Hey !
Bonne lecture ~
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Chapitre 41
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Je prends lentement une profonde inspiration et la bloque.
Oh miséricorde.
Oh. Misère.
Oh Roger.
Sans un son, je me penche par-dessus le corps endormie de Ace en priant pour que son sommeil soit profond, et tire la manche de Sabo.
… Qui ne le remarque même pas.
Je tire plus fort pour le sortir de ses pensées, sans résultat.
Bien.
Un coup de poing plus tard, il sursaute et me lance un regard d'incompréhension. Avant qu'il ne me fasse une scène, je lui intime le silence d'un geste rageur de la main. En relâchant très lentement mon souffle, je lui monte du pouce le rideau qui nous sépare de Barbe-Blanche.
Il le regarde un instant sans comprendre, mais alors qu'il s'apprête à me poser une question, je lui fais signe de se taire derechef et de tendre l'oreille.
- Et ton garage Kidd ? demande celui que je reconnais maintenant comme le brun marrant au foulard.
- Réduit en poussière. Une partie de mon appartement a été sauvé. Avec heureusement les papiers de l'assurance, sinon nous serions encore mal.
- Tu veux dire pour les soins de Bay ? demande le blond flippant, de ce que je peux en déduire.
- Ne dis pas de bêtises ! s'exclame Barbe-Blanche peut-être un peu fort pour un hôpital. Dès que possible, Bay sera transféré directement au Pavillon Blanc et nous prendrons soin d'elle et de toi.
Sabo se fige. Perd toutes ses couleurs. Tourne son regard vers moi.
Ça y est, à son teint soudain livide contrastant étrangement avec ses yeux injectés de rouge, je crois qu'il a compris.
Ses lèvres s'animent pour mimer sans un son un « par Roger »… et je dois me mordre les lèvres pour ne pas laisser mes nerfs craquer et rire. Je ne sais pas si invoquer le nom de Roger à cet instant précis est une bonne idée.
Ce qui est bien avec Sabo, c'est qu'il est quand même plus intelligent que moi.
Aussitôt, son attitude se durci et il pense à un plan. Je reste alerte, le temps qu'il est finit de réfléchir, me tenant à sa disposition.
Tout en prêtant l'oreille à la discutions à côté de nous, il reste silencieux lorsqu'il me fait signe de me lever du brancard et de venir de son côté. A grands renforts de mimes, on se comprend et un instant plus tard, nous voilà en train d'essayer de déplacer Ace le plus loin possible. Lentement, à pas mesurés, en faisant attention au grincement de la roue du pied à perfusion de Sabo, à ne rien arracher du mur… juste encore quelques centimètres, faire attention à l'oxygène, à ouvrir le rideau à l'opposé pour glisser le brancard, vite-
- Oh ce n'est pas moi qui ait sortit Bay de là, je n'étais même pas là quand on y a mis le feu, continue Kidd. C'est mon apprenti.
Silence. On s'est immobilisé. On échange un regard. Oh ROGER. Encore quelques centimètres et on aura ''disparu'', on sera deux box plus loin…
- Ton apprenti ? s'étonne Barbe-Blanche. En voilà un homme courageux. Il faudrait que je le remercie, au nom de toute notre famille.
Non non non… ça c'est une mauvaise idée…
Surtout que ses deux acolytes qui ont déjà croisé l'apprenti en question sont quand même bien silencieux.
Ce n'est pas deux box plus loin que nous devons nous rendre, mais bien dans un autre service, voire un autre hôpital, voire un autre continent pour faire bonne mesure.
Mais Sabo semble plus raisonnable (une fois de plus), en m'indiquant les portes battantes donnant sur « Scanner / IRM » d'après l'écriteau qui le surplombe. Okay, ça me semble en effet un bon plan, puisqu'il y a aussi un gros panneau avec « ENTRÉE INTERDITE A TOUTES PERSONNES ÉTRANGÈRES AU SERVICE » écris en rouge dessus.
Plus que quelques mètres…
- Il est encore dans le coltar, explique Kidd (pour notre plus grand soulagement), son frère et leur pote sont avec lui.
