Hey !
Ce chapitre n'est pas si long. Mais il est dense en informations puisqu'il pose les bases les plus importantes du background de cet UA (oui, au chapitre 9... je suis pas au top).
Et j'avais complètement oublié, mais il y a en réalité deux OC dans cette fanfic !
Enfin, ce n'est pas vraiment un OC puisque le personnage existe dans One Piece, mais comme on ne l'a pas encore vu, je me suis permise de créer entièrement le personnage pour les besoins de cette histoire... bon, originalité : -5 sur le nom. Mais j'assume.
Merci à, The Story of a rabbit, Lawiki, Les-Fictions-De-Niils, Traff Lamy, et un Guest pour leur review ! Merci à Etolia7 pour son PM :3. Merci également à tous ceux qui ont mis cette histoire en fav ou en follow.
RAR
Traff Lamy - Merci pour ta réponse ~
EDIT 30.05.16 - Correction du chapitre par Etolia7. Un immense merci à elle ! C'est grâce à elle que vos rétines vont être épargnés.
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Chapitre 9
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Je rentre doucement dans l'appartement, juste au cas où il se serait assoupi -même si je n'y crois pas beaucoup.
Il est allongé dans le sofa, un livre au-dessus de la tête.
- Je suis rentrée.
- Bon retour.
Il repose le livre et se redresse en passant une main dans ses cheveux en bataille pendant que j'envoie valser mes getta.
- J'ai plus de pieds, je gémis en m'affalant à côté de lui pour me les masser. Tu as regardé le feu d'artifice ?
Il hausse les épaules sans daigner me regarder et d'un commun accord avec moi-même, je décide de prendre ça pour un oui. Je file dans la chambre me changer et passer l'ensemble d'été qui me sert de pyjama et me réinstalle en remontant mes genoux pour poser mon menton dessus. Je suis claquée. Rapidement, j'enlève mes épingles et laisse mes boucles folles chatouiller mon visage en me secouant la tête. Ça fait un bien fou, mais j'ai manqué d'envoyer valser mes lunettes à l'autre bout de la pièce.
L'entendre commencer une conversation me surprend tellement que je sursaute.
- On peut parler ?
Même s'il m'a surprise, je sais déjà de quoi il veut parler. A la seconde où le devoir de culture G a été évoqué, je savais que l'on y viendrait.
- Je suppose que je te dois une explication pour ce qui est de Gol D. Ace ? je soupire, fataliste.
- Tu ne me dois rien, me reprend-t-il. Mais dire que j'ai failli collapser à entendre des noms comme Gol D., le Roi Sombre et Garp le Poing dans la même phrase serait l'euphémisme de la décennie.
- Collap-quoi ? je demande très intelligemment.
Il ferme les yeux une seconde.
- J'ai été très-très-très-beaucoup surpris, dit-il en articulant très distinctement.
Je pique un bref fard et lui mets un coup dans le bras en vengeance. Il se redresse et s'assoie pour me faire face, chacun d'une extrémité du canapé.
J'attrape l'une de mes boucles et l'entortille distraitement. J'ai besoin de toucher quelque chose. Dès l'instant où les garçons avaient parlé du devoir de culture G, je savais que la situation familiale des garçons allait finir par venir dans la conversation. Et que le gars caché dans la chambre allait en profiter sans avoir rien demandé. Et même si ça ne le regarde pas… je ne peux pas le laisser avec des brides de conversations qui pourraient, dans l'oreille de n'importe qui d'autre, créer le scandale du siècle.
- Si je te parle de mes amis, c'est uniquement pour pas que tu te fasses de mauvaises idées à leur sujet avec ce que tu as entendu tout à l'heure. En aucun cas pour exhiber leur intimité.
Il hoche la tête solennellement.
- Je le prendrai comme tel.
Ça c'est de la conversation à tendance sérieuse. Mais je ne peux pas m'empêcher de rajouter, juste pour détendre l'atmosphère :
- Après, si tu veux, on peut quand même se plaindre sur nos vies respectives autour d'une tasse de thé, se faire blesser par balle, tout ça... Mais je ne pense pas pourvoir te dire quoi que ce soit d'intéressant à mon sujet.
Il ne me répond pas. Il attend la suite. Ok, je vais arrêter.
Alors, je décide de commencer par le début.
- Tu connais le clan des D. ?
Il hoche la tête.
