Hey !

Bonne lecture !

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Chapitre 40

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Mon cœur s'arrête un instant pour mieux repartir.

Le garage.

Ace.

J'ai à peine conscience de Sabo qui pose sa main sur mon épaule. On est sur la même longueur d'onde.

Je cours avant même me rendre compte que j'ai bougé les jambes, trop obnubilée par l'angoisse.

Ace.

Ace, faites que Ace…

Nous courrons sans nous essouffler, sans nous relâcher. Et plus nous nous rapprochons, plus le pressentiment devient réalité.

Des sirènes de pompiers se font entendre lorsque nous nous retrouvons face à l'enfer sur terre : un garage en proie aux flammes, Ace à l'intérieur.

- Non…

Sabo se précipite vers l'entrée, noyée de flamme, mais lorsqu'une poutre embrasée tombe devant lui, il est forcé de reculer.

Tout le bâtiment n'est plus qu'une immense fournaise.

- ACE !

C'est ma voix que je crois percevoir dans le vacarme d'un incendie. Juste un appel, un cri désespéré. Inutile.

Ce n'est pas vrai, c'est un cauchemar.

- ACE !

Nous… je… on est impuissant.

Sabo cherche un moyen d'entrer, mais tremble autant que moi.

- ACE !

Pas ça… Ce n'est pas possible.

- ACE !

Je grelotte, impuissante.

Je suis… juste une adolescente face à l'enfer, face à l'impossible.

Je me sens tomber à genoux, sans arriver à y faire attention.

Impuissante.

Le garage est en flamme, un brasier sans forme, sans début, sans fin… et Ace…

- Ace…

Sabo s'est immobilisé. Il n'est qu'à quelques centimètres des flammes, debout, essoufflé… tout aussi désarmé.

Que quelqu'un… n'importe qui… juste… que quelque chose se passe.

Que je me réveille ou que les pompiers éteignent tout en un claquement de doigt.

Que Ace… que Ace nous réponde…

Je sens une main qui me redresse, qui me mets debout. Je n'arrive pas à détacher mon regard de l'entrée qui s'effondre sur elle-même, mais une mèche de cheveux rose se glisse dans mon champ de vision.

Bonney.

- Qu-

- Chut.

Quoi ?

Je me tourne vers elle, perdue.

Elle fixe elle aussi l'intérieur. Je remarque aussi sans arriver à parfaitement l'intégrer que ses cheveux ont été abîmés, et que les avants-bras sont brûlés. L'odeur me prend au nez.

Derrière elle, des gens accourent vers nous. Deux d'entre eux me semblent soudain familiers, mais mes pensées refusent de se concentrer sur eux.

Mes yeux me font presque mal d'avoir tant fixé le garage où Ace- Ace…

Bonney me secoue légèrement, juste assez pour capter mon attention.

- Écoute.

Écouter ?

Écouter quoi ?

Je n'entends que les flammes, les craquements inquiétants de ce qui doit être en train de se carboniser, les passants qui accourent, les sirènes toujours aussi lointaines- une voix.

- SABO ! CARA !

Lointaine.

Mais vivante.

Miséricorde, cette voix, c'est-

- ACE !

Sabo sursaute, se tourne vers moi. Je me précipite sur lui.

- Sab', j'ai entendu-

- SABO !

Il sursaute. Lui aussi l'as entendu.

La voix de Ace. Sans aucun doute. Il est vivant.

Et ce n'est pas un vulgaire mur de flamme qui va nous séparer de lui. Sabo regarde frénétiquement autour de lui. Et trouve ce qu'il cherche.

- Cara, le cric !

Il m'indique un cric pour voiture au bout d'un manche au milieu d'un tas d'outils miraculés. Je me précipite dessus pour le lui attraper pendant qu'il retire sa veste et remonte ses manches.

Je sens à peine que je me brûle les paumes des mains en attrapant le manche en fer. Je l'amène à Sabo qui s'en saisi, le lève haut… et d'un coup puissant le jette contre la porte de l'entrée de secours.

Sous le choc, elle sort de ses gonds, libérant une véritable tornade de fumée noire qui nous prend à la gorge.

Mais alors que nous toussons, une silhouette se découpe.

- ACE !

C'est bien lui.

