Hey !
Merci à Les-Fictions-De-Niils pour son PM ! Merci à Traffy-D-Lamy, Keya Shira, etolia7, ImperatriceKuja, katym et Yeil pour leurs reviews ! Merci également à tous ceux qui ont mis cette fanfic en favorite et/ou follow !
RAR
Katym – Cette histoire reste calqué sur celle de One Piece, et Ace est le fils du vieil « ennemie » de Barbe Blanche. Dans cette histoire, Edward Newgate ne connait pas Ace. J'espère que c'est un peu plus clair… merci pour ta review !
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Chapitre 15
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Le matin arrive trop rapidement à mon goût.
Il faut dire que si après ces quelques mots, Ace s'est endormi, Sabo et moi nous sommes occupés de lui et de ses blessures toutes la nuit.
J'ai eu comme un air de déjà-vu.
Sabo est passé par la salle de bain se rafraichir et je nous fais chauffer de l'eau.
Lorsqu'il revient et que nous échangeons un regard lourd, ses yeux sont plus rouges qu'à l'accoutumée. Abandonnant la gazinière, je me tourne vers lui et lui ouvre les bras. Il a définitivement besoin d'un câlin.
Avec un soupire beaucoup trop étranglé à mon goût, il se glisse dans mon étreinte et me serre aussi fort que moi. Mon nez lui arrive à peine à la nuque, il a deux tailles d'épaule de plus que moi, je ne suis pas aussi plantureuse que Koala… Mais c'est avec toute mon affection que je l'enlace, passant mes mains sur son dos avec vigueur, m'attardant dans ses mèches blondes à l'occasion.
Je le sens tendu, son menton tremblant contre ma tempe. Il me serre à m'en casser les côtes, mais ce n'est pas douloureux, c'est rassurant : il en a encore la force.
- Je suis fatigué…
Et je sais qu'il ne parle pas seulement de la nuit que l'on vient de passer.
- J'ai eu… tellement peur…
- Je sais, Sab'.
Je passe inlassablement mes mains dans son dos jusqu'à ce qu'il se calme. Quand il pousse un profond soupire un peu plus clair et renifle discrètement, il s'éloigne et l'eau est à ébullition. Je nous sers deux thés à la vanille.
Le silence retombe quand enfin, on entend la respiration d'Ace s'accélérer. Immédiatement, on s'approche de lui. Sabo lui retire la poche de glace de sa joue tuméfiée, et je m'occupe de vérifier sa température.
Il papillonne, agar, puis se redresse, une main sur le front.
- Ace, tu te sens comment ?
Il pince les lèvres, la bouche pâteuse et se racle la gorge avant de me répondre.
- Comme si j'avais été passé dans une essoreuse à salade.
Sabo lui tient un verre d'eau qu'il décent.
- Diagnostique, tu n'as rien de cassé, mais une joue ayant doublé de volume, un œil au beurre noir, une lèvre où on a hésité à te mettre un point -tu savais que Cara avait le nécessaire pour faire ça ici ?- et l'arcade sourcilière méchamment coupée. Bref, t'as une bonne tête de c-
- Bref, je rattrape Sabo avant qu'il ne s'emporte vraiment et qu'il dise des choses qu'il ne pense pas. T'as une sale tête, mais mis à part quelques bleus, t'es… en aussi grande forme que d'habitude.
Ace grimace et s'assoit, coudes sur les genoux, tempes dans les mains.
- Je m'sens mal.
- Tu peux.
Je grimasse à la voix glaciale de Sabo. Il est furax, et pire que tout, il est impassible. Ace lève presque timidement les yeux pour croiser ceux de son frère, puis les baisse immédiatement.
- T'énerve pas… j'ai rien de très grave, tu viens de le dire.
- Oh ? Tu n'as « rien de très grave » ? Donc tu me dis que ça va ?
Je n'aime pas ce ton mielleux…
- Heu… ouais ?
- Ah ? Donc tu devrais pouvoir encaisser ça.
Je savais bien que je n'aimais pas ça.
Sabo lui assène un magique crochet du droit qui l'envoie s'écraser contre le canapé dans un gémissement de douleur.
