Hey !
Merci à Les-Fiction de Niils, 7etoiles, Lawiki, Lise De Lune et une Guest pour leurs reviews ! Merci à tous ceux qui ont follow ou mit en favori !
RAR
Guest – Merci pour ta review et pour ton retour ! Contente que Law t'est convaincu, c'était un gros challenge ! Et si tu aimes Ace, ne t'en fait pas, il n'est pas prêt de partir ! A bientôt ^^
Bonne lecture et merci à vous !
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Petite précision : Changement de POV durant le chapitre !
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Chapitre 20
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Je nage dans quelque chose de chaud, de doux, de confortable. Il y a un parfum de fleur enivrant et je me sens… bien.
Aussitôt, la sensation disparait.
Je ne sais plus pourquoi, mais je n'ai aucune raison de me sentir bien.
Mon cœur fait un bon et se met à battre la chamade.
Je suis paralysée par un réflexe d'autodéfense que je n'analyse pas vraiment.
J'ai juste besoin de me camper, de verrouiller tous membres en attente de quelque chose -je ne sais pas encore quoi- et de mettre tous mes sens en alerte.
Je sais que je dois craindre quelque chose.
Lentement, j'entrouvre les yeux.
Je suis enveloppée dans une immense serviette blanche. C'était ça, douce et chaude. J'ai besoin d'avoir chaud. Puis je me rends compte que c'est moi qui sens la fleur. Mes cheveux sont humides et gouttent sur mon col.
Je relève très légèrement la tête. Il y a quelqu'un… une femme je devine. Elle me tourne le dos et rince une large baignoire pleine de traces noires et rouges sur la faïence.
Je ne la connais pas.
Je ne la connais pas et cette seule pensée fait dérailler le fil de mes pensées.
Je dois fuir. Maintenant.
Alors qu'elle referme le robinet, j'en profite pour resserrer les pans de l'immense serviette, me lever d'un bon et me précipiter sur la porte.
- Hey !
J'ignore le cri. Ah la place, je m'effondre sur la poignée qui s'ouvre quand même. Je n'aurais jamais cru que mes jambes seraient si faibles. Je les sens tremblantes, incertaines.
Mais j'ai besoin de m'échapper comme d'une bouffée d'air frais sous l'eau.
La porte s'ouvre avant que la femme ne m'atteigne et je sors en courant.
En trébuchant serait plus exacte.
Je me suis surestimée.
J'ai la tête qui tourne et des vertiges qui me donnent la nausée.
Ma tête résonne de sons, ma poitrine est comme prise dans un étau.
J'entends plusieurs voix.
Grave.
Des voix d'hommes.
Une vague de terreur pure me submerge et alors que je crois voir une main s'approcher de moi, je n'ai que pour seul réflexe que de jeter en arrière.
Mon équilibre déjà précaire en est réduit à néant et je titube.
Deux mains puissantes m'emprisonnent les bras.
Entravée.
Je hurle, me débat.
- … ra… !
Plus ça.
Pas ça.
Même à travers l'épaisseur du tissu, je peux m'imaginer mes mains et un long frisson de répulsion me secoue.
- … ara !
Elles ne me lâchent pas, ces mains. Au contraire, elles se resserrent et j'en ai un hoquet de dégoût. Mais j'ai beau me débattre, tenter de m'enfuir, je suis trop faible, trop fatiguée.
Je n'en peux plus.
Je fonds en larme.
Je me déteste. C'est donc tout ce que je peux faire ? Pleurer ?
Je suis ridicule.
Humiliée et ridicule.
La chaleur d'un corps et une ombre se rapproche encore de moi.
J'ai un haut le cœur et la bille acidifie ma bouche.
Mais je…
Je préfère encore abandonner.
Je ne peux rien faire de toute façon. Je serre les dents et contracte tous mes muscles en attendant un coup. Le retour de la douleur.
… Rien ne vient.
Je me rends soudain compte que l'on m'a assise sur quelque chose de… confortable, mais je n'arrive pas à me souvenir quand. Alors les mains quittent lentement mes épaules… s'éloignent… saisissent mon visage.
Je sursaute mais étrangement, à l'instant même où ma seule pensée est de fuir ce contact à tous prix… je remarque qu'il est doux.
Etrangement doux.
Des doigts longs et frais.
Des doigts de fée.
Des mains de chirurgiens.
- Cara ?
Je lève les yeux en reconnaissant mon prénom… la voix caverneuse qui gronde un peu sur les « r ».
