de Ginny, Hermione, glissa la tête dans la pièce. Elle jeta un œil aux camarades endormies de Ginny, avant de la regarder elle – et Tom, sans le réaliser – qui tendait la main vers le journal sous son oreiller.

«Bonjour, murmura Hermione en ajustant son écharpe rouge et or. Colin m'a demandé de venir voir si tu étais réveillée et si tu voulais aller prendre le petit-déjeuner avec lui. Il veut aller tôt au terrain pour prendre des photos de l'échauffement des deux équipes.»

La main de Ginny se posa sur la couverture en cuir du journal, avant de se retirer pour repousser les couvertures et sortir du lit.

«Dis-lui que je descends dans une minute, dit Ginny. Tout s'est bien passé pour Ron hier? Et Drago? Vous avez trouvé quelque chose?»

«Oui, ils vont bien, dit Hermione, avant de regarder Demelza qui s'étirait. Je te parlerais du reste plus tard.»

Hermione quitta le dortoir.

Le reste? se demanda Tom. Si Ron, Drago et Hermione faisaient leur enquête, alors il n'y avait aucun doute que Harry aussi et Tom n'aimait pas cette idée. Journal, murmura Tom à l'arrière de la tête de Ginny, mais elle était déjà occupée avec sa malle, à la recherche de vêtements et d'une écharpe, qui aurait pu être comparable à celle de Hermione si elle n'avait pas dix ans de plus. La couleur or était devenue un peu jaune et le rouge était presque rose. Ginny l'enroula autour de son cou sans hésitation. Je devrais parler à Tom, pensa Tom, mais soit Ginny ne l'entendit pas, soit elle l'ignora.

Tom se retira, frustré, tandis que Ginny échangeait son pyjama contre un jean fatigué et un pull avec un grand 'G', avant de filer hors du dortoir pour retrouver Colin.


Harry esquiva le Cognard et tourna son balai pour s'assurer qu'il ne revenait pas. Il semblait faire une fixation étrange sur lui aujourd'hui. Hydrus, qui volait près de lui, était hilare et Harry serra les dents.

«Tu peux rire, lui lança Harry par dessus le bruit de la pluie. Mais le fait que tu me colles comme ça veut dire que tu penses que j'ai plus de chances que toi d'attraper le Vif d'or, même avec ce truc après moi.»

«T'aimerais bien, Potter, ricana Hydrus, ses joues prenant une couleur violette désagréable. Je veux juste être aux premières loges quand il te fera tomber de ton balai.»

«Dix points pour Gryffondor!» rugit Lee, provoquant une vague assourdissante d'applaudissements dans les tribunes.

Harry applaudit aussi et hocha la tête vers Katie qui passait près de lui, la main sur le Souafle à nouveau. Dubois faisait une étrange petite danse depuis sa place devant les anneaux.

«Harry!» s'écria Fred.

Harry le regarda, puis l'endroit qu'il pointait du doigt. Harry eut tout juste le temps de faire virer son balai pour éviter le Cognard, qui fonçait vers lui depuis le dessous. Il sentit le courant d'air que son passage avait provoqué sur sa cheville et frissonna. Hydrus se mit de nouveau à rire et pour la énième fois, Harry se demanda si c'était lui qui l'avait trafiqué … ça ou il avait demandé à M. Malefoy de le faire. Avec leurs cheveux blonds platine, les Malefoy étaient facilement repérables dans les tribunes, près d'une tête bien plus amicale aux couleurs rouge et or, une autre chevelure châtain et une touffe de cheveux noirs.

Harry pinça les lèvres et prit de la vitesse en montant en altitude pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Il adorait le Quidditch, mais avec ce temps exécrable et le Cognard, il avait le sentiment que plus vite le match serait terminé, mieux ce serait.


«Je ne peux pas regarder ça.» marmonna Sirius, sans pourtant pouvoir détourner les yeux.