Je ne bouge pas, observant du coin de l'œil Sabo dont la respiration est hachée, et les mains tremblantes. Il est fou de rage comme je l'ai rarement vu.
- Qu'est-ce qui t'prend ?! s'offusque Ace en se redressant, une main sur sa joue rougie.
- Et toi sombre abruti ?!
Tel que je le connais, Ace ne va pas y couper.
- On peut savoir pourquoi tu es dans un tel état ?! Pourquoi est-ce qu'on a dû se faire un sang d'encre en t'imaginant mort dans un coin ?! Pourquoi est-ce qu'on a dû sortir à une heure du matin courir dans toute la ville pour te trouver ?!
Sa voix n'a cessé d'augmenter, mais quand Ace répond, il est déjà au même niveau.
- Laisse-moi m'expliquer avant de m'frapper !
- T'expliquer ?! C'est bon, on a déjà vécu ça, y'a rien à expliquer.
Attrapant son frère par les épaules pour planter son regard dans le sien, sa voix se mue presque en hurlement.
- Quand est-ce que tu vas arrêter de déconner bon sang ?! Je pensais que ta stupide manie de toujours tenir tête à tous les voyous et autres loubars qui nous agressaient t'était passée merde !
- Mais je-
- La ferme ! T'as tellement envie de crever ?!
- C'ETAIT POUR LUFFY !
Le cri rauque d'Ace impose un silence magistral. Sabo met quelques secondes à réagir, mais au moment où il ouvre la bouche, je pose ma main sur son épaule, l'obligeant d'une pression et d'un regard à s'écarter pour le laisser s'exprimer.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Ace croise les bras, foudroyant son petit frère du regard qui le lui rend bien, et je suis obligée de leur mettre une gifle derrière la tête avant qu'ils ne recommencent à se bastonner.
C'est qu'ils s'adorent tellement qu'ils sont capables de s'entretuer ces deux-là. Par contre s'ils pouvaient le faire après qu'Ace se soit expliqué ce serait parfait, j'avoue être curieuse. Ace reprend :
- Sur le chemin du retour, j'ai croisé une bande de gars. Le genre m'as-tu-vue débile, classique. J'les ai ignorés mais eux m'ont reconnu. Ils m'ont accosté, mais quand ils ont compris que je n'répondrais pas, leur chef à commencer à menacer de s'en prendre à Luffy…
Il suspend sa phrase, mais la suite s'impose d'elle-même. Personne n'a le droit de ne serait-ce que de prononcer le nom de leur petit frère à la légère.
- Donc tu as vu rouge, complète-je avant que Sabo ne ressorte une réplique cinglante. Et ?
- Ben c'était juste dix gars qui s'prenaient pour des caïds alors qu'ils n'ont jamais vu d'sang. Je leur ai mis une raclée dont ils auront du mal à s'en remettre. Mais leur chef, il était carrément plus sérieux.
A en voir sa tête, je veux bien le croire. Ce n'est pas vraiment le premier venu qui peut faire si mal à Portgas D. Ace. Son surnom dans le milieu, c'était « Point Ardent ». Avec un nom pareil, ça vous pose déjà le personnage.
- On s'est cogné un moment, il m'a fait une botte que j'ai pas vu venir, et le temps que j'me relève, il prenait la fuite.
Son expression s'était muée en quelque chose d'étrange. Un mélange de colère et de culpabilité.
- J'ai pas réfléchi, j'lui ai couru après… J'ai même pas remarqué qu'il s'était réfugié sur le territoire de Barbe Blanche avant que je ne l'ai rattrapé.
- Et ? le presse Sabo qui fulmine toujours.
Une vraie marmite. Sans soupape. Il va exploser à un moment donné, et ça ne va pas être joli. Dommage, je l'aimais bien notre appart', mais il va finir en ruine dans pas longtemps…
- Je l'ai achevé, mais je l'ai laissé s'enfuir. J'étais complètement sonné.
Ah ça y est ! J'ai l'expression qui correspond à l'état de son visage. On lui a sonné les cloches.
…
Je suis trop stressée, je pense vraiment à n'importe quoi.
Sabo se racle la gorge dans son coin.
- Et ça ne t'es pas venu à l'esprit de… nous appeler ? Au hasard ?