- Après la fin de la Guerre Mondiale, un symbole de paix avait besoin d'être érigé pour unir les pays impliqués. Cette île fut choisie, notamment dû à la présence de l'immense clan que formait les D., qui s'était fait connaitre à travers le monde grâce à son nombre non négligeable d'ingénieurs, d'artistes, de physiciens, d'auteurs, d'inventeurs et pleins d'autres trucs en « -teur » qui ont fait leur renommé. Puisque la Cité s'est agrandie et a accueilli d'autres clans, un gouvernement officiel a été mis en place, ainsi que de nombreuses mafias qui ont profité de l'instabilité géo-politique de l'île pour faire fleurir leurs commerces. On est d'accord jusque-là ?
Whouaou, on parle de "géo-politique" quoi, ça devient sérieux là… Faut vite que je fasse une vanne pourrie pour relâcher la tension… Ou pas, vu son regard qui me dit clairement que si j'ose faire ça, je passe par la fenêtre.
- Bref, je reprends vite en me raclant la gorge. Au milieu de ce bazar où la quasi-totalité des politiciens de l'époque s'était fait tout simplement acheté pour que les mafiosii continuent leurs affaires tranquillement, les autres clans ont commencé à voir d'un mauvais œil le clan des D. qui résistait à cette ambiance et qui, à leur grande contrariété, essayait même d'assainir tout ça. Et c'est là que les ennuis commencèrent pour eux.
C'est à ce moment que les livres d'histoire et la réalité divergent.
- La version officielle de ce qui a provoqué la disparition de tous leurs membres, alors qu'ils étaient le clan le plus influant du pays il y a quatre cent ans, c'est que chaque chef de famille et membre influent a été arrêté et mis à mort pour haute trahison envers le pouvoir en place. On parlait de pacte avec des mafias, des gouvernements ennemis et d'attentats contre les hauts dignitaires. Et les membres du clan qui n'étaient pas considérés comme une menace ont été dispersés, et la signification de leur propre nom de « D. » a été perdue.
La version officielle… celle qui est écrite dans tous les livres d'histoire qui en parlent.
- Seulement, et libre à toi de nous croire ou non, c'est pas exactement ce qu'il s'est passé. Ou plutôt, la véritable raison de l'éradication du clan est un brin plus complexe. Ce qui a provoqué ce massacre, c'est la jalousie. Les D. étaient des personnes aux capacités qui semblaient illimitées. D'autres clans qui souhaitaient avoir main basse sur la Cité les voyaient comme trop influents, ainsi que beaucoup de personnes au sein même du gouvernement de l'époque, qui comme tu le sais sûrement, était alors pourri jusqu'à la moelle. Et bien pour simplifier à l'extrême des années de blabla politique, ils se sont alliés et ont évincé les dirigeants et les grands noms parmi les D.
Je jette un coup d'œil à mon vis-à-vis, et sens une pointe de contrariété en constatant qu'il maintient son foutu poker face qui m'empêche encore et toujours de lire ce qu'il pense.
- La branche des Gol D. a gardé une rancœur assez profonde envers ceux qui les avaient renversés et qui s'étaient appropriés leurs richesses, biens, terres et savoirs. Gol D. Roger s'est pas contenté de la rancœur. Il a tenu à agir et a monté son commerce d'œuvres rares. Comme le gouvernement voulait pas qu'il y ait de problème avec un D., ils ont pas accepté longtemps que Roger réunisse ainsi des biens de ses ancêtres. Ils l'ont déclaré hors-la-loi, mais ça l'a pas empêché de continuer, mais en tant que mafieux cette fois.
Je change de boucle en remontant mes lunettes.
- Parce que c'était son but à la base, réunir des biens dispersés des D., espérant un jour en avoir assez pour faire éclater la vérité et redorer le blason de ce clan. Mais en entrant dans l'illégalité, c'était peine perdue. Alors il s'est contenté de faire fleurir son marché par simple esprit de contradiction on va dire. Sa réputation de « monstre », vient des échanges assez mémorables entre lui et la police, ou la Brigade anti-mafia. Il était violent lorsqu'il s'agissait des siens.
Toujours aucune expression. Il m'énerve.
- Je suis pas en train de le défendre, comprends-moi bien. Seulement, il s'en est jamais pris à un innocent. C'est une réalité, c'est tout. Puis lorsqu'il a rencontré Portgas D. Rouge, ils se sont fréquentés, mais il a jamais pu la demander en mariage, pour la protéger et la mettre hors de cause. Puis les évènements se sont enchainés. Roger a appris qu'il était malade et qu'il allait en mourir au même moment où Rouge est tombée enceinte.
J'ai toujours eu une admiration sincère pour cette femme. Si forte et si fidèle.