Remus grimaça en voyant le Cognard frôler Harry, le manquant de quelques centimètres. Près de Remus, les cheveux de Dora changeaient constamment de couleurs. Elle faisait un effort évident pour les garder rouges et or pour Harry, mais chaque fois que le Cognard passait près de lui, ils devenaient rouges de colère ou blanc et verdâtre de choc et de frayeur.

«Quelqu'un l'a trafiqué, dit-elle en plissant les yeux vers la petite silhouette de Harry, qui était légèrement obscurcie par la pluie. Il y a une toile de magie autour.»

Sirius n'en doutait pas du tout.

«Et tu ne peux rien faire?» demanda Remus.

Sirius croisa le regard de Dora, affectueusement exaspéré. Il avait beau être un fan de Quidditch, le pauvre Remus n'avait jamais atteint le même niveau d'adoration que James, Sirius ou même Tonks.

«Rien.»

Sirius envoya un regard noir derrière Dora, où se trouvaient Lucius et Narcissa en compagnie de leur elfe de Maison. Dobby n'avait pas levé les yeux depuis son arrivée.

«Il y aurait des plaintes contre moi si j'interviens et même si je le faisais, quel sortilège je devrais lancer? Finite pourrait marcher, mais avec cette pluie, je risque de toucher Harry et ça pourrait annuler un des sortilèges de son balai. Si je lance quelque chose pour détruire le Cognard et que je rate, je risque de le blesser.»

Sirius mourrait d'envie de mettre les mains sur un balai et sur une batte pour aller régler le problème lui-même, même s'il devait admettre que Fred et George faisaient déjà du bon boulot.

«J'espère juste que ses amis auront la présence d'esprit de ne rien essayer non plus.»

«Et un joli sauvetage de Dubois- Oh! Non, reprise de Pucey et-»

Le garçon qui faisait le commentaire jura – Remus avait donné son nom à Sirius un peu plus tôt, mais celui-ci l'avait déjà oublié – et McGonagall le réprimanda.

«-dix points pour Serpentard.»

Sirius applaudit une fois, sans enthousiasme, avant de reposer les yeux sur Harry. Sirius frémit en voyant le Cognard frôler de nouveau son filleul.

«Allez gamin.» murmura Sirius en croisant les doigts.


La nouvelle tactique de Harry était de placer Hydrus entre lui et le Cognard. C'était peut-être cruel, mais cela empêchait Hydrus de se concentrer sur le jeu et si le Cognard le heurtait, Harry ne le laisserait de toute façon pas tomber. Il n'était pas convaincu que Hydrus lui rendrait la pareille si la situation était inversée.

«Toujours à placer quelqu'un entre toi et le danger, hein, Potter?» souffla Hydrus en s'écartant.

Harry descendit de quelques mètres et le Cognard passa près de lui sans l'atteindre, avant d'être intercepté par George qui l'envoya vers Montague, mais il fit encore demi-tour à mi-chemin. Cette fois, c'était Fred qui était là pour l'arrêter.

«D'abord tes parents. L'année dernière, c'était mon frère-»

«Tais-toi, Malefoy.» dit Harry d'une voix lasse.

Il n'avait pas encore aperçu le Vif d'or et commençait à se demander si le Cognard l'éloignait.

Puis enfin, il le vit. Minuscule et étincelant, près de la tribune de Gryffondor. Harry garda un œil sur lui et aussitôt que le Cognard revint, distrayant Hydrus, il s'élança. Il pouvait entendre le Cognard derrière lui – ou plutôt, il pouvait entendre Fred qui lui criait qu'il se trouvait derrière lui – mais Harry était plus rapide, plus agile et surtout, il pouvait voir le Vif d'or.

Bien sûr, le Vif d'or disparut à la seconde où Harry détourna le regard et Harry fut forcé de redresser son balai pour attirer le Cognard vers le ciel, avant de le mener vers la tribune de Gryffondor où il risquait de blesser ses amis. Il pouvait y voir Ron, Ginny et Drago dont les cheveux étaient faciles à repérer et une fois qu'il les avait trouvé, il put aussi voir Hermione, Colin – qui prenait frénétiquement des photos – ainsi que les autres deuxièmes années de Gryffondor.