Ace détourne à nouveau les yeux, légèrement rouge sous ses taches de rousseurs. Si la situation n'était pas celle qu'elle était, je l'aurais qualifié de « mignon ». Là j'ai juste envie de le gifler, cet idiot.
- J'étais trop… enragé pour penser avec cohérence… et puis je ne voulais pas vous mêlez à ça.
Et vlan ! Ça c'est une avoine ! Merci Sab', ça me démangeait.
- Espèce de crétin, je n'arrive même pas à formuler à quel point ta réponse est stupide.
- Moi si, j'interviens parce que sinon ma main va également devenir familière avec la joue de mon meilleur ami ayant déjà triplée de volume. Première erreur, plutôt que de les fuir, tu t'es laissé embrigader dans leurs provocations, pour changer. Sauf que leur meneur avait au moins le même niveau que toi et que tu t'en es pris une avant qu'il s'enfuît, certainement pour ne plus jamais croiser ton chemin. Et toi, suicidaire berserker ayant moins de neurones que de taches de rousseur, tu l'as poursuivi sans nous appeler, ne serait-ce que pour te couvrir ou le persuader de ne jamais toucher un cheveu de Luffy. Sur le territoire du plus grand Yakuza de cette ville.
- Mais je n'voulais pas que Sabo et toi soyez mêlés à ça ! s'emporte le suicidaire berserker ayant moins de neurones que de tache de rousseur ET définitivement masochiste vu ce qu'il enchaine. T'es trop fragile pour la castagne et Sabo doit faire attention à sa réputation comme président du conseil des élèves !
Heureusement que je l'ai vu venir. Je me jette sur Sabo, le retenant à deux mains et de tout mon poids juste avant qu'il ne se lance sur son grand frère adoré pour le passer à tabac.
- Lâche-moi Cara, siffle-t-il le regard brûlant. Je vais le tuer moi-même.
- Là-là-là-là-là-là mon petit Sabo, je dis d'une voix exagérément maternelle et niaise -même si intérieurement, je suis à peu près aussi furax que lui. Gentil, calme, détends-toi ou tu vas nous faire une crise cardiaque et c'est pas le jour, d'accord mon vieux ?
Je le vois fermer les yeux, se mordre la lèvre et prendre une graaaaaaande inspiration.
- ON S'EN CONTREFOUT DE MON STATUT DE PRESIDENT SOMBRE CRETIN, ET CITE-MOI UNE BAGARRE OU CARA N'A PAS EU SON MOT A DIRE !
Et… je n'ai plus de tympan gauche. Voilà, je suis parfaitement assourdie des deux oreilles. Merci les gars, c'est toujours un plaisir d'être amie avec vous.
- Mais je-
- La ferme ! Trop c'est trop ! Y'a vraiment quelque chose qui cloche chez toi en ce moment !
- Ah voilà, une cloche, c'est bien ce que je-
Je m'interromps en me mordant la joue en comprenant à leurs airs totalement effarés que j'ai parlé à voix haute.
- Désolée. Les nerfs qui lâchent.
Sabo s'écarte et fait le tour de la table basse en se massant les tempes, les yeux et les pupilles grandes ouvertes dans l'espoir de se calmer.
- Je vais les tuer… murmure-t-il. J'en peux plus, je vais faire une connerie…
Ace et moi échangeons un regard. Sab' est tellement calme et posé d'ordinaire que le voir aussi furax est exceptionnel. Et dangereux pour son équilibre mental, à n'en pas douter. C'est lui le calme et rationnel de la bande, si on le perd, on est foutu.
- Ace, bouge tes fesses et pose-les sur la table basse. Sab', assis avec moi sur le canap', et on reprend les choses calmement.
- JE VAIS LE-
- Et après, je le coupe avec force, s'il y a besoin de s'énerver, je te promets de te le tenir pendant que tu lui sonnes les cloches- bref.
Ace me lance un regard noir et mime sur ses lèvres le mot « traitre » mais ils obéissent.
- Reprenons… soupire Sabo une fois assis. Tu t'es mis dans les emmerdes jusqu'où ?
Ace ouvre la bouche… et bug.
- Aucune idée.
Sabo et moi nous frappons le front dans un bel ensemble qui résonne dans la pièce.