- Alors il a contacté directement le seul homme de la police à être un D. à cette époque, qui s'est aussi avéré être celui qui le poursuivait depuis qu'il avait commencé à être connu. Monkey D. Garp, plus connu sous le nom de Garp Le Poing. Il lui a alors confié Rouge et son enfant à naitre. Et surtout, sachant qu'il n'aurait jamais le temps de l'élever correctement, il lui a demandé de travailler main dans la main à l'avenir de son enfant avec son bras droit, Silvers Rayleigh. Enfin, à l'époque, personne ne connaissait son vrai nom, il était seulement « Le Roi Sombre ». Une chance, car c'est ce qui lui a permis de se retirer et d'utiliser sa véritable identité sans éveiller les soupçons, même s'il était couvert par Garp.
Une histoire de fou… un mafieux et un haut-gradé qui abandonnent tout pour un enfant à naitre. Mais il y avait qu'un D., voire peut-être que Roger pour faire ça.
- Et une fois le sort de Rouge et de leur enfant sûr, il a aidé Garp à démanteler une autre mafia particulièrement virulente. Et oui, c'est grâce à Roger en personne que Shiki le Lion est tombé. Il savait qu'il y laisserait sa peau, mais s'ils y arrivaient, c'était toujours une menace en moins pour un monde plus beau. Pour sa famille. Alors un soir, il y a eu une véritable tuerie chez Shiki, et il en est mort, mais il avait réussi. A sa demande, c'est Garp qui a hérité de tous les honneurs. Quelques semaines plus tard, Ace naissait et Rouge mourrait en couche.
Orphelin le jour de sa naissance… c'était triste. Même Sabo et moi avons eu plus de chance.
- Garp a caché Rayleigh dans un appartement qu'il utilisait presque plus. L'histoire aurait pu en rester là, mais la suite s'est avérée encore plus complexe. Dans sa chute, Roger en a fait tomber avec lui et a révélé beaucoup de dossiers à Garp. Avec ça, il a fait tomber pas mal de corrompus. Et puis un an plus tard, c'est le PDG d'une très grande entreprise qui a été accusé de magouiller avec les mafieux. Sauf qu'il a refusé de gentiment coopérer.
Je retins difficilement un ricanement dégouté.
- Ils ont tenté de se tuer, eux et leurs deux enfants. Oh, ils ont réussi. Ils sont morts, emportant avec eux leur fils adoptif. Mais leur fils de sang a survécu. Garp est intervenu au bon moment et lui a sauvé la vie. Il avait qu'un an à l'époque. Rayleigh s'est alors proposé pour s'occuper de lui plutôt que de le confier à un orphelinat. Il lui a même donné son nom de famille. Silvers. Pour Silvers Sabo.
Les deux ainés de la fratrie. Rayleigh s'était retrouvé à s'occuper de deux poupons alors qu'il n'avait jamais été ne serait-ce que marié. Heureusement, il avait pu compter sur l'aide précieuse d'une de ses plus anciennes amies, ancienne mafieuse également : Shakky.
- Mais la revanche du clan des D. finit pas là, je poursuis en torturant encore une autre boucle. Avant de mourir, Roger avait confié l'avancement de toutes ses recherches à son beau-frère. Le compagnon de la sœur de Rouge, Portgas D. Ruby. A l'époque, il était déjà un auteur connu et controversé pour ses écrits remettant en cause le Gouvernement. Monkey D. Dragon, dont le nom de famille n'avait jamais été divulgué. Même son éditeur l'ignorait.
Je n'ai jamais vraiment compris si c'était pour qu'il ne soit pas assimilé à Garp, ou par goût.
- Et puis il est allé trop loin. Ce que je t'ai pas dit, c'est que les Portgas sont une famille très riche et très influente. Après la mort de Rouge, ses parents, furieux d'avoir perdu leur héritière directe ont quasiment enfermé Ruby chez eux. Mais elle était bien trop impétueuse pour se laisser entretenir dans une cage dorée, et sans doute trop amoureuse aussi. Elle a continué à fréquenter Dragon. Jusqu'au jour où elle s'est découverte enceinte. Ses parents étaient absolument enragés, et voulaient pas qu'elle garde l'enfant.
Rouge et Ruby. Ces sœurs étaient vraiment des femmes d'exception.
- Elle a hurlé corps et âme jusqu'à ce qu'ils acceptent un marché. Elle gardait l'enfant, il vivrait, et en échange, il serait confié à son père. Avec l'absolue interdiction d'avoir le moindre contact avec eux à partir de ce jour. Ils ont accepté, mais étant assez influents au gouvernement, à la naissance de Luffy, Dragon dû fuir le pays sous peine de se retrouver en prison sans la chance d'avoir le moindre contact avec son fils. C'est à nouveau Garp qui a recueilli le bébé, et Ray l'a également pris sous son aile, alors qu'il gardait le nom de sa lignée, Monkey D. Luffy.