«Sois prudent!» entendit-il crier, tandis qu'il montait en chandelle.

Cette fois-ci, le Cognard le percuta – à peine. En passant près de lui, il toucha son oreille, ainsi que ses lunettes. Rien de douloureux, mais Harry se figea un instant, le cœur battant.

«Potter a évité une rencontre avec un Cognard – il manque de chance aujourd'hui- Ooh, Bell est en possession du Souafle-»

Qu'est-ce qui arrive à ce truc? se demanda-t-il. Sans surprise, le Cognard fit volte-face, mais George était là et le frappa lourdement. Quelques mètres plus tard, le flash de l'appareil photo de Colin illumina les gouttes de pluie.

«Quelqu'un a trafiqué ce Cognard.» grommela George en brandissant sa batte pour l'éloigner à nouveau.

Harry ne manqua pas son regard en direction de Hydrus, qui avait réussi à les rattraper.

«Serpentard marque à nouveau, lança Lee. Ils mènent soixante-dix à vingt.»

Harry grogna, comme la majorité de la foule.

«Baisse-toi, Harry.» demanda calmement George, et Harry n'y réfléchit pas deux fois.

Une seconde après, la batte de George et le Cognard se percutèrent à l'endroit où se trouvait la tête de Harry.

«Freddie! appela George. On a besoin d'un coup de main!»

Fred les rejoignit dans l'instant, juste à temps pour envoyer le Cognard en direction de Hydrus.

«Il faudra que tu les payes pour leurs services, Potter, dit Hydrus. Peut-être que grâce à ça, ils pourront s'offrir des balais dignes de ce nom.»

«Est-ce que Mme Bibine regarde? demanda Fred. Parce que si c'est pas le cas, je pense que je vais frapper ce petit morveux pour voir si ça le fait taire.»

Il leva sa batte et Hydrus s'éloigna, l'air un peu moins hautain qu'avant.

Harry, en sécurité entre les battes de Fred et George, reprit sa recherche du Vif d'or, mais leurs bras, leurs jambes, leurs battes, leurs balais, leurs battes, tout l'empêchait de bien voir. Il perdit aussi le fil du match, mais s'il se fiait aux grognements de la foule, ça ne se passait pas bien.

«Ça devient absurde.» dit George en levant le bras pour demander un temps mort à Dubois.

Celui-ci ne regardait pas, occupé à fixer les filles qui étaient-

«Et Johnson prend un Cognard dans l'épaule!» cria Lee.

Harry grogna de nouveau et Fred et George échangèrent un regard en grimaçant.

«Montague est en possession du Souafle, bordel- Désolé Professeur. Maintenant, Pucey et-»

La foule grogna.

«-dix points pour Serpentard. Et Angelina va bien, les gars, juste un peu secouée. Elle reprend sa place. Je ne sais pas pourquoi le Cognard a pu l'atteindre – Weasley et Weasley sont près de Potter au lieu de surveiller les Poursuiveurs, ce qui constitue une stratégie intéressante de la part de Gryffondor, mais je suis pas sûr de-»

Dubois, qui regarda dans leur direction lorsque Lee parla d'eux, vit le geste de George et fit signe à Mme Bibine. Son sifflet résonna à travers la pluie et Fred envoya le Cognard valser, leur permettant à tous les trois de poser pied à terre en sécurité.

«Qu'est-ce que c'est que ce bordel-»

«Le Cognard a été ensorcelé.» lança Fred en s'essuyant le visage avec sa manche.

«Il n'a pas arrêté de harceler Harry sans jamais s'en prendre à personne d'autre.» ajouta George en lançant un regard noir vers le ciel.

Le Cognard tournait en rond quelques mètres au-dessus d'eux, mis en attente.

