Hey !

Ce chapitre devrait faire plaisir à deux-trois si j'en crois certaines reviews et autres PM.

Merci à Arya39, Naminaya Uchiwa, Flavie Octavia et un Guest pour leur reviews ! Merci à tous ceux qui ont mit cette histoire en fav ou follow !

RAR :

Guest – Tu comprends bien que je ne peux pas répondre à cette question… mais la réponse est bien sûr dans le pairing ~ L'histoire suit son cours. Merci pour ta review !;)

Bonne lecture !

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Chapitre 23

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Novembre

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Swallow Cara

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Il y a un bruit.

Lointain. Qui s'intensifie. Qui enfle.

Qui explose.

Je me redresse en sursaut, sortant de ma nuit pâteuse soudain parfaitement réveillée et alerte.

Mon cœur bat si fort que je n'entends que lui. Impossible de me concentrer sur autre chose.

Inspire… expire… Mains sur la poitrine, j'attends de retrouver un rythme cardiaque normal avant d'enfin, pouvoir tendre l'oreille.

Il pleut.

… Il pleut. C'est tout.

Le bruit… est en réalité un filet d'eau qui doit déborder de la gouttière, mal entretenue.

Je m'enjoins au calme. Ce n'est que de l'eau. Que de l'eau. Tout va bien. Je suis chez moi, Koala dort à côté de moi, la porte est fermée à clef et il pleut.

Tout va bien.

- Hum… Cara ?

Je me tourne vers Koala qui s'éveille difficilement. Zut.

- Tu as fait un cauchemar ?

- Non-non, je m'empresse de répondre le plus bas possible. La pluie m'a réveillé, c'est tout. Rendors-toi.

De son regard flou, elle scrute mon visage à la recherche de toute trace de cauchemar… mais je me contente de tenter un sourire et de me recoucher en débordant un peu sur son futon.

- La gouttière déborde, diagnostique platement Koala après une seconde de flottement, avant de se rallonger lourdement.

Et de saisir mon bras pour me tirer un peu plus vers elle, comme elle l'aurait fait avec un oreiller.

- Dors, me dit-elle d'une voix étonnamment ferme.

Comment désobéir ?

Je me calfeutre et ferme les yeux, sachant que cette nuit non plus, je ne ferai pas de rêves.

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Silvers Sabo

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- Très bien, je finis par annoncer en haussant le ton pour que tous les élèves présents m'entendent. On en reste là pour aujourd'hui.

La plupart des élèves du conseil se lèvent avec soulagement, reprenant leurs discutions. Il faut dire que cette réunion aura été plus longue que les précédentes, et les heures réservées aux clubs sont déjà bien entamées.

Koala à côté de moi s'étire et s'adosse à sa chaise, passant une main dans ses cheveux roux.

- Bon travail, je lui souris pour l'encourager.

Elle grommelle quelque chose, mais je ne peux empêcher mon sourire de s'agrandir. Ce qu'elle est jolie, boudeuse…

Bientôt, nous sommes les derniers étudiants dans la salle du conseil, et je range les derniers papiers ou classeurs pendant que ma vice-présidente se la coule douce sur sa chaise.

Dehors, il pleuviote encore un peu, et le son des quelques gouttes s'égarant sur la vitre forme une jolie mélodie un peu éclectique. Je jette un regard à la fenêtre, mais la brume s'est déjà levée et l'on ne voit plus grand-chose du paysage.

Dans mon dos, Koala finit par se lever.

- On devrait y aller. Je vais rejoindre l'équipe de karaté et toi, Ace et Cara doivent t'attendre.

- Tu crois ? je m'étonne en jetant un regard à ma montre. Je ne penses pas, on a vraiment traîné aujourd'hui.

Elle hausse les épaules mais ne se départage pas de son sourire. On fait un bout de chemin ensemble, puis elle bifurque pour rejoindre le gymnase alors que je me dirige vers la sortie. La pluie est vraiment fine, et je ne prends même pas la peine de sortir mon parapluie.

Et à ma grande surprise, Koala avait raison. Ace et Cara sont toujours là à m'attendre, assis côtes à côtes. Ils sont plongés dans une profonde conversation qui semble accaparer toute leur attention. Ils ne m'ont pas encore vu et j'en profite pour les détailler une seconde.

Ces deux-là ont une relation vraiment spéciale. Si je suis la personne dont Ace est le plus proche, celle avec qui il est sans cesse sur la même longueur d'onde, c'est bien Cara. Il y a bien longtemps qu'ils n'ont plus besoin de mots pour communiquer, juste de regards, et encore.