Et voilà. L'histoire est finie. Je m'interromps avec la bouche particulièrement sèche. Il y avait longtemps que je n'avais pas autant parlé, et cette histoire fait remonter en moi des centaines de souvenirs.
La première fois qu'Ace et Sabo m'ont confié leurs origines. La discussion qui s'en est suivie. Celle que j'ai eu avec Rayleigh à ce sujet quelques semaines plus tard, quand il a su que je connaissais leur passé.
Ces heures passées à en discuter, à écouter Rayleigh raconter de vielles histoires, des anecdotes de la vie mouvementée qu'il a vécue au côté de l'homme le plus fou du monde…
Plus de bons souvenirs que de mauvais, mais toujours l'ombre de la culpabilité d'Ace, la peine de Sabo… Heureusement que Luffy, leur rayon de soleil est là.
- Et Portgas D. Ruby ? me demande-t-il soudain. Qu'est-ce qu'elle est devenue ?
Je secoue la tête.
- Même Garp en sait rien. On sait même pas si elle est encore vivante. Elle a plus jamais été vue depuis. Il n'y a eu aucun certificat de décès à son nom, mais ça veut rien dire. Les Portgas ont une forte influence à un peu tous les niveaux.
Il acquiesce. Je me demande bien à quoi il songe.
- J'ai toujours cru que le Roi Sombre était tombé avec Roger.
Je ris.
- Et non ! Il changeait des couches et donnait des biberons.
Il esquisse un sourire en réponse au mien.
- Je t'avoue que j'ai du mal à imaginer la scène.
- J'essaierais de te dégoter des photos, c'est vrai que ça vaut le détour.
Bon, il ne montre rien, mais je suis sûre qu'intérieurement, il est mort de rire en imaginant le puissant Roi Sombre si craint en train de courir pour satisfaire trois gosses en même temps... si, si. J'y crois.
- Quelle famille.
- Je te le fais pas dire. Tu comprendras que le lignage est pas le sujet de conversation préféré de mes amis.
Il passe une main dans ses cheveux, et pour la première fois depuis le début de mon récit, il semble aussi essoufflé que moi.
- Bon sang… Roger, le Roger a eu un fils…
Je ne peux pas retenir un sourire en coin, camouflant mal ma soudaine hilarité. Je les connais depuis si longtemps, j'ai assimilé qui ils étaient il y a si longtemps, que j'oublie souvent à quel point cette histoire qui peut être incroyable… est, en fait, incroyable.
Bon sang, Gol D. Roger a une descendance !
Même si la descendance en question est un ado de seize ans qui va au lycée du coin, retape une vieille moto le week-end, est narcoleptique et légèrement pyromane sur les bords. Normal quoi.
- Et oui. Cocasse, n'est-il pas ?
Je dois me mordre les lèvres face à son expression prenant peu à peu toute l'ampleur de la situation.
- Le fils de Roger. Si n'importe qui au gouvernement apprend ça…
- C'est pour ça que c'est un secret, j'appuis en me penchant comme pour une confidence.
Il repasse une main dans ses cheveux.
- Il a été élevé par… Garp le Poing… et Le Roi Sombre…
Là c'est trop. Un raclement de gorge me trahie. Mais il se semble même pas l'avoir remarqué.
- Et le fils de Dragon…
- Ouais, le Révolutionnaire.
- L'ennemi public numéro un de l'Ile…
- Je te présente les fils adoptifs de Silvers Rayleight. Ace, Sabo et Luffy. Enfin, en réalité, Ace et Lu' sont cousins. Mais c'est le genre de détail qui pour eux n'a aucune importance. Ces trois-là sont des frères, c'est tout.
- Et toi ?
Gné ? Je ne suis pas sûre de comprendre la question.
- Tu as l'air au moins aussi atteinte qu'eux. C'est de famille ou tu es simplement influençable ?
Je ris, jaune cette fois
- Nan, moi j'ai des parents tout ce qu'il y a de plus banal. Divorcés et remariés chacun de leur côté. Pas de nom spécial, pas de lien avec la mafia, juste deux gratte-papiers. Rien d'intéressant. Je suis juste influençable comme tu dis. Mais pour ma défense, on parle du fils de Roger et de celui qui a hérité du nom du Roi sombre. Dans le genre influence, difficile de leur échapper.
- Je conçois, m'offre-t-il.
Je déplie mes jambes et m'étire. Je sens mes articulations se décontracter et mon sang circuler. Lui semble toujours pensif. Lorsqu'il vrille son regard dans le mien, je devine qu'il assimile ce que je lui ai raconté.