Bon, je me jette à l'eau avant qu'il y ait une véritable explosion.
- Le gars, tu connais son nom ?
- Absolument pas. Jamais vu, jamais entendu. L'est pas célèbre s'il est connu dans l'milieu.
C'est déjà ça…
- Et… il faisait partie des mafieux de Barbe-Blanche ?
Ma voix n'est qu'un murmure, mais j'ai le cœur trop haut dans la gorge pour la forcer plus. La réponse d'Ace va déterminer à quel point il est dans la merde.
- Non, ça j'en suis sûr.
Profond soupire. Sa voix était sans appel, et la situation se détend considérablement. Et je respire mieux… ce qui n'est pas le cas de mon voisin qui plisse le nez.
- Et comment tu en es si sûr ?
Ace hausse les épaules.
- Il avait pas le tatouage de Barbe-Blanche, mais d'un autre gang de Yakuza que je connais pas.
- RAAAAAAAAAH !
Ah mon pote, compte pas sur moi pour le retenir cette fois. Ta raclée, tu l'as méritée.
Pendant que Sabo se défoule sur son frère gémissant, je soupire et tente de reprendre le contrôle de mes mains tremblantes. J'ai un petit rire nerveux qui passe complètement inaperçu.
Je crois que j'ai une poussée d'adrénaline à la simple pensée que putain, putain, Ace est vraiment dans une situation dégueulasse, et c'est sa vie qui est dans la ligne de mire là, pas une petite heure de moral par le directeur ou Rayleigh.
Sabo finit par s'écarter dans un cri de rage avant de commencer à faire les cents pas dans la pièce. Ace se redresse en toussant. Je crois qu'il est bon pour un deuxième œil au beurre noir et des bleus sur les avant-bras qu'il a utilisé pour tenter -en vain- de se protéger.
- Ace, je soupire, tu as déconné là…
- Je sais-
- Toi la ferme, le coupe Sabo. Tu n'as pas voix au chapitre. Tu la ferme jusqu'à ce que je-
- Eh ! Ça suffit de te prendre pour- s'emporte Ace à son tour, mais cette fois, ce sont mes nerfs à fleur de peau qui craquent.
- SILENCE TOUS LES DEUX !
Mon hurlement me lacère la gorge mais je m'en fiche. Ça y est, je suis vraiment, vraiment furieuse.
J'en ai ma dose, et l'angoisse qui m'enserre le ventre ne m'aide pas à me calmer.
- Sabo, pour le moment, tu te concentres pour te calmer. Je sais que la nuit a été dure, mais là c'est trop pour toi. Je suis pas Koala pour te foutre une raclée qui te remettrait les idées en place, mais je peux toujours faire du chantage affectif : je suis cardiaque, un peu de considération pour mon cœur. Au moins toi, vu comme ton abruti de grand frère s'amuse à le malmener.
Sabo me foudroie du regard, mais mes yeux plantés dans les siens ne sillent pas. Il finit par soupirer, relâcher ses épaules et d'un geste de la main, indique qu'il va se passer de l'eau sur le visage. J'en profite pour dévisager Ace qui est à son tour, furieux.
- T'es un con.
Il me jette la première chose qui lui passe sous la main : la tasse de thé -vide. Je l'esquive et elle rebondit sur le canapé sans se casser.
- Je t'interdis de-
- Tu m'interdis ? je ricane, tremblante. Il ferait beau voir. Tu t'es mis dans une panade monstre comme le pauvre con que tu as était hier soir, et si Sab' en a peut-être un peu trop fait, t'es mal placé pour l'ouvrir aujourd'hui.
- Parce que toi t'es parfaite peut-être ? me crache-t-il au visage, mais je ne cille pas.
- Est-ce que j'ai prétendu ça ? Tu me reprocheras ce que tu voudras demain. Pas avant.
J'entends Sabo revenir, la respiration plus régulière. Ace ouvre la bouche pour m'envoyer balader en beauté, mais un regard de son frère le fait taire. Puis il pose une main encore humide sur mon épaule.
- Alors je ne vais pas me gêner pour le faire maintenant, dit-il d'une voix ferme. Je me suis laissé emporter, mais tu n'avais plus besoin d'enfoncer le clou, il avait compris.