Sortant en titubant, toussant et plié en deux sous le poids de la petite amie malade de Kidd, isolée à l'étage depuis deux semaines, pris au piège des flammes au même titre que Ace.

Nous nous précipitons vers eux.

- Ace…

Il tousse jette un regard à Sabo qui l'aide à le décharger de la jeune femme inconsciente et couverte de suie. Puis lorsque je passe son bras par-dessus mes épaules pour le soutenir, il me sourit.

- J'ai pas pu sauver la bécane, dit-il d'une voix abîmée par la fumée. Kidd va m'tuer.

Et il s'évanouit.

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Le monde autour de moi me semblait très lointain. Il tournait trop rapidement ou bien trop lentement. J'étais déphasé.

On était à l'hôpital.

Je ne sais même pas lequel, mais je ne reconnaissais pas le service.

Les pompiers nous ont ramassé alors que nous étions encore assommés et je n'ai pas pu faire attention ni au temps qu'avait duré le trajet, ni où l'on nous avait emmené.

La seule autre personne qui ne me semble pas hors du temps, c'est Sabo, assis à côté de moi. Tout aussi hagard, il fixe sa perfusion sans la voir.

On nous a examiné de tous les côtés, posé milles question et fait tout un tas de piqûres. On avait même eu droit à un masque avec de l'oxygène un bon moment.

Soudain, les mots inscrits sur une note pour l'équipe soignante firent sens : « service des grands brûlés ».

Ah oui. Je fixe un moment l'infirmière occupée à me penser les mains. Je m'étais brûlée sur le métal chauffé à blanc du cric, mais je n'avais pas mal du tout.

Sabo est lui-même en train de se faire faire poser un bandage sur ses avants-bras qu'il s'était roussis en cherchant à pénétrer dans le garage.

Une femme en blouse blanche s'approche de nous, porte-document sous le bras et stéthoscope autour du cou. Si j'en crois son badge, elle est la chef du service.

- Bonsoir jeunes gens, je suis le docteur Violette Riku. J'ai sous les yeux vos résultats d'examens et ceux de votre ami.

- Comment va Ace ?

Sabo et moi, à l'unisson.

Elle hoche la tête, comprenant nos priorités.

- Votre ami a inhalé beaucoup de fumée, il a une légère intoxication que nous sommes en train de traiter. Il a plusieurs brûlures aux deuxièmes et troisièmes degrés, mais il s'en sortira, c'est un solide gaillard. Il aura surtout besoin d'antidouleur et n'aura pas à passer par la réanimation.

On a un profond soupir de soulagement, et soudain, le monde reprend peu à peu son axe correct. Tout s'éclaircie petit à petit.

- Il s'en sortira, nous sourit-elle lorsque nous reprenons peu à peu contact avec la réalité. Quant à vous, vos brûlures sont plus légères et vous avez moins été exposés à la fumée. Vous passerez la nuit ici et vous aurez des examens complémentaires demain.

- On peut voir Ace ?

Elle hoche la tête.

- Il est en salle de réveil. Il toujours endormie, mais vous pouvez l'y rejoindre.

Il ne nous en faut pas plus pour nous lever d'un bon… et tituber.

- Doucement ! nous houspille une des infirmières. Si vous ne faites pas plus que ça attention à votre santé et que vous gâchez notre magnifique travail, je vous attache l'un comme l'autre dans un lit jusqu'à demain, vu ?

On échange un regard entre angoisse, soulagement et amusement. Mais devant la moue amusée du docteur, on revient à nous.

- L'intoxication aux fumées que vous avez, même légère, provoque vertiges et céphalées. Allez-y doucement, vous êtes traités mais pas encore complètement guéris.

Plus lentement, nous traînons nos pieds à perfusion le long des couloirs jusqu'à une grande salle carrée où quelques brancards sont rangé le long des murs, séparés par des rideaux. A cette heure de la nuit, il n'y avait pas grand monde.

On repère Ace avec soulagement. Il a des pansements et des bandages partout, ses cheveux ont un peu brûlé sur leurs longueurs… et il ronfle doucement sous son masque à oxygène.

Je sursaute en entendant Sabo pouffer à côté de moi. Surprise, je me tourne vers lui et il se justifie en souriant :

- C'est tout lui ça. On se fait un sang d'encre, et lui, il pionce.

