Hey !

Chapitre sans action à nouveau, (désolée Niils), beaucoup de blabla et encore beaucoup de backgroud (avec son lot de nouvelles questions... comme s'il n'y en avait pas déjà assez vous savez... J'espère seulement que je ne vais pas vous perdre).

Merci à, Traff Lamy, Les-Fictions-De-Niils (que je remercie doublement pour son PM également :3), Lawiki, The Story of a rabbit et Lise de Lune pour leur review ! Merci à Etolia7 pour son PM :3 (A qui l'on doit également la correction du chapitre précédent qui s'est vu remettre sur le droit chemin à grand coup de Bescherelle : Merci !). Merci également à tous ceux qui ont mis cette histoire en fav ou en follow.

RAR

Traff Lamy - Enfin, je ne suis pas si sadique ! Merci pour ta review ~

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Chapitre 10

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Hum. Je suis peut-être allée un peu vite en besogne. C'est vrai que je serais vraiment curieuse de savoir la réponse, mais j'ai peur que la question ne lui plaise pas du tout.

Ce n'est pas une anecdote d'amitié que je veux lui demander, c'est sur son passé. Pas sûr qu'il apprécie.

- Et bien, tu en tires une tête, me fait-il remarquer. Qu'est-ce qui t'arrive soudain ?

Mal à l'aise, je mors ma lèvre et tire tellement fort sur ma mèche de cheveux, que je manque de me l'arracher.

- Je… Je peux vraiment te demander ce que je veux ?

Il a l'air un peu exaspéré, et je le comprends. Il m'offre une emprise sur lui, et moi, au lieu de l'accepter humblement, je lui rappelle la position de force qu'il m'a proposée. Je manque vraiment de finesse sur ce coup-là… mais je n'ai pas pu m'en empêcher.

- Dans ce cas… Dans ce cas, tu peux juste me répondre par oui ou non.

Il hausse un sourcil circonspect, mais acquiesce et me fait signe de continuer.

Je voudrais bien mais c'est délicat !

Je ne peux pas juste lui balancer comme ça :

- La tache blanche que tu as à la racine des cheveux dans la nuque, c'est une cicatrice de Saturnisme, n'est-ce pas ?

Oh pitié, coupez-moi la langue ! Je n'en reviens pas d'avoir osé poser la question, mais qu'est-ce qui m'a pris ?

Me maudissant intérieurement, je cogne mon front contre mes genoux comme si ça pouvait expier ma bêtise. Ce que je me sens stupide. Je n'ose même pas le regarder. Il doit être furieux là…

- Oui.

Je sursaute. Je ne m'attendais vraiment pas à réentendre un jour le son de sa voix. Je m'immobilise, tendue en attendant un signe… puis lentement, lève juste assez les yeux pour lui jeter un coup d'œil.

Il semble… étrangement calme. Un peu surpris peut-être.

- Comment tu as deviné ? me demande-t-il, plus curieux que furieux.

Pas furieux du tout même. Je ne suis pas sûre que ça me soulage de le savoir aussi calme à ce sujet. Mais je lui dis tout de même la vérité. Du ton le plus… désinvolte qu'il est possible d'avoir sur un tel sujet.

- Un fois, Ace, Sab' et moi étions seuls chez eux. Et on a fait… une bêtise. On est rentré dans le bureau de Rayleigh parce qu'on y entendait des bruits étranges. Il avait laissé son ordinateur allumé. Alors qu'on s'apprêtait à ressortir, Ace a fait une crise de narcolepsie et est tombé sur une étagère qui s'est renversée. Elle contenait des vieux dossiers de Garp. Et l'un d'eux était sur la Peste Blanche, le Saturnisme qui a atteint la ville de Flevance il y a…

- Douze ans aujourd'hui, m'interrompt-t-il.

- C'est de la que tu viens ? De Flevance ? Oh. Désolée, on avait dit une question.

Je suis déjà allée trop loin. Inutile d'enfoncer le clou.

Mais il secoue lentement la tête et me met un coup de talon bien senti dans le tibia.

- Détends-toi un peu, je ne vais pas te manger.

Facile à dire. J'ai un peu de mal à être calme là. Mais lui semble relativement décontracté. Et un peu pensif.

- Qu'est-ce que tu sais de la Peste Blanche ?

Les souvenirs des photos, des mots remontent soudain dans ma mémoire et je prends quelques secondes pour ordonner mes pensées.

- Flevance, était la seule ville du pays dont le sous-sol abritait du Blanc de Saturne, un minéral très précieux, mais qui, mal purifié, provoquait la maladie du Saturnisme. Pendant deux cent cinquante ans, il y a eu aucun problème durant son exploitation. Puis un jour, une des maisons de joaillerie a explosé, déversant dans le sol et dans l'air des produits chimiques qui ont déclenché une épidémie de Saturnisme. La ville a été mise en quarantaine, plus personne ne pouvait entrer ou sortir. Il n'a fallu… il n'a fallu qu'un mois avant que…

Je m'interromps, gênée et la gorge nouée. J'aimerais me cacher dans un trou de souris, mais même elle me regarderait avec dédain pour avoir mentionné un sujet aussi sensible envers ce qui me semble être un survivant de Flevance. Même si ce n'est pas censé être possible.

Le survivant en question ne semble pas plus atteint que ça, et ce n'est pas pour me rassurer. Il lève à nouveau le talon, et je me crispe, m'attendant à tout moment à recevoir un autre coup.