- Tu en as d'autres des comme ça ?
Je lui souris rassérénée.
S'il accepte mes amis sans les juger sur leur origine, ce ne peut être que quelqu'un de bien. Je ne me suis pas trompée à son sujet, j'en suis sûre. Enfin, qui qu'il soit, dans le fond, il n'est pas mauvais.
- En fait, oui. Sur ma coloc.
Il plisse les yeux, suspicieux.
- J'ai rencontré Koala à l'hôpital. C'était pendant ma convalescence après avoir j'ai pris la foudre. Comme on était les deux seules petites filles du service, on a été mises dans la même chambre et on s'est bien entendues. En fait, elle a un an de plus que nous, mais a dû redoubler un niveau parce qu'elle a passé presque une année entière à l'hôpital. Quand elle a repris l'école, on s'est retrouvées dans la même classe.
Je souris à l'évocation de notre hospitalisation. On s'était vraiment amusées en réalité.
- Nojiko et elle sont immédiatement devenues amies également, de la même manière que je suis proche d'Ace et Sabo. Puis quand on a dû trouver chacune un logement, on s'est même pas posé la question et on a emménagé ensemble. On était vraiment jeunes pour ça, mais Koala est quelqu'un d'extrêmement responsable et je fais pas de vague. Son père a accepté et mes parents en avaient de toute façon rien à faire.
Je balais l'appartement d'un geste de la main.
- Ici, c'est chez nous depuis des années. J'ai pas d'autre maison. Pas très intéressant, hein ?
Mais il ne me répond pas. C'est moi où l'ambiance s'est détériorée là ? Je vais vite régler ça.
- En fait, Koala était orpheline…
Il reconcentre son attention sur moi et j'enchaîne.
- Son père adoptif… son nom te dit peut-être quelque chose ? Il s'agit de Fisher Tiger.
Silence.
Puis sa mâchoire se décroche.
- La fille de-
- Ouais, Fisher Tiger, l'ancien leader des Natifs de l'Île, j'enchaine sur le ton de la conversation. Bon, aujourd'hui il a pris sa retraite loin d'ici. Mais ouais, Koala Fullshout de son nom de naissance.
J'adore le petit effet que lui font les amis. Même ses cernes semblent surpris.
- En fait, c'est un secret pour personne, j'avoue. Elle a grandi parmi les Natifs. Elle a appris dès son plus jeune âge leur karaté. Et elle est championne nationale. N'importe qui la voyant pratiquer ou combattre peut sans mal le deviner. Elle utilise des mouvements qui ont été vu que pendant les éclats entre Fisher Tiger et la police. Et c'est pas pour rien que son surnom dans le milieu… c'est « la Tigresse ».
- Bon sang… souffle-t-il.
Je pouffe alors qu'il semble se remettre doucement de toutes ces révélations. Assez pour déclencher une guerre civile.
Il finit par lâcher un « je vois » qui résonne étrangement avec sa voix caverneuse et je me mords la joue pour ne pas rire.
Il se remet, doucement mais surement.
- Je me sens presque mal de savoir tout ça, avoue-t-il. Ce n'est pas le genre d'informations qui devraient être entendues par le premier venu.
Je lève les yeux au ciel.
- Je pense que l'on est d'accord pour dire que tu n'es pas exactement le premier venu.
Il me lance un énième regard indéchiffrable.… Je ne pige rien à ce type, c'est emmerdant. Il lève une main à sa tempe… puis la retire. J'adore son tic. Je ne sais pas pourquoi, mais à mes yeux… ça le rend plus humain. A la place, il passe son doigt sur l'un des piercings de ses oreilles.
- Pose-moi une question, dit-il. N'importe laquelle, j'y répondrai honnêtement.
Je sursaute. Il est sérieux ? C'est une énorme possibilité qu'il me propose, une question de mon choix. Je pourrais lui demander… lui en demander tant… et je ne peux m'empêcher de voir dans ses paroles et ses yeux d'aciers qu'il a confiance.
Le quelque chose inidentifiable sous mon pacemaker me titille et je fais de mon mieux pour l'ignorer. Je m'en inquiéterai plus tard.
- Tu es sûr ? je demande du bout des lèvres, par peur qu'il retire son offre.
Mais il se contente d'acquiescer, attendant simplement ma question.
Je pourrais… je pourrais lui en demander des choses. Mais aucune ne m'intéresse vraiment. Ou du moins, la réponse m'indifférerait…
Trafalgar Law…
Je souris. J'ai trouvé ma question.
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Merci pour votre lecture !