- Mais je-
- Ça suffit, tu ne nous aides pas à dénouer la situation avec ton venin.
Je prends une grande inspiration, et une pointe de culpabilité me pique la gorge que je racle par réflexe. Il a entièrement raison -comme d'habitude. Je n'ai fait qu'envenimer l'humeur déjà moribonde d'Ace et l'ambiance pourrie. Ce n'était ni malin ni mature de ma part.
Je continue, m'exhortant au calme avant de faire une crise de panique.
- On va partir sur des spéculations positives, okay ? Po-si-tives.
Sabo a un bruit de gorge qui ressemble à une exclamation de dégoût, mais enchaine à ma suite.
- On va espérer très-très-très fort que le mec avec qui tu t'es battu est un glandu sans importance, le genre homme de main et que donc, même s'il rabat sa fierté pour l'ouvrir et cracher ton nom à son boss, celui-ci ne bougera pas le petit doigt.
Misère… On mise vraiment sur un coup épineux là…
- On va aussi espérer qu'il ne s'est pas fait chopper par un gars de Barbe-Blanche, et encore une fois, qu'il n'a pas donné ton matricule.
Une « chance », ce sont des Yakuza à l'ancienne : idée de famille, d'honneur et surtout, ils sont ce qui se rapproche le plus de ce qu'était la Mafia à ses débuts : un groupe de défense. En l'occurrence, Barbe-Blanche et ses hommes offraient protections à tous ceux habitant sur son territoire. Pas d'extraction d'argent mais un faible tribut, et une assurance d'avoir aucun ennui avec qui que ce soit. En particulier d'autres mafias beaucoup plus cruelles. Et Roger en connaissait le nombre exact dans cette ville croupie sous la surface.
Newgate Edward était apprécié, admiré, adulé. Chacun de ses « fils » ou « filles », respecté et même la Brigade anti-mafia les laissait tranquilles -ils avaient plus dangereux sur les bras.
- Et on va espérer que personne ne t'a vu ou reconnu. Surtout pas un gars de Barbe-Blanche. Ils ne sont pas vraiment choucards avec ceux qui fichent la pagaille sur leur territoire.
Je me masse les tempes, sentant une migraine pointer. Ace, c'est Ace. Tous liens avec la mafia et les Yakuza est à éviter à tous prix. C'était mal barré.
Dans une tentative désespérée de détendre un minimum la situation, je me permets une remarque stupide.
- Enfin Ace, tu sais bien que tu es narcoleptique. Il te faut des nuits complètes, du calme et un train de vie sans accros…
Ma demi-boutade n'a pour seul effet qu'un regard noir du concerné, et une œillade méprisante de son frère.
- L'est quelle heure ?
Je jette un coup d'œil à ma montre.
- Cinq heures dix.
Sabo grogne et se lève.
- On va rentrer.
- De quoi ? s'étonne Ace en le suivant du regard.
- On a une heure et demie environ avant que Rayleigh ne se lève. Je veux qu'on soit rentré avant. Quand on expliquera ce qui t'es arrivé, on dira que notre dispute à un peu dégénéré.
Le pire ? C'est crédible.
Puisque c'était plus ou moins ce qui est arrivé.
Et merde.
- La situation est trop difficile pour se permettre de faire n'importe quoi. On ne mettra pas le nez dehors avant la rentrée, le temps que les choses se calment et plus jamais on empruntera le chemin où tu les as croisés.
Sabo passe une main dans ses cheveux mais la vue de mon meilleur ami aussi calme après la tempête qui l'a secoué me rassure plus que tout le reste. Le revoilà, le vrai Sabo. Intelligent, calme. Tendance à foncer tête baissée sans se préoccuper des conséquences… au moins un point commun avec son frère. Bref.
- Tant qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter, pas un mot à qui que ce soit. Ni Rayleigh, ni Luffy, ni Garp, ni Koala, personne.
On hoche la tête de concert en échangeant un regard dur. Sabo se frappe soudain le front et mime une insulte.
- Shakky ! Tu peux être sûre qu'elle est déjà au courant. Si elle balance tout à Rayleigh…
- On parle de Shakky, je le coupe. Il ne fait aucun doute qu'elle est déjà au courant, mais qu'elle se doute aussi qu'il ne vaut mieux rien dire à personne. Surtout pas à Rayleigh.