«Les Serpentards-»

«Pourtant, les Cognards sont restés sous clé dans le bureau de Mme Bibine, dit Dubois en regardant le ciel également. Ils sont toujours vérifiés-»

«Visiblement pas très bien, dit Alicia en posant la main sur l'épaule de Harry. Il faut demander une enquête et reporter le match. De toute façon, on est en train de perdre-»

«En ce moment, oui, mais si on déclare forfait, c'est sûr qu'on va perdre, dit Harry, avant que Dubois – qui était prêt à dire la même chose – ne le fasse. Je veux que ça se termine, mais pas si ça conduit à la victoire de Serpentard.»

Il était le premier à vouloir effacer le sourire narquois de Hydrus et s'il pouvait faire cela devant les Malefoy, ce ne serait que mieux.

«Je vais me débrouiller. Occupez-vous des autres joueurs. Je n'arriverais jamais à attraper le Vif d'or si vous me volez autour sans arrêt-»

«Ne sois pas idiot, dit George. Il va t'arracher la tête.»

«Je vais me débrouiller.» répéta Harry.

Il fixa durement Dubois, qui l'observait, visiblement songeur.

«'Saisis-toi du Vif d'or, donne ta vie pour ça si c'est nécessaire', tu te souviens?»

Pas qu'il comptait le faire vraiment. Il risquait quelques bleus ou quelques fractures s'il manquait de chance, mais quelqu'un s'interposerait avant que quelque chose de vraiment grave n'arrive.

«Dubois, s'écria impatiemment Mme Bibine. Prêt à reprendre le match?»

«Presque.»

Dubois regarda Harry, qui essaya de ne pas paraître inquiet.

«On te laisse gérer, dit-il en regardant Fred et George, qui n'avaient pas l'air ravi. Mais si ça tourne mal, nous demanderons un autre temps mort pour en reparler. C'est clair? Je ne veux pas que tu finisses blessé et indisponible pour le reste de la saison.»

«Ouais, bien reçu.» murmura Harry.

Il remonta sur son balai, en essayant d'ignorer Fred et George qui murmuraient 'rester en-dessous' et 'plus facile de le rattraper quand il tombera'. Harry essuya ses lunettes – la pluie tombait dru désormais – et au coup de sifflet, il donna un coup de pied pour s'élancer dans les airs.

Dans la seconde, le Cognard lui fonça dessus. Harry descendit rapidement, fit demi-tour et n'osa pas s'arrêter.

«Et c'est reparti! s'écria Lee. Montague a le Souafle, mais- Oh! Joli Cognard envoyé par Weasley – je ne sais pas lequel, désolé les gars! – et maintenant, c'est Bell qui récupère le Souafle, esquive Pucey, fait une passe à Spinnet- Spinnet passe le Gardien, dix points pour Gryffondor! Beau boulot! Nous en sommes à trente à cent dix pour Serpentard, mais serait-ce l'heure du come-back pour Gryffondor?»

Le 'Espérons' de McGonagall fut magiquement amplifié par le mégaphone de Lee, provoquant des rires dans les tribunes. Même Harry, qui tournait en rond, se mit à rire.

«Et Johnson maintenant. J'espère que son bras va bien, oui, joli lancer- Intercepté par Flint et- Oh! Johnson a failli recevoir un autre Cognard envoyé par Wilkes. Mais Weasley est là pour l'en débarrasser- Ah! Et voilà le retour de bâton, bien fait Wilkes!»

«Jordan!» le menaça McGonagall.

Harry fit une embardée pour éviter son propre Cognard, qui disparut dans les nuages. Grimaçant, Harry profita de l'accalmie pour chercher le Vif d'or.

Il le repéra bien plus bas que lui, flottant au-dessus de l'herbe comme un étrange papillon doré.

Puis quelque chose lui percuta le coude et Harry sentit quelque chose craquer, avant que la douleur ne lui parcoure le bras. Au même moment, la foule prit un grand souffle. Harry vacilla, plaquant son bras contre ses côtes.