Koala dit que c'est parce qu'ils ont le même pet' au casque.

Rayleigh trouve juste qu'ils se ressemblent.

Seulement, à mon avis, l'un est un crétin, l'autre une crétine. Ils viennent de la même dimension de sots, et ça suffit à me rendre la vie impossible.

Mais je n'aurais jamais cru qu'un jour, j'aurais béni Ace d'être aussi proche d'elle. Aujourd'hui, il est encore le seul qui réussit à concentrer son attention plus de quelques minutes.

Cara…

Elle semble aller de mieux en mieux ces derniers temps.

Ce qui m'énerve d'autant plus qu'elle passe de moins en moins de temps avec nous, pour disparaître Roger sait où. Koala affirme qu'elle passe chez la personne qui l'a récupérée après sa chute dans les escaliers de la Mairie, mais je sens qu'il y a autre chose.

Elle en dit trop peu pour ne pas en cacher beaucoup plus. D'autant qu'elle n'a jamais été la plus fine des cachottières, mais depuis qu'elle semble si ailleurs, elle ne se préoccupe même plus de paraître crédible.

Au fond, même si ma frustration atteint des sommets, je suis quand même heureux qu'Ace réussisse toujours à la faire revenir parmi nous. Notre trio me manque. Nos heures où nous n'étions que nous trois, isolés du reste du monde, perdus dans nos conversations sans fin me manquent. Ce « nous » si particulier, me manque, notre légèreté, notre amitié qui semble sans limite…

Qui me semblait, tout du moins.

- Oh ! Sab' ! s'exclame Ace en me remarquant soudain et en m'accueillant avec un grand sourire. Tu as terminé ta réunion ?

- Ouais, je soupire. J'ai cru que je ne m'en sortirais jamais, mais il faut croire que même les meilleures choses ont une fin. Merci de m'avoir attendu.

Enfin. Je m'assombris et me penche un peu vers eux sur le ton de la confidence, bien conscient qu'avec la chance que j'ai, mes mots pourraient porter d'une façon ou d'une autre aux oreilles de la Tigresse.

- Par contre si on pouvait s'enfuir avant que Koala ne se souvienne soudain d'un truc super important qu'elle devait me faire faire et qui me prendrait des heures, j'apprécierai.

Ace rit de bon cœur, se levant d'un bon et attrapant la main de Cara pour la tirer sur ses pieds dans le même mouvement. Et elle était déjà repartie dans ses regards vagues. La pluie autour de nous est si fine qu'elle ne nous gêne pas, mais elle n'essuie même pas les quelques gouttes qui constellent ses lunettes.

- On rentre alors, s'enthousiasme Ace. Tu rentres avec nous, boire un truc chaud Cara ? Koala ne rentrera sûrement pas avant un moment.

Elle hoche la tête et lorsque nous nous mettons en marche… elle finit rapidement derrière, nous obligeant à ralentir pour ne pas la distancer. Ça aussi, ça m'inquiète. Depuis son accident, elle n'a pas retouché à sa planche de skate.

Normal, quand on sait qu'elle s'est cassée la figure avec. Mais ce n'est même pas l'objet ou le fait de l'utiliser qui semble lui poser problème. Quand on lui pose la question de savoir pourquoi elle ne le prend pas, elle répond juste qu'elle l'a oublié, et ça semble atrocement vrai.

C'est à ce moment-là qu'Ace et moi, nous nous sommes souvenus à quel point elle était petite, surtout comparée à Ace qui prend environ un centimètre par mois en ce moment. Lorsqu'elle se maintenait à notre hauteur sur sa planche, elle nous suivait sans mal, maintenant elle doit presque courir pour rester à notre hauteur.

On met deux fois plus de temps que d'ordinaire pour rentrer chez nous, mais ni Ace ni moi ne faisons la moindre remarque. Parfois, prendre son temps peut avoir du bon. En arrivant en haut des marches qui mènent à notre appartement, Ace se secoue la tête comme un chien, envoyant de l'eau partout.

- Ace ! je m'offusque en me protégeant les yeux comme je peux.

- Ah, désolé, rit-il sans avoir l'air « désolé » du tout, ébouriffant au passage les cheveux de Cara qui essuie enfin ses lunettes.

Et avant que je n'ai pu faire la moindre remarque, il me passe devant pour ouvrir la porte et rentrer.

- Rayleeeeeeeeeeeeeeeeigh ! lance-t-il en jetant son sac dans un coin avant de se jeter sur le frigo. On est rentré.