Soulagement…
- Sôtises ! gronde la voix de Barbe-Blanche. J'aimerai au moins voir son visage.
Et merde.
- Tu vas surtout faire peur aux gosses, laisse-les se reposer.
Soulagement…
- Leur faire peur ? Bouahahaha ! De quoi ? Je veux juste les saluer !
Et merde.
- Père, si vous ne vous calmez pas, j'ai peur que l'on nous demande de sortir… Ou que vous donniez des cauchemars à Bay.
Soulagement…
- Allons… Bon très bien, très bien Haruta. Marco, cesse de me regarder comme ça. Des présentations dans les règles alors ?
ET MERDE.
Chuis cardiaque et cet homme joue avec mes nerfs. Avec ceux de Sabo également si j'en juge à sa mine incertaine et ses mains qui frémissent un peu.
Un rideau est tiré brusquement.
Le rideau qui nous séparait de la bande de malade.
- Tiens ? Ils ne sont plus là ? s'étonne Kidd. Je ne les ai pas entendu être déplacé.
Discrétion : level up. On est les rois de l'hôpital. Sabo a tiré tous les rideaux que nous avons déplacé, comme tout autant de murs infranchissables… enfin presque.
Danger écarté, quête accompl-
- Saaaaaaaaaab' éteins la lumièèèèèèèèèèèèère…
Ace.
Ace qui a ouvert les yeux (très-très-très peu) et qui est bien réveillé.
Sabo s'effondre sur lui, tremblant de toute la tension accumulée soudain ruinée. Vu de l'extérieur, on pourrait même croire qu'il cherche à l'étouffer. Quoi que de mon point de vus ce n'est pas bien mieux.
- Ace, je soupire le plus bas possible en reprenant ma place sur le brancard (foutue pour foutue, autant être bien installée) et que je remonte mes lunettes. Tu n'aurais pas pu faire une crise de narcolepsie deux secondes plus tôt non ?
- Qwaaaa ? Pourquoi tout est si lumineux…
Pâteux, amorphe et confus. Comme un Ace au réveil un premier jour de vacances en somme. Super.
A tendre l'oreille, plus personne ne parle du côté de Bay.
… On a peut-être une chance… ?
- Oh, vous êtes réveillé jeune homme ? Je vais chercher un médecin.
… Ou pas. Foutue infirmière qui fait juste son boulot.
Et deux secondes plus tard, la voilà revenue, remarquant alors avec surprise que l'on à « un peu glissé sur la droite par rapport à ses souvenirs, et qu'il faut vraiment qu'elle dise à ses collègues de bien dire quand ils déplacent des patients », et de la chef de service dont j'ai oublié le nom mais dont le badge à la gentillesse de me rappeler que de toutes façons, je m'en fiche pas mal pour le moment.
- Bonjour jeune homme, heureuse de vous voir enfin réveillé. Vous vous souvenez de ce qui s'est passé ?
- Gne…
Éloquent Ace, éloquent. Mais continue comme ça.
- Pouvez-vous me donner votre nom ?
- Heu, intervient Sabo de manière totalement inutile et tout aussi loquace.
Mais Ace, toujours à moitié dans les vapeurs de l'incendie ne prêtant aucune attention à nos tentatives désespérées de sauver la situation, répond quand même.
- Portgas D. Ace.
Voilà, c'est dit.
Il n'y a plus qu'à prier que si son « D » ne passera définitivement pas inaperçue, son nom de famille si…
Ah, comme si c'était possible.
Adieu oh sacro-saint anonymat.
- Cara ? C'est la merde.
- Sabo ? Je sais.
Il semble sur le point d'enlacer son frère. Ou de le tuer, je ne sais pas bien où se situe la limite là tout de suite.
- Je ne vois que peine et désolation.
- Comme tu disais, c'est la merde.
Mon téléphone sonne.
Rayleigh.
Non, là, j'ai pas le courage, je suis trop dégoûtée de la tournure des événements. Je le passe directement à Sabo qui lui annonce la bonne (mais triste, mais bonne ! Mais triste) nouvelle. Le téléphone passe de Sabo à la chef de service, puis à Ace alors qu'elle s'éloigne. Ace, le téléphone à l'oreille semble bien plus réveillé.