Un sourire m'échappe.

- Fais-moi plaisir, quand il se réveillera, tu t'arrangeras pour le renvoyer dans un coma justifié.

- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu, nous interromps l'infirmière en nous apportons deux chaises. Ne le brusquer pas tant que vous êtes dans mon champ de vision, vous serez aimable.

Elle touche des trucs sur le moniteur relié à Ace, bidouille des bidules, arrange le drap et s'efface.

Restés seuls, on s'installe. Sabo ne semble pas avoir la patience de s'asseoir, et il reste là, bras croisés à observer le visage étrangement paisible de son frère.

Mais je suis épuisée, et le soulagement ayant fait chuter toutes mes réserves d'énergie, je m'effondre sur la chaise… et je me retrouve tellement bas que je ne vois même plus le visage de Sab'.

Et merde.

Maudit soit mes cent soixante centimètres. Je grimpe sur la chaise et m'assoie directement sur le brancard. De toute façon, vu mon poids, ça ne doit pas faire une grande différence.

Ace a vraiment l'air paisible. Il sent le brûlé et y'a comme une odeur de grillade dans l'air, mais il a vraiment l'air de simplement dormir. C'est tout lui ça.

Une porte s'ouvre sans que nous y fassions attention jusqu'au moment où c'est Kidd en personne qui entre, suivant de près le brancard sur lequel repose sa petite amie.

Elle semble aussi tranquille que Ace et a beaucoup moins de bandages que lui. On dirait qu'elle a été épargnée par le gros de l'incendie. Une chance que Kidd ait fait une isolation à la pointe pour son appartement.

Lorsque celui-ci nous aperçoit, il nous indique au brancardier qui place la jeune femme à côté de nous sans tirer le rideau entre nous.

Bras croisé et l'air le plus sérieux que je ne l'ai jamais vu, Kidd s'approche.

- Salut les jeunes.

- Salut Kidd.

Il est calme. Bay ne doit pas être dans un état trop grave.

- Comment va-t-elle ?

Il hausse les épaules.

- Que des brûlures superficielles mais elle a inhalé beaucoup de fumée. Elle s'en remettra. Elle s'est remise de bien pire.

Son ton est celui d'un habitué à ce genre de situation, si bien je suis dès lors convaincu que c'est ce qui se passera.

D'un pas mesuré, bras croisés, il s'approche de Ace pour le détailler.

- Vous avez parlé à la police ?

Surpris, Sab' et moi échangeons un regard.

- Non, nous sortons à peine de nos soins. Qu'ont-ils dit ?

Kidd soupire en passant une main dans ses cheveux.

- Apparemment, l'incendie est volontaire. Quelqu'un à court-circuité le système anti-incendie et celui d'évacuation d'air avant de faire un feu de joie avec un réservoir d'essence au niveau de mes conduites de gaz.

Quelqu'un…

Il faut que je joigne Bonney, le plus rapidement possible.

Kidd désigne sa petite amie toujours inconsciente du menton.

- Bay est… enfin, elle fait partie d'un groupe qui a plus d'un ennemi, et elle-même est du genre à s'attirer des ennuis.

- Ace n'est pas un ange non plus, intervient Sabo mais Kidd lève la main pour l'interrompre.

- D'après les flics, il sera impossible de remonter la piste de l'incendiaire. Alors pour moi, l'affaire est close.

Et il sourit.

- Quoi qu'il se soit passé, Ace lui a sauvé la vie. Il a sauvé la vie de la femme que j'aime, et ça, je ne l'oublierais jamais.

Le silence religieux qui suit dure quelques secondes, puis il se détourne pour retourner aux cotés de celle qui l'aime, nous tournant le dos.

J'en ai la gorge serrée. A l'instant, son regard était si… intense.

Personne ne m'a jamais regardé comme il l'a fait pour elle, ce qui me rappelle comment Sabo regarde Koala, et inversement.

J'aimerai bien un jour… moi aussi. Mais je ne vois pas comment ce serait possible.

Et puis, mes amis sont là. Que les gens estiment les relations amicales moins importantes que les relations amoureuses m'auront toujours énervé.

