Hey !
Merci à Arya39, 7etoiles, Swam, Traffy-D-Lamy, SalemHawkings, Flavie Octavia et Lyra pour leur reviews ! Merci à tous ceux qui ont mit cette histoire en fav ou follow !
RAR :
Lyra – Eeeet tout est relatif, hein. Oui l'histoire reprend un rythme un peu plus soutenu. Merci pour ta review ! ;)
Swam– Je me suis permise de te répondre directement par PM, j'espère que tu l'as bien reçut:)
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Bonne lecture !
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Chapitre 25
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Janvier
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Swallow Cara
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Je m'effondre sur mon futon dans un immense soupir de soulagement.
Je suis épuisée ! Mais mes joues s'étirent toujours dans un grand sourire que je n'ai pas la force ni l'envie de réprimer.
Le nouvel an chez Rayleigh, c'est toujours un grand moment !
Pour la fête en question, et surtout pour l'anniversaire d'Ace qui l'accompagne.
Comme d'habitude, on n'en a pas dormi de la nuit, on a beaucoup trop mangé et beaucoup trop ri, et j'ai déjà hâte d'être l'année prochaine pour remettre ça…
… Zut, je m'endors.
Bah, ce n'est pas comme si j'avais l'intention de résister.
Je retire mes lunettes et mes fringues avant de me calfeutrer dans mes couvertures avec délice.
Déjà, mes yeux se ferment et je me sens partir. Alors je me laisse aller, me plonger dans un sommeil mérité. Il y avait longtemps que je n'avais pas fait de rêves aussi paisibles.
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- Toute cette neige ! C'est génial !
Ace court devant nous, les bras levés et un air particulièrement stupide sur le visage, comme s'il était un enfant de cinq ans.
Du coin de l'œil, je vois Sabo qui secoue la tête, complètement désespéré, mais qui ne cache pourtant pas son sourire. Sabo quoi.
Mais je suis de l'avis d'Ace. C'est génial.
Je lève les yeux vers le ciel plombé de lourds nuages qui nous offrent enfin un peu de neige cet hiver. En fait, il est même tombé vingt centimètres de poudreuse épaisse et compacte sur toute l'île. En une nuit. Et il neige toujours.
Quelques flocons s'écrasent sur mes lunettes et je préfère les relever pour les coincer dans mes cheveux. De toute façon, elles étaient pleine de buée. Même avec ma vue appauvrie, je me délecte pourtant du spectacle de mon idiot de meilleur ami se prenant les pieds dans quelque chose et s'écrasant face la première dans l'épais matelas blanc et froid qui recouvre la colline que l'on est en train de gravir tant bien que mal.
Il se redresse sans l'ombre d'une contrariété sur son visage encore plus souriant si c'est possible. Il est constellé de flocons qui s'accordent étrangement avec ses tâches de rousseur, et ses cheveux sont trempés.
Et d'un bond, il est debout et courre, nous dépassant à nouveau pour arriver le premier en haut et apprécier la vue de la Cité recouverte d'une couverture blanche.
- Ne tombe pas à nouveau ou tu vas attraper la mort ! lui lance son petit frère surprotecteur.
Son aîné se contente de lui tirer la langue avec beaucoup de maturité.
Sabo a un petit soupire, mais à nouveau, il ne cache pas son amusement. La neige lui va bien à lui aussi. Auréolé de perles blanches, cheveux blonds et yeux bleus, les joues et le nez rougis par le froid, il a un air encore plus angélique que d'ordinaire.
Je me détourne lorsqu'enfin, nous arrivons à notre tour en haut de la colline qui s'achève sur une falaise abrupte, délimitée par les autorités locales grâce à un cordon.
Le spectacle est à couper le souffle.
D'ici, on voit vraiment toute la Cité, on devine même toute la zone sud à travers le brouillard.
- Photo ! s'exclame soudain Ace, brisant le silence reposant qui s'était installé entre nous.
Et sans nous laisser le choix, il passe derrière nous, nous enserrant dans ses bras avant de lever un appareil photo sorti d'on ne sait où pour nous prendre tous les trois avec le paysage au fond.
Une superbe photo.
Puis alors que le silence revient, nous nous asseyons au bord de la falaise, les jambes dans le vide et les bras appuyés sur le cordon.
Nous sommes simplement là.
Tous les trois.
Comme avant.
Comme toujours.
Et ce sentiment est le plus reposant qui soit.
Le sentiment d'enfin, être à sa place.
Nos respirations synchronisées.
Nos regards dans la même direction.
Nos cœurs en rythme.
Ce sentiment… c'est le bonheur.
- Ouiiiiii !
Un long moment après, ce cri nous interrompt. Nous nous retournons pour voir s'approcher Koala, Nojiko et Nami, Luffy et Zoro qui gravissent la colline à leur tour.
Lorsqu'ils nous rejoignent, nous les accueillons avec joie.
Hum.
C'est bien ça, le bonheur.
Il n'y a qu'une ombre au tableau, mais pour le moment, je préfère l'ignorer et apprécier le reste de la toile.
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- Bonsoir patron, je salue Brook en entrant dans le bar par la porte de service.
- Oh ! Bonsoir.
Ce soir est le premier soir aux horaires de Janvier : ouverture uniquement deux jours par semaine, le mardi et le jeudi.