Il répond à l'étreinte de son frère en lui ébouriffant les cheveux, puis fait de même avec moi. Il est brûlant, n'a-t-il donc aucune décence pour l'ironie de la situation ?
Il nous sourit, fatigué mais vivant. Sa fossette est intacte, de même que ses taches de rousseur, c'est tout ce qui compte.
- Jeunes gens, nous fait signe l'infirmière à Sabo et moi. Mr Portgas va être déplacé pour un examen complémentaire, nous vous demandons juste d'attendre un moment en salle d'attente.
De toutes façons, ce n'est pas comme si on avait le choix. Dépités, on la suit, la mort dans l'âme, traînant nos pieds à perf comme des boulets.
- T'as une idée ?
- Pas la moindre et toi ?
- Aucune si ce n'est qu'avec notre poisse, ce n'est même pas la peine d'espérer gagner le prix de consolation d'une tombola.
Au moins, Ace ne sera pas proche de Barbe-Blanche sans le savoir, même si nous ne sommes plus à côté pour éviter les gaffes. Ce qui aura été particulièrement inutile, je suis obligée de l'admettre. Mais ça me console un peu.
On nous mène dans une salle à part, une sorte de zone d'attente.
- Il n'y en a pour un moment, nous explique l'infirmière en nous indiquant deux brancards côte à côte. Vu l'heure et la nuit riche en émotion, vous deviez vous reposer un peu en attendant que vos résultats et celui de votre frère arrivent.
- Vous croyez qu'ils vont hospitaliser Ace ? demande Sabo.
- Il y a des chances en effet, mais il m'a l'air bien solide, peut-être que ce ne sera pas pour trop longtemps. Reposez-vous.
Elle nous sourit et disparaît.
- Faut absolument qu'on se tire et au plus vite.
- Je vois ce que tu veux dire, je bougonne.
Silence.
- Toujours pas d'idée ?
- On peut toujours passer par la fenêtre.
- C'est même pas une mauvaise idée au point où on en est.
Silence.
- Elle a dit qu'il en avait pour un moment n'est-ce pas ?
- Oui.
- Tu crois qu'on peut dormir un peu ? Il nous réveillerons de toutes façons quand il aura finit.
- C'est le meilleur plan de la nuit.
Je retire mes lunettes et m'allonge.
Le brancard est dur, sent fort le désinfectant, mais je m'endors comme une pierre en un instant.
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- Cara, réveille-toi.
Oh miséricorde… j'ai mal à la tête… et j'ai la bouche pâteuse.
- Cara, c'est Ace, il a un problème.
Ace.
Je me redresse aussitôt, alerte. Sabo se tient face à moi, inquiet comme je l'ai rarement vu inquiet.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? je demande en appréhendant la réponse et dépliant mes lunettes pour voir clairement son visage déformé par l'inquiétude.
Derrière lui, l'infirmière et la chef de service discutent avec force, chacune un téléphone à l'oreille.
- Ace a disparu.
Non…
- Disparut comme dans « on a tenue à lui poser des questions à l'écart des autres patients et des soignants » ? je chuchote avec appréhension.
Il grimace.
- Pire, disparut comme dans « il a pris la tangente ».
Oh le con.
- Là tout de suite, je ne sais même pas ce qui est le pire.
- Le pire, reprend Sabo, c'est que cet abruti s'est tiré sans nous dire où. Ou même pourquoi.
Je fronce les sourcils. C'est bien le genre d'Ace, lorsqu'il cherche à protéger quelqu'un, bien souvent au dépend de son propre bien comme s'est si souvent arrivé autrefois.
- Tu es sûr que heu- le Père de Bay n'y est pour rien ?
Il acquiesce.
- Ils n'ont pas bougé et leurs téléphones n'ont plus de batterie depuis longtemps de ce que j'ai pu entendre pendant que tu dormais.
Hum…
Téléphone.