Maintenant, je suis énervée et frustrée.

- Mademoiselle Swallow ? Votre téléphone, il sonnait.

Je me tourne vers l'infirmière qui m'apporte les affaires que j'ai dû laisser dans l'ambulance. A savoir un gilet très léger qui est passé de blanc crème à noir goudron après incendie, et mon téléphone. Je l'ouvre pendant que la jeune femme informe Sabo que le sien a grillé dans l'incendie.

- C'est Rayleigh, je constate avant de lancer mon téléphone à Sab'. Tiens, appelle-le. L'hôpital a dû le prévenir, c'est votre tuteur légal.

Comme dans la Cité, l'âge de la majorité est de vingt ans, ils ont dû l'appeler en priorité. Ace s'étant déjà endormie un peu partout dans la ville, il a visité tous les hôpitaux et les cliniques de l'île et tout le monde à son dossier. Aucune crédibilité dans la notion de « discrétion ».

Je me demande bien qui ils ont tenté de joindre pour moi. Personne qui se donnera la peine d'appeler cinquante-trois fois le seul téléphone proche de ses fils, ça c'est sûr.

Sabo colle l'appareil à son oreille et s'applique à rassurer Ray à voix basse. Il lui explique tout dans les moindres détails, tentant de garder sa voix la plus calme possible.

J'ai un élan de compassion pour Ray.

Juste le mois qu'il passait à l'étranger, il fallait que tout ça arrive. Il est coincé hors de la Cité, sans moyen d'être proche de ses fils dans la minute. Ce doit être une torture. A sa place, je serais mortifiée. Pour lui, c'est un supplice.

Quand Sab' raccroche enfin, il a un soupire entre soulagement pour lui et pour Rayleigh.

- Je ne pense pas que j'arriverai à joindre Garp, dit-il en composant quand même ce que je devine être son numéro sans succès. Il est parti en réunion en même temps que nous. Et on n'arrivera jamais à réveiller Luffy, mais ça vaut peut-être mieux.

Je souris, compatissante.

Lorsqu'il me tend mon téléphone, j'ai un éclair de lucidité.

Bonney.

- Je reviens je vais juste passer un coup de file, je préviens Sabo en sautant du brancard pour traîner mon pied à perfusion un peu plus loin.

Deux sonneries plus tard, on décroche. Et c'est un véritable vacarme qui m'abîme le tympan. Je grimace en lâchant presque le téléphone de surprise.

- Quoi bordel ?! Je suis occupée !

- Bonney ? Tu vas bien ?

J'entends les pneus d'une voiture grincer et le canon d'un pistolet charger une balle.

- Ouais ça va, dit-elle entre deux halètements. Je file le fils de salopard mangeur de pizza à l'ananas qui a essayé de vous buter, et moi avec. Il court très rapidement, mais j'ai connu plus coriace, il ne sait pas à qui il a à faire !

… un sourire tente d'étirer mes lèvres malgré moi.

- Comment va ton pote ? Ce n'était pas le Ténébreux alors j'ai- HEY HYÈNE GALEUSE ! SI TU CROIS QUE TU VAS M'AVOIR AVEC UN SIMPLE GLOCK TU TE TROMPES ! VIENS DIRE BONJOUR A MON FUSIL A POMPE SI TU AS DES COU-

Miséricorde, je n'ai rien entendu…

- Il va bien, juste inconscient.

- Bref, reprend-t-elle après quelques secondes. J'ai baissé ma garde. Je suis déso- VIENS ME DIRE CA DANS LES YEUX SI TU L'OSES BOUFFON DU ROI DES CONNARDS DES ÎLES !

Dire que je pensais que Brook avait le monopole des insultes aléatoires et étranges, surtout dans sa bouche de gentleman, je crois que je viens de lui trouver une sérieuse concurrente.

- Fais attention à toi Bonney.

Silence.

Enfin. Crissements, explosions, sirènes et alarmes en tous genres. Mais silence de la lady aux cheveux parmes. Je sens le rouge me monter brièvement aux joues, mais j'assume, tant pis.

- T'inquiète gamine, c'est un bleu et je vais le pendre sur un cordon pour vous le livrer.

Je pouffe, soudain rassérénée.