Je croise un regard gris acier. Je sens ses doigts passer sur ma joue pour me sortir de mes pensées.
- … Law…
Je n'entends même pas ma propre voix. Lui semble s'en contenter. Mes larmes redoublent d'intensité. Je me hais. Je me déteste, moi et mon impuissance.
- Chut… Tout est fini. Je te promets que tout est fini.
Tout ?
Tout.
Tout…
Comme un raz-de-marée, les souvenirs m'envahissent. Chaque seconde. Chaque instant. Chaque moment.
J'éclate en sanglot.
Je suis si ridicule… mais c'est mon seul exutoire.
Chaque souvenir de son toucher me révulse, chaque coup m'atteint à nouveau comme la première fois.
La honte, le dégoût.
Un spasme me secoue.
J'ai besoin d'espace, j'ai besoin de me laver. Je me sens sale, souillée. J'ai l'irrépressible envie de frotter ma peau jusqu'à la réduire en cendre, qu'il ne reste plus rien de ce que qu'il a touché.
Je ne peux arrêter le flot de sensations qui me revient en mémoire sans répit. Mon souffle est saccadé mais je ne peux plus le contenir.
J'ai besoin d'air, d'espace, de me noyer et de fondre.
- Cara ! Reste avec moi s'il te plait.
Law. Il me touche. Ses mains, sur mon visage.
Non.
Je vais le salir de la même souillure qui me colle à la peau. J'ai soudain la très nette sensation que je suis plus qu'un être toxique.
Je tente de me reculer…
- Ne me touche pas…
… Mais avant que je n'ai pu faire quoi que ce soit, ses mains quittent mon visage y laissant leurs tracés glacials… brûlants…
Et des bras m'entourent sans me heurter. Juste… pour me calfeutrer contre un torse à l'odeur rassurante. Une odeur que je connais. Je l'inspire à plein poumon et m'y accroche comme je m'accroche à son t-shirt, comme à une ultime ligne de vie.
Toutes mes pensées se focalisent dessus.
Je tombe à genoux sur lui. Mon front tombe contre son plexus solaire, puis ma tempe, respirant au même rythme que les lourds et puissants battements du cœur qui y résonnent.
Quelque chose de concret, de rassurant.
Un bras cintre ma taille… pas pour me retenir mais pour me soutenir.
Une main se glisse dans mes cheveux… par pour les tirer mais pour les caresser.
Et j'éclate en sanglots.
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Elle pleure, pleure, pleure… Elle pleure au moins depuis une demi-heure, son dos secoué de spasme, ses épaules tressautent. Et elle tremble tellement que je suis certain qu'elle n'a plus aucune conscience de ses membres. Elle semble ne jamais parvenir à se calmer.
Pourtant malgré le peu de temps que je l'ai côtoyée, je commence à la connaitre. Dans les mouvements erratiques de ses mains et ses tentatives veines de reprendre le contrôle de sa respiration, j'y devine la volonté de se calmer. Mais dès qu'elle semble reprendre un semblant de maitrise de soi, je passe ma main dans toute la longueur de son dos pour l'encourager à pleurer.
Elle en a besoin. Besoin d'évacuer avant que cela ne l'étouffe.
Je ne sais pas combien de temps elle reste ainsi, à genoux dans mes jambes en tailleur, enroulée dans une serviette bien trop grande dans mes bras, mais lorsqu'enfin je sens qu'elle ne se calme que parce qu'elle n'a plus rien à pleurer… je m'écarte pour croiser son regard… et celui-ci me noue la gorge.
Il est vide, épuisé. Sans la moindre lueur de conscience. Un frisson de crainte me traverse.
- Cara ?
Le son de ma voix semble la faire émerger. Elle me regarde, me fixe, détaille chaque parcelle de mon visage comme si elle le voyait pour la première fois.
- Pourquoi… ?
Pourquoi quoi ? Pourquoi je l'ai laissée se faire attraper ainsi ? Pourquoi je suis resté chez elle, la mettant intentionnellement en danger ? Pourquoi elle a eu à subir tout ça ?
- Pourquoi tu me touches ?
Je reste interdit. Elle m'en veut au point qu'elle ne veut plus que je la touche ? Ce serait légitime après tout et je-
- Je suis dégoûtante…
…
- Je suis juste…
Je la coupe en resserrant ma prise autour d'elle. Je dois me retenir à deux mains de ne pas serrer de toutes mes forces pour ne pas la brusquer.