- Sab', mon téléphone ? je demande sur un ton un peu plus bas. Il l'avait encore avec lui quand on s'est séparé. Il faut un code pour l'ouvrir, peut-être qu'il nous a laissé un message ?
Son regard s'illumine.
- Bien vu. Bouge pas, je vais demander.
Il s'éloigne en courant presque. J'en profite pour me redresser. L'infirmière qui s'est occupée de nous depuis notre arrivée s'approche, sans décoller son téléphone de sa joue.
- Vous ne savez pas où est-ce que votre ami a pu aller ? demande-t-elle, inquiète. Il a encore besoin de soin et a reçu des doses élevées d'antalgiques. Il pourrait se sentir mal en traversant la rue ou pire… Avec sa narcolepsie, peut-être pire.
Dites pas ça… Je prends une grande inspiration étranglée pour endiguer mon angoisse et secoue la tête.
- Non, je ne vois pas…
Elle hoche la tête, percevant sans doute mon mal-être et s'éloigne en serra brièvement mon épaule avant de reprendre une discussion enflammée avec son téléphone.
C'est gentil mais-
- Cara, je l'ai. Il l'a fait tomber du brancard.
Sabo qui revient et me lance mon mobile.
Frénétiquement, je l'ouvre et fouille dans tous les dossiers, des mémos, aux messages en passant par les plus improbables.
Sans résultat.
- Si ça se trouve, il a juste voulu aller aux toilettes et y a fait une crie de narcolepsie ?
Sabo me lance un regard étrange, entre remontrance et un fond d'espoir malgré lui… Intéressant mélange. Si je n'avais pas la gorge si nouée, j'en aurais presque ris.
- Tu crois qu'il sait qui a fait ça et qu'il est partie régler ses comptes ? suppose Sabo. Ce n'est pas son genre, en tous cas pas pour lui-même, mais puisque Bay était impliquée…
Je grimace.
- C'est en effet très probable. Mais si c'est ça, il va se faire tuer.
- Dis-moi quelque chose que je ne sais pas déjà.
Je plisse le nez et continue à réfléchir à voix haute.
- Remarque, qui que ce soit, s'il s'y est pris de manière aussi détournée qu'un incendie… Qu'il cherchait à attendre Bay qui était malade ou Ace, c'est clairement qu'il ne fait pas le poids en face à face.
Je hoche la tête alors qu'il poursuit.
- Au moins, il semblerait que ce n'est rien à voir avec le tueur de D. Jusqu'à présent, cette personne si est toujours prise de manière bien plus direct d'après Rayleight.
J'acquiesce pour la forme, même si Bonney me l'avait déjà assur-
Bonney.
Et l'homme dont elle parlait juste avant l'explosion ? Est-ce qu'elle a fini par le rattraper.
Il faut que je l'appelle.
- Miss Swallow ?
Je sursaute lorsque la chef de service interrompt le fil de mes pensées. Elle me regarde une seconde de trop, me dévisageant avant de me sourire avec gentillesse.
- Comme vous étiez une patiente en liste d'attente pour une greffe cardiaque plus jeune, nous avons accès à votre dossier, j'imagine que vous le saviez ?
Je fronce les sourcils.
De quoi me parle-t-elle ? Bien sûr que je le sais, et je sais surtout que je ne suis restée sur cette liste que deux semaines parce que je n'ai pas eu besoin de greffe.
- Oui ? Où voulez-vous en venir ?
- J'ai appelé votre cardiologue pour discuter avec lui de votre situation. Je voulais savoir si d'après lui il fallait que vous consultiez après ce qui vous est arrivé et au vus de vos résultats. D'après lui non, à moins que vous ne le demandiez.
Oh.
Voilà qui est très attentionnée (et professionnelle) de sa part. Mais ça va aller, là tout de suite, j'ai plus urgent.
- Ça ira, merci.
- Tu es sûre ? insiste Sabo. Tu nous as fait une belle frayeur l'année dernière.
Hum, merci de me le rappeler.
- Votre ami a raison, poursuit le docteur, peut-être que de voir l'un de nos médecins serait une bonne idée, juste pour un rapide bilan.
Je secoue la tête.