Tu ne vas pas être malade, se dit-il. Tu ne vas pas t'évanouir. Respire. Tu as déjà vu pire. Bien pire. Respire.

«Potter vient de se faire salement percuter par un Cognard! s'écria Lee. Ça ne sent pas bon d'après la façon dont il se tient le bras- attendez- le Cognard revient sur lui- ce n'est pas normal-»

Harry, qui avait entendu le sifflement du Cognard, ne réfléchit pas. Il pouvait toujours voir l'éclat du Vif d'or près du sol et avec le Cognard qui voulait s'en prendre à lui, la seule façon de s'en sortir était de plonger.

Il ne pensa pas être capable de le faire avec grâce. Il tomba à moitié en avant, emportant son balai avec lui, et il se retrouva plus ou moins penché dessus, puisqu'il ne se sentait pas capable de le tenir avec son bras cassé. Il pouvait entendre le Cognard ou était-ce Hydrus – ou les deux? – qui fonçait derrière lui et il poussa son balai à aller encore plus vite, à une allure presque dangereuse.

«Et les Attrapeurs plongent tous les deux- Ont-ils vu le Vif d'or ou Potter essaye-t-il simplement de se poser?»

Harry avait beaucoup de mal à voir à cause de la douleur, des larmes et de la pluie, mais il n'était plus qu'à quelques mètres du sol désormais et il commença à redresser son balai. Puis il aperçut un éclat doré et tendit son bras valide.

Plusieurs choses arrivèrent au même moment. D'abord, quelque chose de petit, dur et froid percuta sa paume et il referma le poing autour comme s'il s'accrochait à sa propre vie. Ensuite, le balai de Harry heurta le sol boueux – par chance, il l'avait assez redressé pour qu'il percute le sol un peu penché et non directement – et Harry fut projeté au sol, profitant d'une seconde et de sa présence d'esprit pour plaquer son bras blessé contre lui. A côté de lui, il y eut un cri perçant lorsqu'une silhouette verte tomba dans la boue près de lui.

«Ça va?» demanda Harry, groggy.

Hydrus gémit et rassuré de savoir qu'il était au moins en vie, Harry se tourna et réussit à se redresser. Ses oreilles sonnaient ou peut-être était-ce le bruit de la foule? Il n'était pas sûr.

«J'y crois pas.» entendit-il.

Il supposa que c'était George. Le bras valide de Harry – celui qui avait attrapé le Vif d'or – fut doucement levé dans les airs. S'en suivi des cris et des sifflets et trop assommé pour en être sûr, Harry pouvait juste espérer que c'était bien eux qui avaient gagné.

La vision de Harry clignota un peu et il eut l'impression que quelqu'un l'appelait, mais il n'eut pas le temps de découvrir de qui il s'agissait avant de perdre connaissance.

Quand il revint à lui, il y avait beaucoup plus de monde autour de lui. Dubois et Angelina – qui se tenait le bras – étaient debout au-dessus de lui, l'air inquiet, mais encore plus près se trouvait Lockhart.

«Non.» dit Harry en grimaçant et en essayant de reculer.

Il garda son bras serré contre son torse en essayant de le protéger, mais il était quand même douloureux.

«Je sais que ça fait mal, claironna Lockhart. Mais pas d'inquiétude, Harry, je peux t'aider.»

Un murmure soulagé parcourut la foule. Harry était loin de l'être. Ne savaient-ils pas que Lockhart était un idiot? Il chercha Fred et George, mais ils étaient occupés avec les batteurs de Serpentard, s'efforçant à grand-peine d'enfermer le Cognard fou dans sa boîte.

«Reste allongé, il y a-»

«Ne me touchez pas, dit Harry. Patmol est là, il va arriver dans une seconde ou j'irais à l'infirmerie-»

«Reste tranquille, Harry. J'ai utilisé ce sortilège des centaines de fois, c'est vraiment un bon-»

«Je vais aussi à l'infirmerie, dit Angelina. Je vais l'emmener avec moi, Professeur, ce n'est pas un souci-»

«Oui, murmura Harry. Une très bonne idée.»