Mais à ma grande surprise, il se contente de poser la plante de son pied sur mon tibia endolori, et ne bougea plus.

- Ça m'étonnerait que dans un rapport officiel, le ton ait été aussi concilient, m'offre-t-il avant de passer une main sur sa nuque, au niveau de la tache blanche et de continuer. C'est bien ce qui s'est passé. L'exploitation, l'explosion et l'épidémie. Seulement, le Saturnisme est une maladie qui attaque uniquement les organismes exposés trop longtemps au minerai. En somme, uniquement les habitants dont les familles sont là depuis le début de l'exploitation du Blanc de Saturne.

Il a un vague sourire ironique, mais il disparait rapidement.

- Les autorités ont pris peur, ont cru que la maladie était contagieuse et ont refusé d'apporter l'aide nécessaire à combattre la maladie. Exploiter ce minerai, c'était comme lever une immense épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. L'épée est tombée, il était préférable pour eux que personne n'en entende plus jamais parler, alors s'il n'y a aucun survivant pour attester de leur manque d'aide, ce n'était pas plus mal.

Il ferme les yeux une seconde. Je ne le sens même pas un peu en colère. Je ne comprends pas.

- Le plus… accablant dans cette histoire, c'est qu'il existe un remède. Sa composition est rare, sa synthétisation compliquée, il coûte une véritable fortune, mais il existe. Seulement, le Gouvernement n'allait pas débourser autant pour une ville déjà détruite. Alors ils se sont contentés de fermer les frontières de la ville, et attendre calmement qu'elle s'autodétruise. Puis quand ils ont été certains qu'il n'y avait plus aucun survivant, ils l'ont rasée, bétonnée, et ont déserté la zone. Ils n'ont même pas pris la peine d'enterrer les cadavres des derniers morts qui eux, avaient pris le temps de le faire pour les précédents.

Ça, je le sais que trop bien.

- Mais comment…

Il me renvoi un sourire et un regard las.

- Comment j'ai survécu ? C'est une excellente question, et pour tout t'avouer, je ne le sais pas moi-même. J'ai eu beaucoup de chance, j'ai mis la main sur l'antidote, et j'ai guérit. Ça a pris deux années complètes, mais je suis guéri, et ma seule séquelle, c'est cette tache blanche sur ma nuque. La seule qui ne soit pas partie.

Ayant eu le… loisir de voir plusieurs personnes dont les corps étaient presque entièrement recouverts de plaques blanche, ce n'est effectivement pas grand-chose.

- En général, je dis juste que c'est une tache de naissance. Personne n'irait croire qu'il s'agit d'une marque de Saturnisme. En tous cas, enchaine-t-il d'une voix un peu plus forte en retirant son pied de ma jambe et en se redressant un peu sur le coussin, s'il n'y a plus aucun risque de contamination, et si le gouvernement est persuadé d'avoir éradiqué la menace… il y a encore au moins deux survivants de cette histoire.

Deux ? A son regard, je comprends qu'il vallait mieux pas poser de question, mais ce n'était de toute façon pas mon intention. J'en ai déjà trop fait pour aujourd'hui.

Je me sens un peu moins mal à l'aise. Peut-être parce que lui-même ne semble pas plus en colère que ça ou même triste. Il a dû en perdre sa famille pourtant. Il me regarde avec un brin de curiosité.

- C'est rare, même parmi les personnes qui savent que le Saturnisme n'est pas contagieux, qu'elles ne s'enfuient pas en courant à mon contact.

Là, c'est moi qui suis surprise. Je réfléchis quelques secondes à ses mots.

- Je peux pas te garantir que si tu avais été recouvert de plaques blanches, j'aurais pas eu un mouvement de recul. Voire m'enfuir comme tu dis. Mais c'est pas le cas, et m'enfuir après t'avoir lavé et soigné aurait été d'une hypocrisie totale. Ça ne m'a même pas effleuré pour tout t'avouer.

Il me fixe une seconde, comme pour chercher à savoir si je parle sincèrement, mais c'est le cas. Il hoche la tête, mais ne rajoute rien.

Le silence qui s'installe n'est pas lourd ou gênant, il agit comme un temps de latence pour faire retomber une pression que je n'avais pas senti si intense.

Le temps de réfléchir, le temps de quelques respirations plus paisibles.

Je ne sais pas si c'est le contrecoup de notre discussion, ou simplement le fait que la soirée ait été riche en émotions, mais je me sens lentement me faire emporter par le sommeil. Je ferme les yeux et une chape de plomb tombe sur mes épaules.

Je suis épuisée, et j'ai plus qu'une envie, c'est de me glisser dans mes couvertures et d'y rester jusqu'à ce que je m'y fonde totalement.

Le touché d'une main sur mon épaule alors que je suis sur le point de basculer totalement dans le sommeil me réveille un peu.

- Ne tombe pas à la renverse, me dit-il avec un sourire moqueur.

Je n'arrive pas à lui répondre, je suis trop fatiguée pour réfléchir correctement. Je le vois alors brandir sous mon nez un objet que je mets quelques secondes à reconnaitre. La clef.

- Je ne peux pas accepter, dit-il d'une voix calme mais ferme, définitive. Mais…

Il s'interrompt et je fais un effort qui me semble surhumain pour garder les yeux ouverts encore quelques secondes.

Et je ne regrette pas, parce que voir le sourire sincère et même reconnaissant qu'il m'offre valait largement l'effort.

- Merci pour tout, Cara.

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Merci d'avoir lu !