Et il attrape une bouteille de lait qu'il se charge de descendre. Ah… Ace… Qu'allons-nous faire de toi ?

Et justement, Rayleigh sort de son bureau… mais il ne semble pas tranquille : ses sourcils sont froncés, et je l'ai rarement vu aussi… préoccupé.

Je m'immobilise, une angoisse sourde me prenant soudain au niveau de la gorge.

- Il y a un souci ?

Ace se rapproche en entendant ma voix un peu étranglée. Rayleigh s'avance et nous dévisage comme pour nous passer au rayon X.

- Il faut que je vous parle.

Ah.

Ace perd toutes ses couleurs, Cara s'est figée et je me tends. On a pensé à la même chose.

Si Rayleigh est au courant de la petite sortie d'Ace sur le territoire de Barbe-Blanche, ça va vraiment être sa –ou plutôt notre- fête.

- Oui ?

Rayleigh nous fait signe de nous asseoir sur le canapé en face de lui, et on s'exécute sans trop savoir sur quel pied danser.

- Je comptais attendre que Luffy rentre, mais finalement, je préfère vous en parler séparément, et en présence de Cara.

On échange un autre regard, entre confusion et crainte. Mais Ace troque quand même sa défensive pour de l'intérêt plus poussé.

- Il semblerait que nous ayons un problème, fit Rayleigh en se massant les tempes. Je viens d'avoir un coup de téléphone de votre grand-père.

- Quelqu'un à fait le rapprochement entre Le Roi Sombre et toi ?

- On a fait le lien entre Ace et Roger ?

- Ça concerne Luffy ?

- C'est-

- Calmez-vous les garçons, fait-t-il en levant les bras. Ce n'est pas ça. Enfin, pas vraiment.

Il soupire et remonte ses lunettes. Pour la première fois depuis longtemps, je me rends soudain compte que Rayleigh a beau être fort et dynamique, il commence aussi à avoir un certain âge et la fatigue marque ses traits soudain plus prononcés. A quel moment ses rides sont-elles devenues si creusées ?

- C'est un autre genre de problème. Je ne sais pas trop comment vous présenter la chose.

- Ça ne peut pas être pire qu'un tueur fou qui en aurait après nous, comme il y en a eu pour Roger, si ?

La tentative d'humour d'Ace tombe à plat. Renforcé par le regard encore plus sombre de Rayleigh.

- C'est exactement ça.

- Plait-il ?

- Comment ça ?

Rayleigh croise ses mains sous son menton, mais le cours silence qui accompagne son geste n'est pas suffisant pour que je considère complètement ses mots.

Il reprend d'une voix bien trop grave à mon goût.

- Il y a un tueur en série qui sévit depuis pas mal d'années maintenant et qui semble faire une fixation soudaine sur les D. Il en a déjà tué trois.

Oh merde…

Je ne sais pas vraiment comment réagir autrement là. Ace a de nouveau perdu toutes ses couleurs sous ses tâches de rousseurs, Cara semble aussi stupéfaite que moi.

- Je viens d'avoir votre grand-père au téléphone. Je l'ai rarement entendu aussi sérieux. Apparemment, le Trésor Publique présageait depuis quelques mois de restituer les trésors des D encore intacts aux descendants des survivants.

Ouah. Ça, c'est une décision qui risque d'engendrer beaucoup de débats. Comment une telle idée a pu passer alors qu'il y en a encore beaucoup qui-

- Sauf que l'info a fuité et que ça a provoqué quelques tollés.

Ah, on y est. Je me disais aussi.

- Et depuis, quelqu'un élimine un à un tous les D connus.

- Qui est mort ? demanda Ace, sa voix devenue presque fantomatique.

- Le premier à mourir a été Haguard D. Sauro. Alors même qu'il était en prison. L'enquête piétine, personne n'arrive à savoir comment le tueur s'y est pris. Les deux autres sont Titania D. Oxyde, et Az D. Xsionner.

Inconnus au bataillon.

Pourtant Ace, acquiesce. Visiblement, ces noms lui parlent. Il a dû les voir passer sur le livre que lui a confié le Professeur Nico, mais que je n'ai pas encore lu.

Rayleight reprend, incroyablement sérieux.

- Je veux que vous fassiez attention. Surtout toi Ace. Ton D est connu dans le quartier, vu que tu as mis une sérieuse dérouillée à tous les fauteurs de trouble du coin. Luffy est plus tranquille de ce côté-là, mais je vais quand même le mettre en garde.