«Pas besoin d'ennuyer Mme Pomfresh avec ça, dit Lockhart. Vous pouvez partir, Johnson.»

Incertaine, elle s'exécuta. Lockhart leva sa baguette et le flash de l'appareil photo de Colin les illumina. Harry regardait frénétiquement autour de lui et vit Colin et Ginny – qui tenait son balai – être empêchés de s'approcher par Katie. La pauvre Alicia avait moins de succès pour retenir Ron et Hermione. Drago n'était pas là.

«Laissez-le tranquille, crétin!» criait Ron.

«Je suis d'accord.» dit Harry en faisant signe à Ron avec son bras valide.

«Excusez-moi, pardon, excusez-moi, s'il vous plaît.»

Harry souffla en entendant la voix de Patmol.

«Patmol est presque là, il pourra s'occuper de- Non, ne faites pas ça-»

Mais Lockhart agitait déjà sa baguette et l'avait posé sur l'épaule de Harry, le faisant grimacer. Une étrange sensation se répandit dans son bras jusqu'au bout de ses doigts. Lockhart avait, en effet, fait disparaître la douleur, mais Harry n'était pas vraiment sûr que c'était la seule chose qu'il avait fait disparaître.

Tout le monde sembla choqué et Harry essaya de lever le bras pour le regarder. Il ne bougea pas du tout.

«Ah, dit Lockhart. Oui, et bien- c'est une chose qui peut se produire de temps en temps. Mais l'essentiel, c'est que les os ne sont plus cassés. C'est surtout ça qu'il faut avoir à l'esprit. Peut-être- Peut-être que tu devrais aller faire un tour à l'infirmerie pour arranger ça-»

Harry n'avait pas quitté sa main des yeux. Elle dépassait de sa manche, ressemblant vaguement à sa main, mais c'était comme une version couleur chair des gants en caoutchouc que la Tante Pétunia utilisait pour laver la cuisine. Il entendit à nouveau le déclic de l'appareil photo de Colin et Harry fut reconnaissant envers Hermione lorsqu'elle lui prit l'appareil des mains.

«Désolé Ron, je peux- Harry!»

Patmol avait finalement réussi à se frayer un chemin à travers les Gryffondors et les autres et il écarta Lockhart de son chemin pour enfin accéder à Harry. Lunard et Tonks parlaient à voix basse aux amis de Harry.

«C'est cassé? Ça avait l'air cassé-»

«Plus maintenant.» gémit Harry en grimaçant.

Patmol baissa les yeux sur sa main avant de hausser les sourcils.

«Je peux?» demanda-t-il, en prenant la main de Harry.

Celui-ci acquiesça et Patmol manqua de lui lâcher la main. Puis, avec une expression méfiante, Patmol la serra – ce que Harry sentit, mais ça restait étrange – avant de plier doucement l'un des doigts de Harry jusqu'à ce qu'il touche le dos de sa main. Avec dégoût, Harry regarda ensuite son avant-bras se plier en deux et Patmol s'empressa de le remettre droit et de l'entourer d'une attelle.

«Beurk!» s'exclama Lavande, quelque part près de Colin.

Ça aurait pu être drôle, si ce n'était pas le bras de Harry. Patmol agita sa baguette et une expression étrange – un mélange de stupeur, d'horreur et de fureur – apparut sur son visage.

«Il faut emmener Harry à l'infirmerie.» dit-il en se tournant vers Lunard, qui s'avança rapidement vers eux.

Le regard de Patmol se posa sur Lockhart, qui tentait de disparaître dans la foule, mais n'arrivait pas à se défaire de Ron. Lockhart sembla littéralement se recroqueviller lorsque Patmol s'avança vers lui.

«Tu peux marcher?» demanda Lunard.