- Arrête, gémit-elle, je… c'est…
- Tais-toi. Laisse-moi juste… te consoler.
Un instant.
Un bref instant… le souvenir de Lamy s'est imposé à moi.
Un soir d'orage où ma petite sœur était venue se réfugier dans les bras de son frère.
Une bride d'un instant si lointain… que je croyais oubliée à jamais.
Des réflexes que je n'ai pas eus depuis si longtemps, qu'il me semblait impossible d'agir à nouveau ainsi avec un autre être humain.
Mais cet être… c'est Cara.
- S'il te plait… j'ai besoin…
Elle a besoin d'espace, de ne plus jamais sentir le toucher d'un autre être humain sur elle. C'est justement pour éviter qu'elle ne développe ça que je fais parfaitement l'inverse.
Oui, c'était dangereux ; oui, l'effet aurait pu être l'extrême contraire de ce que je cherchais à faire… mais je n'ai pas vraiment le choix.
Elle tente de me repousser du peu de force qu'elle a, et je me laisse faire.
Je retire mes bras de son dos pour les glisser à nouveau sur ses joues. Elle sursaute et un éclat de peur traverse ses yeux mais aussitôt, je pose mon front contre le sien et ferme les yeux.
- Law…
- Chut… ferme les yeux. Concentre-toi. Cale ta respiration sur la mienne.
- Mais je-
- Inspire… expire…
Elle est campée sur elle-même, puis lentement, très lentement, finit par obéir et se détendre. Muscle après muscle. Respiration après respiration. Ses poumons se soulèvent au même rythme que les miens.
Et au bout d'un moment… la sensation un peu grisante de ne faire qu'un, d'être hors de son propre corps nous étreint.
J'entrouvre juste assez les yeux pour la regarder.
Enfin.
Enfin, elle est vraiment détendue.
Puis au moment où je m'y attends le moins, elle rouvre ses yeux et se recule pour les planter dans les miens.
- … Merci.
Je ne peux m'empêcher de lui sourire, soulagé. Puis l'enlace dans un dernier geste de réconfort.
Cara.
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A quel moment je me suis retrouvée assise sur le lit moelleux d'une inconnue qui, me tournant le dos, fouille dans un immense placard ?
Comment je suis arrivée là ?
Je ne me souviens plus vraiment…
Je sursaute quand la femme se retourne vers moi et je la dévisage à nouveau pour tenter de me souvenir de ses traits.
Comment s'appelle-t-elle déjà ?
- Tiens, dit-elle en me tendant une chemise. Essaie ça pour voir.
Par réflexe plus que par envie, je l'attrape et dans des gestes mécaniques, je l'enfile. Elle me tombe presque aux genoux.
- Mouais, dit-elle avec un regard critique. Ça fera office de robe. Mets-ça par-dessus.
J'enfile donc un pull épais dont les manches me tombent sur les mains. Il est chaud.
- Impeccable. Tu te sens de marcher ?
Elle sent un peu la cigarette.
J'ai des courbatures de partout, mais je marche.
Je marche dans un couloir que je ne connais pas. Je descends des escaliers que je ne connais pas. J'arrive dans un salon que je ne connais pas.
Mais l'une des deux voix qui m'y parvient, je la reconnais avec un immense soulagement.
Law.
Il discute avec un homme aux cheveux blancs et à la voix rocailleuse.
Leurs mots me parviennent, mais impossible de me concentrer dessus et leur sens m'échappent.
La femme leur lance une remarque et ils se tournent vers nous en s'interrompant.
…
A nouveau, je suis assise, même si je ne rappelle pas l'avoir fait. Un grand canapé.
Soudain, Law rentre dans mon champ de vision.
- Cara ?
Je cligne des yeux, trop épuisée pour prononcer le moindre mot.
- Cara, écoute-moi attentivement.
Alors j'écoute.
Il me dit que je vais rester quelques temps chez « Smoker et Hina » comme il les appelle. Il dit qu'ils vont prendre soin de moi. Il dit que je ne crains rien et qu'il faut que je me repose.
… Il dit, plus bas, qu'il est désolé. Qu'il s'en va.
Dans un ultime murmure, il me remercie.
Son souffle effleure mon front. Je ferme les yeux.
Puis sa présence disparait.
J'ai froid.
- Ça va aller, me dit une voix.
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- Par le Ciel ! Cara ?! Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ?!
…
- Je suis tombée dans les escaliers…
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Fin de la Partie I !
Merci d'avoir lu !