Il nous fixe chacun notre tour pour bien s'assurer que nous avons compris.

- Jusqu'à ce que les autorités arrêtent ce psychopathe, vous avez une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Ace, Cara et moi échangeons un regard. Mon idiot de frère a un rire nerveux.

- Une de plus ou de moins…

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Swallow Cara

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- Moi qui trouvais que tu allais bien mieux ces derniers temps, je suis à deux doigts de changer d'avis.

Je ne saisis pas tout à fait le sens de ses mots, jusqu'au moment où Hina me souffle la fumée de sa cigarette au visage pour me sortir de mes pensées. Je fronce les sourcils, dissipant le poison d'un vague geste de la main et buvant une gorgée d'infusion de verveine.

- Tu devrais plutôt t'inquiéter pour Smoker non ? j'élude en détournant les yeux, m'appuyant sur la table. C'est rare qu'il ne soit pas déjà rentré pour un jeudi soir.

Hina semble surprise une seconde par ma remarque… puis se ressaisit et m'offre un grand sourire.

- Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit une bêtise ?

- Non, non, m'assure-t-elle sans perdre son sourire.

Mouais, je sens que je passe encore à côté de quelque chose…

Bah… je n'ai pas assez d'énergie pour réellement m'en préoccuper.

Je laisse un instant mon regard divaguer vers le salon et ses murs crèmes que je commence à connaître par cœur.

Il n'y a rien dans cette maison. Rien de personnel en tous cas. Ils vivent dans un show-room de grand magasin de meubles, ou ces pièces parfaites dans les magazines : sans la moindre personnalité. Pas une photo, tout est parfaitement assorti, pas de fantaisie, rien de rafistolé… non, cette pièce est juste un écran de fumée. Ils habitent peut-être ici, mais ils n'y vivent pas. Peut-être dans une autre pièce. Sûrement leur chambre, mais même si j'y suis déjà allée, je ne m'en souviens pas et de toute façon, c'est leur vie privée.

Mais j'aime bien quand même. Quelque part, ça montre aussi à quel point ils sont faits pour vivre ensemble. Se mettre d'accord sur ce genre de chose… c'est deux-là en tiennent une couche, c'est sûr.

Et puis je comprends qu'ils aient tellement de travail que leur pied à terre reste juste une façade. Je suis certaine que si je voyais leur bureau respectif, ce ne serait pas la même limonade.

… Je passe sûrement trop de temps ici. Je passe trop de temps avec eux.

J'en viens même à connaître leurs horaires de travail et leurs habitudes de vie.

Mais c'est plus fort que moi. Malgré tout… je ne me sens vraiment bien qu'ici. Complète.

J'ai mis un moment à comprendre, avant de mettre le doigt dessus : ici, il n'y a aucun mensonge. Ici, les deux personnes qui m'accueillent savent, ils savent ce que je ne pourrais sans doute jamais avouer à ceux que j'aime. Le fait qu'ils soient là, m'acceptant comme tel, où je peux être moi-même sans avoir à mentir ou à me forcer… est un immense soulagement.

Hina a un regard d'acier. Il y a quelque chose dans ses gestes brefs, secs et efficaces qui est rassurant. Elle sait ce qu'elle veut et elle sait ce qu'elle fait. Elle ne fait pas de mouvement superflu. Je peux presque voir les rouages de son esprit lorsqu'elle prépare quelque chose d'aussi simple qu'une infusion.

Smoker est plus difficile à lire, mais sait aussi se montrer plus chaleureux, même à travers de petits riens, comme un simple regard ou un geste. J'ai arrêté de compter le nombre de fois où il m'a ébouriffé les cheveux.

Et en parlant de Smoker…

La porte d'entrée s'ouvre et après quelque instant, la haute figure d'un homme passablement épuisé apparaît.

- Tu as une sale gueule, l'accueille Hina sans se lever. Viens vite t'asseoir, Cara nous a préparé du curry.

D'ailleurs, il faut que je retourne vite en cuisine pour le réchauffer avant de le servir. J'ai passé une partie de l'après-midi à le préparer et le faire mijoter. Maintenait, il doit être parfait.

Je salue Smoker en passant devant lui pour rejoindre la cuisine, mais celui-ci ne me remarque même pas et se contente de tracer jusqu'à la table pour s'écrouler sur une chaise à côté de sa femme.

Hina attrape sa cigarette du bout des doigts pour venir la poser sur les lèvres entre ouverte de son mari qui en inspire une longue bouffée, avant d'enfin complètement se relâcher sur sa chaise, tête en arrière.