Harry acquiesça, mais laissa Tonks l'aider à se relever. Son bras tomba contre sa hanche, inutilisable, mais correctement placé grâce à l'attelle. Harry l'observa, consterné.

«Allez, venez tous les deux.» dit Lunard en faisant signe à Ron et Hermione.

Ginny et Colin firent la moue, mais aucun d'eux ne se plaignit d'être mis à l'écart. Harry vit qu'ils furent vite rejoint par Fred et George, qui avaient enfin réussi à ranger le Cognard.

Le départ de Harry fut accompagné par les hurlements de Patmol à l'encontre de Lockhart.

La raison de l'absence de Drago devint rapidement claire quand ils entrèrent dans l'infirmerie. Il se trouvait là avec ses parents et son frère, entourant Hydrus qui avait l'air en sale état. Ou du moins c'est ce que Harry put apercevoir avant que Mme Malefoy se lève pour tirer les rideaux, dissimulant le lit de son fils. Drago en émergea quelques secondes plus tard, cependant.

«Il s'est tordu le genou, dit Drago en triturant son écharpe de Gryffondor, tandis que Ron aidait Harry à s'asseoir sur le lit. Joli match, au fait, Potter.»

«Merci.»

Harry leva les yeux vers Lunard et Tonks qui discutaient avec Mme Pomfresh. Celle-ci se hâta vers lui ensuite, visiblement furieuse.

«Voyons voir, Potter, dit-elle, et Harry se tourna complètement vers elle. Au moins quelqu'un a eu la présence d'esprit d'y mettre une attelle.»

«Patmol, pas Lockhart.» dit Harry.

Mme Pomfresh pinça les lèvres.

«Tu vas avoir besoin de Poussos.» dit-elle sinistrement.

Harry grimaça. Il avait déjà eu l'occasion de prendre cette potion plusieurs fois et ce n'était jamais une partie de plaisir.

«Il faudra passer la nuit ici.»

Elle jeta un coup d'œil à Lunard, Tonks et aux amis de Harry. Pendant un moment, il pensa qu'elle allait leur demander de partir, mais elle se contenta de soupirer.

«Je vais revenir avec la première dose.»


A l'exception de Drago, Colin était le seul ami de Ginny près duquel elle avait emmené son journal. Ses frères auraient essayé de le lui prendre pour voir ce qu'elle lisait. Hermione – même si Ginny l'adorait – pouvait se montrer curieuse, Harry l'était très souvent aussi et chercherait sans nul doute à secourir Tom s'il savait qu'il existait.

Colin, en revanche, était installé sur le tapis en face de la cheminée et discutait de Quidditch avec entrain. Le match du jour était son tout premier. Ginny ne pensait pas qu'il allait devenir un fan inconditionnel, mais le match l'avait fasciné et elle pensait que ça allait continuer un moment. Elle et Drago avaient passé la plus grande partie du match à lui expliquer les règles, mais cela ne dérangeait pas Ginny et même si Drago avait beaucoup taquiné Colin sur le fait qu'il était vraiment un moldu, Ginny savait qu'il le ne pensait pas vraiment.

Alors qui a attaqué Harry, Ginny? demanda Tom.

Je ne sais pas, écrivit Ginny. Sûrement un Serpentard, mais personne ne sait pour l'instant. En parlant de Serpentard, tu as réussi à te souvenir?

J'ai bien peur que non, Ginny. Ginny était déçue et ne savait pas quoi répondre. Tom sembla le comprendre. Ça ne fait qu'une journée. C'était sûr que ça allait me prendre du temps.

Je sais, répondit Ginny.

«-pense qu'il va bien? demanda Colin. Ron, Hermione et Malefoy sont partis depuis longtemps maintenant ...»

«Qui va bien?» demanda-t-elle, perplexe.

«Harry, répondit Colin en clignant des yeux. Peut-être qu'on pourrait lui rendre visite. Ce n'est pas encore l'heure du couvre-feu-»

«Mais il ne reste qu'une heure.» dit Ginny en se mordant la lèvre.