Mais ça reste quand même du travail.
Alors sans attendre, je passe un tablier par-dessus une tenue de ménage, et je m'occupe de frotter et faire briller tout le bar.
Lorsque je finis la poussière et repose enfin mes jambes en m'asseyant sur le comptoir pour être en hauteur et contempler mon dur labeur accompli, Brook me rejoins, s'accoudant à côté de moi, et délaissant son épais livre de compte.
- Magnifique, demoiselle, me complimente-t-il, et je prends la remarque avec plaisir, même s'il s'agit surtout d'une formule de politesse.
- Et votre inventaire ?
- Tout aussi magnifique.
Je pouffe à sa boutade.
- Dites-moi, commence-t-il avec une voix calme et grave qu'il n'utilise que rarement. Je te sens hésitante. Tu veux en parler ?
Je sursaute. Je suis donc si transparente que ça ?
Non. Non, Brook a juste beaucoup d'expérience et sait lire les Hommes comme personne.
Je lui confie un petit sourire contrit, et me laisse allez, sachant parfaitement qu'il est aussi discret qu'une tombe, quoi qu'il lui arrive aux oreilles.
- Comment dire… Je tente de cacher à mes amis un éléphant dans une boite à chaussure.
Je m'appuie sur mes bras.
- Ça serait aussi simple que douloureux de leur dire la vérité… mais je n'en suis pas capable. Et cette vérité… j'ai peur qu'elle finisse par devenir un couteau trop longtemps aiguisé au lieu de s'émousser…
Comment retranscrire avec des mots la complexité de mes sentiments et de la situation ? Je n'en ai ni le besoin (j'en suis déjà parfaitement consciente), ni l'envie (ça risquerait de me casser à nouveau le moral, pour rester superficiel).
Brook me regarde un instant avec un sérieux qui lui sied étrangement bien.
Pourtant, lorsqu'il enchaîne, sa remarque lui ressemble juste parfaitement :
- La Vérité, demoiselle, c'est comme une petite robe légère sur une jolie jeune fille. Quand elle marche et se déhanche, la robe se soulève juste assez pour que ce soit sensuel. Cacher, suggérer, c'est ce qui fait miroiter une vérité magnifique. Si la jeune fille soulève tout simplement la robe, ça devient sans intérêt et vulgaire. La Vérité avec un « V » majuscule, c'est la même chose.
Je le dévisage à mon tour, méditant sa tirade en me demandant un instant si son analogie fonctionne aussi bien qu'elle sonne à mes oreilles.
… Je ne saurais le dire.
Mais c'est plus fort que moi.
J'ai un rire. Qui se transforme peu à peu en hilarité. Je ris, comme je n'ai pas ri depuis longtemps. J'en ai mal au ventre et lorsque je me calme enfin, j'essuie une larme qui m'a échappée.
- Patron ?
- Oui Cara ?
- Vous êtes le meilleur.
- Je sais Cara.
Pour le moment… l'ombre s'est changé en motif.
Et cela me convient très bien.
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- Ne le prend pas mal gamine, mais je persiste à dire que c'est la pire idée qui soit.
Je lève les yeux au ciel en faisant les quelques pas qui me séparent de mon point de départ.
- C'est cool je vous dis, vous êtes là pour ça après tout.
Un grognement me répond en premier lieu, puis le téléphone change de main et une voix féminine reprend la conversation :
- La voie est dégagée, pas de neige mais tu feras attention au croisement avec la départementale, il y a une plaque de verglas qui résiste encore.
- Reçu cinq sur cinq !
- L'encourage pas, bougonne la voix de Smoker.
- Que je l'encourage ou pas, elle le fera quand même. Autant jouer le jeu.
Je ris.
- Elle a raison.
- Soit quand même prudente, m'intime sévèrement Hina.
Je singe une posture militaire, ce qui est inutile puisqu'ils sont à plusieurs kilomètres de moi, en bas d'un lotissement à m'attendre.
- Ne vous en faites pas. Merci pour avoir dégager la route et m'avoir donné un peu de votre temps.
- C'est rien gamine. Mais si je dois bien reconnaître une chose, c'est qu'il avait raison. Tu es complètement folle.
Et il raccroche. Smoker n'est pas vraiment un expert de la communication. Je suppose que ce qu'il a voulu dire c'est que faire la nationale du Quartier Est en longboard en plein mois de janvier neigeux n'avait rien de prudent.
Mais j'en ai besoin.
Alors je range mon téléphone, pose mon casque sur mes oreilles où raisonnent les premières notes d'une musique que je redécouvre avec joie, et qui m'accompagnera tout au long de ma décente.
Je serre les poings pour assouplir mes gants.
Je lâche ma planche qui résonne dans le silence d'un levé de soleil sur une ville enneigée où tous les sons deviennent des échos.
Je pose un pied dessus pour l'immobiliser.
Je m'étire une dernière fois de toute ma longueur.
J'inspire profondément l'air glacé du matin qui emplit les poumons en me les brûlant avec délice.
Puis, frappant le sol d'un grand coup de pied, je m'élance, bras grands ouverts sur le soleil qui éblouie ma route et inonde mes yeux.
La chaleur sur mon visage.
Le vent sur ma peau.
Un frisson de plaisir.
Je souris.
L'aurore est splendide.
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Merci d'avoir lu !