On hoche la tête et le silence retombe, coupé par un raclement de gorge d'Ace qui lève la main pour demander la permission de parler mais que l'on n'avait pas remarqué. Du coin de l'œil, je vois les lèvres de Sabo frémir dans ce qui serait peut-être un sourire, mais je ne fais aucune remarque. Il lui intime de parler d'un coup de menton.
- En parlant de Shakky… peut-être qu'elle sait également qui était ce gars. S'il est allé pleurer chez quelqu'un, elle en a surement eu un retour.
J'acquiesce. Puis pense à autre chose.
- Ce tatouage yakuza… tu serais le redessiner ? Si on le montre aux bonnes personnes, ils seront peut-être dire de quelle famille il s'agit.
- Si tu penses au professeur Nico, Cara, me coupe Sabo avec un ton de menace, c'est hors de question de lui rappeler de mauvais souvenirs.
- Mais non, je soupire, lassée de son ménagement permanent quand il s'agit de notre professeur d'Histoire. De qui on parle depuis cinq minutes ? Je pensais à Shakky évidement, mais aussi à votre grand-père, à Shanks, à Tashigi, à Crocus, mais pas au professeur Nico, andouille.
Il me grimace.
- Si Shakky sait se faire plus secrète qu'un coffre sans serrure, Crocus finirait par prévenir Rayleigh de peur qu'on se soit embourbé dans quelque chose de trop grand pour nous.
… Définition parfaite de la situation. Prix du Capt'ain Obvious décerné à Silvers Sabo en ce jour. Félicitations.
- Shanks est aussi introuvable que d'habitude.
Rectification : Shanks a trouvé un bar où se saouler introuvable par ses propres hommes. A se demander comment sa bande tient debout avec un boss comme lui. Un homme puissant, mais parfois un brin à côté de la plaque. Et le sauveur de Luffy qui lui voue une admiration sans fin.
- Le vieux…
Frisson d'horreur.
- Hors de question.
Hochements frénétiques.
- … Qui c'est Tashigi déjà ?
Je lève les yeux au ciel.
- Misaki Tashigi, même année que Sanji, Nami et Zoro. (Regards perdus) La jolie brunette à lunette qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Kuina. (Toujours aussi paumés alors j'enchaine) Deuxième du club de kendo qui arrête pas de se bouffer le nez avec Zoro, celle qui rêve d'entrer dans la Brigade anti-mafia et qui connait sur le bout de doigt tous les yakuzas de cette ville. Faites un effort les gars…
- Aaaaaaaah !
Je lève les yeux au ciel derechef. Sont graves parfois. Elle n'est qu'une classe en dessous de nous, mais surtout, elle fait déjà partie du conseil des élèves, et est donc sous les « ordres » de Sabo.
- Mon vieux, tu devrais vraiment faire un effort avec les membres du conseil. Au moins te souvenir de leurs noms. A défaut de leur visage…
Sab' bougonne et marmonne :
- Koala est là pour ça…
Si elle l'entend dire ça, il va se prendre une avoine.
- Bref… est-ce que tu peux nous dessiner le tatouage de ce mec ?
Ah, c'est une bonne question. Il faudrait peut-être commencer par le début avant de nous précipiter.
Ace détourne le regard… un brin trop rapidement à mon goût.
- C'est à dire que… je l'ai entraperçu en lui agrippant son t-shirt. J'ai juste pu en dire que ce n'était pas celui de Barbe-Blanche. Mais je ne me souviens pas vraiment…
Mais ce n'est pas vrai ça… J'ai définitivement mal à la tête.
- Aspirine ?
- Trois s'il te plait.
Je nous fais donc trois cocktails anti-mal de tête qu'on trinque avant d'avaler d'une traite.
- Vous deviez y allez.
Ils hochent la tête et on se lève en même temps.
Le silence est oppressant, gênant. Puis tout se passe un peu rapidement. Je n'arrive pas à me souvenir qui initie le mouvement, mais bientôt, nous sommes tous les trois bras dessus bras dessous à nous étreindre avec force.
- Tout ce que j'espère… c'est que cette histoire en restera là.
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Merci d'avoir lu !