«On peut faire vite, dit Colin en s'asseyant. Je pourrais lui amener du raisin. Je pense qu'il aimera ça-»

«Du raisin? ricana Ginny. Emmène-lui une Chocogrenouille plutôt. Je pense qu'il préférera ça.»

«Ooh, bonne idée.»

Colin sauta sur ses pieds.

«Je pense que j'ai une boîte là-haut.»

Ginny? Tu m'en veux? Tu ne parles plus.

Je discute avec Colin, écrivit-elle.

«Je reviens dans une minute.» chantonna Colin.

«Je vais ranger ça, dit Ginny en fermant le journal. Ne pars pas sans moi, d'accord?»

Colin était déjà à la moitié des escaliers. Ginny se dirigea vers son propre dortoir et rédigea un rapide au-revoir à Tom, lui expliquant qu'elle lui parlerait plus tard, avant de ranger le journal dans sa malle. Puis, sa vision vacilla et elle se laissa tomber sur son lit en fronçant les sourcils, plaquant une main sur sa tempe.


«T'es bien calme, Ginny.» dit Colin en tournant les yeux vers elle.

Tom croisa son regard avec froideur.

«Tu vas bien?»

«Oui.» répondit Tom.

La partie de l'esprit qui était toujours Ginny se débattit et Tom ajouta un peu de pression jusqu'à ce qu'elle arrête.

«Je suis juste inquiète pour Harry, c'est tout.»

Comme Tom s'en était douté, Colin accepta cette réponse sans aucun problème et détourna le regard, pile au moment où Tom chancelait. Par chance, la plupart des gestes de Ginny étaient reliés à la mémoire automatique de ses muscles, mais quand il y pensait trop, il avait tendance à s'emmêler les pieds ou à oublier qu'elle était si petite. C'était vraiment agaçant, mais il devait faire avec.

«On est loin ?»

Il s'était avéré que Colin ignorait où se trouvait l'infirmerie et se reposait sur 'Ginny' pour les y mener. Tom ne savait pas si Ginny savait où elle était, mais lui le savait évidemment.

«Non, pas loin, répondit Tom. Je nous ai juste fait faire un détour. Mes frères m'ont dit que les Préfets ne passaient pas souvent par ici.»

«Mais on n'a pas dépassé le couvre-feu.» dit Colin, visiblement confus.

«Mais on est à Gryffondor, dit Tom en soupirant. Les Serpentards s'en ficheront que ce ne soit pas encore l'heure du couvre-feu.»

Colin acquiesça sérieusement et Tom tourna la tête pour que Colin ne voit pas son sourire satisfait. Colin était le genre de personnes que Tom savait manipuler, le genre de personnes qui prenaient ses mots pour une vérité absolue et ne posaient jamais de questions compliquées. C'était dommage que ce ne soit pas plutôt Colin qui soit tombé sur son journal.

Ginny posait trop de questions et même si elle partageait facilement ses secrets avec Tom, elle avait aussi trop d'amis. Et cela n'ennuyait pas Ginny de sortir le journal en présence de Colin. Cela voulait dire qu'elle lui faisait confiance, peut-être assez pour se tourner vers lui si elle devenait suspicieuse.

Tom ne pouvait pas prendre ce risque.

«Oh, bien.» dit Tom en s'arrêtant de marcher.

Il jeta un œil dans la pièce sombre.

«Colin, ça t'ennuie si je m'arrête? J'aurais du y aller avant qu'on parte, mais-»

«Vas-y, dit Colin. Mais dépêche-toi ou nous n'aurons plus le temps.»

«Merci Colin.» répondit Tom, avant de se glisser dans les toilettes.

Mimi Geignarde sortit de son cabinet et ses yeux se plissèrent. Tom sortit la baguette de Ginny et fit disparaître le fantôme dans les toilettes sans prononcer le moindre mot. Avec un sourire narquois, Tom s'avança vers les lavabos.