- Merci mais ça ira, je vous assure, j'enchaîne en me tournant vers Sabo. Il faut que je passe un coup de téléphone.
Je me lève, mais la chef de service d'assombrie brusquement et se racle la gorge, avant d'enchaîner avec une voix hésitante :
- Mademoiselle… si vous voulez prévenir vos parents, il faut que vous sachiez que nous avons déjà essayé et…
Oh, je sens venir la chute.
- Enfin, votre mère a dit qu'elle heu…
Elle semble chercher ses mots, ceux qui seraient les plus faciles à entendre pour moi. Elle est gentille, je l'aime bien. Raison pour laquelle je la libère de sa gêne.
- Vous pouvez utiliser leurs mots vous savez, je lui souris pour la détendre. J'ai déjà tout entendu de leur part, mais merci d'essayer d'y mettre les formes.
Elle semble de plus en plus embarrassée mais garde tout de même la face, professionnelle.
- Votre mère a dit qu'elle avait déjà assez à faire avec ses enfants, qu'elle ne pourrait pas passer, qu'on devrait appeler votre père. Et votre père nous a demandé de la contacter elle pour toute demande d'argent.
Ça m'étonnerait qu'ils aient été aussi polis, mais voilà qui résume bien le tout j'imagine. Enfin. Je lui souris.
- Merci. Ne vous en faites pas, j'ai l'habitude. Quant aux frais, j'ai une bonne mutuelle et des réserves.
J'apprécie de voir plus de la colère que de la pitié dans son regard.
- Je suis désolée, il faut vraiment que je passe ce coup de file, je m'excuse avant de m'éclipser.
Plus facile à dire qu'à faire. Impossible de trouver un endroit désert et avec du réseau dans cet hôpital. Je suis obligée de faire deux fois le tour du service avant de revenir dans la salle des brancards et des rideaux blancs pour enfin pouvoir téléphoner.
Une sonnerie.
- Cara, interdiction que tu te ramènes. Je t'ai dit que je gérais la situation. Il ne peut pas m'échapper de toutes façons.
…
- De quoi ?
- Quoi « de quoi » ? s'agace-t-elle
Oh miséricorde.
- Je n'ai rien comprit à ce que tu viens de me baragouiner Bonney. De quoi tu parles ? J'ai juste la désagréable sensation d'avoir raté un événement important, je marmonne en passant une main lasse sous mes lunettes pour me masser les yeux.
En fait, j'ai soudain un très-très-très mauvaise intuition. Le genre qui te prend au ventre pour remonter te brûler la gorge avant de retomber dans tes chaussettes.
- Le message que je t'ai envoyé.
Oh non.
Non non non non non non NON.
- Bonney, écoute-moi bien.
Pour une fois, elle obéit, attentive. Je suis contente que ma voix transmette exactement l'urgence de la situation pour une fois.
- Nous sommes aux urgences, Ace, Sabo et moi. Comme il n'y a plus que mon téléphone qui marche, je l'ai laissé à Ace pour qu'il puisse rassurer Rayleigh et nous avons été séparer. Je viens de le récupérer, et il n'y a aucune trace de ton message. Et Ace s'est fait la malle.
Silence.
- Oh.
- Par Roger, Rouge et le saint nom des D., qu'est-ce qu'il y avait sur ce message ?
Je tremble tellement que j'ai dû me pincer pour ne pas hurler d'hystérie.
Heureusement, lorsqu'elle me répond, elle le fait avec plus de self-contrôle que moi.
- J'ai trouvé notre inconnu fouineur, celui qui a tout fait sauter. Je l'ai suivi mais il m'a repéré et je me suis blessée dans l'incendie. J'ai réussi à le coincer dans l'ancienne imprimerie du Quartier Nord. Il ne peut pas s'enfuir mais je n'ai pas encore réussi le mettre à terre. Il court rapidement, mais moi aussi. Ce n'est qu'une question de temps.
Je ferme les yeux, le temps de concevoir tout ce qu'elle vient de me dire.
- Écoute, sort de là, je siffle. Tu étais déjà blessée et j'ai vu tes brûlures. Va-t-en et appelle la police. Devance Ace et empêche-le de trouver ce type. Il est blessé et sous médicaments, il va se tuer ou tuer ce gars. Je t'en supplie, dégage de là.
Je l'entends marcher, sauter avant qu'elle ne me réponde.
- D'accord, je revois nos priorités. De toutes façons, je l'ai pris au piège dans une aile scellée et je peux garder la seule issue dans problème. Je ne te promets rien, mais si je vois Ace… je m'occupe de l'empêcher de se tuer. Mais quelqu'un d'autre devrait appeler des renforts.
Je reprends un peu le contrôle.
- Très bien. Je m'occupe de prévenir la police. Merci. Fais attention à toi.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
Je fais un bon. Je n'ai pas entendu Sabo s'approcher.
Et mon cœur s'emballe de plus belle lorsque je me rends compte que je ne sais pas ce que je peux lui répondre.
Foutue pour foutue, je ne suis même pas obligée de complètement lui mentir.
- Une de mes collègues de travail a entendu parler de l'explosion et a vu quelqu'un s'enfuir. Elle a trouvé ça bizarre donc elle l'a suivi, puis m'a envoyé l'adresse par SMS.
- Et merde.
- Comme tu dis. Ace a effacé le message et s'est tiré.
- Et merde.
Il se mords la lèvre, réfléchissant à toute vitesse.
- Il va se faire tuer, dit-il comme une évidence.
- Et moi j'ai comme une sensation de déjà-vu.
Il soupire en se massant les tempes.
- Okay, il a de l'avance sur nous, n'est-ce pas ?
- Environs trente minutes. Il doit être proche, c'est l'ancienne imprimerie du Quartier Nord.
- Ouais, s'il n'a pas fait une crise de narcolepsie sur le chemin.
- Tu lis dans mes pensées.
Il grimace.
- On y sera jamais avant lui, gémit-il avant de se reprendre et de se redresser. Tant pis, appelle Garp. Et puis on est dans un hôpital, il doit avoir des taxis partout.
Je hoche la tête. Ça reste un plan.
Je m'appète à arracher ma perfusion en même temps que Sabo, lorsqu'un raclement de gorge nous interrompt.
Un rideau a été écarté sans même que nous nous en rendions compte. Et voilà que, bras croisé, adossé contre un mur et l'air de ne pas en avoir l'air, le grand blond appartenant aux Barbe-Blanche nous fixe.
- Est-ce que vous savez au moins où vous êtes ?
La question se poserait bien si nous n'étions pas autant pris entre deux feux à cet instant.
Heureusement que Sabo a plus d'aplomb que moi. Sourcils froncés, il se poste devant moi en défense.
- Ne vous approchez pas de nous, siffle-t-il. Vous n'êtes pas dans le Quartier Sud-Est ici, personne n'est à votre botte et je n'hésiterai pas à nous défendre en frappant.
Sabo, mon héros. Le grand blond ne répond rien. Il n'a même pas un frisson révélateur. Rien, une statue de marbre. Il se contente de fixer Sabo dans les yeux, comme pour juger de sa détermination.
Mais connaissant Sabo, de la détermination, il en a à revendre.
- Je ne voudrais pas casser l'ambiance, je dis en m'immisçant entre eux tout en enlevant ma perfusion pour mettre un pansement attrapé sur un chariot de soin. Mais y'a urgence Sab'. On se mettra sur la figure plus tard.
Mais Sabo pince les lèvres sans lâcher monsieur Blondinet coupe undercut des yeux. Qu'est-ce que je disais… Heureusement qu'en face, monsieur finit par lâcher l'affaire.
- Je n'avais pas l'intention de mettre sur la figure de qui que ce soit, offre-t-il en se décollant du mur. Mais mes amis ont pris les devants pour retrouver le type qui a cloué notre sœur dans ce brancard, et ils sont partis dans la mauvaise direction. J'ai voulu rester en arrière pour vous demander des éclaircissements mais à la place… Je vous dépose ?
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Here, some good vibes : Fat Freddys Drop - Based On A True Story
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Merci d'avoir lu !
Amour et clafoutis ~