- Je t'envoie un message dès que je l'ai coincé. Il faut que quelqu'un vienne l'identifier avant que je ne lui casse toutes les dents pour en faire un jolie paquet cadeau à la police.

Et elle raccroche.

Je lui fais parfaitement confiance. J'aimerai juste qu'elle ne se tue pas dans le scénario qu'elle prévoit. Enfin…

Je reviens au chevet de Ace, toujours inconscient. Sabo ne me pose aucune question, se contentant de fixer son frère pendant que je reprends ma place.

Il n'a pas bougé d'un pouce. Sous le reste des traces de suie et le masque, on distingue parfaitement ses taches de rousseurs, mais il va pleurer la perte de ses cheveux enfin assez long pour qu'il puisse faire un catogan. Il va devoir remettre ça à plus tard…

Je lui prends la main.

Elle est brûlante. Vivante.

Combien de fois avons-nous frôlé la catastrophe tous les trois ? J'ai arrêté de compter.

Mais c'est bien la première fois que c'est aussi grave. Et j'aimerai bien que ce soit la dernière…

Un infirmier interrompt la file légèrement décousue de mes pensées en tirant soudain le rideau entre le brancard de Bay et nous, isolant même complètement celui de Ace avec les deux rideaux supplémentaire mis en place. Nous voilà enfermé dans de la toile.

- Mademoiselle Whitey reçoit de la visite, nous explique-t-il. Simple protocole pour respecter la vie privée.

Et il s'en va. Mouais. Si c'était de mur à la limite, mais des simples rideaux, tu parles d'un respect de la vie privé.

Des pas se font rapidement entendre. Et pas d'une seule paire de jambes. Ils doivent bien être au moins trois, voire quatre.

Je me sens un peu coupable… mais ce n'est pas comme si j'épiais après tout, c'est juste que on est à côté et que nous, on ne dit pas un mot. D'ailleurs Sabo ne semble même pas parmi nous, il est perdu dans ses pensées.

- Kidd, je suis heureux de te revoir gamin. Même si j'aurais préféré que ce soit dans d'autre circonstances.

Une voix grave, bourru, rocailleuse et d'un homme qui commence à avoir de l'âge. Avec un léger accent… très léger… mince, où est-ce que j'ai déjà entendu cet accent ?

- Moi aussi, répond simplement Kidd. Merci d'être venue les gars.

- C'est ta petite amie, mais c'est notre sœur !

Cette voix… elle me dit quelque chose… Elle ne m'est pas familière mais…

- Comment va-t-elle ?

Encore une autre voix masculine, qui ne me dit rien cette fois. Et pourtant, comme un air de déjà vu dans l'expression que je devine à ce ton.

Je n'ai pas les idées claires, sûrement à cause des anti-douleurs et/ou de la fumée… Impossible de me souvenir, c'est trop flou. Je fixe le rideau sans vraiment le voir, réfléchissant toujours. Je ne vois que des silhouettes, dont je reconnais celle de Kidd. Mais les autres, une bien plus petite, deux adultes et enfin un homme qui doit sans mal atteindre les deux mètres.

- Elle s'en remettra, elle est plus solide que ça, répond à nouveau Kidd avec une certaine fierté.

- J'ai connu plus d'un mur qui serait d'accord avec toi, ricane une voix androgyne, qui m'est inconnue.

Kidd et les autres hommes rient avec elle.

Puis la voix de l'homme âgé reprend, non sans une immense fierté.

- C'est bien ma fille ça ! Elle sait rendre le pavillon de notre quartier plus brillant. Une vraie Barbe Blanche !

Et le temps s'arrête.

L'accent.

Cet accent… c'est celui des natifs de l'île. Mais pas l'accent que Koala a hérité de Fisher Tiger… l'accent d'un quartier bien précis. L'accent que, je réalise soudain, avait les deux hommes que l'on avait guidé jusqu'au garage de Kidd venus chercher la moto de Bay, le brun marrant et le blond flippant.

Le Quartier Sud Ouest.

Le territoire de Barbe Blanche.

Barbe Blanche, qui se trouve à moins de deux mètres de Portgas D. Ace, simplement séparé du fils de son plus grand rivale par un vulgaire rideau.

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Merci d'avoir lu !