Je me détourne, avec la sensation un peu culpabilisante que j'ai surpris un moment intime entre ces deux-là.

Je n'ai jamais osé leur demander depuis combien de temps ils se fréquentent, mais je devine que ça fait déjà un bon moment. Leurs gestes l'un envers l'autre sont si naturels, en parfaite harmonie.

Hakyruo Smoker et Orihime Hina…

Lorsqu'ils m'ont annoncé qui ils étaient et quel était leur travail, j'ai failli en rire.

Ces deux énergumènes ? Des hauts-gradés de la Brigade Anti-mafia ? Sans rire ?

Il y a définitivement une erreur de casting quelque part !

Depuis que je viens, ils m'ont déjà proposé plusieurs fois de fumer ou de boire de l'alcool avec eux, alors que je n'ai pas l'âge légal. Ils sont vraiment flics ou ce n'était que l'uniforme qui les a attirés ? Ils sont si décomplexés !

Mon curry, mon curry… ! Il bout.

Je sers trois assiettes débordantes de riz et de curry, puis les apporte jusqu'à la salle à manger grâce à un grand plateau et nous sers.

- Merci, j'avoue que je n'avais vraiment pas envie de faire la cuisine aujourd'hui.

J'avais remarqué. C'est pour ça que je me suis proposée. Mais nos goûts sont diamétralement opposés. Ils aiment la nourriture simple et sans fioriture là où j'aime les aliments épicés voire pimentés. Je me retiens donc toujours à deux mains au niveau de l'assaisonnement, et j'ai toujours l'impression de leur servir quelque chose de trop fade. Bah… tant qu'ils ne me font pas de remarque, c'est que ça doit un minimum leur convenir.

L'odeur de nourriture réveille un peu Smoker qui se redresse et écrase son mégot, et l'on s'installe pour manger.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? finit-il par me demander entre deux bouchées. Tu tires une drôle de tête, toi qui semblait allez mieux.

- Plus je passe de temps avec vous, plus je comprends pourquoi vous êtes ensemble…

J'ai encore éludé la question mais je soupire et avoue.

- Mon meilleur ami et son petit frère sont des D., ce serait mentir de dire que je ne m'inquiète pas pour eux.

Les deux s'arrêtent soudain dans leur mouvement. Échange un regard.

- Portgas et Monkey ? C'est bien ce que tu nous avais dit ?

J'hoche la tête.

- Hum. Je suis juste… inquiète.

Ils échangent un regard que je capte du coin de l'œil. Un regard que je ne suis pas sûre de correctement interpréter.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Rien, me répond Hina. Enfin… Simple constatation mais tu vas définitivement beaucoup mieux.

Ah bon ?

- Et ne t'en fait donc pas tant pour tes amis, continue Smoker. Garp est sur l'affaire. Ils ne risquent rien.

Hum…

Il a sans doute raison.

Mais l'ombre de la menace est toujours là, les suivant comme…

comme…

Je ferme les yeux, réprimant une vague que je commence enfin à contenir, à maîtriser et peut-être bientôt, à laisser se déverser.

Non, pas « peut-être ».

« Définitivement ».

Parce qu'il faut que j'avance.

Parce que jamais je ne laisserai mes amis subir ce que j'ai subi, et que dans mon état, j'arrive à peine à me lever le matin.

Il faut que ça cesse.

Pour eux.

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Shandia Laki

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L'ambiance semble différente aujourd'hui.

Je sens cette adolescente étrangement plus posée.

Son regard qui commence à changer, à revenir à la réalité, s'est fait plus dur, plus déterminé.

Aujourd'hui… Aujourd'hui semble être le jour.

Alors lorsque je l'invite à s'asseoir, je prends place en face d'elle et me contente de m'accouder à mon bureau.

L'heure n'est plus à la psychanalyse, mais bien à l'écoute.

D'un regard, elle comprend ma démarche et s'installe… comme elle a toujours dû s'installer : droite et fière.

Lorsqu'elle ouvre la bouche, sa voix est plus sûre que jamais.

- Peter Pets.

J'incline poliment la tête, ne pouvant retenir un sourire encourageant, l'invitant à continuer.

- J'ai une longue histoire à vous raconter au sujet de cet homme.

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Ça avance je vous dis !

J'espère juste que a n'avance pas trop rapidement, mais c'est quand même terriblement compliqué. Et encore plus à la première personne. C'est quelque chose que je ne ferais plus…

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Merci d'avoir